L . Portion inferieure de 1 œsophage du cheval, vue
lisses, les premières d origine fibro- par sa face interne après l’enlèvement de la cutanée, les secondes d’origine fibro- muqueuse (d’après Lamer).
intestinale. (On voit très nettement des faisceaux musculaires s’échap-
r . per de la couche des fibres circulaires et y rentrer de nou-
Dans le quart supérieur de l’œso- veau après un trajet vertical ou oblique, phage, il n’existe que des fibres
striées, tant dans la couche circulaire que dans la couche longitudinale.
Dans le deuxième quart, les fibres lisses font leur apparition, d’abord assez rares, puis de plus en plus nombreuses au fur et à mesure qu’on descend. Elles se substituent ainsi peu à peu aux fibres striées, de telle sorte que, dans la moitié inférieure de l’organe, on ne rencontre plus que des fibres lisses. '
Il résulte des observations de Schmauser et de Jolyet que les fibres striées descendent plus bas sur la face postérieure de l’œsophage que sur sa face antérieure.
APPAREIL DE LA DIGESTION
plus bas aussi dans la couche longitudinale que dans la couche circulaire : l’élément lisse prédomine donc, tout d’abord, sur la face antérieure du muscle et dans la couche profonde.
2° Tunique celluleuse. — La tunique celluleuse ou tunique moyenne ( sous-muqueuse de certains auteurs) fait suite, en haut, à la tunique fibreuse du pharynx et se continue, en bas, avec la tunique homonyme de l’estomac. Faiblement adhérente à la tunique musculeuse, elle est, au contraire, intimement unie à la tunique muqueuse : il résulte d’une pareille disposition que la couche celluleuse prend part, au même titre que la muqueuse, à la formation des plis qui se produisent à la surface interne de l’œsophage, lorsque celui-ci, revenant sur lui-même, passe de l’état de distension à l’état de vacuité. Au point de vue histologique, la tunique celluleuse est une formation essentiellement conjonctive : elle se compose de faisceaux du tissu conjonctif diversement entrecroisés, avec de nombreuses fibres élastiques. C’est dans cette couche que se trouvent les glandes annexées à la muqueuse. Nous les décrirons tout à l’heure avec cette dernière tunique.
3° Tunique muqueuse. — La muqueuse œsophagienne, épaisse de 8 dixièmes de millimètre à 1 millimètre, a dans la plus grande partie de son étendue une coloration d’un blanc mat. Ce n’est qu’à son extrémité inférieure qu’elle revêt parfois une teinte plus ou moins rougeâtre, due à l’injection du réseau veineux souslacent, lequel présente à ce niveau un développement tout particulier.
A. Structure. — Histologiquement, la muqueuse œsophagienne se compose, comme la muqueuse pharyngienne à laquelle elle fait suite, de deux couches superposées : une couche superficielle, de nature épithéliale ; une couche profonde ou derme.
a. Épithélium. — La couche épithéliale est formée par un épithélium pavimenteux stratifié, analogue à celui de la bouche et du pharynx guttural. Les recherches embryologiques nous apprennent que cet épithélium est primitivement cilié : c’est la disposition (Ju’on rencontre sur beaucoup d’embryons d’espèces différentes et, notamment, sur des embryons humains de la 18e à la 32e semaine. Cette disposition ciliée disparaît ensuite au cours du développement. Mais on sait qu’elle persiste encore, à l’âge adulte, chez les amphibiens et chez les reptiles.
b. Derme. — Le derme ou chorion mesure, en moyenne, 0mm,6 ou 0mm,7 d’épaisseur. Sa face externe fait corps, comme nous l’avons déjà vu, avec la tunique celluleuse. Sa face interne se relève par places en une série nombreuse de papilles coniques, qui s’avancent en plein épithélium ; leur longueur varie ordinairement de 80 à 100 jx. On y observe encore, dans certains cas, des crêtes longitudinales.
Fig. 99.
Coupe transversale de la muqueuse œsophagienne de l’homme, en regard des premiers anneaux de la trachée (d’après Tourneux).
i, épithélium pavimenteux stratifié. — 2, chorion de la muqueuse. — 3, musculaire muqueuse. — 4, tissu cellulaire sous-muqueux. — 5, couche circulaire de la tonique musculeuse striée. — fi, glande œsophagienne. — 7, tissu folliculaire enveloppant le canal excréteur de la glande œsophagienne, au-dessus de sa dilatation ampullaire.
OESOPHAGE
qui ont été décrites par Strahl et qui, tour à tour, peuvent émettre des papilles.
Le derme de la muqueuse œsophagienne est constitué à peu de chose près sur le même type fondamental que celui de la muqueuse pharyngienne ; il se compose d’éléments du tissu conjonctif avec des formations lymphoïdes, qui sont représentées ici comme sur le pharynx, soit par du simple tissu réticulé, soit par de véritables follicules clos. On a même signalé chez quelques oiseaux (Glinsky), à la partie inférieure de l’œsophage, un peu au-dessus du cardia, l’existence d’un amas de follicules clos, auquel on a donné le nom, un peu prétentieux peut-être, d'amygdale œsophagienne .
Le derme muqueux, dans sa couche la plus profonde, tout contre la tunique celluleuse, nous présente des fibres musculaires lisses, dont l’ensemble constitue la musculanHs mucosæ ou musculaire muqueuse. Cette couche contractile, que nous retrouverons désormais sur fous les segments du tube digestif, est exclusivement constituée par des fibres lisses, disposées en faisceaux longitudinaux. A la partie supérieure de l’œsophage, les faisceaux de la muscularis mucosæ sont minces, relativement rares, séparés les uns des autres par des intervalles où les fibres lisses font complètement défaut. Ils se multiplient et se développent au fur et à mesure qu’on descend, de telle sorte que, dans la moitié inférieure du conduit œsophagien, ils forment une couche régulière et continue, dont l’épaisseur peut atteindre, d’après Henle, jusqu’à 0mm,2 et 0mm,3.
B. Glandes. — A la muqueuse de l’œsophage se trouvent annexés deux ordres de glandes : 1° les unes, de beaucoup les plus nombreuses, glandes principales, dites glandes œsophagiennes ; 2° les autres, relativement rares, dites glandes cardiales.
a. Glandes œsophagiennes. — Les glandes œsophagiennes proprement dites, glandes principales, glandes ordinaires, sont des glandes acineuses, situées pour la plupart au-dessous de la muscularis mucosæ, dans la tunique celluleuse par conséquent; quelques-unes seulement, ordinairement toutes petites, occupent l’épaisseur même du derme. D’après Klein, elles seraient plus nombreuses sur la paroi postérieure de l’œsophage que sur sa paroi antérieure.
Leur canal excréteur, après avoir traversé successivement la muscularis mucosæ et le derme proprement dit, vient s’ouvrir à la surface libre de l’épithélium. Il est à remarquer que ce canal excréteur est, d’abord, relativement large ;
puis, qu’il se rétrécit immédiatement au-dessus de la muscularis mucosæ pour devenir presque filiforme.
Morphologiquement, les glandes œsophagiennes sont des glandes mixtes : leurs culs-de-sac sécréteurs nous présentent, en effet, des cellules séreuses (disposées en
Fig. 100.
Coupe longitudinale de la muqueuse œsophagienne du chien (d’après Klein).
e, épithélium pavimenteux de la surface, cularis mucosæ. — g, glandes muqueuses, conduits excréteurs.
m, musd , leurs
APPAREIL DE LA DIGESTION
croissants de Gianuzzi ) et des cellules muqueuses , avec prédominance de ces dernières.
Fig. 101.
Schéma des glandes œsophagiennes (d’api'ès une figure de Max Flescu).
1, épithélium. — 2, musculaire muqueuse. — 3. sousmuqueuse. — 4, glande œsophagienne, avec 4’ Son canal excréteur. — 5, follicules lymphatiques. — 6, infiltration lymphoïde tout autour du hile de la glande.
Max Flesch (1888) a appelé l’attention sur les rapports intimes que présentent les glandes œsophagiennes avec les formations lymphoïdes du derme et de la tunique celluleuse. Les acini, tout d’abord, sont situés le plus souvent dans un tissu réticulé et, par conséquent, baignent en plein au milieu des éléments lymphatiques. D’autre part, les canaux, excréteurs, en traversant le derme, y rencontrent des follicules clos : ils s’appliquent à leur surface en y creusant un sillon, ou bien ils les traversent de part en part (fig. 101) et s’en entourent comme d'un anneau. Flesch estime que, en raison de ces relations intimes entre les glandes œsophagiennes et les formations lymphoïdes ambiantes, les éléments de la lymphe peuvent émigrer dans la cavité glandulaire elle-même et modifier ainsi, dans sa nature, le produit de sécrétion.
Outre les glandes
b. Glandes cardiales.
sus-indiquées, l’œsophage nous présente encore d’autres formations glandulaires qui rappellent assez exactement celles de la région cardiaque de l’estomac et que, pour cette raison, on désigne sous le nom de glandes cardiales.
Elles diffèrent des glandes œsophagiennes, tout d’abord, en ce qu’elles sont tubuleuses et ramifiées. Elles en diffèrent aussi par leur situation, non plus
3 dans la sou s- mu-
queuse, mais dans la muqueuse elle-même, au-dessus de la muscularis mucosæ : ce sont les glandes superficielles de Hewlett.
Topographiquement, les glandes cardiales se trouvent sur les
points les plus divers.
Mais elles se dévelops pent de préférence (et là elles sont constantes) à la partie tout inférieure du conduit œsophagien, immédiatement au-dessus du cardia, sur une hauteur de 4 ou 5 millimètres.
Fig. 102.
Point de passage de l’œsophage au cardia du chien, pour montrer l’ensemble du dispositif de raccord entre l’intestin antérieur et l'intestin entodermique (d’après Renaut).
1, épithélium malpighien de l’œsophage, avec 1’. fin de cet épithélium. — 2, plis
transversaux, tapissés par 3, une seule rangée de cellules cylindriques. 4. glandes
séreuses, s’ouvrant au fond des plis. — 5, musculaire muqueuse, avec 5, 5’, ses prolongements dans l’épaisseur du derme. — 6, groupe de glandes œsophagiennes.
— 7, 7, leurs canaux excréteurs. — 8, muscle moteur général, formé de fibres lisses.
— 9, fibres musculaires striées, prolongeant le muscle strié œsophagien.