‹ Traité d'anatomie humaine (volume 3)Chapitre 95 sur 176 · humérus. — 2, cubitus · texte numérisé non relu

humérus. — 2, cubitus

— 3, radius. — 4, synoviale huméro-radio-cubilaîe. — 5, prolongement de cette synoviale dans l’articulation radio-cubitale supérieure, formant un cul-de-sac circulaire au-dessous du ligament annulaire.

B. — Articulation rauio-cubitale inférieure

L’articulation radio-cubitale inférieure est encore une trochoïde, mais une trochoïde moins parfaite que la supérieure.

ARTICULATIONS RADIO-CUBITALES

1° Surfaces articulaires. — Gomme surfaces articulaires, nous avons (fig. 518) :

a) Du côté du radius, la cavité sigmoïde de cet os, creusée sur le côté interne de son extrémité inférieure. Concave dans le sens antéro-postérieur, à peu près plane dans le sens vertical, cette facette représente un cylindre creux, dont la concavité 'regarde en dedans et un peu en haut. Sa longueur mesure en moyenne 16 à 18 millimètres, sa hauteur 6 ou 7 millimètres. Elle est, à l’état frais, revêtue de cartilage dans toute son étendue.

P) Du côté du cubitus, deux facettes occupant la tête de cet os, l’une supéroexterne, l’autre inférieure. — La facette supéro-externe est située sur le pourtour de la tête, dont elle occupe les deux tiers externes. Convexe d’avant en arrière, à peu près plane dans le sens vertical, hahituellement plus haute à sa partie moyenne qu’à ses deux extrémités, elle a la forme d’un segment de cylindre plein. Au point de vue de son orientation, elle regarde en dehors et un peu en has. — La facette inférieure occupe, comme son nom l’indique, la partie inférieure de la tête du cubitus. Disposée horizontalement, plane ou légèrement convexe, elle regarde directement en bas, du côté de la main.

Ces deux facettes cubitales sont séparées l’une de l’autre par une crête arrondie et mousse souvent peu accusée. Du reste, elles sont recouvertes toutes les deux par une seule et même couche de cartilage, dont l’épaisseur mesure en moyenne un millimètre et demi.

La facette supéro-externe du cubitus, segment de cylindre plein, répond à la cavité sigmoïde du radius, segment de cylindre creux. Les deux facettes se correspondent donc exactement, avec cette restriction cependant, que la facette cubitale, plus étendue dans le sens antéro-postérieur que la facette radiale, déborde celle-ci à sa partie antérieure et à sa partie postérieure. Nous ferons remarquer, en passant, l’analogie qui existe entre les deux articulations radio-cubitales supérieure et inférieure : dans l’une comme dans l’autre, nous rencontrons une tête roulant latéralement dans une cavité dite sigmoïde. Mais nous ferons remarquer aussi que tandis que dans l’articulation radiocubitale supérieure, la tête est fournie par le radius et la cavité sigmoïde du cubitus, dans l’articulation radio-cubitale inférieure la tête appartient au cubitus et la cavité sigmoïde au radius. La disposition, on le voit, est exactement inverse. .

Quant à la face articulaire inférieure du cubitus, elle regarde les os du carpe, mais elle n’est nullement en contact avec eux. Elle en est séparée (fig. 518) par une lame fibro-cartilagineuse, qui se moule exactement sur elle, et qui, de ce fait, acquiert la valeur d’une surface articulaire. Nous la décrirons immédiatement.

2° Fibro-cartilage interosseux ou ligament triangulaire. — Le fibro-cartilage interosseux, plus connu sous le nom de ligament triangulaire , s’étale horizontalement entre la tête du cubitus et la première rangée du carpe. Il revêt, comme son nom l’indique, la forme d’un triangle (fig. 5'23, 2 et 518, 1 et 2). — Sa hase, dirigée

Coupe frontale de l’articulation radio-cubitale inférieure (côté droit, segment postérieur de la coupe).

A, cubitus. — B, radius. — C, semi-lunaire. — D, pyramidal. — E, scaphoïde. —1,2, fibro-cartilage interosseux. — 3, articulation l’adio-cubitale inférieure. — 4, articulation radio-carpienne, avec 5, portion de la cavité articulaire qui répond au ligament latéral interne du poignet. — 6, cul-de-sac supérieur de la synoviale de l’articulation radio-cubitale inférieure.

ARTHROLOGIE

en dehors, s’aUache sur le rebord inférieur de la cavité sigmoïde du radius. Son

807iimet, dirigé en dedans, se fixe dans la rainure qui sépare la tête du cubitus de son apophyse styloïde. — Sa face supérieure, plane ou légèrement excavée, se moule exactement, comme nous l’avons dit plus haut, sur la tête du cubitus, mais sans lui adhérer. — Sa face inférieure, concave, se moule de même, par sa partieexterne sur le semi-lunaire, par sa partie interne sur le pyramidal. — Quant à ses deux bords, bord antérieur et bord postérieur, ils se confondent avec les capsules fibreuses des deux articulations radio-cubitale inférieure et radio-carpienne.

Réuni aux segments squelettiques .ci-dessus décrits, le ligament triangulaire modifie considérablement, on le conçoit, notre articulation radio-cubitale inférieure. Agrandie et complétée par lui, la cavité sigmoïde du radius revêt maintenant (fig. 5! 3) l’aspect d’un angle dièdre rentrant, dans lequel s’engage, à la manière d’un coin à sommet mousse, Vangle dièdre saillant formé par les deux facettes cubitales.

Le ligament triangulaire est plus mince à sa partie moyenne qu’au niveau de ses bords, plus mince aussi dans la région de la base que dans la région du sommet, comme nous le montrent nettement les coupes frontales de l’articulation. Son épaisseur, qui, au niveau de la base, est de 1 ou 2 millimètres, atteint au niveau du sommet 4 ou 5 millimètres. Histologiquement, le ligament triangulaire se compose essentiellement de faisceaux fibreux, qui se disposent en grande partie dans le sens transversal et auxquels viennent se joindre, dans des proportions fort variables, des éléments du tissu cartilagineux.

La signification morphologique du ligament triangulaire n'est pas encore nettement élucidée.

Chez les jeunes embryons, on rencontre sur son côté intérieur ou distal un élément squelettique qui, en raison de sa situation entre le cubitus, le radius et les os de la prendère rangée du carpe, a reçu le nom d’os intermédiaire de l' avant-bras. {Os intermediam antebrachiï) .

Tiiilénius (in Mopholoq. Arbeiten, vol. V, 18!).5j. qui a étudié cette formation sur 126 mains d’embryons humains du deuxième au quatrième mois, l’a rencontrée, chez les embryons de deux mois, dans une proportion de 65 p. 100 ; il revêt alors la forme d’un nodule cartilagineux indépcmdant et nettement circonscrit, situé à la limite de l’ébauche du ménisf[ue et de la future fente articulaire. Chez l’embryon de trois mois (fig. 519, 6), on ne le rencontre plus que dans une proportion de 50 p. 100 ; chez l’embryon de quatre mois, dans le tiers des cas seulement (30 p. 100). Chez l’adulte, il n’existe plus qu’à l'état d’anomalie et cotte anomalie doit être même fort rare, car nous n’en connaissons jusqu’ici qu’un seul cas, celui de Pfitznkr (in Morpholog. Arbeiten, IV. 1894). L’os intermédiaire de l’avant-bras subit donc une régression au fur et à mcsuin que l'embryon se développe et finit même par disparaître, sans que l’on sache s’il disparaît sans laisser de trace, s’il est englobé dans le ménisque, ou s’il s'incorpore peu à peu au radius ou à fapopbyse styloïde du cubitus.

Morphologiquement, il doit être considéré comme un élément squelctti((ue aujourd'hui disparu et phylogénétiquement fort ancien. Thilénius signale encore sa présence chez les Marsupiaux (Pbascolomys) et chez quelques anthropoïdes, notamment chez l’IIylohates et chez l’innuus.

3® Moyens d’union. — Le ligament triangulaire, en s’insérant par l’une de ses extrémités au radius et par l’autre au cubitus, contribue puissamment à unir l’une à l’autre ces deux pièces squelettiques. U joint ainsi, au rôle que nous lui avons

Los inlcrniédiaire de l'avant-bi-as clie/ un embryon de la première moi lié du troisième mois (d’après Tmi.é- Nn;s).

1. radius. — 2. cubitus, avec 2’, son apophyse styloïde. — •L scaphoïde. — 4, seiiii-lunaire. — .ü. pyramidal. 0, os intermédiaire de ravaiit-bras. — 7. ébauche du ligament triangulaire. — 8, 8’, futures cavités articulaires.

ARTICULATIONS KADIO-G UBITA L ES

attribué plus haut de compléter la cavité de réception de la tôle cubitale, celui, non moins important, de maintenir en présence les deux surfaces articulaires ; c’esLle ligament interosseicx de la plupart des auteurs classiques.

Outre ce ligament interosseux, Earticulation radio-cubitale inférieure nous présente une capsule fibreuse, qui s’insère : en dehors, sur le rebord supérieur de

la cavité sigmoïde du radius ; 2° en dedans, sur le rebord supérieur de la facette articulaire de la tête du cubitus: 3° en avant et en arrière, sur les bords antérieur et postérieur du ligament triangulaire, où elle se confond avec la capsule fibreuse de l’articulation radio-carpienne.

Cette capsule fibreuse radio-cubitale inférieure, lâche à sa partie supérieure, est renforcée, en avant et en arrière, par deux ligaments, qui vont l’un et l’autre du radius au cubitus et qu’on appelle, pour cette raison, ligaments radio-cubitaux. On les distingue en antérieur et postérieur. — Le ligament radio-cubital antérieur, assez mal différencié, est représenté (fig. 522,10), par quelques faisceaux transversaux ou obliques, irrégulièrement disséminés à la face antérieure de la capsule, qui s’insèrent, d’une part sur l’extrémité antérieure de la cavité sigmoïde du radius, d’autre part sur la partie correspondante de la tête du cubitus. — Le ligament radio-cubital postérieur (fig. 525, 4), analogue au précédent, s’étend transversalement de l’extrémité postérieure de la facette articulaire du radius h la partie postérieure de la tête du cubitus et de son apophyse styloïde.

4® Synoviale. — La synoviale de l’articulation radio-cubitale inférieure est commune à la double articulation du radius avec la tête du cubitus et de celle-ci avec le ligament triangulaire. Elle est remarquable par son ampleur et sa laxité, condition anatomique essentiellement en rapport avec réteiidne des mouvements qu’accomplit le radius autour de la tête cubitale. Elle déborde constamment, en haut, le niveau des surfaces articulaires et envoie ainsi vers l’extrémité inférieure de l’espace interosseux de l’avant-bras, entre le radius et le cubitus, un prolongement en cul-de-sac, de 5 ou 6 millimètres de hauteur (fig. 518, 6).

La synoviale radio-cubitale inférieure communique parfois (40 fois sur 100 environ) avec la synoviale du poignet par un orifice en forme de fente, qui se trouve creusé à la base du ligament triangulaire. Nous reviendrons sur cette communication dans le paragraphe suivant, à propos de l’articulation du poignet (voy. p. 552).

5° Rapports. — Les rapports de rarticulation radio-cubitale inférieure se confondent avec ceux de l’articulation du poignet. Nous les étudierons avec cette dernière articulation. Nous nous contenterons de rappeler ici que l’articulation radiocubitale inférieure répond : 1® en avant, au carré pronateur et, immédiatement au-dessus de ce muscle, au tendon du cubital antérieur, au nerf cubital, à l’artère cubitale (flanquée de ses deux veines) et, enfin, aux tendons internes des fléchisseurs des doigts; 2° en arrière, aux tendons du cubital postérieur et de l’extenseur propre du petit doigt, recouverts à ce niveau par le ligament annulaire postérieur du carpe ; plus superficiellement, à la branche cutanée dorsale du nerf cubital.

6° Artères et nerfs. — Les artères de l’articulation radio-cubitale inférieure sont fournies : 1® en arrière, par l’interosseuse postérieure; 2'' en avant, par l’interosseuse antérieure et par cette arcade artérielle qui longe le bord inférieur du carré pronateur et qui résulte de l’anastomose à plein canal des deux artères transversales du carpe, dont l’une provient de la cubitale, l’autre de la radiale. — Les nerfs

ARTHROLOGIE

émanent de deux sources : 1'’ du nerf interosseux, branche du médian ; 2° de la branche postérieure du nerf radial.

Mouvements des articulations radio-cubitales : pronation et supination. — Les articulations radio-cubitales, comme toutes les trochoïdcs, ne présentent qu’une seule espèce de mouvements, la rotation. Ce mouvement, suivant le sens dans lequel la rotation s’exécute, prend les noms de pro7iatio7i ou de supmatioTi.

Lorsque le membre supérieur est pendant le long du corps, dans sa position de repos, la face palmaire de la main regarde en dedans, le pouce en avant. On désigne sous le nom p7^onatioii le mouvement par lequel, l’iiumérus restant immobile, la face palmaire de la main est portée en arrière. Par contre, on appelle supmatïo7x le mouvement inverse, qui a pour résultat de porter en avant la face palmaire de la main. Le pouce est dirigé en dedans dans la pronation ; il est dirigé en dehors dans la supination.

La pronation et la supination résultent l’une et l’autre d'un mouvement de rotation accompli par le radius autour du cubitus, la main accompagnant naturellement le radius dans ses déplacements. Ce mouvement s’exécute à la fois dans les deux articulations que nous venons de décrire et doit être examiné, séparément, au point de vue de son mécanisme, dans l'articulation radio-cubitale supérieure et dans l’articulation radio-cubitale inférieure. — Dütis Ua7‘liculatio7i /^adio-cubitale supé7'ieu7'e, l'extrémité supérieure du radius, pour entrer en pronation, se meut autour d’un axe vertical qui passerait par le centre de sa cupule. Elle tourne donc sur place, la bordure radiale glissant d’avant en arrière sur la petite cavité sigmoïde du cubitus, la cupule glissant sur le comiyle dans le même sens. Dans le mouvement de supination, le glissement se fait en sens inverse ; mais l’axe de rotation est le même. — Daxis I a7'ticulatio7i 7'adio-cubitaie infé7^\eu7^e, l’extrémité inférieure du radius, pour accomplir le mouvement de pronation, tourne encore autour d’un axe vertical. Mais cet axe, au lieu de passer comme tout à l'heure par le radius lui-mème, passe au contraire par la tête du cubitus. Il n’y a donc plus une simple l'oiaLion su7' place, mais une véritable t7Hinslatio7i, translation en vertu de laquelle l’extrémité inférieure du radius, qui est située .primitivement en dehors de la tête du cubitus, vient occui)er successivement le côté antérieur et le côté interne de cette tête. 11 en résulte que, lorsque le mouvement de pronation est etfectué, le radius croise le cubitus en X, mais toutefois, sans entrer en contact avec lui, comme nous le verrons tout à l’heure. La supination s’opère suivant le même mécanisme, mais la translation s’etfectue naturellement en sens inverse.

De la pronation à la supination, le déplacement de l’extrémité iniérieure du radius est à peu près de deux angles droits, soit 180“.

Quel est, dans ce double mouvement de rotation du radius, le rôle du cubitus? Reste-t-il immobile ou bien exécute-t-il, lui aussi, quelques mouvements ? Voilà une question qui a soulevé bien des controverses et qui, pour certains anatomistes peut-être, n’est pas encore complètement résolue. Tandis que tous nos traités classiques enseignaient que le cubitus reste absolument immobile, U. Lecomte, en 1874, a cru devoir conclure, à la suite de quelques recherches expérimentales, que la rotation de l’avant-bras et de la main s’accomplit par le mouvement simultané, harmonique et similaire, au niveau du poignet, des deux os antibrachiaux, le cubitus et le radius.

En fait, l’observation nous démontre que dans les conditions physiologiques ordinaires, le cubitus se meut en même temps que le radius, toutes les fois que la main exécute des mouvements de pronation ou de supination ; ce déplacement se voit et se sent, il est indéniable. D’autre part, lorsqu’on opère sur le cadavre et qu’on a eu le soin de fixer entièrement l’humérus, le déplacement du cubitus n’existe plus : cet os reste immobile ou à peu près immobile, que le radius passe de l’état de pronation à l’état de supination ou vice versa. 11 est naturel d’en conclure que, dans la première expérience, c’est-à-dire lorsque les mouvements de rotation de la main s’accomplissent dans les conditions physiologiques, les mouvements exécutés par le cubitus, au lieu de se passer au niveau du coude et de lui appartenir en propre, se passent réellement dans l’articulation de l’épaule et lui sont communiqués par l’humérus ; autrement dit, le cubitus ne se déplace que pax'ce qu'il est entx'aîné pu7' I’hu7né7nis avec lequel il est éh^oitemeTit lié. Une pareille conclusion est en parfait accord avec la configuration anatomique de l’articulation huméro-cubitale, qui est disposée en poulie et qui, comme telle, ne permet pour ainsi dire au cubitus que des mouvements de flexion et d’extension.

Fig. 520.

Mécanisme des mouvements de pronalion et de supination.

XX’, axe des mouvements de pronation et de supination. — S. position du pouce et du rallias en supination. — P. position du pouce et du radius en pronation.

ARTICULATIONS RADIO-CUBITALES

Dès 1882, le professeur Einthowen (de Leyde), dans un mémoire qui est trop oublié, avait parfaitement mis en lumière cette participation de l’humérus au double mouvement de pronation et de supination. Plus récemment (1889), Dumur nous en a donné la démonstration graphique. Après avoir désarticulé le poignet, il place trois crayons inscripteurs : le premier sur l’extrémité inférieure du radius, le second sur la petite tète du cubitus, le troisième sur la tète humérale. Puis, devant les crayons, il dispose des feuilles de carton, pour que ces derniers puissent inscrire les divers déplacements qu’elfectueront les pièces osseuses sur lesquelles ils sont fixés. Tout étant ainsi disposé, il porte l’avant-bras dans la pronation et il constate, tout d’abord, que le radius entre seul en mouvement pour décrire environ un quart d’ellipse. Le cubitus se meut ensuite ; mais, au même instant, le crayon inscripteur qui est implanté dans la tète de l’humérus entre en mouvement et s’arrête en même temps que s’arrête celui qui est fixé sur le cubitus. Le déplacement de l’humérus et le déplacement du cubitus sont donc synchrones et l'identité des tracés nous démontre nettement que le second n’est que la conséquence du premier.

Nous devons donc conclure que, dans les conditions physiologiques, les mouvements de rotation de l’avant-bras et de la main {pronation et supination) s’effectuent à la fois : lo Dans les deux articulations radio-cubitale supérieure et radio-cubitale inférieure, l’extrémité

Fig. 521-A. — Coupe IransTCi’sale passant par la partie Fig. 521-B. — Coupe transversale passant par la partie

moyenne de l’avant-bras droit en supination (sujet con- moyenne de l’avant-bras droit en pronation (sujet congelé, segment supérieur de la coupe). gelé, segment supérieur de la coupe).

A, cubitus. — B. radius. — C, ligament interosseux.

1, grand palmaire. — 2, petit palmaire. — 3, cubital antérieur. — 4, fléchisseur commun superficiel des doigts. — 3, fléchisseur commun profond. — ■ 6, fléchisseur propre du pouce. — 7, long supinateur — 8, 8’, premier et deuxième radial externe. — 9, extenseur commun des doigts. — 10, extenseur propre du petit doigt. — 11, cubital postérieur. — 12, 12’, muscles de la couche profonde de la région postérieure.

a, nerf médian. — 6, paquet vasculo-nerveux radial. — c, paquet vasculo-nerveux radial. — d, vaisseaux interosseux antérieurs. — e, veine radiale. — f, veine cubitale. — p, veine médiane.

inférieure du radius exécutant des mouvements de rotation et de translation autour de la têle du cubitus ;

2° Dans l’articulation scapulo-humérale, l’humérus tournant autour de son axe et entraînant avec lui le cubitus, qui lui est intimement lié au niveau du coude.

Est-ce à dire que le cubitus, dans les mouvements de pronation et de supination, n’exécute aucun mouvement qui lui appartienne en propre. Nous n’hésitons pas à répondre par la négative. Les expériences déjà anciennes de Düchenne (de Boulogne), celles plus récentes de Dwight, d’IlEiBERG, de Gai.lois et Vion-Delphin démontrent que le cubitus, dans le passage de la supination à la pronation, exécute successivement les trois mouvements suivants : 1° tout d'abord, un mouvement d’extension ; 2° puis, un petit mouvement d’inclinaison latérale de dedans en dehors ; 3<> enfin, un mouvement de flexion. De même, dans le passade de la pronation à la supination, le cubitus effectue un déplacement qui résulte de la succession, mais en sens inverse, des trois mouvements précédents. Mais il convient d’ajouter que ces divers mouvements sont toujours peu étendus et cela s’explique nettement par la disposition particulièrement serrée que présentent les surfaces articulaires dans la trochléarthrose huméro-cubitale.

Le mode de limitation des deux mouvements de pronation et de supination ne me paraît pas encore nettement élucidé.

Quand, sur le cadavre, on enlève les muscles fléchisseurs et qu’on fait exécuter alors des mouvements de supination, on voit, lorsque ces mouvements sont exagérés, le cubitus et le radius entrer en contact par leurs bords correspondants et, cela, un peu au-dessus de leur partie

ARÏHROLOGIE

moyenne et sur une étendue de 2 ou 3 centimètres. A ce niveau-là, l’espace interosseux n’existe plus que virtuellement; mais il persiste nettement plus haut et plus bas, je veux dire au-dessus et au-dessous du point où se fait le contact entre les deux os.

Mais ceci se passe-t-il de même sur le vivant, quand tous les muscles fléchisseurs sont en place? Et, en supposant que oui, ce contact partiel du radius et du cubitus est-il la cause exclusive, la cause importante même de ce fait que le radius ne peut aller plus loin dans son mouvement de rotation en dehors? Je ne le pense pas. En tout cas, il convient de faire intervenir d’autres causes, notamment : 1“ la tension du faisceau antérieur du ligament de Denucé qui, dans la supination, s'enroule autour du col du radius ; 2» l’action du ligament antérieur de l’articulation radiocubitale inférieure et des faisceaux cubito-carpiens antérieurs qui, eux aussi, sont tendus dans la supination ; 3° la rencontre de l’apophyse styloïde du cubitus par le rebord postérieur de la cavité sigmoïde du radius ; le radius, dans la supination exagérée, butte contre elle et est forcé de s’arrêter.

En ce qui concerne la pronation, Tillaux écrit dans son traité que lorsqu’elle est complète, les deux os de l’avant-bras « se touchent » et que, de ce fait, « l’espace interosseux a disparu ». Nul doute alors que le mouvement en question soit justement arrêté par ce contact immédiat de la face antérieure du radius (devenue postérieure) avec la face antérieure du cubitus. Une pareille opinion n’est pas soutenable, basée qu’elle est sur un tait inexact. L’examen sur le cadavre et aussi l’examen sur le vivant à l’aide da la radiographie nous apprennent, en effet, que. à aucun moment de la pronation, môme dans la pronation forcée, le radius n’arrive au contact du cubitus. L’étude des coupes de sujets congelés, à son tour, dépose dans le même sens. Je reproduis ci-dessus (fig. 521) deux coupes transversales passant par la partie moyenne de l’avant-bras : la première (A), l’avant-bras étant en supination ; la seconde (B), l’avant-bras étant en pronation forcée. Or, nous voyons nettement, sur cette seconde coupe, que l’espace interosseux persiste et que la membrane interosseuse est presque tout aussi tendue que sur la coupe précédente, en d’autres termes que les deux os, dans la pronation forcée, sont encore séparés l’un de l’autre par un intervalle à peu près égal à celui qui les sépare dans la supination. Gallois estime que c’est le ligament de Denuce' qui limite la pronation. Tout en admettant l’action de ce ligament, j’estime qu’il faut encore faire entrer en ligne de compte les masses musculaires qui entourent le radius et que celui-ci, comme nous le montre clairement la figure 521 (B), entraîne avec lui dans son déplacement : nul doute que ces muscles, fortement tiraillés et distendus, gênent elles aussi le mouvement et, quand leur élasticité est épuisée, l’arrêtent complètement.

Muscles moteurs. — Les muscles moteurs du radius dans les mouvements de rotation que cet os exécute autour du cubitus se distinguent naturellement en deux groupes : groupe des muscles pronateurs et groupe des muscles supinateurs.

Pronateurs : principalement, les deux muscles rond pronateur et carré pronateur; accessoirement, le premier radial externe, le grand palmaire.

2° Supinateurs : le court supinateur et le biceps brachial.

Voyez, au sujet de l’articulation du coude et principalement au sujet des mouvements de pronation et de supination : Lecomte, Arch. génér. de médecine, 1874 et 1877; — Koster, Die Bewegunrj der Ulna bei Pronation und Supination der lland, Nederl. Fydschr. voor geneesk, 1882 ; — Einthowen, Quelques remarques sur le mécanisme de Vartic. du coude, Arch. néerland., t. VIII ; — Braune u. Fluüel, Ueber Pronation und Supination des mens chl. Vorderarmes u. der Hand, Arch. fur Anat. u. Physiol., 1882 ; — Flesgh, Zur Pronation und Supination der Hand, Arch. f. Anat. u. Physiol., 1885; — Meyer, Ueber die Drekung des Unterarmes, Deutsch. Zeitschr. f. Chirurgie, Bd. XX ; — Heiberg, The movemenls of the ulna in rotation of the forearm, Journ. of Anat. and Physiol., 1885 ; — Dwight, The movemenls of the ulna in rotation of the forearm, Journ. of Anat. and Physiol.. 1885 1 — Gathcart, On the movements of the ulna in pronation and supination, Journ. of Anat. and Physiol., 1885; — Du.mur, Rech. expérim. sur le mécanisme des articulations radio-cubitales, Th. Bordeaux, 1889 ; — Cleland, Pronation und Supination, Memoirs and Memoranda in Anatomy, 1889 ; — Braune u. Fischer, Die Ro tations-M omenle der Beugemuskeln am Ellenbogengelenke des Menschen, Abhandl. d. math-phys. Klasse d. K. Sachs. Gesellsch. d. Wiss., 1889 ; — Alezais, L’artic. du coude et la prono-supinalion de T avant-bras, C. R., Soc. de Biol, 1900; — Gemmil, On the movement of the lower and in pronation and supination, Journ. of Anat. and Physiol., vol. XV. 1900 ; — Fick, Ergebn. einer üntersuchung der Handbewegungen mit X-Strahlen, Anat. Anz., 1901; — Grégoire, Sur les articulations du squelette antibrachial, Journ. de i’Anat. 1907; — Vion-Delphin, Contrib.à Pétai des mouvements de pronalion et de supination, Th. Lyon, 1908.

G.— Ligament interosseux ue l’avant-bras

Articulés en haut et en bas, le cubitus et le radius sont séparés à leur partie moyenne par un large espace de forme ovalaire, appelé espace interosseux.

ARTICULATIONS RADIO-CUBITALES

A l’état frais, cet espace se trouve comblé par une membrane fibreuse, à laquelle on donne indistinctement le nom de membrane interosseuse de V avant-bras ou de ligament interosseux de V avant-bras.

1° Disposition générale. — Le ligament interosseux de l’avant-bras s’insère, en dedans, sur le bord externe du cubitus. En dehors, il se fixe sur le bord interne du radius, en empiétant sur sa face antérieure. En bas, le ligament descend jusqu’à l’articulation radio-cubitale inférieure. En haut, il s’arrête à 2 ou 3 centimètres au-dessous de la tubérosité bicipitale : il se termine là par un bord concave, falciforme, au-dessus duquel passe l’artère interosseuse postérieure.

Par sa face antérieure et par sa face postérieure, la membrane interosseuse donne insertion à un certain nombre de muscles que nous étudierons plus tard en myologie.

Çà et là, elle nous présente des orifices arrondis ou elliptiques : ce sont des trous vasculaires, destinés à livrer passage à des artères, qui passent du plan antérieur sur le plan postérieur.

2° Structure. — Envisagée au point de vue de sa constitution anatomique, la membrane interosseuse radio-cubitale est bien différente suivant qu’on la considère dans ses trois quarts supérieurs ou dans son quart inférieur ;

a) Dans ses trois quarts supérieurs, la membrane interosseuse, très épaisse et très résistante, est essentiellement constituée par des rubans fibreux, d’aspect nacré, qui se dirigent obliquement de haut en bas et de dehors en dedans (fig. 522), du radius vers le cubitus par conséquent. — Leur insertion radiale se fait sur le bord interne du radius ainsi que sur sa face antérieure : il n’est pas rare de voir un certain nombre de faisceaux, surtout parmi les supérieurs, qui remontent jusqu’au bord antérieur de l’os. — Leur insertion cubitale se fait en grande partie sur le bord externe du cubitus. Mais, ici encore, on voit quelques faisceaux dépasser ce bord externe pour venir se terminer sur la face postérieure de l’os.

P) Dans son quart inférieur, la membrane interosseuse radio-cubitale est beaucoup plus mince. Les faisceaux obliques descendants, qui constituent l’élément essentiel de la membrane à sa partie supérieure, ont disparu d’une façon à peu près complète.

Ils sont remplacés par des faisceaux transversaux et surtout par des faisceaux obliques à direction contraire, c’est-à-dire remontant du radius vers le cubitus.

Fig. o22.

Le ligament antérieur de l'avantbras, vu par sa face antérieur.

1, cubitus, avec : 2, sa grande cavité sigmoïde; 3, son apophyse styloïde. — 4, radius, avec : 5, sa tête ; C, son apophyse styloïde. — 7, ligament interosseux, avec ses différentes fibres. — 8, ligament de Weibreclit. — 9, capsule fibreuse de l’articulation radio-cubitale supérieure. — 10, ligament antérieur de l’articulation radio-cubitale inlérieure. — 11, ligament triangulaire. — 12, artère interosseuse et ses deux branches de bifurcation. — 13, 13, artères perforantes.

ARTHROLOGIE

Ces faisceaux obliques ascendants sont très variables suivant les sujets ; mais il est à remar,quer qu’ils sont plus visibles sur la face postérieure de la membrane que sur sa face antérieure. J’ai toujours rencontré, à la partie inférieure de l’espace interosseux, un faisceau volumineux, presque vertical (fig. 522), qui, de la partie postéro-interne du radius, s’élève vers le bord externe du cubitus et s’y insère, sur le point où se termine le dernier des faisceaux obliques descendants cidessus décrits. Là, les deux faisceaux s’entrecroisent plus ou moins, le faisceau ascendant passant au-devant du faisceau descendant.

J’ai rencontré également d’une façon à peu près constante, à la face postérieure de la membrane interosseuse et dans son tiers supérieur, un faisceau très développé et très résistant, qui se rendait du cubitus au radius en suivant une direction oblique en bas et en dehors, parallèle par conséquent à celle du ligament de Weitbrenht (voy. plus bas).

Morphologiquement, la membrane interosseuse radio-cubitale, devrait, d'après Gegenbau», être considérée comme la « réminiscence de la juxtaposition primitive des deux os de l’avant-bras, telle qu’elle existe chez les vertébrés intérieurs ; ce serait une masse fibreuse transformée en une membrane par suite de récartement progressif des deux os ».

Sans rejeter entièrement une pareille interprétation, il convient de rappeler que, chez Fbomme tout au moins, la membrane radio-cubitale n’apparaît qu’à la fin du Iroisième mois de la vie fœtale, alors que le cubitus et le radius sont, depuis quelque temps déjà nettement forjnés et non moins nettement séparés (Gallois et Cade). Alors, comme plus tard, elle se présente à l'observateur comme une simple membrane de séparation intermusculaire, jetée entre les muscles llecbisseurs, qui sont en avant, et les extenseurs, qui sont en arrière.

D’abord très mince, elle s’épaissit graduellement pour revêtir peu à peu la densité et la résistance qui la caractérisent chez l'adulte. Cet épaississement résulte sans doute de son développement propre. Mais il résulte aussi de l'adjonction à sa trame primitive d un certain nombre d'autres faisceaux fibreux, qui résultent eux-mêmes (Rouvièke et Guanel) de la transformation conjonctive ou tendineuse des faisceaux musculaires appartenant aux muscles voisins.

3" Ligament de Weitbrecht. — Un peu au-dessus du ligament interosseux se voit une bandelette fibreuse, plus ou moins différenciée, quelquefois double : c’est la corde ligamenteuse de Weitbrecht (Chorda transversa des anatomistes allemands).

Cette bandelette fibreuse s’insère, en haut, à la base de l’apophyse coronoi'de, qui présente à cet effet des rugosités ou même une petite saillie, le tubercule souscoronoïdien. De là, elle se porte obliquement en bas et en dehors, croise la tubérosité bicipitale et vient s’attacher sur la face anterieure du radius un peu au-dessous de cette tubérosité.

Le ligament cubito-radial de Weitbuecht est à peu près constant, mais il est très variable dans sa forme et ses dimensions. Il nous apparaît le plus souvent sous l’aspect d’un ruban mince et faible, sans action aucune sur le jeu de l’articulation radio-cubitale supérieure : c’est certainement à tort que Weitbrecht et, après lui, quelques anatomistes lui ont attribué pour fonction de limiter les mouvements de supination ; je n’ai jamais vu, même dans les mouvements de supination exagérés, la corde de Weitbrecht suffisamment tendue pour arrêter le mouvement.

Comme l’a déjà démontré depuis longtemps Cuiarcgi (1887), il n’est qu’un reliquat fibreux d’un faisceau musculaire dépendant du fléchisseur propre du pouce, interprétation à laquelle ont été conduits dans leurs recherches toutes récentes, Fawcett (1895), Forster (1905), Ruüvieue et Guanel (1909). Sur lui s’insèrent encore, dans la plupart des cas, quelques faisceaux charnus qui se rendent au fléchisseur propre du pouce.

Au sujet du ligauiont interosseux de l’avant-bras et de la corde de Weitbkkcht, voy. Chia- BLGi, Di alcune disposizioni relative di musc, flessori delVantibraccio e del prob. signif. morf'ol.

ARTICULATION DU POIGNET

délia corda di Weübrechl, Boll. Soc. Sc. iiied. Siena, 1887; — Fawcett, The morphol. of tlie oblique radio-ulnar ligament, Journ. of Anat. u. Physiol., 189o; — Fokster, Veber di morphol. Wert d. Chorda obliqua antebrachii anterïor, etc., Zeitschr. f. Morphol. u. Anthrop.. 1905.

§ V. - Articulation du poignet

L’articulation du poignet (allem. Radiocarpalgelenk, angl. Wrist Joint) réunit la main à l’avant-bras. On l’appelle encore articulation radio-carpienne, dénomination qui a l’avantage de rappeler nettement que, des deux os de l’avant-bras, le radius est le seul qui prenne part à sa constitution. Le cubitus, en effet, ne descend pas jusqu’au carpe : il en est séparé, comme nous l’avons vu dans le paragraphe précédent, par le ligament triangulaire. L’articulation du poignet appartient à la classe des diarthroses, genre condylienne.

1° Surfaces articulaires. — Des deux surfaces articulaires. Tune, antibrachiale, répond à l’extrémité inférieure de l’avant-bras; l’autre, carpienne, à l’extrémité supérieure de la main :

a) Du côté de V avant-bras (fig. 523), nous avons une surface concave, une sorte de cavité glénoïde {glène antibrachiale), de forme ellipsoïde, dont le grand axe, dirigé transversalement, s’étend d’une apophyse styloïde à l’autre et dont le petit axe mesure exactement toute la distance qui sépare la face antérieure du i^adius de sa face postérieure. Cette cavité est formée :

1° en dehors, par la face carpienne de l’extrémité inférieure du radius, encroûtée de cartilage; 2° en dedans, par la face inférieure du ligament triangulaire, que nous avons déjà décrit à propos de l’articulation radio-cubitale inférieure et sur lequel nous n’avons pas à revenir (voy. p. 541).

La surface articulaire du radius est elle-même divisée par une crête mousse antéro-postérieure en deux parties :

une f<^cette externe (a), triangulaire, dont le sommet arrondi s’étale sur la partie interne de l’apophyse styloïde ; une facette interne (b), de forme quadrilatère, qui confine au ligament triangulaire.

Ainsi constituée, la glène antibrachiale descend un peu plus bas à sa partie postérieure qu’à sa partie antérieure et, de ce fait, regarde obliquement de haut en bas et un peu d’arrière en avant. Son diamètre antéro-postérieur mesure 1 centimètre et demi à 2 centimètres. Son diamètre transversal atteint 4 ou 5 centimètres, dont les trois quarts appartiennent à la surface radiale, un quart seulement au ligament triangulaire.

P) Du côté de la main, nous rencontrons les trois premiers os de la première

Fij^. 523.

L’articulalion radio-carpienne du côté droit, ouverte à sa partie antérieure, pour montrer ses deux surfaces articulaires, chacune avec sa collerette ligamenteuse.

1, radius, avec a et h. ses deux facettes externe et inlerue. — 2, ligament triangulaire. — 3, scaphoïde. — 4, semilunaire. — 5, pyramidal. — G, capsule articulaire, avec G', ligament postérieur. — 7, repli synovial antérieur, coupé en travers. — 8, repli synovial postérieur. — 9, orifice conduisant dans le cul-de-sac pré-sljloïdien. — 10, orifice faisant communiquer la synoviale du poignet avec celle de l’articulation pisi-pyramidale. — il, fente faisant communiquer la synoviale du poignet avec celle de l’articulation radiocubitale inférieure.

ARTHROLOGIE

rangée du carpe, le scaphoïde, le semi-lunaire et le pyramidal, nous présentant chacun, a sa partie supérieure ou proximale, une facette articulaire convexe et encroûtée de cartilage.

Ces trois os, solidement unis entre eux par des ligaments, forment par leur ensemble une sorte de condyle, allongé transversalement (fig. 5^3), qui se moule exactement sur la glène antibrachiale : le scaphoïde répond (voy. fig. 526) à la facette externe de la surface radiale; le semi-lunaire entre en contact à la fois avec la facette interne de la surface radiale et avec la partie avoisinante du ligament triangulaire ; le pyramidal, enfin, dont la facette articulaire ne présente que 6 ou 7 millimètres de largeur et qui par conséquent ne prend qu’une part peu importante à la constitution du condyle, répond à la partie la plus externe du ligament triangulaire.

Nous ajouterons, en ce qui concerne le condyle carpien, qu’il s’étend beaucoup plus loin du côté dorsal que du côté palmaire et, par conséquent, qu’il regarde en haut et un peu en arrière, orientation exactement inverse à celle que présente la glène antibrachiale.

Au sujet de l'os intermédiaire de Vavant-bras, qui se développe sur le côté inférieur du ligament triangulaire et que l’on rencontre, chez l’embryon de deux mois, dans une proportion de 65 p. lût), voyez sa description à la page 542.

2° Moyens d’union. — Les deux surfaces articulaires antibrachiale et carpienne sont maintenues en présence par une capsule fibreuse et un certain nombre de faisceaux de renforcement.

A. C.APSULE FIBREUSE. — La capsule fibreuse, ici comme dans les autres diarthroses, affecte la forme d’un manchon, lequel s’insère : 1° en haut, sur le pourtour de la surface articulaire du radius et sur les bords du ligament triangulaire ; 2° en bas, sur le pourtour de la surface articulaire du condyle carpien.

B. Faisceaux de renforcement. — Cette capsule est renforcée extérieurement par

des faisceaux ligamenteux, de longueur et de direction diverses, mais toujours très résistants. Bien que ces faisceaux de renforcement forment ici, comme à l’épaule et au coude, un tout à peu près continu, nous les étudierons séparément sur les deux faces et sur les deux bords de l’articulation et décrirons, comme le font du reste la plupart des auteurs, les quatre ligaments suivants : un ligament antérieur

ou palmaire ; 2° un ligament postérieur ou dorsal; 3° un ligament latéral interne ; 4° un ligament latéral externe :

a. Ligament antérieur. — Le ligament antérieur s’étale, comme l’indique son nom, sur la face antérieure ou palmaire de l’articulation. On lui distingue deux faisceaux, l’un externe ou radio-carpien, l’autre interne ou cubito-carpien :

a) Le faisceau radio-carpien (fig. 524, 1), remarquable par son épaisseur et sa résistance, s’insère, en haut, sur le bord antérieur de la facette articulaire du radius et sur la partie antérieure de l’apophyse styloïde de cet os. De là, les fibres qui le constituent se portent obliquement en bas et en dedans et se terminent de la façon suivante : les faisceaux les plus élevés, sur le semi-lunaire et sur le pyramidal ; les autres, ceux qui proviennent de l’apophyse styloïde, sur la face antérieure du grand os. La direction oblique de ces faisceaux, comme l’a remarqué depuis longtemps Morris, est en rapport avec le mouvement de supination : le radius, en passant de l’état de pronation à l’état de supination, tend le faisceau radio-carpien et, grâce à l’obliquité de ce dernier, entraîne avec lui le carpe et la main tout entière.

èj Le faisceau cubito-carpien ffig. 524, 1’), situé en dedans du précédent, prend naissance, en haut, à la partie antérieure de la fossette rugueuse qui sépare la tête

ARTICULATION UU POIGNET

du cubitus de son apophyse styloïde. De là, il se porte obliquement de haut en bas et de dedans en dehors, en s’évasant à la manière d’un éventail. Il revêt ainsi, dans son ensemble, la forme d’un large triangle, couché sur la moitié antéro-interne de l’articulation. Ses faisceaux supérieurs, presque horizontaux, s’attachent au semilunaire. Ses faisceaux inférieurs, plus ou moins obliques, viennent se fixer sur le pyramidal et sur le grand os. Le faisceau cubito-carpien se tend, comme le faisceau radio-carpien, dans les mouvements de supination du radius; mais, comme il s’attache au cubitus (os immobile), il retient la main au lieu de l’entraîner.

b. Ligament postérieur. — Le ligament postérieur (fig. 525, \ et 1’) diffère de l’antérieur en ce qu’il est moins fort et surtout moins étendu :

il ne recouvre, en effet, qu’une faible partie, le tiers environ, de la face postérieure de l’articulation. Il s’insère, en haut, sur le bord postérieur de la facette articulaire du radius, tantôt à toute la longueur de ce bord, tantôt à sa partie moyenne seulement. De là, il se dirige obliquement en bas et en dehors, en suivant la même direction que le faisceau radio-carpien antérieur, et vient se fixer en grande partie sur la face postérieure du pyramidal.

Quelques-unes de ses fibres s’arrêtent ordinairement sur le semi-lunaire; sur le sujet qui a servi pour la préparation représentée dans la figure 525, il existait un faisceau nettement différencié (!’) qui se portait sur la partie supéro-interne du

grand os . Le ligament postérieur est intimement uni avec les gaines

Fig. 524.

Articulation du poignet, vue antérieure (synoviale injectée au suif).

(On n’a conservé sur celte figure que les ligaments propres du poignet; ceux des articulations carpiennes, carpo-métacarpiennes et iiitermétacarpiennes ont été presque tous enlevés (voir pour ces derniers ligaments la figure 534.)

A, radius, avec A’, son apophyse styloïde. — B, cubitus. — C, premièi'e rangée du carpe. — D, deuxième rangée du carpe.

— Mt, M'^, Mm, Miv, Mv, premier, deuxième, troisième, quatrième et cinquième métacarpien.

1, 1’, faisceau radio-carpien et faisceau cubito-carpien du ligament antérieur. — 2, ligament latéral externe. — 3, ligament latéral interne. — 4, ligament antérieur de l'articulation radiocubitale inférieure. — 5, ligament interosseux de l’avant-bras.

— 6, 6, bourgeons synoviaux du poignet. — 7, synoviale de l’articulation radio-cubitale inférieure. — 8, prolongement pré-stylo'idien. — 9, synoviale de l’articulation pisi-pyramidale.

fibreuses des tendons des extenseurs, qui le recouvrent et le renforcent. Il se tend dans les mouvements de pronation et entraîne la main à la suite du radius.

c. Ligament latéral interme. — Le ligament latéral interne (fig. 524 et 525,3) s’attache, en haut, sur le côté interne et sur le sommet de l’apophyse styloïde du cubitus. Puis, il se porte en bas en s’élargissant et ne tarde pas à se diviser en deux faisceaux : un faisceau antérieur, qui s’insère sur le pisiforme ; un faisceau postérieur, qui se fixe sur la face dorsale du pyramidal. Dans certains cas, le ligament latéral interne, au lieu de se détacher du sommet de l’apophyse styloïde, prend ses insertions un peu plus haut, sur le côté interne de sa base : le sommet de l’apophyse, encroûté ou non de cartilage, fait saillie alors dans l’intérieur de l’articula-

ARTHKOLOGIE

tion et, à son niveau, le ligament précité se creuse, sur sa face externe, d’une gouttière longitudinale destinée à le recevoir.

d. Ligament latéral externe. — Le ligament latéral externe (fig. 524 et 525,2), vertical et très court, revêt dans son ensemble la forme d’un triangle ou plutôt d’un demi-cornet à base inféiâeure. Il s’insère, en haut, sur le sommet de l’apophyse styloïde du radius, en bas sur le côté antéro-externe du scaphoïde, immédiatement en dehors de sa facette articulaire . Sa face interne, concave, regarde la cavité articulaire et se trouve tapissée par la synoviale. Sa face externe, convexe, répond au tendon du long abducteur du pouce.

3° Synoviale. — La synoviale du poignet tapisse la capsule articulaire dans toute son étendue. Elle se termine exactement, du côté de l’avant-bras et du côté du carpe, à la limite du revêtement cartilagineux.

En avant, elle nous présente un repli semi- lunaire (hg.

523,7), orienté dans le sens frontal, qui s’avance plus ou moins dans l’intérieur de la cavité articulaire : il répond <à l’extrémité antérienre de l’interligne qui sépare le scaphoïde du demi-lunaire. En arrière, se voit ordinairement un repli analogue (fig. 523,8), mais moins important ; il est situé à l’extrémité postérieure de l’interligne qui sépare le semilunaire du pyramidal.

Lasynoviale radio-carpienne communique parfois Ï40 fois sur 100 environ) avec la synoviale radio-cubitale inférieure, par un orifice qui se trouve situé à la base du ligament triangulaire. Cet orifice varie beaucoup dans sa forme et dans ses dimensions : le plus souvent, il revêt l’aspect d’une fente antéro-postérieure de 6 ou 7 millimètres de longueur (fig. 523, Ll); d’autres fois, c’est un orifice arrondi ou ovalaire, à bords irréguliers et plus ou moins déchiquetés, à travers lequel la tête du cubitus entre en contact immédiat avec le condyle du carpe. Ouelle que soit sa forme, l’orifice de communication entre les deux séreuses précitées est taillé en plein dans la base du ligament triangulaire, je veux dire que sa lèvre externe ou radiale est formée, non pas par le radius, mais par une portion, si minime soit-

Fig. 5:25.

Articulation du poignet, vue postérieure (synoviale injectée au suif).

(Comme pour la ligure précédente, on n’a conservé sur celle-ci (juc les ligaments propres du i)oignel ; ceux des articulations cari)ieiines, carpo-inétacarpienncs et inlermétacarpiennes ont été presifue tous enlevés (voir pour ces derniers ligaments la figure o.3o.)

A, radius, avec A’, son apophyse styloïde. — B, cubitus. — C, première rangée du carpe. — D, deuxième rangée du carpe. — Mi, Mn, Mm, Miv, M'', jiremier, deuxième, troisième, quatrième et cinquième métacarpiens.

1, r, ligament postérieur du poignet. — 2, ligament latéral externe. — 3, ligament latéral interne. — 4, ligament postérieur de rarticulalion radio-cubitale inférieure. — 5, ligament inlerosseux de l'avant-bras. — ü, ligament dorsal de l’articulation médio-carpienne, avec : «, ses faisceaux scapho'idiens ; 6, ses faisceaux trapéziens ; c, ses faisceaux trapézoïdiens. — 7, ligament latéral externe et 7’, ligament latéral interne de l’articulation médio-carpienne. — 8, sjnoviale de l’articulation radiocubitale inférieure. — 9, bourgeon synovial du poignet.

ARTICULATION DU POIGNET

elle, du ligament triangulaire. — Assez fréquemment encore (dans la moitié des cas environ), la synoviale du poignet communique, à sa partie interne, avec la synoviale de l’articulation qui unit le pyramidal au pisiforme (lîg. 523,10). — Ce n’est qu’exceptionnellement qu’elle communique avec les autres synoviales du carpe.

A sa partie antéro externe, la synoviale du poignet forme, en avant du scaphoïde, un petit cul-desac de 4 ou 5 millimètres de profondeur. Un autre prolongement en cul-desac, celui-ci plus important, se détache de sa partie interne et remonte au-devant de l’apophyse styloïde du cubitus dans une étendue de 6 ou 7 millimètres. Ce cul-de-sac préstyloïdien (üg. 524,8) communique ordinairement avec la cavité articulaire par un petit orifice arrondi, de 3 ou 4 millimètres de diamètre, qui est placé un peu au-dessous de celui qui donne accès dans l’articulation pisi-pyramidale.

On voit très nettement ces deux orifices sur une articulation, injectée ou non, ouverte par sa face postérieure.

Outre les grands prolongements sus-indiqués, la synoviale radio -car pienne envoie, dans certains cas, entre les faisceaux de son appareil ligamenteux, des prolongements plus petits et moins importants ( fig .

524 et 525). Ces prolongements, du reste, véritables hernies de la synoviale à travers les éraillures de la capsule fibreuse, sont très variables dans leur nombre, dans leur forme, dans leur volume, dans leur situation et, si nous les signalons ici, c’est parce qu’ils peuvent devenir le point de départ de certains kystes du poignet.

Fig. 526.

Coupe frontale des articulations radio-carpienne, carpiennes et carpo-métacarpiennes (main droite, sujet congelé, segment antérieur de la coupe, vu par sa face postérieure).

(Cette préparation, en raison de la convexité du carpe, a été obtenue à l’aide de trois coupes successives; une coupe moyenne, intéressant la partie moyenne de la main, et deux coupes latérales, l’une interne, l’autre externe, s’inclinant sur la coupe précédente sous un angle fortement obtus; les différences de teintes indiquent les limites respectives de ces trois coupes.)

A, radius, avec A’, son apophyse stylo’ide. — B, cubitus, avec B’, son apophyse styloïde. — C, première rangée du carpe. — D, deuxième rangée du carpe. — Ml, Mn, Mm. Miv, Mv, premier, deuxième, troisième, quatrième et cinquième métacarpiens.

1, ligament triangulaire radio-cubital. — t, synoviale radio-carpienne. — .3, synoviale de l’articulation radio -cubitale inférieure, communiquant avec la précédente par une petite fente creusée à la base du ligament triangulaire. — 4, synoviale de l’articulation pisi-pyramidale, faisant suite à la synoviale radiocarpienne. — 5, synoviale médio-carpienne. — 6, synoviale trapézo-métacarpienne. — 7, synoviale carpo-métacarpienne externe. — 8, synoviale carpométacarpienne interne.

4° Rapports. — L’articulation radio-carpienne est entoarée sur tout son pourtour par de nombreuses parties molles, dont l’ensemble constitue la région du poi-

ANATOMJE HUMAINE. — T. I, 6° ÉDIT. ”6

ARTHROLOGIE

gnet de l’anatomie topographique. Nous les examinerons séparément sur le plan antérieur et sur le plan postérieur :

a. Face antérieure ou plan de flexion. — Sur le plan antérieur, nous rencontrons tout d’abord la peau, le tissu cellulaire sous-cutané et l’aponévrose, représentée à ce niveau par un ruban fibreux à direction transversale, le ligament annulaire antérieur du carpe.

Au-dessous de l’aponévrose, nous trouvons un nombre considérable de muscles et surtout de tendons, disposés sur quatre plans : sur un premier plan et en allant de dehors en dedans, le tendon du long supinateur, le tendon du grand palmaire, le tendon du petit palmaire et le tendon du cubital antérieur; sur un

deuxième plan, les quatre tendons du fléchisseur commun superficiel ; sur un troisième plan , le tendon du fléchisseur propre du pouce et les quatre tendons du fléchisseur commun profond ; sur un quatrième plan enfin, les faisceaux inférieurs du carré pronateur . Aux tendons précités, qui descendent de l’avant-bras vers la main en croisant de haut en bas l’articulation radio carpienne, se trouvent annexées trois synoviales : l’une, relativement peu étendue, pour le grand palmaire; les deux autres, beaucoup plus développées et plus importantes, pour les tendons des fléchisseurs (voy. Myologie).

Outre les muscles, nous rencontrons encore, comme présentant des relations plus ou moins intimes avec la face antérieure de l’articulation radiocarpienne : 1° l’artère cubitale, flanquée de ses deux veines, qui chemine dans la gouttière de séparation du cubital antérieur et du fléchisseur superficiel des doigts;

le nerf homonyme, qui est situé en dehors de l’artère ; 3*" l’artère radiale et ses deux veines satellites, qui cheminent tout d’abord entre le long supinateur et le grand palmaire, puis contournent l’apophyse styloïde du radius pour gagner la face dorsale du poignet.

h. Face postérieure ou plan d'extension. — Sur la face postérieure de l’articulation radio-carpienne, nous rencontrons exactement les mêmes plans que sur la face antérieure :

Coupe tiorizontale du poignet, pratiquée sur im sujet congelé au niveau de l'articulation radio-cubitale inférieure (côté droit, segment supérieur de la coupe).

(La teinte noir foncé, disposée tout autour des tendons, représente les bourses séreuses.)

A, radius. — B, cubitus. — G, articulation radio-cubitale inférieure.

1, grand palmaire. — 2, petit palmaire. — 3, cubital antérieur. — 4, fléchisseur commun superficiel des doigts ((juatre tendons, II, 111, IV etV, pour les deuxième, troisième, quatrième et cinquième doigts). — o, fléchisseur commun profond des doigts (quatre tendons, II, 111, tV et Y, pour les quatre derniers doigts). — 6, fléchisseur propre du pouce. — 7, long abducteur du pouce. — 8, court extenseur du pouce. — 9, long extenseur du pouce. — 10, extenseur propre de l’index. — 11, premier radial e.<terne. — 12, deuxième radial externe. — 13, extenseur commun des doigts. — 14, extenseur propre du petit doigt. — 15, cubital postérieur.

a, artère radiale et ses deux veines satellites. — b, nerf radial. — c, artère cubitale et ses deux veines. — d, nerf cubital. — e, veine radiale superficielle. — /', nerf médian. — g, aponévrose. — /i, tissu cellulaire sous-cutané. — i, peau.

ARTICULATION DU POIGNET

1° La peau;

2° Le tissu cellulaire sous-cutané, où cheminent, avec des veines ordinairement volumineuses, quelques rameaux nerveux provenant du radial, du musculo-cutané, du brachial cutané interne et de la branche dorsale du cubital ;

3'^ L’aponévrose, représentée ici encore par une bandelette transversale, le ligament annulaire postérieur du carpe ;

4® Au-dessous de l’aponévrose, une foule de tendons, verticaux ou obliques, qui de l’avant-bras descendent sur le dos de la main. Ce sont, en allant de dehors en dedans (fig. 527) : le long abducteur du pouce, le court extenseur du pouce, les deux radiaux externes, le long extenseur du pouce circonscrivant avec le court extenseur la région de la tabatière anatomique, l’extenseur propre de l’index, l’extenseur commun des doigts, l’extenseur propre du petit doigt et, enfin, le cubital postérieur. Ces divers tendons présentent cette particularité que, en atteignant le bord supérieur du ligament annulaire, ils s’engagent dans les coulisses ostéofibreuses, où ils glissent à l’aide de synoviales. Nous ne ferons que signaler ici ces coulisses et ces synoviales, nous réservant de les décrire en détail à propos des muscles de l’avant-bras (voy. Myologie). Rappelons enfin, que sur la face postérieure du poignet cheminent plusieurs artères : en dehors, la radiale, qui, après avoir contourné le radius, traverse obliquement la tabatière anatomique; en dedans, la cubito-dorsale, branche de la cubitale; entre les deux, et s’anastomosant avec elles, les ramifications, terminales de l’interosseuse postérieure.

5° Artères. — Les artères destinées à l’articulation du poignet proviennent de nombreuses sources : en avant, de l’arcade transversale du carpe, qui longe le bord inférieur du carré pronateur, et des branches ascendantes de l’arcade palmaire profonde: en arrière, des interosseuses antérieure et postérieure, de l’interosseuse du premier espace et des rameaux ascendants de l’arcade dorsale du carpe; sur le côté externe, du tronc même de la radiale; sur le côté interne, de la cubito-dorsale ou du tronc même de la cubitale.

6^ Nerfs. — Les nerfs de l’articulation du poignet sont fournis : en avant, par le médian et par le cubital ; en arrière, par le radial et par la branche dorsale du cubital.

Mouvements. — L’articulation du poignet possède les cinq mouvements qui caractérisent les articulations condyliennes : la flexion et l'extension, Y adductioîi et V abduction, la circumduction. Ces différents mouvements, quoique très étendus, sont agrandis et par conséquent complétés. dans les conditions physiologiques ordinaires, par des mouvements de même ordre qui ont leur siège dans l’articulation médio-carpienne. Nous les étudierons à propos de cette dernière articulation (voy. p. 559).

Muscles moteurs. — (Voy. p. 561).

§ VI. — Articulations intrinsèques de la main

Les articulations de la main, aussi nombreuses que variées, peuvent être divisées en cinq groupes, savoir : 1° les articulations des os du carpe entre eux, articulations carpiennes ; 2® les articulations du carpe avec le métacarpe, articulations carpo-métacarpiennes ; 3° les articulations des métacarpiens entre eux, articulations métacarpiennes ou intermétacarpiennes ; 4® les articulations des métacarpiens avec les phalanges, articulations métacarpo-phalangiennes ; 5° les-

AKTHROLOGIE

articulations des phalanges entre elles, articulations phalangiennes ou interphalangiennes.

A. — Articulations carpiennes

Les articulations intrinsèques du carpe comprennent : 1° les articulations des os de la première rangée entre eux; 2° les articulations des os de la deuxième rangée entre eux ; 3° l’articulation des deux rangées entre elles.

1'^ Articulation des os de la première rangée entre eux. — Il convient d’étudier séparément les articulations des trois os externes, puis celle du pyramidal avec le pisiforme ;

A. Articulation des trois os externes. — Le scaphoïde s’articule avec le semilunaire [articulation scapho-lunaire), celui-ci avec le pyramidal [articulation pyraynido -lunaire) , en formant deux arthrcdies.

a. Surfaces articulaires. — Les surfaces articulaires, par lesquelles ces différents os se correspondent, sont planes, verticales et encrofitées de cartilage.

b. Moyens d'union. — Elles sont maintenues en présence par de nombreux ligaments, que l’on distingue, d’après leur situation, en interosseux, palmaires et dorsaux.

a) Les ligaments interosseux, disposés entre les os, comme leur nom l’indique, sont au nombre de deux (lig. 526) : le premier unit le scaphoïde au semilunaire; le second s’étend du semi-lunaire au pyramidal. L’un et l’autre occupent la partie toute supérieure de l’articulation à laquelle ils appartiennent. Leurs faisceaux les plus élevés, revêtus d’une mince couche cartilagineuse, contribuent à former le condyle carpien de l’articulation du poignet.

Les ligaments palmaires et les ligaments dorsaux sont représentés par des faisceaux très courts, qui s’étendent transversalement d’un os à l’autre, les premiers à la paume de la main, les seconds sur sa face dorsale (fig. 492 et 493). Chacune des deux arthrodies, formées par le scaphoïde, le semi-lunaire et le pyramidal, possède un ligament palmaire et un ligament dorsal.

c. Synomale. — Deux synoviales, communiquant l’une et l’autre avec la synoviale médio-carpienne (fig. 526;, complètent les deux articulations.

B. Articulation du pyramidal avec le pisiporme. — L’articulation du pyramidal avec le pisiforme [articulation pisi-pyramidale) mérite une description à part. C’est encore une arthrodie.

a. Surfaces articulaires . — Chacun des deux os possède, pour cette articulation, une surface ovalaire à grand axe vertical et à peu près plane : elle est légèrement convexe, cependant, pour le pyramidal, légèrement concave pour le pisiforme. Cette surface est revêtue, à l’état frais, par une couche de cartilage hyalin.

b. Moyens d'union. — L articulation pisi-pyramidale n’a pas de ligament interosseux. Par contre, elle nous présente cinq ligaments périphériques, savoir : M un ligaynent supérieur, qui rattache le pisiforme à l’apophyse styloïde du cubitus et qui n’est autre que le faisceau antérieur du ligament latéral interne de l’articulation radio-carpienne; 2° un ligament pahnaire, aplati et quadrilatère, qui va du pisiforme à la face antérieure de l’os crochu ; 3° un ligament dorsal, qui s’étend du pisiforme au pyramidal; ¥ deux ligaments inférieurs, ordinairement très forts, qui se détachent de la partie inférieure du pisiforme et qui viennent se fixer, d’autre part, l’un sur l’apophyse unciforme de l’os crochu, l’autre sur l’extrémité

ARTICULATIONS CARPIENNES

supérieure du cinquième métacarpien, parfois aussi (par une expansion plus ou moins importante) sur l’extrémité supérieure du quatrième.

c. Synoviale. — L’articulation pisi-pyramidale possède une synoviale qui lui appartient en propre. Elle communique assez souvent, comme nous l’avons vu plus haut, avec la synoviale de l’articulation du poignet.

2° Articulation des os de la deuxième rangée entre eux. — Le trapèze s’articule avec le trapézoïde, le trapézoïde avec le grand os, le grand os avec l’os crochu, en formant trois arthrodies (fig. 534 et 535).

A. Surfaces articulaires. — Les surfaces articulaires par lesquelles ces différents os se correspondent sont à peu près planes, verticales, orientées dans le sens sagittal et revêtues à l’état frais d’une couche de cartilage hyalin.

B. Moyens d’union. — Les os de la deuxième rangée du carpe sont reliés entre eux, comme ceux de la première, par trois ordres de ligaments des ligaments interosseux, des ligaments palmaires et des ligaments dorsaux.

a) Les ligaments interosseux sont au nombre de trois. Chaque articulation possède le sien : le premier unit le trapèze au trapézoïde; le second, le trapézoïde au grand os; le troisième, le grand os à l’os crochu.

P) Les ligaments palmaires, au nombre de trois, se portent transversalement : le premier, du trapèze au trapézoïde; le deuxième, du trapézoïde au grand os; le troisième, du grand os à l’os crochu.

y) Les ligaments dorsaux, beaucoup plus faibles que les palmaires, sont également au nombre de trois : le premier s’étend du trapèze au trapézoïde; le second, du trapézoïde au grand os , le troisième, du grand os à l’os crochu.

C. Synoviales. — Les synoviales, destinées aux articulations de la deuxième rangée du carpe, ne sont que de simples prolongements de la synoviale médio-carpienne (fig. 526).

3® Articulation des deux rangées entre elles. — Cette articulation plus connue sous le nom d’ articulation médio-carpienne, réunit les os de la première rangée du carpe, le pisiforme excepté, aux os de la deuxième rangée. Sept os, par conséquent, concourent à sa formation : de ces sept os, trois appartiennent à la première rangée, les quatre autres appartiennent à la seconde.

A. Surfaces articulaires. — En examinant attentivement le long interligne articulaire par lequel la première rangée du carpe se met en contact avec la seconde, on constate tout d’abord qu’il est très irrégulier. Mais on constate aussi qu’il peut être divisé en deux parties, une partie externe plus petite et une partie interne plus grande, chacune d’elles pouvant être considérée comme appartenant à une articulation spéciale. De ce fait, nous pouvons diviser l’articulation médio-carpienne en deux articulations secondaires : une articulation externe et une articulation interne.

a) V articulation externe (fig. 498, A et A’) est formée par le scaphoïde d’une part, d’autre part par le trapèze et le trapézoïde. La surface de contact est, de part et d’autre, transversale et sensiblement plane. Notre articulation externe peut donc être considérée comme une arthrodie.

P) \i articulation interne (fig. 528, R et B’) est constituée : d'une part, par le scaphoïde, le semi-lunaire et le pyramidal, formant par leur ensemble une sorte de cavité glénoïde de forme ovalaire à grand axe transversal ; d' autre part, par le grand os et l’os crochu, formant au contraire une sorte de tête ou plutôt de condyle,

ARTHROLOGIE

dont le relief se moule exactement sur la cavité précédente. Notre articulation interne devient ainsi une articulation condylienne.

B. Moyens d’union. — Des ligaments palmaires, des ligaments dorsaux et des ligaments latéraux unissent l’une à l’autre les deux rangées osseuses du carpe. Nous les examinerons séparément du côté de l’arthrodie et du côté de l’articulation condylienne (üg. 534 et 535).

a. Du côté de Varthrodie, tout d’abord, nous rencontrons trois ligaments, savoir :

l"" un ligament palmaire, mince et quadrilatère, qui s’étend de la partie inférieure du scaphoïde à la gouttière du trapèze ; 2° un ligament dorsal, formé par quelques fibres clairsemées, qui descendent du scaphoïde sur le trapèze et sur le trapézoïde ; 3° un ligament latéral externe, qui s’étend du tubercule du scaphoïde à la partie externe du trapèze.

b. Du côté de V articulation condylienne, nous avons de même trois ligaments, un ligament palmaire, un ligament dorsal et un ligament latéral interne :

a) Le ligament palmaire (fig. 534) est constitué par deux faisceaux, tous les deux très forts et très l'ésistants, qui prennent naissance, l’un à côté de l’autre, sur le col du grand os. De là, ils se portent en haut en divergeant à la manière des deux branches d’un V et viennent se terminer, l’interne sur le pyramidal, l’externe sur le scaphoïde.

^) Le ligament dorsal (fig. 525), très variable dans ses dimensions et dans sa constitution anatomique, est représenté le plus souvent par un faisceau rubané, large de 10 à 12 millimètres, qui prend son origine, en dedans, sur la face dorsale du pyramidal. De là, il se porte obliquement de dedans en dehors et un peu de haut en bas, croise le col du grand os et vient se terminer, en partie sur le trapézoïde, en partie sur le trapèze. Les faisceaux les plus élevés de ce ligament, au lieu de descendre vers la deuxième rangée du carpe, se portent horizontalement en dehors et, longeant le côté inférieur du semi-lunaire, viennent s’attacher sur la face postérieure du scaphoïde : ces derniers faisceaux, on le voit, unissent l’un à l’autre deux os de la première rangée du carpe, en suivant le rebord postérieur de la glène médio-carpienne. Toutefois, il ne me paraît pas exact de dire qu’ils agrandissent cette cavité glénoïde à la manière d’un fibro-cartilage : en effet, le ruban fibreux que forment les faisceaux en question est très lâche et, sur trois pièces que j’ai actuellement sous les yeux, il existe entre son bord supérieur et le semi-lunaire un bourrelet synovial.

y) Le ligament latéral interne (fig. 535j, plus ou moins arrondi, s’étend, sur le côté interne de l’articulation, du sommet du pyramidal à l’apophyse de l’os crochu.

Fig. 528.

L’articulation luédio-carpienne ouverte par sa l'ace dorsale, pour laisser voit' les surfaces aidiculaires avec leur collerette ligamenteuse.

A, A’, arliculalion externe ou arllirodie. — B, B’, articulation interne ou condylienne. — 1, scaplioïde. — 2, semilunaire. — 3, pyramidal. — 4, trapèze. — 5, trapézoïde. — 6, grand os. — 7, os crochu. — 8, capsule articulaire (portion dorsale), érignée en haut. — G, capsule articulaire (portion palmaire), en place.

ARTICULATIONS CARPIENNES

C. Synoviale. — L’articulation médio-carpienne ne possède ordinairement qu’une seule synoviale (fig. 526). Il n’est pourtant pas extrêmement rare d’en rencontrer deux : l’une, externe, destinée à l’arthrodie; l’autre, interne, répondant à l’articulation condylienne. Dans tous les cas, la synoviale médio-carpienne, qu’elle soit simple ou double, est toujours plus lâche en arrière qu’en avant et envoie deux ordres de prolongements : des prolongements ascendants, au nombre de deux, qui s’engagent l’un entre le scaphoïde et le semi-lunaire, l’autre entre le semi-lunaire et le pyramidal ; prolongements descendants, au nombre de trois, qui s’insinuent entre les os de la deuxième rangée du carpe. Nous avons déjà dit, à propos de l’articulation du poignet, que la synoviale médio-carpienne communiquait parfois avec la synoviale de cette articulation, mais cette disposition est excessivement rare.

D. Artères et nerfs. — L’articulation médio-carpienne, ainsi que les articulations des os de la première et de la seconde rangée du carpe, reçoivent leurs artères :

des branches descendantes de l’arcade transversale antérieure du carpe ; 2° des branches ascendantes de l’arcade palmaire profonde; 3° des nombreux rameaux que les deux troncs radial et cubital envoient à la face dorsale du carpe. — Les nerfs, représentés par des filets très grêles, proviennent à la fois du médian, du cubital et de la branche postérieure du radial.

Mouvements du poignet. — Les différentes articulations qui unissent entre eux les os du carpe ne présentent, comme les arthrodies, que de simples mouvements de glissement, mouvements peu étendus si on les considère isolément et pour chacune d’elles. Totalisés et envisagés dans leur ensemble, ces mouvements deviennent, suivant le sens dans lequel ils s’exécutent, des mouvements de flexion, ^'extension, d'adduction, d’ abduction et de circumduction. Ils s’ajoutent aux mouvements de même sens et de même nom de l’articulation radio-carpienne (p. 555) et en augmentent l’amplitude. Voilà pourquoi nous avons cru devoir réunir ici, en une seule description, les différents mouvements qui s’effectuent au niveau du poignet, autrement dit à l’union de la main avec l’avant-bras.

a. Solidarité des deux articulations radio-carpienne et médio-carpienne, le ménisque carpien. — Nous devons tout d’abord établir en principe que les mouvements du poignet, quelle que soit leur direction, se passent toujours simultanément et dans l’articulation radio-carpienne et dans l’articulation médio-carpienne. Il en résulte que la première rangée du carpe se déplace en même temps en haut et en bas ; en haut, par sa surface articulaire proximale, sur les deux os de l’avant-bras.; en bas, par sa surface articulaire distale, sur la deuxième rangée du carpe.

L'on peut ainsi, au point de vue fonctionnel, concevoir l’articulation de la main avec l’avantbras comme constituée par les deux surfaces suivantes ; d’une part, la surface articulaire distale de l’avant-bras, c’est-à-dire la face inférieure de l’épiphyse radiale et le ligament triangulaire qui, comme on le sait, est sous-jacente à la têle du cubitus: d’autre part, la surface articulaire proximale de la deuxième rangée du carpe, c’est-à-dire la facette supérieure des quatre os trapèze, trapézoïde, grand os et os crochu. La première rangée du carpe deviendrait alors comme une sorte de ménisque osseux ou plutôt ostéo-fîbreux, s’incorporant entre les deux surfaces précitées et, comme tout ménisque articulaire, se moulant exactement sur les deux surfaces avec lesquelles il est en contact. C’est, comme le fait remarquer Tavernier, « un ménisque très souple, car il est formé de trois segments osseux, le scaphoïde, le semi-lunaire et le pyramidal (le pisiforme est un sésamoïde complètement indépendant), réunis par des ligaments plus lâches qu’on ne se le figure ordinairement ». Il convient d’ajouter que le ménisque carpien se solidarise tout particulièrement avec le squelette de la main et, par conséquent, se déplace moins sur la surface carpienne sous-jacente que sur la surface antibrachiale située au-dessus.

Ceci posé, nous pouvons étudier, dans leur mécanisme, les différents mouvements du poignet.

b. Mouvements de flexion et d'extension. — La flexion est un mouvement par lequel la face palmaire de la main s’incline vers la face antérieure de l’avant-bras : la face palmaire de la main et la face antérieure de l’avant-bras forment ainsi une sorte d’angle dièdre, dont l’ouverture diminue au fur et à mesure que se prononce le mouvement, h’ extension est un mouvement inverse par laquelle la face dorsale de la main s’incline vers la face postérieure de l’avant-bras ; ici encore les deux faces dorsales de la main et de l’avant-bras délimitent un angle dièdre, qui est d’autant moins ouvert que la flexion est plus prononcée.

L’application de la radiographie à l’étude du fonctionnement du poignet (Bryce, Zuckerkandr, Gunêo et Veau, Destot, Briau, Gallois, Buhler, Lyclama, A. Nijeholt, etc.) établit nettement que les mouvements de flexion et d’extension se passent à la fois dans les deux articulations radiocarpienne et médio-carpienne : la première rangée du carpe (ménisque carpien) s’inclinant vers

ARTiniüLOGlE

l’avant-bras ; la deuxième rangée du carpe s’inclinant à son tour, et dans le même sens, vers la première rangée. Dans ce double mouvement, le déplacement se fait, tant pour la première rangée que pour la seconde, autour d’un axe commun, dirigé transversalement et passant par le sommet de la tête du grand os.

Dans la flexion, le ligament postérieur se tend, tandis que le ligament antérieur se relâche. Dans l’extension, au contraire, le ligament postérieur se relâche, tandis que le ligament antérieur et les ligaments latéraux se tendent et limitent le mouvement.

Dans les conditions normales, l’amplitude du mouvement, de l’extension complète à la flexion

complète , est d’un peu moins de 180°.

Dans ce mouvement, la premièj"e rangée du carpe décrit un arc d’un peu plus de Ü0°; la deuxième rangée, de son côté, décrit un arc d’un peu moins de 90°. Le déplacement, comme nous l’avons déjà indiqué plus haut, est donc plus étendu dans l’articulation radio - carpienne que dans l’articulation médio-carpienne.

Ajoutons que des mouvements d’inclinaison latérale peuvent s’ajouter aux mouvements de tlexion et d’extension, de telle sorte que l'on peut lléchir et étendre la main, celle-ci étant plus ou moins inclinée, soit en dehors sur le côté radial, soit en dedans sur le côté cubital.

c. Mouvements d'adduction et d'abduc’tion. — \J adduction ou inclinaison cubitale est un mouvement par lecjuel le bord cubital de la main s’incline vers le bord cubital de l’avanL-bras ; V abduction ou inclinaison radiale, un mouvement inverse par lequel le bord radial de la main s’incline vers le bord radial de l’avant- bras.

Ces deux mouvements se passent encore dans les deux articulations radio-carpiennc et médio-carpienne. Ils s’exécutent l’un et l’autre autour d’un axe antéro-postérieur commun, passant près du centre de figure de la tête du gros os. 11 en résulte, comme nous le montre nettement la ligure cicontre que, lorsque le grand os s’incline en dehors (abduction), le semi-lunaire qui le surmonte, se déplace en sens inverse, c’éstà-dire se porte en dedans. Par contre, lorsque le grand os s’incline en dedans (adduction) le semi-lunaire se déplace en dehors.

Si les auteurs sont généralement d’accord pour faire intervenir, dans ces déplacements latéraux, les deux articulations radio -carpienne et médio-carpienne, ils s’entendent beaucoup mieux quant il s’agit de faire la part qui revient à chacune d’elles.

Par sa constitution même, je veux dire par la configuration, relativement très régulière, de ses surfaces articulaires, l’articulation radio-carpienne se prête assez bien à des mouvements de latéralité. En fait, la première rangée du carpe, véritable condyle, glisse transversalement sur la cavité antibrachiale, véritable cavité glénoide : elle glisse de dedans en dehors pour l’adduction; elle glisse de dehors en dedans pour l’abduction.

Mais il n’en est pas de même pour l’articulation médio-carpienne. Celle-ci, en elfet, parla complexité relative de ses surfaces articulaires et aussi par l’engrainement réciproque de ces surfaces, semble, au premier abord, devoir s’opposer à tout mouvement transversal. Ces mouvements transversaux y existent pourtant, comme l’établissent surabondamment les épreuves radioscopiques; mais ils sont, manifestement, d’une production plus difficile et aussi d’une étendue moindre que dans l’articulation précédente (voy. pour plus de détails les mémoires indi(iués ci-dessous.

Il convient d’ajouter, avec Cunéo et Veau, que les mouvements d’inclinaison latérale, (jne nous présentent les articulations du poignet, ne sont pas simples ; mais que, à ces mouvements qui se produisent autour d un axe antéro-postérieur, s’ajoutent, dans les deux articulations radio- et médio-carpiennes, d’autres mouvements f|ui s’effectuent, ceux-là, autour d un axe transversal. Ces derniers mouvements sont tels que, dans le passage de l’inclinaison cubitale à l’inclinaison radiale, il y a flexion dans la radio-carpienne et extension dans la médio-carpienne. C’est le contraire dans le mouvement opposé. Cunéo et Veau font remarquer, en outre. (]ue ces deux ordres

Fig. 529.

Schéma l’epréseiilant, d’après les radiographies de Destot et Briau, les déplacements du semi-lunaire et du grand os, dans les mouvements de flexion et d’extension de la main.

A et P, plan antérieur et plan postérieur de l’avant-bras.

1, radius. — 2, cubitus. — 3, semi-lunaire. — 4. grand os, avec : 4’, sa situation dans la llexion ; 4”, sa situation dans l’extension. — b, troisième métacarpien.

(Le gros point (©) placé au niveau de la tète du grand os indique l’axe de rotation (axe transversal^ autour duquel se meuvent à la fois, mais en sens inverse, le grand os et le semi-lunaire ; les deux flèches marquent le sens dans lequel s'effectue le déplacement de la main dans la flexion et dans l’extension.)

ARTICULATIONS G ARPO-MÉTAC ARPIENNES

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