‹ Traité d'anatomie humaine (volume 2)Chapitre 65 sur 166 · VEINES PULMONAIRES · texte numérisé non relu

VEINES PULMONAIRES

Le sang veineux apporté aux poumons par les deux branches de l’artère pulmonaire retourne dans l’oreillette gauche, à l’état de sang artériel, par des canaux a ramifications convergentes, que l’on désigne sous le nom de veines pulmonaires .

Origine. — Ces veines, nées dés réseaux capillaires des lobules'et des dernières ramifications bronchiques, se portent en convergeant vers le hile du poumon (voy. Poumons). Chemin faisant, elles se réunissent pour constituer des vaisseaux de plus en plus volumineux, de telle sorte que, arrivées au hile, elles ne forment plus que trois troncs pour le poumon droit, deux troncs pour le poumon gauche, un tronc par conséquent pour chaque lobe pulmonaire.

Le tronc qui provient du lobe supérieur du poumon droit se réunit presque aussitôt avec le tronc qui émane du lobe moyen. Il en résulte que le poumon droit ne possède, en définitive, comme le poumon gauche, que deux veines pulmonaires.

Il existe donc quatre veines pulmonaires, deux pour le côté droit, deux également pour le côté gauche. De chaque côté, on les distingue, en raison de leur situation, en veines pulmonaires supérieures et veines pulmonaires inférieures.

Outre les veines issues du poumon lui-même, Ihs veines pulmonaires reçoivent encore dans la région du hile, un certain nombre de veinules accessoires, qui tirent leur origine de la face interne du poumon, des parois bronchiques, des ganglions lymphatiques du hile. Ces affluents extra-pulmonaires des artères bronchiques sont toujours plus ou moins anastomosés avec les veines du médiastin et les veines de la trachée.

2° Trajet. — Les veines pulmonaires sont très volumineuses, mais très courtes. Parties du hile du poumon, elles se dirigent transversalement de dehors en dedans: les supérieures un peu obliquement de haut en bas; les inférieures presque horizontalement. Elles arrivent ainsi à la face supérieure de l’oreillette gauche, où elles se terminent, nous verrons tout à l’heure comment.

Relativement à leur volume respectif, il est à remarquer que la veine pulmonaire supérieure est plus grosse, des deux côtés, que la veine inférieure correspondante.

De plus, les deux veines pulmonaires droites, prises ensemble, sont un peu plus volumineuses que les deux veines pulmonaires du côté gauche, ce qui paraîtra très naturel si l’on veut bien se souvenir que le poumon droit l’emporte toujours, par son volume, sur le poumon gauche.

On admet généralement que, contrairement à la loi générale, la capacité totalisée des quatre veines pulmonaires est inférieure à celle de l’artère de même nom : cette différence serait, toutefois, minime (99 : 100 d’après Krause) . Mais une pareille assertion est rejetée par un certain nombre d’anatomistes, notamment par Portal et par Gruveilhier.

3° Rapports. — Dans leur trajet, les veines pulmonaires sont placées tout d’abord en avant de la bronche et de l'artère pulmonaire correspondantes ; les veines du côté droit sont, en outre, croisées sur leur face antérieure par la veine cave supérieure et par la portion ascendante de l’aorte. En atteignant l’oreillette, les veines

ANGEIOLOGIE

pulmonaires soulèvent le péricarde, qui les entoure alors, non pas d’une façon complète, mais sur une partie seulement de leur pourtour (voy. Péricarde).

4° Terminaison. — Les quatre veines pulmonaires s’ouvrent deux par deux à la partie supérieure de l’oreillette gauche (voy. Cœur): lesveines pulmonaires provenant du poumon droit débouchent dans l’oreillette sur le côté interne de cette paroi supérieure, tout près de la cloison interauriculaire ; les veines pulmonaires prove-

if»-

Les veines pulmonaires, vues par leur face postérieure.

1, poumon droit. — 2, poumon gauche. — 3, trachée-artère. — 4, 4’, bronches droite et gauche. — 5, oreillette gauche. — G, ventricule gauche. — 7, veines pulmonaires. — 8, crosse de l’aorte. — 9, carotide primitive gauche. ^ — 10, sous-clavière gauche. — 11, tronc bracliio-céphalique artériel. — 12, veine cave supérieure. — 13, abouchement de la veine azygos. — 14, veines pulmonaires. — 15, tronc veineux brachio-céphalique droit. — IG, tronc veineux brachio-céphalique gauche. — 17, veine cave iuférieurc. — 18, grande veine coronaire.

nant du poumon gauche, s’ouvrent à l’extrémité externe de cette 'même paroi supérieure, tout près de la paroi externe.

Pour chacun des deux groupes, les deux veines supérieure et inférieure s’ouvrent côte à côte, la veine supérieure en avant de l’inférieure. Un intervalle de 25 à 50 millimètres sépare à leur point d’abouchement les veines pulmonaires droites des veines pulmonaires gauches.

Les veines pulmonaires sont entièrement dépourvues de valvules. Il est vrai que leur orifice dans l’oreillette est entouré par un anneau musculaire, sorte de sphincter qui compense l’absence des valvules. Ces fibres musculaires de l’oreillette se prolongent même sur le tronc veineux, soit sous forme d’anneaux, soit sous forme d’anses, jusqu’au hile du poumon (Stieda 1877, Piana 1880), et même chez certains animaux jusque sur les branches intra-pulmonaires.

Page 1