‹ Traité d'anatomie humaine (volume 3)Chapitre 157 sur 176 · APONÉVROSE DE LA CUISSE · texte numérisé non relu

APONÉVROSE DE LA CUISSE

le grand fessier, par le demi-tendineux et par l’aponévrose fémorale. — Sa face antérieure ou profonde, à son tour, recouvre le carré crural, le grand adducteur, l’extrémité supérieure du jumeau interne, le condyle interne du fémur et enfin la tubérosité interne du tibia, sur laquelle il glisse à l’aide d’une bourse séreuse, cellelà même que nous avons indiquée plus haut à propos de son tendon. — Son bord interne répond successivement au grand adducteur et au droit interne. — Son bord externe, longé dans la plus grande partie de son étendue par le grand nerf sciatique et par la longue portion du biceps, se sépare plus bas de ce dernier muscle, pour constituer, avec le demi-tendineux, le bord supérieur et interne du creux poplité. Tout à fait en bas, ce bord répond au muscle jumeau interne, dont il est séparé par une bourse séreuse, la bourse commune au jumeau interne et aie demimembraneux.

3° Innervation. — Il est innervé par le grand sciatique. Le rameau qui lui est destiné, souvent double, le pénètre par sa face profonde et à sa partie moyenne.

4^ Action. — Le demi-membraneux a la même action que le demi-tendineux. — S’il prend son point fixe sur l’ischion, il fléchit la jambe sur la cuisse, en même temps qu’il lui imprime un léger mouvement de rotation en dedans. Secondairement, il étend la cuisse sur le bassin. — S’il prend au contraire son point fixe sur le tibia, il étend le bassin sur la cuisse et fléchit celle-ci sur la jambe.

Variétés. — Le demi-membraneux peut remonter ses insertions jusque sur le grand ligament sacro-sciatique. — L’absence du demi-membraneux a été notée par Losghge et de Souza. — S.\n- DiFORT (1769) et, plus récemment, Giacomini (Annotazioni sopral' Anatomia del Negro, 1882) ont vu un petit faisceau se séparer du demi-membraneux et venir se perdre dans le creux poplité. — Galoui {loc. cit.) et Bianchi [Lo sperimentale, 1885) ont constaté, chacun une fois, la duplicité du muscle. J’ai observé moi-même cette duplicité chez un cercopithèque. — Voy. Forster, Die insertion d. Musc, semimemhranosus, Arch. Anat. u. PÎiysioL, 1903.

§ 111. — Aponévrose de la cuisse

Comme l’aponévrose brachiale, avec laquelle elle présente la plus grande analogie, l’aponévrose fémorale ou crurale, que l’on désigne encore sous le nom de fascia lata, entoure la cuisse à la manière d’un cylindre ou d’un manchon, dont l’extrémité supérieure répond au bassin, l’extrémité inférieiire au genou. Nous lui considérerons, comme a l’aponévrose du bras, une extrémité supérieure , une extrémité inférieure et deux surfaces, l’une extérieure et l’autre intérieure.

l"* Extrémité supérieure. — Du côté du bassin, l’aponévrose fémorale s’insère en avant et en dedans, sur le bord antérieur de l’arcade fémorale, sur le corps du pubis et sur la branche ischio-pubienne. En arrière et en dehors, elle se continue avec l’aponévrose fessière, déjà décrite ; les limites respectives des deux aponévroses sont purement conventionnelles.

2® Extrémité inférieure. — Du côté du genou, elle prend de solides attaches sur le péroné, sur les deux tubérosités externe et interne du tibia, sur la face antérieure de la rotule. Puis elle se continue, sans ligne de démarcation aucune, avec l’aponévrose jambière.

3° Surface extérieure. — Sa surface extérieure ou cutanée répond à la peau, dont elle est séparée par les rameaux nerveux superficiels et par de nombreuses veines, dont la plus importante est la saphène interne.

MYOLOGIE

4° Surface intérieure, cloisons intermusculaires. — Sa surface intérieure ou musculaire est en rapport avec les muscles de la cuisse, auxquels l’aponévrose crurale fournit des gaines celluleuses, généralement peu importantes. Il est à noter, cependant, que le couturier se trouve contenu, dans toute son étendue, dans une gaine aponévrotique nettement différenciée, résultant du dédoublement du fascia lata au niveau de ce muscle.

a. Cloisons inter musculair es . — Indépendamment de ces prolongements celluleux destinés aux muscles, l’aponévrose fémorale envoie vers le fémur deux cloisons fibreuses, plus résistantes en bas qu’en haut, connues sous le nom de cloisons intermusculaires . De ces deux cloisons, l’une est interne, l’autre est externe.

a) La cloison intermusculaire interne (fig. 852, 4) se détache du côté interne du manchon fibreux. Puis, se portant en dehors, elle vient se fixer successivement ; à la ligne rugueuse qui va du petit trochanter à la ligne âpre ; 2° à la lèvre interne de la ligne âpre ; 3° à la branche de bifurcation inférieure et interne de cette même ligne âpre ; 4° au tubercule condylien du troisième adducteur.

(^) La cloison inter musculaire externe ffig. 852,3) prend naissance sur le côté externe du manchon fémoral et se fixe, d’autre part : P sur la ligne rugueuse qui descend du grand trochanter vers la ligne âpre ; 2® sur la lèvre externe de la ligne âpre ; 3° sur la branche de bifurcation inférieure et externe de cette même ligne âpre, qui la conduit ainsi jusqu’au condyle externe.

b. Loges musculaires. — Il résulte d’une pareille disposition que la cavité cylindrique circonscrite par l’aponévrose fémorale est réellement divisée en deux portions ou loges, une loge antérieure et une loge postérieure, séparées l’une de l’autre par le fémur et par les deux cloisons intermusculaires qui y aboutissent. Ces deux loges correspondent exactement aux deux loges du bras, avec cette différence, résultant de la rotation en sens inverse du fémur et de l’humérus (voy. p. 401), que la loge antérieure du bras a pour homologue la loge postérieure de la cuisse et vice versa.

La loge antérieure est occupée par le couturier, le tenseur du fascia lata et les quatre portions du quadriceps. Dans la loge postérieure sont contenus tous les autres muscles de la cuisse. Une troisième cloison intermusculaire, beaucoup plus mince que les précédentes, isole, dans cette loge postérieure, le biceps, le demi-tendineux et le demi-membraneux, du droit interne et des adducteurs.

C’est en nous basant sur l’existence de ces deux loges, on s’en souvient, que nous avons divisé, dans le présent chapitre, les muscles de la cuisse en deux régions seulement, une région antéro-externe et une région posté ro-inter ne.

Fig. 852.

L'aponévrose fémorale, vue sur une coupe transversale passant par la partie moyenne de la cuisse.

1, fémur, avec 1’, sa ligne âpre. — 2, aponévrose fémorale. — 3, cloison intermusculaire externe. — 4, cloison intermusculaire interne. — 5, loge musculaire antérieure. — 6. loge musculaire postérieure. — 7, peau. — 8, tissu cellulaire sous-cutané. — 9, veine saphène interne. — 10, 10’, nerfs superficiels. — H, artère et veine" fémorales, avec le nerf saphène interne. — 12, nerf sciatique, avec son paquet vasculaire.

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