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RÉGION ANTÉRO-LATÉRALE DU THORAX

cielle de ce muscle et, plus superficiellement, par le tissu cellulaire sous-cutané et la peau. Signalons la présence, dans le tissu cellulaire sous-cutané, de la partie inférieure du peaucier du cou et de la glande mammaire, qui, chez la femme, recouvre une bonne partie du grand pectoral (Voy. Mamelles) .

P) Sa face postérieure repose, en dedans, sur le sternum, les côtes et les espaces intercostaux. Plus en dehors, le muscle abandonne la paroi thoracique, en formant avec elle un angle dièdre. 11 constitue alors, de concert avec le petit pectoral qui le double, la paroi antérieure du creux de l’aisselle et recouvre, de ce fait, tous les organes contenus dans cette importante région : l’artère et la veine axillaires, les branches nerveuses du plexus brachial, les muscles coraco-brachial et biceps.

y) Son bord interne, fortement courbe ainsi que nous l’avons vu, est en rapport avec les os, les cartilages et les aponévroses sur lesquels s’insère le muscle : en haut, avec la clavicule, qui le sépare du chef claviculaire du sterno-cléido-mastoïdien ; à sa partie moyenne, avec le sternum et les cartilages costaux; tout en bas, avec la gaine fibreuse du grand droit de l’abdomen. Remarquons, en passant, que par ses faisceaux sternaux les plus élevés, le grand pectoral entre en relation avec le tepdon sternal du sterno-cléido-mastoïdien .

o) Son bord inféro- externe se dirige obliquement de dedans en dehors et de bas en haut. 11 repose, tout d’abord, sur le grand dentelé. Puis il se sépare de ce muscle pour constituer le bord antérieur du creux de faisselle.

s) Son bord supéro-externe, oblique en dehors et en bas, est séparé du deltoïde par un petit espace triangulaire à base supérieure, que nous désignerons sous le nom^ dé espace ou interstice delto-pectoral. Dans cet espace, rempli de graisse, chemine de bas en haut la veine céphalique, qui vient rejoindre, au-dessous de la clavicule, la veine axillaire : on y rencontre parfois, mais assez rarement, un ou deux ganglions lymphatiques. Plus profondément, on trouve encore dans l’espace delto-pectoral l’artère acromio-thoracique et ses deux branches de bifurcation. Vers le sommet de l’espace, au niveau de leur insertion humérale, les muscles grand pectoral et deltoïde entrent le plus souvent en connexion intime.

3° Innervation. — Le grand pectoral est innervé par le plexus brachial. Les filets nerveux qui lui sont destinés, toujours multiples, le pénètrent par sa face profonde. Ils proviennent de deux sources : d’un nerf qui lui est spécial, le nerf

du grand pectoral ou grand nerf thoracique antérieur ; 2° d’un nerf qui lui est commun avec le petit pectoral, le nerf du petit pectoral ovl petit nerf thoracique antérieur.

4° Action. — Au point de vue de l’action du grand pectoral, nous devons distinguer deux cas, suivant que le muscle prend son point fixe sur le thorax ou sur l’humérus :

a) Premier cas : si le grand pectoral prend son point d’insertion fixe sur le

ANATOMIE AUMAINE. — T. I, 6® ÉDIT. 104

Fig. 733.

La gouttière bicipitale avec les trois muscles qui y prennent insertion.

1, tendon du grand pectoral, avec :

1’, son faisceau superficiel ; 1”, son faisceau profond. — 2, tendon du grand ■dorsal. — 3, tendon du grand rond. — 4, tendon de la grande portion du biceps. — 5, muscle sous-scapulaire, avec : 5’ son tendon pour le trocliin ; 5”, son faisceau charnu pour le col de l'humérus. — 6, tête humérale. — 7, trochin. — 8, trocliiter. — 9, coulisse bicipitale.

MYOLOGIE

thorax, il rapproche le bras de la ligne médiane et le porte en même temps un peu en avant; ce dernier mouvement est dû priacipalement à la portion claviculaire du muscle. Quand le bras est élevé, la contraction du grand pectoral l’abaisse.

f) Deuxième cas : si le muscle prend au contraire son point d’insertion fixe sur l’humérus, il élève les côtes sur lesquelles il s’insère et devient ainsi inspirateur. Il peut aussi, quand les conditions sont favorables, lorsqu’on est suspendu par les bras par exemple, élever le thorax tout entier et, avec lui, toutes les portions sous-jacentes du corps [action de grimper).

Variétés. — Le grand pectoral peut se fusionner sur la ligne médiane avec celui du côté opposé, rappelant ainsi une disposition normale chez un grand nombre de mammifères. — Il peut se fusionner encore avec le deltoïde. Dans ce cas, la veine céphalique peut suivre le creux de l’aisselle, ou bien perforer le muscle au-dessous de la clavicule, ou bien encore passer audessus de cette dernière pour rejoindre l’un des troncs veineux cervicaux. — Par contre, on a vu la portion claviculaire du grand pectoral séparée de sa portion sterno-costale par un interstice de plusieurs centimètres de largeur. — On a observé, de même, la division de la portion claviculaire et celle de la portion sterno-costale. — Tiedmann et Macalister ont rapporté chacun un cas dans lequel le grand pectoral était divisé en deux portions ou nappes distinctes, l’une superficielle, l’autre profonde.

Le mode d’insertion externe du grand pectoral donne lieu à plusieurs variétés. Outre la lèvre externe de la coulisse bicipitale, qui constitue son point d’attache normal, le grand pectoral vient parfois se fixer par des faisceaux surnuméraires, plus ou moins distincts et fort variables en volume ; 1° sur l’apophyse coracoïde ou sur le tendon du coraco-brachial {muscle costo- ou chondro-coracoidien de Wooo); 2® sur l’aponévrose du bras {muscle costo-uponévrotique) ; 3» sur le trochiter ou sur la lèvre postérieure de la coulisse bicipitale (Galori) ; 4“ sur la capsule articulaire ; 5® sur l’épitrochlée {muscle costo- ou chondro-épitrochléen), homologue de Yextensor plicæ alaris des oiseaux). — Tous ces faisceaux surnuméraires, quelle que soit leur insertion externe, peuvent se séparer de la face profonde du grand pectoral ou bien ne présenter avec ce muscle que de simples rapports de contiguïté. Dans ce dernier cas, ils peuvent naître sur les côtes, sur les caii.ilages costaux ou même sur l’aponévrose abdominale (voy., pour plus de détails, mes Anomalies musculaires, p. 13-29-).

De nombreux cas d’absence partielle ou totale du grand pectoral ont été signalés, mais la plupart d’entre eux me paraissent devoir être rattachés à une cause d’ordre pathologique. Ce processus morbide, souvent mal défini, peut agir sur le muscle pendant la vie embryonnaire.

Muscle uréstehnal. — On donne ce nom à un petit muscle surnuméraire, qui apparaît dans la région thoracique antérieure, en avant du sternum et des faisceaux sterno-costaux du grand pectoral. — Allongé de haut en bas, il possède deux extrémités : une extrémité supérieure, généralement tendineuse, qui présente le plus souvent des connexions intimes avec le tendon du sterno-cléido-mastoïdien ; une extrémité inférieure, charnue ou tendineuse, qui s’attache, soit sur les côtes, soit sur l'aponévrose du grand oblique. — Ce muscle, qui se rencontre environ une fois sur 20 sujets (4 fois sur lôO, d’après Galori; 8 fois sur 81, d’après Romiti et Silvestri) est tantôt double, tantôt unique ; dans ce dernier cas, il est situé dans toute son étendue d’un seul côté de la ligne médiane, ou bien il croise cette dernière en diagonale, appartenant ainsi à la fois aux deux moitiés du corps. — Le muscle présternal est très variable quant à sa forme, ses dimensions et sa constitution anatomique : tantôt c’est un muscle bien nourri présentant 3 ou 4 centimètres de largeur (7 centimèti-es dans un cas de Joessel); tantôt il se trouve réduit à de simples tractus tendineux, qui descendent plus ou moins bas sur les insertions sternales du grand pectoral. — La siguification anatomique du muscle présternal, malgré toutes les recherches dont il a été l’objet, ne me paraît pas encore nettement élucidée. — Voyez, à ce sujet, L. Testut, Le muscle présternal et sa signification anatomique, ,lourn. de l’Anatomie, 1884.

3° — Petit pectoral

Situé au-dessous du précédent, le petit pectoral (fig. 734,1) est un muscle aplati et triangulaire, s’étendant des côtes de l’apophyse coracoïde.

1° Insertions — Tl s’insère, en dedans, sur le bord supérieure de la face externe des troisième, quatrième et cinquième côtes : cette insertion se fait par trois digitations, tantôt distinctes, tantôt plus ou moins fusionnées. Le corps charnu, qui résulte de la réunion de ces trois faisceaux d’origine, se porte en haut et en dehors et vient se fixer sur la moitié antérieure du bord interne de l’apophyse coracoïde, à

RÉGION ANTÉRO-LATÉRÂLE DU THORAX

l’aide d’un fort tendon, qui se confond plus ou moins a ce niveau avec le tendon d’origine du muscle coraco-brachial.

2° Rapports. — Au point de vue de ses rapports, le petit pectoral nous offre à considérer, comme le grand pectoral : 1° deux faces, l’une antérieure, l’autre postérieure ; 2° /ro fs bords, que nous distinguerons en interne, supérieur et inférieur.

a) Par sa face antérieure, le muscle petit pectoral répond au grand pectoral, qui le recouvre dans toute son étendue. Entre les deux muscles, cheminent les vaisseaux et les nerfs thoraciques supérieurs .

P) Sa face postérieure recouvre successivement ; en dedans , les cotes , les espaces intercostaux et le grand dentelé ; en dehors, les organes contenus dans la région de l’aisselle, artère et veine axillaires, branches du plexus brachial.

y) Son bord interne, représenté par la ligne d’insertion thoracique, est plus ou moins dentelé. 11 répond aux troisième , quatrième et cinquième côtes, ainsi qu’aux troisième et quatrième espaces intercostaux.

S) Son bord supérieur se porte obliquement de dedans en dehors et de bas en haut. Il est séparé du muscle sous-clavier par un espace triangulaire à hase dirigée en dedans, c’est Vespace clavi-pectoral. Cet espace est comblé par une aponévrose, qui porte le

même nom : nous la décrirons plus loin, à propos des aponévroses de la région.

s) Son bord inférieur est, comme le précédent, oblique en haut et en dehors. Il est rattaché à la peau du creux axillaire, ainsi qu’à l’aponévrose brachiale, par une lame aponévrotique de forme triangulaire, connue sous le nom de ligament sus penseur de Vaisselle (voy. plus loin, p. 832).

Fi^. 734.

Muscles de la paroi antérieure du thorax, après résection du grand pectoral.

1, petit pectoral. — 2, sous-clavier. — 3, portion sternale du grand pectoral, avec : 3’, 3', ses faisceaux costaux ; 3”, son insertion à l’humérus. — 4, courte .portion du biceps et coi’aco-bracliial. — 5, sous-scapulaire. — 6, longue portion du triceps. — 7, ‘ntercostaux interne. — Cm, Cv, troisième et cinquième côtes.

3° Innervation. — Le petit pectoral est innervé par une branche du plexus brachial, nerf du petit pectoral. Ce nerf jette sur la face profonde du petit pectoral un certain nombre de rameaux qui, en partie se perdent dans ce dernier muscle, en partie le traversent pour aller se distribuer au grand pectoral.

Action. — Lorsque le petit pectoral prend son point d’insertion fixe sur le thorax, il porte en bas et en dedans l’apophyse coracoïde et abaisse ainsi le

MYOLOGIE

moignon de l’épaule. Dans ce mouvement, comme dans la plupart de ceux qu’il exécute, le scapulum oscille autour d’un axe passant en un point voisin de son angle supérieur, de telle sorte que, lorsque le moignon de l’épaule s’abaisse, l’angle inférieur du scapulum se rapproche de la colonne vertébrale. Vice versa, quand le moignon s’élève, l’angle inférieur s’écarte de la ligne médiane.

Le petit pectoral peut, l’épaule étant immobilisée, prendre son point fixe sur l’apophyse coracoïde : agissant alors sur les côtes, il les élève et devient ainsi un muscle dilatateur du thorax, un muscle inspirateur.

Variétés. — L’absence du petit pectoral a été signalée plusieurs fois, notamment par Kôllikek, qui a constaté en même temps, avec l’appareil de Luge, un changement de direction de l’apophyse coracoïde [Varietâten Beohachtimgen, etc., Würzburg, 1879). — Le nombre de ses faisceaux d’origine peut s’accroître ou se réduire. ■ — Les insertions internes de ce muscle peuvent s'étendre en haut jusqu’à la première côte, en bas jusqu’à la sixième. — Macalister {loc. cit.) a vu le muscle petit pectoral renforcé, au niveau de ses insertions costales, par un faisceau anastomotique provenant du grand pectoral. — La division du petit pectoral en deux portions a été observée par Tiedmaxn et par moi-même. — L’insertion externe peut se faire, en partie ou en totalité ; 1® sur la capsule articulaire de l’épaule et jusque sur le trochiter (j’en ai observé plusieurs cas) ; une bourse séreuse favorise ordinairement, dans ce cas, le glissement du tendon sur la face supérieure de l’apophyse coracoïde; 2® sur le ligament acromio-coracoïdien (Wood, Proc, of Roy. Soc., t. XV, p. 231); 3® sur le ligament glénoïdien (Wood) ; 4® sur le muscle coraco-brachial (Macalister et moi-même); 5® sur la clavicule (Wood). Ces diverses insertions se retrouvent toutes, à l’état normal, dans les espèces animales.

Muscle sterno-costo-coragoïdien. — C’est un petit faisceau musculaire {pectoralis minimus de Gruber) qui se développe anormalement au-dessus du petit pectoral, entre ce muscle et le sousclavier. 11 se détache de la première cote et de la poignée du sternum et vient se fixer, comme le petit pectoral, à l’apophyse coracoïde.

3° — Sous-clavier

Le sous-clavier (fig. 733, 2) est un petit muscle cylindrique, qui s’étend transversalement de la première côte à la clavicule.

1° Insertions. — Il s’insère : V d'une part, sur le premier cartilage costal, ainsi que sur la portion osseuse correspondante de la première côte, à l’aide d’un fort tendon qui se prolonge fort loin le long du bord inférieur du corps musculaire; 2*^ d'autre part, dans la gouttière longitudinale que nous avons signalée, en ostéologie, sur la face inférieure de la clavicule.

2° Rapports. — 11 répond, en haut, à la face inférieure de la clavicule ; en bas, à la face supérieure de la première côte, dont il est séparé, à sa partie externe, par la veine sous-clavière, l’artère sous-clavière et le plexus brachial.

3° Innervation. — Le muscle sous-clavier est innervé par une branche spéciale du plexus brachial, le nerf du sous-claeier. Ce nerf provient des cinquième et sixième cervicales et pénètre dans le muscle au niveau de la partie moyenne de son bord postérieur.

4® Action. — Le sous-clavier, quand il se contracte, abaisse la clavicule sur laquelle il s’insère. Il abaisse en même temps le moignon de l’épaule, dont les mouvements suivent toujours ceux de la clavicule, en raison des connexions que présentent les deux os de l’épaule au niveau de l’articulation acromio-claviculaire.

Variétés. — Le sous-clavier peut étendre ses insertions sur les ligaments coraco-claviculaires, sur l’acromion (Gloquet), sur l’apopliyse coracoïde (Boehmer, Sandifort). — Koi.liker {loc. cil.) a trouvé le muscle sous-clavier remplacé par un ligament. — L’absence complète du muscle a été signalée par Gruber. Le plus souvent alors, on trouve à la place du muscle ordinaire un muscle plus développé, qui s’étend de la première côte ou même du sternum jusqu’au bord supérieur

RÉGION ANTÉRO-LAÏÉRALE DU THORAX

du scapulum ; c’est le muscle sterno-chondro-scapulaire. J’ai observé plusieurs faits de cette nature. — Des cas de double sous-clavier sont signalés par Sœmmering, Hallet, Rosenmüller, WooD. J’estime, avec Macalister, que cette anomalie provient le plus souvent de l’e.xistence d’un muscle surnuméraire surajouté au sous-clavier normal.

Muscles claviculaires surnuméraires. — Les faisceaux anormaux ou surnuméraires que l’on rencontre autour de la clavicule sont extrêmement nombreux et aussi fort variables dans leur étendue, leur forme et leurs insertions. J’en ai donné la classification suivante, dans laquelle les noms seuls indiquent la situation et les insertions de ces muscles :

1° Muscle sterno c hrondro-scap uluire .

2® Muscles sterno -claviculaires ....

3® Muscles scapulo-claviculaires . . .

4® Muscles cléido-aponévrotiques . . .

Ces derniers, les muscles cléido-aponévrotiques ascendants et descendants, sont de petits muscles qui, s’attachant d’une part à la clavicule, vont se perdre d'autre part, soit en haut, soit en bas, sur les aponévroses voisines, dont ils constituent les muscles tenseurs. — (Voy., poulies muscles claviculaires surnuméraires, l’important travail de Wood, in Trans. of. Roy. Soc. of London, 1867; W. Gruber, Arch. f. Anat. u. Phys., 1885, p. 703, Virchovo's Arch., Bd. LXV et Bd. LXXVII; Testut, Les Anom. musculaires, 1884, p. 48-61).

4° — Grand dentelé

Le grand dentelé (fig. 735, i) est un muscle large et rayonné, appliqué contre la paroi latérale du thorax. Pour en faire l’étude, il faut sectionner en travers le grand pectoral et le petit pectoral, scier ou désarticuler la clavicule et rejeter en dehors l’épaule et le membre supérieur. C’est ce qui a été fait pour la figure 73o.

1° Insertions. — Le muscle grand dentelé réunit le bord spinal de l’omoplate aux neuCou dix prenaières côtes. On le divise généralement en trois portions, savoir :

a) portion supérieure (!’), qui se détache de l’angle supérieur du scapulum et vient se fixer d’autre part, par deux digitations, sur la première et la deuxième côtes ; envisagée au point de vue de sa direction, cette première portion est légèrement oblique de haut en bas et d’arrière en avant;

P) Une portion moyenne, plus large mais aussi plus mince, qui naît sur toute la hauteur du bord spinal et s’insère, d’autre part, par trois digitations distinctes, sur le bord inférieur et la face externe des deuxième, troisième et quatrième côtes ; ces trois digitations sont obliques de bas en haut et d’arrière en avant.

y) Une portio7t inférieure, enfin, qui tire son origine de la face interne de l’angle inférieur du scapulum, et qui s’épanouit aussitôt en un large éventail, lequel vient s’attacher aux cinquième, sixième, septième, huitième, neuvième et quelquefois dixième côtes ; cette insertion costale se fait par autant de digitations (5 ou 6), qui s’entrecroisent avec les digitations correspondantes du grand oblique de l’abdomen; des différents faisceaux qui constituent la portion inférieure du grand dentelé, les plus élevés affectent une direction transversale ; les autres, et ce sont les plus nombreux, sont obliques de haut en bas et d’arrière en avant.

La première portion du grand dentelé est généralement assez distincte. Mais il n’en est pas de même de la deuxième et de la troisième : ces deux dernières portions sont intimement unies l’une à l’autre et l’on ne peut les distinguer le plus souvent que par la direction opposée de leurs faisceaux constitutifs.

2° Rapports. — Envisagé au point de vue de ses rapports, le muscle grand dentelé nous offre à considérer deux faces (l’une superficielle, l’autre profonde) et deux bords (l’un antérieur, l’autre postérieur) :

^ a) antérieur.

/ b) postérieur.

( a) proprement dits.

t b) acromio-claviculaires.

a) ascendants.

> b) descendants.

MYOLOGIE

a) Sa face superficielle ou convexe est recouverte, dans sa portion supérieure, par le grand pectoral, le petit pectoral, le sous-clavier, le sous-capsulaire, ainsi que par les vaisseaux et les nerfs axillaires. Dans sa portion inférieure, il répond au grand dorsal et à la peau.

[3) Sa face profonde ou concave repose sur les côtes et les espaces intercostaux :

elle entre ainsi en rapport direct avec les muscles intercostaux externes, le petit dentelé postérieur et supérieur et l’extrémité inférieure du scalène postérieur.

y) Son bord anlérieur, demi-circulaire et régulièrement dentelé, répond également aux côtes et aux espaces intercostaux.

3) Son bord postérieur, fixé sur l’interstice du bord spinal de l’omoplate, est en rapport avec les différents muscles qui s’insèrent également sur ce bord :

le sous -scapulaire en avant et, en arrière, le rhomboïde, l’angulaire de l’omoplate, le sus-épineux et le sousépineux.

3° Innervation. — Le

grand dentelé est innervé par une branche spéciale du plexus brachial, le nerf du grand dentelé ou nerf thoracique inférieur. Ce nerf tire son origine des cinquième et sixième cervicales et, en longeant de haut en grêles aux différentes

Fig. 735.

Muscles de la région latérale du thorax.

(La clavicule a été sciée et l'épaule déjetée en arrière, pour laisser voir le grand dentelé et le sous-scapulaire.)

1 muscle grand dentelé, avec 1", ses faisceaux supérieurs. — 2, angle supérieur de l'omoplate. — H, muscle sous-scapulaire, avec 3’, son insertion au Irochin : 3”, son insertion au-dessous du Irochin. — 4, tendon de la longue portion du biceps.

— 5, tendon du grand dorsal. — 6, omo-liyo'idien. — 7, angulaire de l’omoplate.

— S, 8, scalène postérieur. — 9, scalène antérieur. — io, intercostaux externes.

— 11, intercostaux internes. — 12, 13, tendons costaux du grand dorsal. — 11, grand rond. — 15, muscle grand oblique do l’abdomen.

bas la paroi latérale du thorax, abandonne des filets très digitations du grand dentelé.

4'’ Action. — Il convient de distinguer deux cas, suivant que le muscle prend son point fixe sur le thorax ou sur l’omoplate :

y.) Premier cas : lorsque le grand dentelé prend son point fixe sur le thorax.

REGION ANTERO-LATERALE DU THORAX

il attire l’omoplate en avant, en lui faisant exécuter en même temps un mouvement de rotation qui porte en haut le moignon de l’épaule.

Pj Deuxième cas : le grand dentelé prend-il, au contraire, son point d’insertion fixe sur l’omoplate, il est, en raison de l’obliquité diflérente de ses divers faisceaux, élévateur des côtes par sa première et sa troisième portions, ahaisseur des côtes par sa seconde ; la première et la troisième portions l’emportant de beaucoup par leur volume sur la deuxième, leur action devient prépondérante et le muscle grand dentelé peut être considéré avec raison, comme étant dans son ensemble un muscle inspirateur.

Variétés. — J’ai vu la dernière digitation s’arrêter sur la huitième côte et même sur la septième. — Les faisceaux moyens peuvent manquer et, dans ce cas, le muscle est constitué par deux portions distinctes. — Le grand dentelé peut être renforcé par des faisceaux profonds émanant des premières côtes (Theile, moi-même). — Wood a constaté, au-dessous du grand dentelé, un faisceau distinct qui partait de la neuvième et de la dixième côtes et venait s'attacher à l’angle inférieur de Tomoplate. Cette portion différenciée du grand dentelé est l’homologue du muscle depressor scapulæ des oiseaux. — Le grand dentelé peut se réunir en haut avec Tangulaire de l’omoplate (voy. ce muscle, p. 801). — A consulter, Livini, Morfologia del M. serratus anterior delVuomo, Xveh. Anat., e. EmbrioL. 1907.

S"" — Aponévroses de la région antéro-latérale du thorax

Chacun des quatre muscles que nous venons de décrire possède son aponévrose. Mais ces différents feuillets aponévrotiques diffèrent beaucoup entre eux par leur développement et leur importance.

1° Aponévrose du grand dentelé. — L’aponévrose du grand dentelé , fort mince , se trouve réduite, chez la plupart des sujets, à une simple lame celluleuse. Elle recouvre toute la face superficielle du muscle et présente les mêmes insertions que lui.

2^ Aponévrose du grand pectoral. — L’aponévrose du grand pectoral (fig. 737, 5 et 5’), encore appelée aponévrose pectorale superficielle (nous verrons tout à l’heure qu’il y a une aponévrose pectorale profonde), s’insère, en haut, sur le bord antérieur de la clavicule, en dedans sur le sternum. De ces deux lignes d’insertions osseuses, elle s’étale régulièrement sur la face antérieure du grand pectoral et arrive ainsi à ses deux bords, où elle se comporte de la façon suivante :

Au niveau du bord supéro-

Fig. 736.

Aponévrose clavi-co.’aco-axilldire, vue antérieure.

1, clavicule. — 2, apophyse coracoïde. — 3, 3, grand pectoral. — 5, sous-clavier. — o, biceps brachial. — 6, coraco-brachial. — 7, petit pectoral. — 8, peau de l’aisselle. — 9, deltoïde.

A, aponévrose clavi-peclorale. — B, gaine -'du petit pectoral. — C, ligament suspenseur de l’aisselle.

Ces trois lames fibreuses constituent, par leur ensemble, l’aponévrose dite cluvi-coraco-axillaire .

MYOLOGIE

externe, elle se dédouble et forme ainsi deux feuillets : un feuillet pectoral,

qui contourne le bord inférieur du grand pectoral et vient tapisser, en s’atténuant graduellement, la face postérieure ou profonde de ce dernier muscle, c’est Vaponévrose pectorale profonde', 2° un feuillet axillaire, qui se dirige en arrière, vers le bord inférieur du grand dorsal, où il se confond avec l’aponévrose de ce muscle. Ce dernier feuillet ferme en bas la région de l’aisselle ; il prend, de ce

fait, le nom d'aponévrose du. creux de Vaisselle ou encore celui aponévrose

axillaire : en rapport en haut avec le contenu de

l’aisselle, il répond, en bas, à la peau du creux axil-

laire, qui lui est intimement unie.

P) Au niveau du bord supéro-externe ou espace delto - pectoral , l’aponévrose du grand pectoral se continue avec celle qui recouvre le deltoïde.

3° Aponévrose du sous-clavier. — L’aponévrose du sous-clavier (fig. 737,6), généralement très résistante, s’insère, en avant, sur le bord antérieur de la clavicule. De là, elle descend en bas sur la face antérieure du sous-clavier, contourne ce muscle d’avant en arrière, remonte ensuite sur la face postérieure et vient finalement se fixer sur le bord postérieur de la clavicule. Cette aponévrose représente donc dans son ensemble une sorte de gouttière transversale, à concavité supérieure, dont les deux extrémités correspondent aux deux extrémités du muscle et dont les bords s’attachent aux deux bords de la clavicule. Elle constitue ainsi, pour le muscle sousclavier, les trois parois (antérieure, inférieuré, postérieure) d’une gaine, dont la quatrième, ou paroi supérieure, est formée par la clavicule elle-même : c’est la gaine ou loge osléo- fibreuse du sous-clavier.

4° Aponévrose clavi-coraco-axillaire. — Au muscle petit pectoral se rattache V aponévrose clavi-coracoaxillaire de Richet. Cette importante aponévrose se fixe en haut sur la gaine du sous-clavier, ainsi que sur l’apophyse coracoïde.* De là, elle se porte en bas, en recouvrant tout le triangle (triangle clavi-pectoral) qui sépare le muscle sous-clavier du bord supérieur du petit pectoral. Cette première portion de l’aponévrose clavi-coraco-axillaire (fig. 736, A et 737,9) constitue V aponévrose clavi-pectorale, du nom de la région triangulaire qu’elle occupe.

En atteignant le bord supérieur du petit pectoral, l’aponévrose clavi-pectorale se dédouble, autrement dit se partage en deux feuillets. De ces deux feuillets, l'un passe en avant du muscle, l’autre passe en arrière, de façon à former au petit pectoral une gaine complète (fig. 736, B et 737, 10), la gaine du petit pectoral.

Les deux feuillets précités, arrivés au niveau du bord inférieur du petit pectoral, se réunissent de nouveau en une lame unique. L’aponévrose, ainsi reconstituée, continue son trajet descendant et vient se terminer, en partie sur l’aponévrose de la peau du creux de l’aisselle, en partie sur l’aponévrose brachiale au niveau du coraco-brachial. Cette dernière portion de l’aponévrose clavi-coraco-axillaire (fig. 736, C et 737, 11) a reçu de Geudy le nom de ligament suspenseur de Vaisselle : c’est, en

Fig. 737.

Coupe antéro-postérieure de l’aisselle (schématique).

C, clavicule. — 1, muscle sous-clavier.

— 2, graud pectoral. — 3, petit pectoral.

— 4, graud dorsal. — 5, 5’, aponévrose du grand pectoral. — G, aponévrose du sous-clavier. — 7, aponévrose du creux de l’aisselle. — 8, aponévrose du grand dorsal. — 9, 10, il, aponévrose clavicoraco-axillaire, formant ; en 9, l'aponévrose clavi-pectorale ; en 10, la gaine du petit pectoral ; en 1 1, le ligament suspenseur de l’aisseile. — 12, peau. — 13, tissu cellulaire sous-cutané.

RÉGION COSTALE

effet, à l’implantation de cette aponévrose sur la peau du creux axillaire que cette région est redevable de sa forme concave.

Au total, l’aponévrose clavi-coraco-axillaire présente trois parties qui sont, en allant de haut en bas : 1° V aponévrose clavi-peclorale ; 2° la gaine du petit pectoral; 3° le ligament suspenseur de Vaisselle.

La description qui précède et aussi les figures ci-dessus (fig. 736 et 737) nous montrent que le ligament suspenseur de Faisselle est triangulaire, qu’il s’insère par son sommet sur l’apophyse coracoïde, qu’il s’attache par sa base sur la face profonde de la peau qui forme le creux de l’aisselle et que, de ses deux bords, l’un l’interne, répond au bord inférieur du petit pectoral, tandis que l’autre, l’externe, se perd sur l’aponévrose d’enveloppe du coraco-brachial.

Au sujet des aponévroses de l’aisselle, voy. Heiderick, Die Fascien u. Aponoreusen der AchseD hühle, Anat. Hefte 1906.

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