C. La veine ombilicale
APRÈS LA NAISSANCE. — Après
la naissance, le tronc de la veine ombilicale, n’ayant plus désormais aucune fonction à remplir, s’oblitère peu a peu d’avant en arrière et, finalement, se transforme en un cordon fibreux qui, chez le nouveau-né et l’adulte, prend le nom de ligament rond du foie.
Le canal veineux, subissant une régression analogue, devient lui aussi un simple cordon fibreux qui, comme le vaisseau qui le remplace, s’étend du sillon transverse à la veine cave.
Quant au canal de communication porto-ombilical, continuant à recevoir du sang du système porte, il persiste sous un nom nouveau : il devient la branche gauche de la veine porte.
Foie d’un nouveau-né, vu par sa face inférieure, pour montrer la veine ombilicale et le canal veineux.
A, lobe droit. — B, lobe gauche. — C, lobe carré. — D, lobe de Spigel, érigné à droite pour découvrir le canal veineux.
1, canal veineux. — 2, veine ombilicale, avec 2’, sa partie élargie fournissant deux collatérales au lobe gauche. — 3, segment de la paroi antérieure de l’abdomen, vu par sa face postérieure. — 4, bord antérieur du foie. — 5, veine porte. — 6, veine cave inférieure. — 7, vésicule biliaire. — 8, pont de substance hépatique, reliant le lobe carré au lobe gauche et transformant, à son niveau, le sillon longitudinal en un canal complet.
5° Veines hépatiques ou sus-hépatiques. — Gomme nous l’avons dit plus haut (voy. Structure du lobule , p. 315), le sang veineux et le sang artériel apportés au lobule par les divisions ultimes de la veine porte et de l’artère hépatique, se rendent l’un et l’autre, à l’état de sang veineux, à un canal collecteur commun, la veine intra-lobulaire, laquelle occupe le centre du lobule et s’en échappe par son côté supérieur et postérieur.
A. Mode d’origine. — Au sortir des lobules, les veines intra-lobulaires prennent le nom de veines sus-lobulaires. Ces veines sus- lobulaires, après un trajet toujours très court, s’abouchent dans des canaux collecteurs qui cheminent entre les lobules et qui constituent les veines hépatiques ou sus-hépatiques. Il n’est pas rare devoir un certain nombre de veines intra-lobulaires s’ouvrir dbns la veine hépatique aussitôt après sa sortie du lobule, auquel cas la veine sus-lobulaire n’existe pas. Les veines hépatiques se réunissent les unes aux autres pour former des vaisseaux de plus en plus volumineux : ici, comme sur les autres points de l’arbre veineux.
340 APPAREIL DE LA DIGESTION
les ramuscules donnent naissance aux rameaux, les rameaux donnent naissance aux branches, celles-ci aux troncs. Il est à remarquer, toutefois, qu’une multitude de veines de petit calibre se jettent directement dans les grosses branches ou même dans les troncs, sans se réunir préalablement en rameaux successivement croissants. Ainsi, si on incise dans le sens de sa longueur une branche hépatique quelconque (fig. 324), on constate que sa paroi, tout en présentant çà et là quelques orifices assez considérables, est comme criblée de tout petits orifices qui sont les points d’abouchement d’autant de veinules afférentes.
Outre les veines sus-lobulaires, qui sont considérées à juste titre comme les radicules des veines hépatiques, celles-ci recevraient encore, d’après Sabourin, un certain nombre de rameaux qui proviendraient directement des branches glissoniennes de la veine porte sans passer par le lobule. Ces rameaux constituent dans l’épaisseur du foie, ce que l’on appelle les communications porto-sus-hépatiques directes. Si l’existence de ces communications directes était confirmée, il y aurait dans le foie deux courants sanguins; un courant s’effectuant par le réseau capillaire des lobules ; un courant direct, allant de la veine porte à la veine sus-hépatique. Le premier, ajoute Sabourin, serait la circulation de la glande à l’état d’activité, celle que suit le sang après le repas, alors que l’absorption par les radicules portes est colossale ; la seconde serait la circulation de la glande à l’état de repos et servirait surtout en dehors de la période digestive.
B. Trajet et terminaison. — Ainsi constituées, les veines sus-hépatiques se dirigent toutes vers la gouttière, plus ou moins profonde , que présente le bord postérieur du foie pour loger la veine cave inférieure. Elles s’échappent du foie au niveau de cette gouttière et, immédiatement après, s’ouvrent dans la veine cave. On peut, d’après leur situation, les diviser en deux groupes : un groupe supérieur et un groupe inférieur.
a. Groupe supérieur. — Le groupe supérieur comprend deux veines volumineuses, placées côte à côte, que l’on distingue en veine hépatique droite et veine hépatique gauche. — La veine hépatique droite (fig. 325, 3) est formée ordinairement par deux gros canaux, qui se réunissent à 1 ou 2 centimètres en amont de son embouchure et qui proviennent tous les deux du lobe droit du foie. — La veine hépatique gauche (fig. 325, 2) est formée, elle aussi, par deux ou trois canaux volumineux qui, comme pour la veine précédente, se réunissent ensemble tout près de la veine cave. De ces trois canaux, l’un, celui qui est le plus à droite, provient du lobe droit. Les deux autres tirent leur origine du lobe gauche.
b. Groupe inférieur. — Le groupe inférieur comprend des veines beaucoup plus petites (5,5,5), dont le nombre varie habituellement de 10 à 15 : j’en ai compté jusqu’à vingt-deux sur un sujet dont le foie présentait des dimensions normales.
Fig. 324.
Mode de ramification des veines sushépatiques : une de ces veines incisée dans le sens de la longueur, depuis son abouchement dans la veine cave jusqu'auprès de son origine.
On voit cette grosse branche recevoir à la fois et sur presque tous les points de son étendue : 1° des veines d'un certain calibre ; 2° des veines d'un calibre moyen ; 3° de toutes petites veines, dont les embouchures forment les foramina et les foraminula.
FOIE
Parmi ces veines hépatiques inférieures, on en rencontre ordinairement une ou deux, plus volumineuses que leurs voisines (4 et 4’ de la figure 325), qui s’ouvrent sur le côté gauche de la veine cave et qui proviennent du lobe de Spigel. Les autres, irrégulièrement disséminées à droite des précédentes, émanent du lobe droit.