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VEINE GAVE INFERIEURE

y) En dehors, enfin, elle est successivement en rapport avec le muscle psoas du côté droit, l’uretère, le bord interne du rein droit et la partie interne de la capsule surrénale droite.

b. Portion diaphragmatique . — Au niveau du diaphragme, la veine cave infé-

Fig. 268.

Veine cave inférieure et ses affluents.

A, œsophage.. — B, rein, — C, capsule surrénale. — D, uretère. — E. rectum. — F, \essie. — G, canal déférent.

1, aorte abdominale. — 2, artère diaphragmatique inférieure. — 3, tronc cœliaque. — 4, mésentérique supérieure.

— 5, rénale. — 0, capsulaire supérieure. — ü’, capsulaire moyenne. — 0”, capsuiai'-e inférieure. — 7, spermatique.

— 8, mésentérique inférieure. — 9, 9, lombaires. — 10, iliaque primitive. — 11, iliaque interne. — 12, iliaque externe.

13, épigastrique. — 14, circonflexe iliaque. — 15, sacrée moyenne. — 16, ilio-lombaire. — 17, veine cave inférieure.

rieiire, légèrement rétrécie et comme étranglée, adhère intimement à l’anneau fibreux qu’elle traverse.

c. Portion thoracique . — La portion thoracique de la veine cave inférieure est

ANGEIOLOGIE

relativement toute petite : 15 à 25 millimètres de longueur en moyenne. Presque immédiatement après avoir traversé le diaphragme, la veine s’incurve en avant et en dedans pour traverser le péricarde et s’ouvrir dans l’oreillette. Elle nous présente donc, quoique très courte, deux portions distinctes, l’une exlrapéricardique, l’autre intrapéricardique .

a) Dan% sa portion exlrapéricardique, la veine cave inférieure est encore verticale. Elle répond successivement,. en allant de dedans en dehors : 1° à une lame fibreuse, souvent peu visible ou même complètement absente, le ligament phréno-péricardique latéral droit de Teutleiîex (voy. Péricarde)] 2° aux deux

feuillets de la plèvre ; 3° à la base du poumon droit.

P) Dans sa portion inira-péricardique (fig. 269, 7), la veine cave inférieure présente les rapports suivants : après avoir perforé le sac fibreux, elle soulève la séreuse, qui la revêt dans ses trois quarts antérieurs, et perfore alors la paroi auriculaire.

La veine cave inférieure est donc recouverte par la séreuse péricardique sur sa face supérieure, sur sa face antérieure et sur sa face inférieure . Sa face postérieure est constamment en rapport avec le sac fibreux. Nous avons déjà vu, à propos du cœur, que la veine cave inférieure nous présente, au niveau de son abouchement dans la cavité auriculaire, une valvule de forme semilunaire, \?SiValmile d'Eustache, valvule incomplète et tout à fait insulfisante pour s’opposer au reflux du sang veineux, au moment de la contraction de l’oreillette. C’est, du reste, la seule valvule que possède la veine cave inférieure.

4'^ Structure. — La veine cave inférieure, dans sa portion abdominale tout au moins (car, dans sa portion thoracique, la tunique musculeuse fait défaut), possède deux couches de fibres musculaires lisses : une couche interne, à fibres circulaires : une couche externe à fibres longitudinales.

La tunique musculaire, dans son ensemble, est néanmoins peu développée, et, par sa structure, la veine cave inférieure appartient manifestement aux types des veines réceptives de Rexaüt (voy. p. 275).

Comme les gros canaux veineux qui s’ouvrent dans le cœur, la veine cave inférieure, au moment où elle prend contact avec l’oreillette, est enlacée par des fibres musculaires striées, disposées en forme d’anneau. Ces fibres sont une dépendance des fibres musculaires de l’oreillette et en présentent tous les caractères histologiques.

5*^ Affluents. — La veine cave inférieure reçoit, à son origine, les deux iliaques primitives, lesquelles, par les iliaques externes et les iliaques internes, lui

Fig. 26!J.

Veine ca ve inférieure : la portion thoracique et son mode d’abouchement dans l’oreillette.

1, diapliragmc. — 2, oreillette droite, avec 2’, coupe de sa paroi.

— 3, fosse ovale. — 4, péricarde viscéral. — 5, o’, péricarde pariétal.

— 6, portion sous- diaphragmatique de la veine cave inférieure, avec 6’, veines sus-liépati((ues. — 7, sa portion sus-diaphragmatique ou tlioracique. — 8. son abouchement dans l’oreillelte. — 9. valvule d Eustache. — 10, orifice d'abouchement de la grande veine coronaire, avec 11, valvule de Thébésius.

VEINES ILIAQUES

apportent le sang veineux des membres inférieurs et de la cavité pelvienne.

Elle reçoit, en outre, au cours de son trajet, les veines de l’abdomen et les veines génitales (veines spermatiques chez l’homme, veines ovariennes chez la femme).

Nous décrirons tout d’abord les veines iliaques. Nous étudierons ensuite, dans trois paragraphes distincts, les veines du membre inférieur, les veines du bassin et les veines de Vabdomen, au nombre desquelles nous comprendrons les veines génitales et la veine ombilicale.

Variétés. — Voy. plus bas (p. 338).

§ II. — Veines iliaques

Les veines iliaques sont au nombre de six, trois de chaque côté. Ce sont ; L les veines iliaques primilives ; 2® les veines iliaques internes ; 3® les veines iliaques externes.

1° Veine iliaque primitive. — Les veines iliaques primitives (fig. 268, 10) au nombre de deux, l’une droite, l’autre gauche, reposent sur la cinquième vertèbre lombaire sur la base du sacrum.

A. Origine et terminaison. — Elles prennent naissance, l’une et l’autre, au niveau de la symphyse sacro-iliaque correspondante. Formées de chaque côté parla réunion de deux veines importantes, l’iliaque externe et l’iliaque interne, les deux veines iliaques primitives convergent l’une vers l’autre et se réunissent sous un angle de 65° environ, pour constituer l’origine de la veine cave inférieure.

B. Parallèle anatomique des deux veines. — Gomme les deux veines iliaques primitives prennent naissance l’une et l’autre au niveau de la symphyse sacro-iliaque correspondante, c’est-à-dire sur d-eux points également distants de la ligne médiane ; comme d’autre part, leur point d'abouchement dans la veine cave inférieure est situé un peu à droite de cette même ligne médiane, on conçoit que les deux vaisseaux, tout en restant homologues, doivent présenter quelque différence portant sur leur longueur, sur leur direction et sur leurs rapports :

a) Au point de vue de la longueur, la veine iliaque primitive gauche est naturellement un peu plus longue que la droite ;

P) Au point de vue de la direction, les deux veines iliaques primitives sont toutes les deux obliques en haut et en dedans. Mais cette obliquité est plus prononcée pour celle du côté gauche, celle du côté droit se rapprochant beaucoup plus de la verticale.

y) Au point de vue des rapports, la veine iliaque primitive du côté droit longe le côté postérieur de l’artère iliaque primitive correspondante, à laquelle elle reste parallèle dans toute son étendue. La veine iliaque primitive du côté gauche, au contraire, répond successivement au côté postérieur d’abord, puis au côté interne de l’artère iliaque primitive gauche; elle s’accole, enfin, au côté postérieur de l’artère iliaque primitive droite, qu’elle croise à angle droit au moment où elle va s’aboucher dans la veine cave.

C. Structure. — Les veines iliaques primitives, comme la veine cave inférieure, ne possèdent, dans la plupart des cas, aucune valvule dans toute l’étendue de leur parcours. Friedreich, qui a examiné à ce point de vue spécial 185 sujets, n’en a rencontré que sur 4 : une fois à gauche, deux fois à droite, une fois des deux côtés.

D. Affluents. — Au cours de leur trajet, les veines iliaques primitives ne reçoi-

ANATüMIE HUMAINE. — T. II, 6% ÉDIT. 43

ANGEIOLOGIE

vent guère, à titre de collatérales, que la veine sacrée moyenne, qui va se jeter dans la veine iliaque primitive gauche et que nous décrirons plus loin à propos des veines du bassin. A son origine, elle reçoit, comme nous l’avons dit plus haut, la veine iliaque externe et la veine iliaque interne ou hypogastrique, que nous allons décrire.

Variétés. — Les deux veines iliaques primitives effectuent parfois leur jonction plus haut que d’habitude, au niveau des reins et même plus haut encore, au niveau du foie. Dans ce cas, l’aorte abdominale chemine entre deux troncs veineux, que certains anatomistes appellent des veines caves. Une pareille interprétation est inexacte ; les deux troncs veineux en question sont bel et bien des veines iliaques primitives, plus longues que d’habitude; la veine cave résulte de la fusion de ces deux veines et, dans l’anomalie qui nous occupe, elle est d’autant plus courte que cette fusion s’elfectue sur un point plus élevé. — Le plus souvent, dans ce cas, les deux iliaques primitives sont reliées l’une à l’autre, au niveau de la quatrième ou de la cinquième lombaire, par une anastomose à direction transversale ou oblique.

Dans des cas extrêmement rares, la veine cave inférieure peut ne pas se développer ; alors, ses aftluents, y compris les iliaques primitives, se jettent dans l’une des azygos, qui se développe en conséquence et supplée ainsi la veine absente . Il est à remarquer, cependant, que les veines sus-hépatiques traversent dans ce cas le diaphragme et viennent s’ouvrir isolément dans l’oreillette droite, au point où s’ouvre d’ordinaire la veine cave inférieure.

Dans les cas de transposition des viscères, la veine cave inférieure, participant au changement de position de tous les organes, occupe le côté gauche de l’aorte. On voit quelquefois, en dehors de toute transposition viscérale, le même vaisseau se constituer sur le côté gauche de l’aorte et conserver cette situation jusqu'au rein; à ce niveau, elle croise obliquement l’aorte pour reprendre ses rapports ordinaires.

Nous signalerons, enfin, deux faits, observés l’un par Ring {Med. and phys. Journ., vol. XIII), l’autre par Lemaire {Bull, des Sc. méd., t. V), dans lesquels la veine cave inférieure venait s’ouvrir dans l’oreileltte gauche. Dans le cas de Lemaire, cette oreillette gauche communiquait avec la droite, par suite de la persistance du trou de Botal.

Voyez, au sujet de la veine cave inférieure et de ses variations anatomiques, parmi les travaux récents : Nicol.u, Th. inaug., Kiel, 1886 ; — Hochstetter, Veber die Bildung der hinteren Hohlvene bei den Sâugethieren, Anat. Anz., 1887 ; — Du même, Zur Morphol. der Vena cava inferior,. ibid., 1888: — Du même, Ueber der kinteren Hohlvene, Verh. der anat. Gesellsch., Wien, 1892 ; — Zander, Ueber Verdoppelutig der unteren Hohlvene, Yevein f. wiss. lleilkunde, Kônigsberg, 1892; — Kolmann. Abnonnilaten im Bereich der Vena cava inferior, Anat. Anzeiger, 1893 ; — Gosset, Contrib. à l’élude du développement de la veine cave inférieure et des veines rénales, Bull. Soc., anat. Paris, 1898; — Dwight, Absence of the inferior vena cava belovo the diaphragme, Journ. of Anat., XV, 190U.

2° Veine iliaque externe. — La veine iliaque externe (fig. 268,12) est située à la limite respective du grand et du petit bassin, le long du détroit supérieur.

A. Origine et tra.iet. — Elle commence, en bas, au niveau de l’anneau crural, où elle fait suite à la veine fémorale. De là, elle se porte obliquement en haut, en arrière et en dedans et, arrivée à la symphyse sacro-iliaque, elle se réunit à la veine iliaque interne du même côté pour former l’iliaque primitive.

Rapports. — Dans son trajet, la veine iliaque externe chemine le long du bord interne du psoas, sur le côté interne de l’artère homonyme. A son extrémité supérieure, au moment de se jeter dans l’iliaque primitive, elle est croisée de haut en bas et sur son côté interne par l’artère hypogastrique qui, à ce niveau, descend dans le bassin.

C. Affluents. — La veine iliaque externe reçoit comme affluents, tout près de son origine, la veine circonflexe iliaque et la veine épigastrique :

a. Veine circonflexe iliaque. — La veine circonflexe iliaque répond à l’artère homonyme. Elle chemine de haut en bas et de dedans en dehors, dans l’angle dièdre que forme le fascia iliaca avec la paroi antérieure de l’abdomen. Elle atteint ainsi l’artère iliaque externe, la croise à angle droit, en passant tantôt en avant, tantôt en arrière, et finalement vient se jeter dans la veine iliaque externe. La veine circonflexe iliaque est primitivement double, mais les deux vaisseaux se réunissent

VEINES ILIAQUES

toujours, quoiqu’on un point variable, avant de s’ouvrir dans l’iliaque externe.

b. Veine épigastrique. — La veine épigastrique, qui répond à l’artère de même nom, est, elle aussi, primitivement double. Les deux veines prennent naissance à la face postérieure du grand droit. De là, elles se portent obliquement en bas et en dehors, en suivant exactement le même trajet que l’artère épigastrique, dont elles sont les fidèles satellites. Elles s’échappent de la gaine du droit, gagnent l’arcade crurale et s’ouvrent, le plus souvent par un tronc commun, dans la portion

Fig. 270.

Les veines iliaques du côté droit, vues en place sur la surface intérieure du bassin.

A, crête iliaque. — B, symphyse pubienne. — C, ischion. — D, sacrum. — E, coccyx.

1, arcade crurale. — 2, 2’, artères iliaques primitives droite et gauche. — 3, artère iliaque externe. — 4, artèreiliaque interne. — 5, veine cave inférieure. — 6, veines iliaques primitives droite et gauche. — 7, veine iliaque externe. — 8, veine iliaque interne. — 9, veines fessières. — 10, veine ischiatique. — 11, veine obturalidce, avec n’anastomose pour l’épigastrique. — 12, veine honteuse interne, avec; 12’ hémorrhoïdale inférieure; 12” périnéale superficielle; 12’” périnéale profonde ; 12””, plexus de Santorini. — 13, veine ilio-lombaire gauche. — 14, veine sacrée latérale. — 15, veine sacrée moyenne. — 16, veines vésicales. — 17, veine hémorrhoïdale moyenne. — 18, veine dorsale profonde de la verge. — 19, psoas-iliaque. — 20, obturateur interne. — 21, releveur de l’anus. — 22, ischio-coccygien. — 23, pyramidal du bassin.

initiale de la veine iliaque externe. — La veine épigastrique reçoit, près de sa terminaison, les veines funiculaires ou spermatiques postérieures et, souvent aussi, plusieurs veinules sus-puhiennes , qui proviennent de la symphyse. — Elle s’anastomose, au cours de son trajet, avec des veines fort nombreuses : 1° dans la gaine du muscle grand droit, avec les branches d’origine de la mammaire interne et, par leur intermédiaire, avec la sous-clavière et la veine cave supérieure ; 2° au

ANGÉIOLOGIE

voisinage de l’anneau crural, avec la veine obturatrice ; 3° sur divers points de la paroi abdominale antérieure, avec les veines profondes ou sous-péritonéales et les veines superficielles ou sous-cutanées.

3° Veine iliaque interne. — La veine iliaque interne ou hypogastrique (fig. 268, il) répond assez exactement, par son trajet comme par ses branches collatérales, à l’artère de même nom.

Elle prend naissance, en bas, à la partie supérieure de la grande échancrure sciatique, où elle résulte de la réunion, à ce niveau, d’un certain nombre de veines pelviennes. De là, elle se porte en haut et, arrivée à la partie la plus élevée de la symphyse sacro-iliaque, se fusionne avec l’iliaque externe pour constituer la veine iliaque primitive.

La veine iliaque interne est, comme on le voit, un tronc très court : elle mesure, en moyenne, 4 centimètres de long. Elle est, par contre, très volumineuse : son diamètre n’est guère inférieur à 8 ou 10 millimètres. C’est que cette veine est le tronc collecteur commun de veines fort nombreuses et fort importantes. Nous les décrirons plus loin sous le nom de veines dv bassin (voy. § IV, p. 346).

§ 111.— Veines du membre inférieur

Nous diviserons les veines du membre inférieur, comme celles du membre thoracique, en veines profondes ou sous-aponévrotiques et veines superficielles ou sous-cutanées .

A.— Veine s PROFONDES

1° Veines profondes du pied et de la jambe. — Gomme celles du membre supérieur, les veines profondes du membre inférieur suivent exactement le trajet des artères, dont elles portent le nom et partagent les rapports.

Elles sont, en outre, au nombre de deux pour chaque artère. C’est ainsi que nous avons deux veines pédieuses, deux veines tibiales antérieures, deux veines plantaires internes, deux veines plantaires externes, deux veines tibiales postérieures, deux veines péronières, deux troncs veineux tibio-péroniers, etc., etc. Il suffit donc, en général, de connaître les artères du membre inférieur pour connaître en même temps les veines profondes.

Nous venons de voir que chaque artère cheminait entre deux veines satellites. Trois artères, cependant, la poplitée, la fémorale et l’iliaque externe, font exception à cette loi : il n’existe, en effet, qu’une seule veine poplitée, qu’une seule veine fémorale, qu’une seule veine iliaque externe. Ces trois veines, en raison de leur importance, méritent une description spéciale.

2° Veine poplitée. — La veine poplitée, satellite de l’artère de même nom, en arrière et en dehors de laquelle elle est située, commence à l’anneau du soléaire, où elle est formée par la réunion des veines tibiales antérieures et des troncs veineux tibio-péroniers. De là, elle remonte jusqu’à l’anneau du troisième adducteur, qu’elle traverse pour prendre le nom de fémorale.

Dans ce trajet, elle parcourt de bas en haut le creux poplité et reçoit, comme affluents, les veines jumelles et les eeines articulaires, correspondant (deux pour chaque artère) aux artères articulaires supérieures, moyenne et inférieures.

Une autre veine volumineuse, superficielle celle-là, vient aussi la grossir : c’est la veine saphène externe, que nous aurons à décrire dans un instant.

VEINES DU MEMBRE INFERIEUR

3° Veine fémorale. — La veine fémorale, qui fait suite à la poplitée, accompagne l’artère homonyme depuis l’anneau du troisième adducteur jusqu’à l’anneau crural, au delà duquel elle prend le nom de veine iliaque externe.

Placée tout d’abord en dehors de l’artère, elle décrit graduellement autour d'elle un demi-tour de spire, en vertu duquel elle occupe son côté postérieur à la partie moyenne de la cuisse, son côté interne dans le triangle de Scarpa. Dans l’anneau crural, la veine fémorale est encore placée sur le côté interne de l’artère homonyme; elle regarde le bord tranchant du ligament de Gimbernat (voy. Myologie), dont elle est séparée par des canaux lymphatiques et par le ganglion de Gloquet.

A la veine fémorale aboutissent, comme affluents, toutes les veines satellites des branches artérielles émises par l’artère fémorale, à l’exception des veines souscutanées abdominales et honteuses externes, qui viennent s’ouvrir préalablement dans la veine saphène interne, veine superficielle que nous décrirons tout à l’heure.

4° Disposition des valvules dans les principales veines profondes du membre inférieur. — Les veines profondes du membre inférieur possèdent de nombreuses valvules. HouzÉ {Recherches sur les valvules des veines, Thèse de Paris, 1854), qui a soigneusement étudié ces valvules sur quatre sujets, en a compté en moyenne :

Dans la veine fémorale 3

Dans la fémorale profonde 3

Dans la poplitée 2

Dans la tibiale postérieure 13

Dans le tronc tibio-péronier 2

Dans la péronière 8

Dans la plantaire 3

Friedreich {Moi^phoL Jahrh., Bd. VII), reprenant en 1881 cette question des valvules dans les veines fémorale et iliaque, a examiné à ce propos 185 sujets. Voici les conclusions auxquelles l’ont conduit ses recherches : a) La partie supérieure de la veine fémorale, celle qui s’étend de l’arcade crurale à 5 centimètres au-dessous, possède un appareil valvulaire comprenant le plus souvent deux valves disposées en regard l’une de l’autre. Mais l’on peut observer trois valves ou une valve unique. Quelle que soit sa disposition, la valvule fémorale est presque toujours suffisante. Les cas de valvules insuffisantes ou rudimentaires ne représentent environ que 9 p. 100 du chiffre total.

P) La veine iliaque externe possède également des valvules, qui occupent de préféreifce sa moitié supérieure. Ces valvules peuvent exister des deux côtés ou d’un côté seulement et, dans ce dernier cas, l’iliaque droite est moins souvent privée que la gauche. Les cas de valvules insuffisantes s’élèvent pour l’iliaque externe à 34 p. 100.

y) En ce qui concerne la veine iliaque primitive, les valvules y sont excessivement rares. Friedreich, nous l’avons déjà dit à propos de cette dernière veine, n’en a rencontré que sur 4 sujets, sur les 185 examinés.

Variétés. — La veine poplitée a été vue double, soit dans sa partie inférieure, soit dans toute sa longueur. J’en ai observé plusieurs cas : dans l'un de ces cas, la duplicité s’étendait sur la fémorale jusqu’au tiers supérieur de la cuisse. — 11 en est de même de la veine fémorale. — Dans ce cas, les deux veines occupent d’ordinaire les deux côtés de l’artère et peuvent s’envoyer mutuellement des anastomoses transversales plus ou moins volumineuses. — La veine poplitée, au lieu de suivre l’artère à travers l’anneau du troisième abducteur, remonte parfois le long de la région postérieure de la cuisse, jusqu’à une hauteur variable; puis, elle perfore isolément le grand adducteur et vient retrouver la fémorale au pli de l’aine. J’ai vu, dans deux cas, la poplitée remonter ainsi jusque dans le bassin en suivant le trajet de l’artère ischiatique ; la veine fémorale existait quand même, mais elle prenait naissance à la cuisse et se trouvait fortement réduite de volume. — Dans un cas observé par Hütchinson {The Lancet, 1879), la veine saphène

ANGEIOLOGIE

interne abandonnait, au niveau de son abouchement dans la fémorale, une veine sous-cutanée du volume du pouce, laquelle passait au-dessus du pubis et venait se terminer, à droite, vers le sommet du triangle de Scarpa, cette veine suppléait vraisemblablement à l’absence ou à l’atrésie de la veine iliaque externe.

Voyez, au sujet de la veine fémorale : W. Buaune, Die Oberschenkelvenen des Menschen, Leipzig. 1871 : — Gruber, LJeber die Varietâten der Vena femoralisprofunda, Bull, de l'Acad. imp. de Saint-Pétersbourg, 1871 ; — Giacomini, Osservaz. anat.per servire allô studio délia circolazione venosa delV estremita inferiore, Giorn. délia H. Accad. di Med. di Torino, 1873; Maubrac, Cir-

culalion veineuse de la racine de la cuisse,

Fig. 271.

Réseau veineux de la plante du pied (d’après une préparation de Lejars).

1, veines plantaires des orteils. — 2, 2, 2, arcades veineuses de la rarine des orteils. — 3, 3, veines se rendant à ces arcades. — 3’, anastomose interdigitale entre le réseau plantaire et le réseau dorsal. — 4, veines se l’endant à la veine marginale interne. — 4', veines se rendant à la veine marginale externe. — .5, veines du talon. — 6, veines superficielles de la jambe. — 7, artère tibiale postérieure, avec 8 et 9, ses deux veines satellites. — 10, arcade anastomotique interne. — 11, veine marginale externe. — 12, veine marginale interne.

Bordeaux, 1888 ; — Du même. Plaies et ligature de la veine fémorale, Paris, 1889 ; — Piqué et Pigache, Contribution à l'étude des veines profondes du membre inférieur, Journ. de l’Anat., 1909.

B. — Veines superficie i. les

Les veines superficielles du membre inférieur (fig. 271, 272, 274 et 275) forment au-dessous de la peau un plexus à larges mailles, qui ne le cède en rien par sa richesse au plexus veineux sous-cutané du membre thoracique.

Veines du pied. — Les veines du pied se comportent différemment sur sa face plantaire et sur sa face dorsale.

A. Face plantaire. — Le pied, comme la main, ne possède sur sa face plantaire que des veines superficielles peu volumineuses : la pression continuelle que subit cette région dans la station verticale, station habituelle de l’homme, y aurait singulièrement gêné la circulation de retour. Mais si les veines sous-cutanées de la plante du pied sont presque partout de petit calibre, elles sont, par contre, fort nombreuses et disposées en un réseau extrêmement riche. Il suffit, pour s’en convaincre, de savoir les mettre en évidence par une bonne injection.

Lejars , qui a employé à cet effet le procédé d’injection des veines par les artères, a été tellement frappé de cette confluence du réseau veineux superficiel de la plante du pied (fig. 271), qu’il a cru devoir désigner ce réseau sous le nom de semelle veineuse, dénomination aussi juste que pittoresque. Voici , sommairement résumée, la description qu’il en

donne [Communication écrite et Arch.

de physiol., 1890) : les mailles de ce réseau, étroites et polygonales sur la partie moyenne, s’allongent à la périphérie, pour s’irradier vers les espaces interdigitaux, vers les deux bords du pied, vers le talon.

VEINES DU MEMBRE INFÉRIEUR

a) En avant, le réseau veineux se termine par une série d’arcades, qui encadrent la racine des orteils et le bord libre des espaces interdigitaux. A ces arcades, qui sont presque toujours de gros volume, aboutissent les veines plantaires des orteils ;

et, au niveau de chaque espace interdigital, il en part une grosse veine interosseuse dorsale, large voie anastomotique entre les deux systèmes superficiels du dos et de la plante.

Sur les deux bords du pied, la semelle veineuse se résout en une série de huit à douze gros troncs, qui se jettent, après avoir croisé les deux bords: 1° en dedans, dans la veine marginale interne, origine de la saphène interne; 2° en dehors, dans la veine marginale externe. Aux points où ces aboutissants du réseau superficiel plantaire croisent les bords du pied, il s’en détache une série de troncs profonds qui, par les orifices aponévrotiques ménagés le long des premier et cinquième métatarsiens, gagnent la région plantaire profonde et les veines du système profond {voies anastomotiques) .

y) En arrière, sous le talon, les veines restent presque toutes transversales, sinueuses et bombées, souvent grosses comme une plume d’oie ; elles y sont étroitement accolées et en nappe continue. Ce n’est qu’à la pointe du talon qu’elles s’inclinent en arrière et remontent derrière le tendon d’Achille, pour se jeter dans une arcade constante, qui l’enserre vers le milieu de sa hauteur et se continue ensuite avec le réseau superficiel de la jambe.

Toutes ces veines sont intimement adhérentes à la face profonde de la peau ; elles sont enchâssées dans de véritables canaux dermiques. De ce fait, leur préparation devient très délicate. En disséquant à petits coups une mince lamelle de peau, on constate fort nettement qu’il se détache des couches profondes du derme une série de cloisons entrecroisées : c’est un vrai stroma alvéolaire, dont chaque cavité loge une bosselure veineuse. On dirait un tissu érectile.

B. Face dorsale. — A la face dorsale du pied , nous retrouvons, comme à la face dorsale de la main, des veines à la fois nombreuses et de fort calibre. Elles s’y étalent en un riche réseau, affectant le plus souvent la forme d’une arcade transversale à concavité dirigée du côté de la jambe. A la convexité de cette arcade, arcade veineuse dorsale du pied, aboutissent les veines dorsales des orteils, largement anastomosées entre elles (fig. 273), et aussi ces veines plantaires, ci-dessus décrites, qui contournent de bas en haut les deux bords interne et externe du pied. De l’une et l’autre de ces deux extrémités partent deux veines, appelées veine dorsale interne et veine dorsale externe.

Ces deux veines dorsale interne et dorsale externe se portent l’une et l’autre obliquement en arrière et en haut et changent de nom en atteignant la jambe : la

Fig. 272.

Veines superficielles de la jambe, vue postérieure.

A, malléole interne. — B, malléole externe. — G, demi-tendineux. — D, biceps crural. — t, veine saphène externe. — 2, veine poplitée. — 3, anastomose efttre la saphène externe et la saphène interne.

dorsale externe devient la saphène externe; la dorsale interne prend le nom de saphène interne.

La saphène externe et la saphène interne sont les deux troncs auxquels aboutissent toutes les veines superficielles de la jambe et de la cuisse.

2^ Veine saphène externe. — Née de la veine dorsale externe ou, ce qui revient au même, de - l’extrémité externe de l’arcade dorsale du pied, la saphène externe (fig. 27â, 1) passe en arrière de la malléole externe, longe ensuite pendant quelque temps le côté externe du tendon d’Achille et veint enfin se placer dans le sillon longitudinal des deux jumeaux, qu’elle parcourt de bas en haut jusqu’à la partie moyenne du creux poplité. J^à, elle s’infléchit en avant, en formant un léger coude, et vient s’ouvrir à la partie postérieure de la veine poplitée.

La saphène externe, superficielle au niveau du pied, perfore l’aponévrose en arrière de la malléole et, à partir de ce point jusqu’à son abouchement dans la poplitée, chemine au-dessous du plan aponévrotique (voy. t. I, fig. 594, e).

Au moment de s’ouvrir dans la veine poplitée, la veine saphène externe émet dans la plupart des cas un canal anastomotique, à trajet susaponévrotique, qui, se portant en haut et en dedans, contourne la face interne de la cuisse et vient s’ouvrir dans la saphène interne, un peu au-dessous de son abouchement dans la veine fémorale.

Dans son trajet ascendant, la veine saphène externe, qu’accompagnent le nerf de même nom et une artériole issue des jumelles, est successivement grossie par de nombreuses veines, à direction transversale ou oblique, qui proviennent des téguments de la partie postérieure et externe de la jambe.

La saphène externe possède de nombreuses valvules : on en compte ordinairement de 8 à 15 depuis son origine jusqu’à sa terminaison.

Fig. 273.

Veines superficielles de la jambe,

vue antérieure.

A. malléole interne. — B, malléole externe.

— C, rotule. — 1, arcade dorsale du pied.

— 2, veine saphène interne.

3*^ Veine saphène interne. — La veine saphène interne (flg. 273,2 et 274,1) fait suite à la dorsale interne et, par l’intermédiaire de cette dernière, à l’extrémité interne de l’arcade dorsale du pied. Verticalement ascendante, elle passe en avant de la malléole interne, longe ensuite successivement la face interne de la jambe, le côté interne du genou et la face antéro-interne de la cuisse jusqu’à 3 ou 4 centimètres au-dessous de l’arcade fémorale. Là, elle s’infléchit en avant, perfore l’aponévrose en décrivant un

VEINES DU MEMBRE INFERIEUR

crochet à concavité inférieure (crosse de la saphène interne) et s’ouvre à la partie antéro-interne de la veine fémorale.

Jusqu’au niveau du point où elle perfore le fascia cribriformis, la saphène

est superficielle, je veux dire chemine dans le tissu cellulaire sous-cutané. Sa crosse, seule, est profonde ou sous-aponévrotique.

L’orifice aponévrotique qui livre passage à la saphène interne est limité en dehors et en bas par un repli aponévrotique de forme semilunaire, bien connu en anatomie topographique sous le nom de ligament falciforme d’ArcAN Burns ou ligament de Hey ; la crosse de la saphène est comme à cheval sur la corne inférieure du ligament. Au-dessous d’elle, comme nous l’avons déjà vu à propos des artères, passe l’artère honteuse externe inférieure (fig. 275, 5) pour, de là, gagner les bourses.

Dans son long trajet, la veine saphène interne reçoit comme affluents : 1® les veines sous-cutanées de la partie antérieure et interne de la jambe; 2° toutes les veines sous-cutanées de la cuisse ; 3® le canal anastomotique, ci-dessus décrit, que lui envoie la saphène externe; 4® les veines honteuses externes superficielles, qui proviennent du scrotum; 5° les veines sous-cutanées abdominales, qui descendent de la partie antéro-inférieure de la paroi abdominale. Ces dernières accompagnent en partie l’artère homonyme, branche de la fémorale ; mais , en partie aussi, elles sont indépendantes de ce dernier vaisseau.

Comme la saphène externe, la saphène interne est très riche en valvules. Mais ces valvules sont toujours fort variables par leur situation, par leur développement individuel et par leur nombre. HouzÉ, dans son mémoire déjà cité, estime que ce nombre varie de li à 20. Krotz, qui a repris la question en 1887 (Arch. f. Anal. u. Physiol., p. 159), est arrivé à un chiffre un peu supérieur : il a compté 30 valvules chez le foetus. Mais

Fig. 274.

Veines superficielles de la cuisse, vue antérieure.

A, épine iliaque antéro-supérieure. — B, pubis. — G, rotule. — 1, 1, saphène interne. — 2, veine fémorale. — 3, artère fémorale. — - 4, cordon inguinal.

Fig. 275.

Abouchement de la saphène interne dans la veine lemorale.

1, artère fémorale, avec ; 2, artère fémorale profonde. — 3, veine fémorale.

— 4, sap* è;ie interne, avec : 4’, sa crosse.

— 5, hou leu e externe inférieure, passant sous la crosse de la saphène. — 0, honteuse externe supérieure.

ANGEIOLOGIE

11 a établi en même temps, qn’im certain nombre de ces valvules s’atrophiaient peu à peu, au fur et à mesure qu’on avançait en âge. C’est ainsi qu’à vingt-cinq ans il a rencontré déjà 5 valvules atrophiées sur 30 ; à cinquante-quatre ans,

12 valvules atrophiéees sur 30 ; à soixante-dix ans, 26 valvules atrophiées sur un total de 32. Il n’en restait donc plus, dans ce dernier cas, que 6 suffisamment développées pour remplir les fonctions qui leur sont dévolues.

C. — Anastomoses des veines superficielles avec les profondes

Comme nous l’avons déjà constaté au membre supérieur, les deux réseaux superficiel et profond du membre inférieur sont reliés l’un à l’autre par de nombreuses branches anastomotiques, qui les rendent solidaires au double point de vue anatomique et fonctionnel.

C’est ainsi que, sur le dos du pied, l’arcade dorsale et ses rameaux afférents communiquent sur plusieurs points avec le réseau veineux situé au-dessous de l’aponévrose.

La saphène interne communique à son tour : L au niveau du cou-de-pied, avec les veines pédieuses, les veines tibiales antérieures et les veines tibiales postérieures ; 2® le long de la jambe, avec ces mêmes veines tibiales antérieures et tibiales postérieures ; 3^ à la cuisse, avec la veine fémorale par deux ou trois anastomoses, qui perforent l’aponévrose en dedans du muscle couturier.

Quant à la saphène externe, elle s’anastomose, elle aussi, dans le voisinage du cou-de-pied, avec les veines plantaires externes d’une part, et d’autre part, avec les veines péronières antérieures et postérieures.

Voyez, au sujet des veines du membre inférieur, Houzê, loc. cil. ; — Le Dentu, Rech. anal, sur la circulation veineuse du pied et de la jambe, Th. Paris, 1867 : — Klotz, loc. cit. — Braune et Müller, Die Venen des Fusses und Unterschenkels, Leipzig, 1890; — Jaboulay et Gondamin, Lyon médical, 1889, p. 145 ; — Picql’è etPiGACHE, Contrih. à l’étude des veines profondes du membre inférieur, Journ. de l’Anat., 1909.

§ IV. — Veines du bassin

Les veines du bassin correspondent exactement aux branches artérielles fournies par l’artère iliaque interne ou hypogastrique. Nées sur différents points des parois du bassin ou des viscères contenus dans cette cavité, les veines pelviennes convergent pour la plupart vers la partie la plus élevée de la grande échancrure sciatique et s’ouvrent dans la veine hypogastrique ou iliaque interne , ci-dessus décrite (p. 340). Du reste, comme les veines profondes des membres, les veines du bassin sont au nombre de deux pour chaque artère : ces deux veines satellites, toutefois, se réunissent ordinairement en une seule, un peu avant leur terminaison dans l’hypogastrique. Nous pouvons diviser les veines du bassin, comme les artères qu’elles accompagnent, en trois groupes ; veines extrapelviennes , veines intrapelviennes pariétales , veines tntrapelviennes viscérales.

1° Veines extrapelviennes. — Les veines extrapelviennes sont les fessières, les ischiatiques, les obturatrices et les honteuses internes ;

a. Veines fessières et ischiatiques. — Les veines fessières et ischiatiques suivent exactement le même trajet que les artères homonymes (voy. p. 231). Elles ramènent à l’hypogastrique le sang veineux de la fesse et de la partie postérieure et supérieure de la cuisse.

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