R TI G LE II
AlUSGLES DE LA CUISSE
Les muscles de la cuisse sont au nombre de onze. Adoptant une classification différente de celle qui est généralement suivie par les auteurs b nous grouperons ces muscles en deux régions seulement :
L“ Une région antero-exlerne ;
:2°Une région postéro-interne.
Une pareille division, basée sur la situation des cloisons intermusculaires, a pour avantage, d’une part d’être conforme à la physiologie articulaire, d’autre part de mettre en évidence les homologies qui existent entre les muscles de la cuisse et les muscles du bras, que nous avons également groupés en deux régions. La région antérieure du bras a pour homologue, à la cuisse, la région postéro-interne ; à la région postérieure du bras répond la région antéro-externe de la cuisse.
si I. — Région antéro-externe
La région antéro-externe comprend trois muscles, savoir : le tenseur du fascia lata, le couturier et le quadriceps crural ou muscle extenseur de la jambe.
1° — Tenseur du fascia lata
Situé à la partie supérieure et externe de la cuisse, le tenseur du fascia lata
’ Quelques traités classiques admettent quatre régions ; I^ une région antérieure {coxUmiidv, droit antérieur, tenseur de la synoviale du genou).; 2" une région externe (tenseur du lascia lata, vaste externe) ; 3“ une région interne (droit interne , vaste interne, pectiné et les trois abducteurs) ; 4<» une région postérieure (biceps, dcmi-tendin('ux, deini-membraneux) .
REGION ANTERO'-EXTEKNE DE LA GLMSSE
(fig. 844, 7) est un muscle aplati et mince, charnu en haut, tendineux en bas, s’étendant de l’os coxal au. tibia.
Insertions. — Il s’insère en haut : 1° sur la portion de la crête iliaque (lèvre externe) qui avoisine l’épine iliaque antéro-supérieure ; 2° sur cette épine ; 3° sur l’échancrure située au-dessous ; 4° sur l’aponévrose fessière.
De là, ses fibres se portent en bas et un peu en arrière, en s’écartant peu à peu les unes des autres. Elles se terminent, à la hauteur du tiers ou du quart supérieur de la cuisse, sur des faisceaux tendineux, lesquels, s’entremêlant d’une façon inextricable avec l’aponévrose fémorale, viennent se fixer sur la face antérieure de la tubérosité externe du tibia, immédiatement au-dessus du jambier antérieur. On voit constamment quelques-uns de ces faisceaux terminaux du tenseur du fascia lata se diriger vers le bord externe de la rotule et s’y insérer.
En se fusionnant ainsi avec la partie correspondante de l’aponévrose fémorale, les fibres tendineuses du muscle tenseur du fascia lata constituent, à la partie externe de la cuisse, une bandelette longitudinale, très résistante, large de 4 à G centimètres : c’est le ligament ilio-tibial ou bandelette de Maissiat, ainsi nommée du nom de l’anatomiste qui, en 1842, a appelé son attention sur elle. Pour Maissiat, la bandelette en question intervient pour maintenir l’équilibre dans la station sur un seul pied ou station hanchée. Dans cette position, on le sait, le tronc s’incline du côté opposé et cette inclinaison latérale s’accentuerait, « n’était l’intervention de la bandelette qui est bientôt tendue, résiste et finit par caler le corps )). Ajoutons que le grand fessier, en jetant un certain nombre de ses fibres sur la bandelette de Maissiat, l’attire en haut et en arrière et, par elle, reporte son action jusque sur le tibia.
2° Rapports. — Superficiellement, le tenseur du fascia lata répond, dans toute son étendue, à l’aponévrose et à la peau. — Par sa face profonde, il recouvre successivement le moyen fessier, le droit antérieur de la cuisse et le vaste externe.
3® Innervation. — Il est innervé par un rameau issu du nerf fessier supérieur, branche du plexus sacré. Ce rameau pénètre le muscle par sa face profonde, à sa partie moyenne et au voisinage de son bord postérieur.
4*^ Action. — Le muscle tenseur du fascia lata remplit des rôles multiples : 1° il tend, en l’attirant en haut, la partie externe de l’aponévrose fémorale (fascia lata) ; 2° il porte la cuisse en dehors (abduction) et lui imprime en même temps un léger mouvement de rotation en dedans ; S*" il incline le bassin de son côté ; 4° il concourt à l’équilibration du corps quand celui-ci est appuyé sur un seul pied, soit dans la simple attitude debout, soit dans la marche, à chaque pas : « dès que le poids du corps porte plus sur un pied que sur l’autre, le muscle du fascia lata du côté surchargé se contracte... Cette contraction, synergique avec celle des moyen et petit fessier, amène le centre de gravité au-dessus du point d’appui et l’y maintient (Manoüviuèr). m
Variétés. — J'ai vu le tenseur du fascia lata constitué par deux faisceaux distincts. — Ce muscle peut recevoir un faisceau surnuméraire : 1° du ligament de Fallope ; 2“ de l’aponévrose abdominale, au-dessus de la crête iliaque (Magalistek). — Son absence a été constatée une fois par Gruber [Virchow’s Arcli., 1881, Bd. LXXXVI, p. 2a). — Voy. Mariau, Du rôle de la bandelette interne du fascia lata, Bibliogr. Anat., t. IX, 19ül ; Manouvrier,- Les fonctions du m. du fascia lata, G. R. Soc. Biol., 1904.
2° — C OUTURIER
Le plus superficiel des muscles de la région, le couturier (fig. 844, 3), est un
MYOLOGIE
ruban musculaire long et large, réunissant l’ilion à l’extrémité supérieure du tibia.
1" Insertions. — Il s’insère, en haut, à l’aide de fibres aponévrotiques fort confies sur l’épine iliaque antéro-supérieure et sur la partie la plus élev^ée de
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Fig. 844.
Muscles de la région antérieure de la cuisse, couche superficielle.
l’échancrure qui est au-dessous.
De là, se portant obliquement en bas, en dedans et en arrière, il croise en diagonale la face antérieure de la cuisse et vient se fixer sur la partie interne de l’extrémité supérieure du tibia, en avant de la tubérosité interne. 11 forme, dans cette région, avec les tendons terminaux du droit interne et du demi-tendineux, un ensemble aponévrotique à branches multiples et divergentes que l’on désigne sous le nom de patte d'oie.
2® Rapports. — Le couturier nous offre à considérer deux faces, l’une antérieure, l’autre postérieure. — Sa face antérieure répond à l’aponévrose et à la peau. — Sa face postérieure recouvre successivement, en procédant de haut en has, le droit antérieur, le psoas-iliaque, le pectiné, le moyen adducteur, le vaste interne, le côté interne de l’articulation du genou.
Trois filets nerveux, dits perforants , traversent d’arrière en avant le muscle couturier. Nous les décrirons ultérieurement à propos du nerf crural.
Le couturier présente en outre, avec l’artère fémorale, des rapports assez importants pour mériter le nom de muscle satellite de cette artère . — Dans son tiers supérieur, ce muscle forme le coté externe d’un triangle, dit triangle de Scarpa (voy. plus loin), dont le coté interne est formé par le premier adducteur, la base par l’arcade fémorale, h' sommet par la rencontre du couturier avec le premier adducteur. L’artère fémorale parcourt verticalement cet espace triangulaire, suivant assez exactement la ligne droite qui réunirait son sommet au milieu de sa base. — Dans son tiers
1, droit anléricur, avec : 1’, son tendon direct; 1" son tendon rélléclii. — 2, vaste externe. — 3, vaste interne.
4, tendon inférieur du ijuadriçeps fémoral. — o, couturier, avec 6\ son tendon d aUaclie à 1 os iliaijue. 0 lendon inferieur du couturier, faisant parlie de la pâlie d’otc. — 7, lenseur du fascia lala. / , lascia lala, érigné en delior>. — 8, moyen fessier. — 9, petit fessier, érigné pour laisser voir le tendon rélléclii (lu droit antérieur. 10, pi'cluu'. — 11, j'remier ou moyen adducteur. — 12, droit interne, avec 12’, son tendon inferieur, concourant à ta formalion de la paitc d’oie avec celui du couturier et celui du demi-tendineux. — 13, grand adducl(‘ur ou troisième adducteur. H. symphyse pubienne. — 15, muscle iliaque. — 16, grand psoas. — 17, tendon du pelit psoas.