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COULISSES ET SYNOVIALES DES MUSCLES DE LA JAMBE

sition en anse des faisceaux constitutifs du ligament annulaire profond est, sans doute, très manifeste chez certains animaux, notamment chez le chien et le Simia cynomolgus (Retziüs) ; mais il faut bien convenir qu’elle est beaucoup moins nette chez l’homme.

Quoi qu’il en soit de la signification morphologique des cloisons sagittales qui unissent l’une à l’autre la portion profonde et la portion superficielle du ligament annulaire antérieur du tarse, ces cloisons existent et partagent le large espace compris entre les deux portions en quatre espaces secondaires (lîg. 868), savoir : R au niveau même du creux calcanéo-astragalien, un espace elliptique, fermé en arrière par les faisceaux fibreux du sinus tarsi ; cet espace est occupé par l’extrémité postérieure du muscle pédieux, qui y prend la plus grande partie de ses origines; 2® en dedans de la loge du pédieux, un deuxième espace ouvert en haut et en bas, véritable canal ou coulisse dans laquelle s’engagent le tendon du péronier antérieur et les tendons de l’extenseur commun des orteils ; elle est limitée eu dedans par la fronde de Vextenseur commun de Retzius ; 3° en dedans de la coulisse de l’extenseur commun, un troisième espace, disposé encore en forme de canal, c’est la coulisse de l’extenseur propre du gros orteil, limitée en dedans par la fronde de Vextenseur propre de Retzius; 4° enfin, en dedans de la coulisse de l’extenseur propre, un quatrième espace occupé par le jambier antérieur, c’est la coulisse du jambier antérieur ; nous avons déjà dit plus haut qu’elle résultait du dédoublement de la branche supérieure du ligament annulaire antérieur du tarse ou, plus exactement, du dédoublement de sa portion superficielle. 11 convient d’ajouter que le paquet vasculo-nerveux de la région, en descendant de la région antérieure de la jambe à la région dorsale du pied, ne s’engage dans aucune des coulisses précitées : il passe, comme nous le montrent nettement les figures 868 et 869, immédiatement en arrière de la portion profonde du ligament, un peu en dedans du tendon de l’extenseur propre du gros orteil.

B. Ligament annulaire externe du tarse. — Le ligament annulaire externe (fig. 870, 1 1) est encore une bande fibreuse, jetée obliquement sur les tendons des deux péroniers latéraux. Elle se détache, en haut, du sommet et du bord postérieur de la malléole externe et vient se terminer, en bas, sur la face externe du calcanéum. La gaine ostéo-fibreuse qu’elle contribue à former est d’abord unique. Une cloison, détachée de sa face profonde et fixée d’autre part au calcanéum, la divise, plus bas, en deux coulisses secondaires : l’une, supérieure, pour le court péronier; l’autre, inférieure, pour le long péronier.

G. Ligament annulaire interne du tarse. — Le ligament annulaire interne (fig. 870, 12), situé, comme son nom l’indique, sur le côté interne du cou-de-pied, s’étend obliquement du bord postérieur et du sommet de la malléole interne à la partie postérieure et inférieure de la face interne du calcanéum. Deux fortes cloisons, détachées de sa face profonde et fixées d’autre part sur le squelette de la région (tibia, astragale et calcanéum), circonscrivent trois coulisses à direction curWligne , comme les tendons auxquels elles livrent passage . En allant d’avant en arrière, la première de ces coulisses loge le jambier postérieur; la seconde laisse passer le long fléchisseur commun des orteils ou fléchisseur tibial; la troisième est destinée au long fléchisseur propre du gros orteil ou fléchisseur péronier. Entre ces deux dernières coulisses, mais sur un plan un peu plus superficiel , existe une quatrième et dernière gaine pour les vaisseaux et nerfs tibiaux postérieurs.

MYOLOGIE

D. Rapports des ligaments annulaires avec les aponévroses voisines. — Gomme au poignet, les trois ligaments annulaires du tarse se continuent, par leurs liords, avec les aponévroses voisines : en haut, par l’aponévrose jambière ; en bas, avec l’aponévrose dorsale du pied et l’aponévrose plantaire. Cette continuité est intime, de telle sorte qu’on peut, jusqu’à un certain point, considérer ces ligaments comme des portions de l’aponévrose d’enveloppe du membre, épaissie et renforcée au niveau du cou-de-pied par des fibres nouvelles à direction transversale ou oblique.

2° Synoviales tendineuses. — Chacune des coulisses ostéo-fibreuses que nous venons de décrire est tapissée, sur sa face interne, par une synoviale destinée à favoriser le glissement du tendon ou des tendons auxquels elle livre passage . Nous avons ainsi, autour de l’articulation tibio- tarsienne, huit synoviales ou bourses séreuses , dont trois h la région antérieure, deux à la région externe, trois à la région postéroin terne.

a. Synoviales antérieures. — A la région antérieure (üg. 87ü,A), la bourse séreuse du ja mbier antérieur , qui est la plus interne, remonte en haut jusqu’à 3 ou 4 centimètres au-dessus du ligament annulaire. Elle s’arrête, en bas, au niveau de l’articulation de l’astragale avec le scaphoïde . — La bourse sereuse du long extenseur propre du gros orteil commence un peu au-dessus de l’interligne articulaire tibio-tarsienne et descend jusqu’au premier métatarsien ou même — La bourse séreuse de V extenseur commun 3 centimètres au-dessus de l’articulation tibio-

Fi^. 870.

Coulisse, s et gaines synoviales des tendons des muscles de la jambe : A, vue antérieure; B, vue externe; G, vue interne.

1, jambier antéri>'ur, avec 1’, sa gaine. — 2, exlenscur propre du gros orleil, avec 2‘, sa gaine. — e.xtcnseur commun des orteils, avec 3’, sa gaine. — 4, péronier anlérieur, dont la gaine 4' se confond avec celle de l’extenseur commun. — 5, long péronier latéral, avec 5’, sa gaine. — G, court péronier latéral, avec G’, sa gaine qui, en haut, se confond avec celle du long péronier. — 7, jambier postérieur, avec 7 , sa gaine. — 8, fléchisseur commun, avec 8’, sa gaine. — 9 , fléchisseur du aros orteil, avec 9 , sa gUne. — 10, ligament annulaire antérieur. — 11, ligament annulaire ex I crue. — 12, ligament annulaire interne.

jusqu’à la première phalange, remonte, en haut, jusqu’à 2 ou tarsienne et s’étend, en bas, jusqu’au scaphoïde.

APONEVROSE DE LA JAMBE

b. Synoviales externes . — A la région externe (fig. 870, B), nous rencontrons la bourse séreuse des péroniers, qui commence à 3 ou 4 centimètres au-dessus du sommet de la malléole externe et s’arrête, en bas, au niveau de l’articulation du calcanéum avec le cuboïde. Simple en haut, comme la coulisse ostéo-fibreuse qu’elle tapisse, elle se dédouble en bas et se termine par deux culs-de-sac, réservés à chacun des deux péroniers.

Indépendamment de cette gaine séreuse, que nous pourrions appeler sa gaine supérieure, le long péronier latéral possède à la* région plantaire une nouvelle gaine séreuse, la gaine inferieure ou plantaire du long péronier, qui commence au niveau du cuboïde et se continue jusqu’au premier métatarsien.

Les deux bourses séreuses du long péronier latéral communiquent quelquefois entre elles, mais elles sont le plus souvent indépendantes, séparées l’une de l’autre par une cloison disposée en sens sagittal.

ç,. Synoviales postéro-internes. — A la région postéro-interne (fig. 870, Gj, la bourse séreuse du jamhier postérieur s’étend, en haut, jusqu’à 4 centimètres audessus de l’interligne articulaire tibio-tarsien. Les deux autres gaines, la gaine du fléchisseur commun et la gaine du fléchisseur propre, sont un peu moins étendues : elles remontent rarement à plus dei2 centimètres au-dessus de l’articulation tibio-tarsienne.

Du côté de la région plantaire, les trois bourses séreuses de la région interne ont généralement comme limite commune la ligne articulaire qui unit la première rangée du tarse à la deuxième rangée.

Au niveau des orteils, et sur chacun d’eux, les tendons des fléchisseurs sont entourés d’une nouvelle bourse séreuse qui leur permet de glisser sur les phalanges. Ces gaines synoviales des orteils présentent la même disposition générale que celles des doigts. Elles sont toutefois beaucoup plus courtes : elles ne dépassent pas, en arrière, la tête des métatarsiens.

Voyez, à ce sujet, A. Bouchard : Essai sur les gaines synoviales tendineuses du pied, Th. de Strasbourg, 1856 ; — Chemin, Rech. sur les gaines synoviales Lendineuses du pied, G. R.,. Soc. de Biol., 1896 ; — Juvara, Contrib. à V étude des gaines fibreuses et synoviales des tendons des péroniers latéraux, Arch. Sc. méd., 1899 ; — Lunghetti, Contrib. alla conoscenza dello sviluppo delle sinoviali tendinee e muscolari delpiede, Arch. Anat. e Embriol., 1907 ; — Lower a. Tanner, Synov. membranes with spec. references to thore relativ to the tendons of tke foot and ankle, Journ. of Anat. and Physiol., 1908 ; — Lucien, Dével. des coulisses fibreuses et des gaines synoviales annexées aux péroniers latéraux, BibJiogr. Anat., 1908;— Du même, Dével. des coulisses fibreuses et des gaines synoviales annexées aux tendons du cou-de-pied, ibid., 1908.

§ V. — Aponévrose de la jambe

Gomme la cuisse, la jambe est entourée d’une aponévrose qui affecte dans son ensemble la forme d’un cylindre creux ou d’un manchon. En passant sur la face interne du tibia, qui, comme on le sait, n’est recouvert par aucune formation musculaire, cette aponévrose adhère au périoste et se confond avec lui. De là cette description, donnée par bon nombre d’anatomistes, que l’aponévrose jambière n’est pas un cylindre complet, mais une simple gouttière dont les deux~ bords s’insèrent, l’un sur le bord interne, l’autre sur le bord antérieur du tibia, et sont séparés l’un de l’autre par la face interne de ce dernier os. Le manchon aponévrotique de la jambe nous offre à considérer une extrémité supérieure , une extrémité inférieure et deux surfaces, l’une extérieure, l’autre inférieure :

1° Extrémité supérieure. — Son extrémité supérieure fait suite à l’aponévrose

IMYOLOGIE

de la cuisse et prend de fortes attaches, comme nous l’avons déjà vu, sur les principales saillies de la région : tubérosités du tibia, tête du péroné, rotule.

2° Extrémité inférieure. — Son extrémité inférieure se continue, de même, avec les aponévroses du pied, en formant autour de l’articulation tibio-tarsienne les trois ligaments annulaires que nous venons de décrire.

3° Surface extérieure. — Sa surface extérieure ou superficielle répond à la peau, dont elle est séparée par les nerfs superficiels (cutané péronier, musculo-cutané,

saphène externe) et par un riche réseau veineux dont les deux branches principales sont la saphène interne etla saphène externe.

4” Surface intérieure. — Sa surface intérieure ou profonde est en rapport avec les masses musculaires de la jambe, auxquelles elle envoie des gaines plus ou moins importantes.

a . Cloisons intermusculaires . — Elle donne naissance sur son côté externe (fig. 871) à deux cloisons fibreuses, dites cloisons inter musculaires, qui se dirigent vers le péroné et se fixent, V antérieure au bord antérieur de cet os, la postérieure à son bord externe.

b. Loges musculaires . — Il résulte d’une pareille disposition que l’espace circonscrit par l’aponévrose jambière est divisé en trois loges distinctes, renfermant chacune l’un des groupes musculaires que nous avons admis plus haut, savoir :

a) Une loge antérieure, destinée aux muscles de la région antérieure de la jambe;

Pj Une loge externe, occupée par les deux péroniers latéraux ;

y) Une loge postérieure , renfermant les muscles de la région postérieure. Cette dernière loge est elle-même subdivisée en deux loges secondaires par une nouvelle cloison intermusculaire, V aponévrose jambière profonde, qui s’étend du bord interne du tibia au bord externe du péroné, en passant : U en arrière du poplité du jambier postérieur et des longs fléchisseurs des orteils ; 2° en avant du soléaire, des jumeaux et du plantaire grêle.

5° Structure. — Au point de vue de sa structure, l’aponévrose d’enveloppe de la jambe, beaucoup plus épaisse en avant qu’en arrière, est constituée par des fibres transversales et par des fibres verticales plus ou moins obliques, qui s’entrecroisent avec les premières dans tous les sens et sous tous les angles. Nous avons vu plus haut, et nous le rappellerons ici en passant, qu’un certain nombre de muscles, notamment le demi-tendineux, le biceps, le couturier, le droit interne, envoyaient à la partie supérieure de l’aponévrose jambière de nombreux faisceaux de renforcement et méritaient ainsi le nom de muscles tenseurs de V aponévrose.

Fig. 871.

Los aponévroses de la jambe, vues sur une coupe horizontale passant à l’union du tiers supérieur avec le tiers moyen.

1, tibia. — 2, péroné. — 3, membrane interossouse. — 4, ])ean. — 5, tissu cellulaire sous-culané.

— C, aponévrose jambière superficielle. — 7, cloison intermusculaire antéro-externe. — 8, cloison inlermusculairc posléro-exlernc. — 9, aponévrose jambière profonde. — 10, loge antérieure. — 11, loge externe. — 12, loge postérieure, avec : 12’, sa partie superficielle pour les muscles de la couche superficielle : 12”, sa partie profonde pour les muscles de la couche profonde. — 13. artère tibiale antérieure.

— 14, artère tibiale postérieure et nerf tibial postérieur. — 15, artère péronière. — l(i, nerf tibial antérieur.

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