TRANS VERSES ENTRE ELLES
Les apophyses transverses sont reliées les unes aux autres par des formations fibreuses, dont l’ensemble constitue les ligaments inter transversaires. Ces ligaments sont éminemment variables dans leur forme et dans leurs dimensions.
a) Au cou, ils sont peu développés ou même n’existent pas du tout, confondus qu’ils sont avec les muscles intertransversaires.
?>) Au dos, ils se présentent sous la forme de petits faisceaux arrondis, réunissant le sommet d’une apophyse transverse au sommet de l’apophyse transverse sous-jacente (fig. 483, 7).
y) Aux lombes, les ligaments intertransversaires sont plus développés. Ils s’insèrent, d’une part sur la hase de l’apophyse transverse d’une vertèbre, d’autre part sur le tubercule maxillaire et sur l’apophyse articulaire supérieure de la vertèbre située au-dessous. Ce sont les ligaments articulo-transversaires de Boürgery. Ils atteignent parfois des dimensions considérables: Trolard en a rencontré qui affectaient une forme cylindrique et mesuraient jusqu’à 5 millimètres de diamètre.
Fig. 454.
Le ligament cervical postérieur, vu par sa face latérale droite.
Ci, Cii, Cm, Civ, Cv, Cvi, Cvii, les sept vertèbres cervicales. — Di, première dorsale, — 1, ligament occipito-atloïdien postérieur. — — 4, une grosse veine traversant ce ligament. — 5, ligament susépineux. — 6, 6, muscles sus-épineux. — 7, artère vertébrale.
§ VI. — Mouvements d’ensemble de la colonne vertébrale
Considérée au point de vue de sa mobilité, la colonne vertébrale, dans son ensemble, peut exécuter cinq ordres de mouvements, savoir : la flexion, l’extension, l’inclinaison latérale, lacircumduction et la rotation.
1° Dans la flexion, la colonne vertébrale s’incline en avant en gardant la ligne médiane. La partie antérieure du disque interosseux se plisse et s’affaisse ; sa partie postérieure, au contraire, se tend et augmente de hauteur. Quant aux ligaments périphériques, le ligament vertébral commun
ARÏHROLOGIE
antérieur se relâche, tous les autres se tendent. Dans ce mouvement, la colonne vertébrale représente un levier du troisième genre, à direction verticale : le point d’appui est situé au niveau de l’articulation sacro-vertébralc ; la résistance répond à son extrémité supérieure ; la puissance est représentée par les muscles abdominaux et par les psoas, cjui se fixent entre la résistance et le point d’appui, soit sur la colonne elle-même, soit sur le thorax.
2o Dans Vextension, la colonne se renverse en arrière. Ce mouvement est beaucoup moins étendu que le précédent, mais il s’accomplit suivant le même mécanisme : la colonne vertébrale se comporte encore ici comme un levier du troisième genre, dans lequel le point d’appui répond, ainsi que dans la flexion, à l’articulation sacro-vertébrale, la résistance à l'extrémité céphalique du rachis, la puissance aux muscles spinaux, qui se fixent par d’innombrables tendons aux apophyses épineuses, aux lames, aux apophyses transverses, voire même à l’extrémité postérieure des côtes. Contrairement à ce qui se passe dans la flexion, le ligament vertébral commun antérieur se tend; tous les autres se relâchent. En ce qui concerne le disque intervertébral, il s’aflaisse à sa partie postérieure et se tend à sa partie antérieure.
3° Dans les mouvements cV mclïnatson latérale, la colonne vertébrale, fonctionnant toujours à la manière d’un levier du troisième genre, s’incline soit à droite, soit à gauche. Comme on le conçoit, les disques intervertébraux s’affaissent du côté vers le^iuel se produit l’inclinaison, se tendent au contraire du côté opposé. L’inclinaison latérale est limitée à la fois par la résistance des ligaments distendus et par la rencontre des apophyses transverses.
40 Le mouvement de circumduction résulte, ici comme ailleurs, de la succession régulière des quatre mouvements précédents. En l’accomplissant, la colonne vertébrale décrit un cône à base supérieure, dont le sommet répond au point d’appui du levier, c'est-à-dire à l’articulation sacro- vertébrale.
5® Le mouvement de rotation s’effectue, soit à droite, soit à gauche : il est le résultat d’une sorte de torsion qui se produit dans la substance même des disques intervertébi*aux. Ce mouvement est très limité, presque imperceptible pour un disque considéré isolément ; mais, comme il s’accomplit simultanément et dans le même sens sur toute la hauteur de la colonne, les résultats partiels totalisés aboutissent à une rotation très appréciable. On sait que, dans la station verticale la tête peut accomplir une rotation d’un demi-cercle, soit 180 degrés : or, sur ces 180 degrés, 73, suivant les calculs de Weber, reviennent aux pieds et au bassin, 79 à la région cervicale et 28 aux autres régions de la colonne.
Les trois portions de la colonne vertébrale ne prennent pas une part égale aux différents mouvements d’ensemble que nous venons de décrire. La région cervicale est, à cet égard, de beaucoup la plus mobile; vient ensuite la région lombaire et, enfin, la région dorsale. Cette dernière, en raison de l’imbrication si parfaite de ses lames et de ses apophyses, et aussi en raison de ses connexions si intimes avec les éléments squelettiques du thorax, ne présentent que de simples vestiges de mouvements qui lui appartiennent en propre.
D’autre part, la mobilité de la colonne vertébrale varie beaucoup suivant les âges : très étendue chez le fœtus et même chez l’enfant, elle s’alfaiblit progressivement chez l’adulte et chez le vieillard, par suite de l’affaissement des disques intervertébraux, qui deviennent en même temps plus denses et partant moins élastiques. 11 n’est même pas extrêmement rare de voir cette mobilité disparaître d’une façon complète, à la suite d’une soudure des pièces vertébrales intéressant une étendue plus ou moins considérable de la colonne. L’exercice peut toutefois maintenir et même développer dans une large mesure la mobilité du premier âge ; on sait, à cet égard, qu’elle est la complaisance des articulations de la colonne vertébrale chez certains acrobates,- même âgés.
Muscles moteurs. — Les muscles moteurs de la colonne vertébrale se distinguent, suivant les déplacements qu’ils produisent, en fléchisseur, extenseurs, fléchisseurs latéraux, rotateurs du même côté, rotateurs du côté opposé :
1° Fléchisseurs : le grand droit antérieur de l’abdomen, le grand et le petit obliques, le grand et le petit psoas, le sterno-cléido-mastoïdien, les scalènes, le long du cou.
2° Extenseurs : le long dorsal, le sacro-lombaire, le transversaire épineux, l’interépineux et le sus-épineux du cou, les surcostaux, l’angulaire, le splénius.
> Fléchisseurs latéraux: le sacro-lombaire, le carré des lombes, les surcostaux, l’angulaire, le transversaire du cou, les scalènes, les interlransversaires du cou et des lombes ;
4“ Rotateurs du même côté : le long dorsal, le splénius, les faisceaux supérieurs du long du cou, le petit oblique de l’abdomen.
5“ Rotateurs du côté opposé ; le transversaire épineux, les faisceaux inférieurs du long du cou, le grand oblique de l’abdomen.
ARTICLE II