‹ Traité d'anatomie humaine (volume 3)Chapitre 122 sur 176 · MUSCLES DU THORAX · texte numérisé non relu

MUSCLES DU THORAX

Des muscles nombreux qui entourent l’enceinte thoracique, les uns, prenant sur cette enceinte une large insertion, se portent sur les deux premiers segments du membre supérieur, qudls sont destinés à mouvoir. Les autres, plus spécialement affectés à la locomotion des arcs costaux, répondent au thorax dans toute leur étendue et prennent ainsi une large part à la constitution de ses parois.

Nous conserverons, dans notre description, cette division des muscles du thorax en deux groupes et admettrons en conséquence les deux régions suivantes :

1° Une région antéro-lalérale, qui comprend les muscles du premier groupe, les muscles moteurs du membre supérieur :

2® Une région costale, qui renferme les muscles du second groupe, les muscles moteurs des côtes.

ARTICLE l

RÉGION ANTÉRO-LAÏÉRALE

Les muscles du thorax qui se rendent au membre supérieur (épaule ou bras) sont groupés sur la face antérieure et sur la face latérale de cette cage osseuse. Ils sont au nombre de quatre, savoir : le grand pectoral, le petit pectoral, le sous-clavier, et le grand dentelé.

— GrRAND PECTORAL

Le grand pectoral (fig. 732, 1), le plus superficiel de la région qui nous occupe, est un muscle large et triangulaire, situé à la partie antérieure du thorax et du creux de l’aisselle.

Insertions. — Il prend naissance, à l’aide de fibres aponévrotiques fort courtes : 1° sur le bord antérieur de la clavicule, dans ses deux tiers internes [portion claviculaire')', 2° sur la face antérieure du sternum [portion sternale), où ses faisceaux d’origine s’entrecroisent parfois, sur la ligne médiane, avec ceux du côté opposé; 3° sur l’aponévrose abdominale du grand oblique [portion abdominale), par un faisceau rubané, large de 1 à 3 centimètres: 4° sur les cartilages des cinq ou six premières côtes [portion chondro-costale), ainsi que sur la portion osseuse de la sixième ou de la septième.

Les insertions thoraciques du grand pectoral forment, comme on le voit, une longue ligne demi-circulaire, dont la concavité dirigée en dehors regarde le creux de faisselle. De cette ligne, tous les faisceaux constitutifs du muscle convergent

MYOLOGIE

vers la lèvre antérieure de la coulisse bicipitale de l’humérus et s’y insèrent par un large tendon de forme quadrilatère. Pour atteindre ce tendon {tendon huméral), les faisceaux supérieurs suivent un trajet oblique en dehors et en bas; les faisceaux inférieurs, un trajet oblique en dehors et en haut; les faisceaux moyens, un trajet plus ou moins horizontal. Le grand pectoral, on le voit, est un muscle en éventail, dont le sommet répond à l’humérus et dont la base s’étale sur la face

antérieure du thorax.

Le tendon huméral du grand pectoral n’est pas simple : il est, en réalité, constitué par deux lames fibreuses, qui sont situées, l’une en avant, l’autre en arrière. Ces deux lames, généralement bien isolées à leur partie interne, là où elles font suite aux faisceaux charnus, se confondent au niveau de leur insertion à la coulisse bicipitale. Mais elles se réunissent aussi le plus souvent par leur bord inférieur, de telle sorte que la coupe de ce tendon, pratiquée suivant un plan vertical et antéro-postérieur (fig. 734,3”), représente assez bien un U majuscule.

Les deux lames constitutives du tendon huméral sont, du reste, séparées l’une de l’autre par un paquet adipeux. C’est sur la lame antérieure que viennent se terminer les faisceaux des-

Fig. 732.

Muscles de la paroi antérieure du thorax.

1, grand pectoral, avec 1’, sa portion abdominale et 1”, sa portion claviculaire. — deltoïde, avec 2’, son insei’tion à l’iiumérus. — 3, espace deltopectoial. — 4, trapèze. — o, clavicule. — 6, sterno-cléido-mastoïdien. — 7, muscles antérieurs du bras. — 8, grand dentelé. — 9, grand dorsal. — 10, grand oblique de l’abdomen.

rendants du grand pectoral, c’est-à-dire ceux qui se détachent de la clavicule et du tiers supérieur du sternum ; les autres , les faisceaux ascendants, en atteignant l’aisselle, passent au-dessous de ces derniers, les croisent sous des angles divers et viennent s’insérer sur la lame postérieure.

Un petit interstice linéaire, rempli de tissu cellulo-graisseux, sépare le plus souvent la portion claviculaire du grand pectoral de sa portion sterno-costale.

2° Rapport. — Envisagé au point de vue de ses rapports, le grand pectoral nous offre à considérer deux faces, l’une antérieure, l’autre postérieure, et trois bords, que l’on distingue en interne, supéro-externe et inféro-externe :

a) Sa face antérieure est immédiatement recouverte par l’aponévrose superfi-

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