‹ Traité d'anatomie humaine (volume 4)Chapitre 33 sur 107 · C. — Conduits biliaires intra-hépatiques · texte numérisé non relu

C. — Conduits biliaires intra-hépatiques

Nous désignerons sous ce nom collectif de conduits biliaires intra-hépatiques tous les canaux vecteurs de la bile, quelle que soit leur importance, qui cheminent dans l’épaisseur du foie, depuis leur origine sur le lobule hépatique jusqu’au hile.

1° Origine. — Les conduits biliaires, comme nous l’avons vu plus haut, font suite aux canalicules biliaires, comme, dans une glande quelconque, les canaux excréteurs font suite aux acini.

Au sortir du lobule, ils cheminent quelque temps à la surface de celui-ci, puis se jettent dans l’espace de Kiernan. Là, ils se réunissent avec les conduits biliaires issus des lobules voisins pour former des conduits plus volumineux, les conduits biliaires interlobulaires.

Nous ferons remarquer, en passant, que chaque lobule est tributaire de cinq ou six conduits interlobulaires différents ou, ce qui revient au même, que chaque conduit interlobulaire reçoit ses radicules des cinq ou six lobules voisins.

Du reste, entre les lobules dont ils émanent, les conduits interlobulaires et leurs radicules s’anastomosent fréquemment entre eux, de façon à former un riche réseau, le réseau interlobulaire. C’est de ce réseau interlobulaire que partent les canaux biliaires proprement dits.

2° Trajet. — Les canaux interlobulaires, une fois formés, se dirigent tous vers le hile du foie. Chemin faisant, ils se réunissent les uns aux autres, à la manière des veines, pour donner naissance à des conduits de plus en plus volumineux. C’est ainsi que les ramuscules donnent naissance à des rameaux, les rameaux à des branches, les branches à des troncs. Au niveau du hile, il n’existe plus que trois canaux principaux, quelquefois deux seulement, lesquels se fusionnent ensemble pour constituer un canal collecteur unique, le canal hépatique (fig. 319,10).

3° Rapports. — Les canaux biliaires, en se portant ainsi des espaces interlobulaires vers le hile, cheminent constamment dans un prolongement tubuleux de la capsule de Glisson, en compagnie d’un rameau de l’artère hépatique et d’une division de la veine porte (fig. 294). Celle-ci est toujours reconnaissable à ses dimensions, qui l’emportent constamment, et de beaucoup, sur celles des deux autres canaux.

4° Anastomoses. — Au cours de leur trajet dans d'épaisseur de la masse hépatique, les canaux biliaires sont reliés les uns aux autres par des anastomoses, qui, relativement rares chez l’homme, sont infiniment multipliés chez certains animaux, notamment chez le chien, léchât, le cheval, le bœuf (Sappêy) . On rencontre ici les mêmes types que sur les vaisseaux sanguins : ce sont, tantôt des anastomoses par inosculation, tantôt des anastomoses par convergence, tantôt des anastomoses transversales, obliques, elliptiques, etc. Ces anastomoses sont parfois tellement nombreuses que les canaux biliaires intra-hépatiques, dans leur ensemble, constituent de véritables réseaux.

5° Structure. — Les conduits biliaires intra-hépatiques se composent essentiellement d’une mince paroi conjonctive, revêtue intérieurement par une seule rangée de cellules épithéliales.

a. Paroi propre. — La paroi propre (fig. 318, 1) se compose de faisceaux du tissu

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conjonctif, réunis les uns aux autres par un réseau de fibres élastiques grêles, dirigées pour la plupart dans le sens du conduit. Elle se termine, du côté de l’épithélium, par une sorte de limitante qui, vraisemblablement, tient lieu de vitrée. Aux éléments conjonctifs viennent s’ajouter, sur les conduits les plus volumineux, un certain nombre de fibres musculaires lisses.

b. Epithélium. — Quanta l’épithélium (fig. 318, 2), il est représenté par des cellules pyramidales, dont la base répond à la paroi propre, le sommet à la lumière du conduit. Un certain nombre d’entre elles, cependant, sont orientées en sens inverse, c’est-à-dire ont leur extrémité étroite en rapport avec la paroi propre, leur extrémité large tournée du côté de la lumière. Cette lumière du conduit biliaire est irrégulière et limitée par un mince plateau non strié, tel que celui des cellules profondes des glandes de Lieberkühn de l’intestin grêle du chien (Renaut). Les cellules épithéliales ont un protoplasma légèrement granuleux, un noyau arrondi situé à la partie moyenne ou dans le tiers inférieur du corps cellulaire.

c. Cryptes muqueux. — La surface interne des conduits biliaires nous présente de nombreux orifices, qui conduisent dans des diverticulums plus ou moins développés, mais toujours fermés à leur extrémité libre.

Ces diverticulums varient beaucoup dans leurs dimensions : les uns, extrêmement courts, sont de simples fossettes qui ne dépassent pas la paroi propre du conduit;

d’autres, plus longs, se prolongent au delà de cette paroi propre, laquelle, dans ce cas, est comme hérissée par les saillies que forment les diverticulums.

Ils varient aussi dans leur forme : les uns, sont régulièrement cylindriques ; d’autres, à la suite d’un orifice étroit, s’élargissent plus ou moins et se terminent en cæcum; d’autres, enfin, sont bifides ou trifides, quelquefois même plus ou moins ramifiés.

La signification de ces diverticulums des conduits biliaires n’est pas encore nettement élucidée. Certains anatomistes les considèrent comme étant de véritables glandes, les glandes biliaires ; mais une pareille opinion a contre elle ce fait que l’épithélium qui les revêt est entièrement semblable à celui qui tapisse le conduit biliaire lui-même. Ce ne sont donc, vraisemblablement, que de simples cryptes , auxquels on ne saurait attribuer aucune fonction spéciale. Peut-être pourrait-on les envisager comme des rameaux biliaires abortifs, je veux dire comme des rameaux qui, s’étant séparés du canal hépatique priniitif, avaient commencé à se développer, puis, brusquement avaient cessé de croître. Mais ce n’est là que pure hypothèse.

Un conduit biliaire intrahépatique vu en coupe transversale ( d’après Schenk).

1, paroi propre. — 2, épithélium cylindrique.

6° Vasa aberrantia. — On rencontre parfois, sur certains points de la surface extérieure du foie, un système de canalicules, de couleur jaunâtre, diversement ramifiés et plus ou moins anastomosés entre eux. On les désigne, depuis Weber, sous le nom de vasa aberrantia.

Ces canalicules singuliers s’observent le plus souvent sur le bord interne de l’un ou l’autre des deux ligaments triangulaires, avec une prédominance* très marquée pour le ligament triangulaire gauche. Mais on les rencontre encore dans d’autres régions, notamment le long du bord antérieur du foie, au niveau de l’attache hépatique du ligament suspenseur, au voisinage de la vésicule biliaire, sur la

languette fibreuse qui est jetée comme un pont au-dessus du sillon de la veine ombilicale, etc. Ils font défaut chez le fœtus et je ne sache pas qu’on les ait encore signalés chez l’enfant. D’autre part, ils sont plus fréquents chez le vieillard que chez l’adulte.

Les vasa aberrantia, que l’on remplit toujours en poussant une injection fine dans le canal hépatique, doivent être considérés comme de véritables canaux

biliaires, qui ont été mis à nu et sont devenus superficiels par suite de l’atrophie des lobules hépatiques dans l’épaisseur desquels ils étaient primitivement plongés. Au milieu de ces processus régressifs, qui frappent ainsi, on ne sait trop pourquoi, les cellules hépatiques et amènent leur disparition graduelle, les .conduits biliaires, non seulement ne dégénèrent pas, mais paraissen t s’hypertrophier. Devenus vasa aberrantia, ils possèdent encore leur tunique conjonctive, leur couche épithéliale et leurs diverticules latéraux. Ils n’en sont pas moins, comme tous les organes vestigiaires, entièrement dépourvus de fonctions actives. Kolliker a émis l’opinion que les vasa aberrantia pourraient bien sécréter du mucus. Mais cette sécrétion est fort réduite, si tant est qu’elle existe : car, comme l’a démontré Ranvier, on ne trouve dans le revêtement épithélial aucune cellule caliciforme.

Fig. 319.

Vasa aberrantia du foie (d'après Sappey).

1. -, deux vasa abeirantia, de calibre fort irrégulier, dont les glandes sont déformées et pour la plupart hypertrophiées. — -3, un autre conduit, dont les parois sont surmontées de glandes plus apparentes et de ramifications biliaires anastomosées entre elles. — 4, un petit conduit analogue aux deux premiers.

§ IV. — Vaisseaux et nerfs

Le foie est un organe très vasculaire. D’une part, il reçoit (vaisseaux afférents) deux gros vaisseaux, Y artère hépatique et la veine porte, auxquels il faut ajouter un certain nombre de veines portes accessoires et, chez le fœtus, la veine ombilicale. D’autre part, il émet (vaisseaux efférents) des veines et des vaisseaux lymphatiques.

1° Veine porte. — La veine porte amène au foie le sang veineux recueilli par elle dans la portion sous-diaphragmatique du tube digestif, dans le pancréas et dans la rate. Nous savons déjà, pour l’avoir vu en angéiologie, qu’elle est formée par la réunion des deux mésaraïques et de la splénique et que, pour gagner le hile du foie, elle chemine dans le bord droit de l’épiploon gastro-hépatique, en compagnie de l’artère hépatique et du canal cholédoque, qui sont placés en avant d’elle (fig. 293,6) et qui longent, la première son côté antéro-interne, le second son côté externe. Nous savons aussi qu’en atteignant le hile, elle se partage en deux branches, fortement divergentes, qui se dirigent, l’une à droite, l’autre à gauche

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(fig. 320, 8' et 8") et qui, à elles deux, constituent le sinus de la veine porte de certains auteurs (voy. t. II).

A. Les deux branches terminales de la veine porte. — Les deux branches de bifurcation de la veine porte (fig. 320) diffèrent beaucoup par leur longueur et par leur calibre :

a. Branche droite. — La branche droite (S"), relativement courte, se porte vers l’extrémité droite du sillon transverse et, là, se divise en trois ou quatre branches Secondaires, qui pénètrent dans le lobe droit, ainsi que dans la partie droite du

Fig. 320.

Le hile du foie (2/3 de grandeur naturelle).

1, 1, les deux feuillets de l’épiploou gastro-hépatique. — 2, prolongement du sillon transverse du foie. — 3, sillon longitudinal. — 4, lobe de Spigel. — 5, lobe carré. — 6, vésicule biliaire. — 7, veine cave inférieure. — 8, veine porte, avec : 8’, sa branche gauche ; 8”, sa bi’anche droite. — 9, artère hépatique, avec : 9’, sa branche gauche ; 9”, sa branche droite. — 10, canal hépatique, avec ses trois branches radiculaires. — il, canal cystique. — 12, canal cholédoque. — 13, veines portes accessoires. — 14, ganglions lymphatiques. — 15, canaux veineux. — 16, ligament rond (veine ombilicale oblitérée). — 17, artère cystique. — 18, veine cystique.

lobe carré et du lobe de Spigel. Au cours de son trajet, la branche droite de la veine porte reçoit dans la plupart des cas veine cystique. Mais cette veine peut se jeter aussi dans le tronc même de la veine porte : il en était ainsi sur le sujet qui a servi à la préparation représentée dans la figure 320.

b. Branche gauche. — La branche gauche (8') est environ deux fois plus longue que la droite, mais elle est beaucoup moins volumineuse. Elle se porte de droite à gauche entre le lobe carré et le lobe de Spigel et, arrivée à l’extrémité gauche du sillon transverse, elle se partage, comme la précédente, en deux ou trois branches secondaires, qui se distribuent au lobe gauche ainsi qu’à la partie gauche du lobe de Spigel et du lobe carré. La branche gauche de la veine porte reçoit quelquefois la veine pylorique . A l’extrémité gauche du sillon transverse, elle donne attache en avant au cordon fibreux de la veine ombilicale (16) et, en arrière,

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à un deuxième cordon fibreux (15) qui représente le canal veineux du fœtus

c. Rapports de ces deux branches. — Considérées au point de-vue de leurs rapports, les deux branches de bifurcation de la veine porte sont profondément situées dans le sillon transverse.

Elles sont peu visibles sans dissection et il est nécessaire, pour prendre une notion exacte de leur trajet et de leurs rapports, d’écarter tout d’abord les deux lèvres du sillon où elles sont plongées et d’enlever ensuite avec précaution l’espèce d’atmosphère celluleuse qui les entoure. On constate alors que leur face postérieure est appliquée contre le lobe de Spigel, que leur face antérieure répond au lobe carré, dont elle est séparée par les premières divisions de l’artère hépatique etpar les canaux biliaires.

Tout autour d’elles, mais de préférence sur leur face inférieure, se disposent de nombreux ganglions lymphatiques (14).

d. Leur mode de ramification. — Arrivées dans l’épaisseur du foie, les divisions

précitées de la veine porte s’y ramifient exactement comme le feraient des artères.

Toutefois, leur mode de ramification est essentiellement irrégulier. Le type dichotomique existe, mais il est relativement rare,etl’on voit chacun des gros vaisseaux donner naissance, à la fois et sur tout son pourtour, à des veines d’un calibre moyen et à de toutes petites veinules. On se rend nettement compte d’une pareille disposition en pratiquant dans le foie des injections par corrosion ou, plus simplement, en ouvrant longitudinalement à l’aide des ciseaux l’une des branches principales de la veine porte. On voit alors (fig. 321) que la paroi vasculaire présente des orifices très volumineux et, à côté d’eux, des orifices tout petits à peine visibles à l’œil nu. Les premiers représentent l’origine de grosses collatérales; les seconds sont le point de départ de simples veinules à trajet fort court.

Nous ajouterons que les premières ramifications des branches de la veine porte se disposent parallèlement à la face inférieure du foie, dont elles sont toujours plus rapprochées que de la face supérieure.

e. Les divisions portes dans l'épaisseur du foie. — Toutes les divisions de la veine porte, quel que soit leur calibre, cheminent dans les gaines tubuleuses que leur fournit la capsule de Glisson, chacune en compagnie d’une division de l’artère hépatique, d’un conduit biliaire et d’un certain nombre de vaisseaux lymphatiques (fig. 294). Une couche de tissu cellulaire rattache leurs parois à la gaine fibreuse. Toutefois cette adhérence est toujours très faible, ce qui fait que, sur des

Mode de ramification des branches de la veine porte : une grosse veine du lobe droit incisée dans le sens de sa longueur.

On constate l'existence du type dichotomique ; mais on voit aussi les grosses branches donner naissance, en même temps, et à des veines d’un moyen calibre et à de toutes petites veines.

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coupes du foie, les branches de la veine porte s’affaissent quand elles sont vides. D’autre part, les divisions intra-hépatiques de la veine porte, analogues en cela à leurs branches abdominales, sont entièrement dépourvuees de valvules; de plus, elles ne s’anastomosent jamais entre elles.

B. Affluents. — Au cours de leur trajet dans le foie, les branches de la veine porte reçoivent un certain nombre d’affluents. Ces affluents, toujours très grêles, se distinguent en deux groupes : les veines capsulaires et les veines vasculaires .

a) Les veines capsulaires répondent aux artères du même nom. Elles proviennent de l’enveloppe fibreuse du foie et de la portion réfléchie de cette enveloppe ou capsule de Glisson.

P) Les veines vasculaires émanent des réseaux capillaires qui sont alimentés par les branches, dites vasculaires, de l’artère hépatique. Le plus grand nombre d’entre elles proviennent des conduits biliaires : les autres naissent sur les parois des branches de la veine porte et des divisions de l’artère hépatique. L’accord n’est pourtant pas parfait, entre les anatomistes, au sujet du mode de terminaison des veines vasculaires. Sappey, notamment, estime que ces veines, au lieu de se jeter dans les branches de la veine porte, se rendent directement aux lobules hépatiques, devenant ainsi autant de petites veines portes accessoires.

C. Mode de terminaison. — Parvenues dans les espaces interlobulaires, les dernières divisions de la veine porte, qui prennent ici le nom de veines interlobulaires, se résolvent chacune en cinq ou six veinules, lesquelles pénètrent peu après leur origine dans les lobules les plus voisins. Chaque veine interlobulaire se distribue ainsi à cinq ou six lobules et, vice versa, chaque lobule hépatique reçoit ses rameaux portes de cinq ou six veines interlobulaires différentes. Nous avons déjà vu plus haut (p. 317) la manière dont se comportent les rameaux portes dans l’épaisseur même du lobule. Nous n’y reviendrons pas ici.

La veine porte, on le sait (voy. Angéiologie), résulte de la réunion de la grande mésaraïque, de la petite mésaraïque et de la splénique. De ces trois branches d’origine, l’une, la grande mésaraïque, recueille le sang provenant de l’intestin grêle et de la première moitié du gros intestin ; les deux autres, la petite mésaraïque, et la veine splénique (du reste réunies le plus souvent en un tronc commun), le sang provenant de la dernière moitié du gros intestin, de l’estomac et de la rate. Or, ces deux sangs, celui qui arrive dans la veine porte par la grande mésaraïque et celui qui y parvient par la splénique et la petite mésaraïque, ont des propriétés et une composition différentes : le premier charrie des principes nutritifs, qu’il prend dans l’intestin grêle et qui sont nécessaires à l’élaboration du glycogène ; le second transporte des produits de fermentation et de putréfaction essentiellement nocifs, qu’il puise dans le gros intestin.

H. Séréüé (1901), a soutenu que ces deux sangs ne se mélangeaient pas dans le parcours commun de la veine porte et qu’ils aboutissaient : l’un, le sang de la grande mésaraïque, exclusivement au lobe droit du foie en suivant la branche droite de la veine porte ; l'autre, le sang de la splénique et de la petite mésaraïque, exclusivement au lobe gauche, en suivant la branche gauche de cette même veine porte. Ainsi s’expliquerait pourquoi, dans certaines affections du foie, les lésions sont presque exclusivement limitées, soit au lobe droit, soit au lobe gauche ; ou, d’une façon plus précise, pourquoi une lésion primitive du territoire intestinal tributaire de la grande mésaraïque détermine d’ordinaire une lésion secondaire localisée dans le lobe droit du foie, tandis qu’une lésion primitive du territoire de la splénique et de la petite mésaraïque a ses lésions secondaires localisées dans le lobe gauche.

Quelques suggestives que soient au premier abord ces conclusions, nous ne saurions les accepter que sous toutes réserves. Les recherches récentes de Gilbert et Villaret (1907) d’une part, de Brissaud et Bauer, d’autre -part, ne leur sont nullement favorables ; celles de Devé (1907) et de Looten (1908), ne le sont pas davantage. Looten est bien arrivé à conclure de ses expériences que les deux foies sont indépendants au triple point de vue porte, artériel et biliaire. Mais il n’en rejette pas moins l’existence dans le tronc de la veine porte d’un double courant sanguin, l’un allant de la grande mésaraïque vers le lobe droit, l’autre orienté de la petite mésaraïque et de la splénique vers le lobe gauche. Pour lui, et nous partageons entièrement sa manière de voir, tout le sang veineux charrié par ces trois veines est parfaitement brassé dans le parcours commun du tronc porte et se distribue également à chacun des deux lobes.

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2° Veines portes accessoires. — Le sang veineux que charrie la veine porte n’est pas le seul que reçoive le foie. A cet organe aboutissent encore d’autres veines, beaucoup moins importantes sans doute, mais qui se ramifient dans son épaisseur comme la veine porte elle-même et acquièrent ainsi la signification attribuée à cette dernière : ce sont des veines portes accessoires. Ces veines ont été déjà étudiées en angéiologie (voy. t. II) ; nous n’y reviendrons pas ici.

Nous rappellerons seulement qu’elles proviennent des points les plus divers et qu’on peut, à ce point de vue, les diviser en quatre groupes (fig. 322) :

a) Un groupe gastro-hépatique , situé dans l’épiploon gastro-hépatique et com-

Schéma montrant, sur une coupe sagittale du foie, les veines portes accessoires.

1, foie. — 2, vésicule biliaire. — 3, ligament suspenseur du foie. — 4, ligament rond. — 5, ligament coronaire. — 6, paroi abdominale, avec 6’, ombilic. — 7, diaphragme. — 8, 8, 8, veines portes accessoires du ligament suspenseur (i quatrième groupe). — 9, veines portes accessoires du cinquième groupe ( groupe parombilical ). — 10, veines portes accessoires du deuxième groupe [groupe cijstique). — 11, veines portes accessoires du troisième groupe. — 12, une veine porte accessoire du ligament coronaire. — 13, veine porte. — 14, paroi thoracique. — 15, colonne vertébrale.

prenant plusieurs veines ou veinules qui, de la petite courbure de l’estomac ou de l’épiploon lui-même, se rendent au sillon transverse ; la figure 320 nous présente trois veines (13, 13, 13) appartenant à ce groupe ;

Sans rejeter entièrement l’opinion émise par Sappey que ces veines du groupe gastro-hépatique se ramifient dans l’épaisseur du foie à la manière de la veine porte, j’affirme, pour avoir observé cette disposition plusieurs fois, qu’un certain nombre d’entre elles tout au moins ne se ramifient pas et se jettent, après un parcours plus ou moins long, dans l’une des divisions de la veine porte. Ce ne sont plus alors des veines portes accessoires vraies, mais de simples affluents du système porte, qui, au lieu de se rendre au tronc même de la veine porte, pénètrent dans le foie et se jettent dans l’une des divisions intra-hépatiques de ce tronc.

(s) Un groupe cystique, formé par douze ou quinze veinules qui proviennent de la face supérieure de la vésicule biliaire ;

y) Un groupe diaphragmatique , qui, de la face inférieure du diaphragme, descend vers la face convexe du foie en suivant le ligament suspenseur;

8) Un groupe parombilical , comprenant une série de veinules qui proviennent de la paroi antérieure de l’abdomen et qui se portent vers le sillon longitudinal du foie, en longeant le cordon fibreux de la veine ombilicale.

A ces quatre g'roupes, il conviendrait, d’après Sappey, d’en ajouter un cinquième, constitué par ces innombrables veinules que nous avons décrites plus haut sous le nom de veines vasculaires et qui prennent leur origine sur les parois mêmes de la veine porte, de l’artère hépatique et des canaux biliaires.

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3° Artère hépatique. — L’artère hépatique, branche du tronc cœliaque, se dirige d’abord de gauche à droite et un peu d’arrière en avant. Après avoir fourni deux collatérales importantes, la pylorique et la gastro-épiploïque droite, elle se redresse en haut pour longer, comme la veine porte, le bord droit de l’épiploon gastrohépatique et gagner le hile du foie. Dans la première portion de son trajet, l’artère hépatique est placée sur un plan un peu postérieur à celui qu’occupe la veine porte. Puis, elle contourne d’arrière en avant le bord gauche de la veine porte, pour venir se placer au-devant de ce dernier vaisseau (fig. 293, c), situation qu’elle conservera désormais jusqu’à son entrée dans le hile.

A. Mode de ramification. — Arrivée au hile, l’artère hépatique (Fig. 320,9) se partage en deux branches fort inégales : une branche droite (9”), relativement volumineuse, et une branche gauche (9’), beaucoup plus petite. Ces deux branches suivent le même trajet que les branches correspondantes de la veine porte, en avant desquelles elles sont situées. Comme ces dernières, elles se portent transversalement vers les extrémités du sillon transverse et disparaissent alors dans l’épaisseur du foie. Là, elles s’engagent dans les gaines tubuleuses de la capsule de Glisson, se divisant et se subdivisant exactement comme les branches de la veine porte, qu’elles accompagnent fidèlement et qui leur servent pour ainsi dire de soutien. Chaque gaine glissonienne, comme nous l’avons déjà dit plusieurs fois, renferme à la fois une veine, une artère et un conduit biliaire. Toutefois, dans les gaines de petit calibre, on rencontre assez fréquemment, pour une seule veine, deux artères égales ou inégales, réunies l’une à l’autre par des anastomoses transversales ou obliques.

B. Mode de distribution. — Chemin faisant, les divisions de l’artère hépatique fournissent quatre ordres de rameaux : des rameaux pour les conduits biliaires, des rameaux vasculaires, des rameaux capsulaires et des rameaux interlobulaires.

a. Rameaux des conduits biliaires. — Les rameaux des conduits biliaires, excessivement nombreux, mais très grêles, se jettent sur les canaux vecteurs de la bile, auxquels ils se distribuent.

b. Rameaux vasculaires. — Les rameaux vasculaires, véritables vasa vasorum , se ramifient sur les parois des vaisseaux qui cheminent dans l’épaisseur du foie : branches de la veine porte, veines sus-hépatiques et artères hépatiques ellesmêmes.

c. Rameaux capsulaires. — Les rameaux capsulaires se dirigent vers la capsule fibreuse du foie et, en l’atteignant, se divisent, en quatre ou cinq ramuscules chacun, qui, divergeant à la manière des branches d’une étoile, viennent s’anastomoser avec les ramuscules similaires du voisinage. Ils forment ainsi un vaste réseau, le réseau superficiel ou sous-capsulaire , dont les larges mailles sont directement appliquées contre la face profonde de la membrane fibreuse qui entoure le foie. Les rameaux efférents de ce plexus se terminent, en partie dans cette dernière membrane, en partie dans les lobules sous-jacents.

d. Rameaux interlobulaires. — Les rameaux interlobulaires, enfin, accompagnent les veines de même nom. Gomme ces dernières, elles se divisent dans les espaces interlobulaires, en quatre ou cinq rameaux, qui pénètrent dans les lobules voisins et s’y terminent dans la zone toute superficielle du lobule, de la façon que nous avons indiquée plus haut (voy. p. 318).

C. Artères hépatiques accessoires. — Indépendamment de l’artère hépatique que nous venons de décrire, le foie reçoit encore un certain nombre d’autres artères,

ANATOMIE HUMAINE. — T. IV, 6e ÉDIT.

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beaucoup moins importantes, que nous désignerons dans leur ensemble sous le nom d 'artères hépatiques accessoires.

Ces artères, qui ne sont le plus souvent que de simples artérioles, proviennent de trois sources : 1° de la coronaire stomachique ou de la pylorique ; 2° de la mammaire interne ; 3° des diaphagmatiques inférieures. — Les premières cheminent entre les deux feuillets de l’épiploon gastro-hépatique et pénètrent dans le foie au niveau du hile. — Celles qui proviennent de la mammaire interne, remarquables par leur ténuité, se rendent à la face convexe du foie en suivant le ligament suspenseur. — Enfin, celles qui émanent des diaphragmatiques inférieures, également très grêles, sont situées en partie entre les deux feuillets du ligament suspenseur, en partie entre les deux feuillets du ligament coronaire. Elles abordent le foie, les unes par sa convexité, les autres par son bord postérieur.

Le mode de terminaison dans le foie des hépatiques accessoires est exactement le même que pour les rameaux de l’hépatique.

4° Veine ombilicale. — La veine ombilicale est un organe transitoire, appartenant à la vie fœtale. Elle a pour fonctions, tant qu’elle reste perméable, d’apporter au foie et à la veine cave inférieure le sang artériel qu’elle recueille dans les réseaux placentaires.

A. Trajet et branches collatérales. — Après avoir traversé l’anneau ombilical, elle suit le bord inférieur du ligament suspenseur, puis s’engage dans le sillon longitudinal du foie, qu’elle parcourt d’avant en arrière (fig. 323, 2). Un peu avant d’atteindre le sillon transverse, elle s’élargit plus ou moins (2’) et fournit à ce niveau de nombreuses collatérales qui se distribuent, les unes au lobe gauche, les autres au lobe carré. Ces collatérales, une fois arrivées dans le tissu hépatique, s’y ramifient de la même façon que les branches de. la veine porte.

B. Mode de terminaison. — En atteignant le sillon transverse, la veine ombilicale se partage en deux branches terminales, qui sont : 1° le canal de communication arec la veine porte ; 2° le canal veineux.

a. Canal de communication avec la veine porte. — Le canal de communication avec la veine porte descend dans le sillon transverse et va à la rencontre de la veine porte, avec laquelle il se continue. Considéré dans son ensemble, il n’est pas exactement transversal, mais décrit une légère courbe dont la cavité, dirigée en avant, embrasse la partie correspondante du lobe carré.

Chemin faisant, le canal de communication avec la veine porte fournit un certain nombre de branches collatérales. De ces collatérales, les unes, postérieures, se rendent au lobe de Spigel ; les autres, ascendantes, se distribuent à cette portion du foie qqi sépare le lobe de Spigel du lobe carré.

Il est à remarquer que l’importance du canal de communication porto-ombilical varie suivant les âges. D’après Sappey, il est peu développé dans les premiers mois de la vie intra-utérine. Il commence à s’élargir au quatrième ou au cinquième mois et, au septième, il est déjà plus considérable que le canal veineux. Au huitième et au neuvième mois, son calibre est supérieur à celui de la veine ombilicale ellemême. Enfin, au moment de la naissance, il égale environ, comme nous le montre la figure 300, celui de la branche droite de la veine porte.

b. Canal veineux. — Le canal veineux, encore appelé canal d' Ar antius (fig. 323, 1), est beaucoup moins important que le canal de communication porto-ombilical : son calibre, en effet, n’est que le tiers ou le quart de ce dernier. Continuant la

direction du tronc dont il émane, le canal veineux parcourt d’avant en arrière la portion postérieure du sillon longitudinal du foie, chemine entre le lobe gauche et le' lobe de Spigel et vient s’ouvrir dans la veine cave inférieure, au niveau du point où elle se dégage du bord postérieur du foie.

Plus rarement, il se jette dans la veine sus-hépatique gauche tout près de sa terminaison.

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