RÉGION POSTÉRIEURE OU LOMEO-ILIAQUE
Trois muscles, dont deux très importants, constituent cette région, savoir : le carré des lombes, le psoas iliaque et le petit psoas.
l*"— Carré des lombes
Le carré des lombes (fig. 774,4) est un muscle aplati et quadrilatère, situé sur les côtés de la colonne lombaire, entre la crête iliaque et la douzième côte.
Insertions. — Il s’attache, en bas, sur le ligament ilio-lombaire et, en dehors de ce ligament, sur la lèvre interne de la crête iliaque dans une étendue de ou 3 centimètres. De là, ses fibres se portent en haut et viennent s’insérer : les plus externes, sur le bord inférieur de la douzième côte ; les plus internes, sur le sommet des apophyses transverses des quatre premières vertèbres lombaires.
En avant de ce premier plan charnu s’en trouve un deuxième, moins important.
MYOLOGIE
qui se détache du bord inférieur de la douzième côte, se porte en bas et en dedans, et vient se fixer sur l’apophyse transverse des deux ou trois dernières vertèbres lombaires.
Au total, le carré des lombes comprend trois ordres de faisceaux (tig. 773) ; 1° des faisceaux verticaux, qui s’étendent de l’ilion à la douzième côte {faisceaux ilio-costaux) ; 2° des faisceaux obliques ascendants, qui vont de l’ilion ou plutôt du ligament ilio-Iombaire aux apophyses transverses de la colonne lombaire [faisceaux ilio-transversaires) ; 3® des faisceaux obliques descendants, qui s’étendent
de la douzième côte à ces mêmes apophyses transverses {faisceaux costo-transversaires) .
2^ Rapports. — Le muscle carré des lombes se trouve situé dans une loge ostéo-fibreuse, qui est constituée, en avant, par le feuillet antérieur de l’aponévrose du transverse, en arrière par le feuillet moyen de cette même aponévrose, ainsi que par les apophyses transverses des vertèbres lombaires (fig. 755, 5).
Par l’intermédiaire de ce double feuillet aponévrotique, il répond : en arrière, aux muscles des gout-
tières vertébrales ; 2° en arant^ au muscle psoas, au rein, aux portions verticales du côlon (côlon ascendant adroite, côlon descendant à gauche), au péritoine.
Son bord externe occupe l’angle de séparation des deux lames fibreuses qui l’enveloppent.
Son bord interne se met en rapport avec les muscles intratransversaires des lombes.
3^ Innervation. — Le carré des lombes est innervé par le douzième nerf intercostal et par des rameaux très grêles, issus des branches antérieures des trois ou quatre nerfs lombaires.
¥ Action. — Si le muscle carré des lombes prend son point fixe sur le bassin, il incline de son côté la colonne lombaire par ses faisceaux ilio-transversaires : d’autre part, il abaisse les côtes par ses faisceaux costaux (expirateur). S’il prend, au contraire, son point fixe sur le thorax, comme cela arrive quelquefois dans le décubitus dorsal, il incline le bassin de son côté.
Variétés. — Outre les variations portant sur le développeinent relatif des trois portions constitutives du muscle et sur l’isolement plus ou moins complet de ces trois portions, on a signalé, comme anomalie du carré des lombes, l’insertion de quelques faisceaux charnus à la onzième côte, ou même au corps des dixième et onzième vertèbres dorsales.
Au sujet de l’anatomie comparée des muscles de la région lombo-iliaque, lisez Pardi, La morfoloçfia comparata dei muscoli psoas rninor, ilio-psoas e quadralus lumborum, Pisa, 1902.
Schéma représentant la constitution anatomique du carré des lombes.
douzième verlèlu'e dorsale.
— Lv, cinquième verlèbre lombaire
— Cxii, douzième cèle. — t, t. apophyses Iransverses. — i, i. crèle iliaque el ligament ilio-londiaire.
J , faisceaux cosi o-lransversaires.
— 2. faisceaux ilio-transversaires.
— :]. faisceaux ilio-coslaux.
2 — Psoas-iliaque
Situé à la fois dans la cavité abdominale et à la partie antérieure de la cuisse, le psoas-iliaque (fig. 774) est constitué par deux portions, la portion psoas (2) et la portion iliaque (8). Ces deux portions, nettement isolées en haut, se réunissent en bas pour prendre sur le fémur une insertion commune.
RÉGION LOMBO-ILIAQUE
1° Insertions. — La portion psoas et la portion iliaque ont des origines distinctes et il convient de les examiner séparément :
a. Portion psoas. — La portion psoas ou, plus simplement, le muscle psoas (flg. 774, 2) s’insère en haut : 1® sur la face latérale du corps de la douzième vertèbre dorsale et des quatre premières lombaires ; 2° sur les disques intervertébraux
G.Div. ^fp-Aiieois. 774. E.BouLENfiz
Muscles de la région lombo-iliaque, vue antérieure.
1, petitpsoas. — 2, grand psoas. — a, arcades du psoas et des vaisseaux lombaii’es. — 4, 4, carré des lombes. — ÿ, intertronsversaire des lombes. — 6, pilier droit du diaphragme. — 7, ligament ilio-lombaire. — 8, muscle iliaque. — 8’, son faisceau extra-pelvien — 9. insertions du psoas-iliaque au fémur. — 10, tendon direct du droit antérieur de la cuisse, avec 10’, son tendon réfléchi. — 11, 11, obturateur externe. — 12. ischion. — 13, symphyse pubienne. — 14, grand trochanter. — 15, fosse iliaque interne. — Cxii, douzième côte. — Dxii, douzième vertèbre dorsale.
qui les unissent ; 3® à la base des apophyses transverses de ces mêmes vertèbres.
L’insertion aux apophyses transverses et aux disques intervertébraux se fait par l’intermédiaire de languettes tendineuses excessivement courtes. L’insertion aux corps vertébraux se fait par une série d’arcades fibreuses, concaves en dedans, dont les deux extrémités se fixent sur le bord supérieur et sur le bord inférieur du corps vertébral, tandis que la partie moyenne reste libre et regarde la gouttière
MYOLOGIE
transversale qui est creusée sur le corps de la vertèbre. 11 en résulte que le bord interne du psoas présente une série d’anneaux superposés, formés en partie par le muscle, en partie par la vertèbre. Ces anneaux (fig. 774, 3), qui sont ordinairement au nombre de quatre, livrent passage aux artères et aux veines lombaires, ainsi qu’à quelques filets nerveux du grand sympathique, notamment aux rami communicantes de la région, lesquels relient le sympathique aux nerfs lombaires.
De la colonne lombaire, les nombreux faisceaux du psoas se portent tous obliquement en bas, en dehors et en avant et constituent par leur réunion un corps musculaire unique, cylindrique ou plutôt fusiforme, qui présente son maximum d’épaisseur au niveau de la symphyse sacro-iliaque. Il traverse ainsi successivement la région lombaire et le bassin. Il sort de cette dernière cavité à travers une gouttière située sur le bord antérieur de l’os coxal, entre l’épine iliaque antéroinférieure et l’éminence ilio-pectinée, arrive à la cuisse et, finalement, vient se fixer à la face postérieure du petit trochanter. Cette insertion fémorale se fait à l’aide d’un fort tendon, qui apparaît, dès la région pelvienne, sur la face postérieure du muscle.
b. Portion iliaque. — La portion iliaque, que l’on désigne plus souvent sous le nom de muscle iliaque (fig. 774, 8), est un muscle triangulaire ou en éventail, étalé dans la fosse iliaque interne. Il prend naissance, en haut : sur les deux
tiers supérieurs de cette fosse ; 2° sur la lèvre interne de la crête iliaque, ainsi que sur le ligament ilio-lombaire, où quelques-uns de ses faisceaux se confondent parfois avec ceux du muscle carré des lombes ; 3® sur la base du sacrum ; 4° sur les deux épines iliaques antérieures et sur l’échancrure qui les sépare ; 5® enfin, sur la face antérieure de la capsule articulaire de la hanche.
De cette large surface d'insertion, les faisceaux constitutifs du muscle iliaque convergent, comme ceux du psoas, vers la gouttière que nous avons signalée plus haut sur le bord antérieur de l’os coxal ; les faisceaux internes suivent un trajet plus ou moins vertical ; les faisceaux moyens et les faisceaux externes, un trajet plus ou moins oblique en bas et en dedans.
La presque totalité des faisceaux charnus du muscle iliaque se terminent sur le côté externe du tendon du psoas et, par son intermédiaire, vont au petit trochanter.
Quelques-uns, cependant, les faisceaux externes et inférieurs, se rendent directement au fémur (fig. 774, 8’), en longeant le bord inférieur du tendon précité : ces derniers faisceaux se différencient, dans bien des cas, en un petit muscle distinct, \epatit muscle iliaque [iliacus minor de Quain, ilio-capsulo Irochantérien de Cuu-
YEILHIERI.
2° Rapports. — Le psoas-iliaque présente des rapports importants, que nous examinerons successivement dans l’abdomen, au niveau de l’arcade crurale, à la cuisse : a) Dans V abdomen, le psoas, tout d’abord, répond en avant au diaphragme, au petit psoas, au rein et aux vaisseaux rénaux, à l’uretère, aux vaisseaux spermatiques ou utéro-ovariens, aux portions verticales du côlon. — En arrière, il repose sur les apophyses transverses des vertèbres lombaires, sur les muscles intertransversaires et sur le carré des lombes. Il est séparé de ce dernier muscle par le feuillet antérieur de l’aponévrose du transverse, ainsi que par les branches antérieures des nerfs lombaires. — Sur son bord interne cheminent, au niveau du bassin, l’artère iliaque externe et la veine de même nom. — Le psoas est enfin traversé (fig. 773ypar les différentes branches du plexus lombaire, qui émergent de sa sur-
RÉGION LOMBO-ILIAQUE
Dxn
face sur les points les plus divers : en avant, ce sont les nerfs fémoro-cutané et génitocrural ; en dedans, le tronc lombo-sacré et le nerf obturateur; en dehors, le grand abdomino-génital et le petit abdomino-génital et le crural (voy. Névuologie).
Quant au muscle iliaque, il est en rapport, par sa face antérieure, avec le cæcum à droite, avec l’S iliaque du côlon à gauche. Sa face postérieure repose sur la fosse iliaque interne.
Un sillon, toujours très marqué, sépare l’un de l’autre le muscle psoas et le muscle iliaque. Dans le fond de ce sillon chemine le nerf crural (fig. 778, 7).
S) Au nweau de V arcade crurale, le psoas-iliaque passe au-dessous (fig.
761, 5), remplissant tout l’espace qui se trouve compris entre cette arcade, la bandelette ilio-pectinée et le hord antérieur de l’os coxal. La bandelette ilio-pectinée le sépare, comme nous l’avons déjà fait remarquer plus haut, de l’artère et de la veine fémorales. Le nerf crural est situé sur son côté antérointerne.
y) a la cuisse, le psoas-iliaque constitue, par sa face antérieure, la partie externe du plancher du triangle de Scarpa. — '^d.face poslérieure repose sur la capsule fibreuse de l’articulation de la hanche. — Son hord interne répond au bord externe du pectiné et forme avec ce dernier muscle une
gouttière où raie. — Son
se loge l’artère fémoest longé
hord externe par le couturier et par le droit antérieur de la cuisse.
Le psoas-iliaque est séparé du bord antérieur de l’os coxal et de la capsule de la hanche par une bourse séreuse (fig. 569, ll’É d’un développement remarquable, qui communique parfois avec la synoviale articulaire. Une deuxième bourse séreuse, celle-ci plus petite, se développe entre le tendon du muscle et la face antérieure du petit trochanter.