II. — Artère iliaque primitive
ET SES BRANCHES
Au nombre de deux, l’une droite, l’autre gauche, les artères iliaques primitives (fig. 182, 10 et 191, 3) représentent les branches terminales latérales de l’aorte.
1° Origine et trajet. — Gomme nous l’avons dit plus haut, elles prennent naissance au niveau du bord inférieur de la quatrième vertèbre lombaire, quelquefois plus bas, rarement plus haut. De là, elles se portent obliquement de haut en bas, de
ANGÉiOLOGlE
dedans en dehors et d’arrière en avant jusqu’à la symphyse sacro-iliaque, où elles se terminent en se bifurquant. Leur longueur moyenne est de 5 à 6 centimètres.
, 2° Rapports. — Les artères iliaques primitives, comme l’aorte dont elles dérivent,
sont profondément situées sur les parois postérieures de la cavité abdominopelvienne.
Quoique peu étendues, elles présentent des rapports importants, que nous allons
Fig. 191.
Artères iliac[ues du côté droit et leurs branches, chez l’homine.
A, vessie érig-née en bas. — B, reclmn érigné en bas et à gauche. — C, symphyse pubienne. — 1), muscle pycamidal du bassin. — E, muscle releveur de l'anus. — F, orifice interne du canal inguinal. — C, trou obturateur. — II, ligament sacro-sciatiipie. — 1, uretère. — K, canal déférent.
1, aorte abdominale. — 2, veine cave inférieure. — 3, 3, artères iliaques primitives droite et gauche. — 4, 4, veines iliaques primitives droite et gauche. — 5, artère iliaque externe, avec ses deux branches : 6, l’épigastrique; 7, la circonflexe ilia^pie. — 8, artère sacrée moyenne. — 9, artère iliaque interne, avec ses collatérales : 10, l'ilio- lombaire ; H, la sacrée latérale; 12. l’obturatrice; 13, la fessière ; 14, l’ischiatique ; lo, la honteuse interne; 16, l'ombilicale; 17, la vésicale inférieure ; 18, l'hémorrho'idale moyenne.
résumer. — E72 avant, elles sont recouvertes par le péritoine, qu’elles soulèvent et qui les séparent des anses intestinales. Au-dessous du péritoine et présentant avec elles des rapports plus ou moins intimes, se trouvent les vaisseaux spermatiques (chez l’homme), les vaisseaux utéro-ovariens (chez la femme), l’uretère : les vaisseaux spermatiques cheminent un peu en dehors des artères, mais parallèlement à elles; les vaisseaux utéro-ovariens les croisent à angle très aigu; quanta l’uretère.
ARTERE ILIAQUE INTERNE
il les croise aussi en X, tout près de sa bifurcation pour le côté gauche, au niveau même de sa bifurcation pour le côté droit (voy. Uretèi^e). — En arrière, les iliaques primitives reposent sur le côté de la cinquième lombaire d’abord, puis sur le bord interne du psoas. Elles sont croisées par la cinquième artère lombaire, par les veines qui l’accompagnent, par le cordon sympathique passant de la région lombaire dans l’excavation pelvienne. — En dehors- les deux artères iliaques primitives répondent au bord interne du psoas. — En dedans, elles sont séparées l’une de l’autre par un espace triangulaire, dont la base s’étend d’une articulation sacro-iliaque à l’autre et dont le sommet répond naturellement à la terminaison même de l’aorte. Leur angle d’écartement mesure, d'après G. Kuause, 65° chez l’homme, 75° chez la femme.
Les artères iliaques primitives présentent, avec les veines de même nom, des rapports immédiats qui varient légèrement a gauche et à droite. En principe, les deux veines sont placées en arrière des artères correspondantes. Mais, tandis que la veine iliaque primitive du côté droit conserve cette situation dans toute son étendue, la veine iliaque primitive gauche occupe tout d’abord la partie postérieure de l’artère, gagne ensuite son côté interne et finalement passe en arrière de l’artère iliaque primitive droite, pour se jeter dans la veine cave inférieure, laquelle est située, comme on le sait, à droite de la ligne médiane et de l’aorte.
2° Distribution. — Au cours de son trajet, l’artère iliaque primitive ne lournit que quelques branches insignifiantes et sans nom, qui se perdent dans le tissu cellulaire ambiant, sur les ganglions lymphatiques voisins, sur les veines iliaques primitives, ainsi que dans les muscles psoas et iliaque. En atteignant la symphyse sacro-iliaque, elle se partage en deux branches terminales :
1° L’une, interne, qui est V artère iliaque interne ;
2° L’autre, externe, qui est Varlère iliaque externe.
Nous consacrerons à ces deux importantes artères les deux paragraphes suivants.
Variétés. — L’une ou l’autre des deux iliaques primitives peut être plus longue (jusqu’à 8 centimètres) ou plus courte (2 à 4 centimètres) que d'habitude (W. Krause). — Le niveau de leur origine varie, bien entendu, avec celui de la bifurcation de l’aorte, celle-ci se terminant 3 fois sur 100 au-dessus de la quatrième lombaire, et M fois sur 100 au-devant de la cinquième (W. Krause). — L’iliaque primitive, plus longue que d’habitude, est fréquemment llexueuse. — C’est en général la gauche qui descend plus bas que la droite (Quain). Dans deux cas (Gruveil- HiER à droite, Valsham à gauche), l’iliaque primitive était absente, ses deux branches terminales naissant isolément de l’aorte.
Les deux artères iliaques primitives peuvent être réunies l’une à l’autre par une anastomose à direction transversale (Petsche) .
Dans un cas aussi intéressant que rare, observé par Princetkau [Th. Bordeaux, 1884) l’artère iliaque primitive du côté droit faisait défaut et se trouvait suppléée par un énorme tronc qui, suivant exactement le trajet de la troisième lombaire, passait successivement en arrière du psoas, du carré des lombes et du muscle iliaque et se bifurquait finalement, à la partie moyenne de la fosse iliaque interne, en deux branches, lesquelles devenaient, 1 une l’hypogastrique, l’autre la fémorale.
Accidentellement, l’iliaque primitive peut fournir : la sacrée moyenne, une sacrée latérale supérieure, l’ilio-lombaire, une ou plusieurs lombaires (5^, 4® ou 3q, une rénale accessoire, l’ombilicale, l’obturatrice, une mésentérique moyenne (Hxrtl) déjà mentionnée.
§ IIL— Artère iliaque interne
ET SES BRANCHES
L’artère iliaque interne (fig. 191, 9) que l’on désigne encore sous le nom d'artère hypogastrique, est la branche de bifurcation interne de l’iliaque primitive. A la fois viscérale et musculaire, elle envoie ses rameaux aux viscères pelviens, aux organes génitaux externes, à la partie postéro-interne de la cuisse.
ANGÉIOLOGIE
l'" Origine et trajet. — Elle prend naissance au niveau de la symphyse sacroiliaque, où elle se sépare de l’iliaque externe à angle aigu.
De là, se portant obliquement de haut en bas et un peu d’avant en arrière, elle descend dans le petit bassin et arrive bientôt à la partie supérieure de la grande échancrure sciatique, où elle se termine, nous verrons tout à l’heure comment.
L’artère iliaque interne, étendue de la symphyse sacro-iliaque à la grande échancrure sciatique est donc fort courte : elle mesure, en moyenne, de 3 à 4 centimètres.
2^ Rapports. — Envisagée au point de vue de ses rapports, l’iliaque interne chemine au-dessous du péritoine, qu’elle soulève plus ou moins sur son côté interne.
Par son côté externe, elle repose successivement : P sur le bord interne du psoas, dont elle est séparée par la veine iliaque externe; 2° sur la ligne innommée de l’os coxal, qu’elle croisetrès obliquement; S*" sur la paroi pelvienne, laquelle donne insertion , à ce niveau, aux faisceaux les plus reculés du muscle obturateur interne.
La veine iliaque interne ou hypogastrique, qui suit à peu près le même trajet que l’artère, présente avec celleci des rapports un peu différents à droite et à gauche :
à droite , la veine est placée en arrière
et en dehors de l’artère ; à gauche, elle se trouve en arrière et en dedans.
L’uretère présente lui aussi des rapports immédiats avec l’artère iliaque interne, mais ces rapports sont encore différents à droite et à gauche : du côté droit, il longe la face antérieure de l’artère : du côté gauche, il suit plutôt sa face interne.
Fig. 1Ü2.
L’artère hypogastrique du côté droit, vue antéro-interne.
1, artère et veine iliaques primitives. — 2, artère et veine iliaques externes. — 3, artère et veine iliaques internes ou hypogastriques. — 4, ilio-lornbaire. — o, sacrée latérale. — 6, fessière. — 7, obturatrice. — 8, iscbiatique. — 9, honteuse interne. — lü, muscle psoas-iliaque. — 11, obturateur interne — 12, pyramidal du bassin. — 13, nerf crural. — 14, plexus sacré. — 15, sympathique sacré. — 10, vaisseaux spermatiques. — 17, uretère. — 18, artère ombilicale, avec 18’ artère vésicale.
3'" Distribution. — Arrivée à la partie supérieure de la grande échancrure sciatique, l’iliaque interne s’épanouit pour ainsi dire en un bouquet d’artères, qui sont au nombre de 9 chez l’homme et de 11 chez la femme.
Ces différentes artères se détachent de l’iliaque interne, tantôt isolément, tantôt par des troncs communs. Bon nombre d’anatomistes, à l’exemple de Quain, les font dériver de deux troncs principaux, l’un antérieur, l’autre postérieur; mais une pareille disposition, qui se voit très nettement sur la figure 191, est loin d’être constante. En réalité, l’ordre dans lequel naissent les nombreuses branches de fhypogastrique « va?'te à Vinfini)), comme le fait remarquer avec beaucoup de raison le professeur Theile.
ARTÈRE ILIAQUE INTERNE
Ce qui est beaucoup plus constant, c’est le mode de distribution de ces artères. A ce point de vue, Thypogastrique donne deux ordres de branches : U des branches qui sortent du hassin pour se distribuer à des organes plus ou moins éloignés de cette cavité ; 2° des branches qui se terminent dans le bassin lui-même. Ces dernières se subdivisent à leur tour en deux groupes, savoir : a) des artères destinées aux parois du bassin ; (B) des artères qui se distribuent aux différents viscères contenus dans cette cavité.
Nous étudierons donc successivement, au point de vue descriptif, en ce qui concerne la distribution de Thypogastrique :
1° Ses branches intra-pelviennes pariétales ;
2® Ses branches intra-pelmennes viscérales ;
3® Ses branches extra-pelviennes.
Variétés. — La longueur de l’iliaque interne peut varier entre 13 et 81 millimètres (W. Krause); cette longueur se trouve, bien entendu, en rapport inverse avec celle de l’iliaque primitive. — L'iliaque interne peut manquer comme tronc (Elus, Egkhard) ; ses branches collatérales proviennent, dans ce cas, de l’iliaque externe. — Elle donne accidentellement : Tartère rénale dans quelques cas de déplacement du rein, la spermatique ou une spermatique accessoire, une épigastrique surnuméraire (Eeïrali), plusieurs branches accessoires qui accompagnent généralement les branches ordinaires.
A consulter : Jatschinsky, Die typischen Verweigungsformen der arteria tiypogastrica, Intern. Monatsschr. f. Anat. u. Physiol., Bd. VIII, 1891; — Young a. Bobinson, The development and morphology of the vascidar System in mammals : tlie posterior end of ihe aorta and the iliac arteries, Journ. of Anat., vol. XXXIl, 1898 ; — Livi, Morfologia dette arterie iliache, Arch. di Anat. e di Embr., 1902.
A.— Branches intra-pelviennes pariétales
Les branches fournies par Tiliaque interne aux parois du bassin sont au nombre de deux ; Vüio -lombaire et la sacrée latérale.
1° Artère ilio-lombaire. — L’artère iiio-lombaire (fig. 193,10) naît de la partie postérieure de Thypogastrique. Suivant immédiatement après son origine un trajet rétrograde, elle se porte en haut et en arrière, au-devant du nerf lomho-sacré et en arrière du muscle psoas, où elle se partage en deux branches. Tune ascendante QiVdXiivQ transversale :
a) La branche ascendante ou lombaire s’élève au-devant des vertèbres lombaires et s’épuise dans les muscles psoas et carré des lombes. Elle émet d’ordinaire un rameau spinal, qui pénètre dans le canal vertébral à travers le dernier trou de conjugaison.
(î) La branche transversale ou iliaque, se portant horizontalement en dehors, passe en arrière du psoas et se partage en deux rameaux : un rameau superficiel, qui chemine entre le fascia iliaca et le muscle iliaque et se distribue à ce dernier muscle, en s’anastomosant avec les divisions de la circonflexe iliaque ; un rameau profond, qui chemine entre le muscle iliaque et la fosse iliaque, interne et se termine à la fois dans ce muscle, dans le périoste et dans Tos.
Variétés. — Ori a vu l’ilio-lombaire naître de l’iliaque primitive, de l’iliaque externe, de la fessière, de la sacrée latérale. — Ses deux branches peuvent naître isolément. — Elle est parfois très grêle et se trouve suppléée, dans ce cas, par des branches provenant des dernières lombaires. — Elle était absente dans un cas de Dubreuil.
2° Artère sacrée latérale. — Il existe ordinairement, de chaque côté, deux artères sacrées latérales (fig. 091 et 193), Tune supérieure, V inférieure :
y.) Vartère sacrée latérale supérieure, très variable dans son volume, se porte transversalement en dedans et, après s’être anastomosée avec la sacrée moyenne,
O CDc.^^ tn
ANGEIOLOGIE
s’engage dans le premier trou sacré antérieur. Elle abandonne quelques rameaux à la queue du cheval et, s’échappant du canal sacré par l’un des trous sacrés postérieurs, elle vient se terminer dans les muscles et dans la peau de la partie postérieure du bassin.
f>) U artère sacrée latérale inférieure descend le long du bord correspondant du sacrum, en passant en avant du muscle pyramidal et des branches antérieures des nerfs sacrés. Elle se termine au niveau du coccyx, en s’anastomosant en arcade,
ainsi que nous l’avons vu (p. 221), avec l’une des divisions de la sacrée moyenne. Chemin faisant, l’artère sacrée latérale inférieure émet trois ordres de rameaux, savoir : 1*^ des rameaux externes, qui se dirigent en dehors et se terminent dans les deux muscles pyramidal et ischio -coccygien ; 2° des rameaux internes, qui se portent transversalement en dedans et s’anastomosent avec les divisions également transversales de la sacrée moyenne : 3° des rameaux spinaux, qui pénètrentdans le canal vertébral à travers les trous sacrés antérieurs, abandonnent quelques ramuscules aux nerfs de la queue de cheval et à leurs enveloppes, sortent ensuite du canal par les trous sacrés postérieurs et se terminent dans les parties molles de la région postérieure du sacrum, où ils s’anastomosent avec les divisions de l’artère fessière.
Variétés. — Les deux artères sacrées latérales peuvent naître d'un tronc commun. — On Jes a vues, dans certains cas, fournir l'hémorrhoïdale moyenne et la vésicale intérieure. — Les artères sacrées latérales, soit les supérieures, soit les inférieures, peuvent faire délaut. Elles sont suppléées, dans ce cas, par des artères issues des branches voisines.
J3 . — Branches intra-pe lviennes viscérales
Les branches intra-pelviennes viscérales de l’iliaque interne sont au nombre de trois : Vombilicale, la vésicale inférieure et V hémorroïdale ynoyenne. La femme
Fig. 193.
Artères iliaque externe et iliaque interne du côté droit, chez l’homme.
1, artère iliaque primitive. — 2, veine iliaque primitive. — 3, artère iliaque externe, avec ses deux branches : 4, l’épigastrique ; 5, la circonflexe iliaque. — 6, veine iliaque externe. — 7, artère iliaque interne, avec ses diverses branches : 8, l’obturatrice ; 9, l’ombilicale; 10, l’ilio-lombaire ; 11, la sacrée latéi’ale ; 12, la fessière ; 13, la vésicale ; 14, l'iscbiatique ; 15, la honteuse interne. — 16, artère sacrée moyenne.
ARTÈRE ILIAQUE INTERNE 227
possède, en outre, Y utérine Qi\di vaginale, branches qui n’ont pas leurs homologues chez l’homme.
1» Artère ombilicale. — L’artère ombilicale (fig. 199, 16) est essentiellement différente chez le fœtus et chez l’adulte :
a. Chez le fœtus^ elle est tellement considérable qu’elle semble s’échapper de l’aorte par voie de bifurcation et fournir sur son trajet, comme branches collatécales, l’iliaque externe et l’iliaque interne. Elle se porte tout d’abord sur les côtés de la vessie ; puis, s’infléchissant en haut, elle s’applique contre la paroi antérieure de l’abdomen et gagne l’ombilic, en se rapprochant graduellement de celle du côté opposé. Au niveau de l’ombilic, les deux artères ombilicales, rejointes par la veine de même nom, sortent de la cavité abdominale et s’en vont, le long du cordon, se ramifier dans le placenta, où s’opère l’hématose. Dans ce trajet, l’artère ombilicale, en remontant sur les côtés de la vessie, abandonne au réservoir urinaire un ou deux rameaux qui se distribuent à ses parois.
b. Après la naissance, la circulation ombilicale s’arrête par suite de la ligature et delà section du cordon. Gomme conséquence, l’artère ombilicale s’affaisse et sé transforme peu à peu en un cordon fibreux, qui s’étend de l’artère hypogastrique à l’ombiiic. Ce cordon, toutefois, reste perméable dans sa moitié postérieure et constitue alors V artère ombilicale de V adulte, rameau relativement grêle, qui naît de la face antérieure de l’artère hypogastrique et se porte de là sur la partie latérale et supérieure de la vessie. Elle s’y termine en fournissant deux ou trois rameaux, les artères vésicales supérieures (voy. Vessie).
Variétés. — L’artère ombilicale peut persister chez l’adulte jusqu’au voisinage de l’ombilic. — L’une d’elles peut manquer. — On Ta vue fournir, comme rameaux surnuméraires, une vaginale (Khxuse), une spermatique accessoire (Tschaussow), une hémorrhoïdale moyenne, une épigastrique accessoire (Lauth, Pistocchi). — Les deux ombilicales peuvent se fusionner, un peu au-dessus de la vessie, en un tronc commun, impair et médian, qui gagne l’ombilic (voy. à ce sujet d’AjUTOLO, Anastomosi angolare delle arterie ombilicali, Bollet. delle Sc. med., 1891, et Abdominalanastomose der Nabelarterien, Anat. Anzeiger, 1895). ,
2^ Artère vésicale inférieure. — L’artère vésicale inférieure (fig. 191, 17) naît de la face antérieure de l’hypogastrique. Elle se dirige obliquement en bas et en dehors et vient se terminer dans la prostate, après avoir recouvert de ses ramifications le bas-fond et la partie postérieure de la vessie.
Cette artère fournit constamment chez l’homme une branche longue et grêle, X artère déférentielle, qui se jette sur le canal déférent et l’accompagne jusque dans les bourses, où elle s’anastomose avec les divisions de la spermatique.
Indépendamment des branches que lui abandonnent l’ombilicale et la vésicale inférieure, la vessie reçoit encore plusieurs rameaux de l’hémorrhoïdale moyenne et, chez la femme, de l’utérine ou de la vaginale (voy. Vessie).
Variétés. — L’artère vésicale peut naître de l’ombilicale. — Elle fourpit parfois, comme rameaux surnuméraires, une honteuse interne accessoire, une prostatique. — Elle peut être double. — La déférentielle naît parfois directement de l’iliaque interne. — Cette dernière artère peut, dans certains cas, plus développée que d’habitude, remplacer la funiculaire.
3^ Artère hémorrhoïdale moyenne. — L’hémorrhoïdale moyenne (fig. 191, 18), très variable dans son volume, se porte en bas et en dedans, sur les côtés de la portion moyenne du rectum.
Après avoir abandonné à cet organe quelques rameaux qui s’anastomosent avec l’hémorrhoïdale supérieure, branche terminale de la mésentérique inférieure (p. 218), elle vient se terminer sur la paroi postérieure de la vessie, sur les vési-
228 ANGÉIOLOGIE
cules séminales et sur les parties latérales de la prostate. Ellle fournit, dans cer tains cas, l’artère déférentielle.
Chez la femme, l’artère hémorrhoïdale moyenne se porte vers la cloison rectovaginale et se distribue à la fois à la face antérieure du rectum et à la paroi postérieure du vagin.
Variétés. — L’artère hémorrhoïdale moyenne peut naître de la honteuse interne, de l’ombilicale, de l’ischiatique, de la sacrée latérale. — Elle peut manquer; elle est alors suppléée par les autres hémorrhoïdales. — Elle fournissait, dans un cas de Luschka, les artères sacrées latérales.
4° Artère utérine. — L’artère utérine (fig. 194, 7) se détache de l’hypogastrique à une hauteur variable, soit isolément, soit par un tronc commun avec l’ombilicale.
A. Trajet. — Immédiatement après son origine, elle se porte obliquement en bas et en avant, en suivant tout d’abord la paroi latérale du bassin. Puis, abandonnant cette paroi pour se porter transversalement en dedans, elle gagne le bord de l’utérus, qu’elle atteint ordinairement un peu au-dessus du museau de tanche. S’infléchissant alors sur elle-même en formant une sorte de crosse, la crosse de V utérine, elle remonte le long de ce bord jusqu’à la base de l’utérus, où elle se termine.
B. Rapports. — Envisagée au point de vue de ses rapports, l’artère utérine peut être divisée en quatre portions ; une portion descendante, une portion transversale, la crosse et une portion ascendante :
a) La portion descendante ou pariétale repose sur la paroi latérale du bassin, laquelle est constituée à ce niveau par l’obturateur interne revêtu de son aponévrose.
[^) La portion transversale répond à la base du ligament large. A côté d’elle cheminent des veines volumineuses. L’uretère la croise obliquement en passant en arrière d’elle : cet entrecroisement a lien ordinairement à 2 centimètres en dehors du bord de l’utérus , à peu près à égale distance de ce bord et de la paroi pelvienne.
y) La troisième portion ou crosse utérine décrit une courbe de concavité supéroexterne. Elle est située le plus souvent, d’après les recherches de Commandeur, à ib millimètres au-dessus et à Ib millimètres en dehors du cul-de-sac latéral du vagin.
o) hdi portion ascendante, que nous pouvons encore portion juxta-uté-
rine, est extrêmement flexueuse. Elle chemine le long du bord correspondant de l’utérus, entre les deux feuillets du ligament large.
Fig. 194.
L’artère utérine, vue antérieure.
1, utérus, avec : 1’, sou corps; 1”, son col; 1”’, son isthme. — 2, trompe. — 3, vagin. — 4, uretère. — 5, ovaire. — 6, ligament rond. — 7, artère utérine, avec : n, sa portion descendante ; 6, sa portion transversale ; c, sa portion réfléchie ou crosse ; d, sa portion ascendante. — 8, rameaux urétéraux. — 9. rameaux vaginaux postérieurs. — 10, rameaux vésico-vaginaux. — 11, cercle de Huguier. — 12, branche terminale supérieure ou artère tubaire. — 13, branche terminale supérieure, s’anastomosant en 14, avec la terminaison de l’artère ovarienne. — 15, artère vaginale.
ARTERE ILIAQUE INTERNE
C. Distribution. — Les nombreuses branches fournies par l’utérine se divisent en collatérales et terminales :
a. Branches collatérales. — L’utérine, au cour de son trajet, abandonne de nombreuses collatérales. Avant d’atteindre Tutérus d’abord, elle fournit: 1° des rameaux vasculaires, qui se détachent de la portion pariétale et qui vont se ramifier dans le groupe des veines utéro-vaginales antérieures (FREOETj ; 2° des rameaux urétéraux , qui naissent de la portion transversale au moment de son entrecroisement avec l’uretère et qui se jettent sur ce dernier organe ; 3° des rayneaux vaginaux postérieurs, qui se détachent de la crosse et qui se rendent au cul-de-sac postérieur du vagin ; 4° des rameaux vaginaux antérieurs ou mieux vésico-vaginaux , qui vont se distribuer au cul-de-sac antérieur et au basfond de la vessie. Après avoir atteint le bord de l’utérus, et tout le long de ce bord, l’artère utérine jette sur l’une et l’autre faces de cet organe un grand nombre de rameaux flexueux, qui se ramifient dans les différentes parties constituantes de l’utérus (voy. t. IV, Artères de V utérus).
b. By^anches terminales. — Arrivée à la partie supérieure de l’utérus, juste au niveau de la naissance des trompes, l’utérine se partage en deux branches terminales : l’une, qui se porte en dehors et s’anastomose à plein canal avec l’ovarienne branche de l’aorte abdominale (voy. Ovaires) l’autre, qui se jette sur la trompe où elle prend le nom d’artère tubaire (voy. Trompes.)
Variétés. — L’artère utérine peut être double ou même être représentée par des rameaux multiples. — On l’a vue naître de l’ombilicale, de l’hémorrboïdale supérieure (Hallrr). — Elle peut se détacher par un tronc commun de l’obturatrice ou de l’hémorrhoïdale moyenne. — Elle peut donner l’bémorrhoïdale moyenne, la vaginale. — Elle peut, au lieu de remonter jusqu’à la base de l’utérus, s’arrêter à sa partie moyenne, cédant ainsi à l’ovarienne (qui devient dans ce cas utéro-ovariermé) le soin d’irriguer la partie supérieure de l’organe. — A consulter, au sujet de l’utérine : Davidson, TJeber die arieria uterina, in Schwalbe’s, Morph. Arbeit., 1895; Fuedet, Quelques recherches sur les artères de l’utérus, Journ. de l’Anat., 1898.
5® Artère vaginale. — Cette artère, oblique en bas et en dedans comme la précédente, se dirige sur les côtés ou bords du vagin et descend, le long de ces bords, jusqu’à la vulve. Dans son trajet, elle abandonne un rameau au col de la vessie et à la partie postérieure de l’urèthre. Mais elle se distribue principalement aux parois de vagin, en s’anastomosant, sur la ligne médiane, avec la vaginale du côté opposé (voy. Vagin).
G. — Branches extra-pelviennes
Les branches extra-pelviennes de l’iliaque interne sont au nombre de quatre: y obturatrice, la fessière, Vischiatique et la honteuse interne. La première sort du bassin par le trou obturateur ; les trois autres s’échappent par la grande échancrure sciatique.
1"^ Artère obturatrice. — L’artère obturatrice (fig. 193, 8j, très variable dans son origine, comme nous le verrons plus loin, se détache ordinairement de la face antérieure de l’hypogastrique. De là, elle se porte obliquement en bas et en avant, longe la paroi de l’excavation pelvienne parallèlement à la ligne innominée et un peu au-dessous du nerf obturateur, qui descend obliquement vers elle, s’engage avec ce nerf dans le canal sous-pubien et arrive ainsi à la région antéro-interne de la cuisse, où elle se termine en se bifurquant.
A. Branches collatérales. — Mais déjà, au cours de son trajet, l’obturatrice a fourni, dans le bassin, plusieurs branches collatérales, savoir :
ANGEIOLOGIE
Deux rameaux musculaires, dont l’un, ascendant, se porte sur le muscle iliaque et s’anastomose avec les divisions de l’ilio-lombaire (p. 225), et l’autre, descendant, se ramifie sur le muscle obturateur interne;
2° Un rayneau pubien ou rétro-pubien, qui se dirige en dedans sur la surface postérieure du corps du pubis et s’anastomose, sur la ligne médiane, avec le rameau similaire du côté opposé (voy. fig. 199) ;
3° Un rameau vésical (non constant), qui se porte à la face postérieure de la vessie et s’y distribue ;
4° Un rameau anastomotique (fig. 199), qui se détache tout près du canal souspubien, se porte de bas en haut, croise perpendiculairement la branche horizon-
L’artère obturatrice à sa sortie du bassin (T. et J.).
1, peau et tissu cellulaire sous-cutané. — i, arcade crurale. — 3, aponévrose fémorale. — 4, psoas-iliaque. — .5, pec- Liué. — 6, moyen adducteur. — 7, petit adducteur. — ■ 8, grand adducteur. — 9, droit interne. — 10, couturier. — 11, obturateur externe. - 12, 12’, vaisseaux fémoraux. — 13, bord supérieur du carré crural. — 14, 14, branche externe et branche interne de l’artère obturatrice, avec : 15, rameau articulaire. — 10, 16, les deux brandies du nerf obturateur. — 17, paquet graisseux s’échapnant du canal sous-pubien. — 18, capsule articulaire. — 19. bourse du psoas, communiquant sur ce sujet avec l’articulation. — 20, membrane obturatrice. — 21, bronche ischio-pubienne. — 22, nerf crural. — 23, ganglion de Cloquet.
taie du pubis et se jette dans l’épigastrique, branche de l’iliaque externe, à quelques millimètres seulement au delà de son origine. Ce rameau anastomotique, jeté entre l’obturatrice et l’épigastrique, présente des variations de volume fort remarquables. Son calibre, en général, est en rapport inverse avec celui de l’obturatrice ; l’obturatrice est-elle volumineuse, le rameau anastomotique est grêle ; l’obturatrice est-elle petite, le rameau anastomotique qui l’unit à l’épigastrique est volumineux, tellement volumineux parfois qu’on est autorisé à dire, dans ce cas, que l’obturatrice tire réellement son origine de l’épigastrique (voy. Epigastrique, p. 238).
ARTERE ILIAQUE INTERNE
B. Branches terminales. — Au sortir du bassin (fig. 195), à la partie moyenne environ du canal sous-pubien, l’artère obturatriçe se divise, ainsi que nous l’avons dit plus haut, en deux branches terminales (14 et 14), l’une interne, l’autre externe : a) La branche interne contourne le rebord interne du trou obturateur, jetant successivement des rameaux sur les muscles obturateur externe, pectine, droit interne et adducteurs de la cuisse. Elle s’anastomose, au cours de son trajet, avec la circonflexe antérieure et envoie d’ordinaire un rayneaic génital aux enveloppes du testicule chez l’homme, aux grandes lèvres chez la femme.
P) La branche externe, obliquant en dehors, descend en arrière de la bandelette sous-pubienne (voy. Arthrologie, p. 595), contourne de haut en bas le rebord externe du trou obturateur et, après avoir fourni quelques rameaux aux muscles voisins, vient s’anastomoser avec l’artère ischiatique, entre le jumeau inférieur et le carré crural. Elle s’anastomose aussi avec la branche précédente, vers la partie inférieure du trou obturateur, qui se trouve ainsi entouré par un cercle artériel complet. La branche externe de l’obturatrice émet le plus souvent un rameau articulaire , qui pénètre dans l’articulation de la hanche, à travers l’échancrure ischio-pubienne et se porte, en suivant le ligament rond (voy. Arthrologie, p. 610), jusqu’à la tête du fémur.