C. Tunique celluleuse ou sous-muqueuse. — (Voy. p
D. Tunique muqueuse. — La structure de la muqueuse du côlon est celle que nous
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avons décrite à propos du gros intestin en général (voy. Gros intestin en général, p. 220). Nous n’avons rien à ajouter.
4° Vaisseaux et nerfs. — Le mode de distribution des vaisseaux et des nerfs du côlon est exactement le même que celui que nous avons décrit à propos du gros intestin en général. Nous nous contenterons ici, comme nous l’avons fait pour le cæcum, d’indiquer leur origine.
A. Artères. — Les artères du côlon, artères coliques , proviennent des deux mésentériques supérieure et inférieure, branches de l’aorte : la mésentérique supérieure, par ses trois branches coliques droites, se distribue au côlon ascendant et à la moitié droite du côlon transverse (voy. Angéiologie) ; la mésentérique inférieure, par ses trois coliques gauches, irrigue la moitié gauche du côlon transverse, le côlon descendant et le côlon ilio-pelvien (voy. Angéiologie).
Cette dernière portion du gros intestin reçoit habituellement trois branches, que l’on désigne, d’après leur situation, en artère sigmoïde gauche , artère sigmoïde moyenne et artère sigmoïde droite.
Indépendamment des artères que lui apportent les deux mésentériques, le côlon transverse reçoit, à sa partie moyenne et par son bord antérieur, un certain nombre de rameaux, à la fois très longs et très grêles, qui se détachent des artères gastro-épiploïques au niveau de la grande courbure de l’estomac, et qui lui arrivent en suivant l’épaisseur du grand épiploon.
B. Veines. — Les veines du côlon, veines coliques (voy. Angéiologie), suivent à peu près le même trajet que les artères coliques. Elles aboutissent : 1° pour le côlon ascendant et la moitié droite du côlon transverse, à la veine mésentérique supérieure ou grande mésaraïque; 2° pour la moitié gauche du côlon transverse, pour le côlon descendant et pour le côlon ilio-pelvien, à la veine mésentérique inférieure ou petite mésaraïque.
C. Lymphatiques. — Les lymphatiques du côlon, extrêmement nombreux, se dirigent en arrière, comme les veines. Ils viennent se jeter dans les ganglions lymphatiques qui s’échelonnent le long du bord adhérent des quatre côlons ascendant, transverse, descendant et ilio-pelvien. Les ganglions mésocoliques transverses sont surtout très nombreux au niveau des deux extrémités du côlon transverse. Ils communiquent avec les lymphatiques du grand épiploon et, par l’intermédiaire de ce dernier, entrent en relation avec les lymphatiques de la grande courbure de l’estomac.
D. Nerfs. — Les nerfs du côlon proviennent des sources suivantes : 1° pour le côlon ascendant et la moitié droite du côlon transverse, du plexus solaire, par les différents plexus qui entourent les trois artères coliques droites; 2° pour la moitié gauche du côlon transverse, pour le côlon descendant et pour le côlon ilio-pelvien, du plexus lombo-aortique, par les plexus qui entourent les trois coliques gauches.
§ IV. — Rectum
Le rectum (allem. Mastdarm, angl. Rectum) constitue la portion terminale du gros intestin . Il est ainsi nommé (du mot latin rectus , droit) à cause de sa direction qui, sans être complètement rectiligne, est beaucoup moins flexueuse que celle du côlon.
1° Limites. — La limite inférieure du rectum est assez nette : elle répond à la
RECTUM
ligne circulaire, ligne ano-rectale {ligne ano -cutanée cTHerrmann), qui passe par le bord supérieur des valvules semi-lunaires et qui, à ce niveau, sépare le revêtement muqueux du rectum du revêtement cutané de l’anus (voy. Anus).
Mais il n’en est pas de même de sa limite supérieure : le rectum, en effet, se continue directement avec le côlon ilio-pelvien, sans qu’aucun caractère morphologique ou structural vienne indiquer à l’œil la limite respective de ces deux portions du gros intestin. Cette dernière limite est toute conventionnelle et, ne pouvant être marquée sur l’intestin lui-même, doit être rapportée à la paroi osseuse du bassin. Or, si nous consultons à ce sujet les traités classiques, nous y lisons que l’S iliaque du côlon, après avoir décrit dans la fosse iliaque gauche ses deux courbures caractéristiques, s’ouvre dans le rectum au niveau de la symphyse sacro-iliaque gauche, laquelle deviendrait ainsi la ligne de démarcation du côlon et du rectum. Mais nous avons vu plus haut que cette disposition, considérée à tort comme normale, est au contraire tout à fait exceptionnelle et que, le plus souvent le segment terminal du côlon ilio-pelvien descend dans le bassin, le traverse de gauche à droite et vient se continuer avec le rectum, non pas sur le flanc gauche du sacrum, mais sur son flanc droit. Le rectum commence donc à droite de la ligne médiane et non à gauche.
Mais ce n’est pas tout : la portion initiale du rectum, ce que les auteurs classiques ont convenu d’appeler la première portion de cet organe, possède un mésentère (: mésorectum ) qui lui laisse une grande mobilité et qui n’est que la continuation du mésocôlon ilio-pelvien. Aucune ligne de démarcation ne sépare ces deux replis péritonéaux, pas plus que les segments intestinaux auxquels ils sont annexés. Dès lors, on ne comprend pas pourquoi les anatomistes, plaçant des limites là où la nature n’en a mis aucune, ont séparé dans leurs descriptions la portion terminale du côlon de la portion initiale du rectum. N’est-il pas plus rationnel de les réunir l’une à l’autre, d’incorporer celle-ci à celle-là et de reporter la limite respective du côlon et du rectum sur un point placé plus bas, à la fois très précis et très fixe, le point où finit le mésentère ? C’est ce qu’a fait Treves et j’adopte entièrement sa manière de voir à ce sujet : le mésentère s’arrêtant à la hauteur de la troisième vertèbre sacrée, c’est sur la partie médiane de cette vertèbre que se terminera pour nous le côlon et que commencera le rectum vrai.
Comme conséquence d’une pareille délimitation, ce que nous prenions autrefois pour la première portion du rectum, devient maintenant la portion terminale du côlon ilio-pelvien. Du même coup, le mot de mésorectum disparaît de la description classique : le mésorectum, en effet, n’est autre que la portion la plus inférieure du mésocôlon ilio-pelvien.
2° Dimensions, calibre. — Ainsi entendu, ainsi dépossédé au profit du côlon de sa portion supérieure, le rectum mesure 12 à 14 centimètres de longueur chez l’homme, 11 ou 12 centimètres chez la femme.
Son calibre varie naturellement suivant qu’on considère l’organe à l’état de vacuité ou à l’état de réplétion. — A Y état de vacuité, sa cavité étant pour ainsi dire virtuelle, son diamètre transversal mesure en moyenne 30 millimètres, son diamètre antéro-postérieur 15 à 20 millimètres seulement. Le rectum est, par conséquent, aplati d’avant en arrière. — A Y état de réplétion (fig. 227), le rectum acquiert un volume qui est presque égal à celui du cæcum. Du reste, sa dilatation est bien loin d’être uniforme : en le suivant de bas en haut, on trouve tout d’abord une portion relativement très étroite, qui s’étend de l’anus jusqu’au sommet de la
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prostate ; puis au-dessus de cette portion étroite, une dilatation en forme d’ampoule, Y ampoule rectale , susceptible d’acquérir des dimensions considérables ; enfin, au-dessus de l’ampoule, une portion plus étroite, assez régulièrement calibrée, qui se continue graduellement avec le côlon.
Il convient d’ajouter que les parois du rectum sont très extensibles et se laissent écarter avec la plus grande facilité : on connaît la manœuvre qui consiste à introduire la main tout entière dans cette portion de l’intestin pour explorer les organes contenus dans le bassin. Simon a constaté que le rectum pouvait, sans se rompre, atteindre jusqu’à 24 centimètres de circonférence, soit près de 8 centimètres de diamètre.
3° Situation, division, moyens de fixité. — A son origine et dans la plus grande partie de son étendue, le rectum est situé à la partie postérieure du petit bassin,
il 13
Fig. 227.
Le rectum, vu en place par sa face antérieure.
1, côlon ilio-pelvien, — 2, rectum, fortement distendu. — 3, anus. — 4, péritoinb, avec 4’, cul-de-sac de Douglas. — 5, os coxal (coupe frontale passant par les ischions). — 6, colonne lombaire, avec, sur la ligne médiane, l’artère sacrée moyenne. — 7, psoas iliaque. — 8, obturateur interne. — 9, releveur de l’anus. — 10, sphincter externe de l’anus. — 41, vaisseaux iliaques primitifs. — 12, vaisseaux iliaques externes. — 13, artère sacrée moyenne. — 14, vaisseaux et nerfs obturateurs. — 15, vaisseaux et nerf honteux internes. — 16, nerf crural. — 17, uretère. — 18, périnée.
immédiatement en avant de la colonne sacro-coccygienne. A sa partie inférieure, il s’échappe de cette cavité pour traverser le périnée et s’ouvrir à la surface cutanée. De là, la division toute naturelle du rectum en deux portions (fig. 228, 1 et 3) : 1° une portion supérieure, relativement considérable, que l’on désigne indistinctement sous les noms de portion sacro-coccygienne , portion intra-pelmenne , portion pelvienne ; 2° une portion inférieure, beaucoup plus courte, la portion extra-pelvienne ou portion périnéale . La première de ces deux portions se subdivise à son
RECTUM
tour, suivant qu’elle est revêtue ou non par le péritoine, en deux segments, un segment péritonéal et un segment infra-péritonéal.
Dans sa première portion, le rectum est maintenu en position : 1° par le péritoine, qui, en s’appliquant sur la partie la plus élevée de sa face antérieure (fig. 227), l’assujettit fortement contre la paroi postérieure du bassin ; 2° par les vaisseaux hémorrhoïdaux supérieurs et leur gaine conjonctive, qui le retiennent en haut; 3° par les vaisseaux hémorrhoïdaux moyens et surtout par deux lames conjonctives qui entourent ces vaisseaux et relient le rectum aux parois latérales du bassin ; nous y reviendrons plus loin (p. 246).
Sa portion inférieure est beaucoup plus fixe encore : elle contracte en effet, avec les différentes formations qui entrent dans la constitution du périnée, notamment avec l’aponévrose périnéale supérieure et avec le releveur de l’anus (voy. ce muscle), des connexions intimes.
Ainsi fixé, le rectum n’est susceptible d’aucun déplacement. 11 peut se dilater considérablement sur place ; il peut, par l’évacuation de son contenu, passer de ses dimensions les plus fortes à ses dimensions les plus faibles. Mais, qu’il soit surdistendu ou complètement vide, il occupe une situation pour ainsi dire invariable.
4° Direction. — Suivi de haut en bas (fig. 228 et 229), le rectum, directement appliqué tout d’abord contre la paroi postérieure du bassin, suit exactement la concavité de cette paroi.
Un peu en avant du sommet du coccyx, il s’infléchit brusquement en bas et en arrière pour aboutir à l’anus. Il décrit donc, dans le plan antéro-postérieur, deux courbures orientées en sens différent, comme le ferait un S italique : une courbure supérieure , beaucoup plus importante, à concavité dirigée en avant; une courbure inférieure , beaucoup plus petite, à concavité dirigée en arrière.
Indépendamment de ces deux inflexions antéro-postérieures, inflexions qui sont constantes, fixes, complètement indépendantes de l’état de réplétion ou de vacuité de l’intestin, on décrit encore au rectum deux autres courbures, se produisant dans le sens latéral : la première à concavité dirigée à gauche, située entre la troisième et la quatrième vertèbre sacrée ; la seconde, à concavité dirigée à droite, répondant à l’articulation du sacrum avec le coccyx. Ces courbures latérales sont peu prononcées, si tant est qu’elles existent. Du reste, les auteurs qui les décrivent avec force détails n’omettent jamais d’ajouter qu’elles ne sont réellement visibles que lorsque le rectum est complètement vide et qu’elles s’effacent entièrement quand il est distendu par les matières fécales.
5° Conformation extérieure. — Comme toutes les autres portions du gros intestin, le rectum est un conduit cylindroïde. Mais c’est un conduit beaucoup plus régulier, ne présentant, ni ces gouttières longitudinales, ni ces nombreuses bosselures qui caractérisent le cæcum et le côlon.
Toutefois sa surface extérieure. n’est pas entièrement lisse et unie. On y voit le plus souvent (fig. 227) un, deux ou trois sillons transversaux, qui occupent de préférence les parties latérales et qui, selon les cas, entourent la moitié ou même les deux tiers de la circonférence de l’organe. Ces sillons transversaux, qui sont le résultat d’un plissement local de la paroi rectale, se traduisent à l’intérieur, comme nous le verrons plus loin, par des replis semi-lunaires qui constituent les valvules du rectum.
D’un autre côté, le rectum n’est pas exactement cylindrique : plus ou moins comprimé par les viscères pelviens qui sont placés en avant de lui (la vessie,
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P utérus, l’anse pelvienne du côlon et parfois même les anses grêles), il est ordinairement un peu aplati d’avant en arrière, de telle sorte que son diamètre trans-
Fig. 228.
Coupe sagittale de la partie inférieure du tronc, chez l’homme (segment droit delà coupe).
A, cinquième vertèbre lombaire. — B, promontoire. — Ct, Cn, Cm, Civ, Cv, les cinq pièces du sacrum. — I), coccyx. — E, symphyse pubienne. — F, vessie. — G, verge. — H, scrotum.
1, ampoule rectale. — 2, valvule ou repli de Houston. — 3, portion anale du rectum, avec 3, anus. — 4, sphincter interne. — 5, sphincter externe. — 6. faisceaux ischio-coccygicns du releveur anal. — 7, portion terminale du côlon ilio-pelvien. — 8, coupe de l’anse pelvienne du côlon. — 9, 9, intestin grêle. — 9', segment d’intestin grêle occupant la partie la plus déclive du cul-de-sac vésico-rectal. — 1", veine iliaque primitive gauche. — 11, espace prévésieal. — 12, plexus veineux de Santormi, avec 12', veine dorsale de la verge. — 13, ligament suspenseur de la verge. — 14, vésicule séminale d oite, avec 14’, portion terminale du canal déférent. — 15, oritice inférieur de l'uretère. — 16, prostate. — 17, utricule prostatique. — 18, sphincter vésical. — 19, sphincter uréthral. — 2U, muscle transverse profond du périnée. — 21, muscle bulbo-caverneux. — 22, raphé prérectal. — 23, 23’, corps spongieux de l’urèthre. — 24, bulbe uréthral. — 25, gland, avec 25’, prépuce. — 26, corps caverneux droit, abrasé par la coupe. — 27, portion prostatique de l’urèihre — 28, sa portion membraneuse, avec 28’, glande de Méry ou de Cowper. — 29, sa portion spongieuse. — 30, cul-de-sac du bulbe. — 31, fusse naviculaire. — 32, méat urinaire. — 33, ouraque- — 34, grand épiploon. — 35, mésentère, avec 35 . ganglions mésentériques. — 36, mésocôlon ilio-pelvien. — 37, cul-de-sac rectovésical. — 38, paroi abdominale antérieure. — 39, cloison médiane des bourses. — 40, artère sacrée moyenne.
verse, comme nous l’avons déjà dit plus haut, l’emporte sur son diamètre antéropostérieur.
RECTUM
6° Rapports. — Le rectum présente des rapports importants. Nous les examinerons séparément pour sa portion pelvienne et pour sa portion périnéale :
A. Portion pelvienne. — La portion pelvienne ( deuxième portion de certains auteurs) s’étend de la troisième vertèbre sacrée au plancher de l’excavation pelvienne. Elle est, par conséquent, contenue tout entière dans le bassin, d’où son nom. Sa longueur est, en moyenne de 10 à 11 centimètres. Nous lui considérerons quatre parois : une antérieure , une postérieure et deux latérales.
a. Paroi postérieure. — La paroi postérieure répond, tout d’abord, au sacrum sur la ligne médiane et, de chaque côté de la ligne médiane, aux faisceaux d’origine des muscles pyramidaux, au grand sympathique et aux branches du plexus sacré, qui débouchent des trous sacrés antérieurs. Plus bas, au-dessous du sacrum, elle est en rapport avec le coccyx et les muscles ischio-coccygiens. La paroi rectale est unie aux organes précités par un tissu cellulaire lâche, au sein duquel se trouvent les deux artères sacrées latérales, l’artère sacrée moyenne et la glande coccygienne de Luschka (voy. Angéiologie), laquelle est appliquée, comme on le sait, contre la dernière pièce du coccyx. Nous y reviendrons plus loin (voy. p. 246).
b. Faces latérales. — Sur les côtés, le rectum sacro-coccygien est recouvert par le péritoine dans son quart ou son tiers supérieur, et nous ferons remarquer à ce sujet, sauf à y revenir plus tard (voy. p. 250), que la séreuse descend d'autant plus bas sur la face latérale du rectum qu’on se rapproche davantage de sa face antérieure. Plus bas, au-dessous du point où il est abandonné par le péritoine, le rectum est en rapport immédiat avec une couche cellulo-graisseuse, dans laquelle cheminent les filets nerveux du plexus hypogastrique. Sur un plan plus éloigné, il répond à l’aponévrose périnéale supérieure et au muscle releveur de l’anus.
c. Face antérieure . — En avant, les rapports de la portion pelvienne du rectum sont bien différents chez l’homme et chez la femme :
a) Chez l'homme (fig. 228), la face antérieure du rectum est recouverte tout d’abord par le péritoine, qui, à un moment donné, se réfléchit d’arrière en avant et de bas en haut pour tapisser la face postérieure de la vessie. La séreuse forme ainsi, entre le rectum et la vessie, une sorte de cul-de-sac, le cul-de-sac recto-vésical, dans lequel s’engagent le plus souvent, soit l’anse pelvienne du côlon, soit les circonvolutions les plus inférieures du jéjuno-iléon (fig. 228,9). — Au-dessous du culde-sac précité, le rectum, répond au bas-fond de la vessie sur la ligne médiane et, de chaque côté de cette ligne, aux canaux déférents et aux vésicules séminales Ces rapports, toutefois, ne sont pas immédiats : entre le rectum et les organes précités se dispose une lame cellulo-musculeuse, que nous étudierons plus tard (voy. Muscles et aponévroses du périnée) sous le nom d 'aponévrose prostato-peritonèale. Rappelons seulement ici qu’elle naît, en bas, au niveau de l’aponévrose périnéale moyenne et qu’elle s’étend de là, en passant au-devant du rectum, jusqu’au cul-de sac recto-vésical. — Plus bas, le rectum prend contact avec la face postérieure de la prostate, qu’il déborde parfois sur les côtés. Ici encore, entre le rectum et la prostate, s’interpose l’aponévrose prostato-péritonéale. — Les chirurgiens, on le conçoit, attachent une grande importance à la situation du cul-de-sac recto-vésical, en raison des opérations que l’on est appelé à pratiquer, soit sur le rectum, soit sur la vessie. Cette situation varie suivant que la vessie est vide ou distendue par l’urine. Quand la vessie est à l’état de vacuité, le fond du cul-de-sac, c’est-à-dire le point de réflexion du péritoine, se trouve situé à 10 ou 12 millimètres
Coupe sagittale de la partie inférieure du tronc chez la femme, pour montrer les rapports du rectum (segment droit de la coupey.
A, cinquième vertèbre lombaire. — B, promontoire. — Ci, Cii, Cin, Civ, Cv, les cinq vertèbres sacrées. - D, coccyx. — E, symphyse pubienne. — F, vessie.
1, ampoule rectale. — 2, valvule de Houston. — 3, portion anale du rectum, avec 3', anus. — 4, sphincter interne. — 5, sphincter externe. — 6, faisceaux ischio-coccygiens du releveur de l'anus. — 7, portion terminale du côlon pelvien. — 8, coupe de l’anse pelvienne du côlon. — 9, imestin grêle. — 10, veine iliaque primitive gauche. — 11, espace prévésical. — 12, plexus veineux de Santorini, avec 12’ veine dorsale du clitoris. — 13, ligament suspenseur du clitoris. — 14, clitoris, avec 14’, son capuchon. — 15, sa racine gauche. — 16, corps de l’utérus, avec 16', son col. — 17, vagin, avec 17’, son orifice. — 18, constricteur de la vulve. — 19, cloison recto-vaginale, avec 19’, faisceaux rétro-vaginaux du releveur anal. — 20, orifice inférieur de l’uretère. — 21, sphincter vésical. — 22, sphincter uréthral. — 23, urèthre, avec 23’, méat urinaire. — 24, vulve, avec 24’, petite lèvre; 24”, grande lèvre. — 25, périnée. — 26, ouraque. — 27, grand épiploon. — 28, mésentère, avec 28’, ganglions mésentériques. — 29, mésocôlon ilio-pelvien. — 30, cul-desac recto-vaginal, avec 30’, une anse intestinale descendue dans ce cul-de-sac. — 31, cul-de-sac uléro-vésical. — 32, paroi abdominale. — 33, mont de Vénus.
Fig. 229.
au-dessus de la base de la prostate et à 5 ou 6 centimètres au-dessus de l’anus. Au fur et à mesure que le réservoir urinaire se remplit et se distend, le cul-de-sac remonte peu à peu le long du rectum. Quand la distension vésicale est com-
plète, il s’est élevé de 15 à 20 millimètres au-dessus de son niveau initial : il se trouve situé, maintenant, à 7 ou 8 centimètres au-dessus de l’anus. — La surface de
RECTUM
contact recto-vésicale augmente donc dans le sens vertical avec l’état de réplétion de la vessie. Mais, quelle que soit son étendue, cette surface a toujours la forme d’un triangle, dont la base est dirigée en haut et dont le sommet répond à la base de la prostate.
P) Chez la femme (fig. 229), la face antérieure du rectum est encore tapissée par le péritoine qui se réfléchit, non plus sur la vessie comme chez l’homme, mais sur le vagin et l’utérus, en formant le cul-de-sac recto-vaginal ou cul-de-sac de Douglas (fig. 229, 30). — Ce cul de-sac, dans lequel s’amassent encore dans la plupart des cas quelques circonvolutions intestinales, est beaucoup plus fixe que le cul-de-sac recto-vaginal : il est situé à 13 ou 20 millimètres au-dessous de l’extrémité supérieure du vagin et à 6 ou 7 centimètres au-dessus de l’anus. — Au-dessous du cul-de-sac recto-vaginal, le rectum s’adosse à la paroi postérieure du vagin qui remplace ici, au point de vue des rapports, le bas-fond de la vessie et la prostate. Un tissu cellulaire, généralement assez lâche, unit ensemble les deux parois, qui forment ainsi, entre la cavité du rectum et celle du vagin, une cloison membraneuse très résistante, la cloison recto-vaginale.
B. Portion périnéale. — La portion périnéale du' rectum ( troisième portion de certains auteurs), comprise dans l’épaisseur du périnée, extra-pelvienne par conséquent, s’étend du plancher pelvien à l’anus : sa longueur est de 3 centimètres chez l’homme, de 2 centimètres seulement chez la femme. A sa partie la plus inférieure, elle est enveloppée sur tout son pourtour par le sphincter externe, qui l’enserre comme dans une sorte d’anneau élastique. Nous lui considérerons, comme à la portion pelvienne, une face postérieure, une face antérieure et deux faces latérales :
a. Face antérieure . — Par sa face postérieure, le rectum périnéal est en rapport avec les faisceaux les plus reculés du releveur de l’anus et avec la partie postérieure du sphincter externe (voy. ces muscles).
b. Faces latérales. — Sur les côtés, il répond encore au releveur de l’anus et au sphincter externe et, en dehors de ces muscles, au tissu cellulo-adipeux de la fosse ischio-rectale.
c. Face antérieure. — En avant, les rapports du rectum périnéal sont encore différents chez l’homme et chez la femme :
a) Chez l’homme (fig. 228), il répond successivement au sommet de la prostate, à la portion membraneuse de l’urèthre et au bulbe uréthral. L’urèthre à ce niveau étant oblique en bas et en avant, le rectum de son côté étant oblique en bas et en arrière, ces deux organes sont séparés l’un de l’autre par un espace triangulaire, le triangle recto-uréthral , dont le sommet répond à la prostate et dont la base est constituée par la peau du périnée. Dans ce triangle se trouvent, baignant dans un tissu cellulo-adipeux plus ou moins abondant : 1° les fibres du sphincter externe de l’anus; 2° celles des muscles releveur, bulbo-caverneux et transverse du périnée ; 3° les glandes bulbo-uréthrales, accolées à la partie postérieure et supérieure du bulbe ; 4° quelques artérioles, provenant des hémorrhoïdales.
P) Chez la femme (fig. 229), la portion anale du rectum est en rapport avec la partie antérieure du vagin : rectum et vagin sont séparée, ici encore par une région triangulaire, le triangle recto-vaginal, dont la base, dirigée en bas, répond à la peau du périnée. Cette région triangulaire résulte, comme nous le montre la figure 229, de l’écartement des deux parois qui, jusque-là, constituent par leur adossement la cloison recto-vaginale. Il est comblé par du tissu cellulo-adipeux, au sein duquel se rencontrent sous les angles les plus divers les fibres du sphincter
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externe de l’anus, celles du constricteur du vagin et du transverse, plus un certain nombre de fibres longitudinales du rectum diversement entrecroisées. .
Gaine cellulo-vasculaire du rectum, espace rétro-rectal. — Le rectum pelvien est entouré, dans toute sa portion infra-péritonéale, par une gaine celluleuse ou, plus exactement, cellulo-vasculaire, au sein de laquelle se ramifient ses vaisseaux avant de pénétrer dans l'épaisseur de ses parois. Au-dessous du cul-de-sac recto-vésical ou cul-de-sac de Douglas, cette gaine cellulofibreuse fait tout le tour du rectum; c’est un cylindre complet engainant l’organe. Au-dessus du cul-de-sac, elle revêt seulement les portions du rectum qui ne sont pas recouvertes par le péritoine, c’est-à-dire la face postérieure et une partie de ses deux faces latérales : ce n'est donc plus ici un véritable cylindre, mais une simple gouttière à concavité antérieure, dont les bords se dirigent obliquement de haut en bas et d’arrière en avant; autrement dit, cette gouttière est d’autant plus large qu’on la regarde plus bas, d’autant plus étroite qu’on la regarde plus haut. Au total, la gaine cellulo-fibreuse du rectum, considérée dans son ensemble, revêt la forme d’un cylindre, dont la partie supérieure serait taillée en sifflet suivant un plan oblique de haut en bas et d’arrière en avant. La partie du cylindre qui manque répond exactement au feuillet péritonéal qui revêt, en haut, la face antérieure du rectum et une partie de ses faces latérales (voy. fig. 233). Ainsi complétée par ce feuillet péritonéal, la gaine du rectum est, comme on le voit, en partie celluleuse ou fibreuse, en partie séreuse : de là le nom de gaine fibro-séreuse sous lequel l’a décrite Jonnesco.
Ainsi entendue, la gaine cellulo-vasculaire du rectum est dans la plupart des cas, nettement différenciée. Elle est épaisse, résistante, élastique, suivant exactement les variations volumétriques de son contenu : se laissant facilement distendre quand le rectum passe de l’état de vacuité à l’état de réplétion, revenant sur elle-même quand l’organe revient à ses dimensions initiales. Toutefois, la gaine rectale n’a pas, sur tous les points, un développement uniforme : elle présente son maximum d’épaisseur à sa partie inférieure et. de là, va en s’atténuant au fur et à mesure qu’elle se rapproche du côlon. Histologiquement elle se compose de faisceaux du tissu conjonctil plus ou moins tassés les uns contre les autres, auxquels vient se joindre, dans la moitié inférieure du rectum, une quantité toujours considérable de fibres musculaires lisses, hile est, chez l'adulte, plus ou moins infiltrée de graisse.
La gaine cellulo-vasculaire du rectum se confond, à sa partie antérieure, avec une aponévrose spéciale que nous décrirons plus loin à propos des aponévroses du périnée, Y aponévrose prostatopéritonéale (voy. liv. X). Sur les côtés, elle émet deux prolongements, disposés en sens frontal, qui s’étendent jusqu’aux vaisseaux hypogastriques. Ces prolongements latéraux, qui renferment dans leur épaisseur les vaisseaux hémorrhoïdaux moyens, ont certainement pour effet, en rattachant le rectum aux parois du bassin, de le maintenir sur la ligne médiane : ils deviennent ainsi des espèces de ligaments, les ligaments latéraux du rectum pelvien de Jonnesco ( lames latérorectales d’ÛMBREDANNE).
Pierre Delbet a décrit en 1891, sur les parties latérales du rectum, une lame aponévrotique qu’il désignait sous le nom d 'aponévrose sacro-recto-génitale . Cette aponévrose naîtrait sur le sacrum au niveau des deuxième et troisième trous sacrés, quelquefois plus bas. De là, elle se porterait en avant et en bas et viendrait se fixer, en partie sur la paroi latérale du rectum, en partie (chez la femme) sur la face postérieure de l’utérus et du vagin à droite et à gauche de la ligne médiane. L’aponévrose sacro-recto-génitale de Delbet est vraisemblablement la même que celle décrite, en 1846, par Jarjavay sous le nom d 'aponévrose postérieure du ligament large , la même aussi que celle décrite dans tous les traités classiques sous le nom de ligament utérosacré. Celte formation fibreuse existe, du reste, chez l'homme (voy. Vessie) comme chez la femme et, chez l’un comme chez l’autre, elle se place dans l’épaisseur des replis de Douglas. L’aponévrose sacro-recto-génitale n’est pas toujours nettement différenciée et ainsi s’explique sans doute cette déclaration de Jonnesco, qu’ « il l’a vainement cherchée ». Nul doute que les faisceaux sacro-recto-génitaux, quand ils existent et qu'ils sont bien développés, renforcent sur les côtés la gaine du rectum. %
Le rectum pelvien adhère faiblement à sa gaine eellulo-vaseulaire et lorsqu’on a incisé celle-ci longitudinalement sur sa face postérieure à travers une large fenêtre pratiquée dans le sacrum, on arrive facilement à le décoller et à l’enlever sans détruire son enveloppe. C’est surtout à la partie postérieure que ces adhérences sont le plus faibles. U y a là, entre la paroi rectale et le sacro coccyx, une couche du tissu cellulaire lâche qui se laisse injecter avec la plus grande facilité, constituant alors une véritable cavité, la cavité rétro-rectale. Omrrf.danne (Th. de Paris, 1900), auquel nous devons une bonne description de cette cavité, la compare, non sans raison, à la cavité prévésicale (voy. Vessie). Il existe en effet, entre les deux cavités, la plus grande analogie.
bi, après avoir sectionné le rectum en travers au niveau de son tiers supérieur, nous l’érighons en avant pour prendre une notion exacte de la manière dont sont constituées les quatre parois de notre cavité rétro rectale, nous constatons ce qui suit (fig. 230). — La paroi antérieure, tout d'abord est formée par la face postérieure du rectum, avec ses vaisseaux hémorroïdaux supérieurs cheminant dans une couche de tissu cellulaire. — La paroi postérieure est constituée par la partie de la face antérieure du sacrum, qui se trouve comprise, entre les deux rangées de trous sacrés. Ici encore, la paroi osseuse est recouverte, dans toute son étendue, par une lame celluleuse ( lame
RECTUM
présacrée), qui est très adhérente au niveau des trous sacrés et dans l’épaisseur de laquelle se trouvent l’artère sacrée moyenne et ses collatérales. — Les parois latérales sont représentées, à droite et à gauche, par un angle dièdre, ouvert en dedans, au sommet duquel se voit lartèiv hypogastrique. Cette paroi latérale est donc formée par deux feuillets cellulo-fibreux, qui, tous les deux, naissent sur la gaine conjonctive de l’artère hypogastrique et qui se portent ensuite, en divergeant : l’un, en avant, sur la partie latérale du rectum, c’est le feuillet antérieur ; l’autre en arrière, sur la face antérieure du sacrum, c'est le feuillet postérieur. De ces deux feuillets, qui rappellent assez bien les deux feuillets d’un paravent à demi ouvert (Ombredanne), le postérieur vient se terminer sur le bord interne des trous sacrés, où il prend contact avec la lame présacrée dont il a été question plus haut ; dans son épaisseur cheminent l’artère sacrée latérale, l’artère ilio-lombaire et les branches du plexus sacré. Quant au feuillet antérieur, il n’est autre que la
L’espace rétro-rectal, vu d’en haut.
Deux coupes ont été pratiquées sur le bassin, l'une horizontale, l’autre vertico-transversale : puis, le rectum, saisi par une érigne un peu au-dessus du cul-de-sac péritonéal, a été fortement renversé en avant.
1, sacrum. — 2, canal sacré et queue de cheval. — 3, rectum, avec 3’ son péritoine. — 4, vaisseaux iliaques internes, avec leur gaine celluleuse. — S. espace rétro-rectal. — 6, feuillet présacré. — 7, feuillet allant de l'iliaque interne au côté interne des trous sacrés. — 8, feuillet allant de l’iliaque interne au bord correspondant du rectum, — 9, artère sacrée moyenne. — J 0, artère sacrée latérale. — 11, artère hémorroïdale supérieure. — 1*. nerf sacré, sortant du trou sacré. — 13, releveur de l’anus. — 14, obturateur interne. — la, fosse ischio-rectale. — 16, os coxal, avec 16’, cavité cotyloïde. — 17, espace pelvi-rectal supérieur.
lame latéro-rectale ou ligament latéral du rectum, ci-dessus décrit, qui sert de substratum aux vaisseaux hémorrhoïdaux moyens. Comme le fait remarquer Ombredanne, lorsque le rectum est fortement tiré en avant, les deux feuillets du paravent se placent tous les deux dans la même direction et ne forment plus alors qu’une seule lame uniformément orientée en sens sagittal : laisse-t-on au contraire, le rectum reprendre sa place dans la concavité sacrée, le paravent se plie et. ses deux feuillets s’adossent l’un à l’autre par leurs faces correspondantes.
En bas, la loge rétro-rectale descend jusqu’au plancher pelvien : elle se termine en pointe au niveau de l’union du rectum avec les deux petits muscles recto-coccygiens (voy. Releveur de l'anus ). En haut, du côté de l’abdomen, la cavité rétro-rectale est moins nettement fermée : le tissu cellulaire qui la cloisonne se continue, sur la ligne médiane, avec la couche celluleuse prévertébrale, sur les côtés avec le tissu cellulaire de la fosse iliaque.
7° Conformation intérieure. — Vu intérieurement et à l’état de vacuité (fig. 231), le rectum nous présente tout d’abord des plis longitudinaux adossés les uns aux autres. De là, l’aspect irrégulièrement étoilé que revêt cette portion du gros intestin quand on l’examine sur des coupes horizontales. Ces plis longitudinaux sont formés uniquement par la muqueuse et, de ce fait, s’effacent entièrement par la distension de la cavité rectale.
248 APPAREIL DE LA DIGESTION
a. Valvules rectales. — A côté de ces plis à direction longitudinale, se voient un certain nombre de plis transversaux, plus ou moins saillants en dedans, que l’on appelle en général valvules de Houston, du nom du médecin anglais qui, le premier (1830), nous en a donné une bonne description. Disons tout de suite que les valvules rectales de Houston ne sont que des pseudo-valvules et qu’elles ne peuvent en aucun cas, remplir le rôle, dévolu aux valvules vraies, de régler le cours des matières fécales.
Du reste, les valvules rectales (nous conserverons ce nom consacré par l’usage) sont des formations essentiellement variables. Au point de vue de leurs dimensions,
tout d’abord, elles entourent, suivant les cas, la moitié, les deux tiers, les trois quarts du rectum ; on en rencontre parfois qui font tout le tour de l’organe (valvules annulaires), mais le cas est fort rare. Elles siègent de préférence sur les parois latérales, la droite ou la gauche ; mais on les rencontre aussi sur les parois antérieure ou postérieure. Leur nombre n’est pas moins variable et, à côté des auteurs qui ne mentionnent qu’une seule valvule, on en trouve d’autres, Houston par exemple, qui en décrivent jusqu’à quatre. La disposition qui me paraît la plus commune est la suivante (fig. 231). Il existe trois valvules, que nous distinguerons, d’après leur situation, en inférieure , moyenne et supérieure : la valvule moyenne (5), qui est à peu près constante, est située sur la paroi droite du rectum , à 6 ou 7 centimètres au-dessus de l’anus ; on la désigne assez souvent sous le nom d e, valvule de Kohlrausch ; la valvule inférieure (4) occupe la paroi latérale gauche, à 2 ou 3 centimètres au-dessus de l’anus ; la valvule supérieure (6) est encore placée sur la paroi latérale gauche, à 2 ou 3 centimètres au-dessus de la valvule moyenne, à 8 ou 10 centimètres par conséquent au-dessus de l’anus.
On rencontre assez souvent une quatrième valvule, tantôt à peine visible, tantôt au contraire très développée, au niveau du point (en 7 de la figure 231) où le côlon pelvien se continue avec le rectum, de préférence sur le côté droit.
Quoi qu’il en soit des dimensions, du nombre et du siège des valvules rectales, chacune d’elles a une forme semi-lunaire et nous offre a considérer deux faces, deux bords et deux extrémités. — Des deux faces, la supérieure est plane ou plus ou moins excavée en cupule ; l’inférieure, par contre, est plane ou plus ou moins convexe. — Les deux extrémités se continuent insensiblement avec la paroi rectale. — Les deux bords se distinguent en interne et externe : le bord interne ou bord libre, régulièrement concave, mince et tranchant, regarde la cavité de l’organe ; le bord externe ou bord adhérent, convexe, beaucoup plus épais que le précédent, se confond avec la paroi du rectum. Ce bord adhérent répond ordinairement à un sillon transversal creusé sur la surface extérieure de l’organe ; mais ce n’est pas là une disposition absolument constante et Ton observe parfois des valvules parfaitement développées sur des rectums dont la surface extérieure est entièrement lisse.
Fig. 231.
Les valvules du rectum, vues sur une coupe frontale de l’organe (segment postérieur de la coupe).
1, portion prérectale du côlon. — 2, rectum. — 3, anus, avec ses valvules semi-lunaires. — 4, valvule inférieure.
— 5, valvule moyenne ou valvule de Kohlrausch. — 6, valvule supérieure. — 7, inflexion marquant la limite du côlon et du rectum.
RECTUM
Envisagées au point de vue de leur constitution anatomique, les valvules du rectum sont formées par l’adossement de la muqueuse et de la sous-muqueuse, avec, à leur partie moyenne, une couche musculaire représentant les fibres circulaires de l’organe. Les fibres longitudinales, comme nous le verrons plus loin (p. 251), passent pour la plupart directement de la partie supérieure à la partie inférieure du bord adhérent de la valvule.
b. Valvules semi-lunaires. — A la partie tout inférieure du rectum, à 5 ou 6 millimètres au-dessus de l’orifice anal, se voit une série de petits replis curvilignes, à concavité dirigée en haut. Ces replis (fig. 232, 4), en forme de nid de pigeon, qui rappellent jusqu’à un certain point les valvules sigmoïdes de l’aorte et de la pulmonaire, sont désignés, depuis Morgagni, sous le nom de valvules semi -lunaires du rectum. Leur largeur mesure ordinairement de 8 à 10 millimètres ; leur hauteur dépasse rarement 2 ou 3 millimètres.
Quant à leur nombre, il varie le plus souvent de 5 à 8 ; mais on peut en rencontrer 12 et même 15.
Chacune d’elles nous présente : 1° une face interne, convexe, qui est tournée du côté de la cavité intestinale; 2° une face externe, concave, qui regarde la paroi rectale et qui forme avec elle une sorte de cavité en cul-desac, la poche de la valvule ; 3° un bord libre, concave en haut, qui constitue la limite* interne de la poche; 4° un bord adhérent, convexe en bas, qui se confond avec ïa paroi du rectum ; 5° deux extrémités, qui, comme le bord adhérent, se fusionnent avec la paroi.
Les valvules semi-lunaires, quand elles sont bien accusées et qu’elles se succèdent sans interruption sur tout le pourtour du rectum, forment au-dessus de l’anus une région toute spéciale, revêtant la forme d’une bande irrégulièrement festonnée. C’est au niveau de leur bord libre ( ligne ano-rectale), rappelons-le en passant, que se termine le rectum et que commence l’anus.
c. Colonnes de Morgagni. — Au niveau des points où les extrémités latérales des valvules semi-lunaires se continuent avec les extrémités correspondantes des valvules voisines, la muqueuse se soulève en de petites saillies longitudinales, qui se prolongent plus ou moins haut et auxquelles Morgagni a donné le nom, un peu prétentieux peut-être, de colonnes du rectum : ces colonnes (fig. 232, 5), en effet, sont ordinairement peu saillantes et, d’autre part, ne mesurent, dans la plupart des cas, que 10 à 12 millimètres de hauteur. Ce sont les colonnes de Morgagni des auteurs modernes. Chacune d’elles, quel que soit son développement, revêt la forme d’une petite pyramide, dont la base, dirigée en bas, se continue, à droite et à gauche, avec les extrémités des deux valvules semi-lunaires adjacentes, et dont
ANATOMIE HUMAINE. — T. IV, 6e ÉDIT. 32
Fig. 232.
La portion anale du rectum avec les valvules semi-lunaires.
1, peau du périnée. — 2, surface interne du rectum. — 3, marge de l’anus. — 4, valvules semi-lunaires du rectum. — 5, colonnes du rectum ou colonnes de Morgagni. — 6, petits paquets hémorroïdaux recouverts par la muqueuse.
le sommet, plus ou moins effilé, se perd eu mourant sur la paroi rectale. Entre elles se voient des gouttières longitudinales, qui se terminent en bas dans les poches des valvules semi-lunaires correspondantes.
Au point de vue structural, les colonnes de Morgagni sont formées par un repli muqueux, emprisonnant à son centre un faisceau plus ou moins considérable de fibres musculaires à direction longitudinale.
Nous ajouterons que sur la face interne des valvules semi-lunaires, comme aussi dans les gouttières longitudinales qui les surmontent, se voient, chez l’adulte et chez le vieillard, des saillies irrégulières (fig. 232, 6), formées par des dilatations veineuses sous-jacentes.
8° Constitution anatomique. — Le rectum se compose, comme les autres segments du gros intestin, de quatre tuniques superposées, qui sont en allant de dehors en dedans, une séreuse , une musculeuse, une celluleuse ou sous-muqueuse , une muqueuse.
A. Tunique séreuse. — Le péritoine n’est en relation qu’avec la moitié supérieure de la première portion du rectum. Il revêt tout d’abord sa face antérieure, puis
une partie de ses deux faces latérales.
La ligne de séparation entre la portion péritonéale du rectum et sa portion infrapéritonéale, autrement dit la ligne suivant laquelle se réfléchit la membrane séreuse en abandonnant le rectum pour se porter sur les formations voisines, est, de chaque côté, une ligne oblique de bas en haut et d’avant en arrière : elle représente dans son ensemble (fig. 233) une sorte de fer à cheval dont les deux extrémités, très rapprochées l’une de l’autre, remontent jusqu’à la troisième vertèbre sacrée ou, ce qui revient au même, jusqu’à la terminaison du mésocôlon ilio-pelvien.
Des faces latérales du rectum, le péritoine se réfléchit sur les parois du bassin. De sa face antérieure, il se jette comme cela a été déjà dit plus haut, sur la vessie chez l’homme, sur le vagin et l’utérus chez la femme, en formant les culs-de-sac rectovésical et recto-vaginal. Nous savons encore que ces deux culs-de-sac sont situés l’un et l’autre à 6 ou 7 centimètres au-dessus de l’anus. Sur la partie la plus déclive du culde-sac recto -vésical vient s’insérer, chez l’aponévrose prostato-péritonéale de Denon-
Fig. 233.
Péritoine rectal ( demi-schématique ).
1, troisième vertèbre sacrée. — 2, cinquième vertèbre lombaire. — 3, coccyx. — 4, rectum, avec : 4’, sa portion péritonéale; 4”, sa portion infrapéritonéale. — 5, anus. — 6, portion terminale ou prérectale du mésocôlon ilio-peivien. — 8, péritoine pariétal. — 9, cul-de-sac recto-vésical. — 10, insertion supérieure de l’aponévrose prostato-péritonéale. — 11, sphincter externe.
l’homme, l’extrémité supérieure de villiers (voy. Muscles du périnée).
B. Tunique musculeuse. — La tunique musculeuse du rectum nous présente, comme celle du cæcum et du côlon, deux couches nettement distinctes : 1° une couche superficielle, comprenant des fibres longitudinales; 2° une couche profonde, formée par des fibres circulaires.
RECTUM
a. Fibres longitudinales. — Nous avons vu que, sur la portion inférieure du côlon ilio-pelvien, les fibres longitudinales se disposaient en deux bandes rubanées, l’une répondant à la paroi antérieure de l'intestin, l’autre à sa paroi postérieure. En passant du côlon sur le rectum, ces deux bandes s’élargissent, recouvrent une partie de plus en plus grande des deux faces antérieure et postérieure et, finalement.
arrivent au contact l’une de l’autre au niveau des bords droit et gauche. Les fibres longitudinales ne forment plus alors qu’une seule couche, occupant tout le pourtour du rectum. Il convient d’ajouter cependant que, sur les parties latérales du conduit, la couche des fibres longitudinales est un peu plus mince que sur les faces antérieure et postérieure. Quelle que soit la situation qu’elles occupent, les fibres longitudinales descendent parallèlement les unes aux autres jusqu’à l’anus, où elles se terminent.
Laimer (1884), auquel nous devons une bonne description des fibres du rectum, a montré que les fibres longitudinales ne descendent pas toutes jusqu’à l’anus. C’est ainsi que, au niveau des étranglements ou sillons que présente la paroi rectale, les fibres longitudinales les plus profondes, au lieu de passer comme un pont au-dessus de ces sillons, se dirigent vers leur profondeur, arrivent ainsi à la couche des fibres circulaires et se terminent dans cette couche, soit en se perdant sur le tissu conjonctif interfasciculaire, soit en se transformant en fibres circulaires.
Laimer a établi, d’autre part, que, sur les points où se terminent ces fibres longitudinales naissent d’autres fibres, qui se jettent dans la lèvre inférieure des sillons, se portent ainsi vers les fibres longitudinales superficielles et se mêlent à elles pour descendre jusqu’à l’anus. Il résulte d’une pareille disposition que, chemin faisant, un certain nombre de fibres longitudinales pénètrent dans la couche des fibres circulaires pour se continuer avec ces dernières. Comme compensation, de cette même couche circulaire, se détachent des fibres qui, changeant à la fois
Fig. 234.
Un rectum de femme, vu par sa face antérieure d’après Laimer).
(La couche musculaire longitudinale a été enlevée par places pour permettre de voir les fibres musculaires sous-jacentes).
V, une portion de la paroi vaginale. — R. couche des fibres circulaires. — a, b, c , d. quatre étranglements latéraux du cylindre rectal. — l, t\ fibres Ion itu finales formant un faisceau rubané, élargi et renforcé à sa partie inférieure. — s, un faisceau de fibres longitudinales, naissant en partie de la couche des fibres circulaires, en partie entre les faisceaux de ‘cel te dernière couche. — p, lame musculaire triangulaire, dont la partie supérieure est formée par des faisceaux qui se séparent, en haut, de la bandelette longitudinale tt' et qui viennent se continuer, en bas, avec la couche des fibres circulaires, dont la partie inférieure est formée parées fibres qui de la couche circulaire descendent dans la bandelette longitudinale tt'. — k, un faisceau de la couche longitudinale, renforcé sur son côté gauche par des faisceaux provenant de la couche des fibres musculaires. — /, autre faisceau longitudinal, recevaut sur son côté gauche un faisc-au triangulaire dont les fibres proviennent de la couche des fibres circulaires.
de place et de direction, se mêlent à la
couche des fibres longitudinales et la renforcent. La figure 234, que j’emprunte à Laimer, nous montre très nettement ces changements de direction que présentent, au cours de leur trajet, les fibres musculaires de la paroi rectale.
Arrivées à la partie inférieure du rectum, nos fibres longitudinales se terminent suivant des modalités différentes et, à ce sujet, il convient de les diviser en trois groupes (fig. 235) : un groupe superficiel, un groupe moyen et un groupe profond.— Les fibres superficielles ou externes (c) se terminent, à droite et à gauche, sur l’aponévrose périnéale supérieure qui, de ce fait, se trouve étroitement unie au rectum. — Les fibres moyennes (b) disparaissent dans une couche de tissu fibroélastique (tissu tendineux de Laimer), qui, au niveau du plancher pelvien, sépare
la paroi latérale du rectum de la portion interne du releveur de l’anus.
Cette formation fibro-élastique , qui affecte, tantôt la forme d’une lame disposée en sens sagittal, tantôt la forme de petites arcades à concavité dirigée en dehors, donne insertion à la fois :
1° sur son côté interne , aux fibres longitudinales moyennes du rectum ; 2° sur son côté externe, aux fibres correspondantes du releveur. Elle sépare donc l’un de l’autre les deux muscles.
Si par la pensée on fait abstraction de cette formation fibro-élastique, et si on suppose, d’autre part, que les fibres longitudinales moyennes du rectum se continuent bout à bout avec celles du releveur, on voit tout de suite que ces deux ordres de fibres, ainsi réunies, forment dans leur ensemble de longues anses à concavité dirigée en haut, remontant d’un côté sur les parois rectales, venant se terminer de l’autre sur les parois de l’excavation pelvienne. — Les fibres profondes ou internes (a) poursuivent leur trajet vers l’anus, les unes en passant entre le sphincter interne et le sphincter externe, les autres en traversant de haut en bas l’un ou l’autre de ces muscles. Finalement, toutes les fibres internes viennent se fixer à la face profonde de la peau de l’anus. Un certain nombre d’entre elles, cependant, paraissent se terminer dans l’épaisseur même des sphincters, soit interne, soit externe (voy. Anus, p. 262).
Au point où elles s’engagent dans le périnée, les fibres longitudinales du rectum sont renforcées : 1° sur les côtés, par les fibres les plus internes du releveur, qui s’infléchissent en bas pour* descendre avec elles vers l’anus (voy. Releveur) ; 2° en arrière, par deux petits faisceaux, l’un droit, l’autre gauche, qui proviennent du sacrum et du coccyx : c’est le muscle recto-coccygien de Treitz, le musculus retrac tor ani de certains auteurs ; nous le décrirons à propos du releveur (voy. ce muscle); 3° en avant (chez l’homme seulement), par un faisceau, plus ou moins considérable, qui provient de la couche musculaire longitudinale de l’urèthre, c’est le muscle uréthral de Roux, le muscle prérectal de Henle; les fibres qui le constituent se
Schéma montrant, sur une coupe vertico-transversale, le mode de terminaison des fibres longitudinales du rectum.
4, anus. — 2, muqueuse rectale. — 3, peau du périnée. — 4, releveur de l'anus. — 5, lame fibro-élastique (lame tendineuse de Laimer), sur laquelle s’insère ce muscle.— 6, aponévrose périnéale supérieure. — 7, sphincter externe. — 8, sphincter interne. — 9, fibres circulaires du rectum. — 10, fibres longitudinales, avec : a, fibres internes ou profondes ; ô, fibres moyennes ; c, fibres externes ou superficielles.
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mêlent aux fibres longitudinales du rectum et viennent se perdre en grande partie dans l’épaisseur même du sphincter interne.
b. Fibres circulaires : sphincter interne et autres sphincters. — Les fibres cir culaires de la paroi intestinale se disposent ici de la même façon que sur le reste du gros intestin : elles forment un plan continu qui, d’une part, embrasse toute la circonférence du rectum, d’autre part s’étend de son extrémité supérieure à son extrémité inférieure.
La couche des fibres circulaires du rectum présente cette particularité, cependant, que son développement n’est pas uniforme.
C’est ainsi qu’au niveau de l’ampoule rectale elle est plus mince que partout ailleurs. Au-dessous de l’ampoule, elle s’épaissit graduellement jusqu’à l’anus en formant, tout autour de cet orifice, une sorte d’anneau musculaire, connu sous le nom de sphincter interne (fig. 236, 6).
Le sphincter interne, concentrique au sphincter externe, qui est situé en dehors de lui, mesure de 3 à 6 millimètres d’épaisseur. — En bas, il se termine à la marge de l’anus, un peu au-dessous de la ligne d union de la muqueuse rectale avec la peau de l'anus : son extrémité inférieure répond donc à la peau, dans une étendue de 8 à 10 millimètres. — En haut, il se fusionne sans ligne de démarcation bien nette avec les derniers faisceaux musculaires de l’ampoule. Sa hauteur est de 4 ou 5 centimètres.
O’Beirne a décrit, sous le nom de sphincter supérieur, un nouvel épaississement des fibres circulaires du rectum, qui serait placé immédiatement au-dessus de l’ampoule rectale et qui aurait pour attributions de retenir les matières fécales accumulées dans le côlon ilio-pelvien. De son côté, Nélaton a appelé l’attention sur un troisième sphincter, le sphincter de Nélaton, qui serait situé au niveau de la base de la prostate, à 8 ou 10 centimètres au-dessus de l’anus par
conséquent. Ce dernier faisceau n’est pas constant et, quand il existe, il n’occupe ordinairement qu’une portion de la circonférence du rectum. De plus, son épaisseur n’excède pa^s 2 ou 3 millimètres, sa hauteur 10 à 12 millimètres. Il n’a pas plus d importance que le faisceau décrit par O’Beirne : l’un et l’autre ne méritent en rien, pas plus par leur fonction que par leur disposition anatomique, le nom de sphincter qu’on leur a donné et que leur donnent encore la plupart des anatomistes et des chirurgiens. Ce sont de simples épaississements locaux de la musculature circulaire du rectum au niveau des valvules centrales ci-dessus décrites.
Coupe sagittale du rectum au niveau de l'anus, pour montrer la disposition des sphincters (segment droit de la coupe).
1, épiderme. — 1’, épithélium. — 2, limite de séparation de la peau et de la muqueuse. — 3, derme. — 4, tissu graisseux. — 5, une artère. — 6, fibres lisses, formant le sphincter interne. — 7, fibres striées, formant le
sphincter externe.