ARTICULATIONS DE L’ATLAS ET DE L’AXIS
une courbe à concavité antérieure et qu’on désigne sous le nom de ligament Iransverse .
Aplati d’avant en arrière, ce ligament nous offre à considérer deux extrémités, deux faces et deux bords. — Par ses deux extrémités, il se fixe solidement sur les rugositéï^ que nous présente la face interne des masses latérales de l’atlas. — Sa face postérieure, convexe, est recouverte par le ligament occipito-axoïdien, qui la croise à angle droit et la sépare du ligament vertébral commun postérieur. — Sa face antérieure, concave, répond à l’apophyse odontoïde. Elle est revêtue, à sa partie moyenne, par une mince couche de cartilage articulaire. — De son bord inférieur se détache une languette fibreuse, qui descend verticalement sur la ligne médiane pour venir s’insérer sur la face postérieure du corps de Taxis :
nous la désignerons sous le nom de ligament transverso-axoïdien. — Son bord supérieur , à son tour, donne naissance, par sa partie moj^enne, a une deuxième bandelette médiane, celle-ci ascendante, qui vient se fixer d’autre part sur la gouttière basilaire à quelques millimètres en avant du trou occipital : c’est le ligament transversooccipital.
Il résulte d’une pareille disposition., nettement représentée dans la figure 467, queleligamenttrans-
. , . (L’occipital, l’atlas et l’axis ont été sciés suivant un plan vertico-transversal
verse est croise en son mi- passant un peu en amère de l’artère vertébrale.)
lieu par deux ligaments occipital. — 2, atlas. — 3, axis, avec 3’, son apophyse odontoïde. — 4, liga-
• 1- P nients occipito-odonloïdiens latéraux, avec 4’, le faisceau occipito-occipital. —
longitudinaux, dont 1 un, o, ligament transverso-occipital moyeu ou suspenseur de la dent. — 6, ligament
1 fl’ Al 1 transverse. — 7, ligament transverso-occipital, réséqué et érigné. — 8, ligament
ascendant, l empêche de transverso-axoïdien. — 9, ligament occipito-axoïdien moyen. — 10, ligaments rlp<sf»Anrl PA ot l’ontpa rlûc occipito-axoïdiens latéraux. — 11, 12, articulations occipito-atloïdienne et atloïdouesteilUlO et 1 dUire, des- axoïdienne, sciées suivant le plan frontal. — 13, artère vertébrale.
Cendant, l’empêche de
remonter. C’est à cet ensemble ligamenteux rétro-odontoïdien, disposé en forme de croix, qu’on a donné le nom de ligament cruciforme : les deux moitiés du ligament transverse constituent les deux bras latéraux de la croix ; les deux ligaments transverso-occipital et transverso-axoïdien en représentent le bras supérieur et le bras inférieur.
b. Apophyse odontoïde de Taxis. —L’apophyse odontoïde ou plus simplement la dent, qui occupe le centre de Tanneau altoïdo-transversaire et qui joue dans cette articulation le rôle de pivot, a été déjà décrit en ostéologie, à propos de Taxis (voy. p. 76j. Nous nous contenterons de rappeler ici qu’elle s’élève verticalement au-dessus du corps de cette vertèbre et qu’elle nous présente deux facettes articulaires : Tune, antérieure, répondant à Tare antérieur de Tatlas; Tautre, postérieure,
AN.VrOMIË IIÜ.VI.\INE. — T. 1, ÉDIT. 58
ARTHROLOGIE
en rapport avec le ligament transverse. De ces deux facettes odontoïdiennes, la première revêt une forme ovalaire à grand axe vertical ; plane on légèrement convexe en allant de haut en bas, elle est franchement convexe dans le sens transversal. La seconde, également ovalaire, est concave dans le sens vertical, convexe transversalement. L’une et l’autre sont revêtues de cartilage articulaire.
2° Moyens d’union. — Contrairement aux apparences, le ligament transverse, ci-dessus décrit, ne contribue nullement à fixer l’apophyse odontoïde dans l’anneau ostéo-fibreux qui la reçoit. Le plus souvent, en effet, on peut sans grande difficulté, les autres ligaments étant détruits, la faire sortir de l’anneau ou l’y faire rentrer. Les vrais moyens d’union de l’articulation atloïdoodontoïdienne sont représentés par des faisceaux fibreux, qui s’insèrent, d’une part, sur l’occipital et, de l’autre, sur la dent. Ces ligaments appartiennent à l’articulation occipito axoïdienne et seront décrits dans l’article suivant (p. 465.)
Synoviales. — L’articulation atloïdo-odontoïdienne possède deux synoviales, ordinairement indépendantes l’une de l’autre : une synoviale antérieure, pour l’articulation de la dent avec l'arc antérieur de l’atlas; une synoviale postérieure, pour l’articulation de la dent avec le ligament transverse ou articulation syndésmo-odontoïdienne. Ces deux synoviales sont très lâches et, par conséquent, permettent aux surfaces articulaires en présence des déplacements très étendus. Elles sont nettement visibles sur les coupes, soit horizontales (fig. 460), soit sagittales (fig. -i68j, de l’articulation.
La synoviale antérieure, la plus petite des deux, s’étend un peu au-dessus et un peu au-dessous (2 ou millimètres environ) des surfaces articulaires, en formant ainsi deux petits culs-de-sac, l’un supérieur, l’autre inférieur.
La synoviale postérieure est beaucoup plus étendue que la précédente, à la fois dans le sens transversal et dans le sens vertical. — En bas, elle forme au-dessous du ligament transverse un petit cul-de-sac de 3 ou 4 millimètres de hauteur. — En haut, elle s’étale sur la face postérieure de la dent et remonte ainsi jusqu’à son sommet; elle se termine d’ordinaire au niveau de l’insertion du ligament suspenseur de la dent. — Sur les côtés, elle s’étend jusqu’à l’arc antérieur de l’atlas ou à son Amisinage et communique parfois, à ce niveau, comme nous le montre nettement la figure ci-dessus (fig. 462), avec la partie antéro-interne de l’articulation atloïdo-axoïdienne correspondante.
Artères et nerfs. — Les artères destinées à l’articulation de l’atlas avec l’axis sont fournies par la vertébrale. — Les nerfs proviennent de la deuxième branche cervicale ou de l’anastomose qui unit cette deuxième branche à la première.
Mouvements de l’atlas sur l’axis. — L'atlas, uni au crànc, tourne autour de l'apophyse odontoïde « comme une roue autour de son essieu » (Crcveilhieu). C’est là le seul mouvement
Fig. 462.
Coupe horizontale passant par la base de l’apophyse odontoïde, montrant la communication de la synoviale atloïdo-axoïdienne avec la synoviale postérieure de .l'articulation atloïdo-odontoïdiennc (sujet congelé, segment intérieur de la coupe, vu d’en haut).
1, masse latérale de l'allas. — 2, facette articulaire de l’axis. — 3, apopliyse odontoïde.
— 4, ligament atlo'ïdo-axo'ïdien antérieur. — 5, ligament transverse. — 6, synoviale antérieure de l'articulation atlo'ïdo-odontoïdienne.
— 7, synoviale postérieure, se confondant en avant avec la synoviale atlo'ïdo-axoïdienne correspondante. — 8, moelle épinière. — 9, veines inlra-rarliidiennes.
ARTICULATIONS DE LA COLONNE VERTÉBRALE AVEC LA TÊTE 4o9
qu'il puisse exécuter ; l’appareil ligamenteux qui descend de Toccipital sur l’axis ne saurait lui en permettre d’autres.
Dans ce mouvement de rotation, l’axis et son apophyse odonto'ide restant immobiles, les deux masses latérales de l'atlas glissent dans le sens antéro-postérieur, mais en sens inverse, sur les facettes articulaires sous-jacentes. Ainsi, lorsque la tête se porte à gauche, la masse latérale, gauche se porte d’avant en arrière, tandis que la masse latérale droite se porte d’arrière en avant. L’un des deux ligaments occipito-odonto'idien latéraux se relâche ; l’autre se tend et limite le mouvement.
11 est à remarquer que ce glissement de l’atlas sur Taxis ne s’effectue pas suivant un plan parfaitement horizontal. Les deux facettes altoïdienne et axoïdienne sont Tune et l’autre, comme
Fig. 463.
Mouvements de rotation de l’allas sur Taxis.
A, position de la masse latérale et de l’apophyse articulaire inférieure droite de l’atlas, quand la tète regarde en face. — B, position de ces inèihes éléments osseux quand la tête regarde à gauche. — C, position de la masse latérale et de l’apophyse articulaire inférieure gauche de l’atlas, quand la tête regarde à gauche.
On voit que, dans ce mouvement de rotation de la tête à gauche, les masses latérales de l’atlas, tant la droite que la gauche, descendent de XX (niveau qu’elles occupaient avant la rotation) en xx (niveau qu’elles occupent quand la rotation est efl'ectuée). L’abaissement total est exactement égal à la distance verticale qui sépare les deux horizontales XX et xx.
nous l’avons vu plus haut (p. 455), fortement convexes dans le sens antéro-postérieur. Autrement dit, elles sont constituées chacune par deux plans inclinés, qui regardent, Tun en avant, l’autre en arrière. Il résulte forcément d’une pareille disposition anatomique que chaque facette atlo'idienne descend légèrément toutes les fois qu’elle se déplace pour se porter, soit en arrière, soit en avant du point qu’elle occupe dans la position ordinaire (fîg, 463).
Un mouvement d’abaissement est donc nécessairement lié, dans l’articulation atloïdo-odontoïdienne, au mouvement de rotation. Par conséquent, toutes les fois que la tête se porte à gauche ou à droite, non seulement elle tourne, mais elle s'abaisse. Cet abaissement est exactement mesuré par la distance verticale qui sépare le point le plus élevé de la facette atloïdienne, de son point le plus déclive : dans la figure 463, par la distance qui sépare les deux horizontales XX et xx.
Muscles moteurs. — Les muscles moteurs del’atlas sur Taxis se divisent en rotateurs du même côté et rotateurs du côté opposé :
1° Rotateurs du même côté : le splénius, le grand droit postérieur et le grand oblique de la tête, le grand droit antérieur et le petit droit antérieur de la tête.
2° Rotateurs du côté opposé : le trapèze, le grand complexus, le sterno-cléido-masto'idien.
ARTICLE III
La tête s’unit par un de ses os, V occipital, avec les deux premières vertèbres cervicales, Vatlas et Vaxis. De là, deux articulations distinctes : V articulation occipito-atloïdienne et V articulation occipito-axoïdienne.
§ I. — Articulation occipito-atloïdienne
L’articulation qui unit Toccipital à Tatlas appartient à la classe des diarthroses, genre double-condylienne.
1° Surfaces articulaires. — Les surfaces articulaires sont : 1° du côté de Tocci-
AKTHROLOGIE
pital, les deux condyles de cet os ; du côté de l’atlas, les deux cavités glénoïdes qui surmontent les masses latérales.
a) Les surfaces articulaires des condyles, convexes à la fois dans le sens transversal et dans le sens antéro-postérieur, regardent en bas, en avant et en dehors. Elles sont oblongues, à grand axe obliquement dirigé d’arrière en avant et de dehors en dedans : un plan vertical, tangent à leur extrémité antérieure, passe à l ou 2 millimètres en avant du trou occipital; un deuxième plan, tangent à leur extrémité postérieure, passe par le centre de ce même trou occipital ou dans son voisinage.
[i) Les cavités glénoïdes de V atlas, concaves dans tous les sens, regardent en haut, en arrière et un peu en dedans. Elles répondent assez exactement aux condyles occipitaux; elles sont, cependant, un peu moins longues et un peu moins larges. Gomme ces derniers, elles sont allongées d’arrière en avant et de dehors en dedans et, de ce fait, sont beaucoup plus rapprochées à leur extrémité antérieure qu’à leur extrémité postérieure : tandis qu’elles sont séparées, en arrière, par un intervalle de 35 à 40 millimètres, cet intervalle se réduit, en avant, à 25 ou 28 millimètres. Nous avons déjà vu en osléologie, et nous le rappellerons ici en passant, que les cavités glénoïdes de l’atlas, de même que les condyles de l’occipital, présentent assez fréquemment deux échancrures latérales, qui tendent à les diviser en deux facettes distinctes.
Les quatre surfaces précitées sont recouvertes, à l’état frais, par une mince couche de cartilage hyalin.
2° Moyens d’union. — Les ligaments qui unissent l’occipital à l’atlas sont au nombre de quatre, savoir : deux ligaments capsulaires, l’un droit, l’autre gauche, un ligament antérieur et un ligament postérieur.
a. Ligaments capsulaires. — Les ligaments capsulaires sont constitués par un ensemble de faisceaux verticaux, qui s’insèrent, en haut, sur le pourtour du condyle et, en bas, sur le pourtour de la cavité glénoïde corcespondante. Cette dernière insertion se fait toujours à une certaine distance (2 ou 3 millimètres) du revêtement cartilagineux. — En dehors, la capsule occipito-atloïdienne est relativement très épaisse ; elle paraît renforcée à ce niveau par un ensemble de faisceaux fibreux, toujours très visibles, que certains auteurs, Sappey entre autres, ont décrits sous le nom de ligament occipito-atloïdien latéral. — En dedans, elle est fort mince, tellement mince que la cavité articulaire, sur ce point, n’est pour ainsi dire fermée que par la synoviale. — En avant et en arrière, la capsule occipito-atloïdienne se continue et se confond avec les parties correspondantes des deux ligaments occipito-atloïdiens antérieur et postérieur. Avant de décrire ces ligaments, je signalerai l’existence, sur le plan postérieur de l’articulation occipito-atloïdienne, d’un certain nombre de faisceaux qui s’insèrent, d’une part sur l’occipital en arrière de la fosse rétro-condylienne, d’autre part sur la base et sur le sommet de l’apophyse transverse de l’atlas. Ils forment par leur ensemble (Tig. 465, 5) une lame quadrilatère, large de I centimètre environ, obliquement dirigée de haut en bas et de dedans en dehors. 11 est à peine besoin d’ajouter que cette lame constitue, pour la capsule fibreuse de l’articulation qui nous occupe, un puissant faisceau de renforcement.
b. Ligament occipito-atloïdien antérieur. — Le ligament occipito-atloïdien antérieur (fig. 464, 7) est représenté par une membrane, large de 3 ou 4 centimètres, qui s’insère, d’une part sur la partie antérieure du trou occipital, d’autre part sur le bord supérieur de l’arc antérieur de l’atlas. Cette membrane est renforcée sur la ligne médiane, par un faisceau plus superficiel, qui, sous la forme d’une
petite bandelette large de 5 ou 6 millimètres, descend de la surface basilaire sur le tubercule antérieur de l’atlas (fig. 464, 8). On peut considérer cette bandelette médiane comme constituant l’origine du ligament vertébral commun antérieur.
c. Ligament occipüo-atloïdien postérieur . — Le ligament occipito-atloVdien postérieur (fig. 465, 7), beaucoup plus mince que le précédent, se détache, en haut, du rebord postérieur du trou occipital et vient se fixer, en bas, sur le bord supérieur de l’arc postérieur de l’atlas. Il occupe, en arrière des condyles, tout l’intervalle
Fig. 464,
Articulations occipito-atloïdienne et atloïdo-axoïdienne, vue antérieure,
1, apophyse basilaire de l’occipital, avec 1’, le trou condylien antérieur. — 2, rocher, avec ; 2’, le canal carotidien, 2”, l’apophyse styloïde. ■ — 3, atlas. — 4, axis. — 5, troisiènae cervicale. — 6, ligament capsulaire occipito-atloidien, — 7, ligament occipito-atloïdien antérieur. — 8, bandelette médiane, représentant l’origine du ligament vertébral commun antérieur 9. — 10, ligament atloïdo-axoïdien antérieur. — 11, synoviale occipito-atloïdienne, injectée au suif. — 12, synoviale atloïdo-axoïdienne, également injectée au suif. — 13, artère vertébrale.
compris entre l’occipital et l’atlas : il représente ainsi le premier des ligaments jaunes. Latéralement, au niveau du point où il se confond avec la capsule occipitoatloïdienne ci-dessus décrite, le ligament occipito-atloïdien postérieur est percé, à droite et à gauche, d’un orifice circulaire pour le passage de l’artère vertébrale, qui, après avoir contourné de dehors en dedans les masses latérales de l’atlas, pénètre dans le canal rachidien. Par cet orifice passe encore, ainsi que nous le montre la figure 465, le premier nerf cervical ; il est placé au-dessous de l’artère.
3° Synoviales. — Chaque condylarthrose occipito-atloïdienne possède une synoviale. Cette synoviale est très lâche, surtout en dedans, où on la voit se prolonger plus ou moins loin sur les ligaments odontoïdiens et sur le ligament transverse.
4° Rapports. — L’appareil ligamenteux qui unit l’occipital à la première vertèbre cervicale présente des rapports importants :
a) La capsule occipito-atloïdienne tout d’abord répond, en dehors au muscle droit latéral de la tête, en dedans aux différents ligaments qui, de l'occipital.
ARïHllOLOGIE
descendent sur l’apophyse odontoïde, sur le ligament transverse et sur l’axis.
P) Le ligament occipito-alloïdien antérieur est en rapport : en avant, avec les muscles grand droit et petit droit antérieurs de la tête, qui le recouvrent et le séparent du pharynx; en arrière, avec le ligament suspenseur de la dent et la partie la plus élevée de la synoviale atloi'do-odontoïdienne, dont il est séparé par une couche de tissu cellulo-adipeux.
y) Le ligament occipito-atloïdien postérieur est recouvert, en arrière, par les
Fig. 465.
Articulations occipito-atloïdienne et atloïdo-axoïdieimc, vue postérieure.
1, occipital. — 2, atlas, avec : 2’, son tubercule postérieur ; 2” ses apophyses transverses. — 3, axis. — 4, troisième cervicale. — 5, faisceaux renforçant la capsule fibreuse de l'arliculation occipito-atloïdienne (ces faisceaux ont été enlevés à gauche). — 6, capsule occipito-atloïdienne (la synoviale esl injectée au suif). — 7, ligament occipito-atloïdien postérieur. — 8, ligament atloïdo-axoïdien postérieur, avec 8’. son faisceau médian. — 9, artère vertébrale. — 10, premier nerf cervical, avec ses deux branches antérieure et postérieure. — 11, grand nerf sous-occipital d’ARNOLo. — 12, troisième nerf cervical.
muscles petit oblique, grand droit et petit droit postérieurs de la tête ; au delà de ces muscles, et présentant avec le ligament des rapports moins directs, se trouvent les deux complexus, le splénius et le trapèze. En avant, il répond au bulbe, dont il est séparé par la dure-mère et par une mince couche de tissu cellulaire.
5° Vaisseaux et nerfs. — Les artères de l’articulation occipito-atloïdienne sont fournies par la vertébrale et par la branche méningée de la pharyngienne inférieure. — Les nerfs émanent du sous-occipital.
Mouvements. — La tête peut exécuter sur l’atlas trois ordres de mouvements ; elle se fléchit, elle s’étend, elle s’incline latéralement.
a) Les mouvements de flexion et d'extension s’exécutent autour d’un axe transversal passant parla partie la plus élevée des cavités glénoïdes de l’atlas. — Dans le mouvement de flexion, la tête s’incline en avant, tandis que les condyles occipitaux glissent d’avant en arrière sur les facettes atloïdiennes. — Dans le mouvement d'extension, la tête s’incline en arrière et les condyles glissent eux-mèjnes sur l’atlas, mais en sens inverse, c’est-à-dire d’arrière en avant.
P) Les mouvements d’inclinaison latérale sont très limites. L'inclinaison delà tête, soit à droite, soit à gauche, résulte avant tout d’un mouvement de même sens, s’accomplissant dans toute la hauteur de la colonne cervicale.
Muscles moteurs. — Nous les diviserons en fléchisseurs, extenseurs et fléchisseurs latéraux : , 1° Fléchisseurs : le grand droit antérieur, le petit droit antérieur et le droit latéral de la tête : accessoirement, les muscles sus- et sous-hyoïdiens.
2° Extenseurs : le trapèze, le splénius, le grand complexus, le grand droit postérieur et le petit droit postérieur de la tête, le petit oblique de la tête.
3<> Fléchisseurs latéraux : le trapèze, le splénius, le petit complexus, le sterno-cléido-mastoïdien, le droit latéral et le petit oblique de la tête.
§ 11. — Articulation ocgipito-axoïdienne
L’occipital n'étant en contact avec Taxis sur aucun point, il ne saurait exister, dans leur mode d’union, de surfaces articulaires et par conséquent d’articulation
Fig. 466.
Articulations de l’occipital avec les deux premières vertèbres cervicales, vue postérieure.
(Les arcs postérieurs des vertèbres ont été réséqués; puis le bulbe et ses enveloppes ont été enlevés, de façon à montrer
la paroi antérieure du canal rachidien).
1, occipital, avec 1’, le trou condylien antérieur. — 2, atlas, avec 2’, son apophyse transverse. — 3, axis. 4, troisième cervicale. — 5, ligament vertébral commun postérieur, réséqué et érigné en haut. — 5’, le même, érigné en bas. — 6, ligament occipito-axoïdien moyen. — 7, ligaments occipilo-axoïdiens latéraux, avec 8, ligament latéral inférieur d’ARNOLD. — 9, articulation occipito-atloïdienne, injectée au suif. — 10, 11, les deux articulations suivantes, également injectées au suif.
véritable. Ces deux os sont reliés néanmoins par des ligaments, à la fois très nombreux et très résistants, qui ont pour effet, non seulement de les unir Tun à l’autre,
mais aussi de maintenir la dent de l’axis dans l’anneau ostéo-fibreux qui se meut aulour d’elle. Ces ligaments deviennent ainsi, comme nous l’avons déjà fait remarquer plus haut, les véritables moyens d’union de l’articulation atloïdo-odontoïdienne. Ils se divisent en deux groupes : les uns se rendent au corps de l’axis, ce sont les ligaments occipüo-axoïdiens proprement dits; les autres s’insèrent sur l’apopbyse odontoïde, ce sont les ligaments occipito-odontoïdiens .
1° Ligaments occipito-axoïdiens proprement dits. — Les ligaments occipitoaxoïdiens proprement dits sont au nombre de trois. On les distingue en ligament moyen et ligaments latéraux :
a. Ligament occipito-axoïdien moyen. — Le ligament occipito-axoïdien moyen (fig. 466, 6) est une bandelette fibreuse, large de 10 à 12 millimètres, qui s’étend,
Fig. 467.
Le Hgament cruciforme, vue postérieure (même préparation que dans la figure 466).
I, occipital, avec 1’, le trou condylien antérieur. — 2. atlas, avec 2’, son apophyse transverse. — 3, axis. — 4, troisième cervicale. — 5, o, ligament vertébral commun postérieur, érigué en haut et en bas. — G, G’, ligament occipitoaxoïdien mo\en, également érigné en haut et en bas. — 7, 7’, ligaments occipito-axoïdiens latéraux, réséqués à leur partie moyenne. — 8. ligament latéral inférieur d’ARNOLo. — 9, ligament transverse {-bras infériew de la croix). — 10, ligament transverso-occipital (bras latéraux de la croix). — 11, ligament transverso-axoïdien {bras su}')érieur de la croix). — 12, ligaments occipito-odontoïdiens latéraux. — 13, articulation occipito-atloïdienne, injectée au suif. — 14. articulation atluïdo-axoïdicnno ouverte.
comme son nom l’indique, de l’occipital à l’axis. Elle prend naissance, en haut, sur la gouttière basilaire, à 1 ou 2 millimètres en avant du trou occipital. De là, elle descend dans le canal rachidien, passe en arrière de l’apophyse odontoïde et du ligament transverse et vient se fixer à la face postérieure du corps de l’axis. A son
origine et dans la première partie de son trajet, ce ligament se confond : U en avant, avec le ligament transverso-occipital, déjà décrit (p. s’arrête sur
le bord supérieur du ligament transverse ; 2*^ en arrière, avec la portion la plus élevée du ligament vertébral commun postérieur qui, lui, descend jusque dans le canal sacré.
b. Ligaments occipito-axoïdiens latéraux. — Au nombre de deux, l’un droit, l’autre gauche, les ligaments occipito-axoïdiens latéraux (fig. 466, 7) sont représentés, de chaque côté, par un faisceau fibreux h direction oblique, qui s’insère d’une part sur les parties latérales du trou occipital, entre le condyle et le trou condylien antérieur, d’autre part sur la face postérieure du corps de l’axis, immédiatement en dehors de l’insertion du ligament occipito-axoïdien moyen. Ce faisceau, ordinairement très fort et très résistant, large de 5 millimètres en moyenne, ne remonte pas tout entier de l’axis à l’occipital. Ses fibres les plus externes, comme nous le montre la figure 467 (8), s’arrêtent sur les masses latérales de l’atlas, devenant ainsi un faisceau de renforcement pour la partie interne de la capsule atloïdo-axoïdienne : c’est le ligament latéral inférieur d’ Arnold.
2° Ligaments occipito-odontoïdiens. — Au
nombre de trois également, les ligaments qui unissent l’occipital à l’apophyse odontoïde se distinguent encore, d’après leur situation, en ligament moyen et ligaments latéraux :
a. Ligaments occipito-odontoïdien moyen.
— Le ligament occipito-odontoïdien moyen (fig. 461, 5 et 468, 13), impair et médian, s’étend de la partie antérieure du trou occipital au sommet de l’apophyse odontoïde : on lui donne quelquefois, en raison de ses relations avec cette apophyse, la dénomination, fort impropre du reste, de ligament supenseur de la dent. 11 est exactement situé entre le ligament occipito-atloïdien-antérieur, qui est en avant, et le ligament transverso-occipital ou occipitotransversaire, qui est en arrière. Toujours très court, le ligament suspenseur de la dent présente dans sa constitution anatomique de nombreuses variétés : tantôt c’est un cordon arrondi, très épais et très résistant, de 3 ou 4 millimètres de diamètre ; tantôt, au contraire, c’est un simple tractus conjonctif, qui relie l’apophyse odontoïde à l’apophyse basilaire ; entre ces deux dispositions extrêmes se trouvent toutes les dispositions intermédiaires.
ANATOMIE HUMAINE. — T. I, G« ÉDIT. .Gü
Coupe sagittale des articulations occipito-atloïdienne. occipito-axoïdienne et occipito-odontoïdienne.
A, apophyse basilaire. — B, arc antérieur de l’allas. — G, apophyse odontoi'de. — D, corps de l’axis. — E, F, troisième et (luatriènie vertèbres cervicales.
1, vestige du disque cartilagineux qui unit le corps de l’axis avec la dent. — 2, articulation atloïdo-odoutoïdienne. — .3, articulation de la dent avec le ligament transverse. — 4, ligament occipito-atloïdien antérieur. — 5, bandelette médiane, constituant l’origine du ligament vertébral commun antérieur .o’. — 6, ligament atloïdo-axo’idien antérieur. — 7, capsule atloïdoodontoïdienne. — 8, ligament vertébral commun postérieur. — 9, ligament occipito-axoïdien moyen. — 10, ligament transverso-occipital. — 11, ligament transverse. — 12, ligament transverso-axoïdien. — 13, ligament occipito-odontoïdien moyen ou suspenseur de la dent.
ARTHROLOGHE
Morpliologiquement, la formation en question n’est qu’un pseudo-ligament : elle représente le disque intervertébral qui unit la dernière vertèbre céphalique à la première vertèbre cervicale ou atlas, dont le corps, nous l’avons dit bien des fois, n’est autre que l’apopbyse odontoïde.
Le ligament siispenseur de la dent nous présente parfois dans son épaisseur ou dans son voisinage, des nodules osseux ou osséiforines. Leur signilication nous paraît encore fort obscure. Suttox a cru devoir les considérer comme le résultat de l'ossification d’un disque intervertébral, Albrecht comme le rudiment d'une vertèbre supplémejitaire, (|u’il aurait observée chez ÏHatteria punclaia et à laquelle il a donné le nom de proatlas. La formation osseuse d’ALBRECux n’a malheureusement pas été rencontrée depuis chez l’Ilatteria punctata, ni par l’abbé Gérard Smits. ni par Cornet. et l’existence d’un proatlas est tout au moins très problématique. Les recherches récentes de Chiarugi l’ont conduit aux mêmes conclusions. Dès lors, les nodules osseux précités représenteraient des productions sans valeur morphologi(iue, développées accidentellement dans le tissu fibreux ou conjonctif qui constitue le ligament suspenseur de la dent. Peut-être pourrait-on cependant les considérer, mais dans certains cas seulement, comme provenant du point d’ossification spécial qui forme le sommet de la dont et qui. au lieu do se souder à cette dernière, serait resté libre {ossicalum terminale de Bergmann).
b. Ligaments occipito-odontoïdiens latéraux. — Les ligaments occipito-odontoïdiens latéraux (fig. 461, 4), encore appelés ligaments alaires de la dent, sont au nombre de deux, l’un droit, l’autre gauche. Ils sont situés, comme leur nom l’indique, sur les côtés de l’apophyse odontoïde. A la fois très courts et extrêmement puissants, ces ligaments prennent naissance, en dehors, sur la face interne des condyles occipitaux. Le là, ils se portent en dedans et en has, en suivant un trajet presque horizontal, et viennent se terminer, en majeure partie, sur les côtés de la moitié supérieure de l’apophyse odontoïde. Leurs faisceaux les plus élevés, obliquant un peu en arrière, gagnent la face postérieure de cette apophyse et se continuent, sur la ligne médiane, avec les vaisseaux homologues du côté opposé. 11 en résulte la formation d’un petit cordon ansiforme à concavité supérieure (461,4’), qui s’étend d’un côté à l’autre de l’occipital en passant en arrière de l’apophyse odontoïde. G^e faisceau occipito-occipital {ligament transecrse de Voccipital de Lauih) présente, du resle, avec la dent des rapports qui varient suivant les sujets : tantôt, il lui adhère inlimement en prenant réellement insertion sur elle ; tantôt il ne lui est uni que par du tissu conjonctif ; dans certains cas, enfin, il en est entièrement distinct, passant en arrière de son sommet et n’ayant avec lui que de simples rapports de voisinage.
A consulter, au sujet des articulations de la colonne vertébrale, parmi les travaux récents ; Albrecht, L'eber den ProatlasPLooï. A,nz., 1880; — Lacchi, Sal modo di formazione e sal significato del 3° condilo nelU uonio.^léai. dei Fisiocritici, Siena, 1883 ; — Sutton, On lhe inter-vertebral disck hetœeen the odontoid process and the cenlruni of the axis in Man, Proc. Zool. Soc., London, 1886; — Cornet, Note sur le prétendu Proatlas, Bull. Acad. roy. des Sc. de Belgique, 1888 ; — Ghia- RUGi, Per la sloria dell articlazione occipito-atlo-assoideo, Monit. zool. italiano, 1890; — Tro- LARD, Quelques articulations de la colonne vertébrale, Journ. intern. d’Anatomie et de Physiologie, 1893; — DU MÊME, Les articulations de la tête avec la colonne vertébrale, Journ. de l’anatomie, 1897; — Gaupp, Ueb. d. Kopfrjelenke d. Sàuger u. d. Menschen in morphol. u. funklionn . Bezieliung. Verh. anat. Ges.. Berlin, 1908.