ARTICULATIONS DE LA TÈTE
La tête^ comme nous l’avons vu en ostéologie, se compose de deux parties : U une boîte osseuse, le crâne ; 2° un massif osseux, situé à la partie antérieure et inférieure du crâne, la face. Le crâne, nous îe savons encore, est formé par huit os, non compris les wormiens ; la face en comprend quatorze. Les articulations qui unissent les unes aux autres ces différentes pièces osseuses sont presque toutes des articulations immobiles ou synarthoses. Une seule, l’articulation de la mâchoire inférieure avec le crâne, appartient à la classe des articulations mobiles. Nous diviserons ces articulations en trois groupes, savoir :
1° Les articulations des os du crâne entre eux;
2° Les articulations des os de la mâchoire supérieure entre eux et avec le crâne;
3° h' articulation de la mâchoire inférieure avec le crâne ou articulation lemporo-maxillaire.
§ I . — Articulation des os du crâne entre eux
Les différentes pièces osseuses qui entrent dans la constitution de la boîte crânienne s’unissent entre elles par des synarthroses ou sutures. Ces sutures, quels
AB G ü .
Fig. 469.
Types divers de synarthroses.
A, suture dentée. — B, suture écailleuse. — C, suture harmonique (articulation des deux os propres du nez) — G’, coupe transversale de la précédente. — D, schindylèze (articulation de la base du vomer avec la crête du sphénoïde).
que soient leur forme, leur étendue et leur degré de complexité, sont toujours réductibles, ainsi que nous l’avons vu plus haut, à l’une des quatre variétés suivantes : la suture dentée, suture écailleuse, la suture harmonique et la synchon-
AKTHKOLOGiE
drose. Le mode de constitution de ces diverses sutures a été déjà indiqué précédemment (p.‘ 416). Nous n’y reviendrons pas ici.
Nous nous contenterons de rappeler que les surfaces articulaires correspondantes ^ sont séparées Lune de l’autre par
une couche de parties molles, laquelle est du tissu fibreux ou du cartilage, suivant que les os que l’on considère se sont développés au sein du tissu conjonctif ou au sein du cartilage (plaque basilaire) . Nous rappellerons encore que cette couche intersuturale est progressivement envahie par l’ossification et finit même par disparaître chez le vieillard par suite de la soudure des deux os voisins {oblitération des sutures, synostose).
La marche de l’ossification dans les sutures présentant suivant les individus et probablement aussi suivant les races des variations considérables, il devient nécessaire, dans les études descriptives du crâne, d’indiquer soigneusement, à côté des données craniométriques, lelat des différentes sutures, de dire notamment si elles sont simples ou complexes, si elles sont encore libres ou déjà envahies par l’ossifi-
Fig. 470.
Coupe normale d’une suture crânienne (Toukneux).
1. tissu fibreux sulural. — 2, lissu osseux. — 3, aréoles vidées arlificieliemenl de leur coideiiu médullaire. — Ou x'oil (|uo les Miil'aces osseuses sont réunies jiar des faisceaux coujouclifs Iransversaux ou légèrement obliques: ou voit, d’autre |)art, (|ue les aréoles médullaires se coidiuuent direclemeiil à l'inlérieur du cène fibreux suturai.
Fig. 47'J .
Tableau schématique indiquant le degré de complexité des sutures (d’après Bhoca).
t, suture très simple. — 2, suture simple. — 3, suture ordinaire. — 4, suture compliquée. — 5, suture très compliquée.
Fig. 47:2.
Tableau scliématii[ue indiquant leur degré de soudure (d’après Bkoca).
0, soudure complète, suture effacée. — l,plus de la moitié est soudée. — 2, la moitié est soudée. — 3, moins de la moitié est soudée. — 4, aucune soudure, suture libre.
cation et, dans ce dernier cas, quelle est la marche du processus ossificateur, quel est le stade auquel il est arrivé, etc., etc. A ce propos, nous croyons devoir repro-
ARTICULATION TEMPORO-MAXILL AIRE
diiire ici les deux tableaux de Broca (fig. 471 et 472), indiquanl, ITm le degré de complexité des sutures, l’autre leur degré de soudure. La disposition anatomique, toujours très difficile à décrire, quand on n’a à sa disposition que des adjectifs, s’y trouve représentée par un simple chiffre : c’est donc là un procédé descriptif tout aussi commode que facile. Il présente, en outre, dans la grande majorité des cas, un degré d’exactitude bien suffisant.
Il suffit de jeter un coup d’œil sur ces deux tableaux pour voir : 1° que le chiffre augmente en même temps que le degré de complexité des sutures (tableau I, fig. 471) ; 2° que le chiffre décroît au contraire au fur et à mesure qu’augmente le degré d’ossification, ou, ce qui revient au même, au fur et à mesure que disparaît la suture. Ainsi, dire qu’une suture répond au n® 5 du premier tableau de Broca et au n” 4 du second, c’est indiquer que la suture en question est très compliquée et qu’elle est encore entièrement libre. De même une suture qui répond au n° 1 du second tableau est une suture dontp^^^8 de la moitié est soudée ; une suture qui répond au n® 0 est une suture qui est complètement effacée, etc.
§ IL — Articulation des os de la mâchoire supérieure