‹ Traité d'anatomie humaine (volume 2)Chapitre 77 sur 166 · VEINES DU BASSIN · texte numérisé non relu

VEINES DU BASSIN

b. Veines obturatrices. — Les veines obturatrices prennent naissance à la partie interne de la cuisse, entrent dans le bassin par la gouttière sous-pubienne, s’anastomosent avec les veines épigastriques et se jettent, finalement, dans l’iliaque interne.

c. Veines honteuses internes. — Les veines honteuses internes ramènent à l’iliaque interne le sang veineux de la verge, du périnée et de la partie inférieure du rectum.

Le sang apporté à la verge par les deux artères dorsales et les deux artères caverneuses aboutit en grande partie à deux veines volumineuses, toutes les deux impaires et médianes, qui cheminent d’avant en arrière sur le dos de la verge et qui, pour cette raison, sont appelées veines dorsales de la verge (voy. Verge). On les distingue, d’après leur situation, en superficielle et profonde. — La veine dorsale superficielle provient des enveloppes de la verge et, dans toute son étendue, chemine dans le tissu cellulaire souscutané. En atteignant le pubis, elle s’infléchit, soit à droite, soit à gauche, et vient se jeter dans la saphène interne, branche de la fémorale. — La veine dorsale profonde (fig. 276, 1) tire son origine du gland et des corps caverneux. Impaire et médiane comme la précédente, elle chemine d’avant en arrière dans le sillon médian supérieur du pénis, au-dessous de l’enveloppe élastique de cet organe, entre les deux artères dorsales qui suivent, mais en sens inverse, la même direction. Arrivée à la racine de la verge, elle traverse le ligament suspenseur du pénis d’abord , puis l’aponévrose périnéale moyenne et vient se jeter dans le plexus veineux de Santorini, riche plexus situé entre le pubis et la prostate.

C’est de la partie postérieure et externe du plexus de Santorini que naissent les veines honteuses internes. Suivant le même trajet que les artères homonymes (voy. p. 233), mais en sens inverse, elles descendent le long des branches ischio-pubiennes, croisent la face interne de l’ischion, recueillent chemin faisant les veines péri-

Fig. 276.

La veine dorsale profonde et ses affluents.

A, gland. — B. B, 'corps caverneux. — C, coupe du pubis, pratiquée un peu audessous de la symphyse.

1, veine dorsale profonde. — 2, son origine en arrière du gland (plexus rétro-balanique). — 3, 3, ses affluents, provenant du corps caverneux, et du corps spongieux. — 4, la veine dorsale, bifurquée et disposée en une sorte de plexus, le plexus sous-pubien. — 5, plexus de Santorini. — 6, 7, anastomoses de la veine dorsale superficielle avec les honteuses externes et l’obturatrice.

néales superficielles, qui proviennent du scrotum

et des téguments du périnée, les veines bulbeuses ou périnéales profondes, qui tirent leur origine des parties profondes du périnée et notamment du bulbe de l’urèthre, les veines hémorrhoïdales inférieures, qui émanent de la partie inférieure du rectum et, finalement, viennent s’ouvrir dans la veine hypogastrique, en contournant de bas en haut la face externe de l’épine sciatique. Les veines honteuses internes sont ordinairement au nombre de deux pour chaque artère : toutefois, au voisinage de l’épine sciatique, quelquefois plus bas, ces deux veines se réunissent presque toujours en un tronc commun.

ANGÉIOLOGIE

Chez la femme, les veines honteuses internes, analogues à celles de l’homme, tirent leur principale origine des organes érectiles de la vulve (voy. Orga^ies génitaux). Elles recueillent encore, au cours de leur trajet, les veines périnéales et les veines hémorrhoïdales inférieures, contournent la face externe de l’épine sciatique, entrent dans le hassin par la grande échancrure sciatique et s’ouvrent dans la veine hypogastrique.

Au sujet des veines extrapelviennes, voyez : Lenhossek, Das venôse Convolut der Beckenhôhle heim Manne, Wien, 1871 : — Tschaussow, Zur Frage nacli deû Venenplexus des Perinâums und des Becken beim Manne. Medic. Bote, 1882; — Du même, Zur frage von den Y enengeflechten u. Muscheln in vorderen Abschnitt des weibl. Dammes, einschliesslicfi der Beckengeflechten, Arch. f. Anat. U. PhysioL, 1885.

2° Veines intrapelviennes pariétales. — Ce sont les ilio-lombaiixs, les sacrées latérales et la sacrée moyenne :

a. Veines üio-lombaires. — Les veines ilio-lombaires suivent le même trajet que les artères homonymes. Elles reçoivent ordinairement les branches veineuses qui sortent par les deux trous de conjugaison de la colonne lombaire.

b. Veines sacrées latérales. — Les veines sacrées latérales accompagnent également l’artère de même nom. Elles sont presque exclusivement formées par les branches dorso-rachidiennes, qui débouchent dans le bassin par les trous sacrés antérieurs. Toujours multiples, souvent plexiformes, elles viennent s’ouvrir, soit dans l’iliaque interne, soit dans l’iliaque primitive.

c. Veine sacrée moyenne. — La veine sacrée moyenne prend naissance au-devant du coccyx par une branche médiane, émanant de cet os, à laquelle aboutissent deux branches latérales provenant, l’une du plexus vésical, l’autre du plexus hémorrhoïdal inférieur. Ainsi formée, la veine sacrée moyenne se dirige verticalement en haut, cheminant côte à côte avec l’artère de même nom. Elle recueille, au cours de son trajet : 'V de nombreuses branches anastomotiques, obliques ou transversales, qui lui viennent des veines sacrées latérales ; 2° des branches osseuses, plus nombreuses encore, qui proviennent de la partie antérieure du sacrum. Finalement, elle vient se jeter dans la veine iliaque primitive gauche.

On voit que par leur mode d’origine, non moins que par leur trajet et leur terminaison, les veines pariétales du bassin se rattachent manifestement au système des intercostales et des azygos que nous avons décrit au thorax.

3° Veines intrapelviennes viscérales. — Elles comprennent les veines vésicales et les veines hémorrhoïdales moyennes, auxquelles viennent s’ajouter, chez la femme, les veines utérines et les veines vaginales :

a. Veines vésicales. — Les veines vésicales, issues des différentes tuniques de la vessie (voy. Vessie), se dirigent vers la base de cet organe et se jettent, les antérieures dans le plexus de Santorini, les postérieures dans \q plexus séminal, les latérales dans le plexus vésico-prostalique . Ces trois plexus, du reste, communiquent largement entre eux, de façon à ne former pour ainsi dire qu’un seul et même plexus, auquel je donnerai le nom de plexus pelvi-vésical. De la partie latérale de ce plexus, partent deux ou trois veines, dites vésicales, qui se portent en dehors et en haut pour s’ouvrir dans la veine iliaque interne.

b. Veines hémorrhoïdales moyennes. — Les veines hémorrhoïdales moyennes, qui accompagnent les artères de même nom, ne sont pas constantes et, quand elles existent, elles proviennent rarement du rectum. Elles tirent plutôt leur origine des organes voisins, des vésicules séminales et de la vessie chez l’homme, de la vessie et du vagin chez la femme. Le nom (V hémorrhoïdales convient donc très mal à ces

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