ET SES AFFLUENTS
La veine cave supérieure, encore appelée veine cave descendante, est le tronc
■ commun auquel aboutissent toutes les ï de la moitié du corps qui est située au-dessus du diaphragme : elle répond assez exactement, comme on le voit, à la portion thoracique de l’aorte. Nous i décrirons tout d’abord le tronc même de la veine cave inférieure. Nous décrirons ensuite ses affluents.
§L — Tronc de la veine gave
é SUPÉRIEURE
; La veine cave supérieure est un gros vaisseau veineux, située à. la partie \ antérieure de la cavité thoracique, un ' peu à droite de la ligne médiane, i allant des troncs brachio céphaliques à la partie supérieure de l’oreillette droite. Embryologiquement, ellereprésente la portion inférieure de la jugulaire droite primitive, prolongée jus- - qu’au cœur par le canal de Cuvier du même coté (voy. Embryologie).
l"" Origine, trajet, terminaison. —
La veine cave inférieure prend naissance, en haut, à la face postérieure du cartilage de la première cote droite, où elle résulte de la réunion, à ce niveau, des deux troncs veineux brachio-céphaliques.
De là, elle se porte verticalement en bas le long du bord droit du sternum, en décrivant dans son ensemble une légère rourbe à concavité interne. Elle
veines (les veines cardiaques exceptées)
Fig. 236.
Tronc veineux brachio-céphalique.
1, crosse de l’aorte et ses brauches. — 2, veine cave supérieure. — 3, Iroiic veineux brachio-céphalique gauche. — 3’, tronc brachio-céphalique droit. — 4, jugulaire intenie. — .3, jugulaire externe. — 6, 6, grande azygos. — 7, petite azygos. — 8, tronc commun des veines intercostales supérieures droites. — 9, tronc commun des veines intercostales supérieures gauches. — lU, 10', veines lombaires ascendantes. — 11, citerne de Pecquet et ses affluents. — 12, canal thoracique, avec 12’, son abouchement dans la sous-clavici’e gauche. — 13, grande veine lymphatique, s'ouvrant dans la veine sous-clayiére droite.
arrive ainsi à la partie supérieure du péricarde, le perfore et vient s’ouvrir à la partie supérieure et antérieure de l’oreillette droite, tout près de son auricule.
Le point d’abouchement de la veine cave supérieure dans l’oreillette répond ordinairement à l’extrémité antérieure du deuxième espace intercostal droit ou bien à l’extrémité sternale de la troisième côte (vo}^ fig. 237).
2° Dimensions. — La veine cave supérieure est à la fois moins longue et moins volumineuse que la veine cave inférieure. Sa longueur, assez variable suivant les sujets, à cause de la variabilité du point où se fusionnent les deux troncs brachiocéphaliques, oscille d’ordinaire entre 0 et 8 centimètres. Son diamètre est de 20 à 22 millimètres : il est, suivant la règle, inférieur à celui des deux troncs brachiocéphaliques réunis.
3° Rapports. — La veine cave supérieure, depuis son origine jusqu’à sa terminaison, occupe la cavité thoracique ou, plus exactement,- la partie supérieure et droite du médiastin antérieur. Nous pouvons, au point de vue de ses rapports, lui considérer deux portions : l’une supérieure, placée en dehors du péricarde ; l’autre inférieure, placée dans le péricarde.
a. Portion extra-péricardique. — Dans sa portion extra-péricardique, la veine cave supérieure est en rapport : L en avant, avec le bord droit du sternum, dont elle
est séparée, chez l’enfant, par le thymus et qu’elle déborde plus ou moins (fig 237, 7) pour se mettre eu rapport avec les deux premiers cartilages costaux et avec l’extrémité interne du premier espace intercostal (rappelons, en passant, que la plèvre s’étend plus ou moins sur la face antérieure du vaisseau) ; 2° en arrière, avec la moitié droite de la trachée, la bronche droite et les ganglions bronchiques ; 3° en dedans, avec la portion ascendante de l’aorte, qui la refoule légèrement à droite, d’où la forme plus ou moins arquée que prend dans son ensemble la veine cave supérieure ; 4° en dehors, avec le nerf phrénique droit, la plèvre et le poumon.
b . Portion intra - péricar dique. — La portion delà veine cave supérieure qui se trouve contenue dans le péricarde est très variable dans son étendue : elle représente, suivant les cas, le tiers, le quart ou le cinquième de la longueur totale du vaisseau, quelquefois moins encore. — En atteignant le sac fibreux du péricarde, la veine cave supérieure le perfore; elle soulève alors la séreuse, s’en revêt sur son côté antéro-externe et, finalement, traverse la paroi de l’oreillette pour s’ouvrir dans sa cavité. Le péricarde séreux ne forme donc pas à la veine cave
iOg. 237.
Projection sur le plastron sterno-costal des gros vaisseaux de la base du cœur.
C', G-, G’, G^, les quatre premières côtes. — t, 2, 3, les trois premiers espaces intercostaux. — 4, sternum. — 5, artère pulmonaire, avec 5’, sou orifice ventriculaire. — C, aorte, avec G’, son orifice ventriculaire. — 7, veine cave supérieure. — 8, tronc bracliio-céplialique artériel et 9, 9', troncs brachio-céphaliques veineux droit et gauche. — xx, ligne médiosternale.
TRONCS VEINEUX BRAGHIO-GÉPH ALIQUES
supérieure une gaine complète, mais l’entoure seulement dans ses deux tiers ou ses trois quarts externes et, cela, sur une hauteur de 20 à 30 millimètres (voy. Péricarde). — Du reste, la portion intrapéricardique de la veine cave supérieure présente des rapports qui rappellent beaucoup ceux de la portion extrapéricardique. Elle répond : 1° en avant, à la base de l’auricule droite ; 2" en arrière, à l’artère et aux veines pulmonaires droites, qui la croisent perpendiculairement; 3° en dedans, à l’artère aorte ; 4° en dehors, à la plèvre et au , poumon droit.
4® Structure. — D’après Eberth (in Stricker’s Handbuch), la veine cave supérieure, chez l’homme, ne renferme pas d’éléments contractiles. C’est vraisemblablement là une disposition spéciale à l’homme ; car, chez le mouton et chez le bœuf, Rem.\k a signalé l’existence, dans cette même veine cave supérieure, de deux couches musculaires, l’une interne à fibres circulaires, l’autre externe à fibres longitudinales. Ces différences structurales s’expliquent peut-être, comme le fait remarquer Eberth, par la différence de la station, qui est bipède chez l’homme, quadrupède chez les deux animaux précités. A son extrémité inférieure, la veine cave supérieure nous présente, sur tout son pourtour et sur une longueur de 20 à 25 millimètres, des fibres musculaires striées, qui sont une dépendance des oreillettes. Nous ajouterons que son adventice est renforcée par des expansions fibreuses, qui proviennent, en haut de l’aponévrose cervicale moyenne, en bas du sac fibreux du péricarde. La veine cave supérieure est complètement avalvulaire.
5° Affluents. — Au cours de son trajet, la veine cave supérieure ne reçoit ordinairement qu’un seul affluent : c’est la grayide veine azygos, qui la pénètre à sa partie inférieure et que nous décrirons plus loin à propos des veines du thorax. A son extrémité supérieure, elle reçoit, comme veines constituantes, les deux troncs veineux br achio -céphaliques , que nous allons décrire immédiatement.
Variétés. — Il peut y avoir deux veines caves supérieures, chacune d’elles étant formée par la réunion de la jugulaire interne et de la sous-clavière du côté correspondant. Dans ce cas, la veine cave supérieure gauche descend à gauche delà ligne médiane, en avant de la crosse aortique ; arrivée au cœur, elle s’infléchit brusquement à droite et vient s’ouvrir à la partie postérieure et inférieure de l'oreillette droite. — Très rarement (Ryrtl, Gruber, LuscHKA),la veine cave supérieure gauche, quand elle existe, vient s’ouvrir dans l’oreille gauche. — Dans deux cas, observés par Linder et par Jeffray, la veine coronaire aboutissait de même à l’oreillette gauche. — Dans le cas de transposition des viscères, la veine cave supérieure occupe le côté gauche du corps.^On l’a encore vue occuper le côté gauche, sans qu’il y ait transposition des viscères (Halbertsma, Greenfield, Gruber). — Toutes ces dispositions anormales de la veine cave supérieure s'expliquent nettement par le développement (voy. Embryologie).
Accidentellement, la veine cave supérieure reçoit, comme affluents, la veine pulmonaire droite supérieure, la mammaire interne du côté droit, une thyro'idienne, une intercostale supérieure droite.
A consulter, au sujet de la veine cave supérieure, parmi les mémoires récents : Gruber, Vorkommen einer Vena cava superior sinistra; et Duplicitat Vena cava superior, etc., Virchow’s Arch., 1880. — Weigert, Ueber einen Fait von links verlan fenclen Vena cava superior, etc., Virchow’s Arch., 1881. — Antonelli, Un caso di duplicita délia vena casa superiore, lies, délia R. Accad. med.-chir. di Napoli, 1882. — Howden, Case of double superior vena cava, etc., Journ. of Anat. and Physiol., 1886. — Hepburn, Double superior vena cava, etc., Journ. of Anat. and Physiol., 1887, — Charles," of a case of persistent left .superior vena cava, tke right superior vena cava
being in great part a fibrous cord, Journ. of Anat. and Physiol., 1889. — Stanley, Body, Case of left superior Cava without transposition of viscera, Journ. of. Anat., vol. XXVlll, 1893.
§ II. —Troncs veineux braghio-céphaliques
Les troncs veineux brachio-céphaliques (fig. 236, 3 et 3’), ainsi appelés parce qu’ils résument la circulation veineuse du membre supérieur et de la tête, sont situés à la partie supérieure du thorax. Ils sont au nombre de deux, l’un droite l’autre gauche.
ANATOMIE HUMAINE. — T. Il, 6® ÉUIT.
1° Origine, trajet et terminaison. — Ils prennent naissance, adroite et à gauche, en arrière de l’articulation sterno-claviculaire, où ils résultent de la réunion, à ce niveau, de la sous-clavière et de la jugulaire interne.
De là, ils se portent obliquement en bas et en dedans, vers la face postérieure du premier cartilage costal du côté droit et s’y fusionnent en un tronc unique, qui est la veine cave supérieure.
Leur calibre varie de 14 à 18 millimètres. Le tronc brachio-cépbalique du côté gauche, probablement parce qu’il reçoit la plus grande partie des veines thyroïdiennes inférieures, est généralement plus volumineux que celui du côté droit.
2° Parallèle anatomique des deux vaisseaux. — Gomme les deux troncs bracbio-céphaliques prennent naissance, l’un et l’autre, au niveau de l’articulation sterno-claviculaire correspondante, c’est-à-dire sur deux points également distants de la ligne médiane ; comme, d’autre part, leur point d’abouchement dans la veine cave supérieure est situé à droite de cette même ligne médiane, on voit déjà que les deux troncs veineux droit et gauche, tout en restant homologues, ne sauraient être absolument semblables. Ils présentent, en effet, de notables différences portant sur leur longueur, leur direction, leurs rapports :
a. Au point de vue de la longueur, le tronc veineux brachio-cépbalique droit mesure en moyenne 3 centimètres ; le tronc veineux du côté gauche, naturellement plus long, en présente 5 ou 6.
b. Au point de vue de la direction, le tronc veineux du côté droit est un peu oblique de haut en bas et de dehors en dedans, mais il se [rapproche beaucoup de la verticale. Celui du côté gauche, au contraire, tout en présentant une obliquité de même sens, suit une direction qui se rapproche beaucoup de l’horizontale. L’angle suivant lequel ils se^ rencontrent pour effectuer leur jonction est un angle droit.
c. Au point de vue des rapports, les deux troncs veineux diffèrent encore sur
plusieurs points. — Le trojic veineux brachio-céphalique droit en arrière,
au tronc artériel de même nom, qui lui est sensiblement parallèle ; en avant, à l’extrémité interne de la clavicule et à la partie droite de la poignée du sternum, ainsi qu’aux deux muscles sterno-cléido-hyoïdien et sterno-thyroïdien correspondants. — Le tronc veineux brachio-céphalique gauche décrit une légère courbe à concavité dirigée en arrière : par sa concavité, il répond à la partie la plus élevée de la crosse aortique et embrasse les trois grosses artères qui s’en détachent; par sa convexité, il est en rapport avec l’articulation sterno-claviculaire du côté gauche, avec les deux muscles sterno-cléido-hyoïdien et sterno-thyroïdien correspondants, avec le sterno-thyroïdien du côté opposé et avec la face postérieure du sternum, qu’il croise obliquement dans toute son étendue.
3® Structure. — Gomme la veine cave supérieure, les deux troncs brachiocéphaliques sont entièrement dépourvus de valvules, disposition anatomique qui permet au sang veineux de refluer librement vers la périphérie à chaque systole auriculaire. Rappelons, en passant, que leurs parois, comme pour les sousclavières, se trouvent renforcées par des expansions fibreuses, provenant des aponévroses du cou. Il en résulte que, au lieu de s’affaisser comme les veines ordinaires, elles restent toujours béantes, condition qui favorise singulièrement la circulation de retour.
4° Affluents. — Aux deux troncs veineux brachio-céphaliques, que nous venons de décrire, aboutissent, comme autant d’affluents, directement ou par l’intermé-
VEINES DU MEMBRE SUPÉRIEUR
diaire d’autres troncs, les six groupes veineux suivants : 1® les veines du membre supérieur ; 2® les veines de la tête; 3° les veines de la face; 4® les veines du cou ; 3® les veines du thorax ; 6® les veines du rachis. Nous allons décrire successivement chacun de ces six groupes.
§ III. —Veines du membre supérieur
Les veines du membre supérieur se divisent en deux groupes : les veines profondes ou sous-aponévrotiques et les veines superficielles ou sous-cutanées.
A. — Veines profondes
Veines profondes de la main, de l’avant-bras et du bras. — Les veines profondes du membre supérieur suivent exactement le trajet des artères : elles ont les mêmes limites, les mêmes rapports, le même nom. Elles sont, en outre, au nombre de deux pour chaque artère. C’est ainsi que nous avons : à la main, deux veines pour chacune des artères homonymes, àQ\xn arcades veineuses
superficielles, deux arcades veineuses profondes, répondant aux arcades artérielles de même nom ; à l’avant-bras, deux veines radiales, deux veines cubitales , au bras, deux veines humérales .
Nous nous arrêterons là dans cette description. Poursuivie plus longtemps, elle serait aussi fastidieuse qu’inutile : il suffit, en effet, de connaître les artères du membre supérieur, pour avoir en même temps une connaissance suffisamment complète de ses veines profondes.
Nous venons d’établir en principe que chaque artère du membre supérieur cheminait entre deux veines, veines satellites, qui lui étaient intimement accolées. Un certain nombre d’entre elles, cependant, font exception à cette loi : les artères collatérales des doigts, notamment, sont dépourvues de veines satellites qui leur correspondent exactement ; de plus, les deux artères les plus volumineuses du membre supérieur, l’artère sous-clavière et l’artère axillaire, ne possèdent chacune qu’une seule veine. Ces deux veines axillaire et sous-clavière, en raison de leur importance et de leurs rapports, méritent une description à part.
2® Veine axillaire. — La veine axillaire, née de la réunion des deux veines humérales, souvent aussi (normalement d’après Carle, voy. p. 296) de la réunion de la basilique avec l’humérale interne, traverse en diagonale la région de l’aisselle et arrive au-dessous de la clavicule, où elle prend le nom de sous-clavière.
Dans son trajet ascendant, elle occupe tout d’abord le côté interne de l’artère homonyme. Puis, elle décrit insensiblement un quart de tour, pour venir se placer en avant d’elle.
Conformément à la règle énoncée plus haut, la veine axillaire reçoit comme affluents : deux veines acromio-thoraciques, deux veines thoraciques inférieures, àe,Vi^veines scapulaires inférieures et quatre veines circonfexes, deux antérieures et deux postérieures. Toutes ces veines correspondent aux artères de même nom.
3® Veine sous-clavière. — Continuation directe de la veine axillaire, la veine sous-clavière s’étend de la clavicule à l’articulation sterno-claviculaire, où elle se réunit avec la jugulaire interne correspondante, pour former le tronc veineux brachio-céphalique déjà décrit.
Contrairement aux deux artères homonymes, les deux veines sous-clavières,
ANGEIOLOGIE
droite et gauche, présentent la même direction, la même longueur et les mêmes rapports. — En avant, elles répondent tout d’abord au muscle sous-clavier et plus loin à l’extrémité interne de la clavicule. — En arrière, elles longent le côté antérieur de l’artère sous-clavière, dont elles sont séparées, à leur partie moyenne, par le muscle scalène antérieur. — En bas, elles reposent successivement sur la première côte et sur le sommet du poumon, dont les sépare la plèvre. — En haut, elles ne sont séparées de la peau que par le peaucier, par l’aponévrose cervicale superficielle et par l’aponévrose cervicale moyenne, qui leur adhère intimement en jetant sur leur pourtour une gaine fibreuse à peu près complète (voy. Myologie).
A l’extrémité terminale de chacune des veines sous-clavières se trouvent deux valvules, situées en regard l’une de l’autre et généralement assez complètes pour s’opposer au reüux du sang contenu dans le tronc brachio-céphalique.
De toutes les branches veineuses qui accompagnent les sept branches collatérales fournies par l’artère sous-clavière, deux seulement se jettent quelquefois dans la veine homonyme ; ce sont les veines intercostales supérieures, qui, par leur origine et la plus grande partie de leur trajet, appartiennent aux parois du thorax. Toutes les autres, les mammaires externes, les vertébrales, les thyroïdiennes inférieures, les cervicales profondes, les scapulaires inférieures et les scapulaires postérieures, viennent s’ouvrir, soit dans l’une des jugulaires, soit dans le tronc veineux brachio-céphalique : nous les retrouverons ultérieurement.
Par contre, la sous-clavière reçoit deux veines superficielles : ce s>ox\i\0i jugulaire externe et \v. jugulaire antérieure, que nous décrirons à propos des veines du cou.
Variétés. — La veine axdlaire peut être plus courte que d’habitude, les deux humérales ne se réunissant en un tronc commun que dans le creux axillaire lui-même. — J’ai vu, dans un cas, cette réunion s’ell'ectuer à un centimètre seulement au-dessous de la clavicule.
La veine sous-clavière peut occuper, au cou, une situation plus élevée que d'habitude, cheminant au-dessus de l’artère homonyme et la recouvrant. — Itelativement à ses rapports, on l’a vue passer entre la clavicule et le muscle sous-clavier (Lüschka), passer en arrière du scalène antérieur, avec ou sans l’artère homonyme, qui dans ce cas prend le plus souvent sa place. — Enfin, dans un cas signalé par Luschk.a, elle se divisait en deux branches, situées l’une en avant, l’autre en arrière du scalène antérieur. — Elle reçoit accidentellement la veine céphalique du bras (voy. plus loin) .
B. — Veines superficielles
Les veines superficielles du membre supérieur, cheminent, comme l’indique suffisamment leur nom, dans le tissu cellulaire sous-cutané. S.\ppey fait remarquer, avec beaucoup de raison, « qu’elles sont d’autant plus volumineuses que les muscles du bras et de l’avant-bras sont soumis à des contractions plus violentes et plus souvent réitérées ». Peu saillantes chez la femme et chez l’enfant, elles atteignent leur maximum de développement chez les ouvriers qui se livrent à des travaux pénibles et se servent principalement de leurs membres supérieurs. Nous les examinerons successivement à la main, à l’avant-bras et au bras :
A) Veines superficielles de la main. — A la main (üg. 238), les veines superficielles sont nombreuses, mais peu développées du côté de la région palmaire, où les pressions presque continuelles, que subit sur ce point l’organe de la préhension, gêneraient considérablement le cours du sang. Par contre, nous les rencontrons, avec un développement considérable, du côté de la région dorsale, tant sur les doigts que sur le métacarpe et le carpe.
Les doigts nous présentent chacun deux collatérales, l’une interne, l’autre externe. Nées de la région voisine de l’ongle, elles cheminent de haut en bas le long des
VEINES DU MEMBRE SUPÉRIEUR
bords du doigt correspondant, en s’envoyant mutuellement de nombreuses anastomoses, transversales en forme d’arcades. Ces arcades, plus ou moins plexiformes, occupent de préférence la face dorsale de la partie moyenne des phalanges.
Arrivées sur le métacarpe, les collatérales des doigts se réunissent deux à deux, pour former, dans les espaces interosseux, des troncs ascendants, analogues aux artères interosseuses. Mais une pareille disposition est loin d’être constante. Le plus souvent, les collatérales précitées s’anastomosent entre elles, sans ordre aucun, de façon à recouvrir le dos de la main d’un plexus fort irrégulier, si irrégulier, si variable suivant les sujets, si individuel que, dans ces derniers temps, Tamassia (1908) et Crouzel (1908) ont proposé de prendre la disposition des veines de la main comme procédé d’identification anthropométrique. Dans la plupart des cas, cependant, on rencontre dans le réseau veineux dorsal de la main, une sorte d’arcade transversale, à concavité dirigée en haut : c’est Varcade veineuse du dos de la main ou arcade veineuse dorsale.
Cette arcade veineuse émet, par sa partie moyenne, un certain nombre de branches ascendantes , qui passent à la région postérieure de l’avant-bras. Quant à ses deux extrémités, elles se continuent, l’extrémité interne avec les collatérales du petit doigt, l’extrémité externe avec les collatérales du pouce.
La collatérale interne du petit doigta reçu des anciens anatomistes le nom de salvatelle ; de même, on donne le nom de céphalique du pouce au tronc commun qui résulte de la réunion de la collatérale externe de l’index et des deux collatérales du pouce. — La salvatelle (fig. 238,5), après s’être anastomosée avec l’extrémité interne de l’arcade veineuse précitée, se porte vers le bord cubital du poignet, où elle prend le nom de cubitale superficielle . Nous la retrouverons tout à l’heure. — Lo, céphalique du pouce (fig. 238,4), après s’être anastomosée de la même façon avec l’extrémité externe de l’arcade dorsale, se porte, elle aussi, vers le bord radial du poignet, où elle prend le nom de médiane. Nous allons la retrouver à propos des veines superficielles de l’avant-bras.
B) Veines superficielles de l’avant-bras. — A l’avant-bras (fig. 239), trois veines volumineuses cheminent de bas en. haut sur la face antérieure du membre. Ce sont;
sur le côté interne, la cubitale superficielle ; 2^^ sur le côté externe, la radiale
Fig. 238.
Veines superficielles du dos de la main.
1, 1, veines collatérales des doigts. — 2, 2, arcades phalangiennes. — 3, 3, 3, veines interosseuses. — 4, céphalique du pouce. — S, salvatelle. formant en 6, l'origine de la veine cubitale. — 7, veines superficielles de l’avant-bras.
ANGEIOLOGÏE
superficielle ; sur le milieu, entre la cubitale et la radiale, la médiane. On en trouve parfois une quatrième, la cubitale postérieure.
1° Veine CUBITALE SUPERFICIELLE. — La veine cubitale superficielle {basilique de r avant-bras de certains auteurs) ou simplement la veine cubitale (1), fait suite à la salvatelle et à l’extrémité interne de l’arcade veineuse du dos de la main.
Contournant d’arrière en avant le bord interne de l’avant-bras, dans son tiers inférieur, elle gagne le plan de flexion du membre et s’élève alors jusqu’à l’épitrochlée, où elle se fusionne avec la médiane basilique (voy. plus loin), pour former \a basilique du bras.
Au cours de son trajet, la veine cubitale superficielle recueille de nombreux affluents, qui prennent leur origine sur le côté interne de l’avant-bras.
2° Veine radiale superficielle. — La veine radiale superficielle {céphalique accessoire de quelques auteurs) ou simplement la veine radiale (2), naît de l’arcade veineuse du dos de la main , en dehors de la précédente.
Se portant immédiatement après en haut et en dehors, elle chemine tout d’abord sur la face dorsale de l’avantbras. Puis, elle contourne le bord externe à sa partie moyenne ou dans son tiers supérieur, passe ainsi sur la face antérieure du membre et, continuant son trajet obliquement ascendant, arrive à la hauteur de l’épicondyle, où elle se réunit à la médiane céphalique ( voy. plus loin), pour former la céphalique du bras.
Chemin faisant, la veine radiale superficielle reçoit un grand nombre de veines et de veinules, provenant pour la plupart de la face postérieure de l’avant-bras.
3° Veine médiane. — La veine médiane (fig. 239, 3) tire son origine de la céphalique du pouce et de l’extrémité externe de l’arcade dorsale de la main. Elle naît donc, comme les deux veines précédentes, sur le plan postérieur du membre.
De là, elle gagne rapidement le plan antérieur en contournant le bord externe du poignet, se grossit des veines de la région hypothénar et se dirige alors vers le milieu du coude, en cheminant entre les deux veines cubitale superficielle et radiale superficielle.
Dans son trajet antibrachial, la veine médiane reçoit, en dedans et en dehors, de nombreux affluents (affluents de la médiane), qui proviennent de la paume de la main et de la face antérieure de l’avant-bras.
Fig. 239.
Veines superficielles de Favant-bras.
et du coude.
1, veine cubilale. — 2, veine radiale. — 3, veine médiane. — 4, anastomose jetée entre le réseau profond et le réseau superficiel. — 5, médiane basilique. — 6, médiane céphalique. — 7, basilique. — 8, céphalique.
VEINES DU MEMBRE SUPÉRIEUR
Arrivée au pli du coude, un peu au-dessous de l’interligne articulaire, la veine médiane se divise en deux branches divergentes, l’une interne, l’autre externe. — La branche' de bifurcation interne, appelée médiane basilique, se dirige obliquement en haut et en dedans, vers la veine cubitale superficielle, l’atteint et se réunit à elle, pour former un tronc unique, la veine basilique. — La branche de bifurcation externe, appelée médiane céphalique, se porte obliquement en haut et en dehors, vers la veine radiale superficielle et se réunit à elle, pour former de même un tronc unique, la veine céphalique .
Au moment de se bifurquer, la veine médiane reçoit constamment du réseau veineux profond une forte anastomose, dont la direction est oblique en haut et en avant : c’est Id, per forante du coude o\x veine communicante du coude (fig. 239, 4). On la voit, dans bien des cas, s’aboucher, non pas dans la terminaison de la médiane, mais dans l’origine de la médiane basilique. Cette anastomose, jetée entre les deux réseaux superficiel et profond, est ordinairement dépourvue de valvules et permet, suivant les cas, aux veines sous-aponévrotiques de se dégorger dans les veines superficielles, ou vice versa, au sang veineux du réseau superficiel d’emprunter le réseau profond pour se rendre au cœur.
4® Cubitale postérieure. — Indépendamment des trois veines antibrachiales que nous venons de décrire, on en rencontre assez fréquemment une quatrième qui chemine sur le plan dorsal et qu’on appelle, pour cette raison, veine cubitale postérieure.
Cette veine, quand elle existe, tire son origine de l’arcade veineuse du dos de la main.
De là, elle se dirige vers l’épitrochlée, en suivant la face postérieure de l’avant-bras, contourne ensuite d’arrière en avant le bord interne du coude et se jette alors, soit dans la cubitale superficielle, soit dans la basilique.
C) Veines superficielles du bras. — Au
bras, nous n’avons plus que deux veines importantes : la basilique et la céphalique.
1® Veine basilique. — La veine basilique (fig. 240, 1) résulte de la réunion de la médiane basilique avec la cubitale.
Verticalement ascendante , elle longe le côté interne du bras, parallèlement au bord interne du biceps. Sous-cutanée dans la première partie de son trajet, elle traverse l’aponévrose à la partie moyenne du bras et vient s’ouvrir, après un trajet sousaponévrotique plus ou moins long, soit dans la portion terminale de l’une des humérales, soit dans la portion initiale de l’axillaire. La veine basilique est accompagnée par le nerf brachial cutané interne.
La veine basilique est, sans conteste, la veine principale du bras : elle reçoit, en effet, la plus grande partie des veines superlicielles de l’avant-bras et, aussi, par la veine perforante du coude, un certain nombre de veines profondes. On comprend, dès lors, que Gegenbaur, à la suite de
Fig. 240.
Veines superficielles du bras et de l’épaule.
1, basilique, perforant l’aponévrose brachiale en 1’. — 2, céphalique, perforant en 2’ l’aponévrose clavipectorale. — 3, veine axillaire. — 4, veine sous-clavière.
ANGEIOLOGIE
Braune et Trübiger, considère la veine axillaire comme étant la continuation, non des veines humérales profonde, mais de la veine basili(iue. Les recherches récentes de Garle (1900), portant sur 44 sujets, confirment entièrement cette manière de voir ; la veine axillaire, dit-il, est la continuation directe de la basilique ; des deux veines humérales, l'interne se jette dans la basilique ou s’unit avec elle, par un plexus veineux plus ou moins ramifié, au tiers supérieur du bras; quant à l’humérale externe, elle accompagne l'artère beaucoup plus haut, jusqu'à 2 ou 3 travers de doigt au-dessous de la clavicule ; là elle passe en avant du paquet vasculo-nerveux et se jette dans l’axillaire.
2° Veine céphalique. — La veine céphalique (fig. 240, 2), formée par la réunion de la médiane céphalique avec la radiale, chemine de bas en haut sur le côté externe du bras, parallèlement au bord externe du biceps. Elle arrive ainsi au niveau de l’insertion humérale du deltoïde.
Là, elle s’infléchit en dedans et suit désormais l’interstice celluleux qui sépare ce dernier muscle du grand pectoral et que nous avons désigné, en myologie, sous le nom à'espace delto-pectoral. Arrivée au-dessous de la clavicule, elle traverse d’avant en arrière l’aponévrose clavi-pectorale (t. I, p. 832) et vient s’ouvrir dans la veine axillaire, tout près de sa terminaison.
Avant de quitter l’espace delto-pectoral, la veine céphalique émet assez souvent une petite branche anastomotique, qui passe au-dessus de la clavicule pour venir déboucher dans l’une des veines de la base du cou.
G. — Anastomoses des veines superficielles
AVEC les profondes
Le réseau des veines superficielles et le réseau des veines profondes du membre supérieur, loin d’être indépendants, sont unis l’un à l’autre par des anastomoses nombreuses, qui occupent de préférence le voisinage des articulations.
Nous avons signalé plus haut cette anastomose volumineuse qui, dans la région du pli du coude, relie les veines profondes de la région, soit à la médiane, soit à sa branche de bifurcation interne. Mais cette anastomose n’est pas la seule. Nous voyons encore : 1° la céphalique du pouce communiquer avec les veines radiales profondes, au niveau du bord externe du poignet; 2° la médiane communiquer avec ces mêmes veines radiales, au niveau du coude ; 3° la basilique entrer en relation, le long du bras, avec l’une des veines humérales, par plusieurs anastomoses à trajet très court, etc., etc.-
Ces différentes anastomoses établissent ainsi une solidarité manifeste entre les deux réseaux veineux, superficiel et profond, du membre supérieur et favorisent singulièrement, on le conçoit, la progression du sang vers la sous-clavière et le cœur.
Variétés. — 11 n’est rien de plus variable que la disposition des veines superllcielles à l’avantbras et au pli du coude. Enumérer toutes les variétés est chose impossible: elles n’ont, du reste, aucune importance pratique et oscillent toujours autour de la disposition classique décrite plus haut. Nous nous contenterons de signaler les quelques dispositions suivantes. — La ücme radiale peut faire défaut (8 fois sur 30 d’après Bertklli) et, avec elle, quelquefois la médiane céphalique et la céphalique elle-même ; toutes les veines de l’avant-bras, dans ce cas, gagnent l’aisselle par un seul tronc, la veine basilique. — La veine basilique peut être double. Je l’ai vue, dans un cas, perforer l'aponévrose et disparaître dans une des veines humérales, à 2 centimètres au-dessus de son origine. — La veine céphalique, arrivée au-dessous de la clavicule, peut passer entre cet os et le sous-clavier et se jette alors dans le commencement de la sous-clavière; ou bien encore, elle peut passer au-dessus de la clavicule pour aboutir à la sous-clavière ou à la jugulaire (disposition simienne). Je l’ai vue, dans un cas, se diviser en deux branches qui venaient s'ouvrir, l’une dans la sous-clavière, l’autre dans la jugulaire externe, cette dernière branche passant audevant de la clavicule.
A consulter, au sujet des veines du membre supérieur : H. Barkow, Die Venen der oberen Extrernilât des Menschen, 1868; — Braune et Truriger, Die Venen der menschl Hand, Leipzig. 1872 ; — Bardeleben, Ueber die Enlvnck. der Extrernitâten : Venen des Menschen, Jenaische
VEINES DE LA TÊTE
Zeitschr.i, Vol. XIII, 1879 ; — Du même, Die Hauplvene des Armes: Vena capitalis brachii, ibid., Vol. XIV, 1880; — Bourgeret, Circulations locales, D® partie, la main, Paris, 1885 ; — Bertelli. Ricerche iviorno aile vene superficiali delV avanbraccio, Pisa, 1890 ; — Mouret, Sur la circulation de la main, Montpellier médical, 1890 ; — Tribaudet, Veines de la main et de Vavant-bras, Th. Par|s, 1892 ; — Garle, Rech. sur la veine basilique, applications à la ligature de V axillaire. Bull. Soc. anat., Paris, 1900 ; — Berry and Newton, A study of the superficial veins of the superior Extremity in 300 living subjects, Anat. Anz., 1908; — Tamassia, Le vene dorsali délia mano, corne indice di identificazione personale, Atti d. R. Istit. Veneto di Sc.. Lett. ed Arti, t. LXVII, 1908 ; — GrouzcI, Th. Bordeaux, 1909.
§ IV. — Veines de la tête
Nous les diviserons, d’après la situation qu’elles occupent, en cinq groupes, savoir : 1° les veines encéphaliques, situées à la surface extérieure, de l’encéphale et dans sa profondeur ; 2° les sinus de la dure-mère, qui sont creusés dans l’épaisseur de cette dernière membrane ; 3® les veines méningées, qui cheminent entre la dure-mère et les os du crâne ; 4® les veines diploïques, qui sont situées dans l’épaisseur même de la boîte osseuse; 5® les veines tégumentaires^ enfin, qui sont placées en dehors du crâne, entre le périoste et le cuir chevelu.
A. — Veines de l’encéphale
Les veines de l’encéphale se subdivisent elles-mêmes, d’après leur situation, en veines^ superficielles et veines profondes :
4° Veines superficielles. — Les veines superficielles s’étalent à la surface extérieure des hémisphères cérébraux, du cervelet et de l’isthme de l’encéphale, sous la forme d’un riche réseau, le réseau veineux périencéphalique.
Elles tirent leur origine de la substance encéphalique et viennent s’ouvrir, par des canaux toujours très variables en nombre et en dimensions, dans les sinus de la dure-mère qui les avoisinent.
Nous étudierons ultérieurement ce réseau superficiel, à propos de chacune des parties constituantes de l’encéphale (voy. Système nerveux central).
2° Veines profondes. — Les veines profondes de l’encéphale, encore appelées veines ventriculaires, prennent naissance sur le pourtour des ventricules et dans les noyaux opto-striés. Sous le nom de veines de Galien, elles parcourent d’avant en arrière la toile choroïdienne et se jettent, soit isolément, soit par un tronc commun, dans l’extrémité antérieure du sinus droit, dont elles constituent la principale origine. Nous les étudierons plus tard, comme les veines superficielles, à propos du cerveau (voy. Système nerveux central).
B . — Sinus de la dure-mère
On donne le nom de sinus de la dure-mère à des canaux veineux creusés dans l’épaisseur de la méninge dure ou dure-mère. Ils sont l’aboutissant, disons-le tout de suite, des veines de l’encéphale et des veines de l’orbite.
Très variables dans leur configuration extérieure, les sinus de la dure-mère revêtent, selon les cas, tantôt la forme d’un prisme triangulaire, tantôt celle d’un demi-
ANGEIOLOGIE
cylindre, plus rarement celle d’un cylindre parfaitement arrondi. Un grand nombre d’entre eux, et c’est là un trait caractéristique de leur nature, présentent à leur intérieur des brides, cordes ou travées qui, par les trajets les plus divers, vont d’une paroi à l’autre. Ces travées, tantôt minces et molles, tantôt épaisses et résistantes, mais toujours très irrégulières, cloisonnent plus ou moins la cavité veineuse qui, sur certains points (dans le sinus caverneux par exemple), renferme un
véritable réticulum.
Quels que soient leur forme extérieure et leur cloisonnement intérieur, les sinus ont toujours la même structure et la même signification. Ils se composent essentiellement de deux tuniques : une tunique externe, fibreuse, qui n’est autre que la dure-mère elle-même ; une tunique interne, de nature endothéliale, qui ne diffère en rien de la tunique interne des veines ordinaires et qui, du reste, quand le sinus sort de la dure-mère pour devenir une simple veine, se continue directement avec la tunique interne de cette dernière. Somme toute, les sinus sont des veines spéciales, dans lesquelles la tunique externe (couches musculaire et adventice réunies) a été remplacée par une tunique fibreuse, qui dépend de la dure-mère, qui n’est autre que la dure-mère elle-même. Il convient d’ajouter, en ce qui concerne la structure des sinus crâniens, qu’ils sont complètement dépourvus de valvules, ce qui fait que le sang peut y circuler dans l’un ou l’autre sens : disposition heureuse pour ceux de ces canaux qui réunissent deux sinus {sinus anastomotiques) et dans lesquels la circulation se fait tantôt dans un sens, tantôt dans un autre : du sinus ou la pression est plus forte vers le sinus où la pression est plus faible.
Les sinus sont fort nombreux et les auteurs, suivant le point de vue où ils se sont placés, les ont classés de façons bien différentes. Les chirurgiens, ayant surtout en vue leurs traumatismes, les ont divisés en sinus découverts et sinus couverts : les premiers, relativement superficiels, étant de ce fait exposés aux traumatismes et accessibles au chirurgien ; les seconds, profonds, étant à la fois, par leur profondeur même, garantis contre les traumatismes et inaccessibles à l’intervention chirurgicale.
On a encore divisé les sinus en sinus pairs et sinus impairs, suivant qu’ils occupent la région médiane ou les régions latérales du crâne ; en sinus torculariens et sinus atorculariens, suivant qu’ils se jettent ou non dans le pressoir d’Hérophile ou torcular ; en sinios de la voûte et sinus de la hase, suivant qu’ils répondent au squelette de la voûte crânienne ou à celui de la base. Cette dernière division paraît extrêmement simple et en même temps très rationnelle, puisque déjà, en ostéologie, nous avons pareillement divisé le crâne en voûte et base. Mais la concordance s’arrête là : car, quand on examine dans le détail la répartition des différents sinus, on constate la présence, parmi les sinus de la voûte, des sinus latéraux et des sinus occipitaux postérieurs qui, dans toute leur étendue, occupent la région de la base, telle du moins que nous l’avons délimitée et que la délimitent les classiques en décrivant le crâne.
Nous rejetterons donc cette classification, comme du reste la précédente, et, res-
Eig. 241.
Sinus longitudinal supérieur, ouvert par le milieu de sa face dorsale et érigné en dehors.
1, sillon médian, répondant au bord inférieur du sinus — 2, 2, brides fibreuses. — 3, 3, orifices veineux. — 4,4, granulations de Paccliioni.
VEINES DE LA TÊTE
tant fidèle à la division ancienne, nous répartirons les sinus en deux groupes : les sinus pairs et les sinus impairs.
i^-P? ^emier groupe : sinus pairs.
Les sinus pairs sont au nombre de dix, cinq pour le côté gauche, cinq pour le côté droit. Ce sont : le sinus latéral., le sinus occipital postérieur, le sinus caverneux, le sinus pétreux inférieur et le sinus pétreux supérieur.
1° Sinus latéral. — Situé à Içi partie postérieure et inférieure de la cavité crânienne, le sinus latéral s’étend, de chaque côté, de la protubérance occipitale interne au trou déchiré postérieur. Il naît, au niveau de la protubérance occipitale interne, de la convergence sur ce point des trois sinus longitudinal supérieur, droit et occipital postérieur {pressoir d'Hérophile ou iorcular) et, d’autre part, se continue, au-dessous du crâne, avec la jugulaire interne.
Horizontal dans la première partie de son parcours , le sinus latéral chemine le long du bord convexe de la tente du cervelet, dans la gouttière profonde {gouttière latérale, t. I, p. 147) qui sépare les fosses céré braies des fosses cérébelleuses. Il arrive ainsi à la base du rocher. Là, changeant brusquement de direction, il s’infléchit en bas, en avant et en dedans {coude du sinus latéral), s’engage dans la gouttière pétro - mastoïdienne et gagne avec elle le trou déchiré postérieur, qu’il traverse, en constituant, au-dessous de ce trou, l’origine de la veine jugulaire interne.
Le sinus latéral nous présente donc deux portions : une portion horizontale, qui s’étend du pressoir d’Hérophile à la base du rocher; une portion verticale ou transversale, qui s’étend de la base du rocher à la partie postérieure du trou déchiré postérieur. De ces deux portions, la première répond à la gouttière
Fig. 242.
Sinus de la dure-mère à la base du crâne.
1, veine ophthalmique. — 2, sinus caverneux. — 3, sinus coronaire. — 4, sinus occipital transverse. — 5, sinus pétreux supérieur. — 6, sinus occipital postérieur, avec 6’, anastomose de ce dernier sinus avec les plexus iutra-racliidiens.
— 7, sinus longitudinal supérieur. — 8, sinus droit. — 9, sinus pétreux inférieur.
— 10, sinus latéral. — 11, veine satellite de l’hypoglosse. — 12, veine méningée moyenne. — 13, artère carotide interne. — 14, les deux artères vertébrales.
ANGÉIOLOGIE
latérale du crâne et est creusée dans l’épaisseur de la tente du cervelet ; l’autre, placée au-dessous de la tente, répond à la gouttière pétro-mastoïdienne du temporal.
Le point où la portion horizontale du sinus se continue avec la portion verticale est marqué sur la surface extérieure du crâne, d’après G, Marchant, par la rencontre de deux lignes, dont l’une, verticale, passe par le sommet de la mastoïde {ligne mastoïdienne) et dont l’autre, horizontale, est menée par l’arcade zygomatique {ligne zygomatique).
Au cours de son trajet, le sinus latéral reçoit, entre autres affluents, les veines cérébelleuses postérieures, les veines cérébrales in férieures, les veines cérébrales postérieures, le sinus pétreux supérieur , veine du vestibule (quand, du moins, elle ne se jette pas dans le sinus pétreux inférieur). Il reçoit, en outre, au moment de changer de nom et de devenir la jugulaire interne, une veine plus ou moins volumineuse, qui débouche par le trou condylien postérieur et qui le fait communiquer avec les plexus veineux intra- et extra-rachidien.
Rappelons ici que le sinus latéral, un peu au-dessous de son coude, dans sa portion verticale ou descendante par conséquent, émet une importante émissaire, la veine mastoïdienne, qui le met en communication avec le réseau veineux extracranien, tout particulièrement avec les veines profondes de la nuque.
Le sinus latéral du côté droit est, dans la grande majorité des cas, plus volumineux que celui du côté gauche. Nous verrons plus loin que, tandis que le premier (le droit) reçoit la plus grande partie du sang que charrie le sinus longitudinal supérieur, le second (le gauche) est l’aboutissant de la plus grande partie du sang que contient le sinus droit.
Le sinus pétro-écailleux {squamo-petrosus de Kr.\use, petroso-squamosus de Luschka) part du sinus latéral au moment où il s’infléchit en bas pour gagner le trou déchiré postérieur. De là, il croise la partie la plus externe du bord supérieur du rocher, descend alors dans l’angle qui sépare le rocher de l’écaille temporale et, finalement, perfore le temporal [trou temporal, foramen jugulare spurium), pour venir s’aboucher, un peu en avant du conduit auditif, dans un affluent de la jugulaire externe, soit une temporale profonde, soit la temporale superficielle.
Le sinus pétro-écailleux est très fréquent : il s'observe à peu près dans la moitié des cas (18 fois sur 44 dans les recherches de Knott) .
Sa signification morphologique nous est nettement indiquée par l’anatomie comparée et par l’embryologie. Chez la plupart des mammifères, en effet, la jugulaire interne n’existe pas (voy. p. 232) ou, tout au moins, est extrêmement réduite. Et, alors, le sinus latéral, arrivé à la hase du rocher, au lieu de descendre vers le trou déchiré postérieur pour former la jugulaire interne, croise d’arrière en avant le bord supérieur du rocher, s’échappe du crâne par un trou spécial, le trou temporal (qui est creusé dans l’écaille), et se jette dans la jugulaire externe, dont il constitue l’origine. Cette disposition anatomique, nous la trouvons encore chez l’embryon humain. Mais, au furet à mesure que Tembryon se développe, la jugulaire interne, d’abord toute petite, acquiert de l’importance, au détriment de la jugulaire externe qui, peu. à peu s’atténue et devient rudimentaire. Du même coup, le sinus latéral descend vers le trou déchiré postérieur pour former la jugulaire interne, et la branche antérieure ou sous-pétreuse qui, par le trou temporal, aboutissait à la jugulaire externe s’atténue et disparaît. Toutefois cette dernière branche persiste parfois à un état de développement variable et c’est elle qui constitue le sinus pétro-écailleux. Ce sinus pétroécailleux et le canal osseux qui lui livre passage sont donc le reliquat d’une disposition ancestrale, que l’on retrouve à la fois, ainsi que cela a été dit plus haut, et chez l’embryon humain et chez un grand nombre de mammifères, notamment chez le chien.
2° Sinus caverneux. — Remarquable à la fois par son volume et par la brièveté de son parcours, le sinus caverneux est situé de chaque côté de la selle turcique ou fosse pituitaire. 11 se dirige directement d’avant en arrière et s’étend de la partie la plus large de la fente sphénoïdale au sommet du rocher. Sa longueur est de 20 à 25 millimètres ; sa largeur moyenne, de 10 à 12 millimètres.
Vu en coupe frontale, le sinus caverneux (fig. 244,3) nous apparaît sous la forme
VEINES DE LA TÊTE
d’un quadrilatère très irrégulier et de ce fait nous présente quatre faces (externe, interne, supérieure, inférieure) et deux extrémités {^niéTÏQViVQ et postérieure). — Sa face externe, verticale, répond aux circonvolutions internes du lobe temporo-occipital. — Sa face interne, plus petite, mais également verticale, est en rapport avec le corps pituitaire. — Sa face supérieure, horizontale, répond à la base du cerveau et, pour spécifier, à l’espace interpédonculaire. — Sa /ace inférieure, obliquement dirigée en bas et en dehors, s’applique exactement contre les parties latérales du corps du sphénoïde. — De ses deux extrémités, V antérieure répond à la partie la
Fig. 243.
Le sinus caverneux gauche, vue latéralement.
(La paroi externe a été enlevée pour montrer le contenu du sinus.)
1, sinus caverneux. — 2, dure-mère, érignée en avant. — 3, diaphragme de l’hypophyse. — 4, chiasma optique, avec : 4’, bandelette optique; 4”, nerf optique. — 5, pédoncules cérébraux. — 6, cervelet. — 7, rocher. — 8, conduit auditif interne avec les trois nerfs qui le traversent. — 9, petite aile du sphénoïde. — 10, grande aile du sphénoïde. — 11, trou ovale. — 12, 12’, carotide interne. — 13, artère ophthalmique. — 14, nerf moteur oculaire commun. — 15, pathétique. — 16, moteur oculaire externe. — 17, trijumeau. — 18, ganglion de Gasser. — 19, ophthalmique. — 20, maxillaire supérieur. — 21, maxillaire inférieur. — 22, sinus de Breschet. — 23, sinus pétreux supérieur. — 24, veine du trou ovale, traversant ce trou pour se rendre à 25, plexus veineux ptérygoïdien. — 26, muscle ptérygoïdien externe.
plus large de la fente sphénoïdale; postéiHeure, au sommet du rocher et au bord latéral de la lame quadrilatère du sphénoïde.
De nombreuses travées ou brides fibreuses, ainsi que plusieurs artérioles, sillonnent dans tous les sens la cavité de ce sinus, circonscrivant çà et là des anfractuosités irrégulières, qui justifient jusqu’à un certain point le nom de caverneux que lui donnent tous les traités classiques.
L’artère carotide interne et le nerf moteur oculaire externe traversent, eux aussi (fig. 243), la cavité du sinus caverneux, l’artère, en décrivant une sorte d’*S italique (voy. Angéiologie), le nerf en suivant d’arrière en avant, sur le côté externe de l’artère un trajet assez régulièrement rectiligne. Nous ferons remarquer, toutefois, que ces deux organes sont revêtus par la couche endothéliale du sinus et qu’il n’est pas rigoureusement exact de dire qu’ils baignent dans le sang veineux : ils en sont séparés, tout au moins, par la couche endothéliale précitée. Trois autres nerfs cheminent dans l’épaisseur même de la paroi externe du sinus caverneux : ce
ANGEIOLOGIE
sont, en allant de haut en bas(fig. 243 et 244), le moteur oculaire commun, le pathétique et l’ophthalmique (voy. Système nerveux périphérique).
Le sinus caverneux reçoit de nombreux affluents. — En haut, tout d’abord, par sa face supérieure et tout près de son origine, il reçoit les veines cérébrales antérieures et inférieures. L’une de ces veines, généralement assez volumineuse, longe de dehors en dedans les petites ailes du sphénoïde en prenant peu à peu tous les caractères sinusiens : c’est le ünus sphéno-pariétal de Bresghet, encore appelé sinus de
la petite aile. O communique librement, en dehors, avec les veines méningées moyennes. Il communique aussi assez souvent (dans les deux tiers des cas d’après Gurwitsch) avec la veine ophthalmique. Un peu en arrière du sinus sphéno-pariétal, le sinus caverneux reçoit encore le sinus coronaire (voy. plus loin). — En avant, au niveau de son extrémité antérieure, le sinus caverneux reçoit la veine ophthalmique supérieure (voy. p. 315), qui débouche de l’orbite par la fente sphénoïdale et dont il n’est pour ainsi dire que lacontinuation.il reçoit aussi la veine ophthalmique inférieure, lorsque cette dernière ne se jette pas préalablement dans l’ophthalmique supérieure. — En arrière, au niveau de son extrémité postérieure, il se continue à la fois avec le sinus pétreux supérieur et avec le sinus pétreux inférieur et, par l’intermédiaire de ce dernier, aboutit à la veine jugulaire interne.
Latéralement, enfin, le sinus caverneux émet un canal de dégagement important, qui est la veine du trou ovale. Cette veine du trou ovale est un gros tronc veineux qui se détache de la partie la plus déclive du bord inférieur du sinus caverneux, se porte en dehors vers le trou ovale, s’engage dans ce trou en même temps que le nerf maxillaire inférieur, arrive ainsi à la base du crâne et, finalement, se jette dans le plexus ptérygoïdien : elle peut être double ou même, dans certains cas, plus ou moins plexiforme. Trolard, qui a décrit la veine du trou ovale dès 1868, signale encore comme une nouvelle voie de dégagement du sinus caverneux une veine, dite veine sus-ptérygoïdienne, qui naît également de la partie inférieure du sinus caverneux et aboutit au plexus ptérygoïdien en traversant un conduit osseux particulier placé un peu en avant et en dedans du trou ovale. Cette veine sus-ptérygoïdienne existe une fois sur trois, d’après Trolard, et, quand elle fait défaut, elle est remplacée par une série de veinules, qui suivent à peu près le même trajet et remplissent le même office.
3" Sinus pétreux inférieur. — Continuation directe du sinus caverneux, le sinus pétreux inférieur se dirige obliquement en bas, en arrière et en dehors, le long de la suture pétro-occipitale, où se trouve une gouttière destinée à le recevoir. Il arrive ainsi jusqu’à la partie antérieure du trou déchiré postérieur. Là, comme fa nettement établi Trolard (Recherches sur V Anat. du système veineux de V encéphale et du crâne, Th. Paris, 1868), il se coude à angle droit, traverse de haut en bas le trou déchiré et revêt alors tous les attributs d’une veine ordinaire, laquelle vient s’ouvrir dans la jugulaire interne (fig. 245) un peu au-dessous du golfe.
J’ai contrôlé sur un grand nombre de crânes, la description donnée par Trolard:
Fig. 244.
Coupe vertico -transversale du sinus caverneux, passant par le milieu de la selle turrdque.
1, paroi supérieure du sinus caverneux. — 2, sa paroi externe. — 3, cavité du sinus caverneux. — 4, carotide interne. — 5, diaphragme de l’hypophyse.
— 6, corps pituitaire ou hypopliyse. — 7, cellules sphénoïdales.
II!, moteur oculaire commun. — IV, pathétique. — V*, ophthalmique. — V-, maxillaire supérieur. — VI, moteur oculaire externe.
VEINES DE LA TETE
rr
dans la plupart des cas. J’ai vu cependant, sur quelques sujets, le inférieur, se diviser, au niveau du trou déchiré, en deux branches
elle est exacte sinus pétreux nettement distinctes, lesquelles se portaient isolément vers la jugulaire, en suivant : Tune le nerf glosso-pharyngien, l’autre le nerf pneumogastrique.
Nous ajouterons que le sinus pétreux inférieur ou la veine qui lui fait suite communique toujours avec un paquet veineux, qui occupe la fossette condylienne antérieure et auquel nous donnerons, avec Trolard, le nom de confluent condylien antérieur : c’est le plexus 'ceineux de Vhypoglosse de Luschka.
Ace confluent condylien aboutis-
sent cinq veines ou sinus, savoir : 1° tout d’abord, notre sinus pétreux inférieur, qui débouche du crâne par le trou déchiré postérieur; 2o un deuxième sinus décrit d’abord par Englisch {sinus d'Englisch de quelques auteurs), puis par Tuolard, sous le nom de sinus péiro-occipital inférieu7\ qui sort du crâne par le trou déchiré antérieur et gagne la fossette condylienne, en suivant de dedans en dehors la suture pétro-occipitale ; 3° une anastomose provenant de la vertébrale; 4» une
Fig. 245.
Origine de la jugulaire interne (côté gauche).
(La partie postérieure du trou déchiré postérieur a été enlevée. 1
1, sinus latéral. — 2, golfe de la veine jugulaire interne.
— 3, jugulaire interne. — 4, sinus pétreux inférieur. — 6, anastomose avec le confluent condylien antérieur. — 6, veine condylienne postérieure. ■ — 7, trou mastoïdien. — 8, gouttière pétreuse supérieure. — 9, languette fibro-cartilagineuse isolant le glosso-pharyngien du pneumogastrique.
a. spinal. — b, pneumogastrique. — c, glosso-pharyngien.
— d, auditif. — e, intermédiaire de Wrisberg. — f, facial.
veine, signalée autrefois par Breschet , qui
émane des plexus intrarachidiens et passe, avec l’hypoglosse, dans le trou condylien antérieur; 5° enfin, une petite veine qui s’échappe du plexus extrarachidien antérieur et remonte vers le confluent en longeant la membrane occipito-atloïdienne antérieure.
4® Sinus pétreux supérieur. — Le sinus pétreux supérieur, bien moins volumineux que le précédent, se trouve situé sur le bord supérieur du rocher, qui se creuse fréquemment en gouttière pour le recevoir.
Il occupe, dans son trajet, la moitié antérieure de la grande circonférence de la tente du cervelet, dont la moitié postérieure, on le sait, est longée par le sinus latéral.
Par son extrémité antérieure ou interne, le sinus pétreux supérieur communique avec l’extrémité postérieure du sinus caverneux; par son extrémité postérieure ou externe, il vient s’ouvrir dans le sinus latéral, au niveau de son coude, je veux dire sur le point où il s’infléchit en dedans pour descendre vers lo trou déchiré postérieur. Il représente donc une anastomose rectiligne jetée entre la partie moyenne du sinus latéral et le sinus caverneux.
Au sinus pétreux supérieur aboutissent de nombreux affluents, savoir : 1° des veines cérébrales provenant pour la plupart de la face inférieure des hémisphères ;
dans certains cas, mais dans certains cas seulement, la grande veine cérébrale anastomotique de Trolard (p. 305j ; 3° quelques veines cérébelleuses provenant de la partie antérieure des lobes latéraux du cervelet ; 4° quelques veines protubérant elles] 5° un certain, nombre de veines tyrnpaniques, provenant de la caisse du tympan et débouchant dans le crâne par la fissure pétro-écailleuse.
5° Sinus occipital postérieur. — Le sinus occipital postérieur répond à la partie antérieure de l’écaille occipitale; il longe le bord postérieur de la faux du cervelet.
ANGEIOLOGIE
Le plus grêle de tous les sinus, il peut souvent faire défaut : en fait, Manno (E907), sur 50 sujets qu’il a examinés, ne l’a trouvé bien développé que sur 4.
Quand il existe, le sinus occipital postérieur naît sur le côté externe du trou occipital par un petit groupe de veines qui communiquent, à la fois, avec les premières veines intrarachidiennes et avec la portion terminale du sinus transverse. De là, il se porte en arrière et en haut en suivant la crête occipitale interne et vient s’ouvrir, au niveau de la protubérance occipitale interne, dans la portion initiale du sinus latéral correspondant. Ainsi entendu, le sinus occipital postérieur constitue une sorte d’anastomose jetée entre les deux extrémités du sinus latéral : comme le dit avec beaucoup de raison Gruveilhier, il représente la corde de Tare que décrit ce dernier sinus.
Dans l’épaisseur de la faux du cervelet, les deux sinus occipitaux postérieurs cheminent côte à côte, à droite et à gauche de la crête occipitale interne. Il n’est pas rare de les voir, sur une étendue plus ou moins grande de leur trajet, se fusionner en un tronc unique et médian qui aboutit, selon les cas, soit au pressoir d’Hérophile, soit à l’un des sinus transverses.
Qu’il soit unique ou double, médian ou bilatéral, le sinus occipital transverse recueille, chemin faisant, un certain nombre de veinules provenant de l’os, de la dure-mère, du cervelet.
— Deuxième groupe : sinus impairs.
Situés sur la ligne médiane, les sinus impairs sont au nombre de cinq, savoir : le sinus longitudinal supérieur, le smus droit, le sinus longitudinal inférieur, le sinus coronoÂre et le sinus occipital transverse.
1° Sinus longitudinal supérieur. — Impair et médian, le sinus longitudinal supérieur (fig. ï248, 4) occupe le bord convexe de la faux du cerveau. Il s’étend,
comme ce bord lui-même, de l’apophyse crista galli à la protubérance occipitale interne , répondant successivement à la dite apophyse crista galli, à la crête frontale et, en arrière de cette crête, à la gouttière longitudinale que nous présentent, sur la ligne médiane, le frontal, les deux pariétaux et l’occipital.
En avant, il prend naissance au niveau du trou borgne, soit par un simple cul-de-sac, soit par une veine provenant de la paroi osseuse, la veine du trou borgne. En arrière, il se jette dans le pressoir d’EIérophile et, par son intermédiaire, dans les deux sinus latéraux (voy. plus loin, p. 307).
Le sinus longitudinal supérieur mesure ordinairement de 30 à 35 centimètres. Fort grêle à son origine, il grossit progressivement en allant d’avant en arrière, grâce aux nombreux affluents qui viennent successivement s’ouvrir dans sa cavité.
Le sinus longitudinal supérieur, vu sur une coupe frontale passant par la partie moyenne du crâne.
1, sinus longitudinal snpérieur. — 2, dure-mère. — 3, faux du cerveau. — 4, os pariétal. — 5, téguments. — 6, circonvolutions cérébrales.
VEINES DE LA TÊTE
Luvs (Th. Paris, 1900), en étudiant le calibre de ce sinus sur les sujets adultes, est arrivé aux chiffres suivants ; 1° à 11 centimètres et demi de la racine du nez, c’està-dire en un point qui correspond à peu près à la suture fronto-pariétale, le canal veineux présente 15““, 7 de large et 6 millimètres de haut; 2° à 15 centimètres de la racine du nez, c’est-à-dire vers le milieu de la ligne naso-inienne (allant de la racine du nez à la protubérance occipitale externe ou inion), il mesure 21““, 5 de large sur 7““,75 de haut.
Envisagé maintenant au point de vue de la forme, le sinus longitudinal supérieur est prismatique triangulaire. Sa coupe, qu’il soit vide ou plein, représente (fig. 246) un triangle curviligne à base supérieure. On peut donc lui considérer trois faces et trois bords : une face supérieure, qui répond à la gouttière osseuse sus-indiquée; deux faces latérales, en rapport à droite et à gauche avec le bord supérieur de l’hémisphère correspondant; deux bords latéraux qui se continuent avec la duremère de la voûte ; un boi^d inférieur qui se continue, de même, avec la faux du cerveau.
Gomme le sinus caverneux, le sinus longitudinal supérieur est sillonné par de nombreuses brides, transversales ou obliques (fig. 247), qui vont d’une paroi à l’autre. Souvent même, surtout chez les vieillards, il est plus ou moins envahi par des masses granuleuses, parfois d’un volume considérable, dépendant des corpuscules de Pacchioni (voy. Méninges) .
Au cours de son trajet, le sinus longitudinal supérieur reçoit {affluents) ou émet {reines émissaires) un très grand nombre de canaux veineux, savoir :
a) Un certain nombre (les plus antérieures) des veines orbitaires, provenant du lobe orbitaire ;
P) Les veines de la face interne et la plus grande partie des veines de la face externe des hémisphères cérébraux. Parmi les veines cérébrales externes, nous rappellerons qu’il y en a deux, plus longues que les autres, qui vont du sinus longitudinal supérieur aux sinus de la base et que l’on désigne pour cette raison sous le nom de grandes veines cérébrales anastomotiques. Ce sont : 1° la grande veine cérébrale antérieure (ou veine de Trolard), qui, de la partie muqueuse du sinus longitudinal supérieur, descend à la base du crâne, pour se terminer, suivant les cas, tantôt dans le sinus caverneux, tantôt dans le sinus pétreux supérieur ; 2*^ la grande veine cérébrale anastomotique postérieure (ou veine de Labbé) placée en arrière de la précédente qui, partant de la portion horizontale du sinus latéral, remonte sur la face externe de l’hémisphère pour se terminer, ou bien dans la veine précédente, ou bien directement dans le sinus longitudinal supérieur (voy. Veines du cerveau).
y) Les veines méningées moyennes, un certain nombre d’autres veines méningées moins importantes, plusieurs veines osseuses ou diploïques, provenant des parois crâniennes ; ces différentes veines, comme l’a parfaitement démontré Trolard, ne s’ouvrent pas directement dans la cavité du sinus, mais se jettent préalablement dans un système de cavités aréolaires, qui sont situées dans l’épaisseur même de la dure-mère, adroite et à gauche du sinus, et que l’on désigne sous le nom de lacs
Fig. 247.
Sinus longitudinal supérieur, ouvert par le milieu de sa face dorsale et érigné en dehors.
I, sillon médian, répondant au boi’d inférieur du sinus. — 2, 2, brides flbreuses. — 3, 3, orifices veineux. — 4, 4, granulations de Pacchioni.
ANGEIOLOGIE
sanguins (voy. Dure-mère). Les lacs sanguins, dont le nombre et les dimensions augmentent avec l’âge, logent dans leur intérieur les corpuscules de Pacchioni et communiquent largement, d’une part avec les veines cérébrales, d’autre part avec le sinus longitudinal supérieur.
ô) hd, veine émissaire de Santorini, qui, à travers le trou pariétal, fait communiquer le sinus longitudinal supérieur avec les veines sous-tégumenteuses. Nous le retrouverons plus loin à propos des anastomoses jetées entre le réseau intracrânien et le réseau extracranien.
Bien que les brides fibreuses qui cloisonnent le sinus longitudinal supérieur ne remplissent pas à proprement parler le rôle dévolu aux valvules veineuses, il paraît rationnel d’admettre qu’elles ne sont pas sans influence sur le cours du sang. On sait, en effet, qu’une injection du sinus pénètre plus facilement si elle est poussée d’avant en arrière que lorsqu’elle est poussée d’arrière en avant. Or, c’est bien dans ce sens que chemine à l'état normal le sang veineux, comme l’ont établi les expériences de Ferrari : si, en effet, on met à nu le sinus sur un animal vivant et si on pratique une ligature à sa partie moyenne, on voit la partie antérieure (celle qui se trouve en avant de la ligature) se remplir de sang et se dilater, tandis que la partie postérieure se vide et s’affaisse ; si, d’autre part, on coupe dans ces conditions l’une et l’autre portions, on constate que la première laisse échapper une quantité considérable de sang, tandis que la seconde en fournit à peine. On ne saurait demander une démonstration plus nette du fait énoncé plus haut à savoir que la circulation, dans le sinus, s’effectue dans le sens antéro-postérieur.
2° Sinus droit, pressoir d’Hérophile. — Le sinus droit (fig. 248, 6) occupe la base de la faux du cerveau ou, ce qui revient au même, la partie médiane de la tente du
Fig. 248.
Sinus de la dure-mère, vue latérale.
1, apophyse crista-galli. — 2, faux du cerveau. — 3, tente du cervelet. — 4, sinus longitudinal supérieur. 5, sinus longitudinal inférieur. — 0, sinus droit. — 7, veine de Galien. — 8, pressoir d’Hérophile. — 9, sinus latéral gauche.
10, sinus pétreux supérieur. — 10', confluent de ce dernier sinus avec le sinus latéral. — 11, sinus ca'crneux.
12, sinus coronaire. — 13, sinus occipital transverse. — ■ 14, veine jugulaire interne. — 15, ganglion de Gasser.
cervelet. Comme cette dernière, il est fortement incliné de haut en bas et d’avant en arrière. Sa longueur est de 45 à 50 millimètres; sa largeur, de 5 à 6 millimètres. Vu en coupe, le sinus droit est prismatique triangulaire, avec une hase infé-
VEINES DE LA TÊTE
Heure reposant sur le cervelet et une arête supérieure se continuant avec la faux du cerveau.
En avant, le sinus droit se continue avec le sinus longitudinal inférieur et, aussi, avec un certain nombre de veines, savoir : 1° les veines cérébrales profondes ou veines de Galien (voy. Syst. nerveux central), réunies ou non en un tronc commun, qui lui apportent le sang des parois ventriculaires, des noyaux opto-striés et d’une grande partie du centre ovale ; 2° une veine cérébelleuse supérieure ou vermienne , qui provient de la face supérieure du cervelet ; 3° les deux veines cérébrales inférieures oviveines basilaires, qui naissent des portions médianes de la base du cerv^eau et cheminent d’arrière en avant le long de la fente cérébrale de Bichat.
En arrière, le sinus droit se continue, de même, avec le sinus longitudinal supérieur et, avec lui, contribue à former \q pressoir d’Hérophile, que nous pouvons maintenant décrire.
Il résulte des descriptions qui précèdent que six sinus, le sinus longitudinal supérieur, le sinus droit, les deux sinus latéraux et les deux sinus occipitaux postérieurs viennent aboutir à un même point, situé au-devant de la protubérance occipitale interne. Il y a là comme un vaste confluent veineux, que l’on a désigné sous les noms divers de confluent des smus, de pressoir d'Hérophile, de torcular.
Le mode de confluence des six sinus, longitudinal supérieur, droit, occipitaux postérieurs et latéraux, au niveau de la protubérance occipitale interne est loin d’être uniforme. 11 présente, au contraire, de nombreuses variations individuelles, qui ont été bien étudiées par Rüdinger {Beiir. Z. Anat.des Gehôrorgans, der venôsenBlutbahnen d. Schddelhôhle, München, 1876), par Knott (1882), par Dumont (1894) et par Manno (1907). On peut les ramener aux trois types suivants :
Premier type. — Il est constitué par la présence d’un réservoir commun, impair et médian (fig. 249, A), où aboutissent les sinus précités ; c’est le presso?V d’Hérophile des descriptions classiques. Une telle disposition existe bien certainement, mais elle est fort rare. Dumont ne l’a ren-
Fig. 249.
Confluent des sinus, divers types (d’après Dumont) : A. pressoir d’Hérophile ; B, sinus longitudinal aboutissant au sinus latéral droit, sinus droit se jetant dans le sinus latéral gauche ; C, sinus longitudinal se continuant en grande partie avec le sinus latéral gauche et envoyant un petit bras au sinus latéral droit, tandis que le sinus droit se jette presque exclusivement dans ce dernier sinus.
(La dure-mère est vue par sa face postérieure ou convexe.)
1. sinus longitudinal supérieur. — 2, sinus droit. — 3, sinus latéral droit. — 4, sinus latéral gauche. — S, 3’. sinus occipitaux postérieurs. — 7, cloison tibreuse. — 8, petit bras anastomotique jeté entre le sinus longitudinal supérieur et le sinus latéral droit.
contrée que 10 fois sur les 50 sujets qu’il a examinés et, encore, n’était-il bien complet que sur 4 : sur les 6 autres, le sinus droit et les sinus occipitaux postérieurs ne prenaient aucune part à la constitution du confluent. Manno, de son côté, déclare ne l’avoir vu que 2 fois sur 50 cas, soit une proportion de 4 p. 100. Le type classique devient ainsi le type rare, le type vraiment exceptionnel.
Deuxième type. — Il pourrait être appelé (lig. 249, B) terminaison unilatérale des deux sinus droit et longitudinal supérieur. Le sinus longitudinal supérieur, au lieu de descendre vers le pressoir en restant médian, se dévie à gauche ou à droite, mais ordinairement à droite, et se continue alors avec le sinus latéral du côté droit. De son côté, le sinus droit qui, comme on le sait, est en grande partie constitué par les veines de Galien, s’infléchit à gauche pour se continuer avec le sinus latéral du côté gauche. Tel est le deuxième type. Gomme on le voit, le sang qui
ANGÉIOLOGIE
circule alors dans les sinus latéraux a une origine différente à droite et à gauche : à droite, il provient du sinus longitudinal supérieur qui, lui. tire son origine des veines corticales des hémisphères ; à gauche, il provient du sinus droit, lequel résume la circulation veineuse des parties profondes du cerveau. Il convient d’ajouter que les deux sinus latéraux sont généralement inégaux en volume et que, dans ce cas, c’est presque toujours le droit (70 fois sur 100, Rüdinger) qui l’emporte sur le gauche. La disposition anatomique constituant notre deuxième type est assez fréquente : Manno l’a rencontrée 14 fois sur 50 sujets.
Tt'oisièjne type. — Dans ce troisième type (fîg. 249, G), le sinus longitudinal supérieur et le sinus droit se bifurquent, chacun en deux branches divergentes, l’une gauche, l’autre droite, lesquelles
se réunissent deux à deux pour former:
les deux branches de bifurcation droite le sinus latéral droit, les deux branches de bifurcation gauche le sinus latéral gauche. Il existe, dans ce cas, sur la ligne médiane, un îlot de duremère, losangique ou triangulaire, qui répond à la protubérance occipitale interne et que contournent les quatre branches de bifurcation sus-indiquées.
Il est rare que les deux branches de bifurcation, soit du sinus longitudinal supérieur, soit du sinus droit, soient exactement du même volume. Le plus souvent, au contraire , elles sont inégales et il est assez fréquent de voir, avec une branche droite très volumineuse, une branche gauche de petit volume, minuscule, presque absente qu’on me permette cette expression :
c’est un type intermédiaire au type III et au type II, un acheminement vers ce dernier type. Manno a rencontré notre type III 34 fois sur 50 sujets.
C’est lui qu’il considère comme étant le type classique. Nous ajouterons que, dans certains cas, l’îlot de dure-mère ci-dessus mentionné est parcouru par des rameaux anastomotiques qui vont des branches de bifurcation droite aux branches de bifurcation gauche, rameaux anastomotiques s’anastomosant eux-mêmes en plexus, créant ainsi, pour le type lit, une variante qui est dite plexiforme (fîg. 250). Même dans cette disposition en plexus, ajoute Rüdindrr, les deux sinus latéraux se laissent facilement distinguer par ce fait que l’un d’eux est toujours plus volumineux que l’autre et que, dans le plus petit, il s’écoule toujours plus de sang des parties profondes du cerveau que dans le grand.
3° Sinus longitudinal inférieur. — Le sinus longitudinal inférieur (fig. 249, o), généralement très grêle, très souvent, absent, occupe le bord concave de la faux du cerveau, non pas dans toute son étendue, mais seulement dans ses deux tiers postérieurs, ou même dans sa moitié postérieure.
Il naît, en avant, soit par un simple cul-de-sac creusé dans l’épaisseur de la faux, soit par une veine minuscule qui provient, suivant les cas, soit du corps calleux, soit de la face interne de l’un des deux hémisphères, ou bien encore, à la suite d’une bifurcation des deux hémisphères à la fois. En arrière, il se termine dans la portion initiale du sinus droit, qu’il contribue à former.
Au cours de son trajet, le sinus longitudinal inférieur reçoit des veines de la faux du cerveau : elles sont toutes petites. A ce sinus aboutissent encore, dans certains cas, des veinules issues du corps calleux, de la circonvolution du corps calleux, du lobe quadrilatère ou même du cunéus.
4° Sinus coronaire. — Le sinus coronaire ou circulaire (fig. 240, entoure la base du corps pituitaire à la manière d’une ellipse horizontale, dont le grand axe serait dirigé transversalement. On désigne parfois sa branche antérieure sous le nom de sinus coronaire antérieur , sa branche postérieure sous le nom de sinus coronaire pjostérieur .
Fig. 250.
Type plexiforme du confluent des sinus (d’après Manno).
1, sinus longitudinal supérieur bifurqué. — 2, sinus droit, également bifurqué. — 3, 3’, sinus transverses. — 4, V, an unissant les sinus transverses.
anastomoses plexiformes
VEINES DE LA TÊTE
Ses rapports sont les suivants. — En avant, il confine à la gouttière optique. — En arrière, il répond à la lame quadrilatère du sphénoïde. — Latéralement, W s’ouvre, à droite et à gauche, dans la partie supéro-in terne du sinus caverneux. Le sinus coronaire représente donc une double anastomose transversale, jetée entre le sinus caverneux d’un côté et le sinus caverneux du côté opposé.
A ce sinus aboutissent des veinules qui émanent de la partie centrale du cerveau, du corps pituitaire, du sphénoïde lui-même.
5° Sinus occipital transverse. — Le sinus occipital transverse (fig. 242, 4) est encore une anastomose transversale jetée entre les extrémités postérieures des deux sinus caverneux. Il est situé au-dessous et en arrière de la lame quadrilatère du sphénoïde, sur la gouttière basilaire par conséquent, d’où le nom de sinus basilaire, sous lequel on le désigne quelquefois.
Il est ordinairement constitué par des canaux multiples plus ou moins anastomosés en plexus.
Morphologiquement il représente, pour la vertèbre occipitale, le plexus veineux qui, plus bas, se voit sur la face postérieure du corps des vertèbres rachidiennes. Aussi s’anastomose-t-il constamment, au niveau du trou occipital, avec les plexus veineux intra-rachidiens.
Le sinus occipital transverse reçoit comme affluents quelques veines osseuses, des veines bulbaires, des veinules protubérantielles. Par ses deux extrémités, il communique, en même temps qu’avec le sinus caverneux, avec l’extrémité interne des sinus pétreux supérieurs et des sinus pétreux inférieurs : par l’intermédiaire de ces derniers, ils aboutissent à la jugulaire interne.
G. — Veines méningées
Les veines méningées cheminent entre la face externe de la dure-mère et la face interne du crâne, dans les sillons vasculaires que nous présentent les différentes pièces osseuses de cette cavité. Elles reçoivent à la fois des veinules provenant de la dure-mère et des veinules émanant de la paroi osseuse.
Les plus importantes de ces veines sont les veines méningées moyennes, qui correspondent à l’artère de même nom et occupent, comme elle, les gouttières et sillons dont l’ensemble constitue la feuille du figuier (Ostéologie. p. 148). Ces veines méningées moyennes, au nombre de deux pour chaque artère correspondantes, sé distinguent, d’après leur situation, en antérieure et postérieure. Très développées d’ordinaire, elles s’adossent l’une à l’autre dans la plus grande partie de leur trajet, de façon à envelopper, à elles deux, les deux tiers ou les trois quarts de la circonférence de l’artère. Plus rarement, elles sont séparées l’une de l’autre par un certain intervalle et, dans ce cas, on constate de loin en loin l’existence, entre elles, de canaux anastomotiques à direction transversale ou oblique.
Les veines méningées moyennes possèdent de très nombreux affluents. Un peu au-dessus du ptérion (Ostéologie, p. 246), elles reçoivent à la fois les veines pariétales moyennes, des veines frontales et des veines venues de l’orbite, que l’on pourrait désigner sous le nom de veines orbito-méningées Toutes ces veines réunies sur le même point forment une espèce de confluent {carrefour veineux de Trolaud), dont le diamètre peut atteindre jusqu’à iO et même 1 'I millimètres. A ce niveau, l’artère méningée baigne en plein dans la cavité veineuse comme la carotide interne dans le sinus caverneux.
ANGEIOLOGIE
Les veines méningées moyennes communiquent, en haut, avec le sinus longitudinal supérieur par l’intermédiaire des lacs sanguins de la dure-mère, mentionnés ci-dessus. En bas, elles se dirigent vers le trou petit rond et se terminent de la façon suivante : la postérieure traverse ce trou avec l’artère méningée moyenne, ' arrive ainsi au-dessous du crâne et se jette dans le plexus ptérygoïdien ; quanta l’antérieure, elle gagne aussi, dans certains cas, le trou petit rond et aboutit comme la précédente au plexus ptérygoïdien. Mais ce n’est pas là la disposition la plus commune : le plus souvent, en effet, elle se termine dans l’intérieur du crâne en se jetant (Trolard), soit dans le sinus caverneux, soit dans la veine du trou ovale (p. 302).
D.— Veines du diploé
1° Cavités veineuses du diploé. — Dans le diploé (t. I, p. i23), le sang veineux circule dans un système de lacunes ou aréoles, fort irrégulières comme forme et
comme dimensions (fig. 251) et communiquant toutes les unes avec les autres, du moins pour le même os. Leur calibre varie avec l’âge : presque nulles chez le fœtus, elles présentent chez le vieillard des dimensions plus considérables que chez l’adulte.
Cette circulation lacunaire est centralisée de loin en loin par de véritables canaux, que l’on peut considérer comme n’étant que des aréoles agrandies et transformées en conduits plus ou moins rectilignes.
Au point de vue histologique, les cavités veineuses du diploé {aréoles et canaux) sont constituées par une paroi osseuse que revêt une couche endothéliale, prolongement de celle qui tapisse les veines et les sinus veineux.
2ol.
Canaux veineux du diploé.
(La table externe des os de la calotte a été enlevée pour laisser voir le diploé et ses vaisseaux veineux.)
2° Canaux collecteurs. — On enseigne généralement, depuis Breschet, qu’il existe, de chaque côté du crâne, quatre canaux collecteurs, un canal frontal, deux canaux pariétaux et un canal occipital, se dirigeant verticalement tous les quatre de la région de la voûte vers la région de la base.
Trolard s’est élevé avec raison contre cette régularité, presque mathématique, assignée au nombre et à la direction des canaux diploïques. Cette régularité, devenue classique, se rencontre assurément, puisqu’elle a été constatée par Breschet et par quelques autres anatomistes ; mais elle est exceptionnelle. En réalité, les canaux et les aéroles du diploé ne présentent, au point de vue morphologique, qu’un seul caractère constant : c’est leur variabililé à Vin fini.
Les réseaux veineux diploïques sont indépendants, dans le jeune âge et chez l’adulte, pour chacun des os qui constituent le crâne ; mais ils communiquent lar-
VEINES DE LA TETE
gement entre eux chez les vieillards. Cette communication s’établit par l’extension des vaisseaux d’un os à l’autre à travers les débris des sutures. Il se passe donc ici un phénomène qui n’est pas sans analogie avec ce que l’on observe dans les os longs à la dernière période de l’ossification : on voit alors les vaisseaux de l’épiphyse se mettre en rapport de continuité avec le réseau diaphysaire, dont ils étaient primitivement séparés par une zone pins ou moins épaisse de cartilage.
3° Anastomoses intra- et extra-craniennes. — Les veines diploïques communiquent avec les réseaux veineux intracrâniens et extracraniens par deux ordres d’orifices, des orifices internes et des orifices externes :
a) Les orifices internes, situés à la surface intérieure de la cavité crânienne, se voient de préférence dans le voisinage des sillons vasculaires. Ils s’ouvrent dans les veines méningées, dans le fond des cavités qu’occupent les corpuscules de Pacchioni, et aussi dans quelques sinus, notamment dans le sinus longitudinal supérieur et dans les sinus latéraux.
P) Les orifices externes sont situés sur la face extérieure des os du crâne et aboutissent au réseau veineux tégumentaire. On les observe principalement sur l’arcade orbitaire, dans le trou où l’échancrure sus-orbitaire, dans la fosse temporale et à la partie postérieure de l’écaille occipitale.
E.— Veines tégumentaires du crâne
Entre le cuir chevelu et l’aponévrose épicranienne s’étale un riche réseau veineux (fig. 252), fort irrégulier et échappant par le fait même de cette irrégularité à toute description. Tout ce qu’on peut faire, c’est de diviser les veines tégumentaires, d’après leur situation, en trois groupes : un groupe antérieur, comprenant les veines frontales ; un groupe postérieur, constitué par les veines occipitales ; un groupe latéral, enfin, comprenant les veines temporales.
Toutes ces veines, largement anastomosées entre elles, descendent, soit verticalement, soit obliquement, vers la base du crâne et s’y terminent de la façon suivante :
a) Les veines frontales se jettent dans les veines faciales, que nous retrouverons dans le paragraphe suivant (p. 313) ;
P) Les veines occipitales aboutissent, par un ou plusieurs troncs, à la veine jugulaire externe, que nous étudierons avec les veines du cou ;
y) Les veines pariétales convergent vers l’arcade zygomatique et se jettent dans la veine temporale superficielle, l’une des principales branches d’origine de la veine jugulaire externe.
F . — Anastomoses entre les sinus et le réseau
EXTRACRANIEN
L’étude qui précède, des différents réseaux veineux qui occupent la région de la tête, établit nettement que ces réseaux, loin d’être individuellement indépendants, présentent entre eux des relations fort nombreuses. Outre les anastomoses déjà signalées au cours de notre description, nous indiquerons ici les anastomoses suivantes jetées entre les veines extracraniennes et les sinus méningiens. Ce sont, par ordre d’importance (Trolard) :
Le golfe de la veine jugulaire, qui fait communiquer, à travers le trou déchiré
312 ANGÉIOLOGIE
postérieur^ la circulation profonde du cou avec la terminaison du sinus latéral et du sinus pétreux inférieur ;
S'’ La veine ophthalmique (ou les veines ophtalmiques, quand il y en a deux), qui se termine d’une part dans le sinus caverneux et, d’autre part, se continue avec la veine faciale ;
3° La veine du trou ovale et la veine sus-ptérygoïdienne, qui, de la partie inférieure du sinus caverneux, aboutissent au plexus ptérygoïdien ;
4® La veine mastoïdienne, qui relie le sinus latéral au réseau veineux de la nuque ; cette veine émissaire mastoïdienne, bien décrite par Goudert (1900) et par Gautier et Desgarpentries (1905), se sépare de la portion descendante du sinus latéral à 8 ou 10 millimètres au-dessous du coude de ce sinus, traverse le trou mastoïdien et arrive ainsi à la face externe de l’os ; de là, elle se porte en bas et en arrière, s’engage dans la région de la nuque, cheminant au-dessous du splénius et, finalement, vient se jeter dans la jugulaire postérieure ;
5° Le sinus pétro-occipital inférieur, situé à la surface inférieure de la base du crâne, lequel réunit, à travers le trou déchiré antérieur, le sinus caverneux à ce groupe de veines, dont nous avons parlé plus haut, qui occupent la fossette condylienne antérieure {confluent condylien antérieur) ;
6° La veine condylienne postérieure (elle existe 17 fois sur 20), qui part du sinus latéral, tout près de sa terminaison, s’échappe du crâne par le trou condylien postérieur et se jette dans la veine vertébrale, entre l’atlas et l’axis (fig. 245, 6) ;
7° La veine émissaire de Santorini, souvent multiple, qui traverse de haut en has le trou pariétal, pour se jeter, au-dessous des téguments, dans l’une des branches de la temporale superficielle, affluent de la jugulaire externe ; elle est, généralement, plus développée chez l’enfant que chez l’adulte.
Ces divers canaux anastomotiques, auxquels s’ajoutent, sur la plupart des sujets, un certain nombre de canaux accessoires moins volumineux et moins constants, établissent, on le conçoit, une solidarité complète, au double point de vue anatomique et physiologique, entre la circulation extracranienne et la circulation des sinus. C’est autant de voies de décharge pour la circulation intracrânienne, et leur rôle n’est certainement pas sans importance dans des cas de congestion des centres encéphaliques.
A consulter, au sujet de la circulation veineuse de la tête, outre Rüüinger (mém. indiqué p. 307) : Trolard (mém. indiqué, p. 302) ; — Du même, De l'appareil veineux des artères encéphaliques. Journ. de l’Anat., 1800 : — Du même, Des veines méningées moyennes. Les Sciences biologiques, 1890 ; — J. -F. Knott, On the cérébral sinues and their variations , Journ. of Anat. and Phys., 1872, XVI, p. 27 ; — Ch. Labbé, IStole sur la circulation veineuse du cerveau, etc., Arch. de Physiologie, 1870 ; — Du même. Étude sur les granulations de Pacckioni, suivie d'une note sur les moyens de communication veineuse intracrânienne avec V extérieur du crâne, Th. de Paris, 1882; — Du même, Anomalies des sinus de la dure-mère, Arch. de Physiol., 1883; — Browning, The veins of the brain and its enveloppes, Brooklyn. 1884; — Sberino, Circolazione venosa del capo. Thèse de concours, Turin, 1884; — Hédon, Étude anatomique sur la circulation veineuse de V encéphale, Th; Bordeaux, 1888 : — Langer, Der sinus cavernosus der harten Hirnhaut, Sitz. d. Wien. Akad. d. Wiss., 1885 ; — Trolard, Les lacs sanguins de la dure-mère, la veine vertébrale, 4885 ; — SYMtNGTON, On the valvular arrangements in connection with the cranial venons circulation, Brit. med. Journ., 1887 ; — Svijacheninoff, Anat. d. Venen des Hinterhauptes, des Nacken U. der Schcidelbasis, Inaug. Dissert., Saint-Pétersbourg, 1889; — Dumont, Les sinus postérieurs de la dure-mère et le pressoir d’Hérophile, Th. Nancy, 1894; — Boveuo e Galamida, Canali venosi emisari temporali, squamosi e petrosquamosi, Torino, 1903; — Henrici u. Kikuchi, Die Variet. d. occip. Sinusverbindungen U. ihre Klinische Bedeutung, Zeitschr. L Ohrenh., 1003; — Demsstedt, Die simis duræ malris der Haussaugetiere, Dissert. Gôttingen, 1003; — Aka, Étude anatomo-clinique sur le sinus latéral. Th. Bordeaux, 19(-4 ; — Boismokeau, Conlrib. à l'étude de la vascularisation du diploé, Th. Bordeaux, 1004 ; — Gaudin et Descahfentbies, Anat. de la veine masldidienne.
VEINES DE LA FACE
Ann. des mal. de l’oreille et du larynx, 1905 ; — Manno, Il confluente dei seni délia dura madré, Intern. Monatsschr. f. Anat. u. Physiol., 1907.
§ V.— Veines de la face
Les veines de la face se divisent en deux groupes : les veines superficielles et les veines profondes. Elles correspondent assez exactement aux quatre artères faciale, linguale, temporale superficielle et maxillaire interne, branches de la carotide externe et à l’artère ophthalmique, branche de la carotide interne.
A.— Veines superficielles
Les veines superficielles (fig. 252) forment, au-dessous des téguments, un riche réseau dont les branches aboutissent à deux troncs principaux : en dedans, à la veine faciale ; en dehors, à la veine temporale superficielle.
1° Veine faciale. — La veine faciale (fig. 252, 8) prend naissance dans la région du front, sur la ligne médiane ou au voisinage de cette ligne.
A. Situation et trajet. — Peu après son origine, elle descend à la face, qu’elle traverse obliquement en allant de haut en bas et de dedans en dehors. Elle croise ensuite le bord inférieur du maxillaire inférieur, passe dans le cou et, finalement, se jette dans la jugulaire interne, à 20 ou 25 millimètres au-dessous de l’angle de la mâchoire. Au cours de son trajet, elle prend successivement les noms de veine t préparate au niveau du front, de veine angulaire dans l’angle interne de l’œil, de veine faciale proprement dite dans le reste de son parcours :
a) La veine préparate, généralement double (l’une pour le côté gauche, l’autre pour le côté droit), mais quelquefois simple, représente le canal collecteur des veines antérieures du crâne ou veines frontales. Elle se porte verticalement en bas, de chaque côté de la ligne médiane, et vient se terminer à une arcade veineuse placée transversalement sur la racine du nez. A cette arcade, appelée arcade nasale. aboutissent encore la veine sus-orbitaire et quelques veines doî-'sales du nez, qui longent, de chaque côté, le bord antérieur ou dorsal de cet organe.
P) La veine angulaire, née de l’extrémité correspondante de l’arcade nasale, descend dans le sillon qui sépare la joue de l’aile du nez. Elle reçoit à son origine l’extrémité antérieure de l’ophthalmique supérieure, plus bas les veines ou veinules de l’aile du nez et prend immédiatement au-dessous (limite bien fantaisiste, comme on le voit) le nom de veine faciale.
y) La veine faciale proprement dite, en quittant le sillon de l’aile du nez, se dirige obliquement en bas et en dehors, passe au-dessous des deux muscles zygomatiques, glisse sur le buccinateur et vient s’accoler au bord antérieur du masséter. Elle croise ensuite le bord inférieur du maxillaire, avec l’artère faciale, et descend alors dans la région sus-hyoïdienne, où elle se termine, comme nous l’avons indiqué plus haut, dans la jugulaire interne, plus rarement dans la jugulaire externe.
B. Rapports avec l’artère. — Les rapports de la veine faciale avec l’artère homonyme sont les suivants : à la partie toute supérieure de la face, dans l’angle interne de l’œâl, les deux vaisseaux suivent un trajet pour ainsi dire parallèle et ils restent accolés jusqu’à la partie moyenne de l’aile du nez. Là, ils se séparent : tandis que l’artère poursuit quelque temps encore son trajet descendant, puis s’infléchit en
ANGÉIOLOGIE
dehors pour gagner le bord inférieur du maxillaire, et décrit ainsi dans son ensemble une longue courbe dont la concavité est dirigée en haut et en dehors, la veine, elle, se porte directement vers le bord du maxillaire, en suivant le chemin
Fig. 2ü2.
Veines superficielles du crâne et delà face, vue latérale.
1, veines frontales. — 2, veines pariétales. — 3, veines occipitales. — 4, temporale superficielle. — 5, maxillaire interne. — 6, mastoïdienne. — 7, angulaire. — 8, faciale. — 8’, plexus veineux massétérin. — 9, jugulaire externe. — 10, anastomose entre cette dernière veine et la faciale. — It, linguale. — 12, thyroïdienne supérieure. — 13, jugulaire antérieure. — 14, carotide. — 15, jugulaire interne. — 16, nerf pneumogastrique.
le plus court : elle représente pour ainsi dire la corde de l’arc décrit par l’artère.
Séparées Tune de l’autre dans la plus grande partie de leur parcours facial, la veine faciale et l’artère homonyme se rejoignent au niveau du point où les faisceaux antérieurs du masséter viennent s’attacher au maxillaire. Sur ce point, la
VEINES DE LA FACE
veine est encore placée, tout d’abord, en arrière de l’artère. Puis, elle la croise en passant sur elle, de telle sorte qu’au cou, au niveau de la partie postérieure de la glande sous-maxillaire, les deux vaisseaux nous présentent une situation exactement inverse de celle qu’ils avaient à la face : l’artère est en arrière, la veine en avant.
C. Affluents. — Au cours de son long trajet, la veine faciale reçoit de nombreux affluents que nous examinerons successivement à la face et au cou :
a) Dans son parcours facial, tout d’abord, elle reçoit ; 1° les veines nasales externes^ qui proviennent du nez et de la partie antérieure des fosses nasales (voy. t. III, Fosses nasales) ; ‘2° les veines labiales, qui émanent des lèvres ; 3° les veines buccales^ qui proviennent des parois latérales de la bouche ; 4° les veines massétérines antérieures, qui proviennent de la région massétérine et qui se disposent le plus souvent en un riche plexus ; 5° la veine alvéolaire, veine ordinairement très volumineuse, qui tire son origine du plexus alvéolaire, lequel est situé sur la tubérosité du maxillaire et résulte de la convergence, sur ce point, des veines soicsorbilaire, palatine supérieure, vidienne et spheno-palatine.
P) Dans son parcours cervical, la veine faciale est encore grossie par des veines importantes : \diVeine sous-mentale, X^veine palatine inférieure et les veines de la glande sous-maxillaire, dont les noms seuls indiquent nettement la provenance.
2^ Veine temporale superficielle. — Formée par les veines tégumentaires latérales du crâne ou veines pariétales (p. 311), la temporale superficielle descend en avant du pavillon de l’oreille avec l’artère de même nom, croise superficiellement l’arcade zygomatique et vient se réunir, au niveau du col du condyle, avec la veine maxillaire interne pour constituer la veine jugulaire externe.
Chemin faisant, la veine temporale superficielle recueille : 1® quelques veines auriculaires provenant du pavillon de l’oreille; quelques veines palpébrales et orbitaires, tirant leur origine des paupières et de la région des sourcils ; 3° plusieurs veines faciales accessoires, correspondant à l’artère transversale de la face.
B.— Veines profondes
Les veines profondes tirent leur origine du massif osseux de la face et principalement des trois appareils sensoriels qui se logent dans ce massif osseux ; la langue, la muqueuse pituitaire, l’œil et ses annexes. Elles se jettent, pour" la plupart, dans quatre troncs principaux, qui sont les veines ophthalmiques, la veine massétérine et la veine linguale.
1° Veines ophthalmiques. — Le sang apporté à l’orbite par l’artère ophthalmique et ses branches retourne au sinus caverneux par les veines ophthalmiques. Ces veines (fig. 253), au nombre de deux de chaque côté, se distinguent en supérieure et en inférieure :
a. Veine ophthalmique supérieure . — La veine ophthalmique supérieure, la plus volumineuse des deux, occupe, comme son nom l’indique, le plan supérieur de l’orbite. Elle prend naissance dans le grand angle de l’œil, où elle est formée par la convergence d’un groupe plus ou moins nombreux de veinules qui proviennent des régions voisines : les paupières, le nez, le front. A ce niveau, l’ophthalmique supérieure fait directement suite, dans bien des cas, à la veine angulaire.
Du grand angle de l’œil, elle s’engage dans l’orbite, en passant au-dessous du tendon réfléchi du grand oblique. Puis, s’infléchissant en arrière et en dehors, elle
ANGÉIOLOGIE
croise supérieurement le nerf optique et gagne alors la partie la plus élevée de la fente sphénoïdale, qu’elle traverse pour se jeter dans le sinus caverneux.
Dans ce trajet, la veine ophthalmique supérieure recueille successivement les
veines ethmoïdales antérieure et postérieure , plusieurs veines musculaires, les deux vasa vorticosa supérieurs, la veine lacrymale remarquable par son volume et, quelquefois aussi, la veine centrale de la rétine.
b. Veine ophthalmique inférieure. — La veine ophthalmique inférieure se détache d’un riche réseau veineux, qui occupe la partie antérieure du plancher de l’orbite et à la constitution duquel concourent des branches nombreuses provenant de la face, de la paupière inférieure, du sac lacrymal, du canal nasal et même des fosses nasales. De là, se dirigeant obliquement en arrière et en haut, elle reçoit les veines musculaires inférieures et les deux vasa vorticosa inférieurs, envoie à la veine ophthalmique supérieure une ou deux anastomoses et arrive finalement à la partie la plus élevée de la fente sphénoïdale, où elle se termine, soit en s’abouchant dans la veine ophthalmique supérieure, soit en se jetant directement dans le sinus caverneux.
c. Anastomoses diverses des veines ophthalmiques . — Gomme on le voit par la description qui précède, les veines ophthalmiques communiquent largement, sur tout le pourtour de la base de l’orbite, avec les veines de la face. Elles sont reliées aussi au plexus ptérygoïdien par une ou plusieurs anastomoses, lesquelles pénètrent dans l’orbite à travers la fente sphéno-maxillaire. Les recherches de Merkel, confirmées par celles de Festal, tendent à établir qu’il existe, sur les confins de ces différents systèmes, des valvules disposées de telle sorte qu’une injèction, poussée soit par la faciale, soit par le plexus ptérygoïdien, ne remplit pas le réseau des veines ophthalmiques. Il résulte d’une pareille disposition que si, dans des conditions ordinaires, le sang veineux de l’orbite peut se déverser librement dans le système des veines de la face, le fait inverse ne saurait se produire : le sang de la veine faciale, pas plus que celui du plexus ptérygoïdien, ne peut, par l’intermédiaire des veines ophthalmiques, traverser l’orbite et aboutir aux sinus crâniens.
A consulter au sujet des veines de l’orbite; IIyrtc, Vena opklahno-meningea, OEsterr. Zeitsdir. lüf prakt. lleilk., \Vien, 1830. — Sesem.\nn, Die Orbitalvenen des Menschen, etc., Heichert u. Du-
Veine ophthalmique supérieure, vue d’en haut.
i, artère carotide interne. — 2, artère opiitlialmique. — 3, veine opiitlialmique, avec ; S', son anastomose avec la faciale ; 3”, son anastomose avec le plexus ptérygoïdien — 4, artère lacrymale. — 4’, artère centrale de la rétine. — o, artère musculaire supérieure. — 6, artère musculaire inférieure. — 7, artères ciliaires. — 8, artère etlimoïdale postérieure. — 0, artère etlimoïdale antérieure. — 10, artère sus-orbitaire.
— 11, artère palpébrale supérieure. — 12, artère palpébrale inférieure.
— 13, artère frontale. — 14, artère nasale. — lo, artère et veine faciales. A. paujiières éngnées. — B, nerf optique. — C, glande lacrymale. —
D, sinus frontal. — E, sinus maxillaire.
VEINES DE LA FACE
bois-Reyniond’s Arch., 1869. — Dobrowsky, Zur Lehre über die Blut circulation im Augenhinlergrunde des Hundes u. Menschen, Uentr. f. d. med. Wiss., 1870. — Gu.hwitsch, Ueber die Anastomosen zwischen den Gesichts- und Orbitalvenen, Arch. f. Ophtairn., 1883; — Schui.len, Uniersuch. über die Circulationsverhtâtnisse des Auges, ibid., 1884; — Fesïal, Eech. anal, sur les veines de l’orbite, leurs anastomoses avec les veines des régions voisines, Th. de Paris, 1887.
2° Veine maxillaire interne. — Nous avons vu l’artère maxillaire interne (p. 150) fournir de nombreuses branches collatérales, que l’on peut au besoin diviser en deux groupes : un premier groupe, naissant entre le maxillaire inférieur et les muscles ptérygoïdiens; un deuxième groupe, se détachant un peu plus loin, sur la tubérosité du maxillaire supérieur ou même dans la fosse ptérygo -maxillaire.
Ces différentes branches artérielles sont accompagnées de branches veineuses qui suivent exactement le même trajet et qui se terminent de la façon suivante. — Celles, qui correspondent aux artères du deuxième groupe se dirigent vers la tubérosité du maxillaire, pour former un premier plexus, le plexus alvéolaire. De ce plexus part une veine, la veine alvéolaire , qui, comme nous l’avons vu tout à l’heure, est l’un des principaux affluents de la veine faciale. — Celles qui correspondent aux artères du premier groupe convergent vers les ptérygoïdiens et constituent, entre ces muscles et la branche du maxillaire inférieur, un deuxième plexus appelé plexus ptérygoidien. Ce sont les veines temporales profondes, les veines ptérygoïdiennes , les veines dentaires inférieures, les veines massétérines profondes et les veines méningées moyennes, ees dernières (voy. p. 309) débouchant du crâne par le trou petit rond et communiquant, à leur origine, avec le sinus longitudinal supérieur. Au plexus ptérygoïdien aboutissent encore, comme nous l’avons vu, la veine du trou ovale et la veine ’Sus-ptérygoïdienne, qui l’unissent au sinus caverneux.
Fig. 254.
Coupe horizontale passant par la partie inférieure du condyle du ma.YÜlaire (sujet congelé, côté droit, segment inférieur de la coupe).
A, condyle du maxillaire. — B, apophyse coronoïde. — C, rocher, avec c, canal carotidien. — D, apophyse basilaire. — E, maxillaire supérieur, avec e, antre d’Higmore. — F, apophyse ptérygoïde.
1, conque du pavillon. — 1’, conduit auditif externe. — 2, caisse du tympan.
— 3, articulation temporo-maxillaire (synoviale inférieure). — 4, parotide. — 3, plexus veineux périarticulaire. — 6, artère temporale superficielle. — 7, 7’, artère massétérine. — 8, artère ptérysoïdienne. ■ — 9, masséter. — 10, temporal.
— 11, pJ,érygoïdien externe. — 12, ptérygoïdien interne. — 13, ouverture pharyngienne de la trompe d’Eustache. — 14, cartilage de la trompe. — 15, péristapliylin interne. — 16, boule graisseuse de Bichat. — 17, sinus latéi-al. — 18, sinus pétreux inférieur.
ANGEIOLOGIE
Topographiquement, le plexus ptérygoïdien est situé dans la région zygomatique. Il occupe tout l’espace qui se trouve compris (fig. 254), d’une part entre l’épine du sphénoïde et la base de l’apophyse ptérygoïde, d’autre part entre la branche du maxillaire inférieur et les muscles ptérygoïdiens. Il est formé par un amas de grosses veines, si rapprochées et si richement anastomosées entre elles que Trolard a cru devoir le considérer comme une cavité unique, cloisonnée etaréolaire.
Le plexus ptérygoïdien communique largement, en dedans avec le plexus alvéolaire de telle sorte que les deux plexus n’en forment pour ainsi dire qu’un seul. En dehors, il donne naissance à une veine volumineuse, la Deine maxillaire inlerne qui constitue sa principale voie de dégagement. Cette veine, souvent multiple ou même plexiforme, contourne le col du condyle et se réunit avec la temporale superficielle. De cette union résulte un tronc unique, la veine jugulaire externe, que nous retrouverons dans le paragraphe suivant à propos des veines du cou.
' 3° Veine linguale. — Le sang apporté à la langue par l’artère linguale retourne a la jugulaire interne par de nombreuses veines, dites veines linguales, que l’on
peut diviser en trois groupes distincts (fig. 136) :
les veines profondes, les veines dorsales et les veines ranines. — Les veines profondes de la langue , au nombre de deux de chaque côté, accompagnent l’artère linguale dans toute son étendue, formant fréquemment autour d’elle un véritable plexus . Elles sont ordinairement peu développées. — Les veines dorsales cheminent sur le dos de la langue, entre la muqueuse et les muscles sous-jacents; elles viennent former, en arrière du V lingual, un plexus remarquable, auquel aboutissent en même temps quelques veinules
Fig. 2.55.
Les veines et artères de la langue, vue latérale (d’après lIiKSGHFELD, légèrement modifiée).
1, artère carotide ext^^rne. — 2, veine jugulaire inlerne. — 3, artère faciale. — 4, artère thyroïdienne supérieure. — 5, artère lin?uale. — 6, rameau sushyoïdien. — 7, artère dorsale de la langue. — 8, artère ranine. — 9. artère sublinguale. — 10, une anastomose pour la sous-mentale. — 11, 11’, Il , veines de la langue. — A, nert lingual. — B, muscle stylo-glosse . — C, muscle hyoglosse. — D, symphyse mentonnière.
provenant de l’épiglotte et plusieurs veines descendues de 1 amygdale . Les veines ranines sont situées de chaque côté du frein de la langue, où elles apparaissent au-dessous de la muqueuse sous la forme de deux grosses lignes bleuâtres. Obliquement dirigées de haut en bas, de dedans en dehors et d’avant en arrière, elles cheminent à côté du grand hypoglosse ; comme lui, elles sont séparées de l’artère linguale par le muscle hyo-glosse.
Les trois ordres de veines issues des réseaux capillaires de la langue convergent vers le bord postérieur du muscle hyo-glosse et, là, se réunissent en un tronc commun, qui est la veme linguale proprement dite. Cette veine se jette dans la jugu-