‹ Traité d'anatomie humaine (volume 3)Chapitre 135 sur 176 · RÉGION ANTÉRIEURE DU BRAS · texte numérisé non relu

RÉGION ANTÉRIEURE DU BRAS

son bord interne. — En arrière, il est couché sur le brachial antérieur, dont il est séparé par une mince couche celluleuse et par le nerf musculo-cutané, branche du plexus brachial. — Son bord externe répond successivement au deltoïde et au longsupinateur. — Le long de son bord interne, audessous de l’aponévrose, cheminent (fig. 793) l’artère humérale, les veines humérales et le nerf médian, lesquels sont ordinairement recouverts par les faisceaux les plus internes du muscle.

c. Au niveau du coude, le biceps s’enfonce, à la manière d’un coin, dans cet espace angulaire, en forme de V, qui est formé (fig. 798), en dehors par le long supinateur et les radiaux externes (5), en dedans par les muscles épitrochléens, plus spécialement par le rond pronateur (4). Sur son côté interne cheminent l’artère et les veines humérales. Sur son côté externe se trouvent le nerf radial et l’artère récurrente radiale antérieure.

3® Innervation. — Le hiceps est innervé par une branche externe du musculo-cutané, le nerf du biceps. Ce nerf se porte à la face profonde du muscle et se divise en deux groupes de rameaux, les uns pour la longue portion, les autres pour la courte portion. La courte portion reçoit, en outre, à son extrémité supérieure, mais dans certains cas seulement, quelques filets issus du rameau supérieur du coraco-brachial.

4° Action. — Prenant son point fixe sur l’épaule, le biceps agit à la fois sur l’avant-bras et sur le bras. Il jouit alors d’une triple action : 1® il fléchit l’avant-bras sur le bras ; 2° il porte l’avant-bras en supination, lorsque sa contraction surprend le radius dans un état de rotation en dedans, c’est-à-dire en pronation ; 3° il élève le bras et le porte en dedans.

Quand l’avant-bras est fixé, comme dans l’action de grimper, le biceps agit sur l’épaule, qu’il porte en haut, et, sur le bras, qu’il fléchit sur l’avant-hras.

Variétés. — Gomme le faisait remarquer Meckel, il y a plus d’un demi-siècle, le biceps brachial est un des muscles « qui sont le plu& sujets à varier et qui présentent les anomalie^ les plus frappantes ». Les signaler toutes est chose impossible dans un traité essentiellement classique: nous nous bornerons à indiquer les types généraux. — On a observé la séparation complète des deux corps musculaires : au lieu et place du biceps, existaient alors deux muscles, l’un, interne ou coraco-radial, l’autre, externe ou gléno-radial. — On a noté l’absence de la courte portion, l’absence de la longue portion, l’absence totale du biceps (Macalister). — J’ai rencontré deux fois un faisceau anastomotique jeté entre les deux portions du biceps. — Du côté de l’insertion antibrachiale, on a observé : 1® un faisceau terminal surnuméraire pour le radius; 2» un faisceau terminal surnuméraire pour le cubitus : 3° un faisceau terminal surnuméraire pour l’aponévrose antibrachiale, ce dernier remplaçant l’expansion aponévrotique ou se surajoutant à elle. — On a vu le muscle biceps présenter des connexions plus ou moins intimes, soit par ses faisceaux charnus, soit par ses tendons : 1“ avec le petit pectoral; 2® avec le grand pectoral ; 3° avec le coraco-brachial; 4° avec le brachial antérieur; 5® avec le grand palmaire et le rond pronateur; 6® avec le long supinateur. — Le biceps peut présenter toute une variété de faisceaux aberrants, qui peuvent, ou bien remplacer l’une de ses deux portions, ou bien se surajouter à elles, constituant ainsi des muscles à trois têtes, à quatre têtes, à cinq têtes. Ces faisceaux surajoutés peuvent provenir des points les plus divers : 1® de l’apophyse coracoïde ; 2« du tendon du grand pectoral; 3® do l’extrémité supérieure de l’humérus, trochin, trochiter, lèvre externe ou fond

Fig. 793.

L’artère humérale, vue sur une coupe transversale passant par la partie moyenne du bras.

1, huméi'us. — 2, biceps. — 3, brachial antérieur. — 4 vaste interne. — o, cloison intermusculaire interne. — 6, artère et veines humérales. — 7, nerf médian. — 8, nerf cubital. — 9, nerf musculo-cutané. — 10, brachial cutané interne, encore placé sous l’aponévrose. — 11, veine basilique.

MYOLOGIE

de la coulisse bicipitale; 4° de la capsule articulaire de l'épaule: 5° du corps même de l'humérus, Ce dernier faisceau surnuméraire^ qui fait du biceps un véritable triceps, est plus particulièrement connu sous le nom de chef huméral du biceps.

Chef humér\l du biceps. — C’est un faisceau aplati, tantôt volumineu.v, tantôt fort grêle, situé au-dessous des deux poriions normales du biceps. Il prend naissance soit sur l’humérus, entre le coraco-brachial et le brachial antérieur, soit sur la face antérieure de ce dernier muscle. De là, il se porte en bas et se termine sur le biceps, soit au niveau de son tendon [disposition plus fréquente), soit au niveau de son corps charnu [disposition plus rare). — J’ai observé ce faisceau onze fois sur cent cinq sujets. — Le professeur Hyutl [Anatomie des Menschen), ayant remarqué chez quelques sujets que le nerf musculo-cutané cheminait au-dessous du chef huméral, entre ce dernier et le brachial antérieur, en avait conclu que ce chef huméral n’était qu’une portion du brachial antérieur, qui aurait été soulevée par le nerf musculo-cutané et dont l’insertion inférieure aurait été, du même coup, transportée du cubitus au radius. — Une pareille assertion est tout à fait inadmissible. Nous avons publié, en ellet, le professeur C.xlori [Mem. dell Accad. delle Scienze di Bologna, 1868) et moi-même [Note sur la signification anatomique du chef huméral du biceps, in Bull. Soc. d’Anthrop., 188a), de nombreuses observations, desquelles il résulte que le nerf musculo-cutané peut passer également au-devant du clief huméral, entre lui et le biceps. J’ai observé cette disposition cinq fois sur onze cas. — Le chef huméral du biceps se rencontre normalement chez quelques mammifères et son apparition chez l’homme rentre naturellement dans la catégorie dei' anomalies réversives.

2° — Coraco-brachial

Situé en dedans de la courte portion du liiceps, le coraco-brachial (fig. 792,6 et 794, 6) est un muscle épais, plus ou moins prismatique, descendant de l’apophyse coracoïde sur la face interne de l’humérus.

1° Insertions. — Il s’insère, en haut, sur le sommet de l’apophyse coracoïde, par un tendon qui lui est commun avec la courte portion du biceps.

De là, ses libres se portent en bas et un peu en dehors et viennent se fixer sur la face interne de l’humérus, un peu au-dessus de sa portion moyenne.

2*^ Rapports. — Comme le biceps, ce muscle est contenu tout d’abord dans la région de l’aisselle, dont il constitue en partie la paroi externe.

Il est en rapport : en avant, avec le deltoïde et le grand pectoral ; en arrière, avec les tendons du sous-scapulaire, du grand dorsal et du grand rond, qu’il croise verticalement de haut en bas ; en dehors, avec la courte portion du biceps ; en dedans, avec le paquet vasculo-nerveux de l’aisselle et. du bras.

Le coraco-brachial est traversé obliquement par le nerf musculo-cutané, d’où le nom de muscle perforé de Cassérius que lui donnent encore quelques auteurs (voy. Névrologie).

3° Innervation. — Au point de vue de son innervation, le coraco-brachial reçoit ordinairement deux rameaux nerveux : 1° un rameau supérieur, très grêle qui provient, soit du musculo-cutané, soit de la racine externe du médian; 2° un rameau inférieur, plus important, qui se détache du musculo-cutané. J’ai vu fréquemment ces deux rameaux naître par un tronc commun.

4° Action. — Le coraco-brachial, prenant son point fixe sur l’apophyse coracoïde, élève le bras et le porte en même temps en dedans et en avant. Si l’humérus est fixé, il s’agit sur l’épaule, dont il abaisse le moignon.

Variétés. — Le muscle coraco-brachial peut ne pas être traversé par le nerf musculo-cutané; d’autres fois, au contraire, il est divisé par ce nerf en deux portions absolument distinctes. — Struthers a désigné sous le nom de ligament brachial interne une bandelette fibreuse qui s’étend, le long de 1 humérus, de l’extrémité inférieure du muscle coraco-brachial au trochin. Dans un cas observé par Calori [loc. cit., 1866). cette bandelette était en rapport en haut avec un petit faisceau charnu qui jouait à son égard le rôle de muscle tenseur.

Long coraco-br.achi.ui. et court cor.ago-br.achial. — Wood a donné le nom de long coraco-

RÉGIOxN ANTÉRIEURE DU BRAS

ômcAiaZ à un faisceau surnuméraire, qui s’étend de l’apophyse coracoïde à l’épitrochlée ou à un point voisin de cette saillie osseuse. Il est généralement fusionné, en haut, avec le coraco-brachial ordinaire; mais il peut en être entièrement distinct. — Décrit pour la première fois par Guuvei- LHiER, le court coraco-brachial est encore un faisceau surnuméraire qui descend de l'apophyse coracoïde sur le col de l’humérus, entre le trochin et le tendon du grand dorsal. — On rencontre normalement dans la série animale le long coraco-brachial (tatou, n)aki) et le court coracobrachial (singes inférieurs).

On peut considérer comme des formes incomplètes du court coraco-brachial ; 1“ le coracocapsulaire. qui s’étend de l’apophyse coracoïde à la capsule articulaire de l’épaule ; 2" le brachiocapsulaire, qui s’étend de cette môme capsule au col chirurgical ; 3° le depressor lendinis subscapularis majoris ou retinaculum musculare Lendinis subscapularis majoris, qui va du col chirurgical au tendon du sous-scapulaire ; 4» le faisceau élévateur du tendon du grand dorsal, qui s'étend de la face postérieure du tendon du grand dorsal, soit au trochin, soit à la capsule articulaire ou même à l’apophyse coracoïde.

Muscle gléno-brachial. — C'est un petit faisceau musculaire, signalé par Grubeu et par Knott, qui s’insère, d’une part, au-dessus de la cavité glénoïde avec la longue portion du biceps, et, d'autre part, sur le col chirurgical de l’humérus.

3'" — Brachial antérieur

Le brachial antérieur (fig. 794, 10) , qu’on désigne encore en anatomie comparée sous le nom de court fléchisseitr de V avaoit-hras (le biceps, comme nous l’avons vu, étant le long fléchisseur), est un muscle large et aplati, couché sur la partie antérieure et inférieure de Thumérus, au-dessous du muscle biceps.

1° Insertions. — Il s’insère, en haut : 1° sur la lèvre inférieure de l’empreinte deltoïdienne, immédiatement au-dessous du deltoïde ; 2° sur les deux faces interne et externe et sur les trois hords de l’humérus ; 3° sur les cloisons fibreuses qui le séparent du triceps.

De cette vaste surface d’insertion, il se porte verticalement en bas et vient se fixer à l’aide d’un large tendon, sur cette surface rugueuse qui est placée à la base de l’apophyse coronoïde du cubitus. ïheile fait remarquer avec raison que, parmi les faisceaux inféro-externes du brachial antérieur, il en est quelques-uns qui ne se terminent pas' sur le tendon précité, mais gagnent directement la surface d’insertion cubitale.

2" Rapports. — - La face antérieure du brachial antérieur est en rapport avec le

Fig. 794.

Muscles de la face antérieure du bras, couche profonde : brachial antérieur.

brachial, avec : 3 et 3’, sa longue portion : 4, sa courte portion. — 5, tendon inférieur eLnd expansion aponevrotique. - 6, coraco-brachial. - 7, grand rond. - 8, tendon huméral du

Koc'^llV son dehors. — 9 vaste interne. — 9’, 9”, longue portion du triceps. - 10, brachial antérieur,

avec 10 , son inseition au cubitus ; — 10 , 10, ses faisceaux internes et externes. - 11, acromion. — 12, apophyse rt, artere scapulaire supérieure. — 6, nerf sus-scapulaire.

coracoïde. — 13, deltoïde.

MYOLOGIE

biceps, dont il est séparé, à sà partie moyenne, parle nerf musculo-cutané et, tout à fait en dedans (fig. 793), par le parquet vasculo-nerveux du bras (artère humérale, veines humérales et nerf médian. — Sa face postérieure repose, en haut sur I humérus, en bas sur la face antérieure de l’articulation du coude. — Son bord interne répond, en haut, au muscle triceps. Il forme en bas, avec le rond pronateur, une gouttière oblique en bas et en dehors, au fond de laquelle’ se trouvent l’artère et les veines humérales. — Son bord externe répond également au triceps dans sa partie supérieure. Dans sa partie inférieure, il circonscrit, avec le long supinateur, une nouvelle gouttière oblique en bas et en dedans, au fond de laquelle cheminent le nerf radial, l’artère humérale profonde et la récurrente radiale antérieure.

3° Innervation. — Le brachial antérieur est innervé, comme le biceps, par une branche externe du musculo-cutané : le 7ierf du brachial antérieur. Ce nerf se divise ordinairement en trois ou quatre rameaux divergents, qui pénètrent le muscle par sa face antérieure. Outre cette branche issue du musculo-cutané, branche principale , le brachial antérieur reçoit encore, dans les trois quarts des cas environ, au niveau de son bord externe, un petit rameau accessoire, qui se détache du nerf radial dans la gouttière externe du coude.

4° Action. — Le brachial antérieur, comme le biceps, fléchit l’avant bras sur le bras. Quand l’avant-bras est fixé, comme dans l’action de grimper, il agit sur l’humérus, qui fléchit sur les deux os de l’avant-bras.

Variétés. — Le brachial aiiLérieui' peut s’unir d'une l'açüii plus ou moins étroite avec quelques muscles voisins : deltoïde, coraco-bracliial, biceps, rond pronateur, long supinateur. — On l’a vu se diviser en deux portions plus ou moins distinctes. — Il présente, en outre, quelques faisceaux surnuméraires, qui les renforcent ou qui en naissent et qui viennent se fixer d’autre part sur les points les plus divers : sur le cubitus, sur le radius, sur le tendon du biceps, sur l’aponévrose antibracbiale [brachio-fascialis de Wood), sur la capsule articulaire. Ce dernier faisceau, tenseur antérieur de la synoviale du coude, n’est dans la plupart des cas qu’une dépendance du brachial antérieur, dont la dissection la pins minutieuse ne saurait le séparer. — lies tenseurs distincts ont été cependant observés par Henvit et par D.wvson {Edirnh. med. and surg. Journal, vol. XVIII, p. 82).

§ n. — Région postérieure du bras

Tandis que la région antérieure du bras comprend trois muscles, la région postérieure ne nous en présente qu’un seul : c’est le triceps brachial ou muscle extenseur de Vavant-bras.

Triceps brachial

Le triceps brachial (fig. 796) est essentiellement constitué par trois portions qui, parfaitement distinctes à leur origine supérieure, se réunissent en bas pour prendre une insertion commune sur le cubitus. De ces trois portions, l’une, plus longue, remonte jusqu’à l’omoplate ; c’est la lo7igue portion du triceps ou long triceps. Les deux autres, plus courtes, s’arrêtent à l’humérus : on les désigne, en raison de leur forme et de leur situation, sous les noms de vaste interne et de vaste externe.

Insertions. — Le triceps brachial s’insère, en haut : a) hd^longue portion (2) sur cette petite surface triangulaire et rugueuse, qui est

RÉGION POSTÉRIEURE DU RRAS

placée au-dessoas de la cavité glénoïde; cette insertion se fait à l’aide de deux feuillets tendineux, qui s’unissent plus ou moins à la capsule articulaire ;

(3) Le va^te externe (3), sur l’aponévrose intermusculaire externe (voy. plus bas, p. 917) et, sur la portion de la face postérieure de l’humérus qui est située au-dessus de la gouttière de torsion ;

y) Le vaste interne (4), sur l’aponévrose intermusculaire interne (voy.

plus bas, p. 917) et sur la portion de la face postérieure de l’humérus qui est située au-dessous de cette même gouttière de torsion.

De cette triple surface d’origine, les trois portions du triceps se portent en bas vers la face 4 5 6

postérieure du coude et

viennent se fixer, par l’intermédiaire d’un tendon commun très épais et très résistant, sur la face postérieure de l’olécrane, ainsi que sur ses bords latéraux.

Le tendon terminal du triceps s’insère seulement sur la partie inférieure du dos de l’olécrâne, dans une étendue verticale de 15 à S20 millimètres. Il respecte la partie qui avoisine le bec et sur laquelle s’étale, entre l’os et le muscle, un prolongement plus ou moins étendu de la synoviale du coude (fig. 510, p. 531).

2® Rapports. — Tout à fait en haut, au voisinage de l’épaule, le triceps est recouvert par le deltoïde. Sa longue portion passe en arrière du grand rond et en avant du petit rond, ayant en dedans d’elle les vaisseaux sous-scapulaires, en dehors l’artère circonflexe et le nerf de même nom (fig. 788).

Plus bas, dans sa portion brachiale proprement dite, le triceps répond à la peau par sa face postérieure. — Sa face antérieure est couchée sur l’humérus, dont elle est séparée, au niveau de la gouttière de torsion, par le nerf radial et l’artère humérale profonde. — Son bord externe est en rapport avec le long supinateur et le brachial antérieur. — Le long de son bord interne chemine le nerf cubital.

Muscles de Tépaule et du bras, vus par leur face postérieure.

1, rhomboïde. — 1’, faisceau supérieur de ce muscle ou petit rhomboïde. — 2, angulaire de l’omoplate. — 3, sus-épiueux. — 4, sous-épineux.

- 5, petit rond. — h, grand rond. — 7, deltoïde, avec 7’, son insertion à l’humérus. — 8, longue portion du triceps brachial. — 9. vaste externe. — 10, vaste interne. — 11, olécràne. — 12, long supinateur. — 13, premier radial externe.

— 14, anconé. — lo, aponévrose de l’avant-bras.

En arrière du tendon du triceps, entre ce dernier et la peau, se trouve une bourse séreuse, bourse olécranienne (fig. 510, 2). Cette bourse, qui est à peu

MYOLOGIE

près constante (Zoja l’a rencontrée quinze fois sur vingt-quatre coudes, soit une proportion de 63 p. 100) et généralement très large, est creusée dans le tissu cellulaire sous-cutané : elle témoigne ici, comme sur tous les points où se développent

des bourses séreuses, de la mobilité de la peau sur les couches sous-jacentes.

3° Innervation. — Le triceps est innervé par le radial, l’une des branches terminales du plexus brachial. Chacune de ses trois portions reçoit un nerf spécial : les rameaux de la longue portion et du vaste interne se détachent du radial à la partie toute supérieure du hras, un peu au-dessous du point où le tronc nerveux croise le bord inférieur du grand rond. Le rameau du vaste externe naît un peu plus bas, dans la gouttière de torsion.

4"" Action. — Par ses trois portions, le triceps est extenseur de l’avant-bras sur le bras. En outre, par sa longue portion, qui prend insertion sur la ceinture thoracique, il rapproche le membre du tronc.

Variétés. — La longue portion du triceps peut prolonger ses insertions d’origine le long du bord axillaire , dans une étendue de deux, trois et même quatre centimètres. On sait que, dans certaines espèces animales ce muscle occupe la totalité du bord axillaire. — Parmi les faisceaux surnuméraires qui viennent renforcer te triceps et le transfortner en quadriceps, nous signalerons ; 1“ un faisceau huméral, situé entre le vaste interne et la longue portion et prenant naissance dans la région soustrocliinienne ; un faisceau scapulaire, détaché du bord axillaire ; 3° un faisceau capsulaire, détaché de la capsule fibreuse de l’articulation de l’épaule; 4“ un faisceau coracoidien, partant de l’apophyse coracoïde (Gruber et Mac.\lister). — Nous avons déjà signalé plus haut (p. 798) le faisceau dorso-épitrochléen, qui s’étend du grand dorsal, soit à répitrocblée, soit à l’olécrûne, et qui est représenté, sur un grand nombre de sujets, par une simple lamelle fibreuse unissant l’un à l’autre le tendon huméral du grand dorsal et le tendon d’origine du long triceps. — Jenty (cité par Mag.\lisïer) a vu, dans un cas, le vaste externe se fusionner avec les faisceaux d’origine du cubital postérieur.

Muscle tenseur de la synoviale du coude. — Ce sont des faisceaux charnus plus ou moins différenciés, situés au-dessous du triceps, qui, s’insérant d’une part sur l’humérus, viennent se terminer d’autre part sur le prolongement sous-tricipital de la synoviale du coude. Unis le plus souvent aux muscles vastes, ces faisceaux tenseurs peuvent s’en isoler et acquérir une individualité complète : sur un sujet, j’ai rencontré un muscle véritablement énorme, inséré sur toute la largeur de la face postérieure de l’humérus et venant se terminer uniquement sur le prolongement sous-tricipital de la synoviale du coude. Avant d’atteindre ce point, il était renforcé par quelques fibres détachées de la face profonde des vastes ; mais il était, à son origine, complètement distinct de ces derniers muscles (voy., à propos de ce muscle, Kuloewsky, Musc, subcrurales et subanconæi, in Arcb. f. Anat. und Phys., 1869, p. 410).

Muscle épitrochléo-cübital. — C’est un petit muscle, très variable dans sa forme et son développement, qui s’étend transversalement de l'épitrochlée à l’olécràne. 11 est situé sous l’aponevrose superficielle, en arrière du nerf cubital, réunissant l’une à l’autre les deux insertions supé-

Fig. 796.

Triceps brachial, vue postérieure.

La longue portion a été incisée à sa partie supérieure pour laisser voir la gouttière de torsion.

1, segment inférieur de la longue portion, érigné en dehors, avec 2, son segment supérieur, s’insérant à l’omoplate. — 3, vaste externe. — 4, 4, vaste interne. — 5, 5, tendon commun aux trois portions. — 6, deltoïde. — 7, épitrochlée. — 8, épicondyle. — a, artère humérale profonde. — b, nerf radial.

APONEVROSE DU BRAS

rieures du muscle cubital antérieur. On le rencontre une fois sur quatre sujets environ ^il est toujours innervé par un rameau du nerf cubital. — L’épitrocliléo-cubital existe normalement chez un grand nombre de mammifères, notamment chez les singes inférieurs. — La bandelette fibreuse qui s’étend chez l’homme de l’épitrochlée à l’olécràne, au-dessus du nerf cubital, et que la plupart des auteurs considèrent à tort comme une dépendance de l’aponévrose superficielle de l’avant-bras, n’est que le reliquat de ce muscle. — (Voy., au sujet du muscle épitrochléo-cubital : W. Gkuber, Ueberdie Musc, epilrochleo-anconeus des Menschen u. d. Saugetliiere, Mém. de l’Académie des Sc. de Saint-Pétersbourg, 1866 ; Galton, On the epilrochleo-ancoyieus or anconeus sextus, Journ. of Anat. and Physiol., 1874, p. 109 ; Testut, Anom. musc., 1884, p. 422 ; Ledouble, Bull. Acad, de méd., 1891.)

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