ABC
Fi-. 283.
Le cubitus, avec les insertions musculaires ; A, vue antérieure ; B, vue postérieure ; G, vue latérale externe.
(Pour la signification des chiffres, se reporter au tableau cidessous.)
os DE L’AVANT-BRAS
! a. Face antérieure . \
I b. Face -postérieure . . ^
h) Corps de l’os. /
I c. Face interne. . . . [
' d. Bord postérieur . . \
Fléchisseur profond des doigts (4),
Carré pronateur (Ü).
Anconé (8).
Cubital postérieur (non constaot) (10).
Court supinateur (11).
Long adducteur du pouce (12).
Court extenseur du pouce (non constant) (13) Long extenseur du pouce (14).
Extenseur de l’index (15).
Fléchisseur profond des doigts (4).
Anconé (8).
Cubital postérieur (10).
Cubital antérieur (7).
Fléchisseur profond des doigts (4).
Développement. — Le cubitus se développe par quatre points d’ossification, un point primitif et trois points complémentaires : ^
a. Point primitif. — Le point primitif apparaît dans la diaphyse au commencement du deuxième mois de la vie intra-utérine. Dès le troisième mois, il est déjà devenu un petit cylindre osseux, qui s’étend rapidement vers les deux e.xtrémités de l’os. C’est aux dépens de ce point d’ossification primitif que se forme, indépendamment du corps de l’os, une bonne partie de ses deux extrémités ; l’apophyse coronoïde, les deux tiers inférieurs de l’olécrâne et la moitié supérieure de la tête cubitale. Il est facile de se rendre un compte exact de son développement sur de jeunes enfanis de un à six ans, alors . que les épiphyses n’ont pas encore été entamées par l’ossification.
b. Points complémentaires. — Des deux points complémentaires, l’un appartient à l’épiphyse inférieure, l’autre à l’épiphyse supérieure. — Le premier, point épiphysaire inférieur, apparaît vers la sixième ou la neuvième année ; il affecte la forme d’une plaque osseuse, aux dépens de laquelle se forment l'apophyse styloïde et le revêtement inférieur de la tête. — Le second, point épiphysaire supérieur ou olécranien, forme la partie supérieure de l’olécràne ; il n’apparaît que de quatorze à dix-huit ans. — Sappey a décrit un point spécial pour le bec.
Dès qu’elles sont envahies par l’ossification, les épiphyses se développent rapidement. L’épiphyse supérieure se soude au corps de l’os de seize à vingt ans. La soudure de l’épiphyse inférieure n’a lieu que quelques années plus 2
tard : de vingt à vingt-deux ans chez la femme, de vingt et un à vingt-cinq cg^,
ans chez l’homme. Ossincahonducebi-
Variétés. — Dans un cas observé par Rosenmuller l’olécràne était entièrement séparé du cubitus, constituant ainsi à la face postérieure de l’articulation du coude comme une sorte de petite rotule. — Blandin [Bull. Soc. anat., 1837, p. 188) a observé un cubitus qui ne remontait pas jusqu'à l'articulation du coude. — Deville (ibid., 1849, p. 163) a constaté sur le cadavre d’un vieillard, l’absence d’une grande partie de la diaphyse du cubitus droit.
tus.
1, i, point pi'iinitif.
— 2, point complémentaire pour l’épiphyse inferieure. — 3, point complémentaire pour la partie supérieure de l’olécrâne.
B . — Radius
Le radius (fig. 279 et 280) est un os long, pair et non symétrique, situé en dehors du cubitus, à la partie externe de l’avant-bras. Tandis que le cubitus, très volumineux en haut, décroît progressivement de son extrémité supérieure à son extrémité inférieure, le radius présente, au contraire, son maximum de développement au niveau de son extrémité carpienne. Il nous offre à considérer, comme tous les os longs, un coi^ps et deux extrémités, l’une supérieure, l’autre inférieure.
1° Corps. — Le corps du radius présente une double courbure : une courbure antérieure , à concavité dirigée en avant, généralement peu marquée ; une courbure Diterne, à concavité tournée vers le cubitus, bien plus accentuée que la précédente. Comme le cubitus, le radius affecte une forme prismatique triangulaire (fig. 278). On peut, par conséquent, lui décrire trois faces et trois bords :
anatomie humaine. — T. I,* 6° ÉDIT.
OSÏEOLOGÏE
A. Fages. — Des trois faces du radius, l’une regarde en avant {face antérieure) , la seconde en arrière {face postérieure), la troisième en dehors {face externe) :
a. Face antérieure . — La face antérieure est à peu près plane, un peu concave cependant à sa partie moyenne. Étroite supérieurement, elle va en s’élargissant au furet à mesure qu’elle se rapproche de l’extrémité inférieure de l’os. On y remarque
le conduit nourricier du radius, situé un peu au-dessous de celui du cubitus, mais se dirigeant, comme ce dernier, obliquement en haut, du côté du coude. Cette face donne attache, dans ses deux tiers supérieurs, au muscle long fléchisseur du pouce et, dans son tiers inférieur, au muscle carré pronateur.
b. Face postérieure. — La face postérieure est arrondie dans son tiers supérieur, que recouvre le court supinateur, plane ou même légèrement excavée dans le reste de son étendue, où s’attachent les muscles long abducteur et court extenseur du pouce. Assez souvent, les surfaces d’insertion de ces muscles sont nettement délimilées par deux crêtes, obliques en bas et en dehors, qui naissent, en haut sur le bord interne de l’os pour aboutir, en bas sur le bord postérieur.
c. Face externe. — La face externe, convexe et arrondie, empiète un peu, supérieurement, sur la partie antérieure de l’os : c’est en ce point que s’attache le court supinateur. Sa partie moyenne nous présente une surface rugueuse, destinée à l’insertion du rond pronateur. Sa partie inférieure, lisse, répond aux tendons des muscles radiaux externes.
Fig. 28G.
Les deu.x; os de l’avant-bras, vue postérieure.
Fig. 285.
Les deux os de l’avant-bras, vue antérieure.
1, cubitus. — 2, radius. — 3, grande cavité sigmoïde du cubitus.
— 4, apophyse coronoïde. — 5, rugosités pour i'iusertioii du brachial antérieur. — 6, trou nourricier du cubitus. — 7, son apophyse styloïde. — 8, apophyse styloïde du radius. — 0, sa facette articulaire pour le carpe. — io, extrémité supérieure du radius, avec sa facette latérale pour la petite cavité sigmoïde du cubitus. — li, sa cupule pour le condyle de l’humérus. — 12, articulation radio-cubitale supérieure. — 13, tubérosité bicipale. — 14, trou nourricier du radius.
— 15, tète du cubitus. — 16, bord postérieur du cubitus. — 17, olécrane.
B. Bords.
Les trois bords
du radius se distinguent, d’après leur situation, en antérieur, postérieur et externe :
a. Bord antérieur. — Le bord antérieur part de la tubérosité bicipitale. Il forme d’abord une crête osseuse assez saillante, obliquement dirigée de haut en bas et de dedans en dehors; mais cette crête s’efface au voisinage du conduit nourricier et se confond alors insensiblement avec la face externe de l’os. Le bord antérieur,
os DE L’AVANT-BRAS
on le voit, est en réalité limité à ce qne l’on pourrait appeler la racine inférieure de la tubérosité bicipitale (voy. plus loin).
b. Bord postérieur. — Le bord postérieur est mousse et plus ou moins effacé, surtout à ses extrémités. De ce fait il établit une démarcation tout à fait idéale entre la face postérieure et la face externe.
c. Bord interne. — Le bord interne ne commence qu’à un ou deux travers de doigt au-dessous de la tubérosité bicipale. Il est mince, tranchant, le plus souvent concave comme le corps de l’os ; il donne attache au ligament interosseux. Dans son cinquième inférieur, il se bifurque de manière à limiter, sur la partie correspondante de l’os, une sorte de petite facette triangulaire à sommet supérieur : cette facette, sur le sujet revêtu de ses parties molles, est encroûtée de cartilage au voisinage de sa base, où elle fait partie de l’articulation radio-cubitale inférieure (voy.
Arthrologie).
2° Extrémité supérieure. — L’extrémité supérieure du radius nous présente tout d’abord, en allant de haut en bas, une partie volumineuse et arrondie, appelée tête du radius.
Aplatie dans le sens vertical, la tête du radius revêt la forme d’un segment de cylindre, dont le diamètre mesure de 20 à 22 millimètres et la hauteur de 8 à 10 millimètres. — Sa face inférieure se soude au reste de l’os. — Sa face supérieure^ libre, est creusée d’une dépression en forme de cupule : c’est Fig. 287.
la cupule ou cavité glénoïde du radius. Elle est un Extrémité supérieure du radius, peu plus étendue dans le sens antéro-postérieur que antérieure,
dans le sens transversal et répond, sur le squelette , L lète du radius, avec : 2, sa cupule;
^ ^ 3, son pourtour formant facette articu-
monté, au condyle de l’humérus. — Le pourtour de laire. — 4, coi. — 5, tubérosité bicipi-
^ ,1- ... taie, avec : 6, sa racine supérieure; 7,
la tete du radius, assez regulierement circulaire, est sa racine inférieure. — s, corps de l’os. un peu plus haut dans sa moitié interne que dans sa
moitié externe . Il nous présente, dans la plus grande partie de son étendue (en avant, en dedans et en arrière), une deuxième facette articulaire, naturellement convexe, qui se continue, au niveau de son bord supérieur, avec la cupule. Très développée à sa partie moyenne, où elle mesure à peu près la même hauteur que la tête elle-même, cette facette se termine en pointe à ses extrémités antérieure et postérieure. Elle répond, sur le squelette monté, à la petite cavité sigmoïde du cubitus, laquelle, nous le Savons, est semi-lunaire et concave en dehors.
La tête du radius est supportée par une portion rétrécie, mesurant de 10 à 12 millimètres de hauteur : c’est le col du radius. Son axe est un peu oblique de haut en bas et de dehors en dedans, formant ainsi avec le corps de l’os un angle obtus ouvert en dehors.
Immédiatement au-dessous du col, à la partie antéro-interne de l’os, se dresse une saillie ovoïde, à grand axe vertical, sur laquelle vient s’insérer le tendon inférieur du biceps : c’est la tubérosité bicipitale du radius. Il n’est pas rare d’observer à son niveau une dépression irrégulière qui, selon les cas, se trouve située à son centre, en avant d’elle ou même au-dessous. — La tubérosité bicipitale est rugueuse
OSTEOLOGÎE
dans sa moitié postérieure, où elle donne attache au tendon du biceps, lisse au contraire dans sa moitié antérieure, sur laquelle glisse le tendon précité à l’aide d’une petite synoviale. — Gomme nous l’avons fait remarquer plus haut, la tubérosité bicipitale donne naissance inférieurement à la crête saillante, obliquement dirigée en bas et en dehors, qui devient le bord antérieur du radius : cette crête constitue la racine inférieure de la tubérosité. Supérieurement, une seconde racine, plus ou moins marquée suivant les sujets, se détache de la tubérosité bicipitale pour se porter en haut et en dehors vers la tête de l’os : c’est la racine supérieure. Suivant la remarque d’HuMPURY, ces deux racines fortifient le radius dans les deux directions que prennent les forces résultant de la décomposition de celle que développe le biceps dans les grands efforts de supination. '
3° Extrémité inférieure. — L’extrémité inférieure ou carpienne constitue la partie la plus volumineuse de l’os. Aplatie d’avant en arrière, elle mesure en chiffres ronds 3 centimètres dans le sens transversal et 2 centimètres dans le sens antéro-postérieur. Elle revêt dans son ensemble la forme d’une pyramide quadrangulaire tronquée et nous présente en conséquence six faces, que l’on distingue, d’après leur situation, en supérieure, inférieure, antérieure , postérieure, interne et postér O -externe :
a. Face supérieure . — La face supérieure représente le sommet tronqué de la pyramide : il se confond sans ligne de démarcation bien nette avec le corps de l’os.
b. Face inférieure. — La face inférieure, qui constitue la base de la pyramide,
est triangulaire, à base dirigée en dedans, du côté du cubitus (fig. 288). Elle est articulaire et, h cet effet, nous présente à l’état frais un revêtement de cartilage (voy. Arthrologie). Une ligne mousse, à direction antéro-postérieure, la divise en deux facettes : une facette externe (3), triangulaire, articulée avec le scaphoïde; une facette interne (4), quadrilatère, répondant au semi-lunaire. — Sur le côté externe de cette surface articulaire se détache une apophyse puissante, à direction verticale : c’est V apophyse styloïde du radius. Elle est placée directement sous la peau et, d’autre part, descend un peu plus bas que l’apophyse styloïde du cubitus, particularité anatomique fort importante pour le diagnostic des fractures de l’extrémité inférieure de l’avant-bras. Le sommet de l’apophyse styloïde du radius donne attache
au ligament latéral externe de l’articulation du poignet. Sur sa base s’insère le tendon du long supinateur.
c. Face antérieure. — La face antérieure de l’extrémité inférieure du radius, plane dans le sens transversal , concave au contraire dans le sens vertical , répond au muscle carré pronateur, qui prend sur elle un certain nombre de ses insertions.
d. Face postérieure . — La face postérieure (fig. 289, a), plus étroite que la précédente, est occupée par deux gouttières : 1° une gouttière interne, relativement fort large, mais souvent peu marquée, qui livre passage aux tendons de l’extenseur
Fig. 2«8.
Extrémité inférieure du radius, vue par sa face carpienne.
1, petite cavité sigmoïde pour la tète du cubitus. — 2, facette quadrilatère, s’articulant avec le semi-lunaire. — 3, facette triangulaire, s'articulant avec le scaphoïde. — 4, gouttière pour l'extenseur propre de l'index et l’extenseur commun des do’gts. — 5, gouttièi’e pour le long extenseur du pouce. — G, gouttière pour le deuxième radial externe. — 7, gouttière pour le premier radial externe. — 8, apophyse stylo'ide. — 9, face antérieure de cette extrémité.
os DE L’AVANT-BRAS
propre de l’index et de l’extenseur commun des doigts; 2° une gouttière externe, toute petite, mais très distincte, légèrement oblique en bas et en dehors, qui loge le tendon du muscle long extenseur du pouce.
e. Face postéro-externe. — La face postéro-externe (fig. 289, b) continue la face externe du corps de l’os : elle regarde, comme son nom l’indique, en arrière et en dehors. Une crête saillante, toujours très marquée, la sépare de la face postérieure. Cette face nous présente, comme la précédente, deux gouttières tendineuses, l’une interne, l’autre externe :
a) La gouttière interne, fort large, mais peu profonde, est la gouttière des radiaux. Elle livre passage, en effet, aux tendons du premier radial externe et du deuxième radial externe. Une petite crête ou saillie médiane la subdivise parfois en deux gouttières plus petites, chacune d’elles logeant le tendon correspondant des deux muscles précités.
P) La gouttière externe, obliquement dirigée en bas et en dedans, est creusée en partie sur la face externe de l’apophyse styloïde. Elle loge les tendons des muscles long abducteur du pouce et court extenseur du pouce. On y rencontre parfois, comme dans la gouttière des radiaux, une petite crête longitudinale, qui détermine la formation de deux gouttières secondaires.
La profondeur de ces différentes gouttières tendineuses est considérablement accrue, à l’état frais, par la présence de formations fibreuses qui les transforment en de véritables canaux. Nous aurons naturellement à y revenir, à propos des muscles.
Fig. 289.
Extrémité inférieure du radius, vue par sa face postérieure.
a, face postérieure ; 6, face postéro-externe.
1, corps de l’os. — 2, gouttière pour le long abducteur du pouce. — 3, gouttière pour le court extenseur du pouce. — 4, gouttière pour le premier radial externe. — 5, gouttière pour le deuxième radial externe. — 6, apopliyse styloïde. — 7, gouttière pour le long extenseur du pouce. — 8, gouttière pour l’extenseur propre de l’index et l’extenseur commun des doigts. — 9, bord postérieur de l’os. — 10, bord postérieur de la cavité sigmoïde.
f. Face interne. — La face interne nous présente à sa partie inférieure une petite facette articulaire, plane dans le sens vertical, fortement concave dans le sens antéro-postérieur, c’est la cavité sigmoïde du radius (fig. 288,1) : elle est destinée à s’articuler avec la tête du cubitus. Nous aurons l’occasion de revenir sur cette facette en arthrologie. Nous nous contenterons de faire remarquer ici : 1° qu’elle est moins étendue que la facette qui lui correspond sur le cubitus; 2® qu’elle donne attache, sur son hord inférieur, au fibro-cartilage triangulaire de l’articulation du poignet.
4° Conformation intérieure. — La diaphyse du radius, formée de tissu compacte, est creusée d’un canal médullaire, plus étroit à sa partie moyenne qu’à ses deux extrémités. Ce canal se prolonge en haut jusqu’au col; en bas, il s’arrête à l’union des trois quarts supérieurs de l’os avec le quart inférieur. Les deux épiphyses du radius sont constituées par du tissu spongieux.
Connexions. — Le radius s'articule avec quatre os ; 1° en haut, avec l’humérus; 2° en dedans, avec le cubitus ; 3° en bas, du côté du carpe, avec le scaphoïde et le semi-lunaire.
Insertions musculaires. — Le radius donne insertion à dix muscles. Nous résumons ces différentes insertions musculaires dans la figure 290 et dans le tableau synoptique suivant. Dans
OSTÉOLOGIE
ce tableau, les chiffres placés à la droite des muscles répondent exactement aux chiffres de la
ligure.
a. Face antérieure (Â)
b. Face postérieure (B). .
c. Face externe (G) . . .
d. Apophyse styloide (B)
/ Biceps brachial (1).
1 Court supinateur (2).
} Flécliisseur superficiel des doigts (3). j Long flécliisseur du pouce (4).
f Carré pronateur (5).
\ Fléchisseur profond (quelques faisceaux) (6). ( Court supinateur (2).
I Long abducteur du pouce (7),
( Court extenseur du pouce (8).
( Court supinateur (2).
/ Rond pronateur (9).
I Long supinateur (10).
Radius, avec les insertions musculaires : A, vue antérieure ; B, vue postérieure ; C, vue externe.
(Pour la signification des chiffres, se reporter au tableau ci-dessus.)
Développement. — Le développement du radius présente la plus grande analogie avec celui du cubitus. Gomme ce dernier, il se développe par trois points d’ossification, un point primitif ei &e.ux jjoints complémentaires :
a. Point primitif. — Le point primitif apparaît à
la partie moyenne de la dia- ^
pliyse, vers le quarantième jour de la vie intra-utérine. Puis, il envahit rapidement , non seulement le corps de l’os, mais encore une partie de son extrémité supérieure.
b. Points complémentaires. —
Des deux points complémentaires, l'un est destiné à l’extrémité suiiérieure, l’autre à l’extrémité inférieure. L’épiphyse inférieure commence à s’ossifier pendant la cinquième année; l’épiphyse supérieure, vers la sixième.
La soudure de ces deux épiphyses s’effectue d’avant en arrière , la première de vingt à vingt-cinq ans, la seconde quelques années plus tôt, de seize à Fig. 291.
vingt ans. Ossification du radius
[schématique).
Outre les deux points épiphysaires supérieur et inférieur, on décrit encore un troisième point complémentaire destiné à la tubérosité bicipitale du radius. Ce dernier point , point bicipital (fig. 291,4), apparaît de quatorze à dix-huit ans sous la forme d’une simple lamelle, qui se soude, peu après son apparition, avec la portion correspondante du corps de l’os.
1, point primitif. — 2, point épiphysairo inférieur. — 3, point épipliysaire supérieur.
— 4, point complémentaire pour la tubérosité bicipitale.
Variétés. — L’absence du radius, partielle ou totale, a été constatée dans certains cas de malformations congénitales, où le pouce faisait également défaut (voy., à ce sujet. Ch. Davaine, De l'absence congénitale du radius chez l'homme, in Bull. Soc. de Biologie, 1830, t. II, p. 39; Gruber, Vipchow’s Arch., 1883 ; Larcher, Note sur un cas d'absence congénitale du radius, études physiol. et méd. sur quelques lois de l'organisme, Paris, 1868, p. 221-223).
§ IV. —Os DE LA MAIN
La main (fig. 305 et 297), quatrième et dernier segment du membre thoracique, est constituée par vingt-sept os, divisés eh trois groupes distincts.
Tout d’abord, nous trouvons au-dessous de l’avant-bras une double rangée trans-
os DE LA MAIN
versale d’os courts, constituant le carpe. — Plus bas, s’échappent comme autant de rayons divergents, cinq colonnettes osseuses dirigées verticalement et formant par leur ensemble le métacarpe. — A ces cinq colonnes, enfin, s’ajoutent les cinq doigts, comprenant chacun trois pièces osseuses ou phalanges, à l’exception du doigt externe qui n’en possède que deux.
Nous étudierons séparément :
1° Le carpe;
2"* Le métacarpe ;
3® Les doigts.
A. — Carpe
Le carpe (fig. 305, 292 et 306) est constitué par huit petits os, disposés en deux rangées transversales, une rangée supérieure ou antibrachiale et wwq rangée inférieure ou métacarpienne . La première comprend quatre os, qui sont, en allant de dehors en dedans : le scaphoïde, le semi-lunaire, le pyramidal et le pisiforme . La seconde comprend quatre os également, qui sont, en suivant la même direction : le trapèze; le trapézoïde, le grand os et l’os crochu.
Les os du carpe sont tous irrégulièrement cuboïdes et nous présentent par conséquent six faces. De ces six faces, deux , V antérieure et la postérieure , sont rugueuses et répondent aux parties molles de la région palmaire et de la région dorsale; on les désigne quelquefois sous les noms de face palmaire et de face dorsale. Les quatre autres, supérieure ou anlibrachiale , inférieure ou métacarpienne, externe ouradiale, interne ou cubitale, sont lisses ou encroûtées de cartilage à l’état frais, pour s’articuler avec les ~ trapézoïde. - 7. grand os. — s, os
OS voisins. Il y a exception pourtant
pour les os extrêmes de chaque série, qui, ne s’articulant latéralement qu’avec un seul os, possèdent naturellement une facette articulaire en moins.
Cette description sommaire est comme le schéma de chacun des os du carpe. Mais les pièces osseuses qui constituent cette région sont loin de se ressembler, et nous devons maintenant indiquer, pour chacune d’elles, les particularités anatomiques qui la caractérisent.
i° Scaphoïde. — C’est l’os le plus volumineux de la première rangée. En raison de sa forme allongée et de la concavité qu’il présente en bas et en dedans, les anciens anatomistes l’ont comparé à une nacelle (crxàcp-^, barque et elôoç, forme), d’où le nom sous lequel on le désigne. Des six faces du scaphoïde, trois sont articulaires, les trois autres non articulaires :
Les os du carpe, légèrement écartés, vus par leur face postérieure.
1, scaphoïde. — 2, semi-lunaire. — 3, pyramidal. — 4, pisi-
OSTEOLOGIE
a. Facettes articulaires. — Les trois faces articulaires sont la supérieure, l’inférieure et l’interne. — La face supérieure ou mieux supéro-externe est fortement convexe. Elle s’articule avec le radius. — La face inférieure., convexe également, s’articule avec les deux premiers os de la deuxième rangée, le trapèze et le trapézoïde. — La face interne est subdivisée en deux facettes secondaires par une petite crête mousse et semi-circulaire : la facette qui est en haut est plane et s’articule
avec le semi-lunaire ; la facette qui est au-dessous est fortement excavée et correspond à la partie externe de la tête du grand os.
b. Facettes non articulaires . — Les trois faces non articulaires sont l’externe, l’antérieure et la postérieure. — La face externe est constituée par un gros tubercule, saillant en avant et en dehors : c’est le tubercule du scaphoïde. Sur lui vient s’insérer le ligament latéral externe de l’articulation du poignet.— La face postérieure ou dorsale^ fort étroite, est représentée par une gouttière rugueuse, qui se dirige obliquement en bas et en dehors . — La face antérieure ou palmaire, étroite <à sa partie supérieure, s’élargit considérablement à sa partie inférieure, où elle répond au tubercule scaphoïdien.
Connexions. — Le scaphoïde s’articule avec cinq os ; 1® le radius; 2® le semi-lunaire ; 3° le grand os ; 4® le trapézoïde ; 5® le trapèze.
Insertions musculaires. — Un seul muscle s’insère sur le scaphoïde : c’est le court abducteur du pouce (fig. 297.1).
Scaphoïde, vue antérieure.
1, tubercule du scaplioïde. — 2, facette articulaire pour le radius. — 3, facette pour le trapèze. — 4, facette pour le trapézoïde. — 5, facette pour le seuii-lunaire, — G, facette pour le grand os.
2° Semi-lunaire. — Ainsi appelé parce qu’il a la forme d’un croissant à concavité dirigée en bas, le semi-lunaire nous offre à considérer quatre facettes articulaires pour les os voisins et deux facettes non articulaires.
a. Facettes articulaires. — Les quatre facettes articulaires sont : 1° une facette supérieure, convexe, pour le radius; une facette inférieure, concave d’avant en arrière (facette semi-lunairej, pour la tête du grand os et l’extrémité supérieure de l’os crochu ; 3° une facette externe, plane et toute petite, pour le scaphoïde; 4° une facette interne, plane également, mais beaucoup plus grande, pour le pyramidal.
b. Facettes non articulaires. — Des deux facettes non articulaires du semi- lunaire, \ antérieure est convexe, \d, postérieure est plane. L’une et l’autre
r\ucun muscle ne s’attache sur elles.
Fig. 294.
Semi-lunaire, vue postérieure.
1, facette articulaire pour le radius.
— 2, facette pour le grand os. — 2’, facette pour l'os crochu. — 3, facette pour le pyramidal. — 4, facette pour le scaphoïde.
sont rugueuses.
Connexions. — Le semi-lunaire, comme le scapho’ide, s’articule avec cinq os 2® le scaphoïde ; 3® le pyramidal ; 4® l’os crochu ; 5® le grand os.
l® le radius ;
3° Pyramidal. — Le pyramidal affecte la forme d’une pyramide, dont la base se
os DE LA MAIN
dirigerait en haut et en dehors. Gomme le précédent, cet os présente quatre facettes articulaires et deux non articutaires :
a. Facettes articulaires . — Les facettes articulaires sont : 1® une facette supérieure, convexe et irrégulière, répondani, non pas au cubitus, mais au ligament triangulaire de l’articulation radio-cubitale inférieure ; 2® une facette inférieure, concave, pour l’os crochu ; 3° une facette externe, plane, pour le semi-lunaire ; 4*’ une facette antéro-interne, arrondie, pour le pisiforme; cette dernière est tantôt plane, tantôt légèrement convexe.
b. Facettes non articulaires . — Les deux faces non articulaires du pyramidal se distinguent en antérieure et postérieure. — La face antérieure ou palmaire est étroite, rugueuse, allongée de haut en bas et de dehors en dedans. — La face pos-
Fi}?. 295.
Pyramidal, vue antérieure.
1, facette articulaire pour le ligament triangulaire du ])oignet. — 2, facette pour le semi-lunaire. — 3, facette pour l'os crochu. — 4, facette pour le pisiforme.
Le même, vue postérieure.
1, face postérieure ou dorsale. — 2, crête du pyramidal. — 3, tubercule du pyramidal. — 4, facette articulaire pour le, ligament triangu aire.
térieure ou dorsale, fort large au contraire, nous présente à sa partie inférieure et interne une crête transversale, la crête du pyramidal : elle est destinée à des insertions ligamenteuses. La crête du pyramidal se termine en dedans par une sorte de tubercule, le tubercule du pyramidal, sur lequel vient s’insérer le faisceau postérieur du ligament latéral interne de l’articulation du poignet. Au-dessus et au-dessous de la crête, se voient deux sillons, criblés de trous vasculaires.
Connexions. — Le pyramidal s’articule avec quatre os : le cubitus, dont il est séparé cepen-
dant par le fîbro-cartilage triangulaire de l’articulation du poignet; 2» le pisiforme; 3® le semilunaire , 4® l’os crochu.
4° Pisiforme. — Allongé dans le sens vertical, légèrement aplati de dehors en dedans, le pisiforme nous offre à considérer deux extrémités et quatre faces :
a. Extrémités. — Les deux extrémités se distinguent en supérieure et inférieure :
a) V extrémité supérieure , qui est ordinairement la plus volumineuse des deux,
regarde en haut et un peu en dehors. Elle ne dépasse pas le niveau de la facette articulaire, que nous décrirons tout à l’heure sur la face postérieure de l’os.
V extrémité inférieure , au contraire, déborde plus ou moins, sous la forme d’un gros mamelon ou d’une saillie pyramidale, le niveau inférieur de la facette articulaire. Elle donne insertion à des faisceaux ligamenteux, qui vont s’attacher d’autre part, en partie sur l’os crochu, en partie sur le cinquième métacarpien.
b. Faces. — Les quatre faces du pisiforme, pour la plupart très mal délimitées, se distinguent en postérieure, antérieure, interne et externe.
>-) La face postérieure, en relation articulaire avec le pyramidal, nous présente
anatomie humaine. — T. I, 6® ÉDIT.
OSTEOLOGIE
à cet effet une petite facette, arrondie ou ovalaire, plane ou légèrement excavée,
S) La face interne, convexe et plus ou moins rugueuse, donne insertion au ligament latéral interne de Earticulation du poignet.
y) La face externe nous présente dans la grande majorité des cas, une gouttière longitudinale qui, très accusée à la partie supérieure de Los, s’allonge ensuite graduellement au fur et à mesure qu’elle se rapproche de l’extrémité infé^ rieure. Cette gouttière répond à l’artère cubitale et h la branche profonde du nerf cubital.
Ô) La face antérieure, convexe, donne attache à deux muscles : en bas, à l’adducteur du petit doigt ; en haut, au cubital antérieur. L’union du pisiforme avec le tendon du cubital antérieur est tellement intime qu’on a longtemps considéré le quatrième os de la première rangée du tarse comme un sésamoïde développé dans l’épaisseur de ce tendon . Cette opinion est aujourd’hui abandonnée. Utilisant les données fournies par l’anatomie comparée, Gegexbaur a établi que le pisiforme est réellement une pièce squelettique, l’homologue d’un rayon fortement réduit de la nageoire primitive. Les recherches embryologiques de Leboucu {Arch. de Biologie de vax Bexeüex, 1884j ont conduit cet anatomiste aux memes conclusions.
l’our metlro le pisil'orme en position, celle des deux mains à Jaquelle il apparlient étant connue, il faut ; 1“ lourner en arrière sa facette articulaire : 2« tourner en bas celle de ses deux extrémités t|ui déborde la sui face articulaire. La gouttière du nerf cubital occupera ainsi le côté externe. Ce dernier caractère, présence sur le côté externe d'une gouttière qui n’existe pas sur le côté interne, lendra facile à résoudre la (juestion de savoir, un pisiforme étaid donné, si c’est un pisiforme droit ou un pisiforme gauche.
Connexions. — Le pisiforme ne s'articule qu’avec un seul os, le pyramidal.
Insertions musculaires. — Deux muscles seulement s'insèrent sur le pisiforme (tig. 302) : le rubilal antérieur (G) et l'adducteur du petit doigt (7).
Fig. 297.
Pisiforme droit, vue antéro-externe.
1. faoelle articulaire. — i, extrémité supérieure. — ■ ■E extrémité iiil’érieure. — • 4, face externe, avec 4', sa «ioutlière. — 5, face antérieure. — 6, partie correspoiulante du pyramidal.
Le trapèze, situé entre le scaphoïde et le premier métacarpien, ne possède, comme os extrême de la rangée^ que trois facettes articulaires. Il nous présente, en outre, trois facettes non articulaires.
a. Facettes articulaires. — Les trois facettes articulaires sont : 1° une facette supérieure, triangulaire et légèrement concave, pour le scaphoïde; 2° une facette inférieure, concave dans le sens transversal, convexe au contraire dans le sens antéro-postérieur (configuration en selle), pour l’extrémité supérieure du premier métacarpien ; 3° une facette interne, concave en haut pour le trapézo'ide, plane en bas pour la partie externe du deuxième métacarpien; une petite crête mousse, à direction transversale, indique la limite de ces deux facettes secondaires.
b. Facettes 71071 articulaires. — Les trois faces non articulaires du trapèze se distinguent en antérieure, postérieure et externe. — La face Ü7ité7'ieure est relati-
Trapèze, vue antérieure.
2, fa-
1, faccUc articulaire pour le scaphoïde, celte pour le premier métacarpien. — .3, facette pour le Irapézoïde. — 4, facette pour le deuxième métacarpien. — O, gouttière pour le tendon du grand palmaire. — G, lubercule du trapèze.
os DE LA MAIN
vement étroite, surtout à sa partie interne. Sur sa partie ex.terne, nous rencontrons une gouttière profonde, destinée au passage du tendon du grand palmaire. Cette gouttière est limitée, en dehors, par une forte apophyse, qui se dirige obliquement en avant et en dedans, et que l’on peut appeler le tubercule ou Vapophyse du trapèze.,— La face postérieure est inégale, rugueuse, criblée de trous. A ses deux extrémités, interne et externe, se voient deux petits tubercules destinés à des insertions ligamenteuses. — La face externe, quadrilatère, rugueuse, donne également insertion à- des ligaments.
Connexions. — Le trapèze s’arlicule avec quatre os : 1° ](' scaphoïde; 2» ]e trapczoïdc : d» le premier métacarpien ; 4« le deuxième métacarpien.
Insertions musculaires. — Trois muscles s'insèrent sur cet os. Ce sont (fig. 302, 306 et 308) : L l'opposant du pouce ; le court fléchisseur du pouce ; 3° le court abducteur du pouce. Dans certains cas, le long abducteur du pouce s'insère aussi sur le trapèze.
6® Trapézoïde. — Le trapézoïde se trouve symétriquement enclavé entre quatre os ; le scaphoïde en haut, le deuxième métacarpien en bas, le trapèze en dehors, le grand os en dedans.
a. Facettes articulaires. — Articulé avec chacun d’eux, il présente, à cet effet ; 1® pour le premier, une facette supérieure, triangulaire et légèrement concave; 2° pour le second, une facette inférieure, convexe transversalement et fortement allongée d’avant en arrière;
3° pour le trapèze, une facette externe, convexe ; 4° pour le grand os, enfin, une facette interne, irrégulièrement plane.
b. Facettes non articulaires. — Le trapézoïde, outre les facettes articulaires précitées, nous présente encore deux facettes non articulaires ; l’une répondant à la paume delà main, c’est la face antérieure ou palmaire ; l’autre répondant au dos de la main, c’est la face postérieure ou dorsale. Elles sont l’une et l’autre rugueuses, fort inégales en étendue, la face dorsale l’emportant de beaucoup sur la face palmaire.
Connexions. — Le trapézoïde s'articule avec quatre os : i" en haut, avec le scaphoïde ; 2« en bas. avec le deuxième métacarpien; 3° en dehors, avec le trapèze ; 4° en dedans, avec le grand os.
Insertions musculaires. — Le trapézoïde donne insertion à deux muscles (lig. 302 et 306) : l'adducteur du pouce et le court lléchisseur du pouce (cette dernière insertion non constante).
7° Grand os. — Le grand os est le plus volumineux des os du carpe, celui qui en occupe te centre et autour duquel viennent se grouper tous les autres. Considéré par l’une de ses faces palmaire ou dorsale (fig. 30o et 307), le grand os nous apparaît comme constitué par trois portions : une. portion supérieure, arrondie, la tête; une portion inférieure, très volumineuse, le cor^^s ; une portion moyenne, plus oUimoins rétrécie, le col. Il nous présente, comme les précédents, des surfaces articulaires et des surfaces non articulaires ;
a. Facettes articulaires . — Le grand os s’articule, sur tout son pourtour, avec les os voisins. C’est ainsi que nous voyons : 1® sur sa face supérieure, une facette convexe et semi-sphérique pour la concavité du semi-lunaire ; 2° sur sa face externe, une première facette convexe, située en haut, pour la concavité du scaphoïde ; une deuxième facette, plane et plus petite, située en bas, pour le trapézoïde; 3® sur sa face interne, une large facette, à laquelle s’en ajoute souvent une plus petite, pour
Fig. 299.
Trapézoïde, vue antérieure.
1, facette articulaire pour le trapèze. — 2, facette pour le scaphoïde. — 3, facette pour le grand os. — 4, facette pour le deu.xième métacarpien. — 5, face antérieure de l’os.
OSÏÉOLOGIE
rarticiilation de cette
Fi^. 300.
Grand os, vue antérieure.
I , col du ^rand os. — 2, apophyse du grand os. — 3, facette articulaire pour le semi-lunaire.
— 4, facette pour le scaphoïde. — 5, facette pour le trapèze. — 6, facette pour l’os crocliu.
— 7, 7’, 7”, facettes pour les deuxième, troisième et quatrième métacarpiens.
face avec l’os crochu; 4° sur sa face inférieure, entio, trois facettes contiguës, mais séparées néanmoins par des crêtes généralement très visibles, pour les deuxième, troisième et quatrième métacarpiens . De ces trois facettes métacarpiennes, la facette moyenne^ destinée au troisième métacarpien, est large, triangulaire, à base postérieure; la facette externe, destinée au deuxième métacarpien, est étroite, allongée d’avant en arrière; quant à la facette interne destinée au quatrième métacarpien, elle est toute petite et reléguée à la partie pos- • térieure de l’os.
b. Facettes non articulaires. — Les facettes non articulaires occupent encore ici la face palmaire et la face dorsale de l’os. Ces deux facettes nous présentent en haut, une gouttière transversale indiquant le col et, au-dessous de cette gouttière, une surface rugueuse, où l’on voit de nombreux trous vasculaires. Nous rencontrons enfin, à la partie postérieure et externe du grand os, une apophyse, V apophyse du grand os, qui se porte obliquement vers le quatrième métacarpien et s’articule avec lui.
Connexions. — Le grand os s’articule avec sept os ; 1« le scaphoïde; le semi-lunaire ; 3" le trapézoïde ; 4» l’os crochu ; 5° les trois métacarpiens du milieu.
Insertions musculaires. — Deux muscles s’insèrent sur cet os. Ce sont (fig. 302) : l’adducteur du pouce (5) et le court lléchisseur du pouce (4).
8° Os crochu. — L’os crochu est le dernier os de la deuxième rangée. Beaucoup plus large à sa partie inférieure qu’à sa partie supérieure, il ressemble assez bien à
une pyramide, dont la base répondrait aux deux derniers métacarpiens. Gomme le grand os, il nous offre à considérer des facettes articulaires et des facettes non articulaires :
a. Facettes articulaires. — Ces facettes articulaires occupent pour ainsi dire toute la circonférence de l’os. — La face inférieure ou base, tout d’abord, nous présente deux facettes articulaires juxtaposées, l’une et l’autre concaves. Elles répondent, l’externe au quatrième métacarpien, l’interne au cinquième métacarpien. Ces deux facettes, dans leur ensemble, sont en forme de selle. — h" extrémité supérieure ou sommet affecte la forme d’un bord mousse, dirigé d’avant en arrière : sur lui vient se placer le semi-lunaire . — De chaque côté de ce bord et gagnant les faces latérales de l’os, s’étalent deux facettes articulaires : l’une interne, fortement oblique, regardant en haut et en dedans, pour le pyramidal ; l’autre externe, verticale, regardant en dehors, pour le grand os.
b. Facettes non articulaires. — Ce sont les faces antérieure et postérieure. — ■ La
Fig. 301.
L’os crochu du côté droit, vue inféro-interne .
1, face inférieure, avec : a, b, ses deux facettes pour les quatrième et cinquième métacarpiens. — 2, apophyse unciformc (face externe). — 3, gouttière sous-unciforme. — 4, face externe de l’os, avec sa facette articulaire pour le grand os.
os DE LA MAIN
face postérieure ou dorsale est fort large, rugueuse, percée de trous. — La face antérieure ou palmaire donne naissance à une longue apophyse, V apophyse unciforme, à laquelle l’os doit son nom. Cette apophyse, aplatie transversalement, se recourbe à la manière d’un crochet [uncus), de façon à décrire une courbe à concavité dirigée en dehors et un peu en haut. De ses deux faces, l’externe fait partie de la gouttière carpienne ; l’interne nous présente une gouttière, qui se prolonge sur le bord inférieur et dans laquelle passe l’artère cubito-palmaire. Le sommet de l’apophyse unciforme, arrondi et mousse, donne insertion au ligament antérieur du carpe.
Connexions. — L’os crochu s’articule avec cinq os ; 1° en dedans, avec le pyramidal; 2» en dehors, avec le grand os ; 3° en haut, avec le semi-lunaire ; 4» en has, avec les deux derniers métacarpiens.
Insertions musculaires. — Cet os donne insertion à trois muscles (fig. 302} : 1“ le court lléchisseur du petit doigt (8) ; 2<> l’opposant du petit doigt (9) ; 3® le cubital antérieur (cette dernière insertion 6', non constante).
Q*" Massif osseux du carpe. — Considéré dans son ensemble (fig. 305 et 306), le massif osseux du carpe forme une région rectangulaire, dont le diamètre transversal l’emporte de beaucoup sur le diamètre vertical.
a) Sa face postérieure ou dorsale est convexe et se trouve recouverte, à l’état frais, par les muscles extenseurs de la main.
Sa face antérieure ou palmaire, au contraire, nous présente une gouttière longitudinale et profonde, la gouttière du carpe, que circonscrivent de chaque côté deux saillies déjà connues :
du côté externe, c’est le tubercule du scaphoïde en haut et, en bas, le tubercule ou apophyse du trapèze; du côté interne, c’est d’abord le pisiforme qui, comme nous l’avons fait remarquer plus haut, s’articule avec la partie antérieure plutôt qu’avec le côté interne du pyramidal et, au-dessous du pisiforme, l’apophyse unciforme de l’os crochu. Cette gouttière carpienne, dont le semi-lunaire et le grand os constituent la portion moyenne et indiquent la direction, livre passage aux tendons des muscles fléchisseurs des doigts (voy. Myologie), aussi qu’au nerf médian.
Fig. 302.
Carpe, vu par sa face palmaire, avec les insertions musculaires.
a, scaphoïde. — b, semi-lunaire. — c, pyramidal. — d, pisiforme. — ç. trapèze. — f, trapézoïde. — g, grand os. — h, os crochu.
I, II. III, IV, V. les cinq métacarpiens.
1, 1’, court abducteur du ponce. — 2, opposant du pouce. — 3, long abducteur du pouce et faisceau inconstant du court extenseur (tendon commun). — 4, court fléchisseur dù pou^e. — 5, adducteur du pouce. — 6, cubital antérieur, avec 6’. faisceaux inconstants s’insérant à l’os crochu et au cinquième métacarpien. — 7, adducteur du petit doigt. — 8, opposant du petit doigt. — 9, court fléchisseur du petit doigt. — 10, grand palmaire, avec 10’, faisceau inconstant du même muscle s’attachant au troisième métacarpien.
10° Conformation intérieure des os du carpe. — Gomme les os courts, chacun des os du carpe est constitué par une masse centrale de tissu spongieux, englobée par une lame fort mince de tissu compacte.
OSÏEOLOGIE
Développement. — Il résulte des recherches de la plupart des embryologistes que les os du carpe se développent par huit points d'ossification, un pour chacun d’eux. Rambaud et Renault, cependant, admettent deux points d’ossification distincts pour le scaphoïde : deux points aussi pour l'os crochu, l'un pour le corps de l'os, l’autre pour son apophyse uncil'orme.
L'ordre dans lequel s'effectue l'apparition des points osseux dans ies os du carpe est le suivant : en premier lieu, dans le grand os et l’os crochu, de la première à la troisième année qui suit la naissance ; puis, quelques mois plus tard, dans le scaphdide, le semi-lunaire et le pyramidal ; entin, dans le trapèze et le trapézdide (de la quatrième à la cinquième année) et dans le pisiforme (de la dixième à la seizième année). — Voyez, à ce sujet. Retterer, De l'ossification du pisiforme de V homme, du chien et du lapin, G. R. Soc. Biol., 1898.
Variétés. — Soemmertncx a vu. sur les deux mains d'un nègre, les os du carpe réduits à sept, par suite de la soudure du semi-lunaire avec le pyramidal. — Par contre, ou a vu c|uelques os du carpe, le trapézoïde et le grand os notamment, se dédoubler et augmenter ainsi le nombi'e des os du carpe. — Cuver {Bull. Soc. d'Anthrop.. 1887) a rencontré un os surnuméraire sur la face externe du trapèze : comme ce dernier, il s'articulait avec le premier métacarpien. — Gruber {Bull, de VAcad. imp. de Saint-Pétersbourg, 1870. p. 4'33) a observé, sur le carpe d’un sujet, jusqu’à onze pièces osseuses. Mais, parmi les os surnuméraires qui peuvent apparaître dans celte région, le plus intéressant de tous est l'os central.
Os central du carpe. — On désigne aujourd'hui sous ce nom un petit os surnuméraire et fort rare
que l'on rencontre parfois chez l’homme à la région dorsale du carpe (tig. 303, c), dans cet espace triangulaire où se réunissent, à l’état normal, le scaphoïde le trapézoïde et le grand os. Certains anatomistes Font signalé ou meme décrit sous le nom d’os intermédiaire-, il convient de rejeter cette dernière dénomination, comme désignant, en anatomie comparée, une pièce osseuse du carpe qui est toute différente. Des observations d'os central ont été rapportées, le plus souvent avec beaucoup de détails, par W. Gruber, par Frieolowsky. par Vincent, par Turner et par Leboucu, qui a publié sur ce sujet un très intéressant mémoire {Becherches sur la morphologie du carpe chez les Mammifères, in Arch. de Biologie de van Beneoen. t. V,, 1884).
Si l'os central du carpe ne se reproduit chez l’homme qu’à titre d'anomalie, il existe normalement chez un grand nombre de mammifères voisins ou éloignés de l’homme, notamment dans plusieurs espèces simiennes. Du reste, il existe constaoiment aussi cliez l'homme à une certaine époque de son développement {première partie du deuxième mois), comme Font surabondamment démontré les recherches embryologiques de Henke et Reyher {Studien iiber die Entwick. d. Extremitaten, etc., Wiener. Akad. Sitzb. Bd. LXX, 188i) et de II. Lerouco {loc. cit.).
Contrairement à l'opinion de Rosenberg [Ueber die Entirick. der Wirbelsaule und das centrale Carpi des Menschen, Morph. Jahrb., I. 1876), qui avait, avancé que l’os central disparaissait par atrophie, Leboucq, confirmant en cela les conclusions de Hencke et de Reviier, a démontré que cette pièce embryonnaire se soude au scaphoïde. Cette soudure, qui commence vers la fin du deuxième mois, marche progressivement de la région palmaire vers la région dorsale, et du bord radial vers le bord cubital. La fusion des deux pièces- osseuses est généralement effectuée vers la fin du troisième mois. Mais on peut encore, dans les stades ultérieurs, reconnaître à l'aide du microscope, sur des coupes transversales de la région, une traînée conjonctive s’étendant entre la substance cartilagineuse du scaphoïde et du central.
La soudure du central avec le scaphoïde modifie forcément, et cela d'une façon bien souverd, permanente, la morphologie de ce dernier os. Lorsqu’on examine une série de scaphoïdes d'adultes, on remarque sui' la plupart d'entre eux (70 p. 100), au niveau du bord postérieur, une échancrure plus ou moins profonde, connue sous le nom à'angle dorsal : il en résulte que l’os paraît étranglé en son milieu (forme en biscuit de Gruber). Sur certains autres (30 p. 100), l’angle est entièrement effacé; le bord dorsal est rectiligne et le scaphoïde prend alors un aspect plus massif (forme parallélogrammiqiie de Gruber). Or, Feff’acement, le comblement de l’échancrure dorsale était produit, dans les derniers cas, par la soudure au scaphoïde du nodule osseux constituant le central. Quelques scaphoïdes présentent même, au lieu et place de l’échancrure ordinaire, un vrai tubercule, donnant ainsi à l’observateur une idée très nette du fait en question.
.Scaphoïde de la niaia gauche, vu du côté cubital, avec c, l'os central du carpe.
Fig. 303.
f'ersistance de l'os central (d’après Ledoccq) ; scjuelette du carpe et du métacarpe de la main gauche, vu par sa face dorsale, avec c, os central du carpe.