VEINES DU COU
laire interne, soit directement, en se fusionnant préalablement avec la veine faciale pour former un tronc commun, le tronc linguo- facial.
Il n’est pas rare de voir le tronc linguo-facial recevoir encore, au moment de s’aboucher dans la jugulaire, la veine thyroïdienne supérieure, il en résulte alors la formation d’un tronc plus volumineux encore, le tronc Ihyro-linguo- facial (fig. 256, 1 1). Ce tronc, quand il existe, est couché sur le côté externe des deux carotides externe et interne et, de ce fait, présente en médecine opératoire une importance considérable.
§ VI. — Veines du cou
Les veines principales du cou (fig. 257) sont au nombre de six, savoir : la veine jugulaire externe, la veine jugulaire antérieure , la veine jugulaire interne, La veine jugulaire postérieure, la veine vertébrale et les veines thyroïdiennes.
1° Veine jugulaire externe. — La jugulaire externe (fig. 256 et 257) est une veine superficielle, descendant verticalement sur les parties latérales du cou : sa direc-
tion est assez exactement représentée par une ligne droite, qui s’étendrait de l’angle de la mâchoire à la partie moyenne de la clavicule.
a. Origine, trajet, terminaison.
— Elle naît au niveau du col du condyle, où elle résulte de la fusion de deux veines déjà décrites, la temporale superficielle et la maxillaire interne. Puis , elle se porte verticalement en bas , croise obliquement la face externe du sternocléido-mastoïdien et s’engage, en quittant ce muscle, dans le triangle sus-claviculaire. Elle arrive ainsi au niveau de la clavicule.
Là, elle perfore de dehors en dedans les deux aponévroses cervicale superficielle et cervicale moyenne et vient se terminer dans le tronc de la sous-clavière, un peu en dehors du point d’abouchement de la jugulaire interne.
h. Anastomose avec la. jugulaire interne. — Dans son trajet intraparotidien, la jugulaire externe envoie en dedans une branche à direc-
Fig. 236.
La veine jugulaire e.vterne et ses affluents (en grande partie d’après Farabeuf).
a, sterno-cléido-mastoïdien. — 6, complexus. — c, trapèze. — d, splénius. — e, angulaire. — f, scalène postérieur — omo-hyoïdien. — h, sterno-cléido-hyoïdien. — i, mylo-hyoïdien. — A:, digastrique.
1, jugulaire interne. — 2, jugulaire externe, avec 2’, son abouchement dans la sous-clavière. — 3, temporale superficielle. — 4, maxillaire interne. — 5, veine occipitale profonde. — 6, veine occipitale superficielle. -- 7, jugulaire antérieure. — 8, thyroïdienne supérieure. — 9, linguale. — 10, faciale. — Jl, tronc thyro-linguo-facial. — 12, sous-clavière. — 13, carotide primitive. — 14, carotide externe. — 15, grand hypoglosse. — 16, glande sous-maxillaire, érignée en dehors et en haut. — 17, ganglions lymphatiques.
tion oblique ou transversa] e, qui aboutit, suivant les cas, soit à la faciale et par elle à la jugulaire interne, soit directement à la jugulaire interne. Cette anastomose entre les deux jugulaires externe et interne est très variable dans ses dimensions, mais elle est à peu près constante.
c. Rapports. — Dans sa partie la plus élevée, la jugulaire externe est contenue dans l’épaisseur de la parotide. Elle est superficielle dans tout le reste de son étendue ; elle cbemine, en effet, en dehors de l’aponévrose cervicale superficielle, recouverte seulement par la peau et par le muscle peaucier. Plusieurs branches du plexus cervical superficiel présentent avec la jugulaire externe, comme nous le verrons plus tard, des rapports intimes : la branche auriculaire, notamment, longe de bas en haut sa portion supérieure ; la branche cervicale transverse, à son tour, la croise à angle droit.
d. Affluents. — Au cours de son trajet, la jugulaire externe reçoitcomme affluents ;
plusieurs branches anastomotiques, obliques ou transversales, provenant de
la jugulaire antérieure: 2° les veines occipitales, provenant des téguments de la partie postérieure du crâne ; 3° les veines auriculaires postérieures, provenant du pavillon de l’oreille; 4° plusieurs veinules superficielles, sans nom, tirant leur origine des parties postérieure et latérale du cou ; 5° une branche anastomotique, non constante chez l’homme, mais normale chez le singe, qui provient de la veine céphalique du bras et gagne la région sus-claviculaire, en passant au-dessus de la clavicule; 6° les veines scapulaire supérieure et scapulaire postérieure, qui correspondent aux artères de même nom ; ces dernières branches veineuses s’ouvrent dans la jugulaire externe tout près de sa terminaison.
e. Valvules. — La jugulaire externe possède ordinairement deux valvules : l’une au niveau même de son embouchure ; l’autre à 4 ou 5 centimètres au-dessus. Ces deux valvules sont l’une et l’autre insuffisantes et, comme telles, ne sauraient s’opposer d’une façon complète au reflux du sang veineux.
2° Veine jugulaire antérieure. — La veine jugulaire antérieure (lig. 237, 6), dont le calibre est d’ordinaire en raison inverse de celui de la jugulaire externe, prend naissance dans la région sus-hyoïdienne, où elle résulte de la fusion en un seul tronc de plusieurs veinules cutanées et musculaires.
De la région sus-hyoïdienne, les deux jugulaires antérieures, la droite et la gauche, se portent verticalement en bas, en cheminant de chaque côté de la ligne médiane. Arrivées à i ou 2 centimètres au-dessus de la fourchette sternale, elles se coudent brusquement à angle droit pour se porter horizontalement en dehors. Elles perforent alors l’aponévrose cervicale superficielle, s’engagent au-dessous du sterno-cléido-mastoïdien correspondant, traversent ensuite l’aponévrose cervicale moyenne, croisent en avant les gros vaisseaux du cou et, finalement, viennent se terminer dans la veine sous-clavière, un peu au-dessous de la veine jugulaire externe, quelquefois au niveau même de cette dernière, par un orifice qui est commun aux deux vaisseaux.
Dans sa portion verticale ou descendante, la jugulaire antérieure chemine tout d’abord dans le tissu cellulaire sous-cutané, puis dans un canal fibreux résultant du dédoublement, à son niveau, de l’aponévrose cervicale superficielle. Dans sa portion horizontale, elle est profondément située au-dessus du sterno-cléido-mastoïdien et de l’aponévrose cervicale superficielle.
La jugulaire antérieure reçoit comme affluents de nombreuses veinules, provenant des muscles et des téguments de la face antérieure du cou. Elle reçoit aussi.