L.BûVLEHir
Fig. 775.
Rapports du psoas-iliaque avec le plexus lombaire et le grand sympathique.
Dxii, douzième dorsale. — a, a, petit psoas, réséqué dans sa partie moyenne. — 6, carré des lombes. — c, grand psoas.
— d, muscle psoas-iliaque. — e, obturateur externe.
1, nerf grand abdomino-génital. — 2, nerf petit abdominogénital. — 3, nerf fémoro-cutané. — 4, nerf génito-crural. — O, tronc lombo-sacré. — 6, nerf obturateur. — 7, nerf crural.
— 8, ganglions du grand sympathique. — 9, rami communicantes.
3" Innervation. — Les faisceaux musculaires qui constituent le psoas-iliaque sont innervés en grande partie par des rameaux qui proviennent directement du plexus lombaire. Ils reçoivent, en outre, un certain nombre de filets, issus du nerf crural.
4° Action. — Considéré au point de vue de son action, le muscle psoas-iliaque
MYOLOGIE
fléchit la cuisse sur le bassin. En outre, il rapproche le fémur de la ligne médiane et lui fait exécuter un mouvement de rotation en dehors.
Dans la station verticale, le psoas-iliaque prend son point d’insertion fixe sur le fémur. Agissant alors sur la colonne vertébrale et le bassin, il les fléchit en avant. S’il se contracte d’un côté seulement, il fléchit encore le tronc ; mais, en même temps, il l’incline de son côté et lui imprime un mouvement de rotation, en vertu duquel sa face antérieure est tournée du côte opposé.
Variétés. — Le psoas peut présenter, dans son volume et dans l’étendue de ses insertions d’origine, quelques variations peu importantes. J'ai vu, plusieurs fois, le muscle psoas-iliaque, dans des cas où il était plus développé que d'habitude, venir faire une forte saillie entre l’artère et la veine fémorales, lesquelles se trouvaient alors séparées l’une de l’autre par un intervalle de plus d’un centimètre. — Les deux portions du muscle psoas-iliaque peuvent ne se réunij* qu'à leur insertion trocliantérienne (Horneu, Lieutaud, Macalister). — On a observé (Meckel, Reid et Taylor), en avant du psoas, des faisceaux surnuméraires constituant des psoas accessoires . — De même, sur le muscle iliaque, Macalister et Woou ont rencontré une lame musculaire surajoutée qui se rendait, comme l’iliaque lui-même, de la crête iliaque au tendon du psoas. — Il n’est pas très rare de rencontrer un faisceau distinct, situé en dedans du psoas et prenant naissance sur le détroit supérieur du bassin. — Le peltl muscle iliaque n'est autre, comme nous l'avons déjà dit, que le faisceau extra-pelvien du psoas iliaque, plus ou moins complètement différencié. L’existence de ce faisceau, du reste, est constante chez l’homme. 11 est particulièrement développé chez certains mammifères (|ui, comme les chéiroptères, n’ont pas de fosse iliaque interne ; il constitue à lui tout seul, dans ce cas, la portion iliaque du groupe psoas-iliaque.
3^— Petit psoas
Situé en avant du muscle précédent, le petit psoas (fig. 774, 1) est un muscle fort grêle, qui s’étend de la partie la plus élevée de la colonne lombaire au bord antérieur de l’os coxal.
1" Insertions. — 11 se détache généralement du corps de la dernière vertèbre dorsale, du corps de la première lombaire et du disque fibro-cartilagineux qui sépare l’une de l’autre ces deux vertèbres.
Les faisceaux charnus qui le constituent descendent sur la face antéro-interne du psoas sous la forme d’un ruban mince et aplati, qui dégénère à la partie moyenne de la région lombaire, souvent plus haut, en un simple tendon aponévrotique. Ce tendon, continuant la direction du corps charnu, s’élargit au fur et à mesure qu’il descend et vient se fixer sur l’éminence de l’ilio-pectinée, ainsi que sur le fasciailiaca (voy. le | suivant), avec lequel il contracte des connexions intimes.
2° Rapports. — Le petit psoas repose sur le grand psoas par sa face postérieure. 11 présente, en avant, les mêmes rapports que ce dernier muscle.
3^ Innervation. — Il est innervé par des rameaux très grêles, qui proviennent du plexus lombaire.
4" Action. — Le muscle petit psoas est, chez rhomnie, un organe rudimentaire et, comme tel, il est dépourvu de toute fonction active.
Variétés. — J. -B. Perrin {Medical Times and Gazelle, 1872), sur 112 sujets qu’il a examinés, n'a trouvé le petit psoas que 32 fois. Theile {Myologie, trad. Jourdan) déclare ne l’avoir rencontré ({u'une seule fois sur 20 cadavres. Sur 32 sujets que j’ai examinés moi-même à cet égard, j’ai vu ie petit psoas faire défaut sur 26. Le Double l’a rencontré 263 fois sur 800 sujets; Pardi, 48 fois sur 100 sujets. De leur côté, Schwalbe et Pfitzner l’ont vu manquer dans une proportion de 57 p. 100; Dwight, dans une proportion de 60 p. iOO. Thompson, dans une proportion de 59 p. 100. De pareils chilfres sont significatifs ; ils nous autorisent à considérer l'absence du petit psoas comme étant l'état habituel, Vélat normal chez l’homme.
Gomme tous les organes rudimentaires, le petit psoas est très variable : il n’est pas rare de le trouver réduit à un simple tendon. — Gruveiliiier, Macalister l'ont vu double. — Macalister
RÉGION LOMBO-ILIAQUE
signale l’existence d'un faisceau charnu allant du grand au petit psoas. — Le môme anatomiste a vu le petit psoas uniquement constitué par une expansion qui partait du bord interne du grand psoas. — Bankarï, Pye-Smith et Philips [Guys Hosp. Reports, t. XIV) signalent trois cas de petit psoas passant au-dessous de l’arcade crurale, pour venir s’attacher à la ligne rugueuse qui s'élève du petit trochanter à la ligne âpre.
4" — Aponévrose lombo-iliaque ou fascia iliaca
Au-devant du psoas-iliaque s’étale une des plus importantes aponévroses de l’économie, V aponévrose lombo-iliaque, plus connue sous le nom de fascia iliaca.
1'" Disposition générale. — Cette aponévrose occupe transversalement toute la largeur de la fosse iliaque interne et s’étend en hauteur depuis l’insertion supérieure du psoas jusqu’à l’insertion trochantérienne de ce muscle. Mais il s’en faut de beaucoup qu’elle présente partout le même aspect : réduite en haut, sur le psoas, aux proportions modestes d’une simple toile celluleuse, elle s’épaissit graduellement au fur et à mesure qu’elle descend dans le bassin et acquiert, au-devant du muscle iliaque tous les caractères des aponévroses.
2° Insertions. — Le fascia iliaca, à sa périphérie, entre en relation à la fois avec des os et avec des aponévroses :
a) En dedans, il s’insère : sur
toutes les vertèbres lombaires, en ménageant, au niveau de chacune d’elles, une espèce de pont pour le passage des artères et des veines lombaires ; 2® sur la base du sacrum; 3° sur le détroit supérieur du bassin’; à ce niveau, il envoie sur l’artère et la veine iliaques externes un feuillet plus ou moins délicat, qui applique ces vaisseaux contre le bord interne du psoas.
[î) En dehors, il s’attache successivement, en allant de haut en bas : 1® sur l’aponévrose du carré des lombes, le long du bord externe du psoas ; 2*^ sur le ligament ilio-lombaire ; 3° sur la lèvre interne de la crête iliaque dans toute son étendue.
t) En haut, le fascia iliaca se termine en présentant un épaississement linéaire, une sorte d’arcade, Varcade fibreuse du psoas, qui embrasse le psoas et sur laquelle viennent s’insérer les faisceaux correspondants du diaphragme (voy. ce muscle).
IJ
Fig. 776.
Coupe verticale et transversale de la fosse iliaque interne [schématique) .
1, os coxal. — 2, muscle iliaque. — 3, muscle psoas. — 4, fascia iliaca. — 5, couche cellulo-graisseuse profonde. — G, couche cellulograisseuse superficielle ou sous-périlonéale. — 7, périloine. — 8, cæcum. — 9, fascia transversalis. — 10, muscle Iransverse. — 11, petit oblique. — 12, grand oblique. — 13, aponévrose superficielle de l’abdomen. — 14, tissu cellulaire sous-culaué. — 15, peau. — IG, grand fessier. — 17, nerf crural. — 18, nerf fcmoro-cutané. — 19, nerf génito-crural. — 20, artère iliaque externe. — 21, veine iliaque e.xterne. — 22, arcade fémorale. — 23, petit trochanter.
MYOLOGIE
ô) En bas, au niveau de l’arcade crurale le fascia iliacà adhère intime-
ment, dans sa moitié externe, aux faisceaux les plus inférieurs de cette arcade. Sa partie interne, au contraire, ne contracte avec l’arcade crurale aucun rapport; elle forme, sous le nom de bandelette ilio-pectinée (voy. p. 863), le côté externe de l’anneau crural. Au-dessous de l’arcade crurale, qui est la limite séparative du bassin et de la cuisse, le fascia iliaca, continuant son trajet descendant, recouvre la portion extra-pelvienne du psoas-iliaque, qu’il accompagne jusqu’au petit trochanter. Nous verrons plus tard que le fascia iliaca se fusionne, à la cuisse, d’une part avec la portion de l’aponévrose fémorale qui descend du couturier, d’autre part avec l’aponévrose d’enveloppe du pectiné.
Il résulte de la description qui précède que le fascia iliaca s’insère sur tout le pourtour du muscle psoas-iliaque. Il forme ainsi, avec la colonne lombaire et la fosse iliaque interne, une loge ostéo-fibreuse, qui est parfaitement close dans sa portion abdominale et qui s’ouvre, du côté de la cuisse, au-dessous de la moitié externe de l’arcade crurale : c’est cette loge ostéo-fibreuse que Velpeau avait désignée sous le nom de canal iliaque.
3° Constitution anatomique, couches cellulo-adipeuses sus- et sous-aponévrotiques. — L’aponévrose lombo-iliaque est essentiellement constituée par des faisceaux aponévrotiques à direction transversale auxquels viennent se joindre quelques faisceaux verticaux qui semblent dépendre du tendon du petit psoas. Une nappe de tissu cellulaire, assez mince en haut, fortement chargée de graisse en bas, la sépare du péritoine (fig. 777, 6). Une deuxième nappe celluleuse, également parsemée d’îlots graisseux, mais beaucoup plus épaisse que la précédente, s’étale au-dessous du fascia iliaca, entre cette aponévrose et les faisceaux charnus du psoas-iliaque (fig. 777, 5).
De ces deux couches cellulo-graisseuses, la couche superficielle , couche sus-aponévrotique ou sous-péritonéale, s’arrête à l’arcade crurale, par suite de l’insertion, à ce niveau, du fascia transversalis sur le fascia iliaca. La couche profonde ou sous-aponévro tique, au contraire, se continue au-dessous de l’arcade fémorale jusqu’à l’insertion du psoas-iliaque sur le petit trochanter.
On voit immédiatement, comme conséquence d’une pareille disposition anatomique, que la fosse iliaque interne présente deux variétés d’abcès se développant chacune dans l’une des deux couches cellulo-graisseuses précitées ; un abcès superficiel ow. sous-péritonéal, un abcès profond om sous-aponévrotique. On voit encore que, dans les. abcès sous-péritonéaux, la collection purulente s’arrêtera à l’arcade fémorale, tandis que, dan^ les abcès aponévrotiques, elle descendra librement au-dessous de cette arcade et envahira la cuisse jusqu’au petit trochanter (voy. à
Coupe verticale de la fosse iliaque interne pratiquée suivant la direction du psoas. {schématique) .
(Même légende que pour la figure 11*].)
DIAPHRAGME
ce sujet la figure 777, dans laquelle les flèches indiquent la direction suivie par les collections purulentes).
ARTICLE III