APONÉVROSE DE LA CUISSE
5® Structure. — Au point de vue de sa structure, l’aponévrose fémorale, beaucoup plus épaisse en dehors qu’en dedans, est constituée par deux ordres de fibres : des fibres longUudinales , qui se dirigent parallèlement à l’axe du membre ; des fibres circulaires, qui croisent les premières perpendiculairement et s’entrelacent avec elles. Nous avons déjà vu, et nous le rappelons ici en passant, que des expansions tendineuses du grand fessier, du demi-tendineux et du demi-membraneux venaient s’épanouir sur cette aponévrose et la renforçaient.
6® Gaine des vaisseaux fémoraux. — A l’aponévrose fémorale se rattache la gaine des vaisseaux fémoraux. Nous la décrirons ici succinctement, renvoyant aux Traités d’anatomie médico-chirurgicale pour l’étude détaillée de cette formation anatomique, sur laquelle anatomistes et chirurgiens ont tant écrit et sont encore si peu d’accord.
a. Définition. — En débouchant du hassin par l’anneau crural (voy.
p. 863), les vaisseaux fémoraux sont reçus dans une gaine fibreuse, qui les accompagne dans tout leur trajet fémoral jusqu’à l’anneau du troisième adducteur, au delà duquel ils prennent le nom de vaisseaux poplités. Cette gaine, dépendance de l’aponévrose de la cuisse, insérée en haut sur le pourtour de l’anneau crural, confondue en bas avec le pourtour de l’anneau de l’adducteur, diffère beaucoup, comme constitution et comme dimensions, selon qu’on l’envisage dans partie supérieure, dans sa partie moyenne et dans sa partie inférieure.
b. Sa partie supérieure. — Dans sa partie supérieure (portion correspondant au triangle de Scarpa), la gaine des vaisseaux fémoraux est prismatique triangulaire. Elle est constituée comme suit (fig. 853). — Sa paroi antérieure n’est autre que l’aponévrose fémorale elle-même, tendue entre le couturier et le premier edducteur, et présentant à ce niveau de nombreux orifices pour le passage des vaisseaux et des nerfs : c’est le fascia cribrif ormis . — Sa paroi postéro-externe est formée par un feuillet aponévrotique qui descend de l’aponévrose fémorale, au moment où celle-ci abandonne le bord interne du couturier pour se diriger vers le premier adducteur. Ce feuillet se porte en bas et en dedans, rencontre bientôt le fascia iliaca (qui n’est autre que l’aponévrose d’enveloppe du psoas-iliaque) et se confond avec lui. — Sa paroi posléro-interne est formée, de même, par un feuillet aponévrotique qui se détache de l’aponévrose fémorale, au moment où elle abandonne le premier adducteur pour se diriger
Fig. 853.
L’artère fémorale, vue sur une coupe transversale de la cuisse passant par le tiers inférieur du triangle de Scarpa (côté droit, segment supérieur de la coupe — ).
1, fémur scié au niveau du petit trochanter. — 2, couturier. — 3, droit antérieur. — 4, psoas-iliaque. — 5, pectiné. — 9, moyen adducteur. — 7, court adducteur. — 8, grand adducteur. — 9, ^aste extei’ne et crural.
a, artère fémorale. — b, veine fémorale. — c, artère fémorale profonde. — d, veine fémorale profonde. — e, veine saphène interne. — /", nerf saphène interne. — g, aponévrose superficielle. — h, un ganglion lymphatique superficiel.
MYOLOGIE
vers le couturier. Ce feuillet descend vers le pectine et se confond avec l’aponévrose qui recouvre ce muscle.
Les deux parois postéro - externe et postéro-interne marchent ainsi à la rencontre l’une de l’autre. Elles se réunissent et se fusionnent intimement au niveau du point où les deux muscles psoas-iliaque et pectiné se juxtaposent par leurs bords.
Cette première portion, qui fait suite à l’anneau crural et que nous désignerons sous le nom de canal crural h est fort large. Le tiers externe est occupé par l’artère, le tiers moyen parla veine. Quant au tiers interne, qui ne loge que quelques vaisseaux et ganglions lymphatiques, il constitue là, en dedans de la veine, comme un espace inoccupé, tout préparé, qu’on me permette cette expression, pour recevoir les hernies crurales : cet espace libre, plus large en haut qu’en bas, a la forme d’un entonnoir et a reçu, pour cette raison, le nom à'infundibulum ou d'entonnoir crural. — Sa base, située en haut, correspond à la partie interne de l’anneau crural et se trouve séparée du bassin par une cloison fibreuse, que nous avons déjà décrite sous le nom de septum crural (voy. p. 865). — Son sommet, dirigé en bas, se termine en cul-de-sac, au point où la veine saphène interne perfore la gaine des vaisseaux pour se jeter dans la veine fémorale.
L’infundibulum crural varie naturellement dans sa longueur comme la terminaison de la saphène qui le limite en bas : cette longueur est, en moyenne, de 3 à 4 centimètres.
c. Sa partie moyenne. — Dans sa portion moyenne, la gaine des vaisseaux fémoraux est beaucoup moins résistante, presque celluleuse. Conservant encore sa configuration triangulaire, elle est constituée ; en avant, par le feuillet de l’aponévrose fémorale qui tapisse la face profonde du couturier; 2° en dedans, par la cloison intermusculaire interne ; 3° en dehors, par la gaine du vaste interne.
d. Sa partie inférieure. — Dans sa portion inférieure, la paroi antérieure de la gaine des vaisceaux fémoraux se trouve renforcée par tout un système de fibres arciformes fort résistantes qui, de la cloison intermusculaire interne et des tendons des adducteurs, se portent vers le vaste interne. L’artère et la veine fémorales cheminent là dans un véritable canal libreux, qui précède l’anneau du troisième adducteur ; c’est le canal de Hunier {canal des adducteurs de Tillaux). Ce canal mesure de 5 à 6 centimètres de hauteur, suivant les sujets. Il nous présente en bas, au moment où il aboutit à l’anneau du troisième adducteur, un petit orifice situé en avant et en dedans, destiné à livrer passage à l’artère grande anastomotique, qui provient de la fémorale, et au nerf saphène interne, qui a pénétré dans la gaine des vaisseaux au sommet du triangle de Scarpa.
ARTICLE III