ARTICULATIONS DE L’ATLAS ET DE L’AXIS
(3) A Vêlai frais, les quatre facettes articulaires que nous venons de décrire sont revêtues, dans toute leur étendue, par une couche de cartilage hyalin. Cette couche présente cette particularité importante qu’elle est beaucoup plus épaisse à son centre qu’à sa périphérie à 2 sur l’atlas, 2“"" sur l’axis) et, de ce fait, modifie considérablement l’aspect des surfaces articulaires. Grâce à elle, les facettes en présence, tant les facettes atloi'diennes que les facettes axoïdiennes, sont maintenant convexes et convexes dans tous les sens.
Cette convexité, peu marquée dans le sens transversal, est surtout très accusée dans le sens antéro-postérieur : si, en effet, nous regardons l’articulation atloïdo-axoïdienne par son côté externe, nous constatons nettement (fig. 463, A) que la facette articulaire supérieure et la facette articulaire inférieure , en contact immédiat par leur partie moyenne, sont séparées en avant et en arrière par deux angles dièdres, dans lesquels s’insinuent, sur des articulations non ouvertes , des franges synoviales . Cette disposition est très visible encore sur des coupes sagittales
2° Moyens d’union. — L’atlas et l’axis sont maintenus en présence par quatre ligaments, qui leur appartiennent en propre. On les distingue en latéraux, antérieur et postérieur :
a. Ligaments atloïdo-axoïdiens latéraux. — Les ligaments atloïdo-axoïdiens latéraux sont constitués, à droite et à gauche, par une sorte de capsule fibreuse, qui s’étend du pourtour de la facette atloïdienne au pourtour de la facette axoïdienne. Cette insertion, toutefois, n’est pas la même sur tous les points et mérite d’être précisée. Elle se fait : 1® pour la partie postérieure et interne de l’article, à la limite même du revêtement cartilagineux ou très peu en dehors de lui; 2° pour la partie antérieure et externe, à une certaine distance du cartilage (3 ou 4 millimètres), tant sur l’atlas que sur l’axis.
La capsule articulaire atloïdo-axoïdienne est très lâche et permet ainsi à l’atlas des déplacements fort étendus.
Elle est renforcée en dedans par un faisceau fibreux, plus ou moins nettement différencié (fig. 428, 8), qui partant de la face postérieure du corps de l’axis, se porte obliquement en haut et en dehors et vient se fixer sur les masses latérales de l’atlas, immédiatement en arrière de l’insertion du ligament transverse. Comme nous le verrons plus loin (p. 465), ce ligament {ligament latéral inférieur d’ARNOLo) n’est qu’une dépendance du ligament occipito-axoïdien latéral.
b. Ligament altoïdo-axoïdien antérieur. — Le ligament altoïdo-axoïdien antérieur (fig. 464, 10) est constitué par une lame fibreuse, qui s’étend du bord inférieur de l’arc antérieur de l’atlas et de son tubercule à la face antérieure du corps de l’axis. Cette lame se continue, sur les côtés, avec les ligaments atloïdo-axoïdiens latéraux. Au-devant d’elle, sur la ligne médiane, se voit un petit cordon vertical, représentant la portion supérieure du ligament vertébral commun antérieur.
c. Ligament atlo'ido-axoïdien postérieur. — Ce ligament (fig. 465, 8), minutieusement décrit par Safpey, se détache, en haut, de l’arc postérieur de l’atlas et de son tubercule; il vient se fixer, en bas, sur les lames de l’axis et sur la base de
Fig. 458.
Les facettes articulaires de l’atlas et de Taxis, à Tétat frais.
1, atlas.— 2, axis, avec 3, son apophyse odontoïde. — 4, 4, capsule articulaire, érignée en haut et en bas.
de l’articulation (fig. 459).
ARTHROLOGIE
son apophyse épineuse. Il se compose, en réalité, de deux ordres de faisceaux : des faisceaux superficiels, qui occupent la ligne médiane et qui représentent le ligament interépineux des vertèbres sous-jacentes; des faisceaux profonds, qui 1 s’étendent sur les côtés, jusqu’à la capsule atloïdo-axoïdienne
ci-dessus décrite. Ces derniers faisceaux, très riches en fibres élastiques, sont naturellement les homologues des ligaments jaunes. Latéralement, le ligament atloïdo - axoïdien postérieur est traversé d’avant en arrière par le deuxième nerf cervical ou grand nerl sous-occipital d’ARxoLD (fig. 465,11).
3° Synoviale. — Une synoviale très lâche, surtout en avant, favorise le glissement des surfaces articulaires. Elle émet constamment, comme nous l’avons déjà dit plus haut, deux franges synoviales, l’une antérieure, l’autre postérieure : ces deux franges (fig. 459,4 et 4) s’avancent à la manière de deux coins dans les angles dièdres que forment, en se superposant, la facette articulaire de l’atlas et celle de l’axis. La synoviale atloïdo-axoïdienne commn nique assez fréquemment (fig. 46â) avec l’une ou l’autre des deux synoviales de l’articulation atloïdo-odontoïenne.
Fig. 459.
L’articulation atloïdoaxoïdienne, vue en coupe antéro-postérieure.
.1, atlas. — 2, axis. — 3, capsule articulaire, présentant, en avant et en aiTière, deux petites franges synoviales 4 et 4.
B. —Articulation atloïüo-odontoïdienne
L’articulation de l’atlas avec l’apophyse odontoïde
Fig. 460.
Coupe horizontale, passant par l’articulation atloïdo-odontoïdienne.
1, allas, masses latérales. — 2, arc antérieur, avec 2’, son tubercule. — 3, arc postérieur, avec 3’, son tubercule. — 4, apophyse odontoïde. — 5, ligament transverse. — 6, ligament occipito-axoïdien moyen. — 7, articulation atloïdoodontoïdienne proprement dite. — 8, articulation de la dent avec le ligament transverse ou articulation syndesmo-odontoïdienne. — 9, tissu cellulaire séparant les deux synoviales. — 10, artère vertébrale.
’cprésente le type le plus parfait des articulations tronchoïdes.
1° Surfaces articulaires. — A la constitution de cette articulation concourent : 1° du côté de l’axis, un cylindre osseux à direction verticale, l’apophyse odontoïde; 2° du côté de l’atlas, une sorte d’annean, moitié osseux, moitié fibreux.
a. Anneau atloïdien .
— L’anneau ostéo-fibreux est constitué piar deux parties bien distinctes :
1° en avants par l’arc antérieur de l’atlas portant, sur sa face postérieure et sur la ligne médiane une
régulière-
facette assez
ment circulaire de 10 à 12 millimètres de diamètre, légèrement concave dans le sens vertical comme dans le sens transversal ; 2° en arrière, par une bandelette fibreuse, qui s’étend transversalement d’une masse latérale à l’autre, en déciàvant