‹ Traité d'anatomie humaine (volume 3)Chapitre 46 sur 176 · OS DE L’ÉPAULE · texte numérisé non relu

OS DE L’ÉPAULE

du scapulum, donne insertion au faisceaux externes ou axillaires du muscle sousscapulaire.

3° Bords. — Destrois bords de l’omoplate, l’un regarde en dedans {bord interne), le second en dehors {bord externe), le troisième en haut {bord supérieur) :

a. Bord interne. — Le hord interne ou spinal, sensiblement rectiligne dans ses trois quarts inférieurs, s’incurve un peu en dehors à partir du point où il rencontre l’épine. Il est donc constitué par deux portions, faisant l’une avec l’autre un angle plus ou moins ohtus. Sur sa lèvre postérieure viennent s’attacher le sus-épineux et le sous-épineux. Sur sa lèvre antérieure s’insère le grand dentelé. Son interstice donne insertion, en haut, au muscle angulaire et, dans le reste de son étendue, au muscle rhomboïde.

b. Bord supérieur. — Le bord supérieur ou cervical est mince et tranchant. Il se termine en dehors par une petite échancrure , V échancrure coracoïdienne , qu’un ligament convertit en trou et dans laquelle passe le nerf sous - scapulaire . Le muscle omo-hyoïdien prend naissance sur ce bord, immédiatement en arrière et en dedans de Ééchancrure.

c. Bord externe. — Le bord externe ou axillaire, que l’on décrit ordinairement comme étant fort épais, se trouve au contraire fort mince, si on lui enlève, pour la rattacher à la région de la fosse sousscapulaire, la gouttière longitudinale que nous avons signalée plus haut. Ce bord se termine en haut par une petite facette triangulaire rugueuse, la facette sous-glénoïdAenne , où vient s’insérer la longue portion du triceps branchial.

4® Angles. — Les trois angles de l’omoplate se distinguent, d’après leur situation, en supérieur, inférieur et antérieur :

a. Angle supérieur. — L’angle supérieur, formé par la rencontre du bord spinal avec le bord cervical, est tantôt droit, tantôt aigu. Sa forme et son développement dépendent du volume du muscle angulaire, qui vient y prendre ses insertions d’origine.

b. Angle inférieur. — L’angle inférieur, formé par la rencontre du bord spinal avec le bord axillaire, est arrondi et donne insertion au sous-scapulaire, au grand rond, aux faisceaux inférieurs du grand dentelé, quelquefois même à un faisceau surnuméraire du grand dorsal.

c. Angle antérieur. — L’angle antérieur tronqué nous présente tout d’abord une large surface articulaire, dite cavité gléno'ide. Cette cavité a la forme d’un ovale à grand diamètre vertical et à grosse extrémité dirigée en bas : elle regarde obliquement en dehors, en avant et en haut. Faiblement excavée sur le squelette, elle est entourée, à l’état frais, par un bourrelet fibro-cartilagineux qui en augmente la profondeur (voy. Arthrologie).

La cavité glénoïde est rattachée au corps de l’omoplate par une portion osseuse plus ou moins rétrécie, à laquelle on donne le nom de col de l’omoplate.

De l’espace compris entre l’extrémité supérieure de la cavité glénoïde et l’échan-

Fig. 265.

Omoplate, vue par son bord externe ou axillaire.

1, bord axillaire. — angle inférieur.

— 3, cavité glénoïde. — 4, acromion.

— 5, apophyse coracoïde.

crure coraçoïdienne se détache une forte apophj-se, que les anciens anatomistes ont comparée à un bec de corbeau et appelée, pour cette raison, apophyse coracoïde (de xopaç, corbeau, et stSoc, forme). Cette apophyse se dirige tout d’abord en haut et en avant ; puis, changeant brusquement de direction, elle se porte presque horizontalement en dehors. On lui considère : i° une base, très large, faisant corps avec l’os ; 2° un sommet, mousse et arrondi, où vient s’insérer le tendon commun à la courte portion du biceps et au coraco-brachial ; 3® \m& face supérieure , portant sur sa partie la plus reculée une série de rugosités pour les attaches des ligaments coracoclaviculaires ; 4° une face inférieure, regardant l’articulation, et criblée de petits trous vasculaires ; 5° un bord externe, donnant insertion au ligament acromiocoracoïdien ; 6° un bord interne, enfin, où viennent se fixer le tendon du petit pectoral et quelquefois une forte expansion du muscle sous-clavier.

5® Conformation intérieure. — L’omoplate est presque exclusivement formée par du tissu compacte. On trouve cependant du tissu spongieux, mais en quantité fort variable, sur les points suivants : dans l’angle antérieur, au niveau de l’épine, le long du bord axillaire et dans les deux apophyses coracoïde et acromiale.

Connexions. — L’o rioplate s’articule avec deux os : 1° en haut, au niveau de l’acromion, avec la clavicule ; 2° en dehors, au niveau de la cavité glénoïde, avec l’humérus.

Insertions musculaires. — L'omoplate donne insertion à dix-sept muscles. Ces muscles, sont (fig. 266, A et B) ;

a. Sur la face postérieure : le sus-épineux (1), le sous-épineux (2), le petit rond (4) et le grand rond (3)

b. Sur l'épine et Vacromion : le trapèze (5) et le deltoïde (6).

c. Sur la face antérieure : le sous-scapulaire (7) et le grand dentelé (8).

Fig. 260.

L’omoplate avec les insertions musculaires : A, face antérieure; B, face postérieure. (Pour la signiücation des chilfres se reporter aux Insertions musculaires.)

d. Sur le bord spinal : le grand dentelé (8), le grand et le petit rhomboïdes (9 et 9’), l’angulaire (10).

e. Sur le bord supérieur : l’omo-hyoïdien (11).

f. Sur le bord axillaire: la longue portion du triceps brachial ou long triceps (12).

g. Sur l'angle externe : la longue portion du biceps brachial ou long biceps (13).

h. Sur Vapopjhyse coracdide : la courte portion du biceps brachial ou court biceps (13’), le coracobrachial (14), le petit pectoral (15) et, quelquefois, le sous-clavier.

i. Sur l’angle inférieur : le rhomboïde (9) et quelquefois le grand dorsal (16).

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Développement. — L’omoplate se développe par huit points d’ossiflcation, un poinl priniilif cl sept points secondaires :

a. Point primitif. — Le point primitif fait son apparition vers la lin du deuxième mois de la grossesse, du quarante-cinquième au soixantième jour. 11 se montre au centre de la fosse sousscapulaire et. delà, rayonne vers les bords. Il est constitué au début par deux traînées osseuses, l’une supérieure, l’autre inférieure, séparées l’une de l’autre par une ligne transparente qui, partant du tiers supérieur de la cavité glénoïde, se porte transversalement vers le bord spinal. Aux dépens du point primitif se forment le corps de l’os et la plus grande partie de l’épine.

b. Points secondaires . — Les points secondaires, au nombre de sept ou huit, se répartissent de la façon suivante : deux pour l’apophyse coracoïde, un pour l’acromion, deux pour la cavité glénoïde, un pour l’angle inférieur, un pour le bord spinal (voy. fig. 267).

Des Aqux points coracdidiens, l’un, le principal (2), forme la plus grande partie de l’apophyse coracoïde; le second (3), moins important, répond à la région de la base et recouvre la ligne de soudure de l’apophyse avec le corps de l’os. On rencontre assez souvent un troisième point coracoïdien (3) pour le sommet ou bec de l’apophyse.

Le point acromial, constitué primitivement par deux points distincts qui ne tardent pas à se fusionner (fig. 267,4, et 4’), répond, non pas à l’acromion tout entier, mais à sa moitié externe seulement ; sa moitié interne se développe, comme l’épine de l’omoplate, aux dépens du point primitif.

Les points spécialement destinés à la cavité glénoïde sont au nombre de deux : on les distingue en point gléndidien supérieur et en plaque gléndidienne . — Le point gléndidien supérieur apparaît dans le tiers supérieur de la surface glénoïdienne, immédiatement au-dessous de l’apophyse coracoïde (fig. 267,5) : c’est le point souscoracoidien de Rambaud et Renault. Ce point une fois développé, la future cavité glénoïde est formée par trois portions osseuses distinctes : en bas, dans ses deux tiers inférieurs, par le corps de l’os (fig.- 267,6), résultant de l’ossification du point primitif; en haut, par l’os sous-coracoïdien ; en haut et en dedans, mais dans une faible étendue, par l’apophyse coracoïde elle-même. Avec ces trois pièces osseuses, nettement visibles sur un sujet de dix ou onze ans, la surface gléno’idienne n’est pas encore concave, mais revêt dans son ensemble la forme d’un angle largement ouvert en dehors (Rambaud et Renault). .Bientôt après, la lame cartilagineuse qui recouvre cet angle s’ossifie à son tour ; elle forme ainsi une large plaque très mince vers son centre, épaisse de 3 millimètres sur ses bords, rappelant assez bien les lames épiphysaires du corps des vertèbres : c’est à cette plaque épiphysaire ( plaque gléndidienne), qui constitue le deuxième point glénoïdien, que la cavité glénoïde est redevable de sa forme concave. — Le point inférieur (fig. 267,8) est situé, comme, son nom l’indique, au niveau de l’angle inférieur. — Le point spinal ou marginal (fig. 267,9) se développe le long du bord interne de l’os ou laord spinal. 11 s’étend en bordure depuis l’angle supérieur jusqu’au voisinage de l’angle inférieur.

Le mode d’évolution de ces différents points secondaires, je veux dire l'époque où ils apparaissent et celle où ils se soudent, nous est indiqué par le tableau suivant :

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