‹ Traité d'anatomie humaine (volume 4)Chapitre 36 sur 107 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

L’appareil uro-génital comprend, comme son nom l’indique, l’ensemble des organes qui se rattachent aux deux importantes fonctions urinaire et génitale. — La fonction urinaire , on le sait, a pour but de rejeter au dehors, avec l’urine, des matières azotées et autres substances non volatiles, qui s’amassent dans le torrent circulatoire à la suite de la désassimilation et qui, si elles n’étaient pas expulsées, jetteraient dans les différentes fonctions une perturbation profonde. L’appareil urinaire acquiert ainsi la signification d’un vaste émonctoire, chargé, au même titre que les poumons et les glandes sudoripares, de débarrasser nos tissus des matériaux de déchet provenant des combustions organiques. — Quant à la fonction génitale, encore appelée fonction de reproduction, elle a pour but la conservation de l’espèce : c’est cette fonction par laquelle les êtres vivants se multiplient en donnant naissance à d’autres êtres semblables à eux.

Quelque différentes que soient ces deux fonctions dans leur nature, les appareils organiques qui leur sont dévolus présentent dans les premiers stades de leur développement des relations intimes et, même chez l’adulte, nous voyons un même conduit, le canal uréthral de l’homme, servir à la fois au passage de l’urine et du sperme. Ainsi se trouve justifiée la classification anatomique, qui réunit en un seul système les deux appareils urinaire et génital et dans un même livre tout ce qui se rattache à leur description.

Les organes urinaires, abstraction faite du canal de l’urèthre qui est beaucoup plus court chez la femme que chez l’homme, nous présentent une disposition analogue dans les deux sexes, et nous pourrons les étudier dans un seul et même chapitre. Mais il n’en est pas de même des organes génitaux, lesquels diffèrent du tout au tout suivant qu’on les considère chez l'homme ou chez la femme.

La génération sexuée qui, comme on le sait, est le mode de reproduction de tous les êtres un peu perfectionnés, de tous les vertébrés notamment, exige le concours de deux éléments : Yovule et le spermatozoïde . Ces deux éléments, tous les deux essentiels, sont cependant d’une valeur bien différente, et leur part respective dans la fonction de reproduction peut se traduire par cette formule bien simple que nous aurons à développer en embryologie : l’ovule, fécondé par le spermatozoïde, donne naissance à un germe qui, en se développant, constituera plus tard un être morphologiquement semblable aux générateurs. — Chez un grand nombre d’inver-

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tébrés, les deux éléments précités, l’ovule et le spermatozoïde, sont portés par le même sujet qui, pour cette raison, est dit bisexué ou hermaphrodite. — Mais, chez tous les vertébrés, ils sont produits par deux sujets distincts, dont l’un, celai qui fournit le spermatozoïde, est appelé mâle, l’autre, celui qui porte l’ovule, prend le nom de femelle. Les deux sexes sont, dans ce cas, nettement tranchés, et, dans les espèces animales qui présentent ce caractère, chacun des sujets est dit sexué ou unisexué.

L’appareil sexuel, comme tous les autres appareils, se complique au fur et à mesure que l’animal devient lui-même plus parfait. — Chez les vertébrés inférieurs, les corps glandulaires qui produisent les spermatozoïdes et les ovules constituent à eux seuls l’appareil tout entier. Ovules et spermatozoïdes tombent, au fur et à mesure de leur production, dans la cavité générale du corps. Puis, ils s’échappent au dehors par des orifices qui sont situés sur la paroi abdominale, les pores abdominaux. — Si nous nous élevons dans la série, nous voyons apparaître, à titre d’annexes des glandes génitales, des conduits spéciaux qui relient ces glandes à l’extérieur. Ce sont de véritables canaux excréteurs par lesquels s’échappent, les spermatozoïdes chez le sujet mâle, les ovules chez le sujet femelle. — Si nous nous élevons encore, nous voyons, dans les espèces qui s’accouplent, lors de la fécondation, l’appareil génital acquérir un nouveau perfectionnement par le fait de l’adjonction aux formations précitées d’organes, dits copulateurs, ayant pour fonction l’introduction des spermatozoïdes dans les voies parcourues par l’ovule.

Placé au sommet de l’échelle zoologique, l'homme présente dans son appareil génital tous les perfectionnements sus-indiqués, et nous trouverons chez lui, à la fois sur le sujet mâle et sur le sujet femelle : 1° des glandes génitales, chargées de produire les éléments essentiels de la fécondation ; 2° des canaux excréteurs, dans lesquels cheminent ces éléments ; 3° enfin, des organes copulateurs . Ces différents organes sont naturellement tout différents chez l’homme et chez la femme et, contrairement-à ce qui a été fait dans les livres précédents, nous serons obligés de les décrire séparément dans l’un et l’autre sexes.

Nous étudierons successivement, dans trois chapitres distincts :

1° Les organes urinaires , chez l’homme et chez la femme;

2° Les organes génitaux de l’homme ;

3° Les organes génitaux de la femme.

A l’appareil génital, nous rattacherons les mamelles , organes glandulaires destinés à sécréter le lait. Sans doute, ces glandes se trouvent situées, du moins chez l’homme, sur un point très éloigné des organes génilaux ; d’autre part, elles n’ont avec ces derniers organes aucune communauté d’origine. Mais il n’en est pas moins vrai qu’en assurant pendant un certain temps l’alimentation du nouveau-né, les mamelles deviennent une annexe importante de cet appareil, dont la fonction, définie plus haut, a pour but la conservation de l’espèce. Nous lui consacrerons un chapitre à part.

Enfin, dans un cinquième et dernier chapitre, nous donnerons une description générale du péritoine, qui présente avec les organes génitaux et urinaires, chez l’adulte comme chez l’embryon, des relations si intimes.

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