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Fig. 210.
Artères de la face antérieure de la jambe.
1, artère tibiale antérieure. — 2, récurrente tibiale antérieure. — 3, malléolaire interne. — 4, malléolaire externe.
— 5, péronière antérieure. — 6, 6, rameaux musculaires. — 7, pédieuse. — 8, nerf tibial antérieur.
par une branche de la peroniêre
§ Vin. — Artère pédieuse
Eï SES BRANCHES
L’artère pédieuse (fig. 211, 5), continuation directe de la tibiale antérieure, prend ce nom à son passage au-dessous du ligament annulaire.
1° Situation et trajet. — Immédiatement après son origine, la pédieuse se porte
ANGÉIOLOGIE
obliquement d’arrière en avant et un peu de dehors en dedans et arrive bientôt à l’extrémité postérieure du premier espace interosseux. Là, elle perfore de haut en bas les parties molles qui comblent cet espace et, parvenue à la région plantaire, s’anastomose à plein canal avec la terminaison de l’artère plantaire externe. Son trajet est exactement représenté par une ligne droite, qui réunirait la partie moyenne ^ de l’espace intermalléolaire à l'extrémité
postérieure du premier espace interosseux.
2° Rapports. — La pédieuse est une artère relativement superficielle, facilement explorable et facilement accessible.
Elle nous présente les rapports suivants. — En arrière, elle glisse sur les os du tarse et sur les ligaments qui les unissent. — En dedans, elle côtoie le tendon de l’extenseur propre du gros orteil. — En dehors, elle suit le bord interne du pédieux, qui s’avance un peu sur elle à sa partie inférieure. — En avant, enfin, elle est séparée de la peau par un double feuillet aponévrotique, l’aponévrose dorsale superficielle et l’aponévrose du pédieux (t. I, p. 1042).
Deux veines, l’une interne, l’autre externe, et un nerf, la branche terminale interne du tibial antérieur, accompagnent la pédieuse dans toute son étendue.
3° Distribution. — En dedans, l’artère pédieuse ne fournit que quelques rameaux sans nom, qui se dirigent transversalement vers le bord interne du pied et le contournent pour s’anastomoser avec les divisions de la plantaire interne. — En dehors, elle émet deux branches plus importantes, la dorsale du tarse et la dorsale du métatarse. Enfin, au moment de quitter la région dorsale pour traverser le premier espace interosseux, elle abandonne une troisième branche, X inter osseuse dorsale du premier espace.
Dorsale du tarse. — La dorsale du tarse naît un peu au-dessous du ligament annulaire, s’engage sous le pédieux et se porte obliquement en bas et en dehors vers le bord externe du pied, où elle s’anastomose avec les divisions latérales de la plantaire externe. Chemin faisant, elle abandonne de nombreux rameaux qui se distribuent aux os et aux articulations du tarse, au muscle pédieux, aux tendons de l’extenseur commun et aux téguments. On divise ordinairement ces rameaux, d’après leur direction, en deux groupes : \ ^ des ra.meaux ascendants, qui remontent vers le cou-de-pied et s’anastomosent avec la péronière antérieure et la malléolaire externe ; 2° des rameaux descendants, qui se dirigent en bas et s’anastomosent, à leur tour, avec les divisions supérieures de l’artère suivante.
Fig. 211.
Artères de la face dorsale du pied.
1, tibiale antérieure. — 2, malléolaire interne. — -3, malléolaire externe. — 4, péronière antérieure. — O, pédieuse. — 6, rameau pour le côté interne du tarse. — 7, dorsale du tarse. — 8, dorsale du métatarse. — 9, 10, 11, 12, première, deuxième, troisième et quatrième interosseuses dorsales. — 13, une des perforantes. — 14, collatérales dorsales.
ARTÈRE PÉDIEUSE'
2^^ Dorsale du métatarse. — La dorsale du métatarse se détache de la pédieuse tout près du premier espace interosseux. De là, se portant transversalement en dehors, elle gagne le bord externe du pied, en décrivant une arcade à concavité dirigée en haut. Cette arcade qui s’anastomose en dehors avec la plantaire externe, émet des branches à la fois par sa concavité et par sa convexité :
a. Branches naissant de sa concavité. — De sa concavité s’échappent quelques rameaux sans nom, qui remontent sur le tarse et, après un trajet variable, s’anastomosent avec les rameaux descendants de l’artère dorsale du tarse.
b. Branches naissant de sa convexité, interosseuses dorsales. — De la convexité de la dorsale du métatarse partent successivement trois branches, qui constituent les interosseuses dorsales des deuxième, troisième et quatrième espaces.
Ces trois artères interosseuses dorsales (fig. 211, 10, 11 et 12) descendent, chacune dans l’espace qui lui correspond, au-devant des muscles interosseux dorsaux et se divisent, à la racine des orteils, en deux rameaux divergents : un rameau interne, qui se jette sur l’orteil situé en dedans, en formant la collatérale dorsale externe de cet orteil; un rameau externe, qui se jette sur l’orteil situé en dehors, en formant sa collatérale dorsale interne.
Chacune des interosseuses dorsales communique, à chaque extrémité de l’espace où elle chemine, avec l’interosseuse plantaire correspondante au moyen de deux rameaux, qui traversent de haut en bas les muscles interosseux et qu’on appelle pour cette raison artères perforantes. Il existe donc deux perforantes pour chaque espace interosseux : postérieure, correspondant à l’extrémité postérieure de
l’espace; l’autre antérieure, située au voisinage des orteils.
3° Interosseuse du premier espace. — Analogue aux interosseuses que nous venons de décrire, cette artère parcourt d’arrière en avant le premier espace interosseux et se divise, à l’extrémité antérieure de cet espace, en collatérale dorsale externe du gros orteil et collatérale dorsale interne du deuxième orteil. Conformément à la formule énoncée plus haut, elle s’anastomose avec la première interosseuse plantaire sur deux points : à l’extrémité antérieure du premier espace interosseux, au moyen de la perforante antérieure ; à l’extrémité inférieure de ce même espace, au moyen de la pédieuse elle-même qui, en passant de la région dorsale à la région plantaire, constitue une véritable perforante postérieure.
La description qui précède, de Tartère pédieuse, est celle qui a été donnée par Tiedemann et par Theile et qu’ont reproduite, après eux, les auteurs classiques. Dans un mémoire récent, Salvi {Arteria dorsalis pedis, Pisa, 1898) a établi que ce n’était pas là la disposition la plus fréquente ; il ne l’a rencontrée, en effet, que 19 fois sur 200 pieds.
D’après lui, le type le plus fréquent (137 fois sur 200 pieds), celui par conséquent qu’on devrait considérer comme normal, serait le suivant.
La pédieuse , au niveau du cou-de-pied , jette en dehors une artère dorsale du tarse [A. tarsea lateralis de l’auteur) qui se dirige obliquement vers la base du cinquième métatarsien et s’y termine. Quant à notre dorsale du métatarse, elle n’existe pas. Les interosseuses dorsales proviennent : les deux premières de la pédieuse elle-même {A. tarsea medialis de l’auteur), les deux dernières de la dorsale du tarse (voy. fig. 212). Salvi décrit, en outre, sous le nom arteria anastomotica tarsi, une petite branche (fig. 212, 10) qui se détache de la dorsale du tarse tout près de son origine et qui se porte ensuite dans le sinus du tarse pour s’y anastomoser, entre l’astragale et le calcanéum, avec un rameau issu de la tibiale postérieure . h’ anastomotica tarsi est.
Fig. 212.
Schéma indiquant la disposition des artères de la face dorsale du pied d’après les recherches de Salvi.
1, tibiale postérieure. — 2, tibiale antérieure. — 3, pédieuse [dorsalis pedis comraunis de Salvi), avec ; 4, sa branche interne [tarsea medialis) ; S, sa branche externe ou dorsale du tarse [tarsea lateralis); 6. 7, 8, 9. les quatre interosseuses dorsales. — 10, anastomotica tarsi.
ANGEIOLOGIE
comme on le voit, une anastomose jetée entre les artères du plan antérieur et celles du plan postérieur. Cette anastomose, très développée chez certains animaux, notamment chez le cheval et chez le bœuf, est rudimentaire chez riiomme, probablement à cause du développement exagéré que présentent chez lui les artères perforantes. — Voy. à ce sujet, Viannay, Note sur Vanat. dp. V artère pédieuse et sur la ligature de cette artère, Lyon méd., 1902.
H É s U .M É DE LA PÉDIEUSE
a). Br. collatérales.
1“ Branches internes . .
2° Dorsale du tarse. . .
;> Dorsale du métatarse
Rameaux sans nom.
R. ascendants.
R. descendants.
R. ascendants.
R. descendants.
4“ Interosseuse du 1®'' espace.
Interosseuse du 2® espace.
’ Interosseuse du 3® espace.
( Interosseuse du 4® espace.
b). Br. terminale. . [ s’anastomose avec la plantaire externe [d'où arcade plantaire).
Variétés. — Gomme la tibiale, qu’elle continue, la pédieuse peut être superficielle (rarej. — Elle peut être fort grêle et ne pas descendre au delà des os cunéiformes. — On l’a vue assez fréquemment recevoir une forte anastomose de la péronière antérieure ou même naître entièrement de cette dernière artère : elle est, dans ce cas un peu plus externe que d’habitude. — On a vu queh|uefois la Gbiale antérieure se résoudre, à la face dorsale du pied, en un véritable réseau, d'où partaient irrégulièrement des branches tarsiennes et des branches métatarsiennes, sans qu’il existât une pédieuse distincte.
La dorsale du tarse peut etre double. — On l’a vue descendre à la région plantaire en traversant le deuxième espace interosseux. Je l’ai vue, dans un cas, traverser le quatrième espace interosseux, après avoir fourni les trois dernières interosseuses. La pédieuse était toute petite.
La dorsale du métatarse i>eut également être double. — On la A oit assez souvent naître d’un ti'onc commun avec la précédente. — Elle peut, enfin, être fort grêle et manquer même complètement. Cette disposition est même très fréquente, comme nous l’avons vu plus liaut : elle est suppléée, dans ce cas, soit par la dorsale du tarse, soit par des perforantes issues de l’arcade plantaire. — Les interosseuses dorsales peuvent, de même, provenir de la région plantaire par les perforantes.
§ IX. — Tronc tirio-péronier
ET SES BH ANCHES
Le tronc tibio-péronier (fig. :213, 3i est la branche de bifurcation postérieure de Lartère poplitée.
1° Situation et trajet. — Comme le tronc dont il émane et dont il continue pour ainsi dire la direction, le tronc tibio-péronier descend à la partie postérieure de la jambe et, arrivé à 3 ou 4 centimètres au-dessous de l’anneau du soléaire, son lieu d’origine, il se termine en se bifurquant. J’ai vu le tronc tibio péronier atteindre, dans un cas, 6 centimètres de longueur et, dans un autre cas, 82 millimètres.
2° Rapports. — Verticalement descendant, le tronc tibio-péronier repose en avant, sur le jambier postérieur et se trouve recouvert, en arrière par l’aponévrose jambière moyenne ou profonde (t. I, p. I024j et par les quatre muscles superficiels de la région, le soléaire, le plantaire grêle et les deux jumeaux. Tl est accompagné par le nerf tibial postérieur, qui est placé un peu en arrière, et par deux veines, ses deux veines satellites, qui cheminent l’une sur son côté externe, l’autre sur son côté interne ;
3° Distribution. — Au cours de son trajet, le tronc tibio-péronier fournit comme branches collatérales :
y) Quelques rameaux musculaires, sans nom, pour les muscles voisins;
y) Un rameau osseux, V artère nourricière du tibia (fig. 213, 4), qui s’engage dans le canal nourricier de cet os, lequel est situé, comme nous l’avons vu en
ARTÈRE PÉRONIÈRE
ostéologie, sur la face postérieure du tibia, h "2 la ligne d’insertion du soléaire.
Des deux branches de bifurcation du tronc tibiopéronier, l’une, l’externe, se dirige en bas et en dehors, c’est Varlère péronière ; l’autre, l’interne, se porte en bas et un peu en dedans, c’est Varlère tibiale postérieure. Leur description fera l’objet des deux paragraphes suivants.
RÉSUMÉ DU T KONG TIBIO-PÉROMEH
3 centimètres au-dessous de
a) . Branches collatérales
b) . Branches terminales.
( R. musculaires.
( Art. nourricière du tibia, r Art. péronière.
( Art. tibiale postérieure.
§ X.— Artère péronière
L’artère péronière (fig. 213, 6) est la branche de bifurcation externe du tronc tibio-péronier.
1° Situation et trajet. — Elle est située, comme le tronc dont elle émane, àja face postérieure de la jambe, entre les muscles de la couche superficielle et ceux de la couche profonde.
En quittant le tronc tibio-péronier, elle se porte tout d’abord obliquement en bas et en dehors.
Puis, s’infléchissant sur elle-même, elle devient verticale et descend ainsi jusqu’à la partie inférieure du ligament interosseux, où elle se bifurque en deux branches, ses branches terminales.
2° Rapports. — A son origine et dans la première partie de son trajet, l'artère péronière repose sur le jambier postérieur et se trouve recouverte par l’aponévrose jambière moyenne et par le soléaire. Mais, bientôt, elle s’engage au-dessous du fléchisseur propre du gros orteil, chemine quelque temps sur le côté interne du péroné, entre ce dernier muscle et le jambier postérieur, et vient enfin se placer sur la face postérieure du ligament interosseux, qu’elle suit désormais jusqu’à sa terminaison.
3° Distribution. — Les branches fournies par la péronière se distinguent en collatérales et terminales.
A. Branches collatérales. — Au cours de son trajet, l’artère péronière abandonne, comme branches collatérales, Varlère nourricière du péroné et une foule de rameaux musculaires sans nom, qui se perdent dans le soléaire, le jambier postérieur, le fléchisseur propre du gros orteil et les deux péroniers latéraux. Hyrtl signale, en outre, quelques ramuscules qui perforent d’arrière en avant le ligament interosseux pour venir se distribuer au muscle extenseur commun des orteils.
Fig. 213.
Artères de la face postérieure de la jambe.
1, artère poplitée. — 2, tibiale antérieure. — 3, tronc tibio-péronier. -- 4, artère nourricière du tibia. — 5, tibiale postérieure. — 6, péronière. — 7, 7, rameaux musculaires. — 8, anastomose entre la tibiale et la péronière. — 9, péronière antérieure. — 10, péronière postérieure.
ANGEIOLOGIE
B. Branches terminales. — Les deux branches terminales de la péronière se distinguent en péronière antérieure qï péronière postérieure :
a. Péronière antérieure. — La péronière antérieure (fig. 213, 9) traverse d’arrière en avant la partie inférieure du ligamenL interosseux et débouche ainsi à la face antérieure de la jambe. Elle descend alors au devant de l’articulation tibiotarsienne et vient se terminer sur la partie externe de la région dorsale du pied, en s’anastomosant avec les divisions de la malléolaire externe de la dorsale du tarse.
b. Péronière postérieure. — La péronière postérieure (fig. 213, 10), continuant la direction de la péronière dont elle émane, descend en arrière de la malléole externe et vient se ramifier sur la partie externe du talon. Ses dimensions terminales s’anastomosent constamment avec les différentes branches artérielles de la région : la péronière antérieure, la malléolaire externe et la plantaire externe.