‹ Traité d'anatomie humaine (volume 3)Chapitre 80 sur 176 · HAUTEUR ÉPAISSEUR · texte numérisé non relu

HAUTEUR ÉPAISSEUR

1° A la région cervicale

1 cent.

2° A la région dorsale

A la région lombaire ....

3° Structure des ligaments jaunes.

— Au point de

vue de leur structure, les

ligaments jaunes forment, comme nous l’avons déjà vu (p. 624), un groupe spécial de ligaments : ils se composent essentiellement de faisceaux de fibres élastiques, auxquelles s’ajoutent, mais à titre d’éléments histologiques accessoires, des fibres de tissu conjonctif. Les faisceaux constitutifs des ligaments jaunes affectent pour la plupart une direction verticale. Le plus grand nombre d’entre eux s’étendent, comme les ligaments eux-mêmes, d’une lame à la lame voisine. On en voit quelques-uns, cependant, plus longs que les autres, franchir une lame sans s’y arrêter et venir se terminer dans le ligament jaune sous-jacent.

¥ Synoviales. — Tout récemment (1892), Trolard a signalé, entre les lames des vertèbres cervicales, l’existence de bourses séreuses appartenant en propre à cette partie de la colonne : ce sont les séreuses sous-lamellaires.

Ces séreuses sous-lamellaires varient beaucoup dans leur développement : rudimentaires sur certains sujets, elles présentent chez d’autres tous les caractères des bourses séreuses parfaitement constituées (fig. 451, 6'). Elles varient beaucoup aussi dans leur nombre : dans certains cas, elles se trouvent parfaitement caractérisées dans tous les intervalles; dans d’autres, on ne les rencontre que dans deux ou trois, qui sont généralement à la partie supérieure et à la partie inférieure de la région (Trolard).

Quels que soient leur nombre et leur développement, les séreuses sous-lamellaires communiquent toujours, comme nous le montre la figure 451, avec la synoviale des apophyses articulaires correspondantes : cette communication s’effectue, tantôt par un large orifice, tantôt par un tout petit pertuis.

L. Hirsghfeld (C. R. de la Société de Biologie, 1847, p. 75) a attribué aux ligaments jaunes un rôle important dans la production des courbures antéro-postérieures du rachis ; ils agiraient, suivant lui, en tirant à la manière de cordes sur les régions cervicale et lombaire, qu'ils maintiendraient renversées en arrière. Si cela est vrai, la section bilatérale des pédicules vertébraux de ces deux régions, en supprimant l’action des ligaments jaunes sur le corps des vertèbres, doit amener du môme coup le redressement des deux courbures cervicale et lombaire. C’est, en effet, ce que L. Hirsghfeld prétend avoir observé. Mais Sappey, qui a reproduit l’expérience précitée, déclare n’avoir vu s’opérer aucune modification bien sensible dans les inllexions antéropostérieures du rachis; cet anatomiste persiste à croire, et je partage son opinion à cet égard, que les courbures rachidiennes relèvent avant tout de l’inégale hauteur des parties antérieure et postérieure des corps vertébraux et des disques fibro-cartilagineux situés dans leurs intervalles.

§ IV. — Union des apophyses épineuses entre elles

Les apophyses épineuses des vertèbres sont réunies les unes aux autres : 1° par une série de ligaments qui se disposent entre elles, ce sont les ligaments interépineux ; 2° par un ligament qui repose sur leur sommet, c’est le ligament surépineux.

1° Ligaments interépineux. — Les ligaments interépineux sont des cloisons fibreuses, verticales et médianes, remplissant exactement les intervalles compris entre les apophyses épineuses. Leur nombre est naturellement égal à celui des espaces interépineux.

Ils s’insèrent, en haut, sur l’apophyse épineuse qui est au-dessus. — En bas., ils

ARTHROLOGIE

se fixent sur l’apophyse épineuse qui est au-dessous. — En avant, ils se prolongent jusqu’aux ligaments jaunes. — E71 arrière, ils se confondent avec le ligament surépineux.

Quant à leurs deux faces.

elles regardent

gauche

Coupe sagittale de deux vertèbres lombaires, passant un peu à droite de la ligne médiane (segment gauche de la coupe).

l’une à droite et l’autre à Elles répondent, l’une et l’autre, aux muscles des gouttières vertébrales.

Quadrilatères dans la région lombaire, les ligaments interépineux revêtent, dans la région dorsale, la forme de lames triangulaires à sommet dirigé en avant.

Au cou, ils sont peu développés; mais ils existent réellement (fig. 454, 2), et c’est à tort que certains auteurs ont considéré cette région comme en étant dépourvue : ils se fusionnent, en arrière, avec le ligament cervical postérieur.

1, ligament verlébi’al commun antérieur. — 2, ligament vertébral commun postérieur. — 3, corps vertébraux. — 4, disque intervertébral, avec 5, sa partie molle ou centrale. — 6, apopbjse articulaire inférieure. — 7, pédicule. — 8, lame. — 9, apophyse épineuse. •— 10, ligament surépineux. — 11, ligament interépineux. — 12, ligaments jaunes du côté gauche, avec 12’, coupe de ceux du côté droit. — 13, trou de conjugaison.

2" Ligament surépineux. —

Schématiquement, le ligament surépineux est représenté par un long cordon fibreux, impair et médian, qui s’étend sans interruption d’une extrémité à l’autre de la colonne vertébrale, en adhérant intimement au sommet de chacune des apophyses épineuses.

a) Aux lombes, il est peu distinct; il semble résulter avant tout (fig. 455, 10) de l’entrecroisement, sur la ligne médiane, des nombreux faisceaux musculaires qui viennent s’attacher au sommet des apophyses épineuses.

Au dos, il a une existence propre et l’on peut voir, dans chaque espace interépineux, un véritable cordon, arrondi et grêle, qui se tend lorsque le corps est fléchi et se relâche, an contraire, toutes les fois que le tronc se redresse.

y) Au cou, il prend des proportions considérables et se présente sous la forme d’une cloison sagittale et de forme triangulaire, dont le sommet, dirigé en bas, s’insère sur l’apophyse épineuse de la 6® ou de la 7® cervicale et dont la base répond à la protubérance occipitale externe et à la crête médiane qui lui fait suite (fig. 454, 5).

Cette portion cervicale du ligament surépineux, bien différente, comme on le voit, des portions situées au-dessous, a reçu le nom de ligament cervical postérieur. Son bord antérieur se fixe solidement sur le sommet des apophyses épineuses des vertèbres cervicales, y compris le tubercule postérieur de l’atlas. Son bord postérieur se confond avec les fibres tendineuses du muscle trapèze. Quant à ses deux faces, l’une droite, l’autre gauche, elles répondent aux muscles postérieurs de la tête et du cou, qui prennent sur elles de nombreuses insertions.

Le ligament cervical postérieur, tel que nous le présente l’anatomie humaine, est un organe rudimentaire. Chez les mammifères quadrupèdes, chez le cheval par exemple, il revêt des proportions relativement gigantesques; il descend jusque

sur les vertèbres dorsales et, d’autre part, se trouve presque entièrement constitué par des fibres élastiques, c’est que, chez les quadrupèdes, ce ligament a un rôle important à jouer, rôle qui consiste à maintenir la tête et le cou, lesquels, sans lui, seraient entraînés par leur propre poids en bas et en avant. Chez l’homme, où le rachis a une direction verticale, la tête repose sur lui dans une position voisine de l’équilibre et le ligament cervical postérieur, dépourvu de rôle, reste alors à un état rudimentaire. Son atrophie est, comme on le voit, une conséquence immédiate de l’attitude bipède.

§ V. — Union des apophyses

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