‹ Traité d'anatomie humaine (volume 3)Chapitre 83 sur 176 · ARTICULATIONS DU SACRUM ET DU COCCYX · texte numérisé non relu

ARTICULATIONS DU SACRUM ET DU COCCYX

coccygierme. Morphologiquement, il représente la portion tout inférieure du ligament vertébral commun antérieur de la colonne vertébrale.

P) Le ligameifit sacro-coccygien postérieur (tig. 456, 4J, beaucoup plus fort que le précédent, s’insère en haut sur l’extrémité inférieure de la crête sacrée et sur les bords latéraux de l’échancrure, en forme de V renversé (V), qui termine en bas le canal sacré. De là, il se porte en bas et se partage d’ordinaire en deux bandelettes latérales, qui viennent se fixer sur la face postérieure de la deuxième ou de la troisième pièce coccygienne. Au-dessous de ce premier ligament (faisceau superficiel de quelques auteurs) et dans l’intervalle compris entre ses deux branches de bifurcation, se voit un petit faisceau profond, vertical et médian, couché immédiatement sur la surface osseuse: ce faisceau profond (fig. 456,4’) est le représentant morphologique du ligament vertébral commun postérieur de la colonne vertébrale.

Y; Les ligaments sacro-coccygiens latéraux (fig. 456) sont au nombre de trois de chaque côté. Nous les distinguerons en interne, moyen et externe. — Le ligament interne (5) s’étend de la corne du sacrum à la corne correspondante du coccyx; il est plus ou moins long suivant l’intervalle qui sépare les deux cornes précitées. — Le ligament moyen (5’) s’insère, en haut, sur le côté externe de la corne sacrée : de là, il se porte obliquement en bas et en dehors, pour venir se fixer à la partie postérieure de l’angle latéral du coccyx. — Le ligament externe, enfin (5”), à la fois très épais et très résistant, descend obliquement de la partie latérale du sommet du sacrum sur l’angle latéral du coccyx, un peu en dehors du précédent.

3° Artères et nerfs. — Les artères de l’articulation sacro-coccygienne proviennent de la sacrée moyenne et des deux sacrées latérales. — Les nerfs sont fournis par les deux derniers nerfs sacrés et par le nerf coccygien.

Mouvements. — Le coccyx nous présente des mouvements de flexion et d'extension : des mouvements de flexion, par lesquels sa pointe se rapproche du pubis ; des mouvements d'extension, par lesquels elle s’en éloigne. Ces mouvements sont très limités chez l’homme et. aussi, chez la l'emme en dehors de l'état de grossesse. Au moment de l’accouchement, les ligaments de l’articulation sacro-coccygienne, ramollis comme le sont à cette période tous les ligaments du bassin, permettent à la tête fœtale engagée au détroit inférieur de rétropulser fortement le coccyx et d’augmenter ainsi de quelques centimètres (2 ou 3) le diamètre antéro-postérieur de ce détroit.

§ II. — Articulations intergoggygiennes

Les articulations des différentes pièces du coccyx entre elles, articulations inter CO ccygiennes, sont encore de véritables amphiarthroses, mais des amphiarthroses toutes rudimentaires. On retrouve pour chacune d’elles des facettes planes et ovalaires, un petit disque interosseux et un ensemble de ligaments périphériques disposés sous forme de manchon tout autour de l’articulation.

Ces articulations intercoccygiennes n’ont le plus souvent qu’une existence temporaire. Nous avons vu en effet, en ostéologie (p. 90), que les quatre ou cinq vertèbres rudimentaires qui constituent le coccyx se soudent de bonne heure en deux pièces ou même une pièce unique. L’articulation qui persiste le plus longtemps est celle qui unit la première pièce coccygienne à la seconde : il n’est pas rare de la rencontrer encore chez le vieillard, même à un âge très avancé.

Les vaisseaux et les nerfs des articulations intercoccygiennes sont les mêmes que ceux de l’articulation précédente.

Gruveilhier [Anat., édit., p. 306) a rencontré, entre la première et la deuxième pièces du coccyx, une véritable diarthrose, avec capsule fibreuse et synoviale. Cette articulation, très mobile, permettait à la deuxième coccygienne de s'infléchir en arrière au point de former

ARTHUOLOGIE

avec la première un angle droit, à ouverture postérieure. Henle [Hanclb. cl. Banclerlehre, zw. Aull., p. 40) a signalé une articulation analogue entre les deux dernières pièces coccygiennes .

La pointe du coccyx donne naissance à un petit faisceau llbreux, parfois très accusé, qui vient s’insérer d’autre part, à la face profonde des téguments. Sur quelques sujets, ce fcusceau U g ciment eux coccy-cutané, continuation de la colonne vertébrale, vestige de la queue par conséquent, soulève la peau de façon à former immédiatement au-dessous du coccyx une excavation en forme de fossette : c’est la fossette coccygienne ou foveola coccygea.

§ lll. — Articulations de l’atlas avec l’axis

L’axis s’articule avec l’atlas: 1° par ses éléments propres; 2° par son apophyse odontoïde. La première de ces articulations constitue V articulation atloïdoaxoidienne proprement dite ; la seconde, V articulation atloido-odontoïdienne. Nous les étudierons séparément.

A. — Articulation atloïdo-axoïdienne proprement dite

L’articulation atloïdo-axoïdienne proprement dite représente, entre Tatlas et l’axis, les articulations des apophyses articulaires des vertèbres suivantes. Elle appartient à la classe des arthrodies.

1° Surfaces articulaires. — Comme surfaces articulaires, nous avons : 1° du côté de l’atlas, les facettes qui occupent la face inférieure de ses masses latérales ; 2° du côté de l’axis, les apophyses articulaires supérieures de cette vertèbre. Ces deux facettes diffèrent beaucoup dans leur disposition, suivant qu’on les considère à l’état sec ou à l’état frais:

a) A rétat sec^ les facettes altoïdiennes, irrégulièrement arrondies, regardent en bas et un peu en dedans. Concaves dans le sens transversal, elles sont, dans le

sens antéro-postérieur, planes ou légèrement excavées et nullement convexes, comme l’écrivent la plupart des auteurs : sur 24 atlas que j’ai examinés à ce sujet, les facettes en question étaient planes sur 8, légèrement concaves sur il, légèrement convexes sur O. — Quant aux facettes axoïdiennes, elles revêtent la forme d’un ovale à grand axe dirigé en avant et en dedans. Elles regardent en haut et un peu en dehors. Planes ou légèrement convexes dans le sens transversal, elles sont nettement convexes dans le sens antéropostérieur. — Comme on le voit, les deux facettes articulaires altoïdienne et axoïdienne sont configurées d’une façon différente et, de ce fait, ne se correspondent pas. 11 en résulte que lorsqu’on regarde les deux os en place, on constate tout de suite que les deux surfaces articulaires en question ne se recouvrent pas exactement comme cela s’observe généralement pour les arthrodies. C’est ainsi que vues de face (fig. 457j, soit par leur plan antérieur, soit par leur plan postérieur, elles entrent en contact seulement par les deux extrémités de leur diamètre transverse; a leur partie moyenne, elles sont séparées l’une de l’autre par un intervalle de forme semi-lunaire, dont le bord supérieur, concave, est formé par l’atlas, tandis que le bord inférieur, rectiligne ou très légèrement convexe, répond à l’axis.

Fig. 457.

Les facettes articulaires de l’atlas et de l’axis, à l’état sec.

1, atlas. — “1, axis, avec 3, son apopliyse odontoïde. — 4, 4, lignes pointillées, indiquant la ligne d'insertion de la capsule articulaire.

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