‹ Traité d'anatomie humaine (volume 4)Chapitre 22 sur 107 · Cellule chevelue sur un seul pôle · texte numérisé non relu

Cellule chevelue sur un seul pôle

— 2, cellule chevelue sur ses (leux pôles.

— 3, 3’, 3”, masses protoplasmiques chevelues ne renfermant pas de noyau.

APPAREIL DE LA DIGESTION

plasma d’une cellule qui est restée en place. Quant aux prolongements capilüformes, ils représentent vraisemblablement les bâtonnets du plateau cuticulaire, qui, sous l’influence de la solution magnésienne, se sont dégagés de la substance propre du plateau et, d’autre part, se sont considérablement allongés.

b. Cellules caliciformes. — Les cellules caliciformes (fig. 163, 4) se disposent çà et là, à des intervalles toujours irréguliers, entre les cellules cylindriques. Ici, comme sur les autres muqueuses, elles se divisent en deux portions parfaitement distinctes, l’une externe, l’autre interne. — La portion externe ou profonde , étroite et plus ou moins effilée, renferme du protoplasma et un noyau de forme ovalaire, ordinairement plus petit que celui des cellules cylindriques avoisinantes. — La portion interne ou superficielle se renfle à la manière d’un calice (d’où le nom de la cellule), dont la plus grande largeur répond à sa partie moyenne. A partir de ce point, ,1e calice va en se rétrécissant et se termine à la surface de la muqueuse par un orifice arrondi. Il résulte d’une pareille disposition que, lorsqu’on examine la muqueuse de face, les cellules caliciformes nous apparaissent chacune sous la

forme de deux cercles concentriques : le cercle interne représentant l’orifice précité : le cercle externe répondait à la partie renflée du calice, autrement dit à sa plus grande circonférence.

La cavité des cellules caliciformes, comme l’a démontré depuis longtemps Lavdowsky (1877), est parcourue dans tous les sens par de nombreuses travées protoplasmiques, qui, en s’anastomosant entre elles, constituent un véritable réseau. Les mailles de ce réseau sont remplies par une substance incolore, homogène ou plus ou moins nuageuse, que l’on désigne sous le nom de mucigène. Les travées protoplasmiques ellemêmes nous présentent dans leur épaisseur une série de vacuoles, dans lesquelles s’amasse un liquide clair, qui n’est autre chose que de l’eau tenant en dissolution quelques sels minéraux. On admet généralement aujourd’hui que ce liquide des vacuoles se jette sur les boules de mucigène et, en se mêlant à elles, les gonfle et les transforme en mucus, lequel est immédiatement expulsé dans la cavité intestinale. Il n’est pas rare de voir, sur des coupes verticales de la muqueuse, un flocon nuageux surmonter la cellule caliciforme (fig. 167, 3) : c’est un flocon de mucus, qui s’échappe de la cavité intra-cellulaire. Ainsi entendues, les cellules caliciformes deviennent de véritables glandes, des glandes unicellulaires, auxquelles incombe la fonction de sécréter le mucus de la surface intestinale.

Morphologiquement, les cellules caliciformes ne son«t ici, comme ailleurs, que des cellules épithéliales ordinaires, dans lesquelles la partie sus-nucléaire du protoplasma s’est spécialisée en vue de la sécrétion muqueuse. D’après Paneth, cette cellule caliciforme peut parfaitement, après avoir évacué son contenu, revenir à son état primordial, c’est-à-dire devenir à nouveau une cellule cylindrique ordinaire, laquelle, une fois encore, pourra se transformer en cellule caliciforme.

c. Cellules lymphatiques. — Dans l’intervalle des cellules épithéliales se trouve une quantité variable de cellules lymphatiques, plus connues sous le nom de leucocytes migrateurs.

Ces cellules se présentent sous la forme de noyaux, arrondis ou ovalaires, fortement granulés, entourés d’une mince couche de protoplasma. Elles sont tantôt

Fig. 167.

Deux cellules caliciformes de l’intestin, vues sur une coupe perpendiculaire de la muqueuse.

1, cellule cylindrique.

2, cellule caliciforme.

3, bouchon muqueux d’une cellule caliciforme. — 4, chorion de la muqueuse.

INTESTIN GRELE 1T7

réunies eh groupes plus ou moins considérables : on les voit, dans ce dernier cas, écarter lès pieds des cellules épithéliales et déterminer ainsi, pour s’y loger, de petites excavations, auxquelles Renaut a donné le nom de thèques intra-épithéliales . Lesleucocytes migrateurs se rencontrent parfois, non plus dans l’intervalle des Cellules, mais dans l’épaisseur même du protoplasma cellulaire.

Quoi qu’il en soit de leur situation dans la couche épithéliale, les cellules lymphatiques ont toujours la même origine : elles proviennent du chorion. Poursuivant leur migration, elles se portent peu à peu vers la surface libre de la muqueuse, soiben suivant les espaces intercellulaires, soit en traversant les cellules elles-mêmes. Finalement, elles tombent dans la cavité intestinale et s’y détruisent.

Outre les leucocytes migrateurs, Heidenhain a signalé encore la présence, dans l’épithélium intestinal, d’une autre espèce de cellule de la série lymphatique. Ce sont des cellules à noyaux plus ou moins nombreux, mais dont un seul est actif; les autres sont des noyaux de globules blancs, qui ont été captés par la cellule et qui sont appelés à disparaître. Les cellules en question acquièrent ainsi la signification de véritables phagocytes : des phagocytes de globules blancs. Gomme les leucocytes migrateurs, ils se disposent, soit dans l’intervalle des cellules épithéliales, soit dans leur épaisseur.

B. Chorion. — Le chorion de la muqueuse intestinale est essentiellement constitué par du tissu réticulé, dans les mailles duquel se trouvent, avec de la substance amorphe, une quantité variable de cellules lymphatiques. C’est, pour le chorion intestinal, un caractère spécial de s’infiltrer de leucocytes, au point que certains histologistes, après TIis n’ont pas hésité à le ranger parmi les tissus lymphoïdes ou adénoïdes.

A la partie la plus profonde du chorion muqueux, entre la muqueuse et la sousmuqueuse, s’étale une couche de fibres musculaires lisses, la muscularis macosæ. Cette couche musculaire se compose de deux plans de fibres : un plan interne, formé par des fibres circulaires; un plan externe, comprenant des fibres à direction longitudinale. Ici, comme sur la muqueuse gastrique, la muscularis mueosæ forme une couche partout continue. Sur certains points, cependant, elle présente des ouvertures pour livrer passage à certains follicules clos, dont la partie externe descend jusque dans la sous-muqueuse.

Tous les éléments du chorion, y compris les éléments contractiles de la muscularis mueosæ, se prolongent dans les villosités, où nous allons les retrouver.

C. Structure spéciale des villosités. — Partie intégrante de la muqueuse intestinale, la villosité nous présente naturellement une couche périphérique, de nature épithéliale , et une couche centrale, provenant du chorion. Cette dernière se compose, comme le chorion lui-même, d’un tissu réticulé , avec éléments contractiles, au sein duquefeheminent des vaisseaux, sanguins, des lymphatiques et des nerfs.

a. Épithélium. L’épithélium qui revêt dans toute son étendue la villosité

ANATOMIE HUMAINE. — T. IV, 6e ÉDIT. 23

Fig. 168.

Fragment d’une coupe perpendiculaire de l’intestin grêle d’un chat de 7 jours : coupe d’un follicule solitaire (d’après Stôhr).

1, épithélium (en rose). — 2, chorion muqueux (en jaune)

A gauche de la figure, l’épithélium est littéralement envahi par une foule de leucocytes, tandis que l’on n’en rencontre que trois à droite.

APPAREIL DE LA DIGESTION

intestinale (fig. 162, 2) n’est autre chose que celui que nous avons décrit plus haut à la surface de la muqueuse. Nous n’avons rien à ajouter à notre description.

b. Tissu réticulé. — Le tissu réticulé, continuation de celui du chorion muqueux, forme comme la charpente de la villosité. Il se compose de fines trabécules, disposées pour la plupart en sens transversal : elles forment, dans leur ensemble, comme une sorte d’échelle (Heidenhain), dont les différents échelons vont de la surface de

la villosité au lymphatique central.

Ces trabécules à direction transversale sont reliées de distance en distance par des trabécules plus fines, à direction verticale ou oblique. Il en résulte la formation d’un vaste réticulum (fig. 169), dont les mailles sont orientées comme les travées principales, en sens transversal.

Aux points nodaux, ou même le long des travées et des trabécules, se voient de nombreux noyaux arrondis ou plus ou moins allongés.

Les mailles du réticulum précité sont comblées par une substance fondamentale, fluide et légèrement trouble, au sein de laquelle se trouvent divers éléments cellulaires.

Ce sont, tout d’abord, des cellules lymphatiques migratrices , avec un noyau arrondi et un corps protoplasmique ordinairement très réduit. Elles sont partout fort nombreuses; mais elles s’accumulent de préférence au voisinage de la membrane limitante sous-épithéliale, se disposant à la traverser pour passer, dans l’épithélium d’abord, puis dans la cavité intestinale.

Outre ces cellules lymphatiques migratrices, il en est d’autres qui n’émigrent pas, qui travaillent surplace, et qui, pour cette raison, sont dites sédentaires. Renaut, qui leur a donné ce nom, en distingue deux variétés. — Les unes, remarquables par leur volume, ont un noyau arrondi, un protoplasma abondant, rempli de granulations brillantes ( cellules lymphoïdes granuleuses) . Elles s’accumulent avec une sorte de prédilection autour du lymphatique central. — Les cellules de la seconde variété, les cellules sédentaires, ont un protoplasma réfringent et homogène comme celui des cellules rouges de la moelle des os (voy. t. I) et, d’autre part, elles fournissent la réaction histo-chimique de l’hémoglobine. Un grand nombre d’entre elles, du reste, renferment des globules rouges, qu’elles ont captés et qu’elles sont en train de transformer ou même de détruire : ce sont de véritables phagocytes, des phagocytes de globules rouges , et voilà pourquoi leur protoplasma contient de 1 hémoglobine. A côté de ces phagocytes de globules rouges, Heidenhain a décrit, dans la villosité intestinale, d’autres phagocytes renfermant des débris de globules blancs. Nous avons déjà vu que ces phagocytes de

Une partie d'une coupe passant par le sommet d’une villosité de l’intestin du chien (d’après Heidenhain).

(L’épithélium de revêtement de la villosité n’a pas été représenté.)

1, 1, 1, fibres musculaires de la villosité, se terminant audessous de la couche épithéliale par des extrémités élargies en forme de cônes. — 2, 2, vaisseaux sanguins coupés en travers. — 3, 3, corpuscules lymphatiques. — 4, 4, trabécules conjonctives.— 5, 5, corpuscules conjonctifs, recouvrant les trabécules.

INTESTIN GRELE

globules blancs pouvaient se rencontrer également dans le revêtement épithélial de la villosité.

c. Appareil sanguin de la villosité. — Le système sanguin de la villosité intestinale est représenté (fig. 170) par un troncule artériel , qui, s’échappant du réseau du chorion (voy. plus loin), s’élève de la base au sommet de la villosité et, là, se recourbe en anse pour donner naissance à un troncule veineux , lequel, suivant, mais en sens inverse, le même trajet que le troncule artériel, descend vers la base de la villosité et s’ouvre dans le réseau veineux du chorion. Au cours de son trajet, l’artère de la villosité abandonne une multitude de capillaires, qui, après s’être divisés et diversement anastomosés pour former un réseau, se rendent à la veine.

Ce réseau capillaire , intermédiaire au troncule artériel et au troncule veineux, au troncule afférent et au troncule efférent, est formé par des canaux très fins (7 ou 8 p.), ayant conservé leur structure embryonnaire, comme cela se voit dans le lobule hépatique et dans le glomérule du rein. Ses mailles, fort irrégulières, mais affectant pour la plupart le type allongé, se disposent à la surface de la villosité, tout contre la membrane limitante, qu’elles soulèvent parfois à leur niveau.

Les villosités de petites dimensions ne possèdent qu’une seule artère et qu’une seule veine. Les villosités plus volumineuses, celles notamment qui. ont une forme lamelleuse, nous présentent chacune deux ou trois artères et autant de veines, quelquefois plus. Mais quel que soit le nombre des vaisseaux afférents et efférents, ces vaisseaux, ainsi que le réseau capillaire qui les réunit, affectent toujours la disposition générale que nous avons indiquée ci-dessus.

d. Appareil lymphatique de la villosité. — Le système lymphatique est représenté par un vaisseau lymphatique qui, en raison de sa situation axiale, a reçu le nom de lymphatique central ou de chylifère central. Il prend naissance (fig. 171) sous le sommet de la villosité par un cul-de-sac plus ou moins renflé en ampoule. De là, il se porte en bas, en suivant sensiblement l’axe de la villosité, et, arrivé à la base, se jette dans le réseau lymphatique du chorion (voy. plus loin). Il mesure, environ, de 15 à 25 p. de diamètre.

Le lymphatique central est unique pour les petites villosités et souvent aussi pour les villosités de dimensions moyennes ; dans les villosités lamelliformes, on peut en rencontrer deux, trois et même un plus grand nombre. Dans ce dernier cas, les lymphatiques multiples peuvent cheminer isolément ou bien s’anastomoser au cours de leur trajet. Envisagé au point de vue histologique, le lymphatique central de la villosité est formé par une paroi exclusivement endothéliale. Elle est doublée extérieurement (Renaut) par une accumulation de cellules lymphoïdes granuleuses, dont il a été question plus haut et qui souvent confinent à l’endothélium en se touchant toutes ou à peu près.

Vaisseaux des villosités intestinales du lapin (d’après Fkey).

1, i, artères (ombrées) ; elles forment en partie un réseau capillaire autour des elandcs de Lieberküim (2). — 3, réseau capillaire des villosités. — 4, vaisseaux veineux.

Page 1