GANGLIONS DU COU
loppes, seront étudie's ultérieurement (voy. Système nerveux central). Qu’il nous suffise d’indiquer ici qu’ils s’échappent de la cavité crânienne par les mêmes orifices que les veines intracrâniennes (jugulaire interne, méningée moyenne) et aboutissent aux ganglions du cou.
2° Lymphatiques de la face. — Les vaisseaux lymphatiques de la face se divisent, comme ceux du crâne, en superficiels et profonds :
a. Lymphatiques superficiels. — Les lymphatiques superficiels proviennent de tous les points des téguments qui recouvrent la face et, principalement, de la peau, des pommettes, du lobe du nez et des lèvres, où ils forment de très riches réseaux. A l’exception des lymphatiques de la pommette et de la partie externe des paupières, qui se rendent aux ganglions parotidiens, tous les lymphatiques superficiels de la face descendent vers la région sus-hyoïdienne et, là, se jettent dans les ganglions sous-maxillaires et les ganglions sus-hyoïdiens. Un ou deux gros troncs accompagnent ordinairement la veine faciale, depuis l’angle interne de l’œil jusqu’au bord inférieur du maxillaire.
Les lymphatiques superficiels de la face, en descendant vers les ganglions sous-maxillaires, traversent de tout petits ganglions que l’on désigne indistinctement, en raison de leur situation, sous le nom de ganglions géniens ou faciaux.
Ces ganglions déjà signalés par Masgagni, par Boyer, par Cloquet, par Bourgery et Jacob, ont été étudiés à nouveau dans ces derniers temps par Vigier (1892), par Princeteau (1899), par Büchbinder (1899), par Gapette-Laplèxe (1899), par Thevenot (1900). Quand ils existent, leur nombre est de un à trois. On peut les rencontrer sur l’un des quatre points suivants ;
1® Sur la face externe du maxillaire inférieur, immédiatement en avant du bord antérieur du masséter, ce sont les ganglions sus-maxillaires, que nous pourrions appeler encore ganglions prémassétérins ; .
2® Sur la face externe du buccinateur et de son aponévrose (ce sont les ganglions buccinatears) présentant des rapports variables avec l’artère et la veine faciales ;
3® Dans le sillon naso-génien {ganglions naso-géniens) ; j’en ai rencontré un, sur un jeune sujet, à la partie moyenne du sillon, tout à côté de l’artère faciale ;
4® Sur la face externe de l’os malaire (Albertin, Vigier), ce sont les ganglions malaires; ils sont extrêmement rares.
b. Lymphatiques profonds. — Les lymphatiques profonds, que l’on peut encore appeler en raison de leur origine lymphatiques des sens, proviennent des parties profondes de la face et tout particulièrement de la région orbitaire, des fosses nasales et de la langue. Nous ne faisons que les mentionner ici, nous réservant de les décrire en détail avec les organes des sens (voy. Organes des sens).
C) Lymphatiques efférents. — Les vaisseaux lymphatiques qui s’échappent du cercle ganglionnaire de la tête aboutissent tous aux ganglions cervicaux, qu’ils traversent, avant de sé jeter dans les gros canaux collecteurs de la base du cou.
§ IX. — Ganglions du cou
■A) Groupes ganglionnaires. — Tous les ganglions du cou se développent à la partie antérieure ou prévertébrale de cette région. La partie postérieure ou postvertébrale, vulgairement connue sous le nom de nuque, en est totalement dépourvue. Les ganglions cervicaux sont excessivement nombreux et aussi très variables par leur situation, leurs rapports, leur volume. Ils se répartissent en deux groupes : l’un superficiel, l’autre profond.
a. Ganglions superficiels. — Les ganglions cervicaux superficiels, au nombre de 4 à 6 (Theile), sont disséminés sur la face externe du sterno-cléido-mastoïdien, le
ANGÉIOLOGIE
long du bord postérieur de ce muscle et dans la partie inférieure du triangle susclaviculaire. Ils semblent se grouper autour de la veine jugulaire externe : d’où le nom de chaîne jugulaire externe qu’on donne quelquefois <à l’ensemble de ces ganglions. Nous ferons remarquer, toutefois, qu’ils sont plus profonds que la veine, recouverts qu’ils sont par le peaucier et par l’aponévrose cervicale superficielle. Us ne sont donc pas superficiels au sens précis du mot, c’est-à-dire sus-aponévrotiques, mais sous-aponévroliques et, si nous conservons ce mot de superficiel, c’est pour les distinguer du groupe suivant qui est plus profondément placé, b. Ganglions profonds. — Les ganglions cervicaux profonds sont beaucoup
plus nombreux que les superficiels : on en compte ordinairement de i£0 à 30 (Tiieile).
Placés au-dessous du muscle sterno-cléidomastoïdien (ganglions sous - slerno - mastoï diens de quelques auteurs), sur les faces latérales du canal alimentaire et du canal respiratoire, ils forment, le long de la jugulaire interne, une chaîne non interrompue qui occupe toute la hauteur du cou et qui constitue la chaîne jugulaire interne.
A cette chaîne jugulaire interne se rattachent, comme des dépendances : en
dehors, ce groupe ganglionnaire important qui occupe la partie supérieure du triangle sus-claviculaire, irrégulièrement disséminé dans cette masse de tissu cellulo-adipeux qui recouvre les scalènes, le splénius et l’angulaire de l’omoplate ; 2° en dedans, un deuxième groupe de 4 à 6 ganglions, plus petits que les précédents, qui suivent le trajet du nerf récurrent, constituant dans leur ensemble ce qu’on désigne quelquefois sous le nom de chaîne récurrentielle . Nous avons vu précédemment que ce groupe de ganglion récurrentiel se prolongeait jusque dans le thorax et, là, se fusionnait plus ou moins avec les ganglions prétrachéo-bronchiques de }3.\réty.
Outre les ganglions que nous venons de décrire, et qui sont manifestement laté-
Fig. 321.
Lymphatiques du cou et du thorax, vue antérieure.
A, aorte, — B, \cine cave supérieure. — C, veiue sous-clavière. — D, jugulaire interne. — E, jugulaire externe. — 1, canal thoracique, avec 1’, son abouchement dans la veine sous-clavière gauclie. — 2, grande veine lymphatique, avec 2’, son abouchement dans la veine sous-clavière droite. — 3, ganglions sous-maxillaires. — 4, ganglions sus-hyoïdiens. — 5, o, ganglions cervicaux. — G, ganglions axillaires. — 7, ganglions trachéens. — 8, ganglions bronchiques.
GANGLIONS SUS-ÉPITROCHLÉENS
raux^ on rencontre parfois sur la ligne médiane un certain nombre de petits ganglions, ganglions médians, qui se disposent, suivant les cas, en avant du larynx (ce sont les ganglions prélaryngés), en avant de la trachée (ce sont les ganglions prétrachéaux), quelquefois aussi, mais très rarement, en avant du corps thyroïde (ce sont les ganglions préthyroïdiens) ,
B) Lymphatiques afférents. — Aux ganglions cervicaux se rendent tout d’abord les lymphatiques efférents des ganglions de la tête, que nous avons décrits dans le paragraphe précédent. Ces ganglions reçoivent en outre, et à des hauteurs diverses, une partie des lymphatiques du pharynx, les lymphatiques du nez, les lymphatiques de la voûte palatine et du voile du palais, les lymphatiques du larynx, les lymphatiques du corps thyroïde, les lymphatiques de la portion cervicale de l’œsophage et de la trachée (voy. ces différents organes), un certain nombre de lymphatiques provenant de la face antérieure du thorax, voire même quelques lymphatiques superficiels du membre supérieur, notamment ceux qui accompagnent la veine céphalique et qui se rendent aux ganglions sous-claviculaires.
C) Lymphatiques efférents. — Tous les vaisseaux lymphatiques qui sont tributaires des ganglions cervicaux traversent ces ganglions et se dirigent ensuite de haut en bas vers la base du cou.
Dans ce trajet, ils s’anastomosent entre eux, puis se réunissent, à la manière des veines, en troncs de plus en plus importants, mais de moins en moins nombreux. Arrivés dans l’espace angulaire que circonscrivent la jugulaire interne et la sousclavière, ils ne forment plus que trois ou quatre troncs (ils se réunissent souvent en un seul), qui viennent s’ouvrir, à gauche dans le canal thoracique, à droite dans la grande veine lymphatique.
Ces troncs, que l’on peut désigner sous le nom de troncs jugulaires^ s’anastomosent constamment avant leur terminaison, soit directement, soit par leurs rameaux d’origine, avec les lymphatiques sous-claviers qui proviennent du membre supérieur.
§ X — Ganglions sus-épitrochléens
A) Groupe ganglionnaire. — On donne ce nom de ganglions sus-épitrochléens à un ou deux ganglions, quelquefois trois, qui sont situés en avant et un peu audessus de l’épitrochlée dans le voisinage de la veine basilique. J’ai rencontré dans un cas quatre ganglions sus-épitrochléens. Ces ganglions, quel que soit leur nombre, sont logés dans le tissu cellulaire sous-cutané, entre la peau et l’aponévrose superficielle.
B) Lymphatiques afférents. — Aux ganglions sus-épitrochléens aboutissent deux ou trois troncs lymphatiques, provenant des deux doigts internes et du bord interne de la main. Ces lymphatiques gagnent l’épitrochlée en longeant le côté antéro-interne de l’avant-bras ; ils suivent exactement le même trajet que la veine cubitale superficielle.
C) Lymphatiques efférents. — Continuant le trajet des lymphatiques afférents, les vaiss.eaux efférents des ganglions sus-épitrochléens se dirigent verticalement en haut, en suivant la veine basilique. Avec cette veine, ils perforent l’aponévrose brachiale, un peu au-dessous du bord inférieur du grand pectoral et, cheminant
ANGEIOLOGIE
désormais avec les lymphatiques profonds, ils remontent vers le creux de l’aisselle pour se terminer dans les ganglions de cette région.
S XI . — Ganglions de l’aisselle
À) Groupes ganglionnaires. — Les ganglions axillaires, bien étudiés dans ces derniers temps par Kirmisson (1882), par Poirier (1888), par Grosmann (1896), par OEls- NER (1901), se trouvent situés, comme leur nom l’indique, dans la région de l’aisselle. Ils sont extrêmement nombreux, très variables à la fois dans leur nombre, dans leur forme et dans leurs dimensions. Mais tous présentent ce caractère commun qu’ils sont profondément placés au-dessoas des muscles pectoraux et de l’aponévrose du creux axillaire : les ganglions superficiels ou sous-cutanés, décrits par quelques anatomistes, n’existent pas chez l’homme, du moins à l’état normal. Avec OElsner, dont la description est maintenant classique, nous pouvons répartir
les ganglions de faisselle en cinq groupes :
le groupe brachial-, 2° le groupe scapulaire-, 3° le groupe thoracique; 4® le groupe central; 5° le groupe sous-claviculaire .
a) Le groupe brachial répond à la paroi externe ou brachiale de l’aisselle. Les 4 ou 5 ganglions qui le constituent se disposent sur les deux faces antérieure et interne du paquet vasculaire, plus particulièrement sur la face interne delà veine axillaire. Il n’est pas rare d’en trouver un ou deux à la partie postérieure de la veine, entre elle et le muscle sousscapulaire.
^) Le groupe scapulaire, placé au-dessous du précédent, est représenté par 6 ou 7 ganglions qui se disposent le long de l’artère scapulaire inférieure, dans l’espace triangulaire que déliminent entre eux le muscle sous-scapulaire et le muscle grand rond. A ce groupe, OElsner rattache 2 ou 3 auti es ganglions que l’on rencontre ordinairement sur la face dorsale du scapulum, au voisinage de son angle inférieur.
y) Le groupe thoracique , encore appelé mammaire externe, se dispose sur la paroi interne de faisselle, au-dessous des pectoraux, sur le trajet de l’artère thoracique inférieure ou mammaire externe. Il comprend de 4 à 8 ganglions, qui se répartissent d’ordinaire en deux groupes secondaires ; 1° un groupe supérieur, formé de 2 à 4 ganglions, couchés dans les deuxième et troisième espaces inter-
Fig. 322.
Groupes ganglionnaires de l’aisselle [schématique).
a, clavicule. — è, muscle sous-clavier. — c, artère axillaire. — d, veine axillaire. — e, artère scapulaire inférieure. — f, artère thoracique inférieure. — ÿ, veine céphalique.
1, groupe brachial. — 2, groupe scapulaire. — 3, groupe thoracique ou mammaire externe, avec 3’ et 3”, ses deux groupes secondaires supérieur et inferieur. — 4, groupe central ou intermédiaire. — 5, groupe sous-claviculaire.