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VI. — Muscles de la douche ou des lèvres

Tout autour de l’orifice buccal se disposent onze muscles : un d’abord, de forme annulaire, le labial ou orbiculaire des lèvres, qui préside à son occlusion ; puis une série de dix autres qui, partis des différentes régions de la face, viennent s’insérer sur son pourtour comme autant de rayons convergents. Ce sont, en allant de haut en bas : D V élévateur commun de Vaile du nez et de la lèvre supérieure ; 2® V élévateur propre de la lèvre supérieure ; 3^ le canin ; 4° le petit zygomatique ; 5® le grand zygomatique; 6° le buccinateur; 7^ le risorius; 8° le triangulaire des lèvres; 9° le carré du menton ; iO® le muscle de la houppe du menton.

— Labial ou orbiculaire des lèvres

Le muscle labial ou orbiculaire des lèvres (lig. 690,9j se dispose tout autour de

MUSCLES DES LEVRES

l’orifice buccal à la manière d’une ellipse dont le diamètre serait dirigé transversalement d’un côté à l’autre.

1*^ Insertions. — Adoptant l’opinion déjà ancienne de WàNSLOw, nous considérerons ce muscle comme formé de deux moitiés absolument distinctes : une moitié supérieure, qui répond à la lèvre supérieure, c’est le demi-orhiculaire supérieur ; une moitié inférieure, qui se trouve située dans la lèvre inférieure, c’est le demiorhiculaire inférieur.

A. Demi-orbigulaire supérieur. — Le demi-orbiculaire supérieur (fig. 6(S3,i) constitue la couche la plus importante de la lèvre supérieure. Transversalement étendu d’une commissure à l’autre, il mesure en hauteur tout l’espace compris entre le bord libre de la lèvre et la base du nez. Scs faisceaux se détachent pour la plupart, à droite et à gauche de la ligne médiane, de la face profonde de la peau et de la muqueuse labiale. Puis, ils se dirigent en dehors et en bas en décrivant des anses à concavité inférieure. Ils arrivent ainsi à la région des commissures et, là, ils se terminent à la fois sur la peau et la muqueuse, en s’entrecroisant d’une part, avec les fibres ascendantes du demiorbiculaire inférieur, d’autre part avec les fibres transversales du buccinateur.

Ces longues fibres, disposées en arc et s’étendant sans interruption apparente d’une commissure à l’autre , constituent ce qu’on pourrait appeler la portion principale du muscle.

A cette portion principale viennent se joindre, à titre de portions accessoires, quatre faisceaux de renforcement, deux de chaque côté ; l’un d’eux (3j, relativement épais, se détache de la sous-cloison des fosses nasales, c’est le faisceau naso-labial de Torbiculaire ; l’autre (4), plus faible, prend son origine à la portion interne de la fossette mj-rtiforme, c’est le faisceau incisif supérieur. Ue leur surface d’origine, ces deux faisceaux se portent en dehors et un peu en bas et ne tardent pas à se fusionner avec la portion principale de Torbiculaire. lis présentent naturellement le même mode de terminaison que ce dernier.

B. Demi-orbiculaire inférieur. — Assez analogue au précédent, le demi-orbiculaire inférieur (fig. 683, 2) constitue la couche la plus importante de la lèvre inférieure. Gomme le demi-orbiculaire supérieur, il s'étend d’une commissure à l’autre et, d’autre part, occupe toute la hauteur de la lèvre, depuis le bord libre jusqu’au sillon qui sépare en bas la lèvre du menton.

Il prend naissance, à droite et à gauche de la symphyse mentonnière, à la face profonde de la peau et de la muqueuse labiale. De là, ses faisceaux se portent en dehors et en haut pour venir se terminer, comme ceux du muscle précédent, dans la région de la commissure.

Le demi-orbiculaire inférieur est renforcé, comme le demi-orbiculaire supérieur, par un faisceau accessoire à insertion osseuse, le faisceau incisif inférieur (5). Ce

Fig. G83.

Schéma représentant la constitution anatomique -de forbiculaire des lèvres.

1, demi-orbiculaire supérieur (faisceau principal). — 2, demi-orbiculaire inférieur (faisceau principal). — 3, faisceau accessoire naso-labial. — 4, faisceau incisif supérieur. — - 5, faisceau incisif inférieur. — (i, 0’, commissures des lèvres.

MYOLOGIE

faisceau, assez analogue au faisceau homonyme de la lèvre supérieure, prend naissance, en dedans, sur le côté de la symphyse et se confond, presque immédiatement 4 1 après son origine, avec la portion principale

du muscle.

2° Rapports. — L’orhiculaire est situé à la partie moyenne des lèvres, un peu plus rapproché cependant de la face muqueuse que de la face cutanée. Vu sur des coupes sagittales (fig. 684), il revêt dans son ensemble la forme de la lettre L retournée (j pour la lèvre supérieure, 1 pour la lèvre inférieure), avec une branche verticale très longue occupant toute la hauteur de la lèvre , une branche horizontale très courte répondant à l’orifice buccal. En se réunissant à angle droit, les deux branches de l’L musculaire délimitent un angle, plus ou moins ouvert, qui regarde en avant et en bas pour la lèvre inférieure, en avant et en haut pour la lèvre supérieure.

Dans chacune des deux lèvres, l’orbiculaire est recouvert par la peau et par un certain nombre de muscles, qui sont : le carré du menton, pour le demi - orbiculaire inférieur; les deux élévateurs de la lèvre supérieure et le petit zygomatique pour le demi - orbiculaire inférieur. 11 recouvre à son tour la muqueuse labiale, dont le sépare une véritable nappe de glandes muqueuses (voy. Lèvres).

face profonde du muscle : elle est située d’ordi-

Fig. 684.

Coupe saggittale de la lèvre inférieure passant par l’incisive externe.

r bord libre. — 2, revêtement cutané. — O, muqueuse. — 4, branche verticale et 4’ branche horizontale de l'L musculaire représentant 1 orbiculaire des lèvres. — 5, faisceaux verticaux provenant du carré du menton. — 6, faisceaux obliques marginaux , rei)résentant le muscle compresseur des lèvres de Klein. — 4, artère coronaire. — 8, veines. — 9, 9, glandes labiales. — 10, follicules pileux. — 11, glandes sudoriparcs.

L’artère coronaire répond à la

Coupe verticale des deux lèvres pour montrer le muscle compresseur des lèvres (d’après Roy).

1 . lèvre supérieure et lèvre inférieure, avec : 2. leur face antérieure ; 3, leur face postérieure. — 4, faisceaux de l'orbicuîaire. — 5. 6’. faisceaux des muscles compresseurs des lèvres. — 6. fente buccale.

naire à l’angle de réunion des deux branches de l’L ou un peu au delà de cet angle (au-dessous pour la lèvre inférieure, au-dessus pour la lèvre supérieure).

Muscle compkesseur des lèvres. — Outre les fibres transversales de l’orbiculaire et les libres verticales de provenances diverses qui viennent se placer en avant de ce dernier muscle, on trouve encore dans chacune des deux lèvres, et au voisinage de son bord libre, un certain nombre de fibres à direction antéro-postéi-ieure, dont l'ensemble constitue le muscle compresseur des lèvres. — Ces fibres antéro-postérieures, signalées depuis longtemps par Luschka et étudiées spécialement plus tard par Klein et par Aeby, prennent naissance, en avant, à la lace profonde de ia peau depuis la première jusqu’à la douzième rangée de follicules pileux. De là, elles se portent obliquement en arrière (en arrière et en bas pour la lèvre supérieure, en arrière et en haut pour la lèvre inférieure) et viennent se terminer sur la muqueuse, tout autour de l’orifice buccal. — Le muscle compresseur des lèvres, qui n’est autre que le reclus labii do Klein, le musculus labii proprius de Krause. le musculus cutaneo-mucosus . labii de Bovero, est particulièrement développé chez le nouveauné et doit vraisemblablement jouer un rôle important dans l’acte de la succion (voy. Bovero, Ricerche 7norphologiche sul Musc, cutaneo-mucosus labii, Accad. R. delle Scienze, Torino 1902).

3° Innervation. — L’orbiculaire des lèvres est innervé par le facial : pour sa

MUSCLES DES LEVRES

moitié supérieure (demi-orbiculaire supérieur), par des filets buccaux supérieurs de la branche temporo-faciale ; pour sa moitié inférieure (demi-orbiculaire inférieur), parles filets buccaux inf érieurs de la branche cervico-faciale.

4® Action. — En s’entrecroisant au niveau des commissures , les deux demiorbiculaires constituent pour l’orifice buccal un véritable sphincter : ils ferment cet orifice quand il a été ouvert par l’action de ses muscles dilatateurs ; ils le rétrécissent et appliquent solidement l’un contre l’autre les hords opposés, lorsque leurs contractions surprennent cet orifice dans l’état d’occlusion passive.

Au point de vue physiologique, chaque demi orbiculaire peut être divisé en deux zones : une zone extérieure ou périphérique (par rapport au centre de l’orifice huccal) et une zone intérieure ou marginale . La contraction isolée des deux zones extérieures fronce les lèvres et les projette en avant ; la contraction isolée des deux zones intérieures les fronce également, mais les porte en arrière, en les appliquant contre les arcades dentaires.

Ceci posé, il est facile de se rendre compte que l’orbiculaire coopère à une foule d’actes tels que : la succion, le jeu des instruments à vent, le sifflement, la préhen sion des aliments soit solides soit liquides, l’action de donner un haiser [niusculus osculatorius des anciens anatomistes), l’articulation de certaines consonnes dites labiales, etc., etc.

Les expériences électro-physiologiques de Duchenne (de Boulogne) et aussi les faits cliniques (hémiplégie faciale) nous autorisent à admettre dans chaque demiorbiculaire deux moitiés symétriques et parfaitement indépendantes, répondant l’une au côté droit, l’autre au côté gauche. Le sphincter huccal serait ainsi constitué par quatre muscles : deux supérieurs, que l’on pourrait appeler les deux labiaux supérieurs, le gauche et le droit; deux inférieurs, que l’on pourrait désigner sous le nom de labiaux inférieurs et que l’on distinguerait, de même, en labial inférieur gauche et labial inférieur droit.

Variétés. — Certaines portions de Torbiculaire ont été décrites par Meckel [Siimm. u. Supracliorgans, 1857) comme des muscles spéciaux. Tels sont : le pt^o tracteur de la lèvre supérieure et de la lèvre inférieure, le constricteur de la lèvre supérieure et de la lèvre inférieure. — On a décrit encore comme muscles spéciaux [muscle incisif supérieur et muscle incisif inférieur) les deux faisceaux à insertion osseuse, décrits plus haut, qui viennent renforcer la portion principale.

Voy. au sujet de Torbiculaire : Henke. Die oberen und unteren Muskeln der Lippen, Zeitschr. f. Anat. U. Entw., 1875 ; — Klein, Zur Kenntniss des Baues der Mundlippen der neugebor. Kindes, Wien, 1869 ; — Aeby, Die Muskulatur d. menschl. Mundspalte, Arch. f. mikr. Anat., 1879; — Roy, Le muscle orbiculaire des lèvres, Th. Bordeaux, 1890 ; — Virchow (H.), Der Muskelmannmaul, Berlin. Klin. Woch., 1892.

2" — Buccinateur

Le buccinateur est un muscle plat, situé dans la région de la joue, en arrière de Torbiculaire et en avant du masséter (fig. 687, 14). Il s’étend d’un maxillaire à l’autre et contribue ainsi à former la paroi latérale de la cavité buccale.

Insertions. — Il prend naissance, en arrière : 1® sur le bord alvéolaire du maxillaire supérieur, dans la portion de ce bord qui correspond aux trois grosses molaires; 2® sur le bord alvéolaire du maxillaire inférieur, au niveau également des grosses molaires ; 3® sur le crochet de l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde ; 4° sur une bandelette fibreuse, le ligament ptéry go-maxillaire {aponévrose buccinato -pharyngienne de quelques auteurs), qui s’étend du crochet précité de Tapoph yse ptérygoïde à l’extrémité postérieure du bord alvéolaire du maxillaire infé-

MYOLOGIE

rieur (fig. 686 et 687). Comme on le voit, l’insertion postérieure du buccinateur se fait en partie sur des surfaces osseuses, en partie sur une aponévrose.

Quelle que soit leur origine, tous les faisceaux constitutifs du buccinateur convergent vers la commissure labiale. Les faisceaux moyens s’y portent horizontalement. Les faisceaux supérieurs et les faisceaux inférieurs suivent un trajet oblique

(obliquement descendant* !

pour les premiers, obliquement ascendant pour les seconds) et s’y entrecroisent.

Après entreeroise- ■

ment, les faisceaux ascen- ;

dants semblent passer '

dans la lèvre supérieure ■

et s’y continuer directement avec le demi-orbi- i

culaire supérieur. JJe î

môme, les faisceaux des- j

cendants paraissent se ]

confondre avec le demi- J

urbiculaire inférieur et ;

passer ainsi dans la lèvre inférieure. Mais cette continuité, longtemps ad- )

mise et admise encore aujourd’hui par certains auteurs, du buccinateur et de l’orbiculaire des lèvres, n’est qu’apparente. En réa- ; lité, les faisceaux du buccinateur se terminent, au niveau des commissures, sur la face profonde de la peau et de la muqueuse buccale de la môme manière que ceux ^ de l’orbiculaire. *1

2° Rapports. — Placé sur le coté externe de la bouche, le buccinateur présente j des rapports importants, savoir :

y.) En arrière, au niveau de son insertion à la bandelette ptérygo-maxillaire, il est en rapport avec le constricteur supérieur du pharynx, qui s’attache également à cette bandelette, mais sur le bord opposé. i

'f) En avant, au niveau des commissures labiales, il répond à l’orbiculaire des ^ lèvres, au grand zygomatique, au canin et au triangulaire des lèvres.

y) Sa face interne ou profonde est recouverte par la muqueuse buccale, qui lui adhère intimement. ;

6) Sa face externe ou superficielle répond, à sa partie toute postérieure, à la ^

branche du maxillaire, à l’apophyse coronoïde et au tendon inférieur du temporal.

Plus en avant, elle est en rapport ; P avec les faisceaux antérieurs du massé ter, "

dont elle est séparée par la boule graisseuse de Bichat ; 2" avec le canal de Sténon ;

(üg. 687, I3j, qui chemine quelque temps à la surface du muscle, puis le perfore, |

au niveau de la deuxième grosse molaire supérieure, pour s’ouvrir dans la cavité i

buccale; 3*^ avec le nerf buccal, qui le traverse également de dehors en dedans; ^

4° avec l’artère et la veine faciales, qui la croisent obliquement; 5° avec quelques J

ramifications du nerf facial. Cette face superficielle de l’orbiculaire répond, du 1

MUSCLES DES LEVRES

reste, à la peau et, plus immédiatement, à une aponévrose, dite aponévros,e buccinatrice .

3*^ Aponévrose buccinatrice. — Etalée sur la face externe du muscle buccinateur, l’aponévrose buccinatrice s’attache, en arrière, sur le bord antérieur de l’apophyse coronoïde, où elle se confond avec celle du masséter ; en haut, elle se fixe sur le bord alvéolaire supérieur ; en bas, sur le bord alvéolaire inférieur.

Très épaisse et très résistante à sa partie postérieure, l’aponévrose buccinatrice s'atténue graduellement au fur et à mesure qu’elle se rapproche des lèvres ; elle n’existe plus, à la région des commissures, que comme une simple lame celluleuse, qui se confond avec le tissu cellulaire sous-cutané.

Un tissu conjonctif très dense l’unit au buccinateur; entre elle et le muscle, dans le voisinage du canal de Sténon, se trouve un groupe de glandules salivaires, connues sous le nom de glandes molaires.

4'" Innervation. — Le muscle buccinateur reçoit ses nerfs à la fois de la branche tempor O- faciale et de la branche cervico-faciale de la septième paire. Il est, en outre, traversé, comme nous l’avons déjà dit, à propos de ses rapports, par le nerf buccal, branche du maxillaire inférieur ; mais il est généralement admis que ce dernier nerf est, à ce niveau, exclusivement sensitif et, par conséquent, ne prend aucune part à l’innervation mmtrice du buccinateur.

5° Action. — Les muscles buccinateurs attirent en arrière les commissures labiales, agrandissant ainsi le diamètre transversal de la bouche.

Lorsqu’ils sont repoussés en dehors par de l’air emmagasiné dans la cavité buccale, leur contraction comprime cet air et le force à s’échapper sous pression par l’orifice buccal, dont l’ouverture est graduée par l’orbiculaire.

Les buccinateurs ont, de cette façon, une part importante dans le sifflement; une part très importante aussi dans le jeu des instruments à vent, ce qui leur a valu leur nom de buccinateurs (de buccinare , jouer de la trompette). Enfin, dans l’acte de la mastication , les buccinateurs ramènent sous les arcades dentaires, de concert avec l’orbiculaire, les particules alimentaires qui se sont égarés dans le vestibule de la bouche.

Variétés. — Il n’est pas très rare de voir quelques-uns des faisceaux moyens du buccinateur se continuer avec le constricteur supérieur du pharynx. — On l’a vu renforcé par un petit faisceau surnuméraire, provenant du canal de Sténon.

3"" — Élévateur commun de l’aile du nez et de la lèvrc

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