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MUSCLES DE LA JAMBE

Les muscles de la jambe sont au nombre de quatorze, groupés en trois régions, savoir :

1® Une région antérieure ;

’ Certains anatomistes, il peut être bon de le rappeler, réservent le nom de canal crural à la partie la plus interne de la gaine des vaisseaux fémoraux, à cette portion qui est occupée par les lymphatiques et que nous décrivons, nous, sous le nom d'infundibulam crural.

RÉGION ANTÉRIEURE DE LA JAMRE

2° Une région externe ;

3° Une région postérieure.

§ I. - Région antérieuue

La région antérieure comprend quatre muscles, qui sont ; le jambier antérieur, V extenseur commun des orteils, Vextenseur propre du gros orteil, le péronier antérieur. Ces quatre muscles reposent sur la face antérieure du ligament interosseux, dans le large espace qui se trouve compris entre le bord antérieur du tibia et le bord antérieur du péroné.

U— Jambier antérieur

Le plus interne de la région], le jambier ou tibial antérieur (fig. 854, 1) est un muscle volumineux, prismatique et triangulaire, s’étendant de l’extrémité supérieure du tibia au bord interne du pied.

Insertions. — 11 prend naissance, en haut : 1° sur la tubérosité antérieure et sur la tubérosité externe du tibia, principalement sur le tubercule, souvent très volumineux, qui est situé entre l’une et l’autre et qui, pour cette raison, porte le nom de tubercule du jambier antérieur-, 2^ sur la face externe du tibia, dans ses deux tiers supérieurs ; 3° sur la partie interne du ligament interosseux; 4° à la face profonde de l’aponévrose jambière qui le recouvre; 5® sur la cloison fibreuse qui le sépare de l’extenseur commun des orteils.

De ces nombreuses surfacès d’implantation, les faisceaux constitutifs du muscle se portent verticalement en bas et se jettent, à la partie inférieure de la jambe, sur un fort tendon, lequel passe sous le ligament annulaire antérieur du tarse (voy. plus loin, p. 1018) et vient s’attacher à la fois sur le premier cunéiforme et sur l’extrémité postérieure du premier métatarsien.

Une bourse séreuse {bourse du jambier antérieur).

que nous décrirons plus loin, favorise le de ce tendon.

dissement

2° Rapports

Les rapports du jambier antérieur

varient suivant la région où on le considère :

a) A la jambe, il est en rapport : en avant, avec l’aponévrose et la peau ; en arrière, avec le ligament interosseux ; en dedans, avec le tibia ; en dehors, avec l’extenseur commun des orteils d’abord et, plus bas, avec l’extenseur propre du gros orteil. L’artère tibiale antérieure, avec ses deux veines et le nerf de même

Si Cevÿ E.3

Fig. 854.

Muscles de la région antérieure de la jambe.

1, jambier antérieur, avec 1’, son tendon à la région dorsale du pied. — 2, extenseur du gros orteil, avec 2', son tendon à la région dorsale du pied. — 3, extenseur commun des orteils, avec 3’, ses tendons à la région dorsale du pied. — 4, long péronier latéral, avec 4’, son tendon. — 5, court péronier latéral. — 6, péronier antérieur, avec 0’, son tendon. — 7, face interne du tibia. — 8. soléaire. — 9, 9’ — jumeau externe et jumeau interne. ^ 10, long fléchisseur des orteils et jambier postérieur. — 11, pédieux.

nom, est située sur la côte postérieure et externe du jambier antérieur, qui est appelé pour cette raison son rnuscle satellite.

P) Au pied, le tendon du jambier antérieur, se dégageant du ligament annulaire, se porte obliquement en bas et en dedans. En avant, il répond dans toute son étendue à l’aponévrose et à la peau. En arrière, il croise successivement l’articulation tibio-tarsienne, l’astragale, le scaphoïde et le premier cunéiforme : une petite bourse séreuse le sépare souvent de ce dernier os.

3° Innervation. — Il est innervé par le nerf tibial antérieur, l’une des deux branches terminales du sciatique poplité externe. Il reçoit en outre, à sa partie toute supérieure, un petit rameau qui lui vient directement du sciatique poplité externe avant sa bifurcation.

4° Action. — Le jambier antérieur, prenant son point fixe sur le tibia, agit sur le pied, auquel il imprime trois ordres de mouvements : 1°il le fléchit sur la jambe; 2° il le rapproche de la ligne médiane ; 3° il lui fait exécuter un mouvement de rotation en dedans. Il est donc à la fois fléchisseur, adducteur et rotateur en dedans.

Variétés. — Le tendon inférieur peut être divisé en deu.v faisceaux, un faisceau pour le métatarsien, un faisceau pour le cunéiforme. Cette division, fort variable en étendue, peut remonter jusqu’au corps musculaire et intéresser même ce dernier. C’est là une disposition simienne des plus intéressantes : le jambier antérieur est, en effet, la réunion de deux muscles fusionnés chez riiomme, distincts chez les singes, dont l’un (le libial antérieur proprement dit) s’insère sur le premier cunéiforme et l’autre (le long abducteur du gros orteil) se fixe au premier métatarsien (voy. à ce sujet Tricot, Parallèle anatomique des extenseurs du pied chez V homme et chez les singes, Th. Bordeaux, 1884). — On a vu le jambier antérieur présenter des faisceaux d'altache surnuméraires ; 1“ sur la première phalange du gros orteil) ; 2» sur le ligament antérieur du tarse et les aponévroses dorsales du pied [muscle tibio-aponévrotique] ; sur l’astragale elle cal anéuni (voy. Grubi-u. At^ch. f. Anat. und Phys.) ; 4» sur le col de l’astragale et sur la partie antérieure de la synoviale tibio-tarsienne (Antonelli) ; 5“ sur l’aponévrose plantaire (Wood). — Blxndin [Anal, topog., 1834, p. 828) a observé un faisceau surnuméraire fort singulier, qui se rendait de l’extrémité supérieure du tibia à l’extrémité inférieure du même os. — Voy. d’EvANT, Sut significato rnorfologico del musc, tibialis anlicus, Giorn. Assoc. napol. d. Med., 1889.

2"' — ExtI'INSeur co.vmun des orteils

Situé en dehors du précédent, l’extenseur commun des orteils (fig. 854, 3) est un muscle aplati de dehors en dedans, s’étendant de l’extrémité supérieure de la jambe aux quatre derniers orteils.

Insertions. — Il s’insère, en haut : 1° sur la tubérosité externe du tibia ; 2° sur les deux tiers supérieurs de la face interne du péroné ; 3*^ sur la partie externe du ligament interosseux; 4® à la face profonde de l’aponévrose jambière ; 5° sur les cloisons fibreuses qui le séparent du jambier antérieur en dedans et du long péronier latéral en arrière.

De ces nombreuses surfaces d’attache, les divers faisceaux constitutifs de l’extenseur commun se portent en bas et se jettent sur un fort tendon, qui apparaît tout d’abord sur le bord antérieur du muscle. Ce tqndon (fig. 855, 3j glisse au-dessous du ligament annulaire antérieur du tarse et se divise bientôt après en quatre branches ou tendons secondaires, lesquels se dirigent, en divergeant, vers les quatre derniers doigts.

Chacun d’eux, arrivé au niveau de l’articulation métatarse -phalangiennexorrespondante. se divise en trois languettes, une médiane et deux latérales. La languette médiane, glissant sur la face dorsale de la première phalange, vient se fixer sur l’extrémité postérieure de la deuxième phalange ou phalangine. Ooant aux deux

RÉGION ANTÉRIEURE DE LA JAMBE

languettes latérales, elles se fusionnent ensemble sur la face dorsale de cette deuxième phalange, pour venir se terminer sur la face postérieure de la troisième ou phalangette.

2° Rapports. — Nous les examinerons successivement, comme pour le muscle précédent, à la jambe et au pied :

a) A la jambe, l’extenseur commun est en rapport : en avant, avec l’aponévrose et la peau ; en arrière, avec le péroné et le ligament interosseux ; en dedans, avec le jambier antérieur d’abord et, plus bas, avec l’extenseur propre du gros orteil ; en dehors, avec le groupe des péroniers.

Le paquet vasculo nerveux (artère tibiale antérieure, veines et nerf homonymes) longe tout d’abord le côté ppstérointerne de l’extenseur commun des orteils, puis, il se sépare de ce dernier muscle pour venir se placer en dedans de l’extenseur propre du gros orteil, entre celui-ci et le jambier antérieur.

[^) Au pied, les quatre tendons du muscle, recouverts par la peau et l’aponévrose superficielle , recouvrent , à leur tour, le muscle pédieux et les différentes phalanges sur lesquelles ils s’insèrent.

3® Innervation. — Le mode d’innervation de l’extenseur commun des orteils est exactement le même que celui du jambier antérieur. Il est innervé à la fois : 1° par des rameaux issus du sciatique poplité externe avant sa bifurcation ; 2® par des rameaux issus du tibial antérieur.

4® Action. — L’extenseur commun des orteils exerce tout d’abord son action sur les quatre derniers orteils, qu’il incline (extension) sur le dos du pied. Agissant secondairement sur le pied : 1® il le fléchit sur la jambe ; 2® il le porte un peu en dehors; 3® il lui imprime un léger mouvement de rotation en dehors. Auxiliaire du jambier antérieur au point de vue de la flexion, il lui est antagoniste au point de vue des mouvements latéraux.

Variétés. — Il n’est pas rare de voir un ou plusieurs tendons se dédoubler. — La présence d’un tendon surnuméraire pour le gros orteil {muscle extenseur des cinq doigts) a été notée par WooD [toc. cit.) et par Gruber {Reichert u. Du Bois Raymond' s Arch., 1875. p. 204). — Sur le métatarse, b'S tendons peuvent être réunis par des languettes fibreuses. — On a noté Tunion de l’e.vtenseur commun, soit avec l’extenseur propre, soit avec le pédieux. On a signalé des tendons surnuméraires pour le pr.-mier métatarsien, pour le cinquième, pour le quatrième. — On a observé, comme muscle distinct ; un extenseur propre du deuxième orteil, homologue de l’extenseur propre de l’index (Meckel, Ghudzinski, Gruber, moi-même). — Chudzinski a vu la masse de l’extenseur commun divisée en deux portions distinctes, l’une interne pour les deuxième et

ANATOMIE HUMAINE. — T. I, 6® ÉOIT. 126

Fig. 855.

Pied, vu par sa face dorsale.

1,:1, jarnbi»!’ antérieur. — 2, extenseur propre du gros orteil, avec 2’, un tendon surnuméraire pour la première phalange. — 3, 3, long extenseur commun des orteils. - 4, 4, péronier antérieur. — 5, court péronier latéral. — G, long péronier latéral. — 7, 7, pédieux. — 8, adducteur du gros orteil. — 9, abducteur du petit orteil. — 10, malléole interne. — 11, malléole externe. — 12„ ligament annulaire antérieur du tarse. — 13. aponévrose dorsale du pied.

MYOLOGIE

troisième orteils, l’autre externe pour les troisième et quatrième. — Wood [loc. cit.) a vu le faisceau extenseur du petit orteil se séparer complètement du reste du muscle.

3*^ — Extenseur propre du gros orteil

L’extenseur propre du gros orteil (fig. 834,2 et 855, 3) est profondément situé entre les deux muscles que nous venons de décrire. Recouvert par eux à son origine, il ne s’en dégage qu’à la partie inférieure de la jambe.

1° Insertions. — Il s’attache, en haut : sur la face interne du péroné, dans son tiers moyen ; 2° sur la portion attenante du ligament interosseux. Il reçoit, en outre, dans le voisinage du tarse, un petit faisceau de la face interne du tibia.

En bas, son tendon terminal passe tout d’abord, comme celui de l’extenseur commun, sous le ligament annulaire et arrive ainsi à la face dorsale du pied. Obliquant alors un peu en dedans, il longe le bord interne du pied et, finalement, vient se fixer à la fois sur la phalange métatarsienne et sur la phalange unguéale du gros orteil. Cette insertion terminale se fait, soit par un tendon, soit par une expansion fibreuse, sur la partie supérieure et postérieure de la phalange.

C’est à tort que nos traités classiques font insérer le tendon de l’extenseur propre exclusivement sur la deuxième phalange du gros orteil : il se termine le plus souvent (54 fois sur 100) sur les deux phalanges; l’insertion exclusive à la deuxième phalange constitue l’exception. Une pareille conclusion ressort des dissections de Gruber [Arch. f. Anat. und PhysioL, 1875, p. 565) et de Calori {Mem. dell’ Accademia de Dolocjna, série 11, t. Vil, p. 35), ainsi que nos propres recherches. Calori considère comme fort rares les cas où le tendon de rextenseur du gros orteil ne présente aucune connexion avec la première phalange.

2° Rapports. — Il convient de les étudier séparément à la jambe et au pied :

a) A la jambe, l’extenseur propre est en rapport : en dedans, avec le jambier antérieur; en dehors, avec l’extenseur commun ; en arrière, avec le péroné et le ligament interosseux ; e7i avant, avec le jambier antérieur et l’extenseur commun dans sa partie supérieure, avec l’aponévrose et la peau dans sa partie inférieure.

(îj Au pied, il longe le bord interne du pédieux, recouvert par la peau et l’aponévrose superficielle, recouvrant à son tour et successivement le tarse, le métatarse et le gros orteil.

L’artère tibiale antérieure est placée, à la jambe, sur le côté interne de l’extenseur propre du gros orteil; au niveau de l’articulation tibio-tarsienne, elle le croise obliquement de haut en bas et de dedans en dehors, de telle sorte qu’à la face dorsale du pied, la pédieuse, qui fait suite à la tibiale antérieure, occupe le côté externe du tendon de l’extenseur propre.

Fig. 856.

Coupe transversale delà jambe passant par l’union du tiers moyen avec le tiers inférieur.

1, tibia. — 2, péroné. — 3, membrane interosseuse. — 4, jambier aiitéi’ieur. — 5, extenseur propre du gros orteil. — G, extenseur commun des orteils. — 7, long péronier laléral. — 8, court péronier laléral. — 9, fléchisseur propre du gros orteil. — 10, jambier postérieur. — 11, fléchisseur commun des orteils. — 12, soléaire. — 13, artère tibiale antérieure, avec veines et nerf homonymes. — 14, vaisseaux tibiaux postérieurs. — 15, vaisseaux péroniers. — 16, nerf tibial postérieur. — 17, veine saphène interne.

RÉGION EXTERNE DE LA JAMBE

3° Innervation. — L’extenseur propre du gros orteil est innervé par le tibial antérieur, branche de bifurcation du sciatique poplité externe.

4° Action. — Ce muscle étend, tout d’abord, les phalanges du gros orteil sur le métatarse. Agissant ensuite sur le pied : 1° il le fléchit; 2° il le porte en dedans; 3"^ il lui imprime un léger mouvement de rotation en dedans. L’extenseur propre du gros orteil devient ainsi l’auxiliaire du jambier antérieur.

Variétés. — Le tendon terminal de l’extenseur propre du gros oïdeil est souvent double ; la division du tendon peut remonter jusqu'au corps musculaire et isoler même de véritables muscles surnuméraires. — Ces muscles ou tendons surnuméraires s'insèrent, suivant les cas ; 1® sur la pi’Cmière phalange du gros orteil; 2® sur le premier métatarsien: 3® sur le deuxième orteil (un cas de Ghudzinski sur un nègre). — Ces divers tendons surnuméraires peuvent apparaître simultanément sur le même sujet, constituant ainsi de nombreuses variétés : tel est Vextensor tricaudalus de Gruber, qui possède trois tendons terminaux (voy. à ce sujet Gruber, Ueber die Varietâten d. Musc, ext'ensor hallucis longus, Arch. f. Anat. u. Phys., 1875).

4° — Péronier antérieur

Le péronier antérieur (fig. 854, 6 et 855, 4) est un muscle aplati transversalement et généralement fort mince, occupant la partie inférieure et externe de la région. Il est situé immédiatement en dehors de l’extenseur commun des orteils, avec lequel il est intimement confondu à son origine.

1° Insertions. — Il prend naissance, en haut, sur la face antérieure du péroné, dans sa moitié inférieure. — De là, ses fihres, se portant en bas et en avant, se jettent à la manière des barbes d’une plume sur le bord postérieur d’un tendon, lequel glisse sous le ligament annulaire antérieur du tarse et vient se fixer, par une extrémité élargie, sur la base du cinquième métatarsien.

2° Rapports. — Ils diffèrent, comme pour l’extenseur propre du gros orteil, à la jambe et au pied :

a) A la jambe, le péronier antérieur est en rapport ; en avant, avec l’aponévrose et la peau ; en arrière, avec le péroné ; en dedans, avec l’extenseur commun des orteils ; en dehors, avec les péroniers latéraux.

P) Au pied, le muscle, recouvert par l’aponévrose et la peau, recouvre à son tour le pédieux, dont il croise très obliquement la face superficielle.

3° Innervation. — Le péronier antérieur est innervé, comme l’extenseur commun des orteils, par le nerf tibial antérieur.

4° Action. — Auxiliaire puissant de l’extenseur commun des orteils, dont il n’est pour ainsi dire qu’un simple faisceau, il agit sur le pied, qu’il porte à la fois dans la flexion, l’abduction et la rotation en dehors.

Variétés. — Le péronier antérieur peut être réduit à un simple tendon. — Il peut disparaître entièrement (10 fois sur 102 sujets, Wood).' — Il peut être double, cette duplicité portant, soit sur le tendon seulement, soit à la fois sur le tendon et le corps musculaire. L’insertion du tendon surnuméraire se fait alors, suivant les cas ; 1® sur le cinquième métatarsien; 2® sur le quatrième métatarsien; 3® sur le quatrième espace interosseux; 4“ sur l’une des phalanges du cinquième orteil ou bien sur le tendon que l’extenseur commun envoie à cet orteil.

§ II. — Région externe

La région externe de la jambe ne renferme que deux muscles, tous les deux insérés au péroné : le long péronier latéral et le court péronier latéral.

1° — Long péronier latéral

Le plus superficiel et le plus long des deux, le long péronier latéral (fig. 857, 6)

MYOLOGIE

s’étend de la partie supérieure et externe de la jambe au premier métatarsien.

1"* Insertions.

Il s’insère.

Muscles de la région externe de la jambe.

1, jambier antérieur. — 2, extenseur commun des orteils. — 2’, son tendon au-dessous du ligament annulaire, avec 2”, les divisions digitales de ce tendon. — 3, extenseur propre du gros orteil, avec 3’, son tendon inférieur. — 4, jumeau externe — 5, soléaire. — (j, long péronier latéral, avec 0’, son tendon inférieur. — 7, court péronier latéral, avec 7’, son tendon intérieur. — 8, long fléchisseur propre du gros orteil. — 9, aponévrose de la jambe. — 10, pédieux. — 11, tendon inférieur du pérouier «intérieur. — 12, abducteur du petit orteil.

en haut : sur la partie antérieure et externe de

la tête du péroné; sur le tiers supérieur de la face externe de cet os ; 3° à la face profonde de l’aponévrose jambière; 4® sur les deux cloisons fibreuses qui le séparent des muscles voisins , l’extenseur commun des orteils en avant et, en arrière, les muscles de la région postérieure de la jambe.

De ces surfaces d’implantation multiples, toutes les fibres musculaires se portent verticalement en bas. Un tendon long et volumineux, aplati d’abord, puis cylindrique, les recueille et, continuant le trajet du corps musculaire, descend derrière la malléole externe. Il contourne ensuite d’arrière en avant cette saillie osseuse, glisse obliquement sur la face externe du calcanéum, s’engage dans la gouttière du cuboïde (p. 373), traverse en diagonale la face inférieure du pied et, finalement, vient se fixer sur le tubercule externe de l’extrémité postérieure du premier métatarsien. Il envoie, dans la plupart des cas, une expansion assez résistante à la face inférieure du premier cunéiforme, une expansion plus grêle au premier muscle interosseux dorsal.

Dans ce trajet, fort complexe comme on le voit, le tendon du long péronier latéral se réfléchit deux fois et, par conséquent, présente deux coudes : un premier coude, dont la concavité, dirigée en avant, embrasse la malléole externe; un deuxième coude, dont la concavité, dirigée en haut et en dedans, répond au bord externe du pied.

Au moment où il va s’engager dans la gouttière cuboïdienne, ce tendon présente d’ordinaire un renflement fibro-cartilagineux, de forme ovoïde, susceptible de s’ossifier et de constituer ainsi un os sésamoïde, le sésamoïde du long péronier latéral.

2° Rapports. — Le long péronier latéral, comme nous venons de le voir, occupe successivement la jambe, le cou-de-j>ied et la région plantaire :

a) A la. jambe, le muscle est en rapport : en dehors, avec l’aponévrose et la peau ; en dedans, avec le péroné en haut, le court péronier latéral en bas ; en avant, avec l’extenseur commun des orteils et le péronier antérieur; en arrière,

REGION EXTERNE DE LA JAMBE

avec deux muscles de la région postérieure de la jambe, le soléaire d’abord et, plus bas, le fléchisseur propre du gros orteil. A son extrémité toute supérieure, le longpéronier latéral est traversé par le nerf sciatique poplité externe et par ses deux branches de bifurcation, le musculo-cutané externe et le tibial antérieur.

P) Au cou-de-pied, il croise le ligament latéral externe de l’articulation tibiotarsienne, avec le tendon du court péronier latéral, qui est d’abord recouvert par lui, mais qui s’en dégage bientôt pour venir se placer en avant. Les deux tendons des péroniers latéraux sont contenus à ce niveau dans une gaine fibreuse, qui est d’abord unique^ mais qui se dédouble plus bas, au niveau du calcanéum, en deux gaines distinctes.

y) a la plante du pied (fig. 866, 1, 1’ et 1”), le tendon du long péronier latéral longe le plan osseux, séparé des parties molles de la région par le grand ligament calcanéo-cuboïdien, qui transforme en canal ostéo-fibreux la simple gouttière osseuse du cuboïde.

3*^ Innervation. — Le long péronier latéral reçoit ses rameaux nerveux du musculo-culané , l’une des deux branches de bifurcation du sciatique poplité externe. Ces rameaux le pénètrent par sa face profonde, au niveau de son tiers supérieur.

4° Action. — Considéré au point de vue de son action, le muscle long péronier latéral étend le pied sur^ la jambe, le porte en dehors et lui fait exécu ter, en même temps, un mouvement de rotation, en vertu duquel la face plantaire regarde en dehors. Il est donc à la fois extenseur, abducteur et rotateur en dehors. Congénère du jambier postérieur au point de vue de l’extension du pied, il est essentiellement antagoniste de ce dernier muscle au point de vue des deux autres mouvements.

Variétés. — Le long péronier peut envoyer, au court péronier des faisceaux anastomotiques. — Outre le renflement cuboïdien, le tendon du long péronier latéral peut présenter deux autres renlleinents, l'un en arrière de la malléole externe, lautre au-dessous du tubercule du calcanéum. Les trois renflements peuvent exister sur le même sujet (Picou). — On a vu le long péronier latéral envoyer une expansion tendineuse : 1° sur le deuxième métatarsien ; 2» sur les troisième et quatrième m.étatarsiens ; 3“ sur le cinquième. — Macalister a signalé un faisceau uberrant c[ui, du long péronier latéral, se rendait au ligament latéral externe du cou-de-pied. — Lachi a rencontré un faisceau du long péronier latéral inséré sur le calcanéum. — Bouge a observé un faisceau analogue qui s'aitachait à la malléole externe. — A consulter au sujet de ce muscle, Picou, Insertions inférieures du long péronier latéral, Bull. Soc. anat., 1894; Freis, Die. Variataten d. Musc, peronæi beim Menschen u. d. Musc, peronæi bei d. Saugetieren, Morphol. Jabrb. 1908.

2° — Court péronier latéral

Situé au-dessous du précédent, mais beaucoup moins long que lui, le court péronier latéral (fig. 687, 7) s’étend de la partie moyenne de la jambe au bord •externe du pied.

1° Insertions. — Il s’insère, en haut : 1° sur le tiers moyen et quelquefois sur les deux tiers inférieurs de la face externe du péroné ; 2® sur le bord antérieur et le bord externe du même os ; 3” sur les deux cloisons aponévrotiques antérieure et postérieure qui le séparent des muscles voisins.

De là, ses fibres se portent en bas et se jettent, à la partie inférieure de la jambe, sur le pourtour d’un tendon arrondi, qui descend vers la partie postérieure de la malléole péronière. Il la contourne d’arrière en avant, croise la face externe du ealcanéum et se termine sur l’extrémité postérieure du cinquième métartarsien.

2^^ Rapports. — Sa /"ace superficielle répond, en haut, au long péronier latéral et,

MYOLOGIE

plus lias, à l’aponévrose de la jambe et du pied; sa face profonde vqcow.n y q successivement le péroné, le côté externe de l’articulation tibio-tarsienne et la face externe du calcanéum.

Comme nous l’avons dit plus baut, le tendon du court péronier latéral glisse, derrière la malléole et sur le calcanéum, dans une gaine ostéo-fibreuse qui lui est commune avec le long péronier latéral. Une bourse séreuse favorise ce glissement (voy. plus loin, p. 1023).

3'^ Innervation. — • Le court péronier latéral est innervé, comme le précédent, par des rameaux issus du musculo-culané . Ces rameaux le pénètrent par sa face profonde, à la partie moyenne de la jambe.

4° Action. — Ce muscle' est adducteur du pied, auquel il imprime en même temps un mouvement de rotation en dehors. Il ne paraît être extenseur du pied que lorsque ce dernier a été fléchi sur la jambe.

Variétés. — Le court péronier latéral présente fréquemment un tendon surnuméraire, dont l’origine, fort variable, est située, soit sur le tendon du court péronier, soit sur le corps musculaire lui-même. — Son mode de terminaison n’est pas moins variable. — Elle se fait, suivant les cas : sur

le cinquième orteil, où il prend le nom de prolongement phalangien du court péronier latéral (voy., à ce sujet, Pozzi. in Journ. de l’Anat., 1872, p. 269); 2“ sur le cuboïde; 3° sur l’adducteur du petit orteil; 4» sur le cinquième métatarsien; 5° sur le quatrième métatarsien et le quatrième espace interosseux. — Tous ces faisceaux tendineux, précédés ou non d’un faisceau musculaire, me paraissent être des formes incomplètes et atrophiées d’un muscle surnuméraire, le péronier du cinquième orteil, qui montre ([uelquefois chez l’homme, en arrière des péroniers latéraux, et qui s’étend de la partie moyenne et intérieure du péroné au cinquième orteil (voy., à ce sujet, Testut, Le muscle péronier du cinquième orteil chez l'homme, Bull. Soc. anat., 1884, p. 352).

§ in. — Région postérieure

La région postérieure de la jambe comprend huit muscles, qui se répartissent en deux couches, une couche superficielle et une couche profonde :

a) Dans la première, nous trouvons quatre muscles, qui sont : \q jumeau externe, le jumeau interne, le soléaire et le plantaire grêle. Les trois premiers de ces muscles, réunis en bas sur un lendon commun, le tendon d' Achille, constituent un muscle triceps, que l’on désigne sous le nom de triceps sural.

P-) La couche profonde nous présente également quatre muscles : en haut, le poplité, muscle très court qui unit le fémur au tibia; puis, au-dessous de lui, trois longs muscles qui, de la jambe, descendent sur le pied : \q jamhier postérieur , le fléchisseur commun des orteils et le fléchisseur propre dit gros orteil. Ces deux derniers sont homologues, à la jambe, des fléchisseurs profonds ou perforants des doigts, que nous avons déjà décrits à propos des muscles de l’avant-bras.

1® — Jumeaux de la jambe

Les jumeaux de la jambe sont deux muscles volumineux aplatis, de forme ovalaire, qui, naissant isolément sur l’extrémité inférieure du fémur, se fusionnent un peu au-dessous de leur origine et viennent se fixer, par un tendon commun, à la partie postérieure du talon. Ils forment donc, dans leur ensemble, un véritable muscle biceps. On les désigne encore sous le nom de gastrocnémiens (de yaa^rip, ventre, et xvr,[jrq, jambe;, parce que c’est à leur présence qu’est principalement due la saillie postérieure de la jambe {ventre de la jambe) ou mollet.

Insertions. — Les jumeaux se distinguent, d’après leur situation, en interne

REGION POSTÉRIEURE DE LA JAMRE

et externe. Ils prennent respondant.

a. Origine du jumeau interne. — Le jumeau interne s’insère en grande partie sur le côté postérosupérieur du condyle externe, un peu en arrière et au-dessous du tubercule osseux où vient se terminer le grand adducteur.

Cette insertion se fait à l’aide d’un tendon très épais et très résistant, qui, relativement étroit à son origine , s’étale bientôt sur la partie postérieure et interne du muscle en une large aponévrose, que l’on peut suivre jusqu’au quart inférieur.

Ce faisceau, faisceau principal du jumeau interne, est renforcé, sur son côté externe, du côté d u creux poplité par conséquent, par une série de faisceaux charnus, qui s’implantent directement sur le condyle.

b. Origine du jumeau externe. — Le jumeau externe est ordinairement un peu moins long et moins épais que l’interne, mais il nous présente des insertions analogues.

Gomme lui, il prend naissance à la partie postérieure du condyle externe : 1° par un fort tendon, qui s’épanouit sur la face postérieure du muscle et qui représente la portion principale ; 2° par des fibres char-

naissance, en haut, chacun sur le condyle fémoral cor IG. iZ'

Fig. 858.

Muscles' de la région postérieure de la jambe, couche superficielle.

Fig. 859.

Les mêmes, après résection de la partie moyenne des jumeaux.

1, jumeau externe. — 1’, extrémité supérieure et 1”, extrémité inférieure de ce muscle, réséqué à sa partie moyenne. — 2, jumeau externe. — 2’, extrémité supérieure et 2”, extrémité inférieure de ce muscle, réséqué à sa partie moyenne.

— 3. soléaire, avec 3’, anneau du soléaire. — 3”, tendon inférieure des deux jumeaux, se fusionnant plus bas avec le tendon du soléaire pour former le tendon d’Achille. — 4, plantaire grêle, avec 4’, son tendon. — o, long fléchisseur des orteils.

— 6, jambier postérieur. — 7, long fléchisseur du gros orteil. — 8, long péronier latéral. — 9, court péronier latéral. — 10, malléole externe. — 11, malléole interne. — 12, creux poplité. — 13, artère poplitée. — 14, biceps crural. — 15, couturier. - 16, droit interne. — 18, demi-membraneux. — 18, demi-tendineux.

— 19, poplité.

MYOLOGIE

nues, situées en dedans de ce dernier et qui s'insèrent directement sur l’os.

Le tendon d’origine du jumeau externe renferme très fréquemment (1 fois sur 8 environ) un noyau fibro-cartilagineux, dont le développement est fort variable et qui est susceptible de s’ossifier, formant ainsi un véritable sésamo'ide intra-tendineux. Pfitzner l’a rencontré 26 fois sur 278 sujets, soit une proportion de 1 sur 10.

c. Terminaison des deux jumeaux. — Les fibres constitutives des deux jumeaux, quelle que soit leur origine, qu’elles se détachent du fémur à l’aide d’un tendon ou qu’elles s’implantent directement sur l’os, se portent toutes en bas et en avant et viennent se terminer sur la face postérieure d’une vaste aponévrose, qui occupe la plus grande partie de la face antérieure du corps musculaire : elle a, en effet, une longueur sensiblement égale à celle du muscle lui-même et, d’autre part, elle remonte, en haut, jusqu’au voisinage des condyles. Cette aponévrose, véritable tendon terminal des jumeaux, se rétrécit graduellement au fur et à mesure qu’elle descend. Elle se dégage entièrement de la portion charnue des jumeaux à la partie moyenne de la jamhe et se fusionne, un peu plus has, avec le tendon terminal du soléaire. Le tendon unique qui en résulte a reçu le nom de tendon d' Achille L

d. Tendon d' Achille. — Le tendon d’Achille est donc le tendon commun des jumeaux et du soléaire. Continuant la direction des deux muscles dont il émane, il se porte verticalement en bas, passe en arrière de l’articulation tibio-tarsienne, gagne la face postérieure du calcanéum et vient se fixer sur la moitié inférieure de cette face. Relativement large à son origine, il se rétrécit légèrement au fur et à mesure qu’il descend, atteint son minimum de largeur en arrière de l’articulation tibio-tarsienne, puis s’élargit de nouveau pour venir prendre son insertion sur le calcanéum. Le tendon d’Achille est sans conteste le tendon le plus volumineux et le plus fort du corps humain : sa longueur est de 5 ou 6 centimètres ; sa largeur, mesurée en arrière de l’articulation tibio-tarsienne, est de 12 à 16 millimètres; son épaisseur, au même niveau, atteint 5 ou 6 millimètres.

2^" Rapports. — A leur partie toute supérieure, les deux jumeaux sont séparés l’un de l’autre par un espace angulaire en forme de V, qui n’est autre que le triangle inférieur du creux poplité.

a) Le jumeau externe répond : en avant, à la coque condylienne externe et au plantaire grêle ; en arrière, au biceps crural, qui le croise obliquement.

P) jumeau interne recouvre, en avant, la coque condylienne correspondante et la portion initiale du muscle poplité; en arrière, il est croisé par le demi-membraneux. Une bourse séreuse, uniloculaire ou cloisonnée {bourse du jumeau interne) sépare l’extrémité supérieure du jumeau interne du condyle sur lequel il s’insère : elle est, selon les cas, ou indépendante ou en communication avec la synoviale du genou (voy. AaTHROLOGiEj.

y) Les deux jumeaux, après leur réunion, recouvrent successivement, par leur face antérieure, le paquet vasculo-nerveux de la région poplitée, le muscle poplité, le tendon du plantaire grêle et le soléaire. Leur face postérieure répond à l’aponévrose superficielle de la jambe, qui la sépare du tissu cellulaire sous-cutané et de la peau. Elle nous présente à sa partie moyenne, au point de contact des deux

‘ Cette dénomination de tendon d’Achille donnée au tendon commun des jumeaux et du soléaire, provient vraisemblablement de ce que le tendon en question prend son insertion sur le talon, c'est-à-dire sur cette partie du corps qui seule, chez Achille, n’avait pas trempé dans la mer et, de ce l'ait, était resté vulnérable. On sait, du reste, que le héros succomba à une blessure que J’.viiis lui avait faite au talon.

RÉGIOxN POSTÉRIEURE DE LA JAMBE

Fig. 8G0.

Coupc sagittale du talon ; A, lo pied étant à l’état de repos (station verticale) ; O, le pied étant en extension (dans la marche).

1, calcanéum. — 2, lendou d’Achille, — 3, bourse séreuse. — 4, paquet adipeux (ou voit, ligure B, que ce paquet graisseux, dans l’extensiou du pied, se projette eu arrière du calcanéum pour combler l’espace angulaire qui se i)roduit à ce moment entre l’os et le tendon. — xx. plan horizontal.

yy^ axe antéro-postérieur du calcanéum, liorizontal dans

la figure A, obliqué dans la figure B.

jumeaux, un sillon longitudinal dans lequel cheminent la veine et le nerf saphènes externes.

S) Quant au tendon (T Achille, recouvert en arrière par l’aponévrose et la peau, il répond, en avant, à la face postérieure de l’articulation tibio-tar-

sienne, dont il est séparé par les tendons des fléchisseurs, par l’aponévrose qui les recouvre et par un volumineux paquet cellulo-adipeux. Tout à fait en bas, immédiatement au-dessus de son insertion, le tendon est séparé du calcanéum par une bourse séreuse, bourse séreuse du tendon d'Achille, qui est plus ou moins développée, mais qui est constante.

Vue en coupe sagittale (üg. 860, A), cette bourse séreuse revêt la forme d’un petit triangle à base supérieure. Sa paroi postérieure répond au tendon; sa paroi antérieure, à la moitié supérieure, lisse et unie, de la face postérieure du calcanéum; sa paroi supérieure, à la couche cellulo-adipeuse, signalée ci-dessus, qui s’amasse en avant du tendon. Il existe là, au niveau de cette paroi supérieure, un petit paquet graisseux, sorte de frange synoviale, qui s’insinue entre le tendon et l’os, pour combler le vide (fig. 860, B) toutes les fois que, par suite de la contraction des gastroenémiens, le tendon d’Achille soulève le calcanéum et s’en écarte.

Au point de vue structural, la bourse du tendon d’Achille nous présente, sur les deux surfaces de glissement, une lame fibro-cartilagineuse, dont l’épaisseur mesure 60 \x contre le tendon d’Achille,

400 [J. sur la surface calcanéenne. Sur leur pourtour, ces deux lames fibro-cartilagineuses se continuent avec la membrane séreuse qui les unit l’une à l’autre.

Le tendon d’Achille nous présente sur sa face postérieure, entre cette face et l’aponévrose, une couche de tissu conjonctif lâche, sorte d’espace séreux, qui favorise ses glissements. Cet espace séreux ne dépasse pas, à droite et à gauche, les bords latéraux du tendon . Il remonte , en haut, jusqu’au corps musculaire; en bas, il des- ggj

cend jusqu’au niveau du bord supérieur du cal- l,, tendon d'Adnilie, vue postécanéum. rieure après ouverture de sa gaine

(T. et J.).

1, peau et tissu cellulaire sous-cutaiié. — 2, aponévrose superficielle, incisée et érignée. — 3, tendon d'Achille. — 4 tissu conjonctif lâche, situé entre le tendon d’Achille et sa gaine. — o, a’, 5 ’, trois bourses séreuses superficielle (supérieure, moyenne et inférieure). — 0, 0’, bourses séreuses latérales (sous-angulo-calcanécnnes postérieures de Bovis

MYOLOGIE

Signalons enfin, dans le tissu cellulaire sous-cutané, et au voisinage de l’insertion calcanéenne du tendon d’Achille, un certain nombre de petites bourses muqueuses, toujours très variables par leur nombre et leur situation. De Bovis en signale trois, disposées comme suit (fig. 861) : une supérieure, du diamètre d’une grosse lentille, placée un peu au-dessus du bord supérieur de la face postérieure du calcanéum ; une moyenne, un peu plus petite que la précédente et située à 2 ou 3 millimètres au-dessous; uwq inférieure, située à 3 ou 4 millimètres au-dessous de la moyenne. Latéralement existent deux toutes petites bourses placées sous chacun des angles postérieurs et inférieurs du calcanéum (de Bovis). Ces bourses muqueuses sont loin d’être constantes.

3° Innervation. — Les deux jumeaux reçoivent leurs nerfs du sciatique poplité interne, l’une des branches de bifurcation du grand sciatique. Ces nerfs pénètrent le corps musculaire par sa face antérieure et dans son tiers supérieur.

4® Action. — Les jumeaux, agissant sur le talon, élèvent cette saillie osseuse et étendent ainsi le pied sur la jambe. Si le pied repose sur le sol, les jumeaux, en élevant le talon, élèvent en même temps le membre inférieur et le tronc tout entier. Ils sont, avec le soléaire, les muscles essentiels de la marche.

Secondairement, les jumeaux, après avoir placé le pied dans l’extension, fléchissent la jambe sur la cuisse.

Variétés. — J’ai pu, sur quelques sujets, isoler entièrement les deux jumeaux jusqu’au tendon d’Achille. — Les jumeaux peuvent être renfoi cés par des faisceaux surnuméraires, provenant, suivant 1rs cas : 1° des muscles de la région postérieure de la cuisse, biceps et demi-tendineux: 2° du grand adducteur; 3® de la portion sus-condylienne du fémur [gastrocnemius terthis de Krause). — Macalister signale la transformation du jumeau externe en une masse fibreuse. — ScHEFFERD {Montréal' S général Hospital Reports, vol. I, 1880) a noté sa disparition complète.

Au sujet du sésamoïde du jumeau externe, voyez la monographie de Ghuber dans les Mém. de V Acad. irnp. de Saint-Pétersbourg de 1873 et l’article de Osx dans le Zeitschr. f. Anat. il. Entvnckl., de 1876.

2^^ — Soléaire

Le soléaire (fig. 859, 3), ainsi appelé à cause de sa forme, qui l’a fait comparer à une semelle de soulier (soleus, de solea, semelle), est un muscle à la fois très large et très épais, situé au-dessous des deux jumeaux.

Insertions. — Il prend naissance, en haut, sur le péroné, sur le tibia et, entre ces deux os, sur une arcade fibreuse qui les unit l’un à l’autre. — Les insertions péronières se font : 1° sur la partie postéro-interne de la tête du péroné ; 2° sur la moitié postérieure de son bord externe; 3® sur le tiers supérieur de sa face postérieure. Les fibres charnues s’insèrent à l’os par l’intermédiaire d’une aponévrose, à la fois très large, très épaisse, très résistante, qui s’étale sur la face antérieure du corps musculaire. — Les msertions tibiales se font : 1° sur la ligne oblique du tibia, immédiatement au-dessous du muscle poplité ; 2® sur le tiers moyen de son bord interne. Ici encore, les faisceaux charnus s’attachent à l’os à l’aide d’une large aponévrose qui, comme la précédente, répond au plan antérieur du muscle. — Les insertions inter niédiair es au péroné et au tibia s>q font sur une bandelette fibreuse disposée en arcade et appelée arcade dit soléaire (fig. 862, 3). Elle naît, en dehors, sur la tête du péroné. De là, elle se porte obliquement en bas et en dedans et vient se terminer au niveau de la ligne oblique du tibia, en partie sur cette ligne oblique, en partie sur l’aponévrose du poplité. Par son bord antérieur, concave, l’arcade du soléaire répond aux vaisseaux poplités et au nerf sciatique

RÉGION POSTÉRIEURE DE LA JAMBE

poplité interne, qui passent au-dessous d’elle comme au-dessous d’un pont [anneau du soléaire). Par son bord postérieur, convexe, elle donne naissance à des faisceaux charnus descendants, qui se mêlent, sans ligne de démarcation aucune, à ceux issus du péroné et du tibia.

Au total, abstraction faite de l’insertion à l’arcade, insertion qui est pour ainsi dire accessoire, le soléaire s’insère sur le péroné et sur le tibia à l’aide de deux lames fibreuses, toutes les deux très larges et très hautes, qui répondent au plan antérieur du muscle et qui, primitivement distinctes , ne tardent pas à se réunir par leurs bords correspondants pour former une lame unique. Or, il est à remarquer que, si la plus grande partie des fibres constitutives du soléaire naissent sur la face postérieure de cette lame fibreuse, il y en a aussi un certain nombre qui se détachent de sa face antérieure. Il en résulte que la lame en question, tout en étant plus rapprochée de la face antérieure du muscle que de sa face postérieure, se trouve, en réalité, située dans son épaisseur (fig. 863, 8') : c’est V aponévrose intramusculaire du soléaire des chirurgiens, point de repère important pour la ligature de la tibiale postérieure.

Quelle que soit leur origine , les fibres du soléaire se dirigent toutes en bas : les moyennes, verticalement externes, obliquement en bas et en dedans; les fibres internes, obliquement en bas et en dehors.

Finalement, elles se jettent sur la face antérieure et sur les bords d’une nouvelle aponévrose, aponévrose de terminaison , qui s’étale à la face postérieure du corps musculaire et qui remonte jusqu’au tiers supérieur de la jambe . Cette aponévrose , très

L’anneau du soléaire, vue postérieure (côte droit).

1, muscle poplité revêtu de son aponévrose.

— 2, muscle soléaire. — .3, arcade du soléaire.

— 4, 4’, artère et veines poplitées (sur ce sujet la veine poplitée, à sa partie inférieure, était double). — 5, artère et veines tibiales postérieures. — 6, artère et veines péronières (sur ce sujet le tronc tibio-péronier était extrêmement court). — 7, nerf sciatique poplité interne. — 4, nerf tibial postérieur.

les fibres

large en haut.

très large encore

a sa partie moyenne, se rétrécit au fur et à mesure qu’elle des-

Goupe transversale de la jambe à l’union de son tiers supérieur avec son tiers moyen (partie

postérieure de la coupe pour montrer l’aponévrose intramusculaire du soléaire).

péroné. 3, membrane haerosseuse. — 4, artère tibiale postérieure et ses veines.

~ ^1 lîiuscle tibial postérieur. — 7, fléchisseur commun des orteils. — 8, soléaire.

1, tibia. péroné. meniûrane iiuerosseuse. — 4, artère tibiale postérieure et ses veines. — 5, artère péro-

nière et ses veines. — G, muscle tibial postérieur. — 7, fléchisseur commun des orteils. — 8, soléaire, avec 8’, son aponévrose intramusculaire. 9, jumeau interne. — fO, jumeau externe. — 11, tendon du plantaire grêle. — 12, long peronier latéral. 13, veine et nerf saphènes externes. — 14, veine et nerf saphènes internes. — lo, peau. — IG, tissu cellulaire sous-cutané. — 17, aponévrose snperficielle. — 18, aponévrose profonde.

MYOLOGIE

cend et, arrivée à 4 ou o centimètres au-dessus du calcanéum, se fusionne avec l’aponévrose des jumeaux pour former le tendon d’Achille (voy. le muscle précédent). Cette fusion des deux lames aponévrotiques ou plutôt tendineuses se fait suivant une ligne qui est oblique de haut en bas et de dehors en dedans. Par l’intermédiaire du tendon d’Achille, le soléaire se fixe au calcanéum.

2^ Rapports. — Le soléaire, envisagé au point de vue de ses rapports, nous offre à considérer deux faces (l’une postérieure, l’autre antérieure) et deux bords (l’iin externe, l’autre interne). — ^di face postérieure ou superficielle répond au plantaire grêle et aux jumeaux. — Sa /ace antérieure ou profonde recouvre les muscles tibial postérieur, fléchisseur commun des orteils et fléchisseur propre du gros orteil, ainsi que le nerf tibial postérieur, le tronc artériel tibio-péronier et les deux branches qui en partent. — Son bord interne et son bord externe, se dégageant de la masse des jumeaux, se mettent en rapport avec l’aponévrose superficielle et la peau.

3° Innervation. — Le muscle soléaire est innervé à la fois : P par des rameaux postérieurs, qui proviennent du sciatique poplité interne et le pénètrent par sa face superficielle, au niveau de son tiers supérieur ou de son tiers moyen ; 2® par un rameau antérieur, qui émane du nerf tibial postérieur et qui le pénètre par sa face profonde an niveau de son tiers moyen ou de son tiers inférieur.

¥ Action. — Comme les jumeaux, le soléaire étend le pied sur la jambe et agit puissamment dans la marche et le saut.

Variétés. — J’ai vu, dans un cas, la j)orüon tibiale du soléaire réduite à un tout petit faisceau ; les faisceau.v tibiauv font défaut chez presque tous les singes. — Le soléaire peut s’insérer directement sur le calcanéum, comme on l’observe normalement chez la plupart des anthropoïdes (Bank.\rï, Pye-S.mith et Piiiups, Ciin/s Hospital Reports, vol. XIV). — On rencontre quelquefois, à côté du soléaire normal, un soléaire surnuméraire, qui se termine généralement sur le cailcanéum en dedans do lui, mais qui présente les origines les plus diverses : ligne oblique du tibia, surface du soléaire lui-même, aponévrose jambière ]»rofonde, etc. — Dans un cas ({ui est peut-être unique, j'ai rencontré sur le même sujet, à la face postérieure de la jambe droile, un soléaire surnuméraire et un long accessoire des lléchisseurs. (]>. 1034), tous les deux très développés et fusionnés ensemble en un inusclv unique. Ce muscle surnuméraire recouvrait entièrement les deux artères péronière et tibiale postérieures. — Cruber a signalé [Arch.f. Anal. u. Phys., 1878, p. 474) un faisceau surnuméraire tjui, détaché du tibia, venait se perdre sur l’arcade du soléaire et la tendait par ses contractions.

3"' — Plantaire grêle

Le plantaire grêle (8o9, 4) est un tout petit muscle, aplati et triangulaire, situé à la face postérieure de l’articulation du genou, au-dessous et un peu en dedans du jumeau externe.

l'' Insertions. — Il s’insère, en haut sur la partie la plus élevée du condyle externe du fémur, sur la capsule de l’articulation du genou et sur le tendon d’origine du jumeau externe.

De là, il se porte obliquement en bas et en dedans et se termine, après un trajet qui varie de 5 à 12 centimètres, sur un tendon aplati et fort mince, presque filiforme. Ce tendon, continuant la direction du corps musculaire, chemine tout d’abord dans la nappe celluleuse qui s’étale entre le soléaire et les jumeaux. Puis, se dégageant de cette couche celluleuse, il vient se placer sur le bord interne du tendon d'Achille, le longe pendant quelque temps et se termine, enfin, soit sur ce tendon, soit sur le calcanéum à côté de ce dernier. On le voit aussi, dans certains cas, se perdre dans le tissu cellulaire de la région du talon.

RÉGION POSTÉRIEURE DE LA JAMBE 1013

2“ Rapports. — Ils diffèrent selon que Ton considère la moitié supérieure ou la moitié inférieure :

a) Dans sa moitié supérieure , le plantaire grêle est recouvert par les jumeaux et recouvre successivement le ligament postérieur du genou, le poplité et le soléaire. Le paquet vasculo-nerveux du creux poplité se trouve situé sur son côté externe.

P) Dans sa moitié inférieure, le muscle, réduit à un simple tendon, longe le côté interne du tendon d’Achille et en partage les rapports.

3® Innervation. — Le plantaire grêle est innervé par le sciatique poplité interne Le rameau qui lui est destiné, toujours très grêle, le pénètre par sa face profonde au voisinage de son bord interne.

¥ Action. — La destination primitive du plantaire grêle est de se fusionner avec l’aponévrose plantaire et de s’insérer, par son intermédiaire, sur les premières phalanges des orteils ; telle est la disposition qu’on rencontre chez un grand nombre d’animaux et notamment chez les singes inférieurs. Chez l’homme, ce muscle n’existe qu’à l’état de vestige et il n’est fixé au calcanéum que par insertion consécutive . Tel qu’il est, il devient un auxiliaire des jumeaux et du soléaire et prend à l’extension du pied une part plus ou moins considérable, qui est naturellement en rapport avec son développement.

Variétés. — Le plantaire grêle est très variable, comme tous les organes rudimentaires. — Il peut être renforcé par un faisceau surnuméraire [m. biceps). — Anormalement, le plantaire grêle prend naissance au-dessous du condyle externe ; 1® sur le tibia ; 2° sur l'aponévrose du muscle poplité ; 3® sur le péroné ; 4® sur l’aponévrose de la jambe; 5® sur les muscles voisins. — D’autre part, il peut se terminer au-dessus du calcanéum ; 1» sur le ligament annulaire iuterne ; 2» dans le tissu cellulaire situé entre les jumeaux et le soléaire. — Linhart {OEsterr. med. Wochenschrift, 1846, p. 14) l’a vu se fixer sur la synoviale articulaire du cou-de-pied. — Le muscle peut enfin, par un retour à sa destination première, s’insérer sur l’aponévrose plantaire. — Ce faisceau tenseur de l’aponévrose peut même ne pas remonter jusqu^’au condyle ; ’Wood fa vu se détacher du péroné : AndersoxX et moi-même, de la ligne oblique du tibia. — L’absence du plantaire grêle est fréquente, moins fréquente cependant que celle du petit palmaire, son homologue au membre thoracique.

4*^ — Poplité

La poplité (fig. 864, 7) est un muscle court, aplati et triangulaire, situé à la partie postérieure du genou, au-dessous des jumeaux et du plantaire grêle.

1° Insertions. — Il s’insère, en haut, sur la partie postérieure et externe du condyle externe, dans une fossette généralement très marquée. Il contracte en outre, au-dessous du condyle, des connexions intimes avec le cartilage semilunaire correspondant et avec la capsule articulaire du genou.

Delà, il se porte obliquement en bas et en dedans, s’élargit en éventail et vient se fixer : 1° sur la lèvre supérieure de la ligne oblique du tibia ; 2° sur toute la portion de la face postérieure de cet os qui est située au-dessus de cette ligne.

2“ Rapports. — Le poplité est recouvert, en arrière, par les deux jumeaux, le plantaire grêl'e, les vaisseaux poplités et le nerf sciatique poplité interne.

11 recouvre, en avant, la face postérieure de l’articulation du genou, sur laquelle il glisse à l’aide d’une bourse séreuse. Cette bourse séreuse [bourse du poplité), qui dépend de la grande synoviale articulaire (voy. Arthrologie), descend ordinairement jusqu’à la partie moyenne du péroné.

De ses deux bords, le bord supérieur, oblique en bas et en dehors, répond au contenu du creux poplité, son bord inférieur, obliquement dirigé comme le pré-

MYOLOGIE

cèdent en bas et en dedans, longe dans toute son étendue les insertions supérieures du soléaire.

3° Innervation. — Le muscle poplité est innervé par le sciatique poplité interne. Il reçoit, en outre, au voisinage de son bord inférieur, un rameau accessoire issu du nerf tibial postérieur.

4° Action. — Il fléchit la jambe sur la cuisse, en lui faisant exécuter en même temps un léger mouvement de rotation en dedans.

Variétés. — Ringhoffer {Vircliow's Arch., t. XIX) a constaté l’absence du muscle poplité. — Ce muscle peut être renforcé par un faisceau additionnel situé au-dessus de lui et inséré également sur le condyle. Le poplité présente alors deux têtes : c'est un vrai muscle biceps (voy. à ce sujet Wagstaffe, Journ. of Anat. and Phys., 1871, p. 214 et Gruber (.4?’c/i. f. Anat. u. Phy'<., 187o, p. 599). — A consulter Fürst, Der Musc. popUteus u. seine Sehne, Lund, 1903 ; Taylor and Bonney, On the homology of the popliteus muscle, Journ. of Anat. and Physiol., 1903.

Pronateur tr.ynsverse de la jambe. — Ce faisceau musculaire, homologue du carré pronateur du membre thoracique, a été signalé et décrit par Gruber [Arch. f. Anat. u. Phys., 1877, p. 401) sous le nom àQ pei'oneo-tibialis. Très variable dans son développement, il est situé au-dessous du poplité et s’étend transversalement de l’extrémité supérieure du péroné à la partie correspondante du tibia. Ce faisceau se rencontrerait 8 fois sur 100 sujets d’après les recherches de Krause et de Knott [Proc, of the Roy. Irish Acad., 1871, p. 427) ; il est constant chez un grand nombre de singes inférieurs.

— Long fléchisseur commun ou fléchisseur tibial

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