QUATRIÈME SECTION
VEINES
ANATOMIE GÉNÉRALE
Les veines sont des canaux membraneux, à ramifications convergentes, destinés à ramener le sang des capillaires au cœur. Envisagés dans leur ensemble, ces canaux nous offrent à étudier : IMeur disposition générale dans l’organisme; 2° leur conformation extérieure; 3*^ leur conformation intérieure; 4® leur structure; 5° leur nomenclature .
§ I. — Disposition générale du système veineux
1® Origine et trajet, arbre veineux. — Les veines naissent des capillaires par des ramuscules ténus, qui se continuent directement avec ces derniers vaisseaux, ce sont les radicules veineuses ou veinules. Ces rameaux d’origine, suivant une direction inverse de celle des artères, convergent vers le cœur. Elles ont pour caractéristique anatomique de se réunir ensemble, au cours de leur trajet^ pour former des vaisseaux de plus en plus volumineux : aux ramuscules succèdent les rameaux; les rameaux forment des branches; les branches, à leur tour, donnent naissance à des troncs, lesquels disparaissent dans les oreillettes du cœur.
Il existe donc, à côté de l’arbre artériel, un arbre veineux dont les ramifications assez régulièrement concordantes avec les divisions des artères, se disséminent, comme ces dernières, au sein de tous les territoires vasculaires de l’organisme.
Ici encore, l’aire d’un tronc quelconque est inférieure à la somme des aires des branches qu’il reçoit. Il en résulte que le système veineux, dans son ensemble, peut être représenté, comme le système artériel, par un cône dont le sommet, dirigé vers le cœur, répond aux orifices des veines caves et dont la base, tournée du côté des capillaires, serait égale à la somme des aires de toutes les veinules. Il y a, toutefois, cette différence importante entre les deux cônes artériel et veineux, c’est que le sang y circule dans des conditions mécaniques inverses : le sang artériel chemine dans des canaux qui vont continuellement en s’élargissant, tandis que les voies parcourues par le sang veineux se rétrécissent graduellement au fur et à mesure qu’on se rapproche du cœur.
2° Duplicité du système veineux. — De même qu’il existe deux systèmes artériels, le système pulmonaire et le système aortique, de même aussi nous devons admettre deux systèmes veineux : le système veineux pulmonaire, qui fait suite au système artériel de même nom et le système veineux général, qm correspond au domaine de l’aorte. Le premier, ainsi qu’il a été dit plus haut, amène à l’oreillette gauche le sang artériel qui provient des réseaux capillaires du poumon; le second apporte à l’oreillette droite le sang qu’il a recueilli dans tous les autres réseaux de l’organisme.
ANGÉIOLOGIE
3° Systèmes portes. — La disposition anatomique que nous venons d’assigner aux canaux veineux en général s’applique au plus grand nombre d’entre eux. 11 en esL
cependanL on petit groupe qui présentent une disposition toute particulière, ce sont les veines portes.
Ces veines, toutes spéciales, émanent des réseaux capillaires comme les veines ordinaires et se comportent comme elles dans la première partie de leur trajet, c’est-à-dire qu’elles reçoivent des affluents et augmentent ainsi graduellement de calibre. Puis, brusquement, elles pénètrent dans un organe et s’y ramifient, s’y capillarisent à la manière des artères. Elles sont, en définitive, constituées par un tronc principal (fig. 224), intermédiaire à deux réseaux capillaires.
On distingue dans l’économie animale trois appareils portes : 1® V appareil porte abdominal, le plus important et le plus connu, qui prend naissance dans les réseaux capillaires du tube intestinal et se ramifie dans le foie; 2° V appareil porte rénal, particulièrement bien développé chez les poissons, les batraciens, les reptiles et même chez les oiseaux; 3° V appareil porte pulmonaire, qui possède chez les mollusques tous les caractères des appareils portes, mais qui se modifie et se complique, chez les vertébrés, par l’apparition du cœur droit sur le trajet du vaisseau veineux qui porte le sang noir vers le champ de l’hématose. De ces trois appareils, l’homme ne possède d’une façon bien nette que le premier ; il est représenté par la veine porte, que nous décrirons plus tard.
4® Relations réciproques des différents systèmes veineux. — Au total, il existe chez l’homme trois systèmes veineux : le système veineux pulmonaire, le système veineux général et le système de la veine porte. On a cru bien longtemps que ces différents systèmes étaient complètement indépendants. Il n’en est rien ; il est établi aujourd’hui que les veines bronchiques, qui font partie du système veineux général, communiquent largement, dans l’épaisseur du poumon, avec les réseaux d’origine des veines pulmonaires; et nous verrons, d’autre part, en étudiant la veine porte, que cette veine, aux confins de son territoire, entre en relations sur bien des points avec le système veineux général.
§ 1 1 . — Conformation extérieure des veines
L’étude de la conformation extérieure des veines nous offre à considérer : leur forme, leur nombre et leur volume, leur direction, leur situation générale, leurs rapports, leurs anastomoses et leurs anomalies.
Forme. — Les veines, comme les artères, sont cylindriques à l’état ordinaire. Mais, contrairement aux artères, qui conservent toujours leur forme, à l’état de vacuité, comme à l’état de réplétion, les veines s’affaissent et s’aplatissent quand elles sont vides. De même, quand elles sont distendues outre mesure, soit par leur contenu normal, soit par une injection artificielle, la plupart d’entre elles pi’ésentent de loin en loin des renflements latéraux, qui leur donnent un aspect
Fig. 224.
Schéma de la veine porte.
1, tronc de la veine porte. — 2, 3, 4, ses trois branches radiculaires (grande mésaraïque, petite mésai-aïque, splénique).
— 5, G, ses deux branches terminales droite et gauche, se ramitiant dans le foie (7) à la manière des artères.
VEINES
noueux et bossele'. Ces renflements ou bosselures répondent aux valvules et présentent, par conséquent, dans leur siège comme dans leur développement, les mêmes irrégularités que ces dernières.
2° Nombre et volume. — Les veines sont toujours plus nombreuses que les artères. Il suffit, pour démontrer la justesse d’une pareille formule, de constater : 1° que dans bien des régions, notamment sur les membres, chaque artère est accompagnée de deux veines ; seuls, les troncs artériels volumineux, comme la poplitée, la fémorale et l’axillaire, ne possèdent qu’une seule veine satellite; 2° qu’il existe, au-dessous des téguments et sur toutes les parties du corps, un riche réseau veineux, le réseau superficiel, alors que, dans ces mêmes régions, à l’exception de la tête, les artères sont, sinon absentes, du moins excessivement rares et toujours de très petit volume.
Il est encore parfaitement établi par l’observation directe, tout aussi nettement que par le calcul, que le volume des veines l’emporte sur celui des artères ; c’est ainsi que nous voyons le volume des deux veines caves plus considérable que celui de l’aorte ; que nous voyons les veines jugulaire interne, sous-clavière, axillaire, fémorale, rénale, etc., toutes plus volumineuses que les artères homonymes.
Le rapport volumétrique des deux systèmes artériel et veineux doit naturellement varier suivant les sujets et, sur le même sujet, suivant les conditions circulatoires du moment. C’est ce qui nous explique le défaut de concordance dans les résultats obtenus par les différents observateurs. Sans nous arrêter aux différents chiffres qui ont été donnés à ce sujet, nous pouvons admettre, avec Haller, que la capacité totale des veines est approximativement à celle des artères comme 2:1.
3® Direction. — Les veines suivent généralement un trajet rectiligne, comme les artères : elles sont même beaucoup moins flexueuses que ces dernières. L’examen comparatif d’un certain nombre de troncs veineux (tels que la veine splénique, les veines de la tête et de la face, les veines pulmonaires, etc.) et des troncs artériels correspondants nous le démontrent surabondamment.
4° Situation et rapports. — Envisagées au point de vue de leur situation, les veines se partagent en deux grands groupes : veines superficielles et veines profondes.
a. Veines superficielles. — Les veines superficielles, encore appelées sous-cutanées, cheminent dans la couche cellulo-graisseuse qui sépare la peau de l’aponévrose sous-jacente. Ces veines présentent dans leur trajet, comme dans leur volume, des variations souvent fort étendues, mais généralement peu importantes. Peu apparentes chez certains sujets, elles acquièrent, chez d’autres, un développement considérable, se dessinant à la surface des téguments sous la forme de reliefs bleuâtres.
b. Veines profondes. — Les veines profondes ou sous-aponéerotiques sont situées, comme leur nom l’indique, au-dessous de l’aponévrose. Sous le nom de veines satellites, elles s’accolent aux artères et les accompagnent fidèlement dans toute l’étendue de leur trajet. Cette disposition des veines profondes est tellement caractéristique qu’il suffit dans la plupart des régions, sur les membres notamment, de connaître les artères pour connaître en même temps les veines : ces dernières, en effet, portent le même nom que les artères qu’elles accompagnent ; elles présentent la même situation, les mêmes rapports, la même origine et le même mode de terminaison.
Nous avons déjà dit plus haut que les artères possèdent généralement deux veines satellites et que les gros troncs, seuls, ne sont accompagnés que d’une seule
ANGÉIOLOGIE
veine. Contrairement à cette proposition que l’on trouve dans tous les traités classiques,* Bardeleben admet que toutes les artères, à l’exception de celles de l’intestin, sont originellement accompagnées de deux veines et que la disposition observée chez l’adulte est une disposition acquise au cours du développement, soit par l’atténuation, soit par la disparition complète de l’une d’elles. Piqué et Pigache, dans un travail récent (1909j, sont arrivés aux mêmes conclusions, en ce qui concerne la veine fémorale et la veine poplitée. Bardeleben admet, en outre, que la plupart des nerfs crâniens, cervicaux, intercostaux, la plupart des nerfs des membres, voire même les conduits excréteurs d’un certain nombre de glandes (canal de Sténon, canal cholédoque), sont originellement accompagnés, eux aussi, par une ou deux veines satellites.
Ouant à la situation respective des veines et des artères correspondantes, elle varie suivant les régions, et les diverses propositions qui ont été formulées à ce sujet par Serres, par Malgaigne, par Richet, n’embrassent jamais, il faut bien le reconnaître, qu’un certain nombre de faits. Toutes ces propositions se heurtent à des exceptions nombreuses et ne sauraient, en conséquence, être acceptées comme formules générales G
c. Veines viscérales et veines pariétales. — La distinction des veines en veines sous-cutanées et en veines sous-aponévrotiques, telle que nous venons de l’établir, s’applique de préférence aux membres et aux différentes régions du cou. En ce qui concerne le tronc et la tête, il faut ajouter aux groupes précités deux nouveaux groupes : les veines viscérales, qui proviennent des viscères, et les veines pariétales, qui occupent les parois des trois grandes cavités abdomino-pelvienne, thoracique et crânienne; le type le plus parfait des veines pariétales nous est fourni par les canaux diploïques qui cheminent dans l’épaisseur même des os du crâne.
5° Anastomoses. — Les veines communiquent entre elles bien plus fréquemment encore que les artères. Les anastomoses veineuses sont extrêmement variables :
a. Variétés d'après la direction. — Au point de vue de leur direction, tout d’abord, nous retrouvons ici toutes les variétés d’anastomoses qui ont été déjà signalées à propos du système artériel : les anastomoses par inosculation ou en arcades, les anastomoses par convergence, les anastomoses transversales, obliques, longitudinales, enfin les anastomoses en plexus, dont les veines viscérales et les veines sous-cutanées nous offrent de si nombreux exemples.
b. Variétés d'après les vaisseaux reliés par l'anastomose. — Envisagées spécialement au point de vue de leurs rapports avec les vaisseaux qu’elles unissent, les anastomoses veineuses peuvent être ramenées aux trois modalités suivantes :
a) Les unes relient deux points différents d’une même veine ; elles sont fort nombreuses. Verneuil fait remarquer avec raison que leur point d’origine et leur point d’abouchement sont situés l’un et l’autre immédiatement au-dessus d’une valvule. Il existe donc, entre leurs deux extrémités, au moins une paire valvulaire ; mais, le plus souvent, on en compte plusieurs paires.
Les autres relient l’une à l’autre deux veines différentes. Ces deux veines, ainsi reliées, sont voisines ou éloignées. Dans le premier cas, les anastomoses sont
‘ Voici ces différentes propositions ; il suffit de les énoncer pour voir combien elles sont peu exactes. — Serres ; «. Les veines recouvrent les artères dans la moitié supérieure du corps et sont recouvertes par celles-ci dans la moitié inférieure . « — Maujaigne ; « Les veines sonl situées en dehors des artères dans la moitié supérieure du corps et en dedans dans la moitié inférieure. » — Richet : Dans la moitié supérieure du corps, les veines sont situées en avant et en dehors des
artères et, dans la moitié inférieure en arrière et en dedans. »
VEINES
courtes ; telles sont les branches transversales qui unissent de distance en distance les deux veines satellites d’une même artère. Dans le second cas, les anastomoses sont naturellement plus longues : tel est le canal que la saphène externe envoie à la veine saphène interne et qui, partant du creux poplité, ne rejoint ce dernier vaisseau qu’à la partie moyenne de la cuisse et quelquefois même beaucoup plus haut, au voisinage de l’aine.
y) Il en est d’autres, enfin, qui unissent deux systèmes veineux situés sur des plans différents : à ce groupe appartiennent ces anastomoses si nombreuses, qui.
Fig. 225.
Anastomoses veineuses.
Divers types de canaux de sûreté (d’après Jabjavay).
au niveau des membres, font communiquer le réseau profond avec le réseau superficiel. Nous devons rattacher encore à ce groupe les anastomoses jetées entre les sinus méningiens et les veines sous-cutanées de la tête.
c. Rôle des anastomoses veineuses dans la mécanique circulatoire . — La disposition même des anastomoses veineuses indique nettement le rôle qui leur est dévolu dans la circulation du sang veineux des capillaires vers le cœur. Supposons que, pour une cause d’ordre mécanique, cette circulation vienne à être entravée ou même complètement interrompue dans une veine quelconque. Le sang veineux, continuant à affluer des capillaires et ne pouvant à cause de l’obstacle précité suivre son trajet ordinaire, s’engagera dans les anastomoses, lesquelles le transporteront dans une veine voisine restée perméalable et lui permettront ainsi de gagner le cœur par une voie détournée.
Les anastomoses constituent, comme on le voit, des voies collatérales, des voies dérivatives^ des voies suppléantes : tous ces termes sont synonymes. Leur fonctionnement n’est vraisemblablement que momentané ; mais elles sont toujours béantes, toujours prêtes à entrer en action quand le besoin s’en fait sentir. Grâce à elles, s’établit à chaque instant l’équilibration de la pression sanguine entre les différents départements du système veineux ; grâce à elles, les parois veineuses n’ont pas à redouter les effets d’une tension exagérée ; grâce à elles, les valvules ellesmêmes sont constamment protégées, soit contre un choc en retour trop violent, soit contre le poids d’une colonne sanguine plus volumineuse et par conséquent plus lourde ; grâce à elles, enfin, se trouvent conjurés, dans la plupart des cas, les divers accidents de la stase veineus . Les anastomoses acquièrent donc, en mécanique circulatoire, une importance considérable, et ainsi se trouve justifiée la dénomination heureuse de canaux de sûreté, sous laquelle les a désignées Verneuil (voy. à ce sujet l’excellente étude de Jarj.way, Les canaux de sûreté, Th. de Paris, 1883).
c. Anastomoses valvulaires et avalvulaires. — Ces canaux de sûreté, éminem-
ANGÉIOLOGIE
ment variables dans leur volume et dans leur disposition, sont munis d’une ou de plusieurs valvules, ou bien sont complètement avalvulaires.
a) Dans le premier cas, la circulation s’y effectue toujours dans le même sens; la veine vers laquelle se dirige le courant peut suppléer celle dont il provient. Mais la réciproque n’est pas vraie ; les valvules s’opposent, en effet, à ce que le courant se dirige en sens inverse.
(3) Il n’en est pas de même dans le cas où le canal anastomotique est dépourvu de valvules : le sang peut y circuler librement, soit dans un sens, soit dans l’autre. La circulation y est indifférente et les deux veines, ainsi reliées par une anastomose avalvulaire, peuvent, suivant les cas, se suppléer mutuellement.
Les anastomoses valvulaires et avalvulaires sont très répandues dans l’organisme, mais leur mode de répartition ne me paraît pas encore suffisamment étudié pour se prêter à une description générale.
6® Anomalies. — Les veines, comme les artères, nous présentent de nombreuses anomalies. Ces anomalies portent, suivant le cas, sur l’origine du vaisseau, sur son trajet, sur ses rapports, sur son volume, sur son mode de terminaison, etc. On a vu des veines se dédoubler [duplicité), comme aussi on les a vues disparaître d’une façon complète (absence).
On a signalé jusqu’ici, soit dans les traités didactiques, soit dans les mémoires spéciaux, un grand nombre d’anomalies veineuses ; il n’est certainement pas un anatomiste qui n’en ait rencontré plusieurs dans ses salles de dissection. Les variations du système veineux n’ont été l’objet, cependant, d’aucune étude d’ensemble; il y a là, en morphologie générale, une lacune à combler.
Tout ce qu’on peut dire, pour l’instant, c’est qu’un grand nombre d’anomalies veineuses s’expliquent par la persistance de dispositions embryonnaires, et qu’un grand nombre aussi reproduisent, chez l’homme, des dispositions anatomiques qui existent normalement dans la série zoologique : tel est le passage de la céphalique au-dessus de la clavicule et son abouchement dans les veines du cou, disposition qui est constante dans quelques espèces simiennes ; telle est encore l’apparition d’un sinus pétro-écailleux, dont l’existence est constante chez le chien, etc., etc.
§ III. — Conformation intérieure des veines, valvules
Tandis que les parois artérielles sont partout lisses et unies, la surface interne des veines nous présente, de distance en distance, un certain nombre de replis membraneux que l’on nomme calcules.
1° Valeur physiologique des valvules. — Les valvules veineuses (fig. 226), faisant office de soupapes mobiles, se relèvent et s’effacent pour permettre au sang de cheminer des capillaires vers le cœur; mais elles s’ahaissent et se tendent dans toutes les circonstances où il voudrait reprendre le chemin des capillaires. Elles s’opposent ainsi à tout mouvement rétrograde. Veuneüil a comparé ingénieusement une veine munie de valvules à une échelle : « Aussitôt qu’on a atteint un échelon, on n’est pas assuré de monter plus haut, mais on est certain de ne pas redescendre. Il en est de même du sang veineux : quand il a pénétré dans un segment intervalvulaire, il pourra bien y faire une halte plus ou moins longue, il pourra même ne pas pénétrer dans le segment suivant ; mais, à coup sûr, il ne rétrogradera pas dans le segment qu’il a quitté. ))
2° Forme et disposition générale. — Les valvulves veineuses, considérées isolé-
VEINES
ment, affectent pour la plupart la même configuration que les valvules sigmoïdes de l’aorte : ce sont de vrais nids de pigeon accrochés à la paroi du vaisseau, d’une façon telle que leur côté concave soit tourné du côté du cœur.
Chacune d’elles nous présente donc deux faces et deux hords. — Les deux faces se distinguent en interne et externe: la face interne ou axiale, convexe, est dirigée du côté des capillaires ; la face externe ou pariétale , concave, regarde le cœur, comme nous l’avons dit plus haut. Entre cette dernière et la paroi correspondante de la veine, existe une petite cavité que l’on appelle le sinus de la valvule. — Des deux bords, l’un, le plus éloigné du cœur, est fixé à la paroi de la veine, c’est le bord adhérent, encore appelé hase de la valvule ; l’autre, appelé bord libre, flotte librement dans le vaisseau.
A l’extérieur, les valvules se traduisent chacune par un renflement, que limite, du côté des capillaires, une partie rétrécie ou étranglée (fig. 226). L’étranglement, on le conçoit, répond au bord adhérent de la valvule; le renflement correspond à sa cavité ou sinus.
La description qui précède s’applique aux valvules arrivées à leur complet développement. A côté d’elles, il en existe un certain nombre, qui sont restées à l’état rudimentaire ou bien qui, s’étant développées, se sont atrophiées dans la suite et ne sont représentées parfois que par une simple saillie transversale et demi-circulaire.
Les valvules se disposent généralement par paires (valvules géminées). Plus rarement, on n’en rencontre qu’une seule (valvules solitaires). Plus raremen encore, on en observe trois sur le même point.
Au point de vue de leur situation sur le trajet des vaisseaux, on les divise en pariétales et ostiales. Les premières (de paries, paroi) occupent un point quelconque de la paroi du vaisseau. Les secondes (de ostium, bouche) se disposent, comme leur nom l’indique, au niveau même de son embouchure : elles ressemblent parfois à de véritables diaphragmes, percés à leur centre d’un orifice circulaire.
Valvules veineuses.
A, un tronçon de veine incisé dans sa moitié supérieure, pour montrer deux paires de valvules {a et b).
B, coupe schématique d’un tronçon de veine, pratiquée dans le sens de la longueur, pour montrer les valvules à l’étal d’abaissement (a et b) et à l’état de relèvement (c et d).
3° Veines valvulaires et veines avalvulaires. — Les appareils valvulaires se répartissent d’une façon très inégale sur les différents points de l’arbre veineux et les veines doivent, sous ce rapport, se diviser en deux groupes : les veines qui possèdent des valvules et celles qui en sont dépourvues.
A ce dernier groupe (veines avalvulaires) appartiennent la veine cave supérieure, les troncs brachio-céphaliques, les veines pulmonaires, la veine porte et la plupart de ses affluents, la veine rénale, etc.
Les veines munies de valvules (veines valvulaires) se rencontrent de préférence : 1° dans les régions où la circulation s’effectue contrairement à l’action de la pesanteur; 2° dans celles où les veines sont susceptibles d’être comprimées par le jeu des muscles. C’est ainsi que les valvules sont très multipliées sur toutes les veines des membres, sur les veines profondes plus encore que sur les veines superficielles.
4° Loi d’espacement des valvules. — Longtemps on a considéré le mode de
répartition des valvules dans une veine déterminée comme n’étant soumise à aucune règle et les intervalles qui séparent ces mêmes valvules comme fort irréguliers. A la suite de mensurations nombreuses, B.^rdeleben (1880) a établi, au contraire, que les appareils valvulaires se disposent suivant une loi rigoureuse, que l’on peut appeler la loi d'espacement. Cette loi peut se formuler ainsi : l'intervalle qai sépare deux valvules consécutives est égal à la distance fondamentale D ou à un multiple simple de cette distance — ^D, sZ), iD, ou d'une façon plus générale nD. En voici maintenant l’explication :
Originellement, chaque veine des membres possède un nombre déterminé de valvules, qui se succèdent à des intervalles réguliers et constants, depuis l’origine du vaisseau jusqu’à sa terminaison. Ces valvules divisent ainsi le vaisseau en une série de segments ou tronçons, qui sont égaux en longueur; et, d’autre part, chacune d’elles est séparée de sa voisine, soit en amont, soit en aval, par une distance constante. C’est à cette distance invariable que Bardeleben donne le nom de distance fondainentale {Grunddistanz) . Cet espacement uniforme des appareils valvulaires, qui caractérise les veines de l’embryon, s’observe encore chez le fœtus, chez l’enfant et chez l’adulte ; mais il s’en faut de beaucoup que toutes les valvules de l’embryon persistent et arrivent à un développement complet. Un certain nombre d’entre elles restent à l’état rudimentaire ; un certain nombre d’autres, qui s’étaient développées, disparaissent par régression.
Énoncer ce dernier fait, c’est indiquer en même temps le mode d’espacement des valvules chez l’adulte. Sur les points où toutes les valvules se seront développées et conservées, chacune d’elles sera séparée encore des valvules voisines par la distance fondameyitale, que nous désignons par la lettre D. Sur les points, au contraire, où la régression aura fait disparaître un certain nombre de valvules, une valvule quelconque sera séparée de la valvule qui lui fait suite immédiatement par :2 fois, 3 fois, 4 fois la distance fondamentale {^D, 3O, iD), suivant que une, deux ou trois valvules auront disparu dans l’intervalle en question.
Telle est la loi de l’espacement. Reste à déterminer maintenant la valeur numérique de D, la distance fondamentale. L’observation a amené Bardeleben à considérer cette valeur comme étant la 106® partie environ de la longueur des membres, non compris le pied et la main. Cette fraction, tout en restant proportionnelle à la longueur des membres, varie, on le conçoit, avec le développement de ces derniers et, par conséquent, avec la taille des individus. Chez un adulte de taille moyenne, elle est de 5 pour le membre supérieur, et de 7 millimètres pour le membre inférieur. Ce qui revient à dire : chez un adulte de taille moyenne, une veine qui a la même longueur que le membre supérieur possède ou a possédé à sa période embryonnaire' 106 valvules; de même, une veine qui a la même longueur que le membre inférieur possède ou a possédé également 106 valvules. Actuellement, l’intervalle qui sépare deux valvules consécutives est : 1® pour le membre supérieur, O, ou un multiple simple de ce nombre, soit, par exemple, il millimètres, 16“'^^ 3, 22 millimètres, etc. ; 2® pour le membre inférieur 7 millimètres ou un multiple de 7, soit 14 millimètres, 21 millimètres, 28 millimètres, etc.
§ IV. — Structure des veines
Les veines présentent, suivant le vaisseau examiné, des variations structurales profondes et elles sont ainsi très différentes des artères qui, comme nous l’avons
VEINES
va (p. 103) sont constituées suivant un type nettement défini et assez constant. Ces variations locales des canaux veineux portent principalement sur le développement de leurs éléments contractiles. Elles sont/ ici comme ailleurs, le produit d’adaptations fonctionnelles, et, à cet effet, Renaut propose de distinguer parmi les grosses veines, deux catégories : 1° les veines propulsives, qui sont très riches en fibres musculaires lisses et que l’on pourrait rapprocher des artères du type musculaire; 2° les veines réceptives, qui jouent le rôle de simples réservoirs pour le sang en retour et au sein desquelles le tissu musculaire est peu abondant ou même ne prend aucune place. Un grand nombre d’auteurs, dans le but d’établir une symétrie entre les artères et les veines ont admis, dans ces dernières, une tunique interne, une tunique moyenne et une tunique externe. De ces trois tuniques, la première seule a des limites nettes et précises ; la tunique moyenne et la tunique externe ne sont séparées l’une de l’autre par aucune ligne de démarcation et doivent être confondues. Aussi, à l’exemple de VValdeyer, dont la manière de voir sur ce point a été adoptée par Ranvier, par Renaut, par Mathias Duval, nous ne décrirons, dans la paroi veineuse, que deux tuniques : une tunique interne et une tunique externe.
1° Tunique interne. — La tunique interne répond à la tunique homonyme de la paroi artérielle. Elle nous présente, comme cette dernière, un endothélium et une couche sous-endothéliale :
a. Endothélium. — L’endothélium du système veineux est constitué de la même façon générale que celui du système artériel : ce sont, ici encore, des cellules plates et minces, allongées dans le sens du vaisseau, avec, au centre du corps cellulaire, un noyau allongé dans le même sens. Ces cellules endothéliales diffèrent cependant de celles des artères en ce qu’elles sont beaucoup moins allongées (fig. 227) : au lieu d’être losangiques ou même fusiformes, elles sont polygonales, presque aussi larges que longues, se rapprochant beaucoup par conséquent de la forme rectangulaire. Dans certaines veines, notamment dans la splénique et les veines de la moelle des os (Renaut), l’endothélium devient sinueux, rappelant alors celui des vaisseaux lymphatiques.
b. Couche sous-endothéliale , endoveine. — Dans la plupart des veines, l’endothélium repose sur une couche conjonctivo-élastique : c’est Vendoveine, homologue de V endartère . Il est formé par des éléments conjonctifs (cellules plates et faisceaux de fibrilles), contenus dans les mailles d’un fin réseau élastique à fibres longitudinales. L’endoveine, bien développé dans certaines veines, telles que les veines musculaires du triceps de l’homme (Renaut), est peu distinct dans un grand nombre d’autres; dans quelques veines enfin, telles que les jugulaires, les veinespulmonaires, la veine porte, il fait complètement défaut. Son épaisseur est extrêmement variable et il est à remarquer que ces variations ne sont nullement en rapport avec le diamètre du vaisseau : d’après Eberth, en effet, la couche conjonctivo-
Fig. 227.
Endothélium de la tunique interne d'une grosse veine (veine jugulaire du lapin, imprégnée d'argent (d’après Ranvieh).
m, fibres musculaires, disposées transversalement. — c, cellules endothéliales, irrégulièrement polygonales, légèrement allongées dans le sens du vaisseau.
ANGÉIOLOGIE
élastique sous-endothéliale, qui manque dans la veine cave inférieure au-dessus et au-dessous du foie, fait son apparition dans la veine iliaque, augmente d’épaisseur jusqu’à la poplitée, où elle atteint son maximum, et décroît ensuite graduellement, dans les veines en amont, jusqu’à la périphérie.
2° Tunique externe. — La tunique externe répond à la fois à la tunique moyenne, et à l’adventice des canaux artériels. Elle comprend trois ordres d’éléments : des éléments élastiques, des éléments conjonctifs, des éléments musculaires.
A. Éi.ÉMENTs ÉLASTIQUES, LAME LIMITANTE EXTERNE. — Les éléments élasUques forment tout d’ahord à la partie interne de la tunique, entre celle-ci et la tunique interne, une lame continue, que l’on désigne sous le nom limilante interne. Cette limitante est bien certainement l’homologue de celle que nous avons vue dans le& artères ; mais elle est ici beaucoup moins nette et n’est même représentée, dan& bien des cas, que par un simple réseau élastique plus ou moins condensé. D’autre part, elle peut, dans certaines veines, être discontinue ou faire entièrement défaut. De la limitante interne partent des fibres, qui se portent en dehors vers la surface
externe du vaisseau, en formant dans toute l’étendue de la tunique externe, un réseau à
laro-es mailles. C’est dans les mailles de ce ré-
seau que prennent place les éléments conjonctifs et les éléments contractiles.
B. Eléments conjonctifs. — Le tissu conjonctif est extrêmement abondant dans la tunique externe des veines. Il peut même, dans certaines veines où les fibres musculaires font défaut, constituer à lui tout seul la presque totalité de la paroi vasculaire. Il se continue en dehors, comme celui de l’adventice des artères, avec le tissu conjonctif périveineux.
Fig. 228.
Coupe transversale d'une partie de la paroi d’une veine musculaire du pre inier groupe {demi-schématique).
A, tunique interne, avec : 1, endothélium ; 2, couche conjonclivo- élastique représentant l'endoveine.
B, tuni([ue externe, avec : a, limitante interne ; b, faisceaux musculaires disposés transversalement; c, faisceaux conjonctifs; d, partie la plus externe de la tunique, constituée exclusivement par du tissu conjonctif.
C. Éléments müsgulaires. — Les éléments^ contractiles de la tunique externe des veines sont des fibres musculaires lisses, beaucoup plus longues que larges, chacune avec un noyau également allongé.
a. Leur disposition générale dans les veines de petit, moyen et gros calibre. — Ces éléments se disposent différemment suivant que les veines sont de petit, moyen ou gros calibre : a) Dans les veines de petit calibre, on veinules, ces fibres-cellules sont disposées en sens transversal dans la partie la plus interne de la tunique : or, il est à remarquer qu’elles ne se succèdent pas en couche continue et, d’autre part, quelles n’occupent parfois qu’une partie de la circonférence du vaisseau.
i) Dans les veines de gros et moyen calibre, les fibres musculaires se groupent en faisceaux plus ou moins volumineux, unis les uns aux autres par le tissu conjonctif. Ces faisceaux, considérés en général, nous présentent des variations fort nombreuses, portant sur leur nombre, leur situation, leur orientation. Au point de vue du nombre, on trouve des veines, telles que celles qui appartiennent au
VEINES
type propulsif de Renaut, qui possèdent une riche musculature ; d’autres, au contraire, comme celles du type réceptif, dans lesquelles l’élément contractile ne forme que de minces assises ou même fait complètement défaut. Au point de vue de la situation, les fibres musculaires peuvent être observées tour à tour dans les assises internes, dans les assises moyennes ou même dans les assises les plus externes de la tunique. Enfin, au point de vue de leur orientation, les fibres musculaires des artères sont longitudinales ou transversales (autrement dit circulaires) selon que leur grand axe est orienté suivant le grand axe du vaisseau ou perpendiculairement à lui.
b. Classification d'Eberth. — C’est en se basant sur cette variabilité de leur système musculaire que Eberth a classé les veines de la façon suivante. Il admet, tout d’abord, des veines musculaires et des veines non musculaires.
a) Les veines non musculaires, dépourvues, comme leur nom l’indique, de fibres musculaires lisses, se trouvent réduites à un endothélium reposant sur une couche conjonctivo-élastique plus ou moins développée. Appartiennent à cette catégorie les veines de la dure-mère (sinus veineux) et de la pie-mère, les veines de la rétine, les canaux de Breschet dans les os, les veines de la portion maternelle du placenta et aussi, d’après la plupart des auteurs, les veines jugulaires. Il convient, cependant, de faire une réserve pour ces dernières veines ; Ranvier, en effet, a constaté l’existence d’une mince couche annulaire dans la jugulaire interne de l’homme.
f) Les veines musculaires , celles qui possèdent dans leur tunique externe des fibres musculaires lisses, se répartissent elles-mêmes, d’après la direction de ces fibres et d’après le nombre de leurs assises musculaires, en quatre groupes. — Le premier groupe comprend les veines qui ne possèdent qu’une seule couche de fibres à direction transversale (fibres circulaires ou annulaires). Rentrent dans ce groupe les petites veines du cou, les mammaires internes, les veines du membre supérieur et une partie des veines du membre inférieur. — Les veines du second groupe ne possèdent, elles aussi, qu’un seul plan de fibres, mais de fibres longitudinales. Telles sont les veines de l’utérus gravide et les veines sus-hépatiques. — Les veines du troisième groupe sont caractérisées par la présence, dans la tunique externe, de deux plans de fibres : un plan de fibres circulaires en dedans et, en dehors, un plan de fibres longitudinales. Appartiennent à ce groupe : la veine cave inférieure au niveau et au-dessous du foie, la veine porte, la veine azygos, la veine spermatique, la rénale, etc. — Les veines du quatrième groupe, enfin, nous présentent trois plans de fibres: un plan interne, longitudinal; un plan moyen,, circulaire ; un plan externe, longitudinal comme le plan interne. Nous trouvons dans ce groupe, les iliaques, la fémorale, la poplitée, les mésentériques et l’ombilicale.
Il convient d’ajouter qu’une pareille classification s’applique exclusivement à l’homme. Les veines des animaux présentent parfois, avec les veines homonymes de l’homme, des différences structurales considérables, qui trouvent vraisemblablement leur raison d’être dans la différence de station.
3° Structure des valvules veineuses. — Envisagées au point de vue histologique, les valvules veineuses se composent essentiellement d’une lame centrale, sur les deux faces de laquelle s’étale un mince revêtement qui, morphologiquement, est l’équivalent de la tunique interne de la veine.
a. Lame centrale. — La lame centrale (fig. 229, 4) constitue ce qu’on pourrait appeler le squelette de la valvule. Elle est formée par du tissu conjonctif avec
ANGEIOLOGIE
réticulum élastique. On y trouve, en outre, à la base de la valvule, un certain nombre de fibres musculaires lisses (4’) à direction transversale.
b. Rev)ête7nents endothéliaux. — La lame conjonctive centrale est recouverte, à la fois sur sa face externe et sur sa face interne, par une couche continue de cellules endothéliales, au-dessous de laquelle se voit une couche conjonctivo-élastique.
Cette dernière couche, homologue de l’endoveine, est nettement différenciée sur la face interne ou axiale de la valvule, plus mince et souvent même à peine visible sur sa face externe ou pariétale.
L’endothélium lui-même diffère légèrement sur l’une et l’autre faces ; sur la face interne, ce sont des cellules allongées dans le sens du vais-
seau, présentant par conséquent la même orientation que sur la veine ; sur la face externe, ce sont encore des cellules plus longues que larges, mais disposées d’une façon telle que leur grand axe, au lieu d’être longitudinal comme tout à l’heure, est dirigé transversalement. Au niveau du bord libre de la valvule, les deux revêtements endothéliaux se fusionnent réciproquement. Au niveau de sa hase, ils se continuent l’un et l’autre avec celui de la paroi veineuse.
Nous ajouterons, pour terminer cette description, qu’il existe, à la hase de la valvule et sur sa face externe, une série de crêtes irrégulières qui, sui- des coupes longitudinales, prennent l’aspect de bourgeons saillant en haut. Elles sont destinées (Rénaux) à combler le petit renflement ou sinus supra-valvulaire du vaisseau, au moment où la valvule s’accole à la paroi pour laisser passer le sang.
Coupe longitudinale d’une veine avec sa valvule {schématique).
1, paroi veineuse, avec : 2, sa tunique interne ; 3, sa tunique externe. — 4, lame centrale ou squelette de la valvule, avec 4’, les tibres musculaires de sa base. — 5, endothélium de la face interne, avec 5’, couche sous-endotbéliale. — 6, cndotliélium de la face externe, avec 6’, couche sous-cndolhéliale. — 7, 8, crêtes de la base de la valvule, faisant saillie dans le sinus.
4° Vaisseaux et nerfs des veines. — Les veines reçoivent des artérioles et émettent des veinules. Ces vasa vasoriun pénètrent dans toute l’épaisseur de la tunique externe, de telle sorte que dans les veines où l’endartère se trouve très réduit, ils arrivent jusqu’au voisinage de l’endothélium. Les parois veineuses reçoivent en même temps de nombreux filets nerveux : leurs fibres terminales se divisent, comme celles des parois artérielles, en fibres sensitives et fibres motrices, les premières pour l’endartère, les secondes pour les fibres musculaires lisses.
§ Y. — Nomenclature des veines
Adoptant pour l’étude des veines le plan que nous avons déjà suivi pour celle des artères, nous les diviserons en deux grands systèmes et nous décrirons successivement, dans deux chapitres distincts :
1° Les veines correspondant à V artère pulm onaire ;
Les veines correspondant à V artère aorte.