B G ON FORMATION EXTÉRIEURE ET RAPPORTS
L’urèthre, une fois isolé par la dissection, nous présente deux renflements, tous les deux très volumineux : l’un, situé à l’union de son quart postérieur avec ses trois quarts antérieurs, a reçu le nom de bulbe (fi g. 479, 14) ; l’autre, situé à son extrémité antérieure, constitue le gland (13). Abstraction faite de ces deux renflements, qui appartiennent à la gaine spongieuse du canal et que nous décrirons ultérieurement à propos des formations érectiles du pénis, l’urèthre, comme la plupart des canaux de l’économie, revêt une fornre assez régulièrement cylindrique. Ses rapports, qui ont une importance pratique considérable, varient naturellement suivant qu’on considère la portion prostatique ( urèthre prostatique), la portion membraneuse ( urèthre membraneux ) ou la portion spongieuse ( urèthre spongieux). Nous les étudierons successivement pour chacune de ces trois portions.
1° Urèthre prostatique. — L’urèthre prostatique, qui fait suite immédiatement au col de la vessie (voy. Vessie), suit un chemin couvert dans l’épaisseur de la prostate. Mais il s’en faut de beaucoup que le conduit uréthral se confonde avec l’axe de la glande. Pour se rendre un compte exact des rapports qu’il présente avec cet axe, il importe d’examiner deux coupes de la prostate, l’une vertico-médiane ou sagittale, l’autre transversale :
a. Coupe sagittale. — Si nous examinons, tout d’abord, des coupes verticomédianes du bassin pratiquées sur des sujets congelés (fig. 481,2), nous constatons
URETHRE CHEZ L’HOMME
que, à la partie supérieure de la prostate, l’urèthre est situé en avant de l’axe de la glande. Nous le voyons ensuite se rapprocher peu à peu de cet axe, l’atteindre un peu au-dessus du sommet de la prostate et souvent même passer en arrière de lui. Il résulte d’une pareille disposition :
1° que le canal de l’urèthre et l’axe de la prostate s’entrecroisent en X à la partie inférieure de la glande et sous un angle de 15 à 20 degrés ; 2° que l’urèthre prostatique, dans la plus grande partie de son étendue, se trouve plus rapproché de la face antérieure de la glande que de sa face postérieure ; 3° que, dans sa portion tout inférieure, il est, au contraire, un peu plus rapproché de la face postérieure que de l’antérieure.
b. Coupe transversale. — Pour représenter par des chiffres les rapports précis du canal de l’urèthre avec la surface extérieure de la prostate, il convient de pratiquer sur ce dernier organe des coupes perpendiculaires à son axe et de mesurer ensuite les
différents rayons qui se rendent de l’urèthre aux faces antérieure, postérieure et latérales de la glande (fig. 482). En procédant de la sorte sur cinq prostates d’adulte et en prenant des moyennes, je suis arrivé aux chiffres suivants pour le quart supérieur de la glande :
Fig. 481.
Coupe sagittale de la prostate et de l’urèthre prostatique.
1, vessie, avec 1’, son col. — 2, urèthre. — 3, prostate. — 4, véru montanum. — 5, utricule prostatique. — 6, vésicule séminale. — 7. canal déférent (un stylet introduit dans ce canal fait saillie dans l’urèthre prostatique, un peu en dehors de l’utricule),
Rayon médian antérieur 4 millimètres.
Rayon médian postérieur 18 —
Rayon transverse gauche 16 —
Rayon trans verse droit 16 —
Rayon oblique en dehors et en arrière 24 —
De ces différents rayons uréthro-prostatiques, l’antérieur est de beaucoup le plus petit. Il représente le quart seulement du rayon postérieur, ce qui revient à dire que l’urèthre chemine dans la prostate, du moins à sa partie supérieure , à l’union de son cinquième antérieur avec ses quatre cinquièmes postérieurs.
Nous devons ajouter que, sur certains sujets, le canal de l’urèthre n’est entouré par les glandules prostatiques que sur ses faces postérieure et latérales. Sur ces sujets, les glandules font complètement défaut en avant et, dans ce cas, la prostate fournit à l’urèthre non pas un canal complet, mais une simple gouttière.
c . Rapports éloignés . — Par l’intermédiaire de la prostate qui l’entoure, l’urèthre est en rapports :
1° en arrière, avec l’aponévrose prostato-péritonéale, qui le sépare du rectum (voy. Aponévroses du périnée)’, 2° en avant, avec le sphincter strié de l’urèthre (voy. Muscles~du périnée), le plexus du Santorini et la symphyse pubienne ;
ANATOMIE HUMAINE. — T. IV, 6e ÉDIT. 65
Les différents rayons uréthroprostatiques.
(Pour l’explication, voyez le texte).
314 APPAREIL ü RO-GEN IT AL
3° sur les côtés, avec les ligaments pubo-rectaux (voy. Prostate) et le muscle releveur de l’anus.
13 iu
2° Urèthre membraneux. — La portion membraneuse de l’urèlhre s’étend du sommet de la prostate à 1a, partie supérieure et postérieure du bulbe. Quelques auteurs, après Amussat, la désignent encore sous le nom de portion musculeuse. Cette dénomination est impropre et doit être abandonnée. Nous verrons, en effet, -en étudiant la structure de l'urèthre, que la présence d’une tunique musculeuse tout autour de l’urèthre membraneux n’est nullement un caractère distinctif pour cette portion du canal, la tunique musculeuse se rencontrant également quoique profondément bouleversée, sur l’urèthre prostatique et sur l’urèthre spongieux. Vers le milieu de son trajet, P urèthre membraneux traverse l’aponévrose périnéale
moyenne. Nous pouvons donc, au point de vue de ses rapports, lui distinguer trois segments, que nous désignerons sous les noms de supérieur, moyen et inférieur :
a. Segment supérieur. — Le segment supérieur ou sus-aponévrotique est situé, comme l’urèthre prostatique, dans l’étage supérieur du périnée. Il est en rapport : 1° en avant, avec le muscle du Wilson et le plexus de Santorini ; 2° en arrière, avec l’aponévrose prostato - péritonéale et le rectum ; 3° latéralement, avec le releveur de l’anus, revêtu de son aponévrose. Le sphincter strié de l’urèthre l’entoure sur tout son pourtour (voy. Périnée ). Nous ferons remarquer ici, à propos des rapports de l’urèthre avec le rectum, que ces rapports sont à peu près immédiats au niveau de l’extrémité •supérieure de l’urèthre membraneux. Sur ce point, en effet, les deux organes, très rapprochés l’un de l’autre, ne sont séparés pour ainsi dire que par l’épaisseur de l’aponévrose prostato-péritonéale. Plus bas, l’urèthre se dirige en avant, tandis que le rectum s’infléchit en arrière : ils s’écartent ainsi réciproquement l’un de l’autre sous un angle de 90 à 100 degrés et se trouvent alors séparés par un espace triangulaire, le triangle recto-uréthral , dont la base répond au périnée (voy. Rectum et fig. 228).
b. Segment moyen. — ■ Le segment moyen ou intra-aponévrotique de l’urèthre membraneux est compris entre les deux feuillets de l’aponévrose périnéale moyenne : il est donc très court. Il est entouré par les faisceaux du muscle transverse profond du périnée ou muscle de Guthrie (voy. Périnée) , Au-dessous de lui et un peu sur les côtés, se trouvent les glandes de Cowper, baignant elles aussi au milieu des faisceaux de ce dernier muscle. En traversant l’aponévrose
Fig. 483.
Coupe sagittale de l’urètre membraneux et de la portion initiale de Furèthre spongieux.
1, symphyse. — 2, ligament sous-pubien. — 3, portion non dédoublée de l’aponévrose périnéale moyenne. — 4 et 4’, feuillet inférieur et feuillet supérieur de cette aponévrose. — 5, aponévrose périnéale superficielle. — 5’, aponévrose prostato-péritonéale. — 6, urèthre membraneux. — 7, urèthre spongieux. — 3, collet du bulbe. — 9, cul-de-sac du bulbe. — 10, prostate. — 11, muqueuse uréthrale. — 12. tissu spongieux et bulbe. — 13, couche spongieuse de l’urèthre supérieur. — 14, portion de la paroi supérieure de l’urèthre, dépourvue du tissu spongieux. — 15, muscle Iransverse superficiel. — 16, muscle trans'erse profond ou muscle de Guthrie. — 17, glande de Cowper. — 18, muscle de Wilson. — 19, sphincter externe de l’urèthre. — 20, peau. — 21, dartos. — 22. tissu cellulaire sous-cutané. — 23, raphé médian des muscles ischio-bulbaire. — 24, corps caverneux du pénis.
URETHRE CHEZ L’HOMME
périnéale moyenne, l’urèthre adhère intimement aux deux feuillels de cette aponévrose, qui joue ainsi à son égard le rôle d’un appareil fixateur.
c. Segment inférieur . — Le segment inférieur ou sous-aponévrotique, également très court, est en rapport avec le bulbe, dans lequel il pénètre (fig. 483). Au niveau du point où il prend contact avec le bulbe, l’urèthre suit une direction à peu près horizontale. Le bulbe, de son côté, au lieu de lui présenter une surface verticale, lui offre une surface oblique d’arrière en avant et de bas en haut. Il en résulte que l’orifice par lequel l’urèthre membraneux pénètre dans le bulbe est fortement taillé en biseau et, de ce fait, a une forme elliptique et non circulaire. Il en résulte aussi que le tissu érectile du corps spongieux revêt l’urèthre sur sa face inférieure d’abord, puis sur sa face supérieure et, en conséquence, que la paroi supérieure de l’urèthre membraneux est un peu plus longue que sa paroi inférieure. La figure 483 nous représente très nettement cette disposition. Le lecteur, en étudiant cette figure, voudra bien retenir comme détail utile en pratique (dans l’uréthrotomie interne) qu’au niveau de la base du bulbe, tandis que la paroi inférieure de l’urèthre est matelassée par une forte couche de tissu érectile, sa paroi supérieure en est encore totalement dépourvue et se trouve exclusivement en rapport avec le tissu conjonctif qui la sépare de l’aponévrose périnéale moyenne et de l’origine des corps caverneux.
3° Urèthre spongieux. — L’urèthre spongieux chemine au-dessous du pénis, dans la gouttière anguleuse que forment, en s’adossant l’un à l’autre, les deux corps caverneux. Il est en rapport : 1° en haut , avec les corps caverneux et leur cloison médiane dont il est séparé par de nombreuses veines;
2° en bas, avec le fascia pénis (voy.
Verge), qui forme ainsi une gaine commune à l’urèthre et aux corps caverneux et, au delà du fascia, avec le tissu cellulaire sous-cutané et la peau.
L’urèthre spongieux se termine en avant par un orifice en forme de fente verticale, haut de 6 à 8 millimètres, qui occupe le sommet du gland et qui porte le nom de méat urinaire . Il est, suivant les cas, entièrement libre ou plus ou moins recouvert par le prépuce.
Comme nous l’avons dit plus haut, le bulbe et le gland, au double point de vue morphologique et structural, seront étudiés plus loin à propos des formations érectiles de la verge (voy. Verge).
Fig. 484.
L’urèthre spongieux, vu sur une coupe transversale de la verge.
1, canal del’urètlire. — 2, corps spongieux de l’urèthre. — 3, son albuginéc. — 4, 4’, corps caverneux. — 5, albuginée des corps caverneux. — 6, cloison. — 7, veine dorsale profonde. — 8, 8’, artères dorsales et nerfs dorsaux. — 9, 9’, artères caverneuses. — lu, 10’, branche antérieure de l’artère bulbo-caverneuse. — 11, veine dorsale superficielle. — 12, peau. — 13, dartos. — 14, couche celluleuse. — 15, fascia pénis.
a, flèche, indiquant les différents plans qu’il faut traverser pour atteindre le canal de l’urèthre.
D. — Calibre de l’urèthre
Le calibre de l’urèthre varie suivant qu’on examine le canal : 1° à l’état de
vacuité; 2° à l’état de distension moyenne , au momentde la miction, par exemple ; 3° à l’état de distension exagérée.
1° Urèthre à l’état de
dehors de la miction, les
mk 25
vacuité. — Dans les conditions ordinaires, je veux dire en parois de l’urèthre sont partout appliquées à elles-mêmes. De ce fait, la cavité uréthrale est purement virtuelle et se présente, sur des coupes transversales du canal, sous la forme d’une simple fente. Cette fente varie, du reste, dans sa forme et son orientation, suivant les régions que l’on considère (fig. 485).
a) Au niveau du méat, la fente uréthrale a une direction verticale.
p) Elle est encore verticale, mais un peu plus haute, dans presque toute l’étendue du gland.
y) Vers la base de ce dernier organe, nous voyons apparaître, à la partie postérieure de la fente verticale, une petite fente horizontale qui donne à l’urèthre la forme d’un T renversé (i).
8) Cette fente horizontale augmente ensuite graduellement d’étendue, tandis que la fente verticale diminue : celle-ci finit même par disparaître et l’urèthre, à partir de ce moment, est représenté par une simple fente transversale, laquelle se maintient jusqu’à la portion prostatique. Toutefois, au niveau de la partie postérieure du bulbe, les deux lèvres antérieure et postérieure sont, dans certains cas, légèrement écartées par du mucus : la fente de tout à l’heure est alors remplacée par un petit losange à grand axe transversal, se terminant latéralement par deux pointes très effilées.
s) Dans sa portion prostatique et par suite de la présence du véru montanum, la fente uréthrale affecte la forme d’une courbe à concavité postérieure ou bien celle d’une étoile à trois rayons, l’un antérieur, les deux autres postéro-latéraux. C’est entre ces deux derniers rayons que s’avance le véru dont la, coupe est, dans ce cas, franchement triangulaire.
Ç) Au delà du véru, la coupe de l’urèthre devient de nouveau transversale. Je l’ai vue dans un cas, cependant, irrégulièrement étoilée, les plus longs rayons se disposant dans la direction du plan médian.
7}) Quant à l’orifice du col, il est circulaire ou plus ou moins étoilé chez les jeunes sujets. Chez l’adulte et surtout chez le vieillard, par suite de l’hypertrophie du lobe moyen de la prostate ( luette vésicale de Lieutaud), la paroi postérieure du col se soulève en une saillie plus ou moins volumineuse et l’orifice, dans ce cas, prend la forme d’un croissant à concavité inférieure.
2° Urèthre au moment de la miction, calibre physiologique. — Au moment de la miction, l’urine chassée au dehors par la contraction du muscle vésical, dilate le
m Mj
Fig. 485.
Coupes transversales de l’urèthre, pratiquées à différents niveaux.
(Les lettres majuscules placées à gauche des coupes indiquent leur ordre de succession ; les chiffres, placés à droite, indiquent en millimètres la distance qui sépare chacune d’elles du méat urinaire).
URETHRE CHEZ L’HOMME
canal de l’urèthre et celui-ci acquiert à ce moment ce qu’on pourrait appeler son calibre physiologique. Pour l’évaluer en chiffres, le procédé qui est certainement le meilleur consiste à pousser dans l’urèthre, sous une pression égale à celle que possède l’urine en parcourant le canal, une injection solidifiable de gélatine ou de cire fondue, de plâtre dilué, etc. Le moule de l’urèthre, ainsi obtenu, représente exactement la colonne liquide au moment de la miction. Or, l’étude de ce moule nous apprend tout d’abord que l’urèthre, tout en ayant une forme cylindrique générale, n’est pas un cylindre régulier, mais qu’il est au contraire mal calibré, présentant alternativement des parties larges et des parties étroites.
En procédant d’avant en arrière (fig. 486). comme l’instrument dans l’opération du cathétérisme, nous trouvons tout d’abord une partie étroite :
c’est le méat urinaire. Le méat n’est pas seulement rétréci; il est encore peu extensible et, de ce fait, se prête mal à la dilatation, que cette dilatation soit brusque ou progressive. — Au delà du méat, le canal s’élargit et nous présente une dilatation fusiforme, connue sous le nom de fosse naviculaire. Cette fossette commence à 5 ou 6 millimètres en arrière du méat, quelquefois à 10 millimètres seulement, et se prolonge ordinairement dans une étendue de 20 à 25 millimètres.
Certains auteurs ont cru devoir considérer la fosse naviculaire comme le résultat d’une distension locale du canal de l’urèthre produite par l’urine en amont d’un point rétréci, le méat. Mais cette hypothèse est peu conciliable avec les observations de Lockwood, qui a rencontré la fossette en question chez l’enfant et chez le fœtus. Du reste, les recherches de Retterer ont établi que la fosse naviculaire existe dès la fermeture de la gouttière uréthrale et est intimement liée au mode de développement de l’urèthre balanique chez l’homme. — Au delà de la fosse naviculaire, l’urèthre se rétrécit de nouveau et conserve un calibre à peu près uniforme jusqu’à l’angle pénien. — Là, il se produit une nouvelle dilatation aux dépens de la paroi inférieure du canal. Cette dilatation, qui occupe toute la longueur du bulbe, qui s’étend par conséquent jusqu’au voisinage de l’aponévrose périnéale moyenne, a reçu le nom de cul-de-sac du bulbe (fig. 483, 9). Le commencement de la portion membraneuse est marqué par un rétrécissement brusque, qui répond exactement au point où la paroi inférieure de l’urèthre prend contact avec le bulbe : c’est le collet du bulbe. Ce rétrécissement se continue ensuite dans toute l’étendue de la portion membraneuse. — Une nouvelle et dernière dilatation, de forme ellipsoïde comme la fosse naviculaire, se rencontre au niveau de la portion prostatique. Elle se termine en arrière par un dernier rétrécissement, qui répond à Y orifice postérieur de Vurèthre ou col de la vessie.
IMfP Col de la vessie-.
— Dilatai ion prostatique.
Rétrécissement de la portion membraneuse.
Collet du bulbe.
.Fosse naviculaire.
..Méat.
Fig. 486.
Le calibre de Turèthre. vu sur une coupe sagittale.
APPAREIL U RO -GENITAL
Au total, le canal de l’urèthre nous pre'sente quatre segments rétrécis et, dans l’intervalle de ces quatre segments rétrécis, trois segments dilatés. En allant d’avant en arrière, les segments rétrécis, que l’on pourrait appeler les détroits de V urèthre, sont : 1° le méat; 2° la partie moyenne de V urèthre spongieux ; 3° le collet du bulbe , se prolongeant dans la portion membraneuse; 4° enfin Y orifice du col. Les trois segments dilatés sont : 1° la fosse naviculaire; 2° le cul-de-sac du bulbe; 3° la portion prostatique tout entière. Reybard, en mesurant sur des moules les diamètres de ces différents segments, a obtenu les chiffres suivants :
Derrière la fosse naviculaire . . .
A 12 centimètres du méat
A lo ou 16 centimètres
A la région membraneuse
Au centre de la portion prostatique
De 25 à 30 ans .
De 70 à 80 ;
yinm
7mm,6
Pierre Delbet, dans des recherches récentes (1892), a constaté que le point le plus étroit de l’urèthre (abstraction faite du méat et de la portion membraneuse) était situé, dans la portion pénienne, à 3 ou 10 centimètres du méat, et présentait dans la plupart des cas un diamètre supérieur à 7 millimètres. C’est ainsi que, sur vingt urèthres parfaitement sains, le diamètre du point le plus étroit mesurait : 7 millimètres dans quatre cas; 7 à 8 millimètres dans deux cas ; 8 à 9 millimètres dans trois cas ; 9 à 10 millimètres dans quatre cas; de 10 à 14 millimètres dans huit cas. Sur ces vingt urèthres, par conséquent, il y en avait dix-sept qui, en leur point le plus étroit, mesuraient plus de 7 millimètres, douze qui mesuraient 9 millimètres ou davantage.
3° Urèthre dilaté, calibre agrandi. — Les parois de l’urèthre étant très extensibles, ce canal se prête merveilleusement à la dilatation et chacun sait qu’il permet l’introduction d’une sonde ou autre instrument dont le diamètre est bien supérieur aux chiffres indiqués dans le tableau précédent.
Le calibre de l’urèthre, ainsi agrandi par la dilatation, peut aller, d’après les recherches de Guyon et Campenon, jusqu’à 9 millimètres de diamètre, ce qui équivaut à une circonférence de 28 millimètres.
Les auteurs américains donnent des chiffres plus élevés : 30 millimètres d’après Keyes, 32 à 33 millimètres d’après Pease, de 28 à 40 millimètres d’après Otis. Il est possible qu’on ait pu, dans des cas particuliers arriver à des dilatations aussi considérables; mais ce ne sont pas des exemples à suivre. Il sera toujours prudent de s’en tenir, dans la pratique, aux chiffres de 23 à 28 millimètres. Aller au delà, ce serait exposer le malade à des déchirures du canal et à toutes les conséquences qui peuvent en découler,
D. — Conformation intérieure
La configuration intérieure de l’urèthre est des plus simples. Ses parois, en effet, abstraction faite de quelques plis longitudinaux qui s’effacent par la distension, ne nous offrent à considérer qu’un petit nombre de détails, que nous examinerons successivement (fig. 487) dans la portion prostatique, dans la portion membraneuse et dans la portion spongieuse :
1° Urèthre prostatique. — La portion prostatique de l’urèthre nous présente sur sa paroi postérieure et à sa partie moyenne une saillie oblongue, toujours très marquée, que l’on désigne sous le nom de véru montanum.
A. Véru montanum. — Le véru montanum (caput gallinaginis et colliculus seminalis de certains auteurs) mesure habituellement 12 à 14 millimètres de Ion-
URETHRE CHEZ L’HOMME
gueur sur 1 millimètre de largeur et l ou 2 millimètres de hauteur (fig. 488,4).
a. Extrémité supérieure . — Son extrémité supérieure, arrondie, donne naissance à un ou plusieurs plis qui se portent en arrière et qui, sous le nom de freins du véru (fig. 487,2), rattachent ce dernier à l’orifice vésical de l’urèthre. Ces plis sont extrêmement variables : très développés chez certains sujets, ils font chez d’autres entièrement défaut.
Dans ce dernier cas, il existe en arrière du véru une dépression plus ou moins marquée, à laquelle on a donné le nom de fossette prostatique. Dans cette fossette vient s’ouvrir un certain nombre de conduits excréteurs de la prostate : les conduits du lobe moyen.
b. Extrémité inférieure . — Son extrémité inférieure, au lieu d’être marquée par un renflement comme la précédente, s’affaisse graduellement et est continuée, sans ligne de démarcation bien nette, par un pli longitudinal que l’on désigne sous le nom de crête uréthrale. Cette crête uréthrale se prolonge ensuite jusqu’à la région membraneuse et s’y termine en se bifurquant.
c. Base. — La base du véru montanum fait corps avec la paroi uréthrale sur laquelle elle repose.
d. Sommet. — Son sommet, entièrement libre dans la cavité uréthrale, nous présente une fente antéro-postérieure, impaire et médiane, longue de 2 à 3 millimètres, large d’un tiers de millimètre seulement. Cette fente nous conduit dans un petit canal qui se termine en cæcum et que l’on désigne, pour cette raison , sous le nom d 'utricule prostatique.
Nous y reviendrons dans un instant. Qu’il nous suffise ici d’avoir indiqué sa situation par rapport à l’urèthre prostatique et son ouverture au sommet du véru montanum . A droite et à gauche de la fente utriculaire. toujours sur le sommet du véru, se voient deux petits orifices arrondis (fig. 488,8), souvent peu visibles : ce sont les ouvertures des canaux éj aculateurs , qui, au moment de l’éjaculation, déversent le sperme dans l’urèthre. Ils s’ouvrent soit sur la partie moyenne des lèvres de l’utricule, soit au voisinage de leur extrémité antérieure, très rarement en avant de cette extrémité.
B. Rigoles latérales du véru; orifices glandulaires postérieurs. — - Latéralement le véru montanum est
L’urèthre ouvert par sa face antéro-supérieure et étalé, pour montrer les détails de sa paroi postéro-inférieure.
A, portion prostatique. — B, portion membraneuse. — C, portion spongieuse.
1, véru montanum, avec les orifices des conduits éjaculateurs et de l’utricule. — 2, frein du véru montanum. — 3, prostate, avec 3’, glandules prostatiques de la partie antéro-supérieure de l’urèthre.
— 4, coupe du sphincter lisse. — 5, coupe du sphincter strié. — 6, parois de l’urèthre membraneux. — 7, glandes de Cowper, avec 7\ orifices de leurs conduits excréteurs. — 8, bulbe de l’urèthre. — 9, plis longitudinaux que présente la muqueuse uréthrale dans la portion bulbo-membraneuse. — 10, paroi postérieure de la portion spongieuse de l’urèthre. — 11, racines des corps caverneux.
— 12, cloison des corps caverneux, suivant laquelle a été pratiquée la section de la
verge. 12, orifices ou lacunes, par lesquelles les aréoles des deux corps caverneux communiquent entre elles. — 13, tête des corps caverneux, reçue dans une excavation que présente le gland. — 13’, cloison fibreuse qui la sépare de ce dernier organe. — 14, coupe de la partie antérieure du corps spongieux de l'urèthre. — 15, gland. — 16, fosse naviculaire, avec 17, les deux moitiés de la valvule de Guérin. — 18, lacunes de Morgagni. — 19, méat urinaire.
Fig. 488.
Le véru montanum, vu de face après incision médiane de la paroi inférieure de l’urèthre.
1, "vessie. — 2, urèthre. — 3, prostate. — 4, véru montanum. — 5, freins du véru. — 6, crête uréthrale. — 7, utricule prostatique. — 8, orifices des canaux éjaculateurs. — 9, fossette prostatique. — 10, rigoles latérales du véru.
délimité par deux rigoles antéro-postérieures, les rigoles latérales du véru (fig. 488/10). Dans ces rigoles, qui sont toujours très marquées, viennent s’ouvrir,
par des orifices arrondis, l.es principaux conduits excréteurs de la prostate : ce sont les orifices glandulaires postérieurs. Nous les retrouverons à propos de la prostate.
C . Orifices glandulaires antérieurs et latéraux. — Sur les parois antérieure et latérales de l’urèthre prostatique, nous rencontrons également (fig. 488) une multitude de petits orifices microscopiques, qui représentent l’abouchement des glandules prostatiques correspondants : ce sont les orifices glandulaires antérieurs et latéraux. Mais ces orifices sont toujours beaucoup plus petits que ceux qui occupent la paroi postérieure du canal. Nous verrons, en effet, en étudiant la prostate, que ces lobules glandulaires atteignent leur maximum de développement dans la partie de l’organe qui répond à la paroi postérieure de l’urèthre et diminuent ensuite graduellement de volume au fur et à mesure qu’ils se rapprochent de la paroi antérieure. Revenons maintenant à notre utricule prostatique, que nous n’avons fait qu’indiquer.
D. Utricule prostatique. — L’orifice en forme de fente que nous avons rencontré sur le sommet du véru montanum nous conduit dans une cavité tubuleuse,
impaire et médiane, souvent renflée en forme de bouteille, que l’on désigne indistinctement sous les noms divers de sinus prostaticus, de sinus pocularis, de vésicula spermatica spuria, de vésicule wébérienne , à’ utricule prostatique. Cette dernière dénomination est pour ainsi dire la seule usitée aujourd’hui en anatomie classique.
a. Trajet et dimensions. — Du sommet du véru montanum, l’utricule prostatique (fig. 489) se dirige obliquement en haut et en arrière, passe entre les deux lobes latéraux de la prostate et se termine par une extrémité en cæcum, qui, suivant les cas, occupe l’épaisseur de la prostate ou, dépassant les limites de celle-ci, vient faire saillie au niveau de sa base, entre les deux canaux éjaculateurs (voy. Prostate).
L'utricule prostatique n’est pas constant : on le rencontre chez l’homme dans
Fig. 489.
L’utricule prostatique, vu sur une coupe sagittale de la prostate.
1, vessie, avec 1’, son col. — 2, urèthre. — 3, prostate. — 4, véru montanum. — 5, utricule prostatique, — 6, vésicule séminale. — 7, canal déférent (un stylet introduit dans ce canal fait saillie dans l’urèthre prostatique, un peu en dehors de l’utricule.
URETHRE CHEZ L’HOMME
une proportion de 80 p. 100. Quand il existe, il présente ordinairement une longueur de 10 à 12 millimètres. Mais il n’est pas excessivement rare d’en observer qui mesurent 20 à 2o millimètres. Arnold parle d’utricules de 6 à 8 centimètres.
D’autre part, chez quelques nouveau-nés, Meckel a vu l'extrémité supérieure de l’utricule donner naissance à un prolongement filiforme, lequel se terminait ensuite par une bifurcation.
b. Structure. — Histologiquement l’utricule prostatique se compose d'une tunique. externe musculeuse, tapissée intérieurement par une muqueuse , dont l’épithélium serait cylindrique pour les uns, pavimenteux stratifié pour d’autres.
En réalité, il est pavimenteux stratifié chez le nouveau-né et il reste tel jusqu’au milieu de la deuxième année. A ce moment là, comme l’ont démontré les recherches de Balli (1909) , il est remplacé peu à peu par de l’épithélium cylindrique stratifié, qui est l’épithélium de f urèthre.
La muqueuse ellemême nous présente de
nombreuses invaginations épithéliales qui, suivant leur degré de différenciation, constituent de simples dépressions, ou de véritables formations glandulaires. La cavité de l’utricule renferme un liquide grisâtre et d’aspect crémeux.
c. Anatomie comparée. — Examiné dans la série des mammifères, l’utricule prostatique varie beaucoup suivant les espèces. Chez les singes, il présente à peu de chose près les mêmes caractères morphologiques que chez l’homme. Il est beaucoup plus réduit en général, chez les carnassiers. Dans certaines espèces, comme chez le renard et le léopard, il a perdu sa disposition tubuleuse et se trouve constitué alors par un simple cordon. Chez d’autres, enfin, il fait complètement défaut : de ce nombre sont le mouton (Leuckart) et le lama (Milne-Edwards). Par contre, il existe de nombreuses espèces, principalement chez les solipèdes et chez certains rongeurs, qui ont un utricule prostatique beauconp plus développé que celui de l’homme. C’est ainsi que, chez le castor, l’utricule est représenté par une paire de conduits terminés en cæcum, qui s’étendent de l’urèthre jusqu’au testicule. Leuckart a également observé chez lé bouc un conduit médian, qui, à une certaine distance de l’urèthre, se partageait en deux branches divergentes lesquelles remontaient ensuite jusqu’à l’épididyme.
d. Signification morphologique . — Les études embryologiques ont établi depuis longtemps que l’utricule prostatique n’est chez l’homme, comme chez les animaux,
ANATOMIE HUMAINE. — T. IV, 6e ÉDIT. 66
Fig. 490.
Coupe transversale du véru montanum, chez un enfant de douze ans, passant par l’orifice de l’utricule prostatique (d’après Balli).
i, véru montanum. — 2, gouttières latérales du véru. — 3, utricule prostatique, avec 3’, son abouchement dans l’urèthre. — 4, 4’, les deux canaux éjacm lateurs coupés en travers. — 5, un diverticule du canal utriculaire, communiquant avec la cavité du canal. — G, chorion de la muqueuse uréthrale.
qu’un organe rudimentaire représentant l’extrémité inférieure des canaux de Muller (voy. Embryologie). Weber, en conséquence, lui avait donné le nom &' utérus mâle ( utérus masculinus). Cette dénomination, qui est encore employée par la plupart des auteurs, est cependant tout à fait impropre : l’extrémité inférieure des canaux de Müller, en effet, donne naissance, non à Yutérus, mais au vagin , et, si nous voulons conserver à l’utricule un nom qui rappelle son homologie avec le segment correspondant de l’appareil génital de la femme, nous devons l’appeler, non pas l’utérus mâle, mais le vagin mâle (vagina masculina).
Les canaux de Mi'iller, au lieu de disparaître, peuvent persister dans toute leur étendue : Boogard en 1875, Martin en 1873, Barth en 1878 en ont observé chacun un exemple.
On a même vu, mais dans des cas tout à fait exceptionnels, la portion des conduits qui avoisine r urèthre, se développer en un corps plus ou moins considérable, rappelant exactement par sa forme et par sa structure, toutes proportions gardées bien entendu, l’utérus de la femme. Deux observations de ce genre ont été rapportées, l’une par Petit, l’autre par Franque. Dans l’un et l’autre cas, l’utérus masculinus était surmonté de deux trompes, dont le pavillon était placé tout à côté d’un organe qui rappelait l’ovaire, mais qui avait la structure et par conséquent la valeur d’un testicule. Du reste, il existait un épididyme, un canal déférent, des vésicules séminales, et le sexe du sujet n’était pas douteux. Boeckel, en 1893, a rencontré de même, sur un jeune homme d’une vingtaine d’années, un utérus bicorne avec une trompe et un ligament large; dans ce cas encore, il y avait un testicule, un épididyme et un canal déférent, attestant d’une façon très nette le sexe masculin du sujet. Plus récemment (1896), Jacques a observé, sur un homme de trente et un ans, un long conduit qui partant du véru montanum, remontait en arrière de la vessie jusqu’à la base des vésicules séminales : sa longeur mesurait 7 centimètres ; sa largeur maxlma, 18 millimètres; l’épaisseur de sa paroi, 2 ou 3 millimètres en moyenne. Histologiquement, il se composait d’une tunique musculeuse tapissée intérieurement par une muqueuse à épithélium cylindrique stratifiée.
La littérature médicale renferme quelques observations relatives à des hommes qui, tous les mois, perdaient du sang par l'urèthre, la muqueuse de l’appareil urinaire étant d’ailleurs parfaitement saine. Il paraît rationnel d’admettre, comme l’ont déjà fait remarquer Petit et Simpson, que ces sortes de règles observées chez l’homme, coïncident chez lui avec un utérus masculinus d’un développement insolite.
Voyez à ce sujet; Petit. Hist. de V Acad. voy. des Sciences de Belgique, 1720, p. 38; — Franque, in Sc anzoni’s Beitràge, Bd. IV, p. 25; — Robin et Cadiat, Sur la constitution de V utérus mâle, des canaux déférents et des trompes de Fallope, Journ. de l’Anat., 1875 — Boogard, Verslagen en medec. kon. Akad. van Wetensch., 1875: — Martin, Mém. sur un cas de persistance des canaux de Müller, Journ. de l’Anat., 1878; — Barth. Anomalie de développement de l’utricule prostatique. Bull. Soc. anat., 1878; — Rem y. Même observation , Journ. de l’Anat., 1879; — Viault, Le corps de Wolff, Th. d’agrég., i 880 ; — Langer, Ein neuer F ail von Utérus masculinus bei Erwachsenen, Arch. f. Anat. u. Physiol., 1881; — Boekel, Bull. Acad, de méd., 1893; — Jacques, Utérus mâle et utricule prostatique, Bibliogr. anatomique, 1896 ; — Balli, L'epitelio delV utriculus prostaticus e del colliculus seminalis nelVuomo , Arch. ital. Anat. e Embriol. 1909; — Meyer, Zur Eutwick. u Anat. d. Utriculus prostaticus, Arch. f. mikr. Anat. Bd 74. 1909.
2° Urèthre membraneux. — La portion membraneusè de l’urèthre nous présente ordinairement, sur sa paroi inférieure, un système de plis longitudinanx (fig. 487,9), qui font suite à la crête uréthrale et qui se perdent insensiblement dans le cul-desac du bulbe. Sur les parois de l’urèthre membraneux se voient les orifices de nombreuses glandes muqueuses, connues sous le nom de glandes de Littré. Ces orifices, quoique occupant tout le pourtour du canal, ne sont cependant pas répandus d’une façon uniforme : ils sont toujours plus multipliés sur la paroi supérieure que sur la paroi inférieure.
3° Urèthre spongieux. — Dans sa portion spongieuse, l’urèthre nous offre à considérer : 1° les orifices des glandes de Cowper \ 2° les lacunes de Morgagni ; 3° la valvule de Guérin.
a. Orifices des glandes de Cowper. — Ces orifices sur lesquels nous aurons à revenir plus tard (voy. Glandes de Cowper ), sont au nombre de deux, un pour chaque glande. Ils se trouvent situés (fig. 487,7’) sur la paroi inférieure du canal,