‹ Traité d'anatomie humaine (volume 4)Chapitre 38 sur 107 · B . — T I S S U PROPRE · texte numérisé non relu

B . — T I S S U PROPRE

Le tissu propre constitue la partie essentielle du rein, le rein proprement dit : il se compose, d’une multitude d’éléments tubuleux, les tubes urinifères , se groupant systématiquement en lobules d’abord, puis en lobes. Pour procéder avec méthode à l’étude de la constitution anatomique du rein proprement dit, nous décrirons tout d’abord l’aspect qu’il présente sur des coupes macroscopiques. Nous établirons ensuite qu’il se divise successivement en lobes, lobules, tubes urinifères. Prenant alors un de ces tubes urinifères, que pour la commodité de la description nous supposerons isolé, nous étudierons ses différentes portions, en le suivant pas

REINS

à pas depuis son origine dans la substance corticale du rein jusqu’à sa terminaison dans le sinus. Nous indiquerons enfin, dans une description synthétique, quelles sont les relations des divers segments de ce tube urinifère avec les différentes zones de l’organe.

1° — Aspect clu rein vu en coupe.

Si l’on incise le rein parallèlement à ses deux faces, en allant de son bord convexe vers le hile (fig. 389), on constate, en jetant les yeux sur la surface de coupe, qu’il est constitué par deux substances d’aspect bien différent : l’une

centrale ou médullaire ; l’autre périphérique ou corticale. Examinons-les séparément :

1° Substance médullaire. — La substance médullaire, encore appelée substance tubuleuse (nous verrons pourquoi tout à l’heure), se dispose tout autour du sinus du rein . Elle est remarquable par sa fermeté, sa consistance et une coloration rouge plus ou moins foncée.

A. Pyramides de Malpighi. — Au premier coup d’œil, on constate qu’elle est formée par un certain nombre de petits champs triangulaires (fig. 389, 2), dont la base regarde en dehors. Chacun de ces triangles est la coupe longitudinale d’une formation conique, que l’on désigne sous le nom de pyramide de Malpighi.

Fig. 389.

Coupe longitudinale du rein gauche, passant immédiatement en arrière du bassinet : segment antérieur de la coupe, vu par sa face postérieure.

1, substance corticale. — 2, pyramides de Malpighi, avec 2’, papilles. — 3, colonnes de Bertin. — 4, bassinet, vue postérieure. — 5, 5, 5, calices. — 6, une papille située sur un plan antérieur à celui de la coupe. — 7, 7, deux calices recevant des papilles situées dans le segment postérieur de la coupe. —

8, artère rénale, avec ; 8’ sa branche postérieure, 8” sa branche antérieure. —

9, veine rénale. — 10, uretère. — 11, graisse du sinus.

B. Leur nombre. — Les pyramides de Malpighi sont au nombre de 5 ou 6 sûr la coupe sus-indiquée. Mais il en est d’autres, plus postérieures ou plus antérieures, qui n’ont pas été intéressées par la section et qui, par conséquent, ne sont pas visibles sur cette coupe. On en compte 10 à 12, en moyenne, pour le rein tout entier.

C. Leur orientation et leur disposition générale. — Quelle que soit leur situation, qu’elles soient antérieures, moyennes ou postérieures, lés pyramides de Malpighi sont toutes orientées d’une façon telle que leur grand axe ait. la direction d’un

rayon du rein. Chacune d’elles nous présente trois éléments : 1° une surface extérieure, arrondie comme l’est la surface extérieure d’un cône; 2° une base, dirigée en dehors, fortement convexe et assez mal délimitée du côté de la substance corticale; 3° un sommet , qui, sous le nom de papille (fig. 388,6), fait saillie dans la cavité du sinus.

Les pyramides de Malpighi se distinguent en pyramides simples et pyramides composées : les pyramides simples sont celles qui, comme leur nom l’indique, ne

se divisent pas et constituent un cône régulier; les pyramides composées sont celles qui se divisent en deux ou trois pyramides secondaires, lesquelles, parfaitement isolées au niveau de leur base, viennent se réunir au voisinage du sinus sur un sommet commun. Ce sommet commun , du reste, peut présenter dans son contour (fig. 388,7) des traces de divisions plus ou moins accusées.

Les pyramides composées, suivant le nombre de leurs divisions, sont dites bifides , trifides, multifides : elles se rencontrent de préférence dans les zones antérieure et postérieure du rein ou à ses extrémités. Les pyramides qui appartiennent à la zone moyenne de l’organe et qui rayonnent vers le bord externe, sont ordinairement des pyramides simples.

D. Leur division en deux zones. — Ludwig distingue aux pyramides de Malpighi deux régions ou zones. l)e ces deux zones, l'une, interne, forme la zone papillaire ; l’autre, externe, est dite zone limitante :

a. Zoite papillaire. — La zone papillaire (fig. 390, a), de coloration claire, forme ces saillies coniques ou mamelonnées qui, sous le nom de papilles ou de mamelons , se projettent dans la cavité du sinus. Les papilles mesurent de 6 à 8 millimètres de longueur en moyenne. Elles sont, comme les pyramides de Malpighi, au nombre de 8 à 12 et se disposent dans le sinus en trois rangées, une rangée antérieure, une rangée postérieure et une rangée moyenne, lesquelles répondent aux pyramides antérieures, postérieures et moyennes. 11 convient d’ajouter que ces rangées ne sont jamais parfaitement linéaires et, d’autre part, que dans chaque rangée les intervalles qui séparent les papilles sont fort inégaux.

Du reste, les papilles elles-mêmes sont loin de se ressembler entre elles et chacune reflète pour ainsi dire le mode de constitution de la pyramide a laquelle elle

Fig. 390.

Schéma de la structure du rein (coupe allant du bord convexe au bord concave).

a, zone papillaire. — b, zone limitante. — c, substance corticale. — d, d , d , d , d, la base de cinq lobules.

1, papille. — 2, capsule fibreuse. — 3, rayons clairs de la zone limitante, formés par des tubes urinifères. — 4, rayons foncés, formés par les vaisseaux droits. — 5, vaisseaux arciformes ou sus-pyramidaux. — 6, pyramides de Ferre in ou rayons médullaires. — 7, labyrinthe, avec 8, vaisseaux interlobulaires et 9, corpuscules de Malpighi. — 10, couche souscapsuiuire.

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fait suite (fig. 391). Celles des pyramides simples (1) sont particulièrement saillantes et assez régulièrement coniques. Celles qui appartiennent à des pyramides composées (2 et 3) sont à la fois plus volumineuses, moins saillantes et moins régulières : elles sont, comme nous le montre nettement la figure 39 1 , un peu allongées bifoliées pour les pyramides bifides, trifoliées pour les pyramides trifides, etc.

Considérée isolément, chaque papille rénale nous présente une base et un sommet. — La base fait corps avec la pyramide, qui la continue : à son niveau se voit assez souvent une sorte d’étranglement circulaire, le col de la papille, sur le pourtour duquel vient s’insérer le calice correspondant. — Le sommet qui répond au point le plus saillant de la papille, est arrondi et mousse. Il nous présente une série de petits orifices, les pores urinaires (fig. 392), de 0mm,l à 0mm,2 de diamètre, dont l’ensejnble constitue Y area cribrosa de la papille ( Porenfeld des anatomistes allemands). Le nombre de ces orifices est variable : Muller en a compté, chez l’homme, de 10 à 24 pour les papilles simples, de 30 à 80 pour les papilles composées. Ils sont, suivant les cas, arrondis, ovalaires, en forme de fente. La plupart d’entre eux se disséminent d’une façon irrégulière à la surface même de Yarea cribrosa. D’autres sont situés, par groupes de 2 à 4, dans le fond de petites fossettes plus ou moins infundibuliformes, dont le diamètre mesure de 0mm,6 à 0mm,8 (Müller). Quoi qu’il en soit, qu’ils soient superficiels ou plus ou moins dissimulés dans le fond d’une fossette, tous ces orifices répondent à la terminaison des tubes urinaires et constituent une sorte de pomme d’arrosoir, par où s’écoule l’urine en passant des conduits urinifères dans les calices. Même sur le cadavre, en pressant latéralement les papilles, on voit sourdre à la surface de Yarea cribrosa des gouttelettes d’urine.

b. Zone limitante. — La zone limitante (fig. 390, b) fait suite à la zone papillaire et s’étend de là jusqu’à la base de la pyramide. Elle se distingue de la zone papillaire, tout d’abord, par sa coloration qui est plus foncée. Mais elle s’en distingue encore et surtout en ce qu’elle est striée dans le sens de la longueur, présentant à l’œil une série de rayons alternativement pâles et colorés, que nous désignons sous le nom de rayons clairs et de rayons foncés : les rayons clairs ou pâles (3), disons-le tout de suite, sont formés par des tubes urinifères à direction rectiligne (tubes de Bellini) , intimement accolés les uns aux autres; quant aux rayons foncés ou colorés (4), ils comprennent des vaisseaux, principalement des veines : ce sont les vaisseaux droits de. Henle. Les rayons pâles et les rayons colorés occupent toute la hauteur de la zone limitante. Arrivés à la base des pyramides, ils passent en grande partie dans la substance corticale : nous verrons tout à l’heure ce qu’ils y deviennent.

Fig. 392.

Area cribrosa d’une papille rénale, chez l’homme (d’après Müller) .

Fig. 391.

Divers types de papilles rénales.

(Les calices ont été réséqués à la base de leurs papilles).

1, papille simple. — 2, papille bifoliée (provenant de deux pyramides). — 3, papille trifoliée (provenant de trois pyramides). — 4, 4, paroi du sinus.

APPAREIL U RO- GENITAL

2° Substance corticale. — Lca substance corticale (fig. 389, 1) a pour attributs distinctifs une consistance moins ferme que celle de la substance médullaire et une coloration plus ou moins jaunâtre, tranchant nettement sur la coloration rouge foncé des pyramides.

A. Disposition générale, colonnes de Bertin. — Elle se dispose tout autour de la substance médullaire, remplissant exactement tout l’espace qui sépare cette dernière de l’enveloppe fibreuse du rein. Mais ce n’est pas tout : elle s’insinue entre les pyramides de Malpighi et descend ainsi avec ellesjusqu’au sinus, sur les parois duquel elle forme des saillies pins ou moins arrondies, alternant sur les coupes

avec les saillies papillaires (fig. 389, 3). Ces prolongements que la substance corticale envoie entre les pyramides ont été parfaitement décrits par Bertin en 1744, d’où le nom de colonnes de Bertin sous lequel les désignent aujourd’hui la plupart des anatomistes.

Les colonnes de Bertin entourent complètement la surface extérieure des pyramides, la papille exceptée. Vues en coupes longitudinales, elles sont pour la plupart renflées à leurs extrémités, étroites à leur partie moyenne :

elles revêtent ainsi, dans un ensemble, l’aspect d’un sablier.

B. Structure. — La substance corticale proprement dite, celle qui s’étend de la base des pyramides à la capsule fibreuse du rein, se compose de deux ordres de formations, entièrement différentes par leur aspect extérieur et par leur constitution anatomique : ce sont les pyramides de Ferrein et le labyrinthe .

à. Pyramides de Ferrein. — Les rayons pâles des pyramides de Malpighi. arrivés à la base de la pyramide, se prolongent dans la substance corticale en suivant, dans cette substance, la même direction rayonnée que dans la substance médullaire. C’est à ces prolongements, constitués comme les rayons pâles par un paquet de tubes urinifères à direction rectiligne et intimement accolés, qu’on donne le nom de pyramides de Ferrein (: rayons médullaires de Ludwig). Leur nombre est considérable; il varie de 400 à 500 pour chaque pyramide. Chacune d’elles renferme de 50 à 100 tubes urinifères. Considérées isolément (fig. 390,6 et 393,2), les pyramides de Ferrein se dirigent exactement en sens radiaire et, comme elles

Eig. 393.

Coupe longitudinale de la substance corticale du rein (d’après Sappey).

1, 1, base des pyramides de Malpighi. — 2, pyramides de Ferrein. — 3, tubes contournés. — 4, corpuscules de Malpighi. — 5, l’un de ces corpuscules, sous-jacent à la capsule du rein. — 6, branche artérielle, représentant une artère arciforme (sus-pvramidale) et croisant presque perpendiculairement les pyramides de Ferrein. — 7, artères interlobulaires. — 8, 8. tubps contournés, voilant sur une partie de leur trajet les artères interlobulaires. — 9, enveloppe fibreuse du rein.

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diminuent peu à peu de largeur au fur et à mesure quelles s’élèvent dans la substance corticale, chacune d’elles revêt dans son ensemble la forme d’un cône très allongé, dont la base répond à la pyramide de Malpighi et dont le sommet, plus ou moins aigu, se rapproche beaucoup de l’enveloppe fibreuse du rein, mais sans jamais l’atteindre.

b. Labyrinthe. — Les pyramides de Ferrein sont séparées les unes deê autres par des espaces dont la largeur augmente naturellement au fur et à mesure que celle des pyramides diminue : vus en coupe longitudinale (fig. 390, 7 et 393), ils ont la forme d’un triangle, dont la base regarde la capsule fibreuse du rein et dont le sommet repose sur la pyramide malpighienne, dans l’angle aigu que forment deux pyramides de Ferrein en s’écartant réciproquement l’une de l’autre.

Ces espaces sont comblés par une substance, d’une coloration rose jaunâtre, à laquelle Ludwig a donné le nom de labyrinthe. Le labyrinthe, comme on le voit nettement sur les coupes transversales, fait tout le tour des pyramides de Ferrein; d’autre part, comme nous le montrent les coupes longitudinales, il se prolonge jusqu’à la capsule fibreuse du rein et remplit tout l’intervalle qui sépare cette capsule du sommet des pyramides de Ferrein. Il résulte d’une pareille disposition que les pyramides de Ferrein sont entourées sur tout leur pourtour, leur base exceptée, par la substance qui forme le labyrinthe. Nous devons ajouter que c’est au labyrinthe que viennent aboutir les rayons colorés de la pyramide de Malpighi.

Morphologiquement, le labyrinthe est constitué, comme nous le verrons tout à l’heure, par des vaisseaux et par des tubes urinifères à direction variable. On ydis-

Fig. 394.

Schéma montrant, sur une coupe longitudinale de la substance corticale, les pyramides de Ferrein et le labyrinthe qui les sépare.

a, zone limitante. — b, zone corticale. — e, couche sous-capsulaire. — d, capsule fibreuse. — c, capsule adipeuse.

1. un segment d’une pyramide de Malpighi. avec 2. 2,2, ses stries claires et 3, 3, 3, ses stries foncées. — 4, pyramides de Ferrein. — 5, labyrinthe, avec les corpuscules de Malpighi. — 6, 6, artères sus-pyramidales ou arciformes et voûte veineuse sus-pyramidale. — 7 et 7’, artère et veine interlobulaires.— 8, 8, étoiles de Verheyen. — 9, anastomoses des veines interlobulaires. — 8, étoiles de Verheyen. — 9, anastomoses des veines interlobulaires avec les veines de la capsule adipeuse. — 10, vaisseaux droits (les artères proviennent des branches efférentes des glomérules; les veines se jettent dans la voûte veineuse).

APPAREIL URO-GENITAL

tingue, à la loupe ou à l’œil nu, un semis de petites granulations rougeâtres (390, 9), que l’on désigne sous le nom de corpuscules de Malpighi. Ces corpuscules, assez régulièrement sphériques mesurent, chez l’homme, de 0mm,2 à 0mm,3 de diamètre. Nous verrons plus loin quelles sont leurs relations, d’une part avec les tubes urinifères, d’autre part avec les vaisseaux du labyrinthe.

Qu’il nous suffise d’indiquer ici que leur mode de dissémination n’est pas quelconque, mais qu’au contraire ils occupent une situation parfaitement déter- ^ minée se disposant sur les flancs des

pyramides de Ferrein en séries régu-

) 1 lières, que l’on voit très nettement sur

des coupes, soit longitudinales, soit ^ transversales, de la substance corti-

^ cale. Sur des coupes longitudinales

2 (fig. 395,1), chaque pyramide présente

à droite et à gauche une série longitudinale de 8 à 10 corpuscules. Sur des

Fig. 395.

Une pyramide de Ferrein, vue en long, avec ses corpuscules de Malpighi.

], corpuscules de Malpighi. — 2, pyramide de Ferrein. — 3, le rayon clair de la substance médullaire auquel elle fait suite.

xx, limite séparative de la pyramide de Ferrein et du rayon clair. — yy, plan suivant lequel est faite la coupe transversale représentée dans la figure 396.

Fig. 396.

La même, vue sur une coupe transversale avec ses corpuscules de Malpighi.

1, corpuscules de Malpighi, se disposant en une sorte de couronne. — 2, pyramide de Ferrein, avec ses tubes urinifères coupés en travers.

xx, plan suivant lequel est faite la coupe longitudinale représentée dans la figure 395.

coupes horizontales (fig. 396), ces corpuscules se trouvent placés tout autour des pyramides, qu’ils enlacent comme dans une sorte de couronne : on compte encore, sur ces dernières coupes de 8 à 10 corpuscules pour chaque pyramide.

2° — Division systématique du rein .

1° Constitution lobulaire. — Gomme le poumon et le foie, le rein se décompose en une série de segments plus petits, appelés lobes, ayant chacun, tant au point de vue morphologique qu’au point de vue fonctionnel, la même valeur que l’organe tout entier.

a. Lobulation chez les mammifères. — Cette lobulation du rein est très manifeste chez certains mammifères, notamment chez les cétacés, chez l’ours, chez la loutre, où les lobes sont entièrement distincts et s’attachent en forme de grappe sur les branches d’origine du canal excréteur. Chez d’autres mammifères, les lobes du rein, quoique indépendants fonctionnellement, se soudent entre eux par la plus grande partie de leur surface. Leur base seule est isolée et, comme cette base répond à la surface extérieure de l’organe, celle-ci se trouve formée par un nombre plus ou moins

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considérable de bosselures (reins bosselés), qui répondent chacune à un lobe distinct. Telle est la disposition que nous rencontrons chez le phoque, le bœuf, l’éléphant.

b. Lobulation chez Vhomme. — L’homme lui-même présente un rein bosselé durant toute la période fœtale (fig. 397) et, à ce moment, la lobulation du rein est tout aussi manifeste chez lui que chez les mammifères précités. Mais, tandis que, chez ces derniers, la disposition en question persiste pendant toute la vie, elle s’atténue chez l’homme au fur et à mesure qu’il s'éloigne de la vie fœtale : les bosselures s’affaissent; les sillons circulaires qui les circonscrivent deviennent de plus en plus superficiels et, finalement, la surface extérieure du rein, d’irrégulière qu’elle était, revêt cet aspect lisse et uni qui la caractérise chez l’adulte. Dès l’âge de cinq ou six ans, bien souvent plus tôt, il ne reste plus ordinairement aucune trace extérieure de la lobulation primitive.

Les lobes rénaux, cependant, ne sont fusionnés qu’en apparence et, bien que leurs limites extérieures aient disparu, ils n’en persistent pas moins avec toute leur indépendance fonctionnelle. Morphologiquement, chacun d’eux est constitué par une pyramide malpighienne ■et par toute la substance corticale qui est en relation avec cette pyramide. De ces deux éléments, le premier est central ; le second est périphérique et recouvre le précédent sur tout son pourtour, excepté au niveau de la papille.

Sur une coupe longitudinale du rein, la limite séparative des différents lobes est assez bien indiquée par des lignes en rayon, qui seraient menées par le sommet de la portion saillante des colonnes de Bertin et qui, de là, aboutiraient à la capsule fibreuse. Du reste, à la période embryonnaire et fœtale, au lieu et place des rayons sus-indiqués, se trouvent des cloisons conjonctives qui dépendent de l’enveloppe fibreuse de l’organe et qui, à ce moment, établissent nettement les limites respectives des lobes. Ces cloisons, véritables espaces interlobulaires, disparaissent ensuite au cours du développement.

c. Nombre des lobes. — Les lobes du rein devraient, ce semble, être en nombre égal à celui des pyramides, soit 8 à 12 pour chaque rein. C’est là, en effet, le chiffre qu’on rencontre chez l’adulte. Mais, chez le fœtus, si l’on évalue le nombre des lobes, comme l’a fait Mareschi, par celui des bosselures que présente la surface extérieure de l’organe, on arrive à un chiffre trois fois supérieur : 28 à 50. Il en résulte que, au cours du développement, au fur et à mesure que s’effacent sur la surface extérieure du rein les sillons séparatifs des lobes, les pyramides se fusionnent par groupe de deux ou trois, augmentant ainsi de volume, mais diminuant de nombre.

2° Subdivision des lobes en lobules. — Quoi qu’il en soit de leur nombre, les lobes du rein se subdivisent à leur tour en un grand nombre de lobules, 400 à 500 en moyenne pour chaque lobe. Chaque lobe est formé par une pyramide de Ferrein et par toute la portion de l’écorce qui dépend de cette pyramide (fig. 394 et 397).

Le lobule rénal est donc exactement constitué sur le même type que le lobe : il possède un élément central ou enveloppé, qui est une émanation de la substance médullaire, et une partie périphérique ou enveloppante, qui est formée par de la substance corticale. Ici encore la substance corticale entoure la pyramide de Fer-

Fig. 397.

Rein fœtal, avec ses bosselures extérieures (rein droit vu par sa face antérieure).

rein sur tout son pourtour, excepté au niveau de sa base, laquelle est pour le lobule ce qu’est la papille pour le lobe.

Sur les coupes longitudinales du rein, les limites respectives des lobules sont indiquées par des lignes en rayon qui passent entre les pyramides de Ferrein, en plein labyrinthe par conséquent, et à égale distance des deux pyramides voisines. Ces limites ne sont pas seulement conventionnelles comme celles des lobes. Elles sont indiquées par des vaisseaux à direction radiaire (fi g. 394,6 et 7’), que nous décrirons dans le paragraphe suivant sous le nom, parfaitement justifié du reste, de vaisseaux interlobulaires.

3° Subdivision des lobules en tubes urinaires. — Nous venons de voir que chaque rein se divise en lobes et ceux-ci en lobules. Mais nous pouvons aller plus loin encore dans cette dissection systématique du rein. Les lobules, en effet, sont essentiellement formés par un certain nombre d’éléments tubuleux, tubes urinifères, tubes urinipares, tubes urinaires , qui tous sont constitués sur le même type et ont la même valeur. Chacun de ces tubes fonctionne isolément et, à lui tout seul, il constitue pour ainsi dire un rein en miniature. Il nous suffira donc de l’étudier dans sa disposition et dans sa structure pour avoir une idée générale et suffisamment exacte de l’organe tout entier.

3° — Tube urinaire , considéré à V état d isolement .

1° Disposition générale du tube urinaire. — Chaque tube urinaire, considéré isolément (fig. 398), prend naissance au niveau d’un corpuscule de Malpighi et se termine à l’un des orifices de l’area cribrosa de la papille. Sa longueur est de 6 à 8 centimètres en moyenne. Dans ce long trajet, il change plusieurs fois de direction et subit, dans son diamètre, de nombreux changements sur lesquels il importe d’être bien fixé.

a. Col. — Tout d’abord, au sortir du corpuscule, il nous présente une partie rétrécie, que l’on désigne sous le nom de col (2).

b. Tubuli contorti. — Au col fait suite un conduit beaucoup plus large, fortement fïexueux et plus ou moins enroulé sur lui-même. Ce dernier caractère lui a valu son nom : ce sont les tubuli contorti (3).

c. Anse de Renie. — Après avoir décrit ces flexuosités, le tube urinifère, abandonnant brusquement la région du glomérule où il a pris naissance, se porte en ligne droite vers le sinus du rein. Arrivé à une certaine distance de la papille, distance qui varie beaucoup pour chacun d’eux, il s’infléchit sur lui-même en décrivant une anse à court rayon et remonte, parallèlement à sa direction première, du côté de la capsule fibreuse. Cette portion du tube urinifère, on le voit, a la forme d’une anse dont les deux extrémités sont situées dans la zone corticale et dont la partie moyenne descend jusqu’au voisinage du sinus : c’est Y anse de Renie (4). — Des deux branches de l’anse de Henle, l’une, la branche descendante (4), est très grêle, presque filiforme ; l’autre, la branche ascendante (4”), est notablement plus volumineuse. Le tube urinifère se rétrécit donc à l’extrémité distale des tubuli contorti et s’élargit de nouveau pour constituer la branche ascendante de l’anse de Henle. Toutefois, le point où se fait cette augmentation de calibre est très variable: tout en occupant le voisinage de la portion moyenne de l’anse, il se trouve situé, comme nous le montre la figure ci-dessous, tantôt sur la branche descendante, tantôt sur la branche ascendante. — La partie moyenne de l’anse, autrement dit le point

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où se réfléchit le tube urinifère pour changer de direction, est constitué par la portion large dans le premier cas, par la portion grêle dans le second.

d. Pièce intermédiaire et canal d'union. — Parvenus dans les couches superficielles de l’écorce, les tubes urinifères décrivent de nouveau quelques flexuosités, qui rappellent assez bien celles des tubuli contorti : cette nouvelle portion flexueuse (fig. 398, 5) prend le nom d q pièce inter-

médiaire ou segment intercalaire ?

(. Sclialstück de Schweigger-Seidel). Elle est continuée par un tube plus étroit, mais encore un peu flexueux, appelé canal d'union (fig. 398, 6).

e. Canal collecteur. — Le canal d’union est très court; il s’abouche dans un dernier segment du tube urinifère, le canal collecteur (7), lequel descend en ligne droite dans la pyramide de Ferrein d’abord, puis dans la pyramide de Malpigbi et, de là, vers le sommet de la papille, où il s’ouvre dans les calices (fig. 398, a). Dans les pyramides de Malpighi, les canaux collecteurs prennent le nom de tubes de Bellini.

Jusqu’aux canaux collecteurs, les tubes urinifères conservent leur individualité, je veux dire qu’ils ne s’anastomosent jamais entre eux, qu’ils ne présentent avec les tubes voisins d’autres rapports que des rapports de contiguïté. 11 n’en est pas de même pour les canaux collecteurs. Tout d’abord, un même canal collecteur reçoit à son origine dans la zone corticale plusieurs tubes urinifères, comme on le voit sur la figure 384. Puis, au fur et à mesure qu’ils descendent dans l’épaisseur des pyramides malpighiennes, les canaux collecteurs ( tubes de Bellini) se réunissent les uns aux autres à la manière des veines, pour former des canaux de plus en plus volumineux, mais de moins en moins nombreux (fig. 399). C’est ainsi que les 4000 ou 6000 canaux collecteurs que l’on rencontre à la base d’une pyramide de Malpighi ne forment plus au sommet de cette pyramide que 15 à 20 conduits, ayant chacun son orifice dans l’area cribrosa. Chacun de ces derniers conduits, canaux collecteurs principaux, résume donc, en moyenne, 250 à 300 canaux collecteurs primitifs.

Les tubes de Bellini mesurent, au niveau de l’area cribrosa, de0mm,l à 0mm,3 de diamètre. Mais, par suite de leurs bifurcations successives, ce diamètre se réduit rapidement, à 0mm,l d’abord, puis à 0mm,05, dimensions que présentent les canaux urinifères à la base de la papille et qu’ils conservent ensuite, sans modifica-

Schéma montrant la configuration et le trajet des tubes urinifères.

a, papille. — b, zone papillaire. — c, zone limitante. — d , zone corticale. — e, coucne sous-capsulaire. — f, capsule fibreuse du rein. jgyg» ;

1, glomérule de Malpighi. — 2, col du tube urinifère. — 3, tubuli coutoni. — 4, anse de Henle, avec : 4’, sa branche descendante ; 4”, sa branche ascendante. — 5, pièce intermédiaire. — 6, canal d’union. — 7, tubes collecteurs du premier ordre. — 8, tubes collecteurs du second ordre.

Les tubes de Bellini, vus sur une coupe parallèle à leur direction [schématique) .

1, une papille rénale (area cribrosa). — % tubes de Bellini. — 3, 3, 3, leurs branches de bifurcation. — 4, anses réunissant les branches descendante et ascendante des tubes de Henle.

tions bien sensibles, dans toute la hauteur de la pyramide malpighienne. Dans

l’écorce, les canaux collecteurs mesurent en moyenne de 40 à 45 g de diamètre.

2° Structure microscopique du tube urinaire. —

Les divers segments du tube urinaire que nous venons de décrire ne diffèrent pas seulement par leur trajet, par leurs dimensions et par leur configuration extérieure. Ils diffèrent aussi et surtout par leur structure.

A. Corpuscules de Malpighi. - — Le corpuscule de Malpighi(fig. 401), tout d’abord, se compose essentiellement de deux parties, une enveloppe et un contenu : l’enveloppe porte indistinctement les noms de capsule de Bowman ou de capsule de Muller; le contenu est formé par un paquet vasculaire, appelé glomérule.

a. Capsule de Bowman. — La capsule de Bowman est une membrane hyaline, mince et transparente, mesurant 1 à 2 \l d’épaisseur. Elle revêt la forme d’une sphère creuse, se moulant exactement sur le paquet de vaisseaux qu’elle renferme à son intérieur. De ses deux pôles, l’un, le pôle urinaire , donne naissance au tube urinifère; l’autre, le pôle vasculaire, livre passage aux deux vaisseaux afférent et efférent du glomérule. La face externe de la capsule de Bowman répond au labyrinthe. Sa face interne' est tapissée dans toute son étendue par un épithélium aplati, fort mince, à contours polygonaux. L’existence de ces cellules épithéliales est nettement révélée par les imprégnations d’argent (fig. 400), soit qu’on plonge le rein dans une solution argentique (Chrzonszczewsky), soit qu’on injecte cette solution argentique dans l’artère rénale. Leur épaisseur mesure, chez le porc (Kôlliker), de 20 à 30 [l.

b. Glomérule. — Le glomérule est formé, comme nous le verrons plus loin, en étudiant les artères du rein, par un paquet de capillaires flexueux et enroulés sur eux-mêmes.

L’endothélium qui revêt leur surface interne et limite leur lumière ne s’imprègne pas par l’argent, et l’on sait que c’est là le caractère de l’endothélium des vaisseaux en voie de formation. Hortolès en a conclu avec raison

Fier 400

, que les capillaires du glomérule conservent chez l’adulte Corpuscule de Malpighi du 1 , . . .

lapin, traité par le nitrate ^eur état embryonnaire et que leur épithélium, non ditle-

d’argent (d’après Ludwig).

v, vaisseau afférent, avec son revêtement épithélial. — v', fibres musculaires transversales de ce dernier vaisseau. — ■e, e, vaisseau efférent. — a, a’, capsule de Bowman, avec le contour de ses cellules endothéliales. — h, continuation •de la capsule de Bowman avec le tube urinifère.

REINS

rencié en cellules distinctes, acquiert la signification d’un endothélium à noyaux multiples , tout à fait analogue à celui qui forme la paroi d’un réseau vaso- formatif.

Nous rappellerons en passant, à propos des vaisseaux du glomérule, que le vaisseau efférent est plus grêle que le vaisseau afférent et nous ajouterons que, tandis que le vaisseau afférent présente jusqu’à son entrée dans la capsule une couche continue de fibres musculaires annulaires, le vaisseau efférent ne possède de fibres annulaires qu’au voisinage de la capsule, ce qui revient à dire qu’il a tous les caractères d’un capillaire non musclé. Cet anneau musculaire (fig. 401,9’), jeté sur le vaisseau efférent juste au moment où il sort de la capsule, est une sorte de sphincter et il en remplit vraisemblablement toutes les fonctions : comme tel, il est susceptible d’augmenter ou de diminuer, par ses alternatives de contraction et de relâchement, la pression sanguine dans les canaux situés en amont, dans le glomérule par conséquent, et, par suite, de régler la filtration urinaire au niveau de ce glomérule.

c. Rapports de la capsule de Bowman avec le glomérule. — Les rapports intimes du glomérule avec la face interne de la capsule de Bowman sont d’une étude difficile et cette question, qui est encore loin d’être résolue, a soulevé parmi les histologistes de nombreuses controverses. — Pour les uns (Henle), la capsule et son revêtement épithélial sont simplement perforés par les deux vaisseaux afférent et efférent, et le paquet glomérulaire est à nu dans la cavité de la capsule. — Pour d’autres, au nombre desquels il convient de citer Isaacs, Seng,

Frey, Gegenbaur, le glomérule est revêtu sur toute sa surface par une couche d’épithélium pavimenteux qui, au niveau du point où les vaisseaux afférent et efférent pénètrent dans la capsule, se continuerait directement avec l’épithélium capsulaire. Ces deux feuillets épithéliaux, feuillet capsulaire et feuillet glomérulaire , appliqués l’un contre l’autre et se fusionnant réciproquement au niveau du pôle vasculaire, rappellent exactement dans leur ensemble une petite membrane séreuse, dont le feuillet viscéral serait représenté par le feuillet glomérulaire, le feuillet pariétal par le feuillet capsulaire (fig. 401). Cette manière de voir a pour elle l’appui des faits embryologiques, lesquels nous montrent le paquet vasculaire, qui deviendra plus tard le glomérule, refoulant devant lui l’extrémité renflée du tube urinifère au lieu de le perforer et, finalement, se trouvant entouré d’un double feuillet, comme l’est la tête dans un bonnet de coton. — En fait, Carus a parfaitement rencontré, sur le triton, une couche épithéliale à la surface du glomérule. Schweigger-Seidel, sur un fœtus humain de six mois, a constaté lui aussi la présence d’une double couche épithéliale dans le corpuscule de Malpighi. De son côté, Kôlliker, auquel j’emprunte les deux citations précédentes, a observé un épithélium distinct sur le glomérule de l’embryon du bœuf. Heidenhain a fait la même observation et, pour lui, l’épithélium glomérulaire.

Fig. 401.

Coupe méridienne d’un corpuscule de Malpighi [schématique) .

1, pôle vasculaire. — 2, pôle urinaire. — 3, capsule de Bowman, avec 4, son revêtement épithélial. — 5, paquet glomérulaire, avec 6, ses noyaux périphériques. — 7, cavité de la capsule. — 8, vaisseau afférent, avec sa tunique musculeuse continue. — 9, vaisseau efférent, avec : 9’, ses fibres musculaires localisées sur sa portion initiale et formant sphincter ; 9”, son endothélium. — 10, col, avec son épithélium de transition. — 11, tube urinifère, avec sa membrane propre et son épithélium à bâtonnets.

non seulement recouvrirait la surface extérieure du glomérule, mais pénétrerait même jusque dans les anfractuosités qui séparent les vaisseaux.

L’existence, à la surface du glomérule, d’une couche épithéliale, distincte de la couche qui revêt la capsule, n’est donc pas douteuse, du moins chez l’embryon ; car jusqu’ici, je ne sache pas qu’on l’ait retrouvée chez l’adulte. Peut-être que sa mise en évidence présente alors des difficultés nouvelles, dont les histologistes n’ont pu encore triompher. Peut-être aussi a-t-elle complètement disparu.

Renaut et Hortolès se rangent à cette dernière opinion. Pour eux, la partie réfléchie de la capsule de Bowman et de son revêtement épithélial disparaît par régression au cours du développement et il n’en reste aucune trace chez l’adulte. On trouve bien, autour du glomérule et dans les sinuosités qui. séparent les capillaires, de nombreux noyaux, mais ces noyaux n’ont rien de commun avec le revêtement épithélial primitif, d’origine capsulaire. Ils appartiennent aux cellules plates de la gaine conjonctive qui entoure les vaisseaux, celles qui, à ce niveau, se sont étalées jusqu’à se confondre par leurs bords. Les capillaires du glomérule, malgré la disparition de la couche épithéliale qui les revêtait à la période embryonnaire, ne sont donc pas entièrement à nu dans la cavité capsulaire. Ils sont entourés par des cellules conjonctives considérablement élargies et soudées par leurs bords, autrement dit, par une lame protoplasmique semée de noyaux.

Au niveau du pôle urinaire, l’épithélium plat qui tapisse intérieurement la capsule de Bowman se prolonge (fig. 401,10) sur le premier segment du tube urinifère, le col. Mais, en même temps, il augmente de hauteur et revêt peu à peu tous les caractères de l’épithélium cylindrique qui tapisse les tubuli contorti.

B. Structure des tubuli contorti. — Les tubuli contorti se composent d’une tunique externe, tapissée intérieurement par un épithélium, caractéristique : a. Tunique externe. — La tunique externe ou membrane propre (fig. 402,1) est la continuation de la membrane de Bowman. Gomme cette dernière, elle est

mince, hyaline, partout homogène.

Quelques histologistes, cependant, parmi lesquels nous citerons Mall, Rühle, Disse lui ont attribué dans ces derniers temps une structure réticulée.

b. Epithélium. — L’épithélium est formé par une seule rangée de cellules cylindriques, mesurant de 10 à 20 g de hauteur. Ces cellules présentent des caractères spéciaux, qui ont été bien décrits, en 1874, par IIeindenhain et, plus récemment, par Nussbaum (1878), Landauer (1895), Sauer (1895), Théoh ari (1900), etc.

Tout d’abord, elles sont très volumineuses et, en occupant la plus grande partie de l’espace délimité par la membrane propre , elles ne laissent au centre du conduit qu’une lumière fort étroite. Elles sont unies entre elles par un ciment qui se colore mal ou même ne se colore pas du tout par le nitrate d’argent (Landauer). Il existerait même, d’après

Fig. 402.

Un tube contourné : A, vu en coupe longitudinale ; B, vu en coupe transversale.

1, paroi propre hyaline. — 2, épithélium trouble ou en bâtonnets, strié dans sa portion profonde, finement granuleux dans sa portion superficielle. — 3, noyau. — 4, lumière du conduit.

REINS

Kolossow (1898), des ponts protoplasmiques allant d’une cellule aux cellules voisines. De leurs deux extrémités, l’extrémité externe ou basale repose immédiatement sur la membrane propre. L’extrémité interne ou apicale, répond à la lumière du tube urinifère : elle est revêtue d’une bordure finement striée, qui a été signalée en 1878 par Nussbaum et à laquelle Tornier (1886) a donné le nom de bordure en brosse. La signification anatomique de cette bordure striée (fig. 403), est encore controversée. Certains histologistes, avec Heidenhain, Flemming, Hansemann, la considèrent tout simplement comme une formation cuticulaire traversée par des cils d’origine protoplasmique. D’autres, comme Ch. Garnier et Policard, expliquent cette striation du plateau apical par une double modalité de la substance qui la compose, chacune ayant une réfringence et une chromaticité spéciales.

Les noyaux des cellules des tubuli contorti occupent d’ordinaire la partie moyenne du corps protoplasmique. Ils sont arrondis ou très légèrement ovalaires.

Fig. 403.

Les cellules des tubuli contorti (d’après Théohari).

A, cellules du cobaye : le réticulum protoplasmique est très net ; dans un certain nombre de mailles de ce réticulum principalement dans la moitié interne de la cellule, se voit une granulation colorée en rouge. — B, cellule du chien : les granulations du réseau sont nettement mises en évidence ; les limites cellulaires sont formées par un trait réticulaire contenant des granulations plus volumineuses et plus serrées que dans le resle du réseau. — C, coupe transversale d’un tube contourné du cobaye : on y voit nettement les granulations disposées en séries linéaires ; la bordure en brosse est très marquée, mais elle présente un aspect homogène. — D, coupe transversale d’un tube contourné d’un cobayayant reçu une injection de pilocarpine : cette coupe nous montre (sous l’influence de la pilocarpine ayant amené un travail exagéré delà cellule) l’agrandissement de la lumière, la hauteur moindre des cellules et la striation très manifeste de la bordure en brosse.

Ils sont, du reste, peu visibles et les cellules elles-mêmes sont peu distinctes les unes des autres.

Quant au protoplasma, il se présente sous un aspect bien différent suivant qu’on examine sa partie externe ( portion basale) ou sa partie interne ( portion apicale). — Dans sa partie interne , celle qui répond à la lumière du tube urinifère, il est clair, transparent, finement granuleux. — Dans sa partie externe , celle qui répond à la base de la cellule, il est trouble et de couleur sombre. De plus, il présente un système de stries ou de bâtonnets, qui se dirigent pour la plupart parallèlement à l’axe transversale du conduit et qui ont valu aux cellules épithéliales en question le nom de cellules à bâtonnets.

Ces bâtonnets, vus sur une coupe longitudinale du tube urinifère (fig. 402, A), sont parallèles les uns aux autres. Sur une coupe transversale (fig. 402, B), ils affectent une disposition rayonnée. Enfin, sur des cellules de vues de face, il ne nous montrent que leurs extrémités et nous apparaissent alors sous la forme de^ petits cercles ou de simples points. La signification anatomique des stries n’est pas encore complètement élucidée. Tandis que Heidenhain les considérait comme étant de véritables bâtonnets, juxtaposés, mais indépendants et isolables, d’autres histologistes, notamment Rothstein, Sauer, Théohari (1900) estiment que l’aspect strié résulte de la présence, dans le protoplasma cellulaire, de granulations disposées en

ANATOMIE HUMAINE. — T. IV, 6e ÉDIT.

séries longitudinales réunies les unes aux autres par des filaments de même direction. Il convient d’ajouter que chaque série serait reliée aux séries voisines par des filaments transversaux, de telle sorte que le protoplasma cellulaire pourrait être envisagé comme un réticulum, dont les mailles seraient allongées suivant la hauteur de la cellule et aux points nodaux duquel se trouvent des granulations assez volumineuses. Quant aux mailles du réticulum, elles seraient comblées par un liquide clair, hyalin, renfermant parfois comme des enclaves, dont l’apparition est liée vraisemblablement à l’activité cellulaire.

A côté de ces deux opinions, nous en signalerons deux autres qui ont été émises l’une par Benda, l’autre par Prenant. Pour Benda, les bâtonnets de la zone externe des cellules urinaires seraient des formations motrices : leur contraction aurait pour effet de rapprocher l’une de l’autre les deux extrémités de la cellule et, par suite, de favoriser le rejet dans le canalicule urinifaire des produits de sécrétion. Prenant, de son côté, est d’avis que les bâtonnets en question sont comparables à ceux qu’on observe dans la grande majorité des éléments glandulaire : ils seraient en rapport avec leur activité sécrétoire et auraient la signification d’un ergastoplasme.

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C. Structure de l’anse de Henle. — L’anse de Henle se compose, comme les tubuli contorti auxquels elle fait suite, d’une membrane propre hyaline et d’un épithélium. Cet épithélium diffère beaucoup suivant qu’on le considère dans la portion grêle ou la portion large de l’anse :

a. Sur la portion grêle ou portion descendante (fig. 404, A et B), ce sont des cellules claires, fortement aplaties, se soulevant plus ou moins au niveau de leur noyau. Elles présentent la plus grande analogie avec les cellules endothéliales des vaisseaux sanguins, et il est parfois bien difficile, sur une coupe horizontale des pyramides de Malpighi, de distinguer une branche descendante de Henle d’un vaisseau artériel ou veineux coupé en travers.

b. Sur la portion large ou portion ascendante (fig. 404, A et B), l’épithélium change du tout au tout : c’est un épithélium cylindrique, trouble, à bâtonnets. Il présente exactement les mêmes caractères morphologiques (bien qu’un peu moins élevés) que sur les tubuli contorti et, probablement aussi, jouit des mêmes fonctions.

D. Structure de la pièce intermédiaire. — Bans la pièce intermédiaire, nous retrouvons encore une membrane propre hyaline et un revêtement épithélial. L’épithélium est le même que dans la portion large de l’anse de Henle : il est constitué par des cellules cylindriques peu élevées et à bâtonnets.

Les deux branches descendante et ascendante de l’anse de Henle :

A, vues en coupe longitudinale : B, vues en coupe transversale.

a, branche descendante. — b, branche ascendante.

1, membrane propre. — 2, épithélium.

— 3, lumière du tube.

xx, plan suivant lequel est faite la coupe représentée dans la figure B.

Structure des canaux collecteurs. — Les canaux collecteurs, depuis leur origine jusqu’à leur terminaison, nous présentent, comme épithélium, des cellules claires et transparentes, à contours nettement délimités, disposées comme précédemment en une seule rangée. Leur protoplasma est parcouru, surtout dans sa portion basale, par des filaments, droits ou courbes, qui

REINS

se dirigent parallèlement à la hauteur de la cellule et qui se rapprochent plus ou moins de l’extrémité apicale.

Dans les canaux collecteurs de petites dimensions, dans ceux notamment qui font suite aux canaux d’union, ces cellules sont légèrement aplaties, mesurant à peine de 8 à 12 p. de hauteur. Si l’on veut bien se rappeler que le diamètre du conduit est de. 40 à 55 on voit que la lumière centrale est relativement très large.

Au fur et à mesure que l’on descend et que le tube urinifère, par suite des nombreux affluents qu’il reçoit, augmente de calibre, les cellules épithéliales augmentent peu à peu de hauteur et, dans la traversée de la papille, revêtent le type franchement cylindrique. Au niveau du pore urinifère, l’épithélium des canaux collecteurs se continue insensiblement avec l’épithélium stratifié qui revêt la papille et le canal excréteur du rein (voy. Canal excréteur).

Les canaux collecteurs possèdent encore dans la plus grande partie de leur étendue, comme les autres segments du tube urinifère, une membrane limitante hyaline. Toutefois, cette, membrane est ici beaucoup plus mince, plus délicate et ne présente jamais (Frey) qu’un simple contour. Elle disparaît même d’une façon complète sur les gros canaux collecteurs qui cheminent dans la zone papillaire : à leur niveau (fig. 405, B), les cellules épithéliales reposent directement sur le tissu conjonctif interstitiel de la papille.

Canaux collecteurs, vus en coupe transversale : A, canal collecteur de l’écorce ; B.

gros canal collecteur de la papille.

1, membrane propre à simple contour. — 2, épithélium. — 3, lumière du canal.

— 4, tissu on onctif de la papille formant, dans la figure B, la paroi propre du canal.

3° Histo-physiologie du tube urinaire. — Nous venons de voir combien est complexe le tube urinaire dans son trajet, dans ses dimensions, dans sa forme, dans sa structure.

L’urine, de son côté, ayant une composition chimique fort complexe, nous devons nous demander maintenant quel est son mode de sécrétion, autrement dit quelle est la part qui revient, dans l’élaboration de ses divers éléments, aux différents segments du tube urinaire.

Le corpuscule de Malpighi tout d’abord est l’organe ou se produit la portion aqueuse : elle s’échappe du sang par filtration, traversant successivement la paroi du vaisseau et l’ épithélium glomérulaire. L’épithélium glomérulaire devient ainsi une sorte de filtre, le filtre rénal. Il est à remarquer, toutefois, qu’il n’agit pas seulement comme un simple dialyseur, mais qu’il intervient aussi en vertu d’une activité qui lui est propre : sans cela ce ne serait pas seulement la portion aqueuse du plasma sanguin, mais le plasma sanguin tout entier qui s’échapperait du vaisseau. La filtration urinaire au niveau du glomérule devient ainsi, au lieu d’un acte simplement physique, un acte physiologique, un véritable acte sécréteur. Les recherches de Nussbaum, de Gurtwitz, de Halsen nous apprennent que l’eau qui transsude au niveau du glomérule entraîne avec elle un certain nombre de sels, qui entrent normalement dans la constitution de l’urine.

Les expériences bien connues de Heidenhain injectant dans les veines d’un animal du carmin d’indigo qu’il recherchait ensuite dans les tubes urinaires, celles de Nussbaum supprimant à volonté chez les batraciens la circulation des tubes, s’accordent pour établir que les matières extractives de l’urine et aussi certains sels

sont élaborés au niveau des tubuli contorti, de la branche large de Henle et de la pièce intermédiaire. Les cellules épithéliales à bâtonnets de ces trois segments sont les agents de cette sécrétion : elles ne forment pas les produits précités; elles les puisent tout formés dans le sang des capillaires voisins, les gardent quelque temps dans leur protoplasma et les déversent ensuite dans les tubes urinaires. Les cellules épithéliales à bâtonnets acquièrent ainsi une importance considérable : ce sont les vraies cellules rénales, les cellules glomérulaires ne fournissant à l’urine que sa partie aqueuse plus ou moins chargés de sels minéraux.

Les cellules sécrétoires du rein changent naturellement d’aspect, comme toutes les cellules sécrétoires, suivant le stade fonctionnel où on les considère. Un peu avant V excrétion, elles sont relativement hautes, présentant à ce moment-là leur maximum de volume : leur protoplasma est rempli par les produits de sécrétions précités, soit sous forme de granulations, soit sous forme de vacuoles ; leur plateau cuticulaire est aminci et leur striation peu visible. Au contraire, après l'excrétion, surtout sur des reins en hypersécrétion (par action de la pilocarpine), alors qu’elles sont comme épuisées par un travail intense et prolongé, elles présentent une hauteur moindre, conséquence du rejet de leurs produits de sécrétion ; elles sont comme affaissées. D’autre part, leur plateau apical est beaucoup plus épais, en même temps que leur striation (voy. fig. 403, D) est à la fois plus marquée et plus régulière : c’est alors qu’elle nous apparaît sous la forme d’une vraie bordure en brosse.

Au total, la sécrétion urinaire comprend deux actes, simultanés, mais s’effectuant sur des points différents : 1° la sécrétion de la partie aqueuse de l'urine, avec certains sels, ayant pour siège le glomérule; 2° la sécrétion des principes spécifiques ou matières extractives de l’urine, se produisant à la fois dans les tubes contournés, dans la branche large de Henle et dans la pièce intermédiaire. L’eau filtrant du glomérule s’amasse tout d’abord dans la cavité de la capsule de Bowman. De là, elle passe dans le tube urinaire, y rencontre les matières extractives, les dissout, et l’urine se trouve ainsi constituée. Elle gagne ensuite les canaux collecteurs, qui la conduisent au dehors.

Quelques histologistes ont émis l’opinion que l’urine se modifiait dans sa constitution chimique au cours de son trajet dans le tube urinaire. On a admis, notamment, qu’une partie de son eau de constitution était résorbée dans la branche grêle de Henle. Outre que le fait n’a jamais été nettement démontré, on comprendrait mal qu’une substance rejetée par le milieu intérieur dans le tube urinaire, rentre de nouveau dans ce milieu intérieur presque immédiatement après qu’elle en est sortie.

4° — Rapports respectifs des divers segments du tube urinifère et des différentes zones du rein.

L’examen d’une coupe longitudinale du rein (fig. 390) nous a appris que cet organe était constitué par trois zones concentriques qui sont, en allant du sinus vers la capsule : 1° la zone papillaire, qui répond à la papille, autrement dit au sommet de la pyramide de Malpighi ; 2° la zone limitante, qui représente les autres portions (corps et base) de cette même pyramide de Malpighi; 3° la zone corticale, qui répond à la substance de même nom et qui comprend (nous ne l’avons pas oublié) les pyramides de Ferrein et le labyrinthe. D’autre part, nous venons de voir, en étudiant un tube urinifère à l’état d’isolement, que ce tube se compose d’un certain nombre de segments, ayant chacun une disposition et une structure particulières (fig. 398). Nous devons maintenant, pour compléter les notions jusqu’ici acquises.

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reporter la figure 398 sur la figure 390, c’est-à-dire indiquer quelle est exactement la situation qu’occupent, dans chacune des trois zones du rein, les divers segments du tube urinifère. Cette étude complémentaire sera du reste fort courte.

1° Rapports des divers segments du tube urinifère avec les différentes zones du rein. — Ces rapports sont nettement indiqués sur la figure ci-dessous.

a) Les canaux collecteurs occupent, tout d’abord, la pyramide de Malpighi, où ils forment les rayons pâles et qu’ils parcourent en ligne droite depuis le sommet de sa papille, où ils s’ouvrent dans les calices, jusqu’à la base de la pyramide : ils constituent, dans cette première partie de leur trajet, les tubes de Bellini.

Arrivés à la base de la pyramide, les canaux collecteurs passent dans la substance corticale, au sein de laquelle ils forment les pyramides de Ferrein. Ils s’étendent ainsi, en suivant toujours une direction radiaire, jusqu’au voisinage de la capsule, mais ne l’atteignent pas.

p) Les canaux d'union et les pièces intermédiaires , qui leur font suite, sont situés de préférence dans la couche toute superficielle de la substance corticale, dans cette couche que l’on pourrait appeler sous-capsulaire. Mais on les trouve aussi, quoiqu’en moins grand nombre, sur les côtés des pyramides de Ferrein, depuis leur sommet jusqu’au voisinage de leur base.

y) Les tubuli contorti se disséminent un peu partout dans la zone corticale : les plus élevés remontent jusque dans la couche sous -capsulaire; les plus inférieurs descendent jusqu’au voisinage de la zone limitante.

3) Les corpuscules de Malpighi , qui, comme on le sait, donnent naissance aux tubuli contorti, occupent la même situation que ces derniers. Ils se disposent en séries régulières tout autour des pyramides de Ferrein. Nous avons déjà vu plus haut que ces séries glomérulaires sont orientées en sens radiaire sur les coupes longitudinales du rein (fig. 395), tandis que, sur les coupes transversales (fig. 396), ils forment des espèces de couronnes, au centre desquelles se trouvent les coupes des pyramides de Ferrein. Chacune de ces couronnes, comme nous l’avons déjà dit plus haut, nous présente de 8 à 10 corpuscules, ce qui nous indique que chaque pyramide de Ferrein possède, le long de la surface extérieure, 8 ou 10 séries longitudinales de glomérules. Si nous songeons, d’autre

Les trois zones concentriques du rein, vues sur une coupe longitudinale de l’organe de la papille, où ils s’ouvrent dans les calices.

a, zone papillaire. — 6, zone limitante. — c, zone corticale. — d. d, d, d, d, la base des cinq lobules.

1, papille. — 2, capsule fibreuse. - 3, stries claires de la zone limitane, formées par des tubes urinifères. — 4, stries foncées, formées par les vaisseaux droits. — 5. voûte vasculaire sus-pyramidale. - ti, pyramides de Ferrein ou rayous médullaires. — 7, labyrinthe, avec 8. vaisseaux interlobulaires et 9, corpuscules de Malpighi. — 10, couche sous-capsulaire.

part, que chacune de ces séries, vue en coupe longitudinale, comprend également de 8 à 10 glomérules, il nous est facile d’en conclure, par une simple multiplication, que chaque pyramide de Ferrein, autrement dit chaque lobule rénal, possède sur sa surface extérieure de 70 à 100 glomérules et autant de tubes urinifères.

s) Quant aux anses de Henle, elles appartiennent à la zone corticale par leur portion initiale et parleur portion terminale, c’est-à-dire par le commencement de leur branche descendante et par la terminaison de leur branche ascendante. Par le reste de leur étendue (partie moyenne), elles occupent les colonnes' de Bertin et, dans les pyramides de Malpighi, la zone limitante et la partie supérieure de la zone papillaire. Aussi dans les coupes, soitlongitudinales, soit transversales, portant sur ces deux dernières zones (fig. 406), rencontre-t-on toujours trois ordres de tubes, savoir : 1° des tubes de Bellini , reconnaissables à leur épithélium clair; 2° des branches ascendantes de Henle , caractérisées par leur épithélium trouble en bâtonnets; 3° des branches descendantes de Henle , que l’on distinguera toujours des deux ordres de tubes précédents, grâce à leur faible diamètre et à leur épithélium clair et aplati.

2° Interprétation des coupes du rein. — Nous avons maintenant tous les éléments nécessaires pour interpréter comme il convient les coupes histologiques du rein,

que ces coupes soient longitudinales ou transversales, qu’elles portent sur la substance corticale, sur la substance médullaire, ou sur les deux à la fois.

a. Coupes longitudinales. — Les différents éléments qui mettent sous nos yeux les coupes longitudinales nous sont nettement indiqués par les trois figures 363, 394 et 393 et par la description qui en est faite dans le texte.

b. Coupes transversales. — En ce qui concerne les coupes transversales, nous en examinerons trois, passant par les points suivants : la première par la substance corticale, la seconde par la partie externe de la zone papillaire; la troisième, au voisinage du sommet de la papille.

a) La première coupe (fig. 407) nous présente des paquets de tubes urinaires, intimement accolés et coupés en travers, formant dans leur ensemble des champs circulaires, de dimensions un peu différentes et morphologiquement équivalents : ce sont les pyramides de Ferrein. Tout autour d’elles se voient les éléments du labyrinthe, c’est-à-dire : 1° des amas de tubes flexueux, coupés suivant les modes les plus divers, ce sont les tubuli contorti ou les pièces intermédiaires ; 2° des petits corpuscules arrondis et de coloration rougeâtre, qui ne sont autres que les corpuscules de Malpighi. Sur les coupes passant par la partie inférieure de la corticale on peut rencontrer, en outre, les anses de Henle, soit leur branche grêle ou descendante, soit leur branche étroite ou descendante. Nous allons les retrouver dans la coupe suivante.

P) La deuxieme coupe, représentée dans la figure 408, passe parla zone limi-

GB Fig. 407.

Coupe transversale du rein passant par la substance corticale ( schématique ).

1, pyramides de Ferrein ou rayons médullaires. — 2, labyrinthe, avec 3, corpuscules de Malpighi. — 4, espaces interlobulaires avec les vaisseaux interlobulaires.

REINS

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tante, en pleine substance médullaire par conséquent. Elle ne nous présente plus, ni corpuscules de Malpighi, ni tubes contournés, ni pièces intermédiaires, toutes formations qui ne se trouvent que dans la corticale. Nous y trouvons, par contre, les quatre éléments suivants : 1° des canaux remarquables par leurs grandes dimensions, de forme arrondie ou ovalaire, avec leur lumière large, leurs cellules épithéliales claires1, allongées , disposées en une seule rangée, ce sont les canaux collecteurs ou tubes de Bellini ; 2° les branches larges et les branches grêles de Yanse de Henle , chacune avec leurs caractères propres : les premières plus larges, avec leur

lumière étroite, leurs cellules cubiques, granuleuses et sombres; les secondes beaucoup plus petites, avec leur épithélium aplati, leur lumière relativement large; 3° des vaisseaux, renfermant ou non des globules sanguins. Tous ces éléments sont irrégulièrement disséminés au sein d’un stroma conjonctif délicat, nettement représenté dans la figure 408.

y) La troisième coupe, représentée dans la figure 409, passe par la zone papillaire. Elle nous présente exactement les mêmes éléments que la coupe précédente, avec certaines variations que voici. Tout d’abord, les tubes collecteurs sont plus volumineux et plus rapprochés. Par contre, les anses de Henle sont plus rares et elles seront d’autant plus rares qu’on se rapprochera davantage du sommet de la papille. Nous ferons remarquer, enfin, que ces anses de Henle ne nous présentent que leur branche grêle, ce qui s’explique nettement par le fait, énoncé plus haut et représenté dans notre figure 398, que la partie moyenne de

Fig. 408.

Coupe transversale du rein, passant au niveau de la zone limitante.

1, tubes de Bellini. — 2, branche descendante de l’anse de Henle. — 3, branche ascendante de l’anse de Henle. — 4, vaisseaux sanguins. — 5, stroma conjonctif.

Fie. 409.

Coupe transversale d’une papille rénale passant au voisinage de son sommet( d’après Henle).

1,1, tubes de Bellini. — 2, 2, branches grêles des tubes de Henle (il n’y a plus de branches larges). — 3, 3, vaisseaux sanguins. — 4, tissu conjonctif.

l’anse de Llenle est ordinairement formée, tant dans sa partie ascendante que dans sa partie descendante, par la branche grêle, laquelle, dans la coupe que nous étudions, se trouve intéressée deux fois. Quant au tissu conjonctif, il est ici beaucoup plus serré.

C — Stroma conjonctif

Les formations histologiques que nous venons de décrire, corpuscules de Malpighi, tubes urinifères, toutes formations dontl’ensemble constitue le tissu propre du rein, sont plongées, ainsi que les vaisseaux et les nerfs, dans une gangue conjonctive qui forme comme le stroma ou la charpente de l’organe. A cette gangue conjonctive vient s’ajouter, mais sur quelques points seulement, un certains nombre de fibres musculaires lisses.

1° Éléments conjonctifs — Décrit pour la première fois en 1842 par Goodsir, rejeté ensuite par von Wittich, le stroma conjonctif du rein a été décrit à nouveau et presque à la même époque par Isaacs, en 1857 et par Arnold Beer, en 1859. Depuis la publication des mémoires d’IsAACS et de Beer, le tissu conjonctif du rein est admis par tous les histologistes. Il a été, du reste, étudié dans tous ses détails à une date plus récente par Ludwig, par Kdlliker, par Mall. par Renaut et Dubreuil par Schweigger-Seidel.

Le tissu conjonctif du rein n’est pas uniformément répandu sur tous les points de l’organe. Sur la papille et dans la zone dite papillaire, c’est un tissu nettement fibrillaire et les fibrilles, pour la plupart, se disposent circulairement autour des canaux urinifères. Ces fibrilles deviennent de plus en plus rares au fur et à mesure qu’on s’éloigne de la papille et, dans la substance corticale, on ne trouve plus, en fait d’éléments conjonctifs, que des cellules étoilées ou fusiformes, dont les prolongements viennent se fixer à la paroi des tubes urinifères et des vaisseaux sanguins (Schweigger-Seidel). Ce tissu ressemble beaucoup, suivant la remarque de Kôlliker, au réticulum de la pulpe splénique. Les fibrilles conjonctives reparaissent au voisinage de la capsule fibreuse du rein, et cette capsule peut être considérée histologiquement comme une partie du stroma conjonctif du rein, qui se serait condensé à la périphérie de l’organe de façon à lui former une véritable membrane enveloppante.

Nous devons signaler enfin la présence, dans le corpuscule de Malpighi, de cellules conjonctives analogues à celles qui ont été décrites par Schweigger-Seidel entre les tubes urinifères de la substance corticale. Ces cellules, déjà signalées par Isaacs et décrites plus récemment par A. Key, unissent les uns aux autres les capillaires flexueux du glomérule. Il résulte des observations de Klebs que ce tissu conjonctif intra-glomérulaire peut être le siège d’une inflammation localisée (glomérulo-néphrite de Klebs) et, de ce fait, l’existence de ce tissu acquiert en pathologie une importance toute particulière : sous l’influence du processus inflammatoire, en effet, les cellules conjonctives se multiplient; elles compriment graduellement les capillaires du glomérule, les rendent plus ou moins imperméables au courant sanguin et, du même coup, suppriment le phénomène de filtration urinaire qui se produit à leur niveau.

2° Éléments musculaires. — Henle, en 1868 (Anat. des Menschen , t. II), a décrit, tout autour des papilles rénales, des fibres musculaires lisses qui se continuent en bas avec la couche musculeuse des calices, du bassinet et de l’uretère. Ces fibres se

REINS

disposent sur deux plans (fig. 410; : les unes, profondes, sont longitudinales ; les autres, superficielles, affectent une direction circulaire. Les premières pénètrent un peu dans le parenchyme rénal ; les secondes s’arrêtent au niveau ou un peu au-dessus de la réflexion des calices et forment là un faisceau volumineux (fig. 410, 3), auquel Henle a donné le nom de muscle annulaire de la papille.

A son tour, Eberth, en 1872, a signalé l’existence, à la surface du rein de l’homme, d’une nouvelle couche de fibres musculaires lisses, formant un réseau à larges mailles et envoyant quelques prolongements dans la substance corticale.

Plus récemment, Jardet (1886), tout en confirmant les données fournies par Henle et Eberth sur les fibres musculaires superficielles et sur le muscle annulaire de la papille, a décrit un nouveau groupe de fibres musculaires, qui, partant de la papille, remontent vers la base de la pyramide et y forment un réseau au niveau des artères arciformes (voy. plus loin).

Du reste, elles ne dépassent pas les limites de la pyramide et Jardet, pas plus^que Henle, n’a rencontré d’éléments musculaires dans la substance corticale. Un autre fait mis en lumière par les recherches de Jardet, c’est que les fibres musculaires intra-rénales, de même que celles du bassinet, s’hypertrophient dans les inflammations chroniques du rein et peuvent former alors, au voisinage et même tout autour des artères, des faisceaux plus ou moins volumineux.

§ IV. — Vaisseaux et nerfs

1° Artères. — Les reins, comme tous les organes auxquels sont dévolues des fonctions importantes, possèdent une vascularisation extrêmement riche. Nous étudierons, tout d’abord, la circulation artérielle du rein lui-même. Nous décrirons ensuite les artères de sa capsule adipeuse.

A. Artères du rein proprement dit. — Chaque rein, comme nous l’avons déjà vu en angéiologie (voy. t. II), reçoit une artère volumineuse, Y artère rénale correspondante. Cette artère, un peu plus longue à droite qu’à gauche, naît sur le côté de l’aorte abdominale. De là, elle se porte obliquement en dehors et un peu en bas, croise successivement les piliers du diaphragme, le grand et le petit psoas et arrive au bord interne du rein, où elle se termine.

a. Mode de ramescence de l'artère rénale. — Le mode de terminaison de l’artère rénale est fort variable. La seule formule qui convienne à tous les cas est celle-ci : l’artère rénale, en atteignant le hile, souvent même avant de l’atteindre, se partage en un nombre de branches qui varie de 2 à 4. La disposition qui me

ANATOMIE HUMAINE. — T. IV, 6e ÉDIT. 55

Coupe longitudinale d’un calice avec sa papille correspondante ( schéma tique) .

1. pyramide de Malpighi. avec 1’, sa papille. — 2, paroi du calice, avec : a, sa muqueuse; b , sa couche musculaire ; c, sa couche conjonctive. — 3, muscle annulaire de la papille. — 4. fibres musculaires de la pyramide. — 5, colonne de Bertin, avec ses tubes urinifères. — 6, graisse du sinus.

APPAREIL URO-GENITAL

parait être la plus commune, celle qu’on observe dans les deux tiers des cas environ, est une bifurcation du tronc artériel (fig. 409) en une branche anterieure, et une branche postérieure. La branche antérieure à son tour, se subdivise, presque immédiatement après son origine, en une branche ascendante ou supérieure et une branche descendante ou inférieure.

Il existe donc, au niveau du hile, trois branches principales : une branche postérieure, une branche supérieure et une branche inférieure, ces deux dernières naissant du tronc rénal, soit isolément (disposition la plus fréquente d’après Wiart),

soit par un tronc commun très court (disposition la plus commune d’après Schmeubeb). — La branche supérieure se porte en haut et en avant et disparaît dans la partie la plus élevée du hile. — La branche inférieure, se dirigeant obliquement en bas et en avant, croise la face antérieure de la veine rénale et s’engage dans la partie inférieure du hile. La branche inférieure et la branche supérieure, disons-le tout de suite, se distribuent à la partie antérieure du rein : les deux tiers ou les trois quarts antérieurs. — La branche postérieure contourne d'avant en arrière et de haut en bas la face postérieure du bassinet, longe quelque temps la lèvre postérieure du hile et, finalement, disparaît dans la profondeur du sinus. Elle se rend à la partie postérieure de l’organe.

A peine entrées dans le sinus, les branches précitées de l’artère rénale se divisent et se subdivisent en branches secondaires, lesquelles, suivant un trajet plus ou moins

A pyramides de Maipigtu. .-j, 3, colonnes de rli versent forment nar leur ensemble un Berlin. - 4, artère rénale. - 5, sa brandie de UlVCIgeui, ÎOIUICIU pdl 1CUI OilStmiUie Uü

bifurcation postérieure. — 6, sa branche de bifur- large éventail, dont la forme et la hauteur

cation anterieure , avec : 6 , son rameau supé- °

rieur; 6”, son rameau inférieur. — 7, 7, artères sont exactement Celles dll sinUS lui-même péri pyramidales (artères lobaires). — 8, bassinet.

— 9, uretère. (fig. 411). Les dernières divisions de 1 éven-

tail artériel se dirigent vers les saillies que forment, dans le fond du sinus, les colonnes de Berlin. Là, elles pénètrent dans ces saillies par leur partie moyenne, et chacune d elles se partage presque aussitôt en deux rameaux divergents, qui se portent par un trajet oblique sur les deux pyramides les plus voisines (fig. 412j. 11 convient d’ajouter cependant que, très fréquemment, la bifurcation précitée s’effectue au-dessous des saillies des colonnes de Bertin, auquel cas les rameaux qui résultent de cette bifurcation gagnent isolément les côtés des pyramides malpighiennes, en pénétrant dans le parenchyme rénal au niveau des sillons circulaires qui entourent les papilles.

b. Artères tobaires. — Quoi qu’il en soit, chaque pyramide malpighienne reçoit de sources différentes et au voisinage de son extrémité inférieure, quatre ou cinq artères qui cheminent ensuite à sa surface parallèlement à son axe, en se dirigeant vers sa base par conséquent. Ces artères, que j'appellerai artères pèri-pyramidales, sont destinées à l’un des lobes du rein, à celui qui répond à la pyramide qu’elles entourent : de ce fait, elles acquièrent la signification d 'artères tobaires.

Fig. 411.

Mode de ramescence de Tartère-rénale [demi-sc hématique) .

I, rein droit, sectionné parallèlement à ses faces: segment postérieur, vu par sa face antérieure.

Voyons maintenant comment elles se comportent en atteignant la base des pyramides.

Pendant longtemps, on a cru et enseigné que les artères lobaires, arrivées à la base des pyramides malpighiennes, s’y anastomosaient les unes avec les autres de façon à former là un réseau et voici la description que nous avons donnée nousmême dans les premières éditions de cet ouvrage :

« Arrivées à la base de la pyramide les artères lobaires s’inclinent les unes vers les autres et, en même temps, fournissent chacune un certain nombre de ramifications transversales et plus ou moins incurvées en arc ( arte riæ arciformes), qui, en s’anastomosant avec les ramifications similaires des artères voisines, forment un vaste réseau. Ce réseau, qui coiffe à la manière d’une calotte ou d’une voûte la base de la pyramide, est désigné sous le nom de voûte artérielle sus -pyramidale ou tout simplement de voûte artérielle (fig. 412,4).

Ses mailles , comme nous le montre nettement la figure précitée, ont une direction transversale par rapporta l’axe de la pyramide malpighienne et chacune d’elles entoure, à la manière d’un collier, la base d’une pyramide.de Ferrein.

« Ainsi constituée, la voûte artérielle sus-pyramidale nous présente une convexité qui est tournée du côté de la surface extérieure du rein, et une concavité qui regarde le sinus. — Par sa concavité, elle n’émet aucune branche, contrairement aux assertions de quelques anatomistes, qui font parvenir de la voûte un certain nombre d’artères descendantes destinées à la pyramide malpighienne Nous verrons tout à l’heure que les artères de la pyramide ont une origine tout autre. — De sa connexite, au contraire, s’échappent, le plus souvent à angle droit, une multitude de branches, qui se portent en ligne droite vers la capsule fibreuse du rein en suivant une direction radiaire. Ces branches cheminent constamment en plein labyrinthe, entre deux pyramides de Ferrein et à égale distance de l’une et de l’autre. En d’autres termes, elles sont situées à la limite même de deux lobules (fig. 394,7) : de là, le nom d'artères interlobulaires sous lequel les désignent avec raison la plupart des auteurs. »

Telle est la description que l’on trouve partout, la description dite classique : elle repose essentiellement sur ce fait que les artères lobaires s’anastomosent en réseau à la base des pyramides de Malpighi. Les recherches récentes ne lui sont nullement favorables. Hyiitl, depuis longtemps déjà (1877), en se basant sur des faits de corrosion, avait affirmé le caractère terminal des artères intra-rénales. En 1896, Bérard

Fig. 412.

Schéma montrant le mode de constitution, dans la théorie ancienne, des voûtes vasculaires sus-pyramidales.

1,1, deux pyramides de Malpighi . — 2, sinus du rein. — 3,3, 3, colonnes de Bertin. — 4, voûte artérielle sus-pyramidale. — 5, voûte veineuse. — t>. 6, 6, branches de l’artère rénale. — 7 , 7, 7, branches de la veine rénale. - 8, ar ères interlobulaires. — 9, veines interlobulaires. — 1Û, veines droites ( venæ rectæ ).

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et Destot, à la suite de nombreuses injections pratiquées dans les artères du rein et étudiées ensuite à l’aide de la radiographie, se rangent résolument à l’opinion de Hyrtl. Presque à la même époque, un de mes élèves, M. Schmerber ( Thèse de Lyon, 1896-1897), après avoir minutieusement étudié, chez l’homme et chez le chien, le mode de distribution des artères rénales, arrive lui aussi à cette conclusion que les « branches parenchymateuses de l’artère rénale sont bien terminales ». Quatre ans plus tard, Max Brodel (1900) affirme, à son tour, que les « artères du

rein sont des artères terminales au sens le plus strict du mot ». Plus récemment, Gérard (1902) et Dieulafé (1902), le premier dans une note présentée à la 4e session de l’Association des Anatomistes à Montpellier, le second dans un article inséré dans le t. XI de la Bibliographie anatomique, confirment de tous points, tant pour l’homme que pour les animaux, les conclusions formulées par M. Brodel : les injections fines des artères rénales, qu’elles soient vues après corrosion ou sur des radiographies, ne leur ont jamais montré la moindre anastomose.

L’ancienne description classique doit donc être modifiée comme suit. Les artères lobaires ou péri-pyramidales cheminent, comme nous l’avons vu plus haut, à la surface des pyramides malpighiennes et parallèlement à l’axe de cellesci. En atteignant la base de la pyramide ou même un peu avant de l’atteindre, elles se divisent très irrégulièrement, tantôt par dichotomie, tantôt suivant le mode monopodique : ces branches de division, à la limite de la pyramide et de la substance corticale, au niveau de la base de la pyramide par conséquent, s’infléchissent sur elles-mêmes, en décrivant des courbes plus ou moins accusées et plus ou moins longues (ce sont les arteriæ arciformes) , mais sans jamais s’unir, sans contracter entre elles la moindre anastomose. La voûte sus-pyramidale n’existe donc pas en tant que réseau et si l’on voulait conserver ce nom, il faudrait entendre parla l’ensemble des divisions plus ou moins infléchies en arc, à trajet plus ou moins transversal, qui se trouvent à la base de la pyramide malpighienne ou, ce qui revient au même, à l’origine des pyramides de Ferrein. Quoi qu’il en soit, c’est de ces artères arci-

Fig. 413.

Le mode de distribution de l’artère rénale vu en radiographie : un rein humain injecté au minium en suspension dans la térébenthine (Gérard).

REINS

formes sus-pyramidales, le réseau sus-pyramidal n’existant plus, que se détachent les artères interlobulaires , artères que nous pouvons maintenant décrire.

c. Artères interlobaires, vaisseau afférent et vaisseau efférent des glomérules. — De la base des pyramides malpighiennes, où elles prennent naissance, les artères interlobulaires se portent vers la surface extérieure du rein, cheminant toujours (fig. 422, 7), à la limite respective des deux lobules voisins, d’où leur nom. On les appelle encore artères radiées (arteriæ radiatæ, par opposition aux arteriæ arciformes) parce qu’elles suivent, par rapport au rein, une direction radiaire. Elles vont ainsi jusqu’à la capsule fibreuse de l’organe, où elles se terminent, en fournissant un certain nombre de ramuscules qui , pour la plupart, se distribuent à cette capsule ; d’autres la traversent de part en part ( artères perforantes), pour venir se perdre dans l’atmosphère cellulo-graisseuse qui entoure le rein. Mais ces rameaux, que l’on pourrait appeler terminaux, sont bien peu importants comparativement aux rameaux collatéraux. Chemin faisant, en effet, les artères interlobulaires abandonnent latéralement (fig. 422), de distance en distance, mais cependant à des intervalles assez réguliers, des rameaux obliques ou transversaux qui, après un court trajet, pénètrent dans les corpuscules de Malpighi (fig. 415,8) sur un point exactement opposé à celui qui donne naissance au tube urinifère : ce sont les artères glomérulaires ou vaisseaux afférents du glomérule , ainsi appelés parce

qu’elles forment le glomérule

glomérules de

Fig. 414.

Mode de distribution des branches de l’artère rénale (d’après Brôdel).

Le rein est vu par sa face antérieure. Des diverses branches de l’artère rénale, une seule passe en arrière du bassinet ; toutes les autres, disposées en éventail, passent en avant. Ces branches, une fois entrées dans le parenchyme rénal, se ramifient le long des pyramides. On voit nettement ces ramifications des artères lobaires, arrivées à la base des pyramides, s’infléchir les unes vers les autres ( arteriæ arciformes ), mais sans s’anastomoser ; puis envoyer dans la substance corticale une multitude d’artères radiaires ( arteriæ radiatæ ) qui réprésentent les artères interlobulaires.

(p. 422). Les Malpighi sont comme suspendus chacun à un rameau latéral de l’artère interlobulaire et cette dernière, avec l’ensemble des glomérules qui lui appartiennent, ressemble assez bien à une branche chargée de fruits (fig. 406 et 420).

Après être entrée dans le corpuscule, en traversant la capsule de Bowman, chacune des artères glomérulaires se divise en cinq ou six rameaux, lesquels se résolvent à leur tour en des faisceaux de capillaires, dont l’ensemble (fig. 415, 5)

constitue le glomérule proprement

Fig. 413.

Coupe méridienne d’un corpuscule de Malpighi (. schématique ) .

1, pôle vasculaire. — 2, pôle urinaire. — 3, capsule de Bowman, avec 4, son revêtement épithélial. — 5, paquet glomérulaire, avec 6, ses noyaux périphériques. — 7, cavité de la capsule. — 8. vaisseau afférent, avec sa tunique musculeuse continue. — 9. vaisseau efférent, avec : 9’ ses fibres musculaires localisées sur sa portion initiale et formant sphincter ; 9”, son endothélium. — 10, col. avec son épithélium de transition. — 11, tube urinifère, avec sa membrane propre et son épithélium à bâtonnets.

dit. Ces capillaires, remarquables par les flexuosités qu’ils décrivent, s’enlacent étroitement sans jamais s’anastomoser entre eux. Finalement, ils se réunissent de nouveau en un vaisseau unique, qui sort du glomérule exactement sur le point qui a donné entrée au vaisseau afférent : c’est le vaisseau efférent du glomerule (fig.

415, 9) et l’observation démontre, comme nous l’avons déjà fait remarquer plus haut, qu’il est toujours moins volumineux que l’afférent. Ce vaisseau efférent, bien que provenant de capillaires, n'est pas une veine, mais une artère. Le paquet de capillaires qui constituent le glomérule se trouve ainsi interposé entre deux artères et, de ce fait, acquiert la signification d’un réseau admirable (voy. Angéiologie, p. 101) ou réseau artériel

bipolaire.

Voyons maintenant ce que devient le vaisseau efférent.

d. Mode de distribution du vaisseau efférent. — En quittant les glomérules de Malpighi, les vaisseaux ellérents (fig. 416) se dirigent, les uns vers les tubuli contorti, les autres vers les pyramides de Ferrein et, se divisant de nouveau comme le font les artères ordinaires, ils se résolvent en un riche réseau capillaire, dont les mailles entourent tous les tubes urinifères occupant la substance ^corticale. La substance corticale tout entière (labyrinthe et pyramides de Ferrein) est donc irriguée par les vaisseaux efférents glomérulaires : tous les auteurs sont d'accord sur ce point.

En ce qui concerne la substance médullaire, les opinions sont partagées. Tous les anatomistes admettent bien , dans l’épaisseur des pyramides de Malpighi, l’existence de vaisseaux artériels, qui cheminent parallèlement à ces canaux et qui, en raison de leur direction rectiligne, sont appelés arteriæ rectæ ; mais les divergences commencent quand il s’agit d’indiquer leur origine. Pour les uns, les arteriæ rectæ sont fournies, au môme titre que les artères simi-

Fig. 416.

Figure schématique, représentant le glomérule avec son vaisseau afférent et son vaisseau efférent.

1, artère glomérulaire. — 2, veine glomérulaire. — 3, pyramide de Ferrein. — 4, labyrinthe. — 5, 5, corpuscules de Malpighi. — 6, un tube urinifère (portion flexueusej. — 7, vaisseau afférent du glomérule. — 8, vaisseau efférent, — 9, 9’, réseaux capillaires de la pyramide de Ferrein et du labyrinthe. — 10, un affluent de la veine interlobulaire.

REINS

laires des pyramides de Ferrein, par les vaisseaux efférents du glomérule (fig. 420), principalement par ceux qui sortent des glomérules les plus rapprochés de la base des pyramides. Pour d’autres (Arnold), elles naîtraient en amont des glomérules de Malpighi, soit des artères interlobulaires, soit des artères arciformes (anciennement de la concavité de la voûte artérielle). Enfin, d’après une opinion mixte (Beale, Klein), elles seraient fournies, comme nous le 4

montre la figure 417, à la fois par des efférents glomérulaires et par des branches de la rénale placées en amont du glomérule.

De ces trois opinions, la première est soutenue par Ludwig et par Kôlliker : c’est celle qui me paraît la plus acceptable. Elle a pour elle ce fait important, qu’en poussant une injection dans l’artère rénale, on arrive parfois à remplir toutes les artères sus -pyramidales (anciennement artères de la voûte), toutes les artères de V écorce, y compris les rameaux les plus déliés des branches interlobulaires, sans remplir toutefois une seule des arteriæ réctæ. Ce fait ne se produirait certainement pas si les arteriæ rectæ naissaient, comme les artères interlobulaires, des artères sus-pyramidales. Il faut de toute nécessité qu’un obstacle infranchissable pour le liquide injecté, se dresse entre les artères remplies par l’injection et les artères respectées par elle. Or, cet obstacle n’est vraisemblablement que le glomérule de Malpighi. Les arteriæ rectæ naissent donc en aval de l’obstacle et, dans ce cas, ne peuvent provenir que des vaisseaux efférents glomérulaires.

Quoi qu’il en soit de leur mode d’origine, les arteriæ rectæ forment tout autour des canaux collecteurs de l'urine (fig. 422), tant dans la zone papillaire que dans la zone limitante, un réseau capillaire à mailles quadrilatères et allongées dans le sens même de la longueur des tubes urinifères. Ce réseau s’étend jusqu’à la papille et, au niveau de l’area cribrosa, forme comme une sorte de collier à chacun des orifices des canaux excréteurs (fig. 417, 9).

c. Résumé. — Au total, l’artère rénale, déjà fortement ramifiée dans le sinus, continue à se ramifier dans l’épaisseur du rein et, cela, suivant deux modes distincts : suivant le mode dichotomique ou suivant le mode monopodique, ce dernier mode nous paraissant être le plus fréquent. Les branches de division primaires, celles qui cheminent sur les flancs des pyramides de Malpighi, se distribuent à un lobe déterminé et, de ce fait, acquièrent la signification d 'artères lobaires. Les branches de division, plus petites, celles qui se détachent des précédentes au niveau de la base des pyramides, cheminent en sens

radiaire à la limite de deux ou trois lobules voisins, ce sont les artères radiées interlobulaires : elles se terminent en grande partie dans les glomérules de Malpighi ; un certain nombre de ces rameaux, seulement, se rendent à la capsule

Vue d’ensemble des vaisseaux du rein (d’après Ludwig) .

1, artère interlobulaire. — -, veine interlobulaire. — 3, corpuscule de Malpighi. — 4, étoile veineuse de Verheyen. — 5, artères droites. — 6, groupe d’artères droites. -* 7, veine droite. — 8, groupe de veines droites. — 9, réseaux vascu laires de la papille.

Fig. 418.

Le rein, vu en coupe horizontale pour montrer ses deux territoires artériels (d’après Brôdel).

a, artère rénale, avec : a' une grosse branche passant en avant du bassinet ; a”, une branche beaucoup plus petite passant en arrière. — b, b, 6, ramifications diverses de ces deux branches. — P, une pyramide antérieure. — P’, une pyramide postérieure. — c, colonne de Bertin, s’interposant entre les deux pyramides.

ROn voit nettement que l'artère antérieure irrigue la pyramide antérieure, la colonne de Bertin et une partie de la pyramide postérieure, tandis que l’artère postérieure n’irrigue qu’une partie de la pyramide postérieure. La ligne ponctuée, allant du hile au côté externe du rein, indique la limite respective des deux territoires vasculaires antérieur et postérieur.

fibreuse du rein ou plus loin encore à la capsule adipeuse. Mais, quels que soient leur volume et leur signification, toutes les divisions intra-parenchymateuses de ..... - l’artère rénale présentent le ca-

ractère terminal, c’est-à-dire ne s’anastomosent jamais avec les artères voisines. 11 en résulte naturellement que chacune d’elles se distribue à un territoire déterminé.

Le rein peut donc être divisé, comme tous les viscères irrigués par des artères terminales (le cerveau et la rate par exemple) en un certain nombre de territoires distincts, indépendants les uns des autres, répondant chacun à une branche artérielle déterminée. Mais, ici comme ailleurs, il y a des différences individuelles considérables , comme le montrent nettement par leur discordance même les tentatives de Schmerber, de Brôdel, de Gérard et Castiaux (1904), pour établir les limites respectives des différents territoires rénaux. Un fait paraît acquis cependant, c’est que la branche postérieure de l’artère rénale (celle qui s’engage

en arrière du bassinet) se ramifie dans la partie postérieure du rein, tandis que les branches antérieures (celles qui passent en avant du bassinet) se distribuent à la partie antérieure. Il y a donc deux territoires principaux, l’un antérieur, l’autre postérieur, et nous ferons remarquer à ce sujet que ces deux territoires sont fort inégaux en étendue, la branche postérieure de la rénale étant de beaucoup plus petite que l’ensemble des artères antérieures : Max Brôdel estime que le territoire antérieur représente les trois quarts environ du parenchyme rénal, tandis que le territoire postérieur n’en représenterait que le quart.

Les deux territoires principaux du rein se subdivisent, à leur tour, en territoires secondaires, répondant chacun à une division soit de la branche postérieure, soit des branches antérieures. Ces territoires secondaires varient naturellement, dans leur situation et leur importance, avec le mode de division, des branches de la rénale, mode de division qui, on le sait, est extrêmement variable, non seulement suivant les sujets, mais, sur le même sujet d’un côté à l’autre.

Fig. 419.

Une branche aberrante de l’artère rénale, se rendant à l’extrémité supérieure du rein gauche.

1, bord externe du rein. — 2, hile. — 3, sillon se dirigeant du hile vers le pôle supérieur. — 4, artère rénale. —

5, branche de bifurcation inférieure. —

6, branche supérieure, pénétrant dans l’épaisseur du rein par un orifice spécial situé sur la face antérieure de l’organe.

L’artère rénale, tout en étant l’artère principale du rein, n’est pas la seule voie que suit le sang artériel pour arriver à cet organe. Outre quelques artères anormales (venues de la rénale ou

REINS

d’ailleurs), qui sont loin d’être rares et qui abordent le rein par l’une ou l’autre de ses extrémités, on observe constamment dans la capsule adipeuse un certain nombre d’artérioles, qui proviennent le plus souvent des lombaires et des capsulaires (voy. Glandes surrénales) et qui sont en relation avec les réseaux du rein, soit parce qu’elles pénètrent directement dans cet organe en traversant son enveloppe fibreuse, soit parce qu’elles s’anastomosent dans l’épaisseur de la capsule adipeuse avec les rameaux des branches interlobulaires, signalés ci-dessus, qui se distribuent à cette capsule.

Ce sont là de véritables artères rénales accessoires et, si elles sont pour ainsi dire négligeables dans les conditions normales, elles sont susceptibles, dans certains cas déterminés, dose dilater peu à peu et de devenir ainsi une voie collatérale importante.

B. Artères de la capsule adipeuse. — La capsule adipeuse du rein reçoit ses artères de sources fort diverses.

Le plus grand nombre de ces artères, que nous désignerons sous le nom générique d 'artères capsulo-adipeuses, proviennent de la rénale et, cela, de deux façons : ce sont d’abord de nombreux rameaux qui se détachent des premières divisions de la rénale au niveau du hile et qui se portent, les unes sur la face antérieure du rein, les autres sur sa face postérieure; ce sont, en second lieu, les divisions terminales des artères interlobulaires, qui, sous le nom de perforantes (fig. 422, 7), traversent de dedans en dehors la capsule propre du rein pour venir se terminer dans la capsule adipeuse. Ces dernières branches, très développées chez certains animaux (Hyrtl), sont, chez l’homme adulte, ralativement rares et de toutes petites dimensions.

Aux branches naissant de la rénale, branches capsulo-adipeuses principales , viennent se joindre des branches moins importantes, artères capsulo-adipeuses accessoires, provenant des artères capsulaires (tout particulièrement de l’inférieure, voy. Glandes surrénales), des artères mésentériques, de l’artère spermatique (utéro-ovarienne chez la femme), des trois premières artères lombaires et, parfois même de l’aorte et des diaphragmatiques inférieures. Ces divers groupes d’artères capsulo-adipeuses accessoires communiquent toujours entre eux, et l’on conçoit la possibilité, dans les cas d’oblitération lente de l’artère rénale, de l’établissement d’une circulation suppléante.

2° Veines. — Le système veineux du rein se dispose à peu de chose près comme le système artériel. Toutefois, il existe entre ces deux systèmes un certain nombre de différences, et ces différences sont assez importantes pour que la circulation veineuse mérite une description particulière. A cet effet, nous envisagerons séparément, comme nous l’avons fait pour les artères : 1° les veines du rein proprement dit ; 2° les veines de la capsule adipeuse.

A. Veines du rein proprement dit. — Le parenchyme rénal nous présente tout d’abord, à la base de chaque pyramide, un réseau veineux qui recouvre la pyramide

ANATOMIE HUMAINE. — T. IV, 6e ÉDIT. 56

Fig. 420.

Circulation veineuse du rein, vue en radiographie (Gérabd et Castiaux).

Épreuve radiographique d’une injection au mercure poussée dans la veine A et revenue par la veine B. après avoir rempli tout le réseau veineux péri- et sus-pyramidal. Les chiffres placés derrière les flèches indiquent le trajet qu'a suivi l’injection observée sous l’écran radiographique.

à la manière d’une voûte : c’est la voûte veineuse sus -pyramidale ou, tout simplement la voûte veineuse. Tout en supprimant dans notre description la voûte artérielle sus-pyramidale, qui n’existe pas, nous devons conserver la voûte veineuse , laquelle a été bien vue par Max Brôdel (1901) d’abord sur des pièces traitées par la corrosion, puis par Gérard et Castiaux (1904) sur des reins injectés au mercure et radiographiés. Ces derniers observateurs ont même pu, en faisant leur injection sous l’écran radiographique (fig. 420;, voir la matière à injection poussée par l’une des veines du sinus remplir tout d’abord la voûte veineuse correspondante, puis (grâce aux anastomoses) passer dans les voûtes voisines et, finalement, revenir par récurrence aux veines du sinus.

A la voûte veineuse sus-pyramidale aboutissent deux ordres de veines, les unes

descendantes, les autres ascendantes. — Les veines descendantes sont les veines interlobulaires. Elles prennent naissance au niveau de la capsule par des veinules très fines, qui suivent tout d’abord audessous de la capsule une direction transversale. On les voit, sur des reins injectés ou simplement congestionnés, constituer des groupes distincts, composés chacun de cinq ou six branches, lesquelles se dirigent vers un centre commun à la manière de rayons convergents (fig. 421,3) : elles forment ainsi, dans leur ensemble, des espèces d’étoiles, connues sous le nom d’ étoiles de Verheyen. C’est du sommet de ces étoiles que partent les veines interlobulaires. De là, elles se dirigent en ligne droite vers la substance médullaire, en suivant le même trajet que les artères homonymes (il n’y a qu’une veine pour chaque artère) et, arrivées à la base des pyramides malpighiennes, s’ouvrent dans la convexité de la voûte veineuse. Chemin faisant, elles se grossissent d’un grand nombre d’affluents, qui proviennent du réseau capillaire de la substance corticale et, notamment, des tubuli contorti et des pyramides de Ferrein. — Les veines ascendantes (fig. 412, 10), situées dans les pyramides de Malpighi, tirent leur origine des réseaux capillaires qui entourent les tubes de Bellini : ce sont les venæ rectæ. Elles suivent, mais en sens inverse, la même direction que les artères homonymes. Ce sont elles, disons-le en passant, qui, de concert avec les arteriæ rectæ, constituent, sur les coupes longitudinales du rein, les stries foncées ou rayons colorés de la pyramide (p. 415). Les venæ rectæ augmentent de volume au fur et à mesure qu’elles s’éloignent de la papille et, finalement, viennent s’ouvrir à angle droit dans la concavité de la voûte veineuse.

La voûte veineuse sus-pyramidale est, comme on le voit, le rendez-vous commun de la presque totalité des veines du rein. Voyons maintenant quels sont les vaisseaux efférents. — Sur son pourtour, prennent naissance des branches volumineuses qui s’infléchissent en bas et en dedans et descendent vers le sinus en longeant la surface de la pyramide correspondante : ce sont les veines péri-

Fig. 421.

Les étoiles veineuses de Verheyen, vues sur la face antérieure du rein (rein droit).

I, bord externe du rein. — 2, hile, avec les vaisseaux rénaux. — 3, 3, étoiles veineuses.

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pyramidales ou veines lobaires. Elles cheminent côte à côte avec les artères de même nom. Au cours de leur trajet, elles reçoivent quelques affluents des colonnes de Bertin et, finalement, s’échappent du parenchyme rénal pour arriver dans le sinus (fig. 412, 7). — Là, elles se réunissent les unes aux autres, en formant des branches de plus en plus volumineuses, les branches veineuses du sinus , les unes en avant, les autres en arrière des branches artérielles correspondantes. Cette dernière disposition paraît être la plus fréquente : les artères sont rares ou même complètement absentes entre le paquet veineux du sinus et le bassinet, — A leur tour, les branches veineuses du sinus se condensent en un seul tronc, la veine rénale , qui est toujours située en avant de l’artère homonyme et qui vient, après un trajet très court et plus ou moins transversal , s’ouvrir dans la veine cave inférieure (voy. Angéiologie).

Toutes les branches veineuses du rein, quels que soient leur calibre et leur situation, sont avalvulaires et, par conséquent, se remplissent facilement par une injection poussée par le tronc ou par les grosses branches.

Fig. 422.

Schéma de la circulation du rein.

a, zone limitante. — b, zone corticale. — c, couche souà-capsulaire. — d, capsule fibreuse. — e, capsule adipeuse.

1, un segment d'une pyramide de Malpighi, avec 2, 2, 2, ses stries claires et 3, 3, 3, ses stries foncées. — 4, pyramides de Ferrein. — - 5, labyrinthe avec les corpuscules de Malpighi. — 6, 6’, artères sus-pyramidales (artères arciformes) et voûte veineuse sus-pvramidale. — 7, et 7’, artère et veine interlobulaires. — 8. étoiles de Verheyen. — 9, anastomoses des veines interlobulaires avec les veines de la capsule adipeuse. — 10, vaisseaux droits (les artères proviennent des branches efîérenles des glomérules : les veines se jettent dans la voûte veineuse).

B. Veines de la capsule adipeuse. — La capsule adipeuse du rein est parcourue par des veines nombreuses, les veines cap sulo- adipeuses, qui se dissimulent pour la plupart dans l’épaisseur de la masse graisseuse, mais qui deviennent très visibles quand elles sont injectées ou simplement congestionnées. Elles forment en avant et en arrière du rein, un vaste réseau, dont les mailles, très larges et très irrégulières, s’allongent de préférence dans le sens transversal. En dehors, elles se condensent en une longue arcade (fig. 423, 5), qui se dispose parallèlement au bord externe du rein et à laquelle nous donnerons le

nom à' arcade veineuse exorénale. Envisagées à un point de vue général, les veines capsulo-adipeuses sont ordinairement très développées, trop développées pour que nous puissions admettre qu’elles prennent naissance exclusivement dans la capsule adipeuse du rein, qui par elle-même est physiologiquement peu importante et par cela même peu vasculaire. Elles proviennent en grande partie des réseaux voisins, ou bien elles s’y rendent : elles relient ainsi ces réseaux les uns aux autres et constituent, suivant les besoins de la circulation veineuse, un centre de dérivation

dont il importe de connaître les connexions.

a. Connexions avec la veine rénale. — Tout d’abord, nous voyons quelques rameaux issus de la partie interne du réseau capsulo-adipeux, se diriger vers le hile du rein et, là, se jeter dans la veine rénale ou dans l’une de ses branches. Ces rameaux m’ont paru constants et parfois très volumineux : je les ai toujours trouvés plus développés sur la face antérieure du rein que sur sa face postérieure.

b. Connexions avec le réseau intra-rènal. — Le réseau capsulo-adipeux communique ensuite, à travers l’enveloppe fibreuse du rein, avec le réseau veineux intra-rénal. Ces relations sont établies par deux ordres de vaisseaux : l°.par des vaisseaux centripètes, qui, de la capsule adipeuse, se jettent dans les étoiles de Yerheyen et de là dans les veines interlobulaires ; 2° par des vaisseaux centrifuges qui, prenant naissance dans les couches superficielles de la substance corticale, viennent

s’ouvrir d’autre part dans les veines de la capsule adipeuse. Ces derniers vaisseaux, dont les origines et la terminaison ont été nettement précisées par Steinach, constituent de véritables veines rénales accessoires. Leur calibre est de 0mm,8 en moyenne et on les observe indistinctement sur tous les points de la surface extérieure du rein. Ces veines rénales accessoires communiquent largement, dans l’épaisseur même du rein, avec les réseaux d’origine de la veine rénale principale, et on conçoit sans peine que, dans les cas de compression ou d’oblitération de ce dernier vaisseau, le rein pourra encore se débarrasser de son sang veineux par une voie détournée, en le rejetant dans le réseau de sa capsule adipeuse. Ainsi s’explique l’engorgement des veines capsulo-adipeuses dans tous les cas où il existe quelque obstacle dans la circulation de la veine rénale ou de la veine oave inférieure.

c. Connexions avec les autres réseaux du voisinage. — A son tour, le réseau capsulo-adipeux peut se débarrasser de son sang veineux, quelle qu’en soit la

Fig. 423.

Veines de la capsule adipeuse du rein (d’après Tuffier et Lejars).

1, veine cave inférieure. — 2, veine rénale. — 3, veine surrénale. — 4, capsule surrénale. — 5, arcade veineuse exo-rénale. — 6, veines de l'uretère. — 7, uretère. — 8, veines spermatiques. — 9, veines capsulaires antérieures. — 10, canal réno- ■azygo-lombaire.

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provenance, par de nombreuses voies. Ces voies de dégagement ont été étudiées avec le plus grand soin par Tuffier et Lejars et c’est à leur travail, publié dans les Archives de Physiologie de 1891, que j’emprunte la plupart des détails qui suivent :

a) Au niveau du point où le côlon est en rapport avec le rein, se voient, entre l’un et l’autre de ces deux organes, de nombreux vaisseaux veineux qui, en haut, communiquent avec les réseaux de la capsule adipeuse et qui, en bas, se jettent dans les veines coliques et, de là, dans la veine porte. Ces vaisseaux forment deux groupes : les uns, très fins mais d’une richesse extrême, cheminent à la face profonde du péritoine et appartiennent à cette séreuse ; les autres plus volumineux et plus profonds, sont situés dans le tissu cellulo-adipeux qui sépare le côlon de la face antérieure du rein.

P) Nous avons vu plus haut que les veines capsulo-adipeuses forment, le long du bord externe du rein, une longue arcade, l’arcade veineuse exorénale. — En haut, cette arcade se termine dans les veines surrénales. En outre, elle communique toujours, par un ou deux rameaux, avec les diaphragmatiques inférieures. — Du côté opposé, elle s’incline en bas et en dedans, entre en relation avec le réseau veineux de l’uretère et vient se terminer dans les veines spermatiques. Veines spermatiques et veines uretériques communiquent à leur tour, au niveau de leurs origines, avec le système des iliaques et même avec le système porte.

y) Sur la face postérieure du rein, les veines capsulo-adipeuses se jettent dans les veines pariétales de la région lombaire, lesquelles sont en relation, en haut avec les azygos et, en bas, avec les veines du bassin. De plus, elles communiquent, en arrière, avec le réseau veineux sous-cutané par de nombreuses et larges anastomoses, qui perforent le muscle carré des lombes ou contournent son bord externe. Ces veines anastomotiques, sur lesquelles a insisté Renaut (Bull, de V Acad, de Méd., 1890), rappellent jusqu’à un certain paint ces branches veineuses perforantes qui, au niveau des membres, unissent à travers l’aponévrose d’enveloppe le réseau profond et le réseau superficiel.

8) Nous ajouterons un dernier détail : le douzième nerf intercostal, les nerfs grand et petit abdomino-génital, qui cheminent à la face postérieure du rein, sont accompagnés par des veines qui leur appartiennent en propre. Ces veines, véritables venæ nervorum, forment ordinairement un plexus dont les mailles enlacent le cordon nerveux et pénètrent même dans son épaisseur. Or, ce plexus périnerveux, qui communique en dedans avec la veine lombaire ascendante et en dehors avec les branches de la veine ilio-lombaire, reçoit de nombreux affluents issus de la capsule adipeuse du rein. Voilà donc, pour le dégorgement du rein, une nouvelle voie dérivative. Nul doute qu’elle soit, elle aussi, distendue et gorgée de sang dans tous les cas de gêne apportée à la circulation de la veine rénale, et ainsi s’expliquent sans doute (Tuffier et Lejars), par une congestion des nerfs précités, bien plutôt que par une compression directe, ces névralgies lombaires que l’on voit survenir, comme un symptôme à peu près constant, dans les thromboses de la veine cave ou de la veine rénale.

d. Résumé. — En résumé, dans les cas d’oblitération de la veine rénale, une circulation suppléante peut s’établir, grâce à laquelle le sang veineux du rein se jette dans le réseau de sa capsule adipeuse et, de là, rejoint la circulation générale en suivant l’une quelconque des quatre voies suivantes : 1° en haut, les veines surrénales et les veines diaphragmatiques inférieures ; 2° en bas, les veines uretériques et les veines spermatiques ; 3° en arrière, le réseau sous-cutané de la

région lombaire ; 4° enfin, le plexus qui entoure le douzième nerf intercostal et les deux nerfs grand abdomino-génital et petit abdomino-génital.

Geberg, en 1885, a signalé l’existence, dans la capsule du rein, d 'anastomoses artério-veineuses , je veux dire de canaux faisant communiquer directement les vaisseaux artériels et les vaisseaux veineux. Quelques annnées plus tard, en 1893, Golubew, à son tour, a décrit des anastomoses analogues dans le rein lui-même, notamment dans la substance corticale, dans les colonnes de Berlin, à la base des papilles.

La disposition de ces anastomoses est fort variable. Tantôt (fig. 424) c’est une collatérale artérielle qui, après un trajet très court, se j tte dans une grosse veine placée tout à côté de l’artère don elle émane. Tantôt le rameau anastomotique, après sa sortie de l’artère, plonge dans la profondeur et prend peu à peu tous les caractères d’un vaisseau veineux. D'autres fois, on voit

une branche artérielle s’épanouir, dès son origine, en un bouquet de petits rameaux, qui après un trajet plus ou moins long, aboutissent à des veines.

Leurs dimensions sont également très variables. Geberg, dans la capsule du rein, a constaté que les plus petites anastomoses mesuraient de 0mm,013 à 0mm, 021 de diamètre. Golubew, dans le parenchyme rénal, est arrivé à un chiffre un peu inférieur, Ümin.C125, autrement dit 1/80 de millimètre. Dans ses recherches sur la circulation du rein, Steinach a vu les grains de lycopode passer des artères dans les veines.

Gomme ces grains présentent de 0u,m,029 à 0mm,032 (Steinach) de diamètre, c’està-dire des dimensions trois fois supérieures à celles des canaux anastomotiques décrits par Geberg et par Golubew, nous devons conclure, ou bien qu'il existe des anastomoses plus larges que celles signalées par ces deux auteurs, ou bien que les canaux de Geberg et de Golubew sont susceptibles de se laisser distendre et d’acquérir ainsi des dimensions suffisantes pour laisser passer les grains de lycopode. Cette dernière hypothèse n’a rien que de très rationnel. Hoyer, en effet, a fait connaître le fait que, à la suite d’une injection de gélatine concentrée, les canaux en question peuvent arriver à un diamètre trois fois supérieur à celui qu’ils avaient avant l’injection.

3° Lymphatiques. — Les lymphatiques du rein ont été parfaitement étudiés dans ces derniers temps par Stahr (1900), par Cunéo (1902) et par Stéfanis, (1902). Nous les distinguerons, d’après leur situation, en trois grdupes : 1° les lymphatiques profonds; 2° les lymphatiques superficiels ; 3° les lymphatiques de la capsule adipeuse.

a. Lymphatiques profonds. — - Le système lymphatique du rein a été décrit, en 1864, par Ludwig et Zawarykin. D’après ces auteurs, il serait constitué, tout d’abord, par de simples espaces lymphatiques, que l’on trouverait un peu partout dans les différentes zones de l’organe, mais qui seraient surtout développés dans le labyrinthe, entre les tubuli contorti et les vaisseaux sanguins. Ils seraient plus rares dans les pyramides de Ferrein, plus rares encore dans les pyramides de Malpighi, où l’on n’en rencontrerait guère qu’au voisinage des vaisseaux droits. Des espaces analogues, communiquant tous entre eux, existeraient dans l’épaisseur même de la capsule fibreuse du rein.

Dans les espaces intertubulaires précités, Ludwig et Zawarykin avaient remarqué, à la suite d’une injection interstitielle de nitrate d’argent, un réseau de figures découpées en jeu de patience, qu’ils avaient considérées comme des cellules endothéliales caractéristiques des voies lymphatiques. Ces figures existent, en effet: elles ont été retrouvées par Hortolès, dans des conditions analogues. Mais nous

Fig. 424.

Anastomoses artério-veineuses dans la capsule du rein (d'après Geberg).

art, une artère (le la capsule. ■ — V. V, deux veines satellites, réunies l’une à l’autre par des anastomoses transversales. — vb, branche artérielle, se réunissant avec une veine d , laquelle communique, en e avec la veine V, en f avec une veine collatérale. — c. autre branche artérielle, se rendant au réseau capillaire.

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devons ajouter que, pour ce dernier auteur, elles auraient une signification tout autre : elles représenteraient les bases des cellules épithéliales des tubuli contorti, vues par transparence à travers la paroi propre du conduit urinifère.

Le système lacunaire du rein donne naissance à de véritables canaux lymphatiques, possédant une paroi propre et parfois même de véritables valvules. Ces canaux lymphatiques se dirigent tous vers le sinus, en s’accolant aux vaisseaux sanguins. Dans le sinus lui-même, on en trouve ordinairement quatre ou cinq, un pour chaque division de l’artère rénale. Mais on peut en observer un plus grand nombre : sept, huit, dix ou même plus. Quel que soit leur nombre, ils s’échappent du rein au niveau du hile et viennent se jeter (Stahr, Cünéo), tant à droite qu’à gauche, dans un groupe de cinq ou six ganglions qui se trouvent situés sur les côtés de l’aorte, les ganglions juxtaaor tiques. Adroite, ces ganglions juxtaaortiques se divisent en deux groupes, les uns étant placés en avant de la veine cave inférieure (ce sont les ganglions préveineux), les autres étant placés en arrière (ce sont les ganglions rétro veineux).

Les efférents des ganglions juxtaaortiques se rendent à la portion initiale du canal thoracique.

b. Lymphatiques superficiels. — Les lymphatiques superficiels, signalés d’abord par Mascagni, puis par Ludwig et Zawarykin, ont été injectés à nouveau par Stahr. Ils forment un réseau à mailles très fines, immédiatement sous-jacent à la capsule fibreuse du rein. Les troncs et troncules qui en naissent suivent une double direction : les uns, et ce sont les plus nombreux, se mêlent aux lymphatiques profonds et, comme eux, s’échappent par le hile pour se rendre ensuite aux ganglions juxta-aortiques; les autres, cheminant en sens inverse, traversent de dedans en dehors la capsule fibreuse du rein et se jettent dans les lymphatiques de la capsule adipeuse.

c. Lymphatiques de la capsule adipeuse. — La capsule adipeuse du rein possède un réseau lymphatique qui lui appartient en propre (: réseau capsulaire) et qui a été parfaitement décrit par Stahr. Les collecteurs qui en partent se dirigent en dedans, pour venir se terminer, comme les lymphatiques du rein lui-même, dans les ganglions juxta-aortiques.

Fig. 42o.

Lymphatiques du rein, avec leurs ganglions ( demi-schématique) .

1, rein avec ses vaisseaux réséqués à leur partie moyenne. — 2, aorte. — 3, veine cave intérieure, réséquée un peu au-dessous de l’origine des veines rénales, pour laisser voiries ganglions placés au-dessous d’elle. — 4, ganglions juxta-aortiques gauches. — 5, ganglions juxta-aortiques droits ou préveineux. — 6, ganglions rétro-veineux. — 7, 7, 7, lymphatiques de la capsule adipeuse.

Les flèches indiquent le trajet des lymphatiques du rein, soit' superficiels, soit profonds.

d. Résumé. — En résumé, tous les lymphatiques du rein, qu’ils cheminent dans la profondeur, dans les couches superficielles ou même dans la capsule adipeuse, se portent vers le bord interne de la glande et, finalement, se jettent dans les 'ganglions juxta-aortiques correspondants, qui deviennent ainsi les ganglions régionnaires du rein.

Il est à remarquer que ces ganglions ne sont pas spéciaux au rein, mais reçoivent, en même temps que des lymphatiques rénaux, d’autres lymphatiques venus d’autres organes abdominaux ou pelviens. Ils sont en relation, notamment, avec les lymphatiques de l’uretère (Sakata).

Le hile du rein ne possède pas, à proprement parler, de ganglions lymphatiques.

On y rencontre cependant de tout petits nodules, que traversent les lymphatiques rénaux et qui constituent ici, comme sur bien d’autres points de l’économie, des ganglions intercalaires ( Schalt drüsen des anatomistes Allemands).

Les efférents des ganglions régionnaires du rein, se portant en haut, traversent les piliers du diaphragme et, en atteignant le médiastin postérieur, se jettent dans le canal thoracique.

Fig. 426.

Schéma montrant le mode d’innervation du rein.

1, rein. — 2, capsule surrénale. — 3, aorte. — 4, artère rénale, avec son plexus nerveux et ses ganglions. — 5, grand sympathique. — 6, petit splanchnique. — 7, grand splanchnique. — 8, ganglion semilunaire. — 9, plexus solaire.

4° Nerfs. — Les nerfs du rein (fig. 426) proviennent, pour la plupart, du plexus solaire et du petit splanchnique. Quelques-uns sont fournis directement par le cordon lombaire du grand sympathique. Ils se rendent au rein, en s’accolant aux artères et en formant autour d’elles de riches plexus, sur les mailles desquels se développent toujours un certain nombre de petits ganglions. Arrivés dans l’épaisseur du rein, ils cheminent encore à côté des branches artérielles. Retzhjs a pu les suivre jusque sur les artères interlobulaires et même jusque

sur le vaisseau afférent des glomérules. Berkley (1893), de son côté, a constaté l’existence de fines fibrilles jusque sur l’épithélium des tubuli contorti. Azoulay (1894 et 1895), à son tour, en utilisant la méthode de Golgi, a pu suivre les fibrilles nerveuses du rein jusque dans leglomérule. Elles y pénètrent avec le vaisseau afférent et s’y divisent en branches secondaires, lesquelles s’appliquent contre la face interne de la capsule de Bowman et se dirigent en sens méridien vers le pôle opposé à celui par lequel elles sont entrées. -Chemin faisant, elles émettent latéralement de tins rameaux variqueux, qui se termi-

Fig. 428.

Fig. 427. — Nerfs du rein chez le rat (d’après d’EvANi).

1, artère interlobulaire, avec 2, l’une des collatérales. — 3, vaisseau afférent du glomérule. — 4, glomérule de Malpighi, avec des fibrilles nerveuses terminées en bouton.

Fig. 428.

Terminaisons nerveuses sur les tubes urinifères (d’après d’EvANT).

1. tube urinifère. — 2, faisceaux nerveux. — 3, fibrilles terminales se détachant des faisceaux précédents. — 4, terminaisons en boutons.

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nent sur les capillaires des glomérules. Gomme le glomérule n’a pas de fibres musculaires, il est rationnel de penser, avec Azoulay, que ces fibres nerveuses glomérulaires ne sont pas vaso-motrices, mais sensitives, commandant peut-être par action réflexe la tension sanguine dans les vaisseaux du glomérule.

Plus récemment (1899), d’EvANT a repris la question et a retrouvé les fibres nerveuses décrites par ses devanciers, à la fois sur les vaisseaux, sur les tubes urinifères et sur les glomérules : il les a vues, sur ces derniers, se terminer habituellement par de petits renflements en forme de bouton.

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APPAREIL URO GENITAL

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ARTICLE II

APPAREIL EXCRÉTEUR DU REIN

L’urine, à sa sortie des papilles du rein, est recueillie par de petits cylindres membraneux appelés calices. Les calices, toujours très courts, se réunissent les uns aux autres, pour former un réservoir commun qui est le bassinet, lequel, à son tour, est continué jusqu’à la vessie par un long canal, Yuretère. Nous envisagerons tout d’abord, ces trois segments du canal excréteur du rein, au point de vue de leur conformation extérieure et de leurs rapports. Nous étudierons ensuite leur mode de constitution anatomique, leurs vaisseaux et leurs nerfs.

§ [. — Mode de conformation et rapports

Envisagés au point de vue de leur configuration extérieure et de leurs rapports, les trois segments du canal excréteur du rein sont très différents les uns des autres et il convient de les étudier séparément.

A. — G ALICES

Les calices (fig. 430, 3) sont de petits tubes membraneux, situés au-dessous des

APPAREIL EXCRÉTEUR DU HEIN

papilles re'nales et allant de ces papilles au bassinet. Leur longueur est, en moyenne, de 1 centimètre ; leur largeur, de 6 à 12 millimètres.

1° Nombre. — Le nombre des calices est ordinairement égal à celui des papilles elles-mêmes. Dans certains cas, cependant, il lui est inférieur d’une ou de deux unités, par ce fait que l’on voit deux papilles voisines r i ^

s’ouvrir dans un seul et même calice. En examinant à ce point de vue onze moules de bassinets avec leurs calices, j’ai compté en moyenne 9 calices par bassinet, avec un maximum de 13 et un minimum de 7.

Fig. 429.

Une papille rénale avec son calice.

1, papille rénale. — 2, son sommet, avec l’area cribrosa. — 3, calice, incisé et éri^né, avec 3’, son insertion sur le col de la papille. — 4, paroi du sinus.

2° Forme et rapports. — Chacun d’eux, considéré isolément, nous présente : 1° deux surfaces, l’une intérieure, l’autre extérieure ; 2° deux extrémités, que l’on distingue, d’après le cours de l’urine, en supérieure et inférieure.

a. Surface intérieure. — La surface intérieure des calices, est régulièrement lisse et unie. Elle est continuellement baignée par l’urine.

b. Surface extérieure. — La surface extérieure est en rapport, sur tout son pourtour, avec la graisse molle qui remplit le sinus et aussi avec les dernières ramifications de l’artère et de la veine rénales.

c. Extrémité supérieure. — L’extrémité supérieure répond à la base de la papille correspondante, à laquelle elle adhère intimement (fig. 410). Quant à la papille, elle-même elle s’engage dans f’extrémité supérieure du calice (fig. 429,2) en le fermant complètement comme le feraitùin bouchon conique.

d. Extrémité inférieure. — L’extrémité inférieure est toujours moins large que la supérieure, d’où il résulte que le calice n’est pas régulièrement cylindrique, mais ressemble plutôt à un tronc de cône. Cette extrémité inférieure s’ouvre dans la cavité du bassinet. Toutefois, les calices ne se jettent pas isolément dans leur réservoir commun. Ils se réunissent préalablement entre eux (fig. 430) par groupes de trois ou quatre, pour former des canaux collecteurs plus volumineux, auxquels on donne le nom de grands calices ou bras du bassinet ; eux-mêmes, pour cette raison, sont appelés parfois petits calices.

3° Grands calices. — Les grands calices varient beaucoup dans leurs dimensions : les plus longs que j’ai observés mesuraient 26 millimètres ; les plus courts, 3 ou 4 millimètres seulement. Leur longueur moyenne est de

Fig. 430.

Les calices et le bassinet vue postérieure ( demischématique ) .

1, uretère. — 2, bassinet. — 3, 3, calices. — 4, sinus du rein.

— 5, substance médullaire du rein.

12 à 18 millimètres. On en rencontre ordinairement trois, que l’on distingue en supérieur, moyen et inférieur (fig. 430).

a) Le grand calice supérieur ou bras supérieur du bassinet se dirige obliquement de haut en bas et de dehors en dedans. Il recueille les calices qui, au nombre de 3 ou 4, répondent à la partie supérieure du rein.

ff) Le grand calice inférieur ou bras inférieur du bassinet , obliquement ascen-

dant, est formé, comme le précédent, par la confluence de 3 ou 4 calices, qui proviennent de la partie inférieure de l’organe. Comparé au grand calice supérieur, il est plus court, mais presque toujours plus volumineux.

y) Le grand calice moyen ou bras moyen du bassinet tire son origine des deux papilles qui répondent à la partie moyenne du sinus. Il se distingue des deux autres par son volume, qui est beaucoup moindre, et par son trajet, qui est plus ou moins horizontal. Quant à sa terminaison, il vient s’ouvrir, tantôt à la partie moyenne du bassinet, tantôt dans l’un des deux grands calices supérieur et inférieur, mais le plus souvent dans l’inférieur. Ce dernier mode de terminaison me paraît être de beaucoup le plus fréquent et, comme on le voit, le nombre des grands calices se trouve réduit dans ce cas à deux seulement, l’un% supérieur, l’autre inférieur.

B. — Bassinet

Le bassinet (angl. Pelvis ofthe kidney, allem. Nierenbecken), deuxième segment du canal excréteur du rein, est une sorte de réservoir membraneux auquel aboutissent les calices.

1° Dimensions. — Sa hauteur est, en moyenne, de î20 à 30 millimètres; sa largeur, mesurée au niveau de la base, varie de 15 à 20 millimètres. Il est situé immédiatement en arrière de l’artère rénale et forme par conséquent le dernier plan, le plan le plus postérieur , du pédicule du rein.

Fig. 431.

Le bassinet vu en place par sa face antérieure, avec ses rapports.

La paroi antérieure du sinus du rein a été enlevée et les vaisseaux en grande partie réséqués, pour laisser voir le bassinet et l’origine des calices.

1, rein, avec 1’ son sinus. — 2, bassinet. — 3, calices, dont deux ont été ouverts pour laisser voir les papilles rénales. — 4, 4’, 4”, les trois grands calices supérieur, moyen et inférieur. - 5, col de l’uretère. — 6. artère rénale et ses branches. — 7, veine rénale.

2° Configuration extérieure. — Envisagé au point de vue de sa configuration extérieure , le bassinet a la forme d’un entonnoir membraneux, aplati d’avant en arrière, dont la base regarderait en haut et en dehors et dont le grand axe serait obliquement dirigé de haut en bas et de dehors en dedans. Il nous offre à considérer deux faces.

deux bords , un sommet et une base :

a. Faces. — Les deux faces du bassinet se distinguent en antérieure et

postérieure. Elles sont planes quand le bassinet est vide, plus ou moins bombées quand il est distendu par l’urine ou par une injection.

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