‹ Traité d'anatomie humaine (volume 3)Chapitre 47 sur 176 · APPARITION SOUDURE · texte numérisé non relu

APPARITION SOUDURE

Fig. 267.

Ossification de l’omoplate [schématique).

L’acromion et la partie la plus externe de l’épine ont été détachés et reportés à droite de la ligure (B).

1, point primitif, formé par deux traînées osseuses. — 2, point coracoïdien principal. — 3, point coracoïdien accessoire de la base; 3’, point coracoïdien accessoire pour le bec.

— 4, 4’, point acromial double. — 5, point sous-coracoïdien.

— 6, point dépendant du corps de l’os. — 7, point glénoïdien lamellaire, formant la plaque glénoïdienne. — 8, point inférieur. -- 9, point spinal ou marginal.

1° Point coracoïdien principal

2o Point coracoïdien accessoire

3“ Point acromial

4“ Point glénoïdien supérieur coracoïdien . . . .

5> Plaque glénoïdienne

6“ Point inférieur

7“ Point marginal

de 13 à 18 mois de 14 à 16 ans de 15 à 16 ans de 10 à 11 ans de 16 à 18 ans de 17 à 18 ans de 18 à 20 ans

de 14 à 16 ans de 16 à 18 ans de 17 à 18 ans de 16 à 18 ans de 19 à 20 ans de 20 à 24 ans de 22 à 23 ans

Variétés. — Le point épiphysaire de l’acromion reste quelquefois séparé de l’épine chez l’adulte [os acromial), soit par une lame cartilagineuse, soit par une véritable articulation (voy. Arthrologie, p. 303), comme l’ont constaté depuis déjà longtemps Wagner, Soem.mering, Grüveilhier, Ruge, etc. (voy., à ce sujet, Gruber, Arc/i. fiir Anal, und Physiol., iSdô). — il en est de même du point épiphy-

OSTEOLOGIE

saire de l’apophyse coracoïde (un cas de Rennet, Journ. mecl. of Sc., 1888). — La portion la plus mince de la fosse sous-épineuse peut manquer ; et il existe alors, entre les deux faces de l’omoplate, un orifice de communication, fermé ou non par une lame cartilagineuse. — L’échancrure coracoïdienne peut manquer; d’autre part, elle peut être transformée en trou par suite de l’ossification du ligament coracoïdien (voy. Arthrologie). — Au-dessous de la cavité glénoïde, on rencontre parfois, pour l’insertion de la longue portion du triceps, un véritable tubercule appelé tubercule sous-glénoidien ; de même on a constaté, au-dessus de la caxdté articulaire. \m tubercule sus-gléndidien pour la longue portion du biceps. — La partie inférieure du bord axillaire peut se prolonger en dehors en une apophyse plus ou moins considérable, destinée à donner insertion au grand rond {épine du grand rond). — On observe parfois sur la face supérieure de l’apophyse coracoïde, au voisinage de sa base, une petite facette articulaire pour la clavicule (voy. cet os). — Le rapport centésimal de la largeur de l’omoplate à sa hauteur constitue Vindice de largeur de cet os. Il a été étudié avec soin par Livon {De l'omoplate et de ses indices de largeur dans les races humaines, Th. Paris, 1879). Il résulte des recherches de cet anatomiste que les races blanches ont l’omoplate plus longue; les nègres, au contraire, l’auraient plus large. De plus, l’omoplate du côté droit l’emporterait sur celle du côté gauche chez l’Européen ; ce serait le contraire chez les nègres et chez la femme.

§ II. — Os DU BRAS OU HUMÉRUS

Le squelette du bras est constitué par un seul os, V humérus. Dirigé obliquement de haut en bas et un peu de dehors en dedans, l’humérus (fig. 269 et 271) est un os long, pair et non symétrique, présentant à l’étude, comme tous les os longs, un corps et deux extrémités^ l’une supérieure, l’autre inférieure.

1° Corps. — Le corps est à peu près rectiligne. Mais il paraît tordu sur son axe, d’où la présence d'une gouttière, improprement appelée gouttière de torsion, très

marquée sur la partie postérieure et externe de l’os. Irrégulièrement cylindrique à sa partie supérieure, il affecte dans sa moitié inférieure la forme d’un prisme triangulaire (fig. 268). On lui considère pour cette raison trois faces et trois bords :

A. Faces. — Les trois faces du corps de l’humérus se distinguent, d’après leur orientation, en externe, interne et postérieure :

a. Face externe. — La face externe nous présente, un peu au-dessus de sa portion moyenne, une double crête rugueuse affectant la forme d’un V à sommet inférieur : c’est V empreinte deltoïdienne , laquelle donne insertion, sur sa lèvre supérieure au muscle deltoïde et, sur sa lèvre inférieure, au muscle brachial antérieur. Au-dessous de cette empreinte, encore appelée en raison de sa forme le V deltoïdien, la face externe devient lisse et est recouverte, à l’état frais, par les faisceaux externes du brachial antérieur.

b. Face interne. — La face interne nous présente généralement, à sa partie moyenne, le conduit nourricier de l’os : il se dirige obliquement de haut en bas, du côté de l’extrémité inférieure par conséquent. — Au-dessus de lui, se voit une surface rugueuse, plus ou moins marquée suivant les sujets, et destinée à l’insertion inférieure du muscle coraco-brachial, c’est V empreinte du coraco-brachial. — Au-dessus de l’empreinte du coraco-brachial, la face interne de l’humérus répond aux tendons du grand dorsal et du grand rond. En regard de ces deux tendons, tout contre le bord antérieur de l’os, se voit une gouttière profonde : c’est la gouttière bicipitale, laquelle remonte jusque sur l’extrémité supérieure de l’humérus. Nous y reviendrons dans un instant. — Au-dessous de cette même empreinte

Fig. 268.

Coupe transversale de l’humérus au tiers moyen.

1, bord antérieur. — 2, bord interne. — 3, bord externe. — 4, face interne. — face externe. — 6, face postérieure.

os DU BRAS

du coraco-brachial, elle donne attache aux faisceaux internes du brachial antérieur.

c. Face postérieure. — La face postérieure se trouve divisée en deux parties par la gouttière de torsion, signalée plus haut, laquelle se dirige obliquement de bas en haut et de dedans en dehors.

Sur la partie située au-dessus de la gouttière vient s’attacher la portion moyenne du triceps ou muscle vaste externe. Sur la partie située audessous s’insère la petite portion du même muscle ou vaste interne.

Entre les deux vastes, dans la gouttière de torsion par conséquent , cheminent l’artère humérale profonde, ses deux veines satellites et le nerf radial.

B. Bokds. — Les trois bords de l’humérus, qui constituent les limites respectives des trois faces que nous venons de décrire, se distinguent en antérieur, interne ou externe :

a. Bord antérieur . — Le bord antérieur, appelé quelquefois ligne âpre, rugueux en haut, où il se confond avec la lèvre externe de la coulisse bicipitale (voy. plus loin), devient mousse et arrondi dans sa partie inférieure. Il se bifurque en bas, pour englober la cavité coronoïde entre ses deux branches terminales.

b. Bord interne et bord externe. ■ — Le bord interne et le bord externe sont d’autant plus marqués qu’on se rapproche davantage de l’extrémité inférieure de l’os. Ils donnent, 1 un et l’autre, insertion aux deux cloisons aponévrotiques qui séparent les muscles antérieurs du bras des muscles postérieurs. Il est à remarquer que le bord externe se trouve interrompu à sa partie moyenne par la gouttière de torsion qui, de la face postérieure, gagne la face externe.

Fig. 269.

Humérus, vue antérieure.

1, corps. — 2, tête. — 3, col anatomique. — 3’, 3’, col chirurgical.

— 4, ti’ochiter. — 5, gouttière de torsion (une flèche indique sa direction). — 6, extrémité inférieure. — 7, épicondyle. — 8, épitrochlée. — 9, trochlée, pour le cubitus. — 10, cavité olécranienne. — 11, condyle ou petite tête, pour le radius. — 12, cavité coronoïde. — 13, trochiter.

— 14, trochin. — 15, gouttière bicipitale, pour le tendon de la longue portion du biceps.

Fig. 270.

Humérus, vue postérieuror

1, corps. — 2, tête. — 3, col anatomique. — 3’, col chirurgical. — 4, trochiter avec ses différentes facettes. — 5, gouttière de torsion (une flèche indique sa direction : on voit nettement qu’elle contourne obliquement le bord externe do l’os pour passer sur sa face antérieure). — 6, extrémité inférieure. — 7, épicondyle. — 8, épitrochlée. — 9, trochlée pour le cubitus. — 10, cavité olécranienne.

OSTEOLOGIE

2° Extrémité supérieure. — L’humérus se termine en haut par une surface articulaire arrondie et lisse, qui, en raison de sa forme, a reçu le nom de tête de Vhtmiérus : elle représente environ le tiers d’une sphère. L’ohservation démontre, toutefois, qu’elle est un peu aplatie d’avant en arrière, autrement dit que son diamètre vertical est un peu plus considérable que son diamètre antéro-postérieur. La différence entre l’un et l’autre de ces deux diamètres est ordinairement de 3 ou 4 millimètres. Sur l’os en place, la tête humérale regarde en haut, en dedans et un peu en arrière. Son axe forme, avec l’axe longitudinal du corps de l’os, un angle de 130 à ISO'".

La portion rugueuse et plus ou moins rétrécie qui limite le pourtour de la tête humérale a reçu le nom de col anatomique. Très appréciable à sa partie antérieureet supérieure, il est peu distinct dans le reste de son étendue.

En dehors de la moitié supérieure du col anatomique se dressent deux saillies toujours très développées, mais d'un volume inégal : la plus petite, située en avant, porte le nom de trochin. Sur elle s’insère le muscle sous-scapulaire; la plus volumineuse, située en dehors, s’appelle trochiter. Le trochiter présente sur sa partie postéro-supérieure trois facettes nettement distinctes (fig. 271, i2, 3 et 4), pour des insertions musculaires : une facette supérieure, destinée au tendon du sus-épineux; une facette moyenne, sur laquelle s’insère le sous-épineux; une facette inférieure, enfin, où vient s’attacher le petit rond.

Entre le trochin et le trochiter se voit une gouttière à direction verticale, destinée à loger le tendon de la longue portion du biceps : elle est appelée, pour cette

raison, gouttière ou coulisse bicipitale. Cette gouttière se pj’olonge, dans une étendue de 6 à 8 centimètres, sur la face inteime de l’humérus et se trouve nettement limitée par deux bords ou lèvres, destinées à des insertions musculaires. La lèvre postérieure descend du trochin [crête sous-trochinienne de quelques auteurs) et donne attache au grand dorsal et au grand rond. La lèvre antérieure, qui n’est autre que la portion supérieure du bord antérieur de l’os, descend du trochiter (crête sous-trochitérienne de quelques auteurs) : sur elle vient s’insérer le tendon quadrilatère du grand pectoral.

On désigne sous le nom de col chirurgical, par opposition au col anatomique signalé plus haut, la portion de l’humérus qui unit le corps de l’os à son extrémité supérieure. Il est placé immédiatement au-dessus du trochin et du trochiter.

3° Extrémité inférieure. — L’humérus, à son extrémité inférieure ou antibrachiale, s’aplatit d’avant en arrière, en même temps qu’il s’élargit transversalement : cet élargissement est considérable et, à ce niveau, le diamètre transversal de l’os est trois ou quatre fois plus grand que son diamètre antéro-postérieur. De plus, l’extrémité inférieure de l’humérus se recourbe d’arrière en avant, de façon avenir se placer, presque tout entière, en avant du plan transversal passant par l’axe longitudinal du corps de l’os. Destinée à s’articuler avec l’avant-bras, cette extrémité inférieure nous présente à cet effet : 1° une surface articulaire ; 2° de chaque côté de cette surface articulaire et un peu au-dessus d’elle deux saillies volumineuses, saillies sus- articulaires, déterminées par des insertions de muscles et de ligaments.

Fig. 271.

Extrémilé supérieure de l’humérus, vue externe.

1, col cliirurgical. — 2, facette d’insertion du sus-épineux. —

3, facetle du sous-épineux. —

4, facette du petit rond. —

5, trochin. — G, coulisse bicipitale.

os DU BRAS

A. Surface artigucaire. — La surface articulaire, tout d’abord, très vaste et très accidentée, répond à la fois au radius et au cubitus. Quoique partout continue à elle-même, cette surface articulaire peut, pour la commodité de la description, être divisée en deux portions : une portion externe et une portion interne, séparées Lune de l’autre par une gouttière intermédiaire.

a. Portion externe : condyle de V humérus. présente à nous sous la forme d’une saillie semi-sphérique, un peu aplatie dans le sens transversal, regardant directement en avant : c’est le condyle o\}l petite tête de Vhumérus. Son diamètre vertical ou antéro-postérieur mesure en mo3^enne 22 millimètres ; son diamètre transverse, 18 millimètres seulement. Le condyle huméral répond, sur le squelette monté, à la cupule du radius. On rencontre d’ordinaire au-dessus du condyle, sur la face antérieure de l’os, une petite dépression où vient se loger, dans les mouvements de flexion de Lavant-bras sur le bras, le rebord antérieur de la cupule radiale. On peut appeler cette dépression la fossette condy tienne ou fossette radiale de Vhumérus.

b. Portion interne : trochlée humérale. — La portion interne en rapport avec la grande cavité siamoïde du cubitus, revêt la forme

La portion externe (fig. 272,2) se

Extrémité

Fig.

inférieure

riiumérus,

antérieure.

petite

1, bord antérieur du corps de l’o^.

tête ou condjle. — 3, fossette condylienne. — 4, épicondyle. — 5, trochlée avec : a, sa gorge ; 6, sa lèvre externe.; c, sa lèvre interne. 6, fossette coronoïiiienne. — 7, épitrochlée.

d’une poulie et, de ce fait, a reçu le nom de trochlée humérale. Interrompue seulement à sa partie supérieure, au niveau du point où la surface articulaire se soude au reste de

l’os, la trochlée décrit environ les trois quarts ou les quatre cinquièmes d’un cercle. Elle nous présente du reste, comme toutes les poulies, deux hords et une gorge : a) Des deux bords, l’interne descend beaucoup plus has que l’externe.

La gorge, arrondie et mousse, très marquée dans toute son étendue, est orientée dans le sens antéro-postérieur. Toutefois, sa direction n’est pas exactement parallèle au plan médian. En effet, en examinant attentivement cette gorge, on constate qu’elle se dirige obliquement de bas en haut et de dedans en dehors. On constate aussi que cette obliquité est plus prononcée pour la partie postérieure de la gorge que pour la partie antérieure, de telle sorte que, si nous prolongeons en haut ces deux parties, nous les voyons se diriger toutes deux vers le bord externe de l’os et croiser ce bord, la première à la réunion de ses trois quarts supérieurs avec son quart inférieur, la seconde au niveau de son tiers moyen. Il résulte d’une pareille disposition que la gorge de la poulie humérale n’est pas développée suivant un seul et même plan et, d’autre part, qu’elle décrit autour du diamètre transversal de l’os un trajet manifestement spiroïde. Nous ajouterons, en ce qui concerne la trochlée, que son versant externe diminue de moitié en passant de la face postérieure de l’os sur sa face antérieure. Gomme conséquence, la gorge de la poulie, dans sa moitié antérieure, se trouve beaucoup plus rapprochée du bord externe que du bord interne.

La tcochlée humérale est limitée, en arrière et en haut, par une excavation pro-

OSTÉOLOGIE

fonde, la cavité ou fossette olécranienne, où vient se loger, dans les mouvements d’extension de l’avant-bras sur le bras, l’extrémité libre de l’olécrane. De même, en avant, elle est surmontée par une excavation profonde, la cavité ou fossette coro- 7ioïdien7ie, destinée à recevoir l’apopbyse coronoVde du cubitus dans les mouvements de flexion. Les deux fossettes olécranienne et coronoïdienne sont séparées

l’une de l’autre par une cloison osseuse fort mince , transparente , quelquefois même remplacée à son centre par une simple lame fibreuse.

c. Gouttière intermédiaire : gouttière condylo - trochléenne .

— La trochlée et le condyle de l’humérus sont séparés l’un de l’autre par une gouttière, à direction verticale, que nous désignerons sous le nom de gouttière condylotr O chiée 7171 e . Cette gouttière, qui est articulaire au même titre que la trochlée et le condyle, répond, sur le squelette monté, au rebord de la cupule du radius.

Humérus, vue antérieure , avec les insertions musculaires.

Humérus, vue postérieure, avec les insertions musculaires.

Humérus, vu par son côté externe, avec les insertions musculaires.

Pour la signification des chiffres, se reporter au tableau ci-après (p. 281), indiquant les muscles qui prennent insertion sur l'humérus.

B. Saillies sus-articulaires : ÉPITROCHLÉE ET ÉPICONDYLE. La

surface articulaire que nous venons de décrire est surmontée, de chaque côté de l’extrémité inférieure de l’humérus, de deux saillies ou apophyses spécialement développées en vue de servir à des insertions, soit ligamenteuses, soit musculaires. Elles se distinguent en extemie et inte7me :

a) Yè externe, celle qui est située au-dessus du condyle, a reçu le nom àè épico7idyle : c’est le co7idyle externe de quelques auteurs. L’épicondyle, auquel aboutit le bord externe du corps de l’os, donne attache au ligament latéral externe de l’articulation du coude, ainsi qu’à six muscles de l’avant-bras, appelés pour cette raison muscles épicondylie7is. Ce sont le deuxième radial externe, le court supinateur, l’extenseur commun desdoigts, l’extenseur propre du petit doigt, le cubital postérieur etl’anconé.

os DU BRAS

6} h'interne^ située au-dessus et en dedans de la trochlée, est appelée épitrochlée : c’est le condyle interne de quelques auteurs. Aplatie d’avant en arrière et beaucoup plus saillante que l’épicondyle, l’épitrochlée se continue en haut avec le bord interne de l’humérus. Elle donne insertion au ligament latéral interne de l’articulation du coude et aux cinq muscles superficiels de la région antérieure de l’avantbras, dits muscles épitrochléens. Ce sont le rond pronateur, le grand palmaire, le petit palmaire, le cubital antérieur et le fléchisseur superficiel des doigts, auxquels vient se joindre, dans certains cas, un faisceau surnuméraire du fléchisseur profond. L’épitrochlée nous présente parfois, sur sa face postérieure, un tout petit sillon, à direction verticale, pour le passage du nerf cubital.

4*^ Conformation intérieure. — L’humérus est formé par du tissu spongieux à ses deux extrémités, par du tissu compacte dans le reste de son étendue. Son canal médullaire, remarquable par ses dimensions longitudinales, occupe toute la hauteur du corps de l’os. Le diamètre transversal de ce canal mesure, en moyenne, 8 millimètres dans le tiers inférieur, 10 millimètres dans le tiers moyen, 12 millimètres dans le tiers supérieur. Le canal s’élargit donc progressivement au fur et à mesure qu’il se rapproche de l’épiphyse supérieure. Par contre, l’étui cylindrique qui l’entoure et le circonscrit diminue peu à peu d’épaisseur en allant de bas en haut.

A son extrémité supérieure, le canal médullaire de l’humérus est délimité par les premières travées osseuses du bloc spongieux qui constitue l’épiphyse supérieure. Ces travées représentent des arcades qui, partant de la paroi du canal médullaire, se portent obliquement vers l’axe de l’os et s’y entre-croisent avec les travées similaires du côté opposé. De ces entre-croisements successifs résulte une série d’ogives superposées dont l’ouverture regarde en bas.

A V extrémité inférieure du canal médullaire nous rencontrons une disposition analogue, avec cette différence, toutefois, que les travées osseuses sont peu épaisses et que les ogives qu’elles forment ont leur ouverture dirigée en haut.

Connexions. — L’humérus s’articule avec trois os ; 1“ en haut, avec l’omoplate ; 2“ en bas, avec les deux os de l’avant-bras, le cubitus et le radius.

Insertions musculaires. — Vingt-cinq muscles, appartenant au tronc, à l’épaule, au bras et à l’avant-bras, s’insèrent sur l’humérus. Ils sont indiqués méthodiquement dans le tableau suivant. Dans ce tableau, les chiffres romains, placés entre parenthèses à la suite de chaque muscle se rapportent aux figures 273, 274, et 275 (p. 280).

( Sus-épineux (1).

f a. Trochiter ' Sous-épineux (2).

A) Extrémité supérieure. . < Petit-rond (3).

I b. Trochin | Sous-scapulaire (4).

Grand-dorsal (3).

Grand rond (6).

Goraco-brachial (7).

Brachial antérieur (8).

Deltoïde (9).

Brachial antérieur (8).

Vaste interne du triceps (11).

Vaste externe du triceps (11).

Grand pectoral fl 0).

Brachial antérieur (8).

Brachial antérieur (8).

Goraco-brachial (7) .

Vaste interne (il).

Brachial antérieur (8).

, . Vaste interne (11).

f. Bord externe | Vaste externe (11’).

\ / Long supinateur (12).

Premier radial externe (13).

B) Gorps de l’os.

a. Face Interne ^

b. Face externe |

c. Face postérieure. . . . ■

d. Bord antérieur ^

e. Bord interne |

ANATOMIE HUMAINE. — T. I, 6® ÉPTT.

OSTEOLOGIE

Gj Extrémité inférieure

/ a. Épitrochlée

b. Épicondyle

Rond pronateur (14).

Grand palmaire (15).

Petit palmaire (16).

Fléchisseur superficiel (17).

Fléchisseur profond, non constant (18), Cubital antérieur (19).

Deuxième radial externe (20).

Extenseur commun des doigts (21).

Court supinateur (22).

Extenseur propre du o« doigt (23).

Cubital postérieur (24).

Anconé (23).

Développement. — L’humérus se développe par huit points d’ossification (tig. 276) : un point primiiif et sept points secondaires :

a. Point primitif. — Le point primitif apparaît vers le quarante-cinquième jour de la vie intra-utérine, à la partie moyenne de la diaphyse. De là, il s’étend progressivement vers les deux extrémités, qu il atteint d’ordinaire au moment de la naissance.

b. Points secondaires. — Des sept points secondaires, trois sont destinés à l’extrémité supérieure, quatre à l’extrémité inférieure. — Le premier point d’ossification de l’extrémité supérieure se montre au niveau de la tête articulaire {point céphalique) , du deuxième au quatrième mois après la naissance. Les deux autres points, destinés au trochin {point trochinien) et au tro-

•cliiter trochitérien) ne font leur apparition que plus tard, au cours

de la deuxième ou de la troisième année. — Sur l’extrémité inférieure, un premier point se montre sur le condyle {point condylien), vers le commencement de la troisième année. Deux ans plus tard, apparaît un deuxième point pour l’épitrochlée {point épitrochléen)-, puis, enfin, vers l’àge de douze ans, les troisième et quatrième points, destinés à la trochlée (point trochléen) et à l’épicondyle {point épie ondy lien) .

L’évolution ultérieure des divers points épiphysaires, indiqués cidessus, se fait de la façon suivante : a) Sur l'extrémité inférieure de l’os, le point condylien et le point trochléen arrivent au contact au niveau delà gorge de la poulie et se fusionnent. A la pièce unique qui en résulte se soude plus tard le point épicondylien. Comme, à ce moment, le point épitrochléen est encore indépendant, l’épiphyse inférieure est en réalité représentée par deux pièces osseuses : une pièce inférieure, relativement très volumineuse, résultant de la fusion des trois points osseux condylien, trochléen et épicondylien ; une pièce interne, beaucoup plus petite, formée par le point épitrochléen, il est à remarquer que, dans la grande majorité des cas, la pièce épitrochléenne n arrive pas au contact de la pièce inférieure, mais en est séparée par un prolongement de la diaphyse, parfaitement représentée dans la figure ci-contre (fig. 276,12), qui se dirige obliquement en bas et en dedans. Quant à la soudure définitive de ces deux pièces épiphysaires à la diaphyse, elle s'effectue, pour la pièce inférieure de seize à dix-huit ans, pour l’épitrochlée un ou deux ans plus tard. Toutefois, les faits ne sont pas rares où l’épitrochlée est encore indépendante chez des sujets de vingt-cinq ans.

[3) Sur l’extrémité supérieure, les deux points trochitérien et trochinien se soudent ensemble ou niveau de la gouttière bicipitale , en même temps que le point trochinien se fusionne, par sa partie supérieure, avec le point céphalique. Bientôt après, le point trochitérien se soude à son tour avec la tête. Il en résulte la formation d’une seule pièce osseuse, qui coiffe, à la manière d’une calotte, l'extrémité correspondante de la diaphyse. Cette calotte osseuse conserve longtemps encore son indépendance : elle ne se soude, en effet, au corps de l’os qu’à l’àge de vingtcinq ou vingt-six ans, quelques années après l’épiphyse inférieure.

'Variétés. — La situation du trou nourricier de l’os est fort variable : Cruveilhier l’a rencontré sur la face externe et même sur la face postérieure. — Très variables aussi sont les deux lèvres de la coulisse bicipitale, l’antérieure principalement. Le développement de cette dernière se trouve en rapport avec le volume du grand pectoral et du deltoïde, dans plusieurs cas, j’ai rencontré sur elle une véritable apophyse

Fig. 276.

Ossification de l’humérus (schématique).

1. point primitif pour le corps. — *2, point complémentaire pour la tête. — 3, point complémentaire pour le trochin. — 4. point complémentaire pour le trochiter. — 5, ligne de soudure du corps et de l’extrémité supérieure. — 6. point complémentaire pour le condyle. — 7, point complémentaire pour l’épitroclilée. — 8. point complémentaire pour la trochlée. — 9, point pour l'épicondyle. — lu, ligne de soudure du corps avec l'épiphyse inférieure. — H, ligne de soudure de l’épitroclilée. — 12, prolongement de la diaphyse, séparant l’épitrochlée de la trochlée.

qui Viennent s’y attacher

destinée à l’insertion des deux muscles précités.

a. Torsion de l'humérus. — Signalée par la plupart des analomistes, depuis Bertin et Winslow jusqu’aux classiques actuels, la torsion de l’humérus a été surtout étudiée en France par Ch. Mar-

os DU BRAS

TINS, qui a fait de ce caractère une donnée de la plus haute importance au point do vue de la comparaison des membres thoraciques et des membres pelviens. La torsion humérale est mesurée par l’angle obtus que forme un premier plan ou plan inferieur, passant par l’axe de l’articulation du coude, avec un deuxième plan o\i plan supérieur, suivant la direction delà tète de l’humérus vers la cavité glénoïde (voir, pour la technique, l’important mémoire de Biïoca, la Torsion de Vhiimérus elle tropomètre, in Revue d’x\nthr., 1881, p. 193). Cet angle, toujours inférieur à deux angles droits, atteint en moyenne 168« chez l’homme.

Lorsqu’il publia son premier mémoire sur ce sujet (1857), Ch. Martins considéra la torsion de l'humérus comme « virtuelle, c’est-à-dire ne s’étant jamais opérée, quoique la forme de l’os et la disposition des parties molles fussent telles qu’elles eussent été si cette torsion s’était mécaniquement accomplie ». Des recherches ultérieures de Gegenbaur (1868) sont venues démontrer que cette torsion est vraiment effective. Après avoir établi le degré de torsion (168°) chez l’adulte, Gegenbaur, mesurant à l’aide de l’appareil à projections de Lucæ des humérus appartenant à des foetus, a constaté qu’il n’était plus que de 146° sur de jeunes enfants de trois mois à neuf mois et qu’il se réduisait à 121° sur les foetus âgés de douze à six semaines. Il en résulte donc que, du quatrième mois de la vie intra-utérine jusqu’à l’àge adulte, l’humérus se tord réellement de 47° environ.

Bboga a examiné, à l’aide de son tropomètre, plus de 800 humérus appartenant soit à l’iiomme, soit aux diverses espèces animales. Ces recherches, entièrement confirmatives des faits précédemment énoncés par Martins et par Gegenbaur, ont en outre mis en lumière les faits suivants : 1° la torsion de l’humérus atteint son maximum dans l’espèce humaine ; 2° les nègres sont intermédiaires sous ce rapport, comme sous beaucoup d’autres, entre les races humaines supérieures et les singes anthropoïdes ; 3° il existe une transition insensible entre l’angle de torsion des grands anthropoïdes et celui de l’homme ; la transition est insensible également des singes inférieurs aux mammifères carnassiers ; 4° l’angle de torsion est moins grand chez les Européens des époques préhistoriques que chez les Européens modernes ; mais il est encore plus grand chez nos races préhistoriques de la France que chez les races inférieures actuelles; 5° après les races d’Europe, ce sont les races américaines (Péruviens et Californiens) qui paraissent avoir l’humérus le plus tordu ; parmi les races inférieures, ce sont les Négritos et les noirs de l’ilindoustan qui présentent l’angle de torsion le plus élevé, les Mélanésiens et les Australiens qui présentent l’angle le plus faible ; 6° l’humérus gauche est généralement moins tordu que l’humérus du côté droit ; 7° la torsion de l’humérus, enfin, est en moyenne plus prononcée chez la femme cjue chez l’homme.

b. Perforation olécranienne, — La fosse olécranienne et la fosse coronoïdienne sont séparées l’une de l’autre, comme nous l’avons vu plus haut, par une lame osseuse mince et transparente, c{ui disparaît quelquefois à son centre, ménageant ainsi une libre communication entre les deux fosses en question. Une pareille disposition, connue en anthropologie anatomiiiue sous le nom de perforation olécranienne, est relativement rare sur les liumérus de notre époque : Broca et Bataillard l’ont observée avec une proportion de 4,42 p. 100 sur des Parisiens du moyen âge ; Hamy et Sauvage avec une proportion de 4,66 p. 100 sur les Parisiens provenant du cimetière des Innocents. — Cette proportion est beaucoup plus élevée pour les races néolithiques, où nous la voyons atteindre 14 p. 100 (Prunières) dans les dolmens de la Lozère, 26 p. 100 (Broca) dans la caverne de l’Homme mort,

21 p. 100 (Wymann) dans les mounds des Etats-Unis.

c. Apophyse sus-épitrochléenne . — On donne le nom d’apophyse

sus-épithrochléenne [processus supracondyloideus internus des anatomistes anglais et allemands) à une petite saillie osseuse (fig. 270,1) qui se développe anormalement, environ une fois sur artère h'uméraie.'a^^ pré-

quatre-vingts sujets, sur la partie inférieure de la face interne “ nerf ~

de l’humérus. Elle est exactement située à égale distance du bord

interne et du bord antérieur de cet os, à 60 millimètres environ au-dessus du point le plus saillant de l’épitrochlée, à 63 millimètres au-dessus de la pariie la plus inférieure de la poulie humérale. Longue ordinairement de 6 à 18 millimètres, elle revêt la forme d’une petite pyramide triangulaire, aplatie d’avant en arrière, dont la base fait corps avec l’os et dont le sommet se dirige obliquement en bas, en avant et en dedans. Sur le sujet revêtu de ses parties molles, on voit partir du sommet de cette apophyse une bandelette fibreuse, la bandelette sus-épitrochléenne, qui vient se fixer d’autre part sur le bord supérieur de l’épitrochlée, en se confondant plus ou moins, à ce niveau, avec la cloison intermusculaire interne. Il en résulte la formation d’une espèce d’anneau, moitié osseux, moitié fibreux, auquel nous donnerons le nom d’orifice ou anneau sus-épitrochléen. Cet orifice est l’homologue rudimentaire chez l’homme d’un canal osseux, le canal huméral, qui existe constamment et sur le même point chez plusieurs marsupiaux, chez quelques rongeurs, chez un grand nombre de carnassiers, notamment chez les félins

(chat, lion). Comme cliez ces derniers, il livre passage au nerf médian et presque toujours aussi (92 fois sur 100) à une artère, qui est tantôt l'humérale, tantôt la cubitale (voy. Angéiologie).

Voyez, au sujet de cette anomalie : L. Testut, V Apophyse sus~épitrochléenne chez V homme, vmgt-deux observations nouvelles, avec 2 pl. en chromo-litli., in Journal intern. d’Analomie et de Physiologie, 1889 ; — Du même, V Apophyse sus-épitrochléenne au point de vue chirurgical, Lyon médical, 1892 ; — Nicolas, Nouvelles observ. d’apophyse sus-épitrochléenne chez l’homme, Rev. biol. du Nord de la France, 1890.

§ llï. — Os DE l’avant-bras

L’avant-bras, troisième segment du membre supérieur, est constitué, chez l’homme, par deux os disposés parallèlement entre eux dans le sens de la longueur du membre, l’un en dedans, l’autre en dehors. De ces deux os, l’interne a reçu le nom de cubilus, l'externe, celui de radius.

Vues en position, ces deux pièces osseuses n’occupent pas exactement le même

niveau : le radius déborde le cubitus à sa partie inférieure, tandis qu’il est débordé par lui à son extrémité supérieure. Toute compensation faite, le cubitus est toujours un peu plus long que le radius.

Le cubitus et le radius (fig. 279 et 280), réunis à leurs deux extrémités par des articulations mobiles, sont séparés, à leur partie moyenne, par un espace elliptique, connu sous le nom d'espace interosseux. Nous verrons, en arthrologie, que cet espace est comblé, à l’état frais, par une membrane, dite membrane interosseuse (fig. 280, G), qui s’étend transversalement du radius au cubitus et unit ainsi les deux os à leur partie moyenne.

A. — Cubitus

Situé à la partie interne de l’avant-bras, le cubitus (fig. 279 et 280) est un os long, pair et non symétrique, légèrement incliné de bas en haut et de dehors en dedans, formant par conséquent avec l’humérus un angle obtus ouvert en dehors. Sa direction n’est pas entièrement rectiligne ; en bas, on le voit se porter en arrière et en dehors et se rapprocher ainsi du radius; en haut, le corps de l’os se recourbe en avant, et, comme l’épiphyse supérieure continue la direction de la portion ainsi recourbée, il en résulte la formation, à ce niveau, d’un angle ouvert en avant. Nous considérerons au cubitus, comme à tous les os longs, un corps et deux extrémités, l’une supérieure, l’autre inférieure.

1° Corps. — Le corps du cubitus, assez volumineux en haut, décroît progressivement au fur et à mesure qu’on se rapproche du carpe. Il est prismatique triangulaire et nous présente, en conséquence, trois faces et trois bords :

A. Face.s. — Les trois faces se distinguent, comme nous le montre nettement la figure 278, en antérieure , postérieure et interne :

a. Face antérieure. — La face antérieure est fortement excavée en gouttière dans ses trois quarts supérieurs, où vient s’insérer le muscle fléchisseur profond des doigts. Son quart inférieur, aplati ou même légèrement convexe, donne

Coupe horizontale de l’avant-bras àTunion du tiers supérieur avec le tiers moyen.

A, Cubitus : J, face antérieure. — 2, face interne.

— 3, face postérieure. — 4, bord interne. — 5, bord externe. — 6, bord postérieur.

B, Radius : 7, face antérieure. — 8, face postérieure. — 9, face exlerne. — 10, bord antérieur.

— 11, bord postérieur. — 12, bord interne.

C, Ligaments intebrosseu-K.

os DE L’AVÀNT-BRAS

insertion à l’extrémité interne du muscle carré pronateur. On voit sur cette face le trou nourricier de l’os : il se dirige obliquement de bas en haut, vers le coude par conséquent.

b. Face postérieure. — La face postérieure regarde à la fois en arrière et en dehors : elle est franchement postéro-externe. 17--

Si nous la suivons de haut en has, nous trouvons d’abord, à sa partie toute supérieure, une surface triangulaire, plus ou moins rugueuse , pour l’insertion inférieure du muscle anconé : elle est limitée à sa partie inférieure par une ligne, plus ou moins accusée suivant les sujets, qui se dirige obliquement en bas, en arrière et en dehors.

Au-dessous de cette ligne, notre face postérieure est divisée par une crête longitudinale en deux parties distinctes : 1“ une partie interne, légèrement excavée, mais assez régulièrement lisse ; 2° une partie externe, fortement rugueuse et subdivisée elle-même par des crêtes obliques en un certain nombre de champs superposés. De ces deux parties, la première est recouverte par le muscle cubital postérieur, qui n’y prend que rarement des insertions. Sur la seconde viennent s’attacher, en haut, quelques faisceaux du court supinateur et, plus has, les quatre muscles de la région profonde de l’avant-hras, c’est-à-dire le long abducteur du pouce, le court extenseur du pouce, le long extenseur du pouce et l’extenseur propre de l’index.

c. Face interne. — La face interne, très large en haut, se rétrécit peu à peu au fur et à mesure qu’elle se rapproche de l’extrémité inférieure de 1 os. Recouverte à sa partie supérieure par le fléchisseur commun profond des doigts, qui prend sur elle de larges insertions, elle devient très superficielle dans sa moitié inférieure, laquelle n’est recouverte que par l’aponévrose et la peau.

J.BLAiUDtr

Fig. 279.

Les deux os de l’avant-bras, vue antérieure.

Fig. 280.

Les deux os del’avanl-bras, vue postérieure.

1, cubitus. — 2, radius. — 3, grande cavité sigmoïde du cubitus. — 4, apophyse coronoïde. — 5, rugosités pour l’insertion du brachial antérieur. — 6, trou nourricier du cubitus. — 7, son apophyse styloïde. — 8, apophyse styloï’de du radius. — 9, sa facette articulaire pour le corps. — 10, exti’émité supérieure du radius, avec sa facette latérale pour la petite cavité segmoïde du cubitus. — 11, sa cupule pour le carpe de l’humérus. — 12, articulation radio-cubitale .supérieure. — 13, tubéi’osité bicipitale. — 14, trou nourricier du radius. — 15, tête du cubitus. — 16, bord postérieur du cubitus. — 17, olécrâne.

R. Bords. — Le nom des faces commande celui des bords postérieur et externe.

ils sont antérieur.

OSTEOLOGIE

a. Bord antérieur. — Le bord antérieur, très marqué dans toute son étendue, donne insertion, en haut, au muscle fléchisseur profond des doigts, en bas au muscle carré pronateur.

b. Bord postérieur . — Le bord postérieur, contourné en S italique, naît en haut

par deux branches divergentes qui, toutes les deux, descendent de l’olécràne. 11 se termine, en bas, vers le quart inférieur de la diaphyse, d’une façon à peu près insensible. Ce bord donne attache, dans ses quatre cinquièmes supérieurs, au fléchisseur profond des doigts et au cubital antérieur, dans son tiers moyen au muscle cubital postérieur.

c. Bord externe. — Le bord externe, mousse en bas, dans le voisinage de l’articulation radiocubitale inférieure, devient mince et tranchant dans tout le reste de son étendue; il donne attache au ligament interosseux. Tout à fait en haut, ce bord se bifurque pour se diriger à la fois vers les deux extrémités de la petite cavité sigmoïde. Ses deux branches de bifurcation, en s’écartant l’une de l’autre, circonscrivent une petite l’égion triangulaire, excavée et rugueuse, dans laquelle viennent s’insérer les faisceaux inférieurs du muscle court supinateur.

2^ Extrémité supérieure. — Vue par sa face antérieure, l’extrémité supérieure du cubitus nous présente, au premier abord, une large cavité articulaire, en forme de crochet ou de demi-lune (fig. 279,3) : on la désigne sous le nom de grande cavité sigmoïde du cubitus.

a. Grande cavité sigmoïde . — Cette grande cavité sigmoïde, destinée à s’articuler avec la trochlée humérale, nous présente à cet effet : L-’ en son milieu, une saillie longitudinale et mousse, qui la parcourt dans toute son étendue et qui correspond exactement à la gorge de la trochlée ; 2o de chaque côté de cette saillie, deux facettes, l’une interne, l’autre externe, qui s’inclinent l’une vers l’autre et qui répondent aux deux versants interne et externe de la trochlée.

b. Olécrâne et apophyse coronoïde. — Anatomiquement, on peut considérer l’extrémité supérieure du cubitus (et aussi la grande cavité sigmoïde) comme étant constituée par deux apophyses volumineuses : l’une postérieure et supérieure , à direction verticale, c’est V olécrâne]

l’autre antérieure et inférieure, à direction horizontale, c est \ apophyse coronoïde. Une ligne transversale, généralement très visible, indique, sur la cavité sigmoïde, les limites respectives de ces deux apophyses.

apo-

Fig. 281.

Le cubitus, vu par son côté externe.

1, oléci’àne, avec 1’, son Lee. — physe coronoïde, avec 2’, son bec. — 3, grande cavité sigmoïde. — 4, petite cavité sigmoïde. — 5, bord postérieur. — 6, bord externe, avec ses deux branches de bifurcation, 6’ et 6", limitant la surface d’insertion du muscle court supinateur. — 7, surface triangulaire de l’anconé. — 8, crête longitudinale, divisant en deux parties la face postérieure de l'os : l’une, postéro-inlerne (9), est recouverte par le muscle cubital postérieur, qui y prend quelquefois des insertions; l’autre, antéroexterne (10) est sillonnée de crêtes obliques, qui séparent les territoires d’insertion des muscles long abducteur, long extenseur, court extenseur du pouce et extenseur propre de l’index. — 11, tête du cubitus. — 12, son apophyse stylo’ide. — 13, gouttière pour le tendon du cubital postérieur.

os DE L’AVANT-BRAS

a) V olécrâne (de coude, et ^(paviov, tête) paraît être l’épanouissement du

bord postérieur du cubitus, dont il continue la direction. Il affecte la forme d'un prisme à base quadrangulaire et nous présente, en conséquence, comme régions : 1° une hase, très large, qui fait corps avec l’os ; 2° un sommet, plus ou moins recourbé en forme de bec, le bec de Volécrâne, qui vient se loger, dans les mouvements d’extension de l’avant-bras sur le bras, dans la cavité olécranienne de l’humérus ; 3° une face antérieure, articulaire, faisant partie de la grande cavité sigmoïde ; 4° une face postérieure, tantôt plane, tantôt convexe, hérissée en bas de rugosités pour l’insertion du muscle triceps ; 5° une face interne (bord interne de quelques auteurs), où vient s’insérer un ^

faisceau du ligament latéral interne de l’articulation du coude; 6® une face externe (bord externe de quelques auteurs), où viennent s’attacher les faisceaux supérieurs de l’anconé. Les parties latérales de l’olécrane donnent également insertion à quelques faisceaux des deux muscles vaste interne et vaste externe.

P) V apophyse coronoïde (de xopwvv], corneille, et slSoç, forme) se dirige directement en avant. On lui considère : 1° une large base, qui se confond avec le corps de l’os ;

2° un sommet, plus ou moins aigu, le bec de Y apophyse coronoïde, qui, dans les mouvements de flexion de l’avant-bras sur le bras, vient se loger dans la cavité coronoïdienne de riiumérus ; 3° une face supérieure, articulaire, faisant partie de la grande cavité sigmoïde; 4° une face inférieure, rugueuse, où vient s’attacher le muscle brachial antérieur;

5® un bord interne donnant insertion au faisceau antérieur du ligament latéral interne de l’articulation du coude, et quelquefois à un faisceau du fléchisseur superficiel des doigts et du rond pronateur; 6° un bord externe, enfin, où viennent se fixer l’extrémité antérieure du ligament annulaire et le faisceau antérieur du ligament latéral

externe de l’articulation du coude. Sur la base de l’apophyse coronoïde, au niveau du point où la face inférieure de cette apophyse se confond avec le bord antérieur du corps de l’os, se trouve souvent un tubercule rugueux, le tubercule sous-corodestiné à l’insertion de la corde ligamenteuse de Weibrecht (voy. Articulation des os de V avant-bras).

c. Petite cavité sigmoïde. — Enfin, sur le côté externe de l’extrémité supérieure, entre l’apophyse coronoïde et l’olécrane, s’étale une petite facette articulaire (fig. 281,4) , en forme de demi-lune, allongée dans le sens antéro-postérieur, concave en dehors : c’est la petite cavité sigmoïde du cubitus. La petite cavité sigmoïde, qui se continue, du reste, à sa partie supérieure avec la grande cavité sigmoïde, est destinée à loger le pourtour de la cupule du radius. Au-dessous d’elle, nous

Mil

iiiffliii'rf

Fig. 282.

Extrémité supérieure du cubitus, vue antéro-ex terne.

1, grande cavité sigmoïde avec : a, sa saillie moyenne longitudinale ; 6, c, ses deux facettes latérales. — 2, olécrâne. — 3, apophyse coronoïde. — 4, 4 , deux encoches indiquant les limites respectives des deux apophyses. — 5, rugosités pour le brachial antérieur. — 6, tubercule sous-coronoïdicn. — 7, petite cavité sigmoïde. — 8, surface triangulaire pour le court supinateur.

288 OSÏÉOLOGIE

retrouverons la petite surface rugueuse, ci-dessus décrite, pour l’insertion du court supinateur.

3° Extrémité inférieure. — Le cubitus se termine en bas par un petit renflement plus ou moins sphérique, qui porte le nom de tête du cubitus.

La tête du cubitus est articulaire à sa partie externe, oii elle répond à la cavité sigmoïde du radius. Elle est articulaire aussi à sa partie inférieure, laquelle répond au pyramidal sur le squelette, mais s’en trouve séparée, à l’état frais, par un fibrocartilage interarticulaire (voy. Arthrologie).

En dedans et un peu en arrière de la tête, existe une apophyse cylindrique, à

direction verticale, connue sous le nom dêapophyse styloïde du cubitus. — Le so7nmet de cette apophyse, dirigé en has, donne insertion au ligament latéral interne de l’articulation du poignet. — Sa base, située en haut, est séparée, en dehors de la tête du cubitus par une petite facette rugueuse, où vient s’insérer le sommet du ligament interarticulaire ci - dessus mentionné. — En arrière, l’apophyse styloïde du cubitus se trouve encore séparée de la tête de l’os par une gouttière longitudinale, destinée au passage du tendon du muscle cubital postérieur.

4° Conformation intérieure. — Le

corps de l’os est formé par du tissu compacte; les deux extrémités, par du tissu spongieux. Le canal médullaire du cubitus s’élève, en haut, jusqu’à la hase de l’apophyse coronoïde ; en has , il s’arrête d’ordinaire à l’union des trois quarts supérieurs de l’os avec son quart inférieur. Sa largeur est de 5 ou 6 millimètres.

Connexions. — Le cubitus s'articule avec trois os ; 1° en haut, avec l’humérus ; 2» en dehors, avec le radius ; 3° en bas, du côté du carpe, avec le pyramidal, dont il est séparé cependant par un fihro-cartilage.

Insertions musculaires. — Quinze muscles, appartenant aux deux groupes musculaires du bras ou de l’avant-bras, prennent attache sur le cubitus. Nous résumons ces insertions musculaires dans la fig. 283 (A, B, G) et dans le tableau suivant ;

! Brachial antérieur (1).

l Fléchisseur superficiel des doigts (2).

( a. Apophyse coronoide | Rond pronateur (3).

A) Extré.mité supé- t I Fléchisseur profond des doigts (4).

RiEURE. . \ Long fléchisseur du pouce (inconstant) (o) .

f ^ . ( Triceps brachial (6).

b. Olécrâne | Cubital antérieur (7).

[ Anconé (8).

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