ABC
Fig. 739.
Coupe transversale du cinquième espace intercostal gauche ; A, à 2 centimètres en avant de l’extrémité postérieure de l’intercostal interne ; B, à 6 centimètres en avant de la précédente ; G, à 7 centimètres du sternum.
1, 1’, côte. — 2, intercostal interne. — 3, intercostal externe. — 4, mince lamelle fibreuse, séparant les deux intercostaux. — 5, veine intercostale. — 6, artère intercostale. — 7, nerf intercostal. — 8, plèvi’e avec : 8’, son feuillet pariétal ; 8”, son feuillet viscéral ; 8”’, sa cavité ; 9, poumon.
5° Innervation. — Les muscles
intercostaux internes et externes reçoivent leurs filets nerveux des nerfs intercostaux correspondants.
6° Action. — Les physiologistes sont généralement d’accord pour rattacher le rôle des intercostaux à la fonction respiratoire. Mais sont-ils inspirateurs ? sontils expirateurs? En d’autres termes, élèvent-ils les côtes ou les abaissent-ils? On a émis, à ce sujet, et sans pouvoir s’entendre, les hypothèses les plus contradictoires.
C’est ainsi que les intercostaux, tant les internes que les externes, ont été considérés tour à tour comme des muscles inspirateurs et comme des muscles expirateurs. La plupart des auteurs, il est vrai, admettent que les intercostaux internes et les intercostaux externes sont réciproquement antagonistes, mais tandis que, pour les uns, les internes sont inspirateurs et les externes expirateurs, c’est le contraire pour les autres : ce seraient les externes qui seraient inspirateurs et les internes expirateurs. Enfin, pour compléter la série des hypothèses, nous rappellerons l’opinion émise par Mayow et par Magendie, d’après laquelle les intercostaux internes et les intercostaux externes sont à la fois inspirateurs et expira-
MYOLOGIE
leurs. — (Voy., comme travaux récents relatifs au rôle des intercostaux ; Yolkmann, in Zeitschrift f. Anatomie, 1876; Rutherford, in Journ. ofAnat. and Phys., 1876; Ebner, Arch. f. Anat. and Phys., 1880 : Wilmarï, Soc. roy. des Sc. méd. et nat. de Bruxelles, 1894).
A mon avis, les intercostaux externes et les intercostaux internes ont un rôle
beaucoup plus modeste que celui qu’on leur accorde généralement. Ces muscles, continuant au thorax les deux importantes lames musculaires de l’abdomen, le grand oblique et le petit oblique, jouent, relativement à la cavité qui loge l’appareil cardio-pulmonaire, l’office de simples parois élastiques.
Nous estimons, en conséquence, qu’ils n’interviennent jamais par leur contractilité dans la respiration ordinaire.
Ils ne doivent entrer en jeu d’une façon véritablement active et ne se contracter réellement que dans les actes respiratoires exagérés et anormaux, pour lutter contre la pression aérienne également exagérée et anormale, que cette pression vienne du dehors, comme cela se produit dans une forte inspiration, ou qu’elle vienne du dedans, comme cela s’observe dans une expiration violente ou contrariée.
Le rôle des intercostaux est, comme on le voit, bien peu important. Voilà pourquoi ces muscles sont en partie charnus, en partie fibreux. L’élément conjonctif, élément indifférent et inerte, s’y substitue peu à peu à l’élément contractile : ce sont des formations dégénérées, des formations rudimentaires.
Variétés. — On a vu quelques intercostaux e.xternes s'élendre Jusqu'au sternum et quelques intercostau.x internes se prolonger, de même, jusqu'à la colonne vertébrale. — li n’est pas très rare de voir les derniers intercostaux externes et inteiaios sc fusionner partiellement, les premiers avec le grand oblique, les seconds avec le petit oblique. J’ai vu, sur deux sujets, quelques faisceaux des intercostaux externes passer sur la face externe de la côte à laquelle ils auraient dû s’insérer et remonter jusqu’à la côte située au-dessus. Ils sautaient une côte, par conséquent : ce sont des longs inlercostaux. — Les côtes surnuméraires entraînent comme conséquence Tapparition d’intercostaux surnuméraires. — Schoemaker [Holland' s Archief. Bd. Il) a constaté, sur les intercostaux internes, la séparation de la portion osseuse [mvscle intercostal) et de la portion cartilagineuse (muscle interchondral). — Voy. Fleisseiî, IJeb. cl. Wirkinig cl. Musc, intercostales, Anat. Anz., 1908'.
2° — Surcostaux
Les surcostaux (fig. 741, \) sont de petits muscles triangulaires, situés en arrière des intercostaux externes, entre l’extrémité postérieure des côtes et les apophyses transverses des vertèbres.
l*" Insertions. — Ils prennent naissance, en haut, sur le sommet des apo-
Fig. 740.
Schéma destiné à montrer les déplacements des côtes et du sternum au moment de l’inspiration.
1, colonno vertébrale. — 2, 2', stei'iium. — 3, 3‘, première côte. — 4, 4’, septième côte.
Pour les côtes et le st»>ruum, les ligues pleines indiquent la position en expiration, les lignes pointitlées la position en inspiration ; a, déplacement de la septième côte dans le sens vertical; b, son déplacement dans le sens antéro-postérieur.
REGION COSTALE
physes transverses de la septième cervicale et des onze premières dorsales. Se portant de là en bas et en dehors, ils s’épanouissent chacun en un petit éventail, qui vient se terminer sur le bord supérieur de la face externe de la côte située au-dessous, dans la région qui sépare la tubérosité de l’angle.
2° Nombre. — Les surcostaux sont au nombre de douze de chaque côté : le premier, en allant de haut en bas, s’étend de la première côte à l’apophyse transverse de la septième vertèbre cervicale ; le dernier, de la douzième côte à l’apophyse transverse de la onzième vertèbre dorsale. Ils augmentent graduellement de volume du premier au douzième.
3° Rapports. — Les surcostaux sont profondément placés en arrière des articulations costo -transversaires : ils recouvrent les intercostaux externes et sont recouverts par les deiix muscles grand dorsal et sacrolombaire. Très rapprochés les uns des autres, ils semblent former, par leur ensemble, un seul et même muscle, allongé verticalement et régulièrement dentelé sur son bord externe.
4° Innervation. — Ils sont innervés par les nerfs intercostaux correspondants.
5° Action. — Prenant leur point fixe sur les apophyses transverses, les muscles surcostaux agissent sur les côtes, qu’ils élèvent : ce sont les levatores costarum de quelques auteurs. Ils sont donc inspirateurs.
Fig. 741.
Muscles surcostaux, vus par leur face postérieure.
1, 1, 1, muscles surcostaux. — 2, muscles intercostaux internes. — 3, muscles intercostaux externes. — 4, la plèvre, vue à travers une fenêtre pratiquée dans l'intercostal externe.
Variétés. — Le premier surcostal est fréquemment fusionné avec le scalène postérieur. On peut voir quelques faisceaux des surcostaux franchir une côte pour venir s’insérer sur la côte suivante; une pareille disposition {longs surcostaua') serait à peu près constante pour la région comprise entre la neuvième et la douzième côte.
3° — Sous-costaux
Les sous-costaux sont de petites languettes musculaires, rubanées et fort minces, situées dans l’intérieur de la cage thoracique, entre la plèvre pariétale et l’extrémité postérieure des intercostaux internes.
1*^ Insertions. — Ces petits muscles, moitié charnus, moitié aponévrotiques, se détachent de la face interne d’une côte. Puis, se portant en bas, tantôt verticalement, tantôt obliquement, ils viennent se fixer sur la face interne, soit de la côte sous-jacente, soit de celle qui vient après.
2° Nombre. — Théoriquement, nous devrions avoir dix ou onze muscles souscostaux, le premier se détachant de la première côte, le dernier de la dixième ou de la onzième. Mais une pareille disposition est excessivement rare. Le plus souvent, les sous-costaux supérieurs font défaut et la série de ces muscles se trouve réduite à quelques faisceaux couchés sur les côtes inférieures . Contrairement à
MYOLOGIE
l’assertion de Theile, qui déclare que les trois sous-costaux inférieurs ne paraissent jamais faire défaut, j’ai constaté sur un adulte, en 1879, tant à droite qu’à gauche, l’absence de tonte la série.
3° Innervation. — Les muscles sous-costaux sont innervés par des filets très grêles issus des nerfs intercostaux.
¥ Signification anatomique. — La plupart des auteurs considèrent les souscostaux comme une dépendance des intercostaux internes. Nous ne pouvons accepter une pareille opinion : les sous-costaux, dans leur ensemble, doivent être envisagés comme un système distinct, plus profondément situé par rapport au tégument externe, système profondément atrophié chez l’homme au niveau du thorax, mais se reconstituant à l’abdomen au-dessous du petit oblique, pour former le muscle transverse. Le système des sous-costaux devient ainsi la continuation au thorax du transverse de l’abdomen, d’où le nom de transversus thoracis posterior sous lequel Henle désigne les sous-costaux. Ce sont des muscles essentiellement rudimentaires.
Pardi (/Z significati dei muscoli subscostales, in Arch. di Anatomiâ e de Embriologia. vol. II, 1903), à la suite de nombreuses recherches d’anatomie comparative, croit devoir considérer ce système comme étant rhomologue de ce plan musculaire continu qui, chez les urodèles, constitue les muscles vertébro-costaax, chez les ophidiens les muscles vertébraux-coslaux supérieurs, chez les sauriens les retrahentes coslarum.
5° Action. — Nous ne perdrons pas notre temps, comme le font la plupart des auteurs, à leur découvrir un rôle quelconque, tes organes rudimentaires n'en ayant pas et étant devenus rudimentaires précisément parce qu'its nen ont pas. C’est là une formule morphogénique qu’on ne saurait trop répéter.
4° — TiUANG CLAIRE DU STERNUM
Le triangulaire du sternum (fig. 742, 1) est, comme son nom l’indique, un muscle triangulaire ou en forme d’éventail, situé en arrière du sternum et des six premiers cartilages costaux.
Insertions. — Il s’insère en dedans, à l’aide d’une courte aponévrose, sur les parties latérales de l’appendice xiphoïde et du corps du sternum.
De là, il se porte en dehors et, après un trajet très court, se divise en quatre ou cinq digitations légèrement divergentes, lesquelles viennent s’attacher, par de courtes fibres tendineuses, sur la face interne et le bord inférieur des sixième, cinquième, quatrième et troisième cartilages costaux, quelquefois sur le deuxième et le premier. La digitation la plus inférieure, destinée à la sixième cote, est transversale et se continue généralement avec les faisceaux supérieurs du transverse de l’abdomen. Les digitations suivantes sont obliques en haut et en dehors, se rapprochant d’autant plus de la verticale qu’elles sont plus supérieures.
2® Rapports. — Le triangulaire du sternum répond, en arrière, au feuillet pariétal de la plèvre et, entre les deux plèvres droite et gauche, à la face antérieure du péricarde. En avant, il est recouvert par le cartilage des côtes et par l’extrémité sternale des muscles intercostaux internes, dont il est séparé par les vaisseaux mammaires internes.
3*^ Innervation. — Il est innervé par les nerfs intercostaux correspondants. Les filets nerveux qui lui sont destinés le pénètrent par sa face antérieure.
RÉGION COSTALE
4^ Action. — Par ses faisceaux obliques, le triangulaire du sternum peut abaisser les côtes : mais cette action doit être très faible. Gomme les sous-costaux, les faisceaux du triangulaire du sternum sont des organes rudimentaires {transvsersus thoracis anterior de Henle, continuant au thorax le transverse de l’abdomen, avec
• Fig. 742.
Muscle triangulaire du sternum, vu par sa face postérieure.
1, 1, les deux muscles triangulaires. — 2, faisceaux supérieurs du transverse de l’abdomen. — 3, sterno-cléido-hyoïdicn. — sterno-thyroïdien . — clavicule. — '6, ligament interclaviculaire. — 7, artère mammaire interne, avec 8, 8, ses deux veines satellites. — 9, sternum. — 10, ligne blanche. — Civ, Cvi, quatrième et sixième côtes.
lequel il se continue du reste, comme nous l’avons noté plus haut, par sa digitation inférieure.
Variétés. — Le triangulaire du sternum, que Hyrtl appelle « le plus variable de tous les muscles );, présente," comme tous les organes atrophiés, du nombreuses variations de forme et d’étendue. — Ces variations portent avant tout sur le nombre et le développement de ses digitations. Depuis l’extension du muscle à la première côte jusqu’à sa disparition complète, il existe tous les intermédiaires. -- Camper et Tarin ont signalé des faisceaux qui, partant d’une côte, n’atteignaient pas le sternum et s’attachaient sur une côte sous-jacente, disposition qui rappelle exactement celle des sous-costaux.