‹ Traité d'anatomie humaine (volume 4)Chapitre 31 sur 107 · C. DEY Y · texte numérisé non relu

C. DEY Y

Fig. 284.

Le foie, vu par sa face inférieure ou face concave.

A, bord antéro-inférieur. — B, bord postéro-supérieur. — C, extrémité droite. — D, extrémité gauche.

1, lobe droit, avec a, son empreinte colique ; ô, son empreinte rénale ; c, son empreinte capsulaire. — 2, lobe carré ou éminence porte antérieure. — 3, lobe gauche et empreinte gastrique. — 4, lobe de Spigel ou éminence porte postérieure, avec «, sa saillie antérieure ( processus papillaris) et p, son prolongement antérieur ou caudé [processus caudatus ) — 5, sillon longitudinal. — 6, pont de substance hépatique, passant par-dessus ce sillon et reliant ensemble le lobe gauche et le lobe carré. — 7, ligament rond (veine ombilicale oblitérée) occupant la partie antérieure du sillon longitudinal. — 8, cordbn fibreux vestige du canal veineux d’Arantius), logé dans la partie postérieure de ce sillon. — 9, sillon transverse ou hile du foie. — 10, fossette de la vésicule biliaire. — 11, vésicule biliaire ou cholécyste. — 12, canal cvstique. — 13, canal hépatique. — 13’, canal cholédoque. — 14, artère hépatique. — 15, artère cystique. — 16, veine” cave inférieure, avec 16’, sa gouttière. — 17, 17’, veines hépatiques droites. — 18, veine hépatique gauche. — 19, veine capsulaire droite. — 20, veine diaphragmatique droite. — 21, veine diaphragmatique gauche. — 22, feuillet inférieur du ligament coronaire. — 23, bord postérieur du foie, non recouvert par le péritoine. — 24, ligament suspenseur. — 25, tronc de la veine porte.

8 centimètres de longueur sur 20 à 25 millimètres de largeur. C’est dans cette excavation que passent presque tous les organes qui vont au foie ou qui en partent : la veine porte, l’artère hépatique, des vaisseaux lymphatiques, les canaux biliaires et un certain nombre de filets nerveux. Ces différents organes se disposent dans l’ordre suivant (fig. 320, p. 333) : à la partie postérieure du hile, la veine porte; en avant d’elle, l’artère hépatique et ses branches; en avant de l’artère hépatique et, sur un plan beaucoup plus profond, les canaux biliaires. Nous rencontrons encore au niveau du hile plusieurs ganglions lymphatiques, qui s’accolent de préférence aux divisions de la veine porte. — A gauche, le sillon transverse arrive au sillon de la veine ombilicale et s’y termine. — A droite, il aboutit de même au sillon de la vésicule biliaire et de la veine cave, mais il ne s’y arrête pas : il envoie dans le lobe droit un petit prolongement, ordinairement très marqué, qui se dirige obliquement en avant et en dehors (fig. 284) en formant, à son niveau, la limite res-

APPAREIL DE LA DIGESTION

pective de deux dépressions ou facettes que nous appellerons tout à l’heure la facette colique et la facette rénale.

d. Lobe carré du foie. — En avant du sillon transverse, notre zone moyenne du foie est formée par une surface quadrilatère, que l’on désigne sous le nom de lobe carré du foie ( éminence porte antérieure de quelques anatomistes). Cette portion du foie (fig. 284, 2) est tantôt aplatie, tantôt plus ou moins bombée, surtout à sa partie postérieure.

e. Lobule de Spigel. — En arrière de ce même sillon transverse, nous rencontrons un deuxième lobule, de forme et de dimensions fort variables (fig. 284,4) : c’est le lobule de Spigel (éminence porte postérieure de quelques anatomistes, lobulus candatus des anatomistes allemands). De forme quadrilatère, plus allongé dans le sens antéro-postérieur que dans le sens transversal, le lobe de Spigel est nettement limité : en arrière, par le bord postérieur du foie; en avant, par le sillon transverse; à droite, par le sillon où chemine la veine cave; à gauche, par le

qui s’avance plus ou moins sur la branche gauche de Ta veine porte : c’est le processus papillaris. Cette saillie donne naissance, sur son côté droit, à un prolongement transversal ([3 de la même figure), qui va rejoindre la zone droite : c’est le colliculus caudatus de Haller, encore appelé prolongement caudè (processus caudatus). Il se dirige obliquement en avant et en dehors, passe en s’amincissant entre la veine cave inférieure et la branche droite de la veine porte et, finalement, vient se perdre sur la face inférieure du lobe droit, en formant la lèvre postérieure de la petite scissure, mentionnée ci-dessus, qui prolonge l’extrémité droite du sillon transverse.

f. Rapports de la zone moyenne. — Les rapports de la zone moyenne du foie sont les suivants :

a) Le sillon transverse tout d’abord, plus ou moins comblé par les organes énumérés plus haut, donne attache au bord supérieur de l’épiploon gastro-hépatique.

sillon qui loge le canal veineux.

Coupe vertico-latérale passant par le rein droit, pour montrer les trois empreintes de la face inférieure du foie {demi schématique) .

De son extrémité postérieure s’échappe un prolongement plus ou moins volumineux (prolongement postérieur du lobe de Spigel), qui, en s’étalant sur la paroi postérieure de la veine cave (fig. 286), agrandit la gouttière de ce tronc veineux et parfois même la transforme en un canal complet. Ce prolongement, quand il ne recouvre qu’une partie de la face postérieure de la veine cave, est ordinairement réuni au lobe droit par une lamelle fibreuse ou simplement conjonctive, dans laquelle se voient parfois des vasa aberrantia(voy. plus loin, p.331).

1, foie. — 2, diaphragme. — 3, poumon droit. — 4, capsule surrénale. — 5, rein droit. —6, côlon transverse. — 7, paroi abdominale antérieure. — 8, muscle psoas. — 9, muscle carré des lombes. — 10, muscles spinaux. — 11, ligament coronaire. — XII, douzième côte.

Son extrémité antérieure se soulève ordinairement en une saillie arrondie et mousse (a de la figure 284), qui forme la lèvre postérieure du sillon transverse et

FOIE

qui descend de là sur la petite courbure de l’estomac et, de ce fait, sépare à la manière d’un rideau le lobe carré du lobe de Spigel (fig. 293, 3).

P) Le lobe carré, situé en avant de cet épiploon, en pleine cavité péritonéale par conséquent, repose sur la première portion du duodénum.

y) Le lobe de Spigel fait saillie dans l’arrière-cavité des épiploons. 11 est en rapport : 1° en avant, avec l’épiploon ci-dessus mentionné; 2° en arrière, avec les piliers du diaphragme et plus particulièrement avec le pilier droit; 3° à gauche, avec la portion tout inférieure de l’œsophage (voy. Œsophage) et avec les pneumogastriques, qui cheminent de haut en bas le long de ce conduit; 4° à droite , avec la veine cave inférieure ; 5° en bas, avec le tronc cœliaque, avec le plexus solaire, avec le bord supérieur du pancréas, et aussi avec la petite courbure de l’estomac, surtout lorsque ce dernier organe est à l’état de réplétion.

La zone latérale droite comprend toute cette portion

B. Zone latérale droite.

de la face inférieure du foie qui est située à droite du sillon de la vésicule biliaire et de la veine cave.

Elle est remarquable par la présence de trois facettes ou empreintes , que forment les organes sousjacents en s’appliquant sur elle. On les distingue en antérieure , moyenne et postérieure.

a) La facette antérieure (fig. 286, 2), tantôt plane, tantôt plus ou moins excavée, est située immédiatement en dehors de la vésicule biliaire. Elle a une forme irrégulièrement quadrilatère et répond au coude que fait le côlon ascendant en se continuant avec le côlon transverse. On la désigne, pour cette raison, sous le nom d 'empreinte colique.

P)- La facette moyenne [b), encore appelée empreinte rénale, s’applique contre la face antérieure du rein droit. Elle est concave et revêt la forme d’un triangle, dont la base regarde en dehors et dont le sommet se confond avec le prolongement antérieur du lobe de Spigel.

y) La facette postérieure (c), située en arrière de la précédente, longe le bord

Fig. 286.

Les facettes ou empreintes de la face inférieure du foie, chacune avec une teinte particulière.

Le foie a été fortement soulevé et renversé en arrière, de façon à nous montrer sa face inférieure. Le gros trait noir indique la situation qu’occupe, sur la masse viscérale, le bord inférieur du foie quand celui-ci est en place.

1, œsophage et cardia. — 2, estomac, réséqué dans sa portion pvlorique. — 3. duodénum. — 4, rein droit. — 5, glande surrénale. — 6, côlon transverse. — 7, côlon ascendant. — 8, côlon descendant. — 9, pancréas. — 10, aorte, avec le tronc cœliaque. — 11, veine cave inférieure. — 12, foie, avec : 13, vésicule biliaire. — 14, ligament rond. — 15, hile.

A, empreinte colique (en violet). — B, empreinte rénale (en rose). — C, empreinte surrénale (en vert). — D, empreinte gastrique (en jaune). — E, zone en rapport avec le duodénum (en bleu). — F, zone en rapport avec le pancréas (en jaune orangé). — G, empreinte œsophagienne (en bistre).

'U£ret

postérieur du foie. Tantôt plane, tantôt légèrement convexe, elle répond à la face antérieure de la capsule surrénale droite : elle a reçu, pour cette raison, le nom d 'empreinte surrénale.

C. Zone latérale gauche. — La zone latérale gauche comprend toute la portion de la face inférieure qui se trouve située à gauche du sillon où se logent la veine ombilicale et le canal veineux : elle répond exactement au lobe gauche par conséquent. Sa forme est celle d’un triangle, dont la base forme la lèvre droite du sillon précité. Légèrement concave, elle s’étale sur la face antérieure de l’estomac quand cet organe est a l’état de réplétion, sur sa grosse tubérosité lorsqu’il est à l’état de vacuité : on désigne quelquefois cette concavité en raison de ses rapports avec l’estomac, sous le nom & empreinte gastrique.

3° Bord antérieur. — Le bord antérieur du foie, mince et tranchant, est obliquement dirigé de bas en haut et de droite à gauche.

Il longe, tout d’abord, le rebord des fausses côtes du côté droit. Plus loin, au niveau de l’échancrure sous-sternale, il est immédiatement en rapport avec la paroi

antérieure de l’abdomen (fig. 283, B).

Plus loin encore, il disparaît sous les septième et sixième côtes du côté gauche.

Ce bord nous présente deux échancrures plus ou moins profondes, lesquelles répondent à Eextrémité antérieure des deux sillons antéro-postérieurs que nous avons déjà étudiés sur la face inférieure du foie. L’une de ces échancrures, voisine de la ligne médiane (fig. 284, 24), livre passage à la veine ombilicale et à la partie correspondante du ligament suspenseur du foie.

L’autre, située à droite (fig. 284, Tl), est comblée par l’extrémité arrondie de la vésicule biliaire, qui habituellement déborde de 10 à 15 millimètres le bord antérieur du foie.

4° Bord postérieur. — Le bord postérieur du foie ( face supérieure de quelques auteurs), très épais dans toute sa portion qui répond au lobe droit, s’amincit graduellement en se rapprochant de l’extrémité gauche.

Fig. 287.

La veine cave inférieure dans sa gouttière hépatique.

i, lobule de Spigel. — 2, sou prolongement postérieur. — 3, pont fibreux reliant ce prolongement au lobe droit 4. — 5, bord postérieur ilu foie. — 6, lobe de Spigel. — 7, gouttière hépatique de la veine cave. — 8, veine cave inférieure. — 9, cordon fibreux, représentant le canal veineux d’Arantius après l’oblitération de ce vaisseau. — 10, ligament rond du foie, vestige de la veine ombilicale du fœtus. — 11, artère hépatique. — 12, canal hépatique. — 13, veine porte.

Il est en rapport, dans la plus grande partie de son étendue, avec le muscle diaphragme, auquel il est relié par les deux feuillets, feuillet supérieur et feuillet inférieur, du ligament coronaire. Il est à remarquer que, les deux feuillets précités étant justement séparés l’un de l’autre par l’épaisseur même du bord postérieur du foie, ce bord présente avec le diaphragme des rapports immédiats, c’est-àdire, n’en est séparé par aucun feuillet péritonéal : une couche de tissu cellulaire, toujours très mince, unit l’un à l’autre, à ce niveau, le muscle et le viscère (fig. 288,4).

FOIE

Le bord postérieur du foie n’est pas rectiligne. Un peu à gauche de sa partie moyenne, il nous présente une large échancrure, qui répond à la saillie des corps vertébraux. Il est en rapport, au niveau de cette échancrure, avec des organes importants qui passent du thorax dans l’abdomen et, vice versa, de l’abdomen remontent dansle thorax: ce sont l’œsophage, les deux pneumogastriques, l’aorte et la veine cave inférieure. Ce dernier vaisseau, comme nous l’avons déjà vu, se creuse en plein tissu hépatique une gouttière profonde, qu’un prolongement du lobe de Spigel, appliqué à la face postérieure du tronc veineux, convertit parfois en un canal plus ou moins complet (fig. 287). Au fond de cette gouttière se voient les orifices, toujours fort nombreux, par lesquels les veines sus-hépatiques débouchent dans la veine cave (voy. plus loin, Vaisseaux du foie).

5° Extrémité droite. — L’extrémité droite du foie, remarquable par son volume, remplit l’hypochondre droit. Elle se continue, sans ligne de démarcation aucune, avec la face antéro-supérieure. Gomme cette dernière, elle est fortement convexe, régulièrement lisse et unie. Sa hauteur moyenne est de 12 à 14 centimètres. Elle est en rapport avec le diaphragme, qui la sépare des côtes et auquel elle est unie par un petit repli du péritoine, le ligament triangulaire droit ; nous le retrouverons plus loin, à propos du péritoine hépatique (p. 312).

6Ù Extrémité gauche. — L’extrémité gauche, mince et aplatie de haut en bas, revêt la forme d’une languette horizontale qui s’insinue entre la grosse tubérosité de. l’estomac et le diaphragme. Gomme l’extrémité droite, elle est reliée à ce muscle par un repli du péritoine, le ligament triangulaire gauche (p. 312). — Chez le fœtus et chez le nouveau-né, l’extrémité gauche du foie se prolonge jusqu’audessus de la rate et se trouve immédiatement en rapport avec elle. — Chez l’adulte et pour les raisons déjà indiquées plus haut, les deux viscères, sauf dans les cas exceptionnels où le foie présente une longueur insolite, n’arrivent plus au contact l’un de l’autre. Entre eux se trouve un intervalle, souvent très considérable, dans lequel vient se loger la grosse tubérosité de l’estomac (fig. 280,1).

§ III. — Constitution anatomique

Envisagé au point de vue de sa constitution anatomique, le foie nous présente à étudier : 1° des membranes qui l’enveloppent, les enveloppes du foie ; 2° un tissu propre, le tissu hépatique; 3° un système de conduits dans lesquels chemine la bile, les conduits biliaires.

A. — Enveloppes du foie

Le foie possède deux enveloppes superposées: une enveloppe superficielle, formée par le péritoine ; une enveloppe profonde, de nature fibreuse, qui lui appartient en propre.

4° Péritoine hépatique. — La surface extérieure du foie est revêtue, dans la plus grande partie de son étendue, par la séreuse péritonéale (voy. Péritoine). Le péritoine périhépatique ou hépatique forme un certain nombre de replis qui rattachent le foie, soit à la paroi abdominale, soit aux viscères voisins et contribuent ainsi à le maintenir en position. Ces replis, dont la description est intimement iiée à celle du péritoine hépatique, sont au nombre de sept, savoir : le ligament suspenseur, le ligament coronaire, le ligament triangulaire droit, le ligament triangulaire gauche, l’épiploon gastro-hépatique, les deux ligaments hépato-rénal et hépato-colique.

APPAREIL DE LA DIGESTION

A. Ligament suspenseur. — Le ligament suspenseur représente une cloison ver-

Fig. 288.

Le ligament suspenseur du foie, vu par sa face droite {clemi-schématique) .

1, diaphragme, érigné en haut. — 2, ligament suspenseur, vu par sa face droite. — 3 et 3’, feuillet supérieur et feuillet inférieur du ligament coronaire.

— 4, bord postérieur du foie, directement en rapport avec le diaphragme. —

5, veine ombilicale. — 6, ombilic. — 7, cordon. — 8, estomac — 9, épiploon gastro-hépatique. — 10, foie, coupé à 5 millimètres à droite du ligament suspenseur. — 11, paroi abdominale antérieure. — 12, rachis. — 13, 13, cavité abdominale. — 14, arrière-cavité des épiploons.

che et face droite. Lorsque le foie est érigné en bas (fig. 289, A), c’est-à-dire écarté

du diaphragme, la face gauche est tournée à gauche, comme son nom l’indique, et la face droite à son tour regarde manifestement à droite. Mais dans les conditions physiologiques, je veux dire lorsque la voussure diaphragmatique s’applique exactement sur la convexité du foie, la première de ces faces devient inférieure, s’incline à gauche et repose sur le foie, tandis que la seconde, devenue supérieure, s’applique contre le diaphragme (fig. 289, B).

(3) Des deux bords , l’un est supérieur , l’autre inférieur. Le bord supérieur est fortement convexe ; suivi d’arrière en avant, il s’insère sur la face inférieure du diaphragme, puis sur la paroi antérieure de l’abdomen jusqu’à l’ombilic. Le bord inférieur, concave, s’insère sur la face convexe du foie suivant une ligne à peu près droite qui, partant de l’extrémité antérieure du sillon de la veine ombilicale, se dirige obliquement en arrière et en dehors pour se terminer vers le milieu de la veine cave inférieure (fig. 288, 7).

y) La base du ligament suspenseur (bord libre de quelques auteurs) s’étend obliquement d’avant en arrière et de bas en haut, depuis l’ombilic jusqu’au sillon de la veine ombilicale. Arrondi et mousse, il flotte librement dans la

Fig. 289.

Coupe verticale et transversale du ligament suspenseur au-dessus du foie.

A, le foie étant écarté du diaphragme. — B, le foie étant au contact du diaphragme.

1, diaphragme. — 2, foie. — 3, ligament suspenseur.

ticale et antéro-postérieure, reliant la face convexe du foie à la face inférieure du diaphragme et à la paroi antérieure de l’abdomen, qui lui fait suite (fig. 288,2).

a. Conformation extérieure. — Envisagé au point de vue de sa forme, il rappelle assez exactement la faux du cerveau :

de là le nom de ligament falci forme ou de grande faux du péritoine que lui donnent quelques auteurs. Comme la faux du cerveau, le ligament suspenseur nous offre à considérer deux faces, deux bords , une base et un sommet.

a) Les deux faces se distinguent en face gau-

FOIE

cavité abdominale : il loge dans son épaisseur la veine ombilicale chez le fœtus et, chez V adulte (fig. 288,5), le cordon fibreux qui la remplace. Ce cordon fibreux, qui s’étend de l’ombilic au foie, constitue ce qu’on appelle improprement le ligament rond du foie ou ligament hépato-omhilical.

8) Le sommet , tronqué, se dirige en arrière. Il répond, ainsi que nous l’avons vu, au côté antérieur de la veine cave inférieure.

b. Structure. — Envisagé maintenant au point de vue de sa constitution anatomique, le ligament suspenseur du foie, mince et transparent, se compose de deux feuillets péritonéaux, adossés l un à l’autre.

Ces deux feuillets, qui se distinguent en droit et gauche, se comportent comme suit. — Au niveau du bord supérieur du ligament (fig. 289), ils se réfléchissent, l’un à droite l’autre à gauche, pour tapisser la face inférieure du diaphragme. — Au niveau du bord inférieur, ils se réfléchissent de même, pour revêtir, l’un la face supérieure du lobe gauche du foie, l’autre la face supérieure du lobe droit. — Au niveau du sommet (fig. 291) , le feuillet çrauche et le feuillet droit se continuent chacun de son

côté, avec le feuillet supérieur du ligament coronaire. —

Au niveau de la base, enfin, les deux feuillets s’unissent l’un à l’autre (fig. 290), en formant une gouttière à concavité supérieure. C’est dans cette gouttière que se loge la veine ombilicale.

Les deux feuillets constitutifs du ligament suspenseur sont adossés l’un à l’autre dans la plus grande partie de leur étendue. En arrière, cependant, ils s’écartent graduellement l’un de l’autre, de manière à intercepter entre eux un espace triangulaire, dont la base répond à la veine cave et mesure de 15 à 20 millimètres de largeur (fig. 288, 12). Entre les deux feuillets s’interpose une couche de tissu cellulaire, au sein de laquelle cheminent des lymphatiques, quelques veinules et quelques artérioles qui se rendent au foie.

B. Ligament coronaire. — Le ligament coronaire (fig. 291, 4 et 5), dirigé transversalement, s’étend du bord postérieur du foie à la partie correspondante du diaphragme.

11 comprend, lui aussi, deux feuillets, l’un supérieur, l’autre inférieur. — Le feuillet supérieur n’est autre que celui qui tapisse la voussure diaphragmatique. Au niveau du bord postérieur du foie, il descend sur cet organe et, s’infléchissant alors d’arrière en avant, il s’étale sur sa face convexe, à droite et à gauche du ligament suspenseur. — Le feuillet inférieur est la continuation du feuillet qui tapisse de bas en haut la paroi postérieure de l’abdomen. En arrivant au bord postérieur du foie, il se réfléchit en avant pour se jeter sur ce dernier viscère et tapisser sa face inférieure (voy. la coupe représentée dans la figure 285).

Les deux feuillets précités du ligament coronaire sont toujours très courts : en conséquence, ils ont pour effet de fixer solidement le bord postérieur du foie au diaphragme. Toute tentative pour éloigner l’un de l’autre le muscle et le viscère Teste sans résultat tant que le ligament coronaire conserve son intégrité.

D’autre part, adossés l’un à l’autre aux deux extrémités du ligament, les deux feuillets péritonéaux s’écartent plus ou moins à sa partie moyenne, permettant ainsi au bord postérieur du foie d’arriver immédiatement au contact du diaphragme

Fig. 290.

Coupe transversale du ligament suspenseur audessus de la veine ombilicale.

1, diaphragme. — 2 et 2’, feuillet droit et feuillet gauche du ligament suspenseur. — 2, sou bord inférieur, logeant la veine ombilicale.

APPAREIL DE LA DIGESTION

(fig. 291). Cet écartement présente son maximum sur le lobe droit, au niveau de la partie interne de la capsule surrénale : il mesure en moyenne, sur ce point, de 45 a 55 millimètres; mais j’ai observé, sur plusieurs sujets, 6 centimètres, 7 centimètres et même plus. A gauche de la veine cave, l’écartement des deux feuillèts est beaucoup moindre : il mesure de 20 à 25 millimètres seulement; puis, il diminue graduellement au fur et à mesure qu’on s’éloigne de la ligne médiane et les deux feuillets ne tardent pas à s’adosser de nouveau pour prendre sur le foie une insertion linéaire. Il est à remarquer que cette insertion viscérale de la partie gauche du ligament coronaire ne se fait pas exactement sur le bord postérieur

Fig. 291.

Le foie, vu par son bord postérieur.

A, lobe gauche. — B, lobe droit. — C, lobe de Spigel. — D, lobe carré. — E, bord antérieur du foie. — F, son bord postérieur. — G, vésicule biliaire.

1, veine cave inférieure. — 2, 2’, ligament suspenseur. — 3, veine ombilicale. — 4, 4, feuillet supérieur du ligament coronaire. — 5, 5, feuillet inférieur du même ligament. — 6, 6, partie du bord postérieur comprise entre ces deux feuillets et non recouverte par le péritoine. — 7, ligament triangulaire gauche. — 8, ligament triangulaire droit.

du foie, comme l’écrivent à tort la plupart des auteurs, mais bien à 10 ou 15 millimètres en avant de ce bord, sur la face supérieure de l’organe par conséquent.

C. Ligaments triangulaires. — Les ligaments triangulaires du foie (fig. 29 1 et 292), au nombre de deux, l’un droit, l’autre gauche, occupent chacun l’extrémité correspondante du ligament coronaire.

a. Caractères macroscopiques. — Pour prendre une notion exacte de leur forme et de leur disposition, il convient, le foie étant en place, d’érigner en dehors les portions du diaphragme qui répondent à 'l’extrémité droite et à l’extrémité gauche du foie.

On constate alors (fig. 292, À et B) qu’ils revêtent chacun la forme d’une petite lame, mince mais très résistante, de forme triangulaire comme leur nom l’indique. Le ligament triangulaire droit est horizontal ; celui de gauche est légèrement oblique en haut et en dehors. — Des trois bords qu’ils présentent, l’un, le bord interne , s’insère sur la face supérieure du foie ; le second, le bord externe, se fixe au diaphragme ; le troisième, le bord antérieur , qui représente la base du triangle, est mince, libre, flottant dans la cavité abdominale. — Quant au sommet, il se confond, sans ligne de démarcation aucune, avec l’extrémité correspondante du ligament coronaire, et c’est à juste titre que l'on considère les deux ligaments triangulaire droit et triangulaire gauche comme des dépendances de ce dernier ligament.

FOIE

Le ligament triangulaire gauche est ordinairement un peu plus développé que le droit : il mesure de 20 à 30 millimètres de largeur.

b. Structure. — Du reste, tous les deux sont identiques au point de vue de leur structure. Ils se composent essentiellement de deux feuillets péritonéaux, l’un supérieur, l’autre inférieur, unis l’un à l’autre par une mince couche de tissu cel-

Fig. 292.

Les ligaments triangulaires du foie : A, ligament triangulaire droit: B, ligament triangulaire gauche.

1, extrémité droite du foie, vue par sa face supérieure et recouverte par le péritoine. — 1’, son extrémité gauche. — 2, 2’, péritoine pariétal, tapissant la face interne du diaphragme. — 3, ligament triangulaire droit. — 4, ligament triangulaire gauche. — 5, 5’, point où le péritoine passe de la face supérieure du foie sur la face inférieure du diaphragme, en formant le feuillet supérieur du ligament coronaire. — 6, coupe du diaphragme.

lnlaire, dans laquelle se voient ordinairement quelques vaisseaux sanguins et lymphatiques.

D. Epiploon gastro-hépatique. — L’épiploon gastro-hépatique ou petit-épiploon (fig. 293) se détache, comme on le sait, de la petite courbure de l’estomac et de la première portion du duodénum. De là, il remonte vers la face inférieure du foie, où il se fixe : 1° sur le sillon transverse ; 2° sur la partie du sillon de la veine ombilicale et du canal veineux qui est située en arrière du sillon transverse.

Gomme tous les replis épiploïques, le petit épiploon comprend deux feuillets adossés, l’un antérieur, l’autre postérieur. Entre les deux cheminent les organes qui se rendent au hile du foie ou qui en partent : la veine porte, l’artère hépatique, le canal cholédoque, le canal cystique, le canal hépatique, etc.

En atteignant le sillon transverse, les deux feuillets constitutifs du petit épiploon s’écartent l’un de l’autre pour s’étaler sur la face inférieure du foie, le feuillet antérieur d’arrière en avant, le feuillet postérieur d’avant en arrière. Ces deux feuillets tapissent ainsi la face inférieure du foie dans la plus grande partie de son étendue. Au niveau des sillons longitudinaux que présente cette face, la séreuse, au lieu de descendre dans le fond de ces sillons, passe à la manière d’un pont sur les organes qui s’y logent : sur la veine ombilicale, sur la veine cave, sur la vésicule biliaire.

Le feuillet péritonéal qui tapisse la face inférieure du foie se comporte différemment au niveau du bord antérieur et au niveau du bord postérieur : arrivé au bord antérieur, il le contourne de bas en haut et se continue alors avec le feuillet qui revêt la face supérieure ; au niveau du bord postérieur, au contraire, il se réfléchit

APPAREIL DE LA DIGESTION

en bas et descend sur la paroi postérieure de l’abdomen, en constituant, au moment où il change de direction, le feuillet inférieur, déjà décrit, du ligament

coronaire (voy. fig. 291).

Enfin, à l’une et à l’autre des deux extrémités du foie, le péritoine de la face inférieure se continue et se confond avec le feuillet inférieur des deux ligaments triangulaires droit et gauche.

E. Ligaments hépato-rénal

ET HÉPATO-COLIQUE. ÂUX

replis péritonéaux ci-dessus décrits, il convient d’ajouter deux autres ligaments moins importants : l’un, le ligament hépato-rénal (fig.

293,13), qui se porte de la face inférieure du foie, soit sur la face antérieure du rein droit, soit sur la capsule surrénale ; l’autre, le ligament hépato - colique (Huschke) ou cystico -colique (Bricon) ou cystico-duodéno - épiploïque ( Ancel ) , qui, comme son nom l’indique, descend de la face inférieure du foie sur le coude droit du côlon transverse. Ces deux derniers ligaments ne sont pas constants, et, quand ils existent, ils présentent, dans leur forme, dans leur situation, dans leur développement, des variations individuelles souvent fort étendues. Nous les retrouverons plus loin à propros de la description du péritoine (voy. Péritoine).

a B Fig. 293.

L’épiploon gastro-hépatique : A, vue antérieure ; B, vu sur une coupe horizontale.

(La ligne xx , dans la figure A. indique le plan suivant lequel a été laite la coupe représentée dans la figure B).

1, corps vertébral. — 2, épiploon gastro-hépatique, avec : a, canal cholédoque ; b , \eine porte; c, artère hépatique. — 3, iobule de Spigel, recouvert en avant par l’épiploon gastro-hépatique. — 3’, le même, coupé en travers et entouré par le péritoine. — 4, rein droit. — 4’, sa coupe. — 5, capsule surrénale droite. — 5’, sa coupe. — 6, veine cave inférieure. — 7, aorte. — S, capsule surrénale gauche. — 9, rein gauche. — 10, arrière-cavité des épiploons. — 11, hiatus de Winslow. — 12, feuillet pariétal du péritoine, tapissant la paroi abdominale postérieure. — 13, ligament hépato-rénal. — 14, première portion du duodénum.

2° Enveloppe fibreuse, capsule de Glisson. — L’enveloppe fibreuse ou tunique propre du foie entoure cet organe dans toute son étendue. C’est une membrane fort mince, demi-transparente, jouissant malgré sa minceur d’une certaine résistance. Sa surface extérieure répond au péritoine, qui lui adhère d’une façon intime. Sa surface inférieure repose immédiatement sur le tissu hépatique, au sein duquel il envoie de fines cloisons conjonctives.

Au niveau du hile, la tunique fibreuse se réfléchit sur elle-même et remonte dans l’intérieur du foie, en formant des gaines cylindriques communes aux différents canaux (veine porte, artère hépatique et canaux biliaires) qui pénètrent avec elle

dans le viscère. Cette portion réfléchie ou intra-hépatique de la tunique fibreuse constitue ce qu’on appelle la capsule de Glisson.

La capsule de Glisson représente, comme on le voit, un système de prolongements tubuleux, et comme ces prolongements tubuleux se ramifient en même temps que les canaux qu’ils engainent, chacun d’eux, quelles que soient ses dimensions, renferme dans son intérieur, intimement accolés les uns aux autres (fig. 294), une division de la veine porte, un rameau de l’artère hépatique et un conduit biliaire.

Par leur surface externe, ces prolongements tubuleux de la capsule de Glisson sont intimement unis aux lobules hépatiques. Leur surface interne, au contraire, n’est reliée aux canaux qu’ils renferment que par une couche de tissu cellulaire extrêmement lâche. Il en résulte que les divisions de la veine porte, mal soutenues par les gaines précitées, s’affaissent comme les veines périphériques quand elles ne sont plus distendues par le sang.

Histologiquement, l’enveloppe fibreuse du foie présente tous les caractères des membranes fibreuses : elle possède comme éléments constituants des fibres du tissu conjonctif, auxquelles viennent se joindre quelques fibres élastiques. Les prolongements tubuleux de la capsule de Glisson présentent la même structure. Le tissu fibreux qui les constitue devient de plus en plus ténu au fur et à mesure que les prolongements deviennent plus étroits et, dans les espaces interlobulaires, il se trouve réduit, chez l’homme et chez la plupart des mammifères, à quelques éléments du tissu conjonctif. Dans quelques espèces animales, notamment chez le cochon, le chameau, le cheval, le bœuf, son tissu est plus compacte.

B. — Tissu propre du foie

Si l’on pratique dans le foie une coupe quelconque, verticale, horizontale ou oblique, cette coupe nous présente partout et toujours (fig. 295) une infinité de corpuscules arrondis de dimensions à peu près identiques, qui donnent à l’organe un aspect granuleux. Ces grains, déjà constatés depuis longtemps par Malpighi, mais bien interprétés seulement en 1833 par Kiernan, constituent ce qu’on appelle les lobules hépatiques. Tous les lobules hépatiques, quelle que soit la région où on les considère, sont morphologiquement équivalents. Le foie est donc un composé de lobules et, pour avoir sur sa structure une notion complète, il suffit d’étudier un seul de ces lobules. Chacun d’eux, en effet, représente, toutes proportions gardées, un foie complet : c’est un foie minuscule, un foie en miniature.

1° Lobule hépatique. — Le lobule hépatique a la forme d’un ovoïde, dont la surface extérieure, par suite de pressions réciproques, est constituée par une série de facettes planes. C’est donc une sorte de polyèdre légèrement allongé : sa

Fig. 294.

Un prolongement tubuleux de l’enveloppe fibreuse du foie (capsule de Glisson) coupé en travers.

1, gaine fibreuse (capsule de Glisson). — 2, branche de la veine porte. — 3, une division de l’artère hépatique. — 4, un conduit biliaire. — 5, 5, 5, lymphatiques. — 6, tissu hépatique.

APPAREIL DE LA DIGESTION

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Fig. 295.

Coupa du foie pour montrer sa constitution lobaire.

1, lobule hépatique. — 2, veine in tra-lobulaire, coupée en travers. — 3, espaces de Kiernan. — 4, fissures de Kiernan et vaisseaux inter-lobulaires.

coupe transversale est représentée par un polygone de cinq ou six côtés. Il mesure, en moyenne, lmm,5 à 2 millimètres de longueur sur 1 millimètre de largeur Chacun d’eux nous présente deux extrémités ou pôles. De ces deux extrémités,

l’une, un peu plus volumineuse que l’autre, forme la base du lobule; elle est entièrement libre. L’autre, appelée sommet , laisse échapper un vaisseau veineux qui parcourt le lobule dans toute sa longueur et qui, de ce fait, a reçu le nom de veine intra-lobulaire (Kiernan) ou de veine centrale du lobule (Krukenberg). Comme nous le verrons plus loin, cette veine intralobulaire prend, au sortir du lobule, le nom de veine sus-lobulaire et, après un très court trajet, s’abouche dans la veine hépatique la plus voisine. Par la veine sus - lobulaire , le lobule est appendu à la veine hépatique comme un fruit à son pédicule : la veine en question devient ainsi le pédicule du lobule hépatique.

Les lobules hépatiques sont extrêmement nombreux. Sappey en a compté de 60 à 70 sur une surface de un centimètre carré, ce qui porterait le nombre total des lobules, dans le foie d’un sujet adulte, à un chiffre approximatif de douze cent mille.

Envisagés au point de vue de leur mode d’agencement ou, si l’on veut, dans leurs rapports réciproques, les lobules hépatiques, quoique fortement tassés les uns contre les autres, sont séparés de leurs voisins par une couche de tissu conjonctif lâche, le tissu conjonctif interlobulaire. Ce tissu conjonctif, toutefois, varie

beaucoup suivant les espèces. Chez le porc, qui est pour le foie un excellent sujet d’étude, il enveloppe le lobule hépatique sur tout son pourtour : il l’isole ainsi des lobules voisins et l’individualise nettement au point de vue anatomique. Chez l’homme, le tissu conjonctif interlobulaire est relativement peu développé et ne revêt le lobule que sur certains points : en dehors de ces points, le lobule entre directement en contact avec les lobules correspondants ou même se fusionne avec eux. La figure 295 nous montre d’une façon très nette quelles sont les relations des lobules entre eux: chacune de leurs facettes planes répond à une facette similaire du lobule voisin ; chacune de leurs arêtes répond de même aux arêtes correspondantes des deux lobules voisins. Or, comme ces arêtes sont émoussées et arrondies, il en résulte que le point de confluence de trois lobules (fig. 296) est marqué par un espace prismatique triangu-

Un espace de Kiernan, vu sur une coupe transversale [demi-schématique).

1’ lobules hépatiques. — 2, espace de Kiernan. — 3, fisssure de Kiernan. — 4, branche de la veine porte. — 5, branche de l'artère hépatique. — ti, canal biliaire intralobulaire. — 7, lymphatique.

laire, qui, en coupe transversale , revêt naturellement la forme d’un triangle : cet espace et ses similaires sont connus sous le nom d 'espaces de Kiernan. On les appelle encore espaces portes , parce que chacun d’eux renferme, entre autres formations, une division de la veine porte.

Les espaces de Kiernan, nous venons de le voir, ont en coupe une forme triangulaire. Leurs bords répondent aux arêtes émoussées des lobules hépatiques. Leurs angles se prolongent, entre les faces correspondantes de ces mêmes lobules, sous forme d’étroites fentes, les fissures de Kiernan (fig. 296, 3). Ces fissures interlobulaires sont naturellement interrompues sur les points où les deux lobules qu’elles séparent arrivent au contact et se fusionnent. Les espaces et les fissures de Kiernan sont comblés par le tissu conjonctif interlobulaire, signalé plus haut, au sein duquel cheminent les vaisseaux et les nerfs destinés au lobule. C’est encore dans ces espaces que se trouvent les conduits biliaires.

Histologiquement, le lobule hépatique comprend les quatre parties suivantes : 1° des vaisseaux ; 2° des éléments cellulaires, constituant les cellules hépatiques ; 3° des conduits extrêmement fins où cheminent la bile, les canalicules biliaires; 4° du tissu conjonctif, le tissu conjonctif intralobulaire. Nous allons décrire successivement chacun de ces éléments, dans l’ordre même où nous venons de les ■énumérer.

2° Vaisseaux du lobule. — Les vaisseaux du lobule hépatique se distinguent en vaisseaux afférents et vaisseaux efférents. Les premiers sont unis aux seconds par un système de fins canaux, dont l’ensemble constitue le réseau capillaire intralobulaire.

A. Vaisseaux afférents. — Les vaisseaux afférents sont la veine porte et l’artère hépatique. Ces deux vaisseaux apportent au lobule, le premier le sang veineux recueilli dans le tube intestinal et ses annexes, le second du sang artériel ordinaire.

a. Divisions de la veine porte.

— Les dernières ramifications de la veine porte, dites veines interlobulaires, viennent se placer, comme leur nom l’indique, dans les espaces de Kiernan. Chacun de ces espaces contient ordinairement une seule veine.

Ces veines interlobulaires, au cours de leur trajet, émettent à angle droit des branches, divergentes, qui s’engagent dans les fissures de Kiernan et s’y anastomosent avec celles venues des veines interlobulaires voisines, de façon à former tout autour de chaque lobule un réseau plus ou moins serré, le réseau inter- ou périlo-bulaire. A la formation de ce réseau concourent, comme on le voit, plusieurs veines interlobulaires, quatre ou cinq ordinairement.

Fig. 297.

Réseau veineux du lobule, vu sur une coupe transversale.

1, veine centrale ou intra-lobulaire. — 2, 2, 2, veines interlobulaires. 3, 3, 3, capillaires radiés.

APPAREIL DE LA DIGESTION

Du réseau périlobulaire, partent des rameaux extrêmement courts qui pénètrent dans le lobule et s’y résolvent presque immédiatement en de nombreux capillaires, les capillaires intra-lobulaires. Nous y reviendrons dans un instant.

b. Divisions de l’artère hépatique. — Les divisions de l’artère hépatique se comportent à peu de chose près comme celles de la veine porte. Issues des artères interlobulaires (voy. plus loin, p. 337) et provenant pour un même lobule de plusieurs artères différentes, elles se jettent tout d’abord sur la surface extérieure du lobule. On les voit suivre avec une sorte de prédilection les conduits biliaires interlobulaires, auxquels elles fournissent un élégant réseau de capillaires. Quelquesunes, à l’état de rameaux extrêmement ténus, pénètrent directement dans la partie et périphérique du lobule et s’y résolvent immédiatement en capillaires. Tous ces capillaires artériels, qu’ils pénètrent dans le lobule isolément ou qu’ils y arrivent comme satellites des conduits biliaires, ont la même destinée : ils se jettent dans le réseau capillaire veineux de provenance porte.

B. Vaisseaux efférents. — Les capillaires veineux que nous venons de décrire se dirigent tous vers le centre du lobule et s’y terminent dans un canal collecteur commun, qui est la veine intra-lobulaire. Cette veine prend naissance au voisinage de la base du lobule par la confluence sur un même point (fig. 298,4) d’un certain

nombre de capillaires disposés en rayon et formant dans leur ensemble une sorte d’étoile ( étoile de Hering). De là, elle se porte vers l’extrémité opposée du lobule en suivant régulièrement une direction axiale. Elle reçoit, chemin faisant et sur tout son pourtour, les capillaires des différents étages du lobule, augmente ainsi de volume au fur et à mesure qu’elle progresse et, finalement, s’échappe du lobule au niveau de son sommet pour devenir une veine sus-lobulaire .

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