IV. — Os DU PIED
Le pied, quatrième et dernier segment du membre pelvien, est constitué par vingt-six os, disposés en trois groupes distincts. — En allant de l’articulation du
OSTEOLOGIE
cou-de-pied vers l’extrémité libre^ nous rencontrons tout d’abord un massif osseux, le tarse, composé de sept os. — De l’extrémité antérieure du tarse s’échappent, comme autant de rayons divergents, les cinq colonnettes osseuses, dont l’ensemble constitue le métatarse. — Le métatarse, enfin, est continué par les doigts de pied ou orteils, qui comprennent chacun trois phalanges, à l’exception de l’orteil interne qui n’en possède que deux.
Nous étudierons successivement :
1° Le tarse;
2° Le métatarse ;
3° Les orteils.
A. — Tarse
Le tarse (fig. 400 à 402) est constitué par sept pièces osseuses, disposées en deux rangées, une rangée postérieure et une rangée antérieure. La première comprend
deux os seulement : Vastragale, en haut ; le calcanéum, en has. La seconde en comprend cinq : en dehors , le cuboïde; en dedans, le scaphoïde , portant sur sa face antérieure les trois cunéiformes. Ces diverses pièces osseuses, de même que celles du carpe, sont des os courts, présentant à la fois une surface inférieure ou plantaire et une surface supérieure ou dorsale, et portant sur leur pourtour plusieurs facettes articulaires pour les os voisins. Toutefois, ils sont assez irréguliers et assez disparates pour que nous jugions inutile de leur assigner des caractères généraux.
Nous les décrirons donc isolément, en faisant surtout ressortir, pour chacun d’eux, sa forme et sa situation respectives.
1° Astragale. — Le plus élevé des os du tarse, l’astragale, est situé, sur le squelette monté, au-dessous des os de la jambe, qui reposent sur lui, au-dessus du calcanéum, qui le sépare du sol et auquel il transmet en grande partie le poids du corps. C’est un os court.
Os de xd deuxième rangée du tarse et métatarsiens, vus par leur face dorsale, avec les insertions musculaires.
I, II, III, IV, V, premier, deuxième, troisième, (juali'ième et cinquième métatarsiens. — 1, scaphoïde, avec ses trois facettes antérieures, 1’, 1”, 1’”, pour le premier cunéiforme ‘(2), pour le second cunéiforme (3j et pour le troisième cunéiforme (4). — 5, cuboïde.
a, O, insertions du premier interosseux dorsal sur le premier et le second métatarsiens. — a’, son insertion sur le premier cunéiforme. — b. insertions du deuxième interosseux dorsal sur les deuxième et troisième métatarsiens. — c, insertions du troisième interosseux dorsal sur les troisième et quatrième métatarsiens — cl, insertion du quatrième interosseux dorsal sur le cinquième métatarsien. — e, e’, insertion du péronier antérieur. — /', insertion du court péronier latéral.
os DU PIED
légèrement aplati de haut en bas et allongé d’avant en arrière, d’une façon telle que son diamètre antéro-postérieur l’emporte d’un tiers environ sur son diamètre transversal. On lui considère trois parties : 1® une partie postérieure, le corps, qui représente les trois quarts ou même les quatre cinquièmes postérieurs de l’os; 2® une partie antérieure, arrondie, la tête ; 3® une partie intermédiaire, plus ou moins rétrécie, le col. Envisagé dans son ensemble, l’astragale affecte une forme irrégulièrement cuboïde et nous présente en conséquence six faces, que l’on distingue en supérieure , inférieure, antérieure , postérieur, interne et externe :
a. Face supérieure . — La face supérieure (fig. 376) est occupée dans la plus grande partie de son éten- ^
due par une surface articulaire, régulièrement lisse et unie, destinée au tibia.
Cette surface, de forme quadrilatère, un peu plus large à sa partie antérieure qu’à sa partie postérieure, convexe d’avant en arrière, concave au contraire dans le sens transversal, revêt la forme d’une poulie : c’est la poulie astragalienne.
On lui distingue, comme à toute poulie : 1° une gorge antéro-postérieure, extrêmement mousse et plus rapprochée du bord interne que du bord externe ; 2° deux versants,
un versant interne et un versant externe, légèrement inclinés l’un vers l’autre ; 3° deux bords latéraux, tous les deux demi-circulaires. Des deux bords de la poulie astragalienne, l’externe est un peu plus élevé que l’interne ; il est aussi plus tranchant et par conséquent plus accusé. Quant au bord interne, il s’élargit à sa partie postérieure, pour former une sorte de facette triangulaire à base postéro-
Fig. 376.
Astragale, face supérieure.
1, poulie de l’aslragale, pour le tibia. — 2, sou bord interne. — 3, son bord externe. — 4, facette articulaire pour la malléole interne. — 5, facette articulaire pour la malléole externe. — 6, tête de l’astragale. — 7, son col.
Fig. 377.
Astragale, face inférieure.
1, facette articulaire postéro-externe et 2, facette articulaire antérointerne pour le calcanéum. — 3, gouttière rugueuse séparant ces deux facettes. — 4, tète de l'astragale. — 5, gouttière du fléchisseur propre du gros orteil.
inférieure, très visible dans les figures 376 et 379.
astragale est formée
En avant de la poulie astragalienne, la face supérieure de par la partie supérieure du col : elle est irrégulière, déjetée en dedans, criblée de trous vasculaires. Elle nous présente, immédiatement en avant de la gorge de la poulie, une dépression plus ou moins profonde obvient se loger la partie antérieure du tibia dans les mouvements de flexion de la jambe sur le pied.
b. Face inférieure. — La face inférieure (fig. 377), destinée à s’articuler avec le calcanéum, nous présente à cet effet deux facettes articulaires, l’une antéro-interne, l’autre postéro-externe :
a) La facette antéro-interne (2), allongée d’avant en arrière, convexe dans le même sens, regarde directement en bas. Elle est parfois subdivisée, comme la facette calcanéenne sur laquelle elle repose, en deux facettes secondaires, l’une antérieure, l’autre postérieure.
OSTEOLOGIE
La facette poster o-exlerne (1), beaucoup plus grande, regarde obliquement en bas et en arrière. Plane transversalement, fortement concave au contraire dans le sens antéro-postérieur, elle s’articule, comme la précédente, avec une facette similaire que nous retrouverons tout à l’heure sur la face supérieure du calcanéum.
7) Les deux facettes astragaliennes précitées sont séparées Tune de l’autre par une gouttière profonde et rugueuse, qui se dirige obliquement d’arrière en avant et de dedans en dehors : c’est la rainure astragalienne (1). Fort étroite en arrière, elle s’élargit considérablement en avant, où elle forme, de concert avec la partie correspondante du calcanéum, une excavation profonde, connue sous le nom de creux calcanéo-aslragalien : c’est le sinus tarsi {sinus du tarse) des anatomistes allemands.
A son extrémité antérieure, la facette articulaire postéro-oxterne de l’astragale se relève parfois pour se prolonger sur la partie antérieure et externe du corps de l’os. Ce prolongement, sur lequel Morestin a tout récemment appelé l’attention {Bull. Soc. Anal., 1894), se développe exactément sur le point où, dans la llexion ou la rotation du pied en dehors, l’astragale vient appuyer sur la grande apophyse du calcanéun, recouverte à ce niveau de puissantes insertions ligamenteuses. On le rencontre environ une fois sur trois. Quand il existe, il revêt la forme d'une petite facette, arrondie ou plutôt allongée transversalement, regardant en avant et en bas, mesurant de 2 à 12 millimètres de hauteur. Mais, quels que soient sa forme et son degré de différenciation, cette facette se continue toujours, à sa partie inférieure, avec la facette postéroexterne de l’astragale, dont elle n’est qu’une dépendance.
c. Face externe. — La face externe (fig. 378), articulée avec la malléole péronière, nous présente pour cette articulation une facette triangulaire à base supérieure, lisse et encroûtée de cartilage à l’état frais : c’est la facette péronière de Vaslragale. — Sa base, curviligne, confine au bord externe de la poulie astragalienne et se continue, par-dessus ce bord, avec la poulie ellemême. — Son sommet, légèrement arrondi, se relève plus ou moins , comme pour se rapprocher de la position horizontale. Il est supporté par une partie osseuse, fortement déjetée en dehors, qui constitue une véritable apophyse, Yapophyse externe de Vastragale. — La facette articulaire que nous venons de décrire, bordée en avant par une surface rugueuse, où vient s’attacher le ligament péronéo-astragalien antérieur, est circonscrite en arrière par une nouvelle bande rugueuse, qui se termine en gouttière sur la partie postérieure de l’os et qui donne attache au ligament péronéo-astragalien postérieur. — Enfin, en avant de cette surface articulaire, la face externe de l’astragale est constituée par le coté externe du col : il revêt l’aspect d’un bord mousse, mesurant à peine 10 millimètres de hauteur et fortement en retrait sur le plan de la facette péronière.
d. Face interne. — La face interne (fig. 379), un peu moins élevée que l’externe,
s’articule avec la malléole tibiale. A cet effet, elle nous présente en haut et en arrière une facette articulaire, allongée dans le sens antéro-postérieur et mesurant en moyenne 2o millimètre de longueur sur 12 millimètres de hauteur. Cette facette articulaire, qui se continue en haut avec la poulie astragalienne et n’en est pour ainsi dire qu’une dépendance, revêt dans son ensemble la forme d’une virgule couchée ( ), dont la tête serait en avant et la queue en arrière. Au-devant d’elle,
se voit une surface rugueuse, représentant la partie interne du col. Au-dessous, le
Fig. 378.
Astragale, face externe.
1, facette triangulaire, destinée à s’articuler avec la malléole externe. — 2, 2, poulie astragalienne, vue de profil. — 3, tète de l’astragale. — 4, son col.
os DU PIED
long du bord concave de la virgule, s’étale une nouvelle surface rugueuse (2), qui s’étend depuis le col jusqu’à la face postérieure de l’os et sur laquelle vient s’attacher le faisceau profond du ligament latéral interne de l’articulation du cou-de-pied.
e. Face antérieure . — La face antérieure de l’astragale (fig. 378 et 379), articulaire dans toute son étendue , est arrondie en forme de tête : c’est elle qu’on désigne sous le nom de tête de V astragale . Cette surface articulaire, plus large que haute, est circonscrite, en haut, et sur les côtés par un rebord très net qui la sépare du col. A sa partie inférieure, au contraire, elle se continue, avec une deuxième facette articulaire qui nous est déjà connue, la facette antérointerne de la face in-férieure de l’os.
Fig. 379.
Astragale, face interne.
1, facette triangulaire pour la malléole interne. — 2, facette rugueuse pour le feuillet profond du ligament latéral interne. — .1,3, poulie de la face supérieure. — 4, tête de l’asUagale. — 3, son col.
Fig. 380.
Astragale, vue antérieure.
1, tète de l’astragale. — 2, col. — 3, poulie. — 4, facette articulaire pour la malléole interne. — 5. 5, face inférieure de l'os, avec ses deux facettes articulaires. (Les deux lignes rouges, représentant l’une l’horizontale, l’autre le grand axe de la tète de l’os, délimitent un angle, qui est Xangle, de rotation de l’astragale.)
La tête de l’astragale s’articule avec la face postérieure du scaphoïde, qui présente à cet effet une facette articulaire excavée en forme de cavité glénoïde. Toutefois, comme la facette scaphoïdienne est moins grande que la surface de la tête astragalienne, il en résulte que, sur un pied articulé, une partie de cette dernière surface, sa partie inféro-externe, ne présente aucun rapport de contact avec le scaphoïde. — Cette portion extra-scaphoïdienne (qu’on me permette cette expression) de la tête de l’astragale revêt la forme d’un petit triangle à hase postérieure. Nous verrons plus tard, en arthrologie, qu’elle est en rapport avec un ligament, le ligament calcanéo-scaphoïdien inférieur.
f. Face postérieure. — La face postérieure (fig. 381) se trouve fort réduite par suite de la déclivité de la poulie astragalienne : elle ressemble plutôt à un hord qu’à une véritable face. Nous y rencontrons, à sa partie la plus interne, une gouttière (2), obliquement dirigée de haut en has et de dehors en dedans ; elle livre passage au tendon du muscle fléchisseur propre du gros orteil.
Des deux lèvres qui circonscrivent cette gouttière, l’externe est ordinairement plus accusée et plus saillante que l’interne ; elle représente l’os trigonum de Bardeleben qui s’est soudé avec le reste de l’os (voy. plus has) ; sur elle viennent s’attacher le ligament péronéo-astragalien postérieur de l’articulation du cou-de-pied et le ligament
postérieur de l’articulation astragalo-calcanéenne (voy. Arthrologie).
Fig. 381.
Astragale, face postérieure.
1, 1, poulie de l’aslragale. — 2, gouttière pour le fléchisseur propre du gros orteil. — 3, surface triangulaii'e, formée par la bifurcation du bord externe de la poulie. — 4, facette articulaire pour la malléole interne. — 5, facette rugueuse pour le feuillet profond du ligament latéral interne.
ANATO.MIE HUMAINE. — T. I, 6® ÉHIT.
OSTEOLOGIE
La tête de l’astragale ne se conlinue pas en ligne droite avec le corps de l’os; mais, au niveau du col, elle subit une double déviation qui a pour effet de la porter en bas et en dedans. Elle forme donc, avec le corps : 1° un angle ouvert en bas, c’est Vangle d'inclinaison', 2° un angle ouvert en dedans, c’est Vangle de déclinaison.
Ces deux angles sont sujets à de nombreuses variations individuelles comprises entre certaines limites, au dehors desquels l’os ne peut pas être considéré comme normal. L’angle d’inclinaison mesure Ho» en moyenne; l'ang e de déclinaison, 158<»
Enfin, quand on regarde de face le grand axe de la tête astragalienne (lîg. 38Ü), on constate que ce grand axe fait, avec l’horizontale, un angle aigu ouvert en dehors, que l’on désigne sous le nom d'angle de isolation. Cet angle, presque nul sur le nouveau-né, devient de plus en plus grand au fur et à mesure que le pied se développe. 11 oscille autour de 45o.
Connexions. — L’astragale s’articule avec quatre os ; 1° en haut et en dedans, avec le tibia ; 2° en dehors, avec le péroné; > en bas, avec le calcanéum ; 4° en avant, avec le scaphoïde.
■Variétés, os trigonum — On rencontre quelquefois à la partie postérieure de l’astragale, sur le rebord externe de la gouttière du lîéchisseur propre du gros orteil, un osselet indépendant réuni par une suture au reste de l'astragale. Cet osselet, signalé dès 18G4 par GnuBER, rencontré de nouveau quelques années plus tard par Stieda, par Shepherd et par Albrecht, a été particulièrement bien étudié, en 1883, par Bardeleben {JJas Interynedium tarsi beirn Menschen, Sitz. d Jenaischen Gesellschaft f. Med.), qui lui a donné le nom d’o.sirigonuni (iig. 382,1, en rose).
L’os trigonum de Bardi leben se développe aux dépens du cartilage embryonnaire de l’astragale et. sur les sujets porteurs de cette anomalie, le cartilage en question donne en réalité naissance à deux os distincts : un os anlérieur, relativement volumineux, que l’on pourrait appeler V astragale ‘proprement dit ; un os postérieur, beaucoup plus petit, qui n’est autre que le trigonum. Ce remplacement de notre astragale par deux pièces osseuses distinctes existe normalement chez un grand nombre de vertébrés inférieurs, notamment chez l’axolot [intermédiaire I et intermédiaire 11). On le rencontre encore très fréquemment chez les marsupiaux. L’anomalie humaine est donc la reproduction, ici comme ailleurs, d'une disposition qui est typique dans la série animale et acquiert ainsi toute la valeur des anomalies réversives. Morphologiquement, l’os trigonum de Bardeleben représente l’extrémité inférieure ou dislale du rayon intermédiaire de la jambe (voy. p. 352).
Quand il existe à l’état d'isiffement, le trigonum représente le pyramidal du carpe. Le reste de l’astragale ou aslragaln proprement dit est 1 homologue du semi-lunaire (voy. à ce sujet ; Stieda, Der Talus und des Os trigonum, Anat. Anz., 1889 ; Bianchi, Sopra un raro caso di Os trigonum, Monit. zool., 189U).
2® Calcanéum. — Le calcanéum est Eos le plus volumineux du tarse, dont il constitue la partie postéro-inférieure : il est séparé des os de la jambe par l’astragale et repose directement sur le sol. Allongé d'avant en arrière, aplati transversalement, il présente comme l’os précédent, une forme irrégulièrement cubique et possède par conséquent six faces. Ces six faces ont la même orientation et portent le même nom que celles de l’astragale.
a. Face supérieure . La face supérieure (fig. 383j diffère beaucoup d’aspect suivant qu’on la considère à sa partie antérieure ou à sa partie postérieure.
Dans ses deux tiers antérieurs, elle s’articule avec l’astragale. Aussi y rencontrons-nous les mêmes éléments ostéologiques que sur la face inférieure de ce dernier os, savoir : 1° une première facette, facette aniero-inierne , allongée et concave d’avant en arrière, subdivisée parfois en deux facettes secondaires ; 2° une deuxième facette, facette poster o-externe, convexe d’avant en arrière et plus large que la précédente; 3° entre ces deux facettes, une gouttière oblique en avant et en dehors, la rainure calcanéenne, étroite à son origine, s’étalant à sa terminaison en une large surface quadrilatère, qui contribue à former le creux calcanéo-astragalien. La rainure calcanéenne, ainsi que la surface rugueuse qui lui fait suite, donnent inseition au ligament interosseux de l’articulation calcanéo-astragalienne. — En arrière des deux facettes articulaires précitées, la face supérieure du
Os trigonum, vue postérieure.
1. os trigonum. avec 1', sa ligne île soudiu e avecl'a-'tragale.
— 2. tubercule interne de la gouttière <, destinée au tendon du lîéchisseur propre du gros orteil — 4, face externe de l’astragale. — S, sa lace supérieure.
os DU PIED
-calcanéum devient inégale et rugueuse. Arrondie transversalement, elle est concave d’avant en arrière : elle répond, à ce niveau, à une masse cellulo-graisseuse, qui sépare le tendon d’Actiille de l’articulation tibio-tarsienne.
b. Face inférieure.
— La face inférieure (fig. 384) est irrégulière et criblée de trous vasculaires dans toute son étendue. — Si nous la parcourons d’arrière en avant, nous rencontrons tout d’abord, à sa partie postérieure, deux saillies osseuses toujours très apparentes : ce sont les tubérosités interne et externe du calcanéum . L’interne , de beaucoup la plus volumineuse, donne insertion aux muscles court fléchisseur plantaire et
Fii
Calcanéum,
face supérieure.
adducteur du gros or-
1, facette articulaire postéro-eKlerne, pour l’astragale. — 2, facette articulaire antéro-interne, également pour l’astragale. — 3, gouttière rugueuse séparant ces deux facettes. — 4, facette articulaire antérieure, pour le cuboïde. — tubercule calcanéen externe, séparant les deux gouttières des péroniers.
Fig. 381.
Calcanéum, face inférieure.
1, tubérosité interne. — 2, tubérosité externe. — 3, petite apophyse, avec 3’, gouttière pour le fléchisseur commun des orteils. — 4, gouttière pour le fléchisseur propre du gros orteil. — 5, tubercule calcanéen externe, séparant les gouttières des péroniers latéraux. — 6, facette articulaire pour le cubo’ide.
teil . L’externe, plus petite , donne attache -au muscle abducteur
du petit orteil. En avant de ces deux tubérosités s’étale une surface rugueuse à peu près plane, striée longitudinale- o
ment et criblée de trous, pour l’insertion du grand ligament calcanéo-cuboïdien inférieur. —
Cette surface se termine en avant par une troisième saillie osseuse, plus ou moins bien délimitée :
c’est la tubérosité antérieure, sur laquelle s’insèrent encore les faisceaux profonds du ligament calcanéo-cuboïdien inférieur.
c. Face externe. — La face externe (lig. 385) répond à la peau.
Nous y rencontrons, à la réunion de son tiers antérieur avec ses deux tiers postérieurs, un tubercule, plus ou moins développé suivant les sujets : c’est le tubercule externe du calcanéum. — Au-dessus de ce tubercule se trouve une gouttière,
G.Deuy
Fig. 383.
Calcanéum, face e-tteme.
1, facette postéro-externe et 2, facette antéro-interne pour l'astragale. — 3, gouttière rugueuse qui les sépare. — 4, face postérieure. — O, tubercule externe, séparant la gouttière du long péronier latéral 6, de la gouttière du court péronier 7. — 8, face antérieure.
Fig. 386.
Calcanéum, face interne.
1, facette postéro-externe et 2, facette antéro-interue pour l’astragale. — 3, gouttière rugueuse qui les sépare. — 4, petite apophyse du calcanéum. — 5, gouttière, située au-dessous pour le passage du fléchisseur propre du gros orteil. — 5’, autre gouttière, située sur le bord libre du calcanéum et dans laquelle glisse le tendon du fléchisseur commun des orteils. — 6, grande apophyse du calcanéum. — 7, facette articulaire pour le cuboïde. — 8, tubérosité interne du calcanéum.
oblique en bas et en avant, pour le passage du tendon du .muscle court péronier latéral. Au-dessous existe une deuxième gouttière, de même direction, pour le tendon du long péronier latéral . Quant au tubercule lui-même, il donne insertion aux gaines fibreuses des deux muscles précités. — Au-dessus et en arrière du tubercule externe que nous venons de décrire se voit assez fréquemment, mais pas toujours, une empreinte rugueuse destinée à l’insertion du ligament péronéocalcanéen.
d. Face interne. — La face interne (fig. 386), fortement excavée, constitue une
large gouttière , obliquement dirigée en bas et en avant : c’est la gouttière calcanéenne interne , lieu de passage pour les muscles, vaisseaux et nerfs qui abandonnent la face postérieure de la jambe pour gagner la plante du pied. Cette gouttière, limitée en arrière par la tubérosité interne déjà connue, se trouve circonscrite, en avant, par une forte saillie qui se porte directement en dedans et que l’on désigne sous le nom de petite apophyse du calcanéum : c’est le sustentaculum tali des anciens anatomistes, ainsi appelé parce que sur lui repose la partie interne de l’astragale ou talus. — La base de la petite apophyse du calcacôté de la gouttière calcanéenne, par une gouttière mousse et lisse, destinée au tendon du fléchisseur propre du gros orteil. — Sur le bord libre de la petite apoph}^se du calcanéum, on voit une deuxième gouttière, dirigée en avant, en bas et en dedans, dans laquelle, à l’état frais, glisse le tendon du muscle fléchisseur commun des orteils (fig. 384,3’ et fig. 385,5’).
e. Face antérieure. — La face antérieure du calcanéum nous présente une facette articulaire, concave de haut en bas, convexe transversalement, s’adaptant exactement à la face postérieure du cuboïde. Elle est limitée, en haut, par une saillie mince et tranchante, qui la surplombe et qui a son importance dans l’amputation de Chopart. La facette articulaire de la face antérieure est supportée par une sorte de colonne osseuse (fig. 386,6), à laquelle on a donné le nom de grande apophyse du calcanéum .
f. Face postérieure. — La face postérieure (fig. 387), plus large en bas qu’en haut, forme la portion la plus reculée de la saillie du talon. — Sa moitié inférieure,
rugueuse et confondue en partie avec les tubérosités de la face inférieure, donne
néum est parcourue, du
Fig. 387.
Calcanéum, face postérieure.
1, i, surface rugueuse pour le tendon d’Achille. — 2, partie plus lisse, séparée du tendon précité par une bourse séreuse. — 3, petite apophyse ilu calcanéum, surmontant 4.
la gouttière du fléchisseur propre du gros orteil. — 5, tubérosité interne de la face inférieure.
os DU PIED
insertion au tendon d’Achille. — Sa moitié supérieure est lissé. Sur elle s’étale une bourse séreuse qui la sépare de ce même tendon.
Connexions. — Le calcanéum s’articule avec deux os : 1® en haut, avec l’astragale, qui le sépare des os delà jambe; 2» en avant, avec le cuboïde.
Insertions musculaires. — Le calcanéum donne insertion à huit muscles, savoir (fîg. 388, A, B et G) ; 1° sur sa face postérieure, au plantaire grêle (2) et au triceps sural par l’intermédiaire du tendon d’Achille (1) ; 2® sur
sa face supérieure, au pédieux A. B
(3) ; 8® sur sa face inférieure, au court fléchisseur commun des orteils (4), à l’adducteur du gros orteil (5), à l’abducteur du petit orteil (6) , au faisceau externe de l’accessoire du long fléchisseur commun (8), et quelquefois au jambier ou tibial postérieur (7) ; sur sa face interne, au faisceau interne de l’accessoire du long fléchisseur commun (8').
Variétés. — La facette antéro-interne de la face supérieure du calcanéum est souvent (40 p. 100) divisée en deux portions par une ligne transversale (voy. Arthrologie) . — La même disposition s’observe aussi sur la facette correspondante de l’astragale. — La tubérosité externe, provenant d’un point d’ossification spécial, peut, par défaut de soudure de ce point, rester isolée et ressembler ainsi à un os sésamoïde (Rambaud et Renault). — Le tubercule externe du calcanéum fait défaut sur bien des sujets ; par contre, il prend parfois un développement assez considérable pour mériter le nom à’ apophyse sous-malléolaire que lui a donné HvRTL(f/eèer die Trochlearforsâtze d. menschl. Knochen, in üenkschr. d. kais. Akad., vol. XVIII), auquel cas il fait saillie sous la peau et peut même déterminer, à' ce niveau, la formation de callosités. — On désigne, en anthropologie, sous le nom de talon, la portion du maxima calcanéum située en arrière d’une ligne transversale qui réunirait l’une à l’autre les saillies des deux malléoles. Très développée chez l’homme, la saillie du talon est à peine marquée chez les singes. On conçoit dès lors que le degré de saillie du talon puisse devenir un caractère anthropologique d’une grande importance. L’étude de ses variations suivant les âges, les sexes et les races, fournirait assurément des conclusions fort intéressantes.
3° Cuboïde. — Le cuboïde (fig. 389) est situé en avant de la grande apophyse du calcanéum, dont il prolonge la direction. Libre à sa partie externe, il répond en avant aux deux derniers métatarsiens, en dedans au scapho’ide, et au troisième cunéiforme. Sa forme cubo’idale qui lui
Fig. 388.
Calcanéum avec les insertions musculaires.
A, vue inférieure ; B, vue supérieure ; G, vue postérieure.
9, gouttière du fléchisseur du gros orteil. — 10, gouttière du long fléchisseur commun.
(Pour l'a signification des autres chiffres, qui désignent des muscles, se reporter à l’alinéa ci-contre, relatif au.x Insertions musculaires.)
a valu son nom, nous permet de lui considérer six faces (elles ont le même nom que celle du calcanéum) : a. Face supérieure. — La face supérieure fait partie du dos du pied. Elle regarde à la fois en haut et en dehors. Plane et irrégulière, elle est recouverte par des ligaments et par le muscle pédieux.
h. Face inférieure. — La face inférieure (fig. 389), la plus importante de toutes, nous présente à sa partie moyenne ou un peu en avant de cette partie moyenne, une forte saillie, tantôt ovalaire, tantôt cylindroïde, qui
■ Cuboïde droit, vu par sa face inférieure, avec les insertions musculaires.
1, facette articulaire pour le calcanéum. — 2, bord inférieur de la face antérieure. — 3, surface rugueuse, donnant insertion à l’abducteur oblique du gros orteil. — 4, tubérosité du cuboïde, avec 4’, empreinte du sésamoïde du tendon du long péronier latéral. — o, autre insertion de l’abducteur oblique. — 6, insertion du court fléchisseur du gros orteil.
—, 7, insertion d’un faisceau inconstant du tibia postérieur.
OSTEOLOGÎE
se dirige obliquement d’arrière en avant et de dehors en dedans : c’est la tubérosité ou crête du cuboïde. Cette saillie, qui donne insertion au ligament calcanéo- CLiboïdien inférieur, divise la face inférieure de l’os en deux parties d’aspect bien différent : 1° une partie postérieure, légèrement excavée et rugueuse, pour des insertions ligamenteuses et musculaires; "ÙP uwq partie antérieure, creusée en une sorte de gouttière, la gouttière du cuboïde, laquelle, comme la crête elle-même, se dirige obliquement en avant et en dehors vers l’extrémité postérieure du premier métatarsien ; à l’état frais, elle est recouverte et convertie en un canal complet par une expansion du ligament calcanéo-cuboïdien. Dans ce canal passe le tendon du long péronier latéral. On voit assez souvent, sur le versant antérieur de la crête du cuboïde, au voisinage du bord externe du pied, une empreinte de forme ovalaire, qui répond au sésamoïde du tendon de ce dernier muscle.
c. Face postérieure . — La face postérieure est occupée tout entière par une surface articulaire, destinée au calcanéum. T.égèrement convexe dans le sens transversal, elle est, au contraire, concave dans le sens vertical.
De plus, elle a une forme triangulaire : sa base, curviligne, répond à la face supérieure ou dorsale de l’os ; son sommet se prolonge en bas et en dedans en une saillie, souvent fort prononcée, que l’on désigne sous le nom dé apophyse pyramidale du cuboïde.
d. Face antérieure. — La face antérieure, également articulaire, est divisée en deux facettes secondaires par une crête verticale mousse : la facette qui est en dedans répond à l’extrémité postérieure du quatrième métatarsien ; celle qui est en dehors s’articule avec le cinquième.
e. Face interne. — La face interne nous présente, à sa partie moyenne, une facetté articulaire, plane et ovalaire, destinée à s’articuler avec le troisième cunéiforme ; en arrière d’elle, existe quelquefois une deuxième facette tonte petite, poulie scaphoïde. Le reste de cette face présente de nombreuses rugosités pour des insertions ligamenteuses.
f. Face externe. — La face externe du cuboïde, située le long du bord externe du pied, se trouve réduite aux dimensions d’un simple bord. On y voit une forte échancrure, qui n'est que le comniencement de la gouttière du long péronier, déjà décrite sur la face inférieure.
Connexions. — Le cuboïde s'arLicule avec quatre os ; 1° en arrière, avec le calcanéum : en
dedans, avec le troisième cunéiforme ; 3«'en avant, avec les quatrième et cinquième métatarsiens.
Insertions musculaires. — Cet os donne insertion à une expansion tendineuse du tibial postérieur, à l'abducteur oblique du gros orteil et. quelquefois, à des faisceaux du court fléchisseur du gros orteil (flg. 389, 3 etoj.
¥ Scaphoïde. - — Placé en dedans du cuboïde, le long du bord interne du pied, le scaphoïde s’articule, en arrière, avec la tête de l’astragale, en avant avec les trois cunéiformes. Aplati dans le sens antéro-postérieur, convexe en avant, fortement excavé en arrière, il a été comparé à une nacelle dont le grand axe serait oblique en bas et en dedans : de là, le nom de scaphoïde (de barque, et zièoç, forme)
. A li
Fig. 300.
Cuboïde droit : A, vue antérieure; L5, vue postérieure.
1. facette arliculaire pour le calcauéuni. — 2, faccllc pour le quatrième métatarsien. — 3, facette pour le cinquième métatarsien. — 4, facette pour le troisième cunéiforme. — o, facette })our le sea[»ho'ide.
os DU PIED
Fig. 391.
Scaphoïde, vu par sa face postérieure.
1, facelle articulaire pour la tète de l’astragale. — 2, l'ace supérieure de l’os. — 3, extrémité externe. — 4. extrémité interne, formant le tubercule du scaplioïde.
SOUS lequel ou le désigne. On lui considère deux fdCSSy deux bovds et deux exlvémités :
a. Faces. — Des deux faces, l’une regarde en avant, l’autre en arrière. — La face postérieicre (figv 391) présente une cavité profonde et régulière, plus large que haute. C’est, dans son ensemble, un segment de sphère ou d’ovoïde, destinée à s’articuler avec la tête arrondie de l’astragale. — La face antérieure (fig. 392), également articulaire, est divisée par deux crêtes mousses en trois facettes triangulaires (i, ii et iii), correspondant chacune à l’un des trois cunéiformes.
b. Bords. — Les deux bords se distinguent en supérieur et inférieur : le bord supérieur, incliné en bas et en dedans, fait partie de la face dorsale du tarse; le bord inférieur, qui lui est opposé, fait saillie à la face plantaire. L’un e.t l’autre sont rugueux et donnent insertion à des ligaments. On rencontre quelquefois, sur le bord inférieur du scaphoïde, un peu au-dessous de l’extrémité externe, une petite facette articulaire pour le cuboïde (fig. 392,3).
c. Extrémités. — Des deux extrémités du scaphoïde, l’une est externe, l’autre interne.
— h' extrémité externe^ assez mal délimitée, réunit par une coarbe non interrompue le bord supérieur et le bord inférieur. — U extrémité interne (fig. 391,4), au contraire, constitue une forte saillie, qui se dirige en bas et en arrière : c’est le tubercule du scaphoïde, sur lequel viennent s’attacher le tendon principal dujambier postérieur.
Connexions. — Le scaplioïde s’articule avec cinq os : 1° en arrière, avec l’astragale ; 2^^ en avant, avec les trois cunéiformes; 3° en dehors, avec le cuboïde larticulation non constante).
UE
Fig. 392.
Scaphoïde, vu par sa face antérieure.
t, bord siipéripur. — 2, bord inférieur. — 3, côté exleriie, avec larell'- articulaire fiour le cuboïde. — 4, exlrémilé iiileime (tubercule du scapho'iMe). — I, U, III. facettes articulaires pour les 2® et 3® cunéiformes.
Insertions musculaires. — Il donne attache à un seul muscle, le jambior postérieur (fig. 370, 5).
Variétés. — On rencontre parfois, au lieu et place du tubercule du scaphoïde, un petit os complètement indépendant: c’est l’o5 tibial externe, que nous étudierons plus loin, à propos des os surnuméraires du tarse (voy. p. 380).
5° Cunéiformes. — Les trois cunéiformes (fig. 400) sont enclavés à la manière de coins (d'oii leur nom) entre le scaphoïde, le cuboïde et les quatre premiers métatarsiens. Ou les désigne sous les noms de premier, deuxième QUroisième cunéiformes, en allant de dedans en dehors. On les distingue encore, en ne considérant que leurs dimensions, en grand, moyen ou petit cunéiformes : le grand est le premier ; le moyen est le troisième ; le petit est le second ou, aulrement dit, celui du milieu.
A. PuEMiER CUNÉIFORME. — Lc premier ou grand cunéiforme (fig. 400,5) occupe le bord interne du pied. Il a la forme d’un coin h base inférieure et à sommet supérieur. Ou lui considère, comme à un coin, quatre faces, une6a.se Qinn sommet :
di. Faces. — Les quatre faces se distinguent, d'après leur situation, en postérieure, antérieure, interne et externe :
a) La face postérieure, triangulaire et concave, s’articule en totalité avec la facette interne de la face inférieure du scaphoïde.
GSTÉOLOGIE
La face antérieure , également articulaire, répond à l’extrémité postérieure du premier métatarsien. Elle nous présente, à cet effet, une large surface articulaire, convexe et allongée de haut en bas, affectant plus ou moins la forme d’un croissant à concavité tournée en dehors (voy. Variétés, p. 380).
y) La face interne, rugueuse et inégale, plus ou moins excavée à sa partie moyenne, fait partie du bord interne du pied. On y remarque à sa partie antérieure
et inférieure, une empreinte circulaire, toujours très accusée, sur laquelle vient prendre insertion le muscle jambier antérieur (fig. 395).
ô) La face externe nous présente, en haut, deux facettes articulaires : l’une en avant, toute petite pour le deuxième métatarsien ; l’autre en arrière, beaucoup plus large, pour le deuxième cunéiforme. Au-dessous de ces deux facettes, la face externe de l’os est inégale et raboteuse, pour l’insertion de ligaments interosseux.
b. Base. — La base du premier cunéiforme (face inférieure de quelques auteurs) fait saillie à la plante du pied (fig. 402,5). Large et inégale, elle donne attache à des ligaments et au tendon du jambier postérieur.
c. Sommet. ^ Le sommet, qui forme le tranchant du coin et que certains auteurs désignent encore sous le nom de bord supérieur, regarde la région dorsale du pied. Dans ses deux tiers postérieurs, où il répond au deuxième cunéiforme, il est mince, tranchant, obliquement dirigé d’arrière en avant et de dedans en dehors. Dans son tiers inférieur, où il s’articule avec le deuxième métatarsien, il est plus épais et franchement antéro-postérieui*.
Connexions. — Le premier cunéiforme s'articule avec quatre os : en arrière, avec l’astragale ; en dehors, avec le deu.vième cunéiforme et le deuxième métatarsien ; en avant, avec le premier métatarsien.
Insertions musculaires. — Il donne insertion à trois muscles (llg. 395, A) ; le jambier antérieur (1), le jambier postérieur (2j et le premier interosseux dorsal.
Variétés. — Au sujet de la division, 'complète ou incomplète, du premier cunéiforme, voy. plus loin p. 380 et 390.
B. Deuxleme cunéiforme. — Le deuxième ou petit cunéiforme (fig. 400,6) ressemble à un coin, à base supérieure et à sommet inférieur. Gomme le précédent, il nous présente quatre faces, parfaitement distinctes, une base et un sommet :
a. Faces. — Les quatre faces se distinguent, ici encore, en antérieure, postérieure, interne et externe :
a) La face postérieure, triangulaire et légèrement concave, s’articule dans toute son étendue avec la'facette moyenne du scaphoïde.
La face également triangulaire, s’articule avec l’extrémité postérieure du deuxième métatarsien. :
y) La face interne, articulée avec le premier cunéiforme, nous présente à cet effet : en arrière et en haut, une facette articulaire en forme d’équerre; en bas et
Fig. 393.
Les trois cunéiformes, vue postérieure.
1, II, III, premier, deuxième et troisième cunéiformes. — 1, 2, .3, facettes articulaires pour le scaphoïde. — 4, facette ]iour le deuxième cunéiforme. — .'i, facette pour le deuxième métatarsien. — 6, facette pour le troisième cunéiforme. — 7, facette pour le deuxième cunéiforme. — 8, facette poulie troisième métatarsien. — 9, facette pour le cuboïde. — 10, facette pour le ([uatrième métatarsien.
os DU PIED
en avant, entre les deux branches de l’e'querre une surface rugueuse pour l’insertion de ligaments interosseux.
6) La face externe^ articulée avec le troisième cunéiforme, nous présente, de même, une facette articulaire en arrière et des rugosités en avant.
b. Base. — La base {face supérieure de quelques auteurs) fait partie de la région dorsale du pied. Elle est (fig. 400,6) quadrilatère et rugueuse, pour donner insertion à des ligaments.
c. Sommet. — Le sommet {bord inférieur de quelques auteurs), rectiligne, mince et presque tranchant, répond à la plante du pied.
Connexions . — Le deuxième cunéiforme s’articule, comme le premier, avec quatre os : le scaphoïde en arrière, le deuxième métatarsien en avant, le premier cunéiforme en dedans et le troisième cunéiforme en dehors.
Insertions musculaires. — Il donne insertion à une expansion du tendon du jambier ou tibial postérieur (fig. 395,3).
C. Troisième cunéiforme. — Le troisième ou moyen cunéiforme (fig. 400,7) est exactement conformé sur le modèle précédent, dont il diffère, toutefois, par son volume qui est un peu plus considérable. Gomme à ce dernier, on lui considère quatre faces, une base et un sommet :
a. Faces. — Les quatre faces du troisième cunéiforme, orientées comme celles du second, prennent le même nom :
а) La face postérieure, plane et articulaire, répond à la facette externe ou troisième facette du scaphoïde.
P) hd. f ace antérieure , plane et triangulaire, s’articule avec le troisième métatarsien.
y) La face interne nous présente deux facettes articulaires distinctes, l’une antérieure, l’autre postérieure, séparées l’une de l’autre par une surface excavée et rugueuse. La facette postérieure, allongée de haut en has, répond à une facette semblable située sur le deuxième cunéiforme. La facette antérieure, beaucoup plus petite, très longue mais fort étroite, s’articule avec le deuxième métatarsien.
б) Sur la face externe, nous rencontrons également deux facettes articulaires : une facette postérieure, plane et ovalaire, pour le cuboïde; une facette antérieure, toute petite et non constante, pour le quatrième métatarsien . Entre ces deux facettes et au-dessous d’elles, se trouve une surface rugueuse destinée à donner insertion à des ligaments interosseux.
b. Base. — La base ou face supérieure , est quadrangulaire et rugueuse. Elle fait partie de la région dorsale du tarse.
anatomie humaine. — T. I, 6e ÉDIT. 48
Les trois cunéiformes, vus par leur face inférieure, avec les insertions musculaires.
A. B, C, face postérieure des premier, deuxième et troisième cunéiformes.
t, insertion du jambier antérieur sur le premier cunéiforme. — 2, 3, 4, insertions du jambier postérieur sur les premier. deuxième et troisième cunéiformes. — 5. insertion du court fléchisseur du gros orteil. — 6. insertion de l’abducteur oblique du gros orteil. — 7, facette de la face externe du troisième cunéiforme, pour le cuboïde.
Fig. 39i.
Les trois cunéiformes, vue antérieure.
I, II, III, premier, deuxième et troisième cunéiformes. — 1, facette articulaire pour le premier métatarsien. — 2, facette pour le deuxième métatarsien. — 3, facette pour le deuxième cunéiforme. — 4, facette pour le deuxième métatarsien. — 5, facette pour le premier cunéiforme. — 6, facette pour le troisième cunéiforme. — 7, facette pour le troisième métatarsien. — 8, facette pour le deuxième cunéiforme. — 0, facette pour le deuxième métatai’sien. — 10, facette pour le cuboïde. — 11, facette pour le quatrième métatarsien.
OSTEOLOGIE
c. Sommet. — Le sommet ou tranchant du coin fait saillie à la région plantaire. Il est arrondi, inégal et se dirige directement d’avant en arrière.
Connexions. — Le troisième cunéiforme s’articule avec six os ; en liant, avec le scaphoïde; en dedans, avec le deuxième cunéiforme et le deuxième métatarsien ; en dehors, avec le cuboïde et lé quatrième métatarsien (pas constant) ; en bas, avec le troisième métatarsien.
Insertions musculaires. — 11 donne attache à trois muscles (fig. 395, C) : le jambier postérieur (4), le court fléchisseur du gros orteil (3) et l’abducteur oblique du gros orteil (6).
6° Massif osseux du tarse. — ïCnvisagé dans son ensemble, le massif osseux du tarse peut être comparé à une voûte dont la concavité serait dirigée en bas. La face supérieure du tarse, en effet, est convexe d’avant en arrière, convexe aussi dans le sens transversal. La face inférieure, au contraire, est fortement concave, comme il est facile de s’en rendre compte en faisant reposer un pied articulé sar un plan horizontal.
Gomme à la région palmaire, nous voyons se développer ici une large gouttière antéro-postérieure, circonscrite de chaque côté par de puissantes saillies. C’est dans cette gouttière, appelée gouttière du tarse, que viennent se loger et chercher protection une fouie d’organes importants, qui, sans elle, seraient forcément comprimés et gênés dans la station verticale et dans la marche.
Nous constatons, enfin, que, contrairement au carpe, le tarse est beaucoup plus allongé dans le sens antéro-postérieur que dans le sens transversal et que, relativement étroit en arrière, il s’élargit progressivement en se rapprochant du métatarse.
7° Conformation intérieure des os du tarse. — Les os du tarse, comme ceux du carpe, appartiennent à la classe des os courts. Ils sont, à ce titre, essentiellement constitués par du tissu spongieux, emprisonné dans une mince lame de tissu compacte. Or, ici comme ailleurs, les travées osseuses du tissu spongieux pi'ésentent une disposition toute spéciale, qui est adaptée à leur fonction. Nous examinerons successivement à ce point de vue : L les os de V extrémité inférieure de la jambe ; 2'^ V astragale ; 3° le calcanéum.
a. Os de V exlrémité inférieure de la jambe. — Du côté de l’extrémité inférieure des os de la jambe, tout d’abord, les travées tibiales sont manifestement verticales, tombant normalement à la surface articulaire de l’astragale. Rappelons, à ce sujet, que, suivant la remarque de Destot, le poids du corps transmis par le tibia aux os du pied ne tombe pas sur le milieu de la poulie astragalienne , mais bien sur sa partie externe.
b. Astragale. — L’astragale, on le sait, doit à sa position le rôle de transmettre et de répartir aux pièces squelettiques sous-jacentes les pressions qu’elle reçoit des os de la jambe. Ses travées osseuses, qui indiquent nettement ce mode de transmission et de répartition, se distinguent en deux groupes (fig. 396) : 1^ les travées du premier groupe, obliques de haut en bas et d’avant en arrière, occupent le corps de l’astragale et s’étendent de la facette articulaire tibiale à la facette calcanéenne postérieure; elles se continuent, dans le calcanéum, par des fibres de même direction, que nous retrouverons tout à l’heure ; 2° les travées du second groupe, obliquement dirigées de haut en bas et d’arrière en avant, partent, elles aussi, de la facette articulaire tibiale; elles croisent les précédentes sous un angle plus ou moins ouvert et aboutissent à la facette articulaire scaphoïdienne ; leur direction se continue plus loin dans les travées du scaphoïde, du premier cunéiforme et du premier métatarsien.
Comme on le voit, la disposition des travées osseuses dans le tissu spongieux de l’astragale rellète nettement la décomposition des forces de pression qui se pi-oduit
os DU PIED
au niveau de l’articulation de cet os avec les os de la jambe : les unes, dirigées en bas et en arrière, sont transmises au calcanéum, qui les décomposera à son tour; les autres, dirigées en avant et en bas, aboutissent au scaphoïde et, par l’intermédiaire du scaphoïde, à la tête du premier métatarsien.
Ajoutons, pour être complet, qu’on rencontre encore dans la tête astragalienne, outre les travées sus-indiquées, un système accessoire, représenté par des travées verticales, qui aboutissent à la facette articulaire antéro- interne , autrement dit à la facette qui s’articule avec la petite apophyse du calcanéum.
c. Calcanéum. — Le calcanéum, de son côté, nous présente trois groupes de travées : 1° les tracées du premier groupe, obliques en bas et en arrière (comme les travées postérieures de l’astragale, qu’elles continuentj, partent de la lame de tissu compacte qui marque la facette astragalienne postérieure ; de là, elles divergent en éventail dans toute la partie postérieure du calcanéum pour aboutir à l’insertion du tendon d’Achille et à l’appui postérieur du pied ou talon ; 2° les travées du second groupe, partant du creux calcanéo-astragalien, se portent obliquement en has et en avant, pour aboutir à la facette articulaire qui correspond au cuboïde; elles ont, à peu de chose près, la même direction que les travées antérieures de l’astragale; 3° les travées du troisième groupe, enfin, sont constituées par des lamelles osseuses, qui se dirigent d’avant en arrière, depuis la facette cuboïdienne jusqu’à la face postérieure de Los ; d’abord descendantes, puis ascendantes, elles forment chacune une sorte de courhe à concavité dirigée en haut, croisant successivement et sous des angles divers les travées des deux autres groupes.
A la partie antérieure de l’os les trois systèmes de travées que nous venons de décrire ménagent entre elles (la figure 396 nous le montre nettement) un espace clair, souvent converti en une espèce de cavité médullaire : c’est le point faible du calcanéum.
Ici encore la direction des travées nous indique la direction des forces de pressions qui sont transmises de l’astragale au calcanéum : les unes, postérieures, se dirigent vers l'appui postérieur du pied, le talon, plus spécialement les deux tubérosités interne et externe; les autres, antérieures, vont au cuboïde et, par l’intermédiaire de ce dernier os, aux cunéiformes et aux métatarsiens.
Développement. — Le calcanéum se développe par deux points d’ossification ; un point primitif, qui apparaît à la partie moyenne do l’os cartilagineux vers le quatrième ou le cimiuième mois de la vie intra-utérine ; un point secondaire, qui ne se montre qu’après la naissance, à sept, huit ou même dix ans. Ce dernier point constitue la surface postérieure du calcanéum, ainsi que les deux tubérosités de la face inférieure. Rambaud et Renault [loc. cit., p. 238) décrivent, rn outre, xin point spécial pour la tubérosité externe. Les points épiphysaires du calcanéum se soudent au point primitif de seize à vingt ans.
Figure schématique, montrant l’architecture do l’extrémité inférieure du tibia, de l’astragale et du calcanéum (d’après Meyer).
1, tibia. — 2, astragale. — 3, calcanéum.
OSTEOLOGIE
Fig. 397.
Os tibial externe en place (d’après Pfitzneiî).
1, scaphoïde, avec 2, sa cavité glénoïde. - 3, os tibial externe, entièrement distinct.
Chacun des autres os du tarse se développe par un point d’ossitication spécial, dont l’apparition s'effectue dans l’ordre suivant : le point osseux de l’astragale, dans les quatre derniers mois de la vie fœtale (6° mois d’après Rambaud et Renault, 9® mois d’après Sappey) ; le point osseux du cuboïde et du premier cunéiforme, dans la première année qui suit la naissance ; celui du scaphoïde, de quatre à cinq ans; ceux des deuxième et troisième cunéiformes, vers la même époque.
Variétés. — Les pièces squelettiques qui entrent dans la constitution du tarse peuvent augmenter en nombre ou, au contraire, se réduire. De là deux ordres d’anomalies, très différentes par leur signification morphologique ;
A. Augmentation numérique des os du tarse. — Parmi les os sur' améraires qui se développent au tarse, nous signalerons l’os trigonum, le tibial externe, le cuboïde secondaire, la duplicité du premier cunéiforme, l’os intermétatarsien.
L’o5 trigonum de Bardeleben, qui occupe la partie postérieure de l’astragale, a été déjà décrit
plus haut à propos de ce dernier os (p. 310). Nous n’y reviendrons pas ici.
a) Le tibial externe (lîg. 397,3) est un petit os, de lü à 12 millimètres de diamètre, situé sur le côté interne du scaphoïde. Il nous apparaît suivant deux modalités : entièrement libre, ou plus ou moins soudé avec le côté correspondant du scaphoïde. Il est très probable que le tubercule du scaphoïde n’est autre que le tibial externe, entièrement soudé à la partie interne de ce dernier os. Quoi qu'il on soit, le tibial externe existe dans le plus grand nombre des mammifères et. à ce litre, doit être considéré comme un élément constitutif du larse. Il se présente, du reste, comme chez l’homme, soit à l’état d’isolement, soit à l'état de soudure. Chez certains animaux, comme chez les rongeurs, il existe pendant toute la vie à l’élat libre. Chez d’autres, comme chez l’ours (Carlson), chez le chien (Baur et Riascheuf) , chez le chat (Tornier), chez le gibbon (Koiilbrogge) , il est libre seulement pendant la période fœtale et se soude, chez l'adulte, avec le scaphoïde.. D'après les recherches de Volkow, le tibial externe serait plus fréquent chez les nègres que dans nos races européennes.
[j) Lecuboide secondaire (tig. 398,4) est encore un os de petites dimensions, qui se développe entre le cuboïde et le scaplioïde et qui, dans la grande majorité des cas, se trouve plus ou moins soudé avec l'un ou l’autre de ces deux os, de préférence avec le scaphoïde. En se soudant avec le scaphoïde, il modifie plus ou moins la forme de la facette articulaire postérieure de cet os : d'ovoïde qu’elle était, elle devient quadrilatère. Pfitzner a trouvé le cuboïde secondaire complètement indépendant sur le pied droit d’une momie de Thèbes. mais ces faits sont exceptionnels.
0) La dwplicité du premier cunéiforme e'A constituée par la présence, dans l’épaisseur du cunéiforme, d’un plan transversal le divisant en deux pièces distinctes, l’une supérieure ou dorsale, l’autre inférieure ou plantaire. Cette disposition est loin d’être rare (2 fois sur 100 environ). Déjà, à l’état normal, comme l’ont fait remarquer Hartmann et Mordret, on observe, dans la plupart des cas, sur la face antérieure du premier cunéiforme, soit un léger étranglement de sa partie moyenne, soit un sillon transversal décomposant la face articulaire en question en deux facettes secondaires ; c’est là bien certainement un premier degré du dédoublement de l’os. La signification de cette anomalie n’est pas encore bien élucidée. Certains anatomistes, Pfitzner notamment, considèrent le segment inférieur du premier cunéiforme comme un reliquat d’un orteil surnuméraire ou sixième orteil (c’est le præhallux de Bardeleben, le præcunéiforme de Pfitzner). Pour Volkow, il serait l’homologue de petits os accessoires que l’on rencontre normalement, chez certains animaux, sur la face plantaire et l’articulation cunéo-métatarsienne et auraient la signification de simples os sésamoïdes. Nous y reviendrons plus loin (p. 390) à propos de la triphalangie du premier orteil.
y) L’os interrnetatarsien (fig. 399.5), comme son nom l’indique, apparaît à la partie postérieure et supérieur du premier espace interosseux, entre le premier cunéiforme et les deux premiers métatarsiens. Avec Pfitzner, j’incline à croire que ce petit os n'est qu’un métatarsien surnuméraire (|ui ne s’est pas développé, qui est resté à l’état rudimentaire.
B. Réduction numérique des os du tarse. — Par contre, on peut observer une réduction numérique des pièces squelettiques du tarse par suite de la soudure de deux ou de plusieurs pièces voi-
Scaphoïde droit, vue postérieure , (d'après Pfitzner).
l. bord supérieur du scaphoïde. — 2, son tubercule. — 3. sa cavité glénoïde, devenue quadrilatère par le fait de la soudure, à sa partie inférieure, du cuboïde secondaire 4.
os DU PIED
sines. C’est ainsi que l’on rencontre parfois la soudure du calcanéutn, avec le scaphoïde, de l’astragale avec le calcanéum, des trois cunéiformes entre eux ou avec lé scaphoïde, etc. Les faits de cette nature sont même fort nombreux. Pour les expliquer, on a invoqué une influence pathologique et, à l’appui de cette thèse, on a fait intervenir ce fait que les synostoses en question sont d’autant plus fréquentes que les sujets sont plus avancés en âge. Une pareille interprétation est certainement exacte pour un grand nombre de cas. Mais elle ne saurait convenir à tous et il faudrait bien se garder de la généraliser. Nous rencontrons, en effet, ces synostoses tarsiennes chez des sujets jeunes et sur des os qui ne présentent, ni en eux-mêmes, ni dans leur voisinage immédiat, aucune trace d’un processus pathologique quelconque. Leboüco, du reste, a observé une soudure calcanéoscaphoïdienne et une soudure calcanéo-astraglaienne chez deux fœtus humains du troisième mois, alors que les os du tarse sont encore cartilagineux.
Nous devons donc admettre, à côté des soudures pathologiques^ des soudures non pathologiques ou congénitales, ces dernières relevant exclusivement d’une déviation locale du processus embryonnaire. Il ne me paraît pas irrationnel de considérer ces fusions congénitales de quelques os du tarse comme des anomalies que j’appellerai érersives, je veux dire des dispositions morphologiques que nous sommes en train d’acquérir et qui sont la conséquence des modifications fonctionnelles que l’homme a fait subir à son pied en passant définitivement à l’attitude bipède.
Nous ajouterons que ces transformations graduelles, qui tendent à l’ankylose du pied, sont puissamment favorisées aujourd’hui, dans nos races civilisées, par l’usage presque continuel des chaussures étroites, qui, en emprisonnant les os du pied, en les tassant les uns contre les autres, immobilisent d’une façon plus ou moins complète les articulations qui les unissent : ces articulations deviennent peu à peu inutiles et, comme telles, tendent à disparaître.
B . — Métatarse
Le métatarse (fig. 37o, 400 et 402) est formé par cinq os, appelés mélalarsiens, qui se séparent de la deuxième rangée du tarse et se dirigent d’avant en arrière, pour servir de base à chacun des cinq orteils.
On désigne les métatarsiens sous les noms de DL 2®, 3®, etc., en allant de dedans en dehors. Réunis et articulés entre eux a leur extrémité postérieure, ils sont séparés dans tout le reste de leur étendue par un espace ovalaire, connu sous le nom d'espace interosseux.
Gomme les métacarpiens de la main, dont ils sont les homotypes, les cinq métatarsiens présentent : 1° des caractères généraux, qui conviennent à tous ; 2° des caractères différentiels, qui conviennent à chacun d’eux en particulier et permettent ainsi de les déterminer.
1° Caractères généraux des métatarsiens. — Les métatarsiens appartiennent à la classe des os longs et nous présentent, comme tous les os longs : 1° un corps; 2® deux extrémités, que l’on distingue ici en postérieure et antérieure.
A. Corps. — Le corps décrit une courbe à concavité inférieure. Il est, en outre, légèrement tordu sur son axe, de telle façon que sa surface supérieure tend à devenir interne au fur et à mesure qu’elle se rapproche de l’extrémité digitale de l’os. Prismatique et triangulaire, il nous offre à considérer trois faces et trois bords :
a. Faces. — Des trois faces, l’une est supérieure et fait partie de la région dorsale du pied. Les deux autres sont latérales, se distinguent en interne et externe-, elles circonscrivent les espaces interosseux.
1, pi-eraier cunéiforme. — 2, deuxième cunéiforme. — 3, premier métatarsien. — 4, second métatarsien. — 5, os intermétatarsien.
OSTEOLOGIE
b. Bords. — Des trois bords, l’un inférieur^ répond à la plante du pied. Les deux autres, latéraux, se distinguent en interne et externe.
B. ExtrÉxMitë postérieure. — Envisagée dans son ensemble, l’extrémité postérieure ou tarsienne (extrémité proximale) ressemble assez nettement à un coin, dont la base, quadrangulaire , fait partie de la face dorsale du pied et dont le
Fig. 400. — Le pied, va par sa lace supérieure ou doisale.
1, calcanéum. — 2, astragale. — 3, scaplioïde. — 4, cuboïde. — 5, premier cunéiforme. — G, 7, deuxième et troisième cunéiformes. — 1, II, 111, IV, V, les cinq méiatai’siens. — 8, première phalange et 9, deuxième phalange du gros orteil. — 10, première phalange, 11, deuxième phalange et 12, troisième phalange des orteils.
Fig. 401. — Le môme, avec les insertions musculaires.
l, tendon d’Achille. — 2, pédieux, avec 2’, son insertion à la phalange du gros orleil, sur laf[uelle s’attache également le tendon surnuméraire de l’extenseur propre du gros orteil. — 3, court péronier latéral. — 4, péronier antérieur, avec 4’, insertion (non constante) du péronier antérieur au quatrième métatarsien. — 5, long extenseur du gros orteil. — 6, 6’, extenseur commun des orteils. — 7, 7’, premier iiilerossenx dorsal. — 8, 8’, deuxième interosseux dorsal. — 9, ü’, troisième interosseux dorsal. — lû, 1(J’, quatrième interosseux dorsal.
sommet, toujours plus étroit, est dirigé vers la région plantaire ou, si l’on veut, vers le sol. Elle nous présente, d’une façon générale, cinq facettes, dont trois articulaires et deux non articulaires :
a. Facettes non articulaires. — Des deux facettes non articulaires, l’une, supérieure, répond à la région dorsale du pied; l’autre, inférieure, moins large, fait
os DU PIED
saillie à la région plantaire. L’une et l’autre donnent insertion à des ligaments.
l3. Facetter articulaires. — Les trois facettes articulaires se distinguent en facette postérieure et facettes latérales. — La facette postérieure a une forme plus ou moins triangulaire. Elle est articulaire dans toute son étendue et répond au bord antérieur du tarse. — Les facettes latérales, articulées avec les métatarsiens voisins et parfois aussi avec certains os du tarse, présentent, à cet effet, une ou plu-
Fig. 402.
Fig. 403.
Fig. 402. — Le pied, vu par sa face inférieure ou plantaire.
De 1 à 12, mémo légende que dans la figure 400. — 13, gouttière du cuboïde pour le long péronier latéral. — 14, os sésamoïde interne, et 15, os sés^moïde externe de l’articulation métatarso-pliakngïenne du gros orteil.
Fig. 403. — Le même, avec les insertions musculaires
1, adducteur du gros orteil. — 1’. son insertion à la première phalange, commune à l’adducteur et au court fléchisseur (faisceau interne) du gros orteil. — 2, 2’, court fléchisseur commun des orteils. — • 3, abducteur du petit orteil. — 4, 4’, accessoire du long flécliisscur commun. — 5, jambier postérieur. — 6, jatiibier antérieur. — 7, court fléchisseur du gros orteil. — 8, abducteur oblique du gros orteil. — 8’, s-on insertion phalaiigienne par un tendon commun avec l’abducteur ti’ansvcrse et le. court fléchisseur du gros orleil. — 9, long péronier latéral. — tO, long fléchisseur commun. 11, 11, court fléchisseur (faisceau externe) et adducteur du petit orteil. — 12, long fléchisseur du gros orteil. — 13, 14, 15, premier, deuxième, et troisième interosseux plantaires. — 16, opposant du petit orteil.
sieurs facettes articulaires disposées en haut et, au-dessous d’elles, des rugosités pour des insertions ligamenteuses.
C. Extrémité antérieure. — L’extrémité antérieure ou digitale (extrémité distale) revêt la forme d’une tête articulaire, aplatie dans le sens transversal : c’est un
OSTÊOLOGIE
vrai condyle, s’étendant un peu plus loin du côté de la région plantaire que du côté de la région dorsale. — En haut, la surface articulaire est limitée par une rainure transversale. — En bas, elle se prolonge en une sorte de gros tubercule, échancré à son milieu, pour le passage des tendons fléchisseurs. — les côtés, le condyle nous présente une fossette rugueuse et, en arrière d’elle, un tubercule pour l’insertion des ligaments latéraux de l’articulation métatarso-phalangienne.
2^ Caractères différentiels des métatarsiens. — Les métatarsiens diffèrent beaucoup entre eux par leur volume et leur longueur. A ce point de vue, le premier est de beaucoup le plus court, mais il est aussi le plus volumineux. Vient ensuite \q cinqinème qu.\ est à la fois plus court et moins volumineux que chacun des métatarsiens du milieu. Des trois métatarsiens qui restent, le second est le plus long; le troisième déborde le quatrième en avant, mais il est débordé par lui en
Pied droit, vu par son bord interne.
1, calcanéum. — 2, astragale. — 3, scaphoïde, avec 3’, son tubercule pour le jambier postérieur. — 4, premier cunéiforme, avec 4’, sa facette d’insertion pour le jaodjier antérieur. — 5, deu.xicme cunéiforme. — 6, première phalange et 7, deuxième phalange du gros orteil. — 1, premier métatarsien, avec a, insertion du jambier antérieur. — II, deuxième métatarsien.
arrière, de telle sorte qu’ils sont à peu près égaux en longueur. Nous pourrions, dès lors, arriver à déterminer les divers métatarsiens d’un même pied en les comparant seulement au point de vue de leurs dimensions. Mais une telle base d’appréciation serait manifestement insuffisante, si l’on avait sous les yeux plusieurs séries de métatarsiens, appartenant à des sujets détaillé et d’âge différents. Il faut s’adresser, dans ce cas, aux caractères purement morphologiques et tout particulièrement à la configuration de l’extrémité proximale ou tarsienne :
A. Premier métatarsien. — Le premier métatarsien se reconnaît à l’une et à l’autre de ses extrémités :
a) \d extrémité postérieure nous présente tout d’abord, pour le premier cunéiforme, une facette articulaire en forme de croissant, dont la concavité serait dirigée en dehors. En avant et au-dessus d’elle, sur le côté externe de cette extrémité, existe assez souvent une toute petite facette destinée à s’articuler avec le deuxième métatarsien. En bas et en dehors, l’extrémité tarsienne du premier métatarsien se prolonge en une apophyse plus ou moins développée ; c’est V apophyse du premier métatarsien, destinée à l’insertion du tendon du long péronier latéral ; à la place de cette apophyse, il n’existe parfois qu’une simple empreinte rugueuse.
(î) Id extrémité antérieure du premier métatarsien se distingue de l’extrémité homologue de tous les autres par sa forme quadrilatère et ses grandes dimensions. Elle nous présente, en outre, du côté de la région plantaire, deux rainures antéro-postérieures, à fond lisse et uni, séparées l’une de l’autre par une crête
os DU PIED
mousse, plus ou moins saillante. Ces deux rainures répondent aux deux os sésainoïdes (fig. 402, 14 et lo) de l’articulation métatarso-phalangienne du gros orteil (voy. plus loin, p. 393).
Connexions. — Le premier métatarsien s’articule avec trois os : en arrière, avec le premier cunéiforme : en arrière et en dehors, avec le deuxième métatarsien (articulation non constante) ; en avant, avec la première phalange du gros orteil.
Insertions musculaires. — 11 donne insertion (voy. fig. 401 et 40-3) à trois muscles : te jamhier antérieur, le long péronier latéral et le premier interosseux dorsal.
B. Deuxième métatarsien. — Uexirémité postérieure du deuxième métatarsien, la seule que nous examinerons, nous présente, en arrière, une facette articulaire, triangulaire et légèrement concave, répondant au deuxième cunéiforme. — Sur le côté interne de cette extrémité, se voit une première facette pour le premier cunéiforme et, en avant de celle-ci, une seconde facette, non constante, pour le premier métatarsien. — Sur le côté externe, nous trouvons tout d’abord une gouttière
Fig. 403.
Pied droit, vu par son bord externe.
1, calcanéum. — 2, astragale. — 3, scaphoïde. — 4, cuboïde. — 3, troisième cunéiforme. — 6, deu\ième cunéiforme.
I, 11, lit, IV et V, premier, deuxième, troisième, quatrième et cinquième métatarsien.
rugueuse, dirigée d’arrière en avant et séparant l’une de l’autre deux facettes articulaires : l’une supérieure, l’autre inférieure. Ces deux facettes se trouvent ellesmêmes subdivisées par une crête verticale en deux facettes secondaires, de telle sorte que le deuxième métatarsien possède réellement, en dehors, quatre petites facettes articulaires. Elles répondent : les deux postérieures au troisième cunéiforme, les deux antérieures au troisième métatarsien.
Connexions. — Le deuxième métatarsien s’articule avec six os : par son extrémité postérieure, avec les trois cunéiformes et avec les premier et troisième métatarsiens ; par son extrémité antérieure, avec la première phalange du deuxième orteil.
Insertions musculaires. — Quatre muscles s’insèrent sur cet os ; 1« sur V extrémUé postérieure. le jamhier antérieur et l’abducteur oblique du gros orteil ; 2'^ sur le corps, les premiers et deuxième interosseux dorsaux.
C. Troisième métatarsien. — Contentons-nous d’examiner, comme pour le précédent, son extrémité tarsienne. Nous y voyons : 1® en arrière, une facette triangulaire à base supérieure, articulaire dans toute son étendue, pour le troisième cunéiforme ; 2° en dedans, deux petites facettes articulaires, l’une supérieure, l’autre inférieure, répondant aux deux facettes similaires du deuxième métatarsien; 3° en dehors, une seule facette, plane et ovalaire, pour le quatrième métatarsien.
Connexions. — Le troisième métatarsien s’articule avec quatre os : en arrière, avec le troisième cunéiforme; en arrière et sur les côtés, avec les deuxième et quatrième métatarsiens ; en avant, avec la première phalange du troisième orteil.
Insertions musculaires. — 11 donne insertion à cinq muscles : 1° sur Vextrémilé postérieure,
AX.VTOMIE HÜ.MAIME. — T. I, G® ÉDIT.
OSTEOLOGIE
au jambier postérieur et à l’abducleur oblique du gros orteil ; 2<> sm' le corps, au premier interosseux dorsal, au deuxième interosseux dorsal et au premier interosseux plantaire.
D. Quatrième métatarsien. — V extrémité postérieure du quatrième métatarsien, articulée avec le cuboïde, nous présente en arrière, pour cette articulation, une surface articulaire, plane ou légèrement concave, ovalaire ou quadrilatère, plutôt que triangulaire. — Sur le côté interne de cette extrémité et le long de sa face dorsale, se voient deux petites facettes, séparées l’une de l’autre par une crête verticale : l’une, située en avant, s’articule avec le troisième métatarsien ; l’autre, située en arrière, répond au troisième cunéiforme. — Sur le côté externe, nous ne rencontrons qu’une seule facette ; elle est destinée à s’unir avec une facette semblable du cinquième métatarsien.
Connexions. — Le quatrième métatarsien s’articule avec cinq os, savoir : par son extrémité postérieure, avec le cuboïde, le troisième métatarsien, le cinquième métatarsien et, quelquefois, le troisième cunéiforme; par son extrémité antérieure, avec la première phalange du quatrième orteil.
Insertions musculaires. — 11 donne attache, comme le précédent, à cinq muscles : i° sur Vextrémité postérieure, au jambier postérieur et à l’abducteur oblique du gros orteil; 2° sur le corps, au troisième interosseux dorsal, au quatrième interosseux dorsal et au deuxième interosseux plantaire.
£. Cinquième métatarsien. — Ce métatarsien ne nous présente, du coté du tarse, que deux facettes articulaires. L’une, située en arrière, revêt la forme d’un triangle à base interne et à sommet dirigé en dehors : elle répond au cuboïde. L’autre, située en dedans, s’articule avec le métatarsien précédent. — L’extrémité postérieure du cinquième métatarsien se prolonge en arrière et en dehors en une puissante apophyse, Vapophyse du cinquième métatarsien (ou encore tubercule du cinquième métatarsien) sur laquelle vient s’insérer le tendon du court péronier latéral. J’ai vu, dans un cas, cette apophyse complètement séparée du reste de l’os ; cette disposition est extrêmement rare; Gruber ne l’a rencontrée que trois fois.
Connexions. — Le cinquième métatarsien s’articule avec trois os seulement ; en arrière et en haut, avec le cuboïde ; en arrière et en dedans, avec le quatrième métatarsien ; en avant, avec la première phalange du cinquième orteil.
Insertions musculaires. — Sept muscles prennent attache sur le cinquième métatarsien, savoir ; 1“ sur la base, le court péronier latéral, le péronier antérieur, l'adducteur du cinquième orteil et le court fléchisseur du cinquième orteil ; 2« sur le corps, le quatrième interosseux dorsal, le troisième interosseux plantaire et l’opposant du petit orteil.
F. Résumé. — Il résulte de la description succincte qui précède que les caractères différentiels, à l’aide desquels nous pouvons toujours reconnaître chacun des os du métatarse, appartiennent, ici comme à la main, à la morphologie de Vextrémité postérieure et tout particulièrement au nombre et à la disposition des facettes articulaires. Nous résumons comme suit ces caractères différentiels :
TABLEAU