‹ Traité d'anatomie humaine (volume 4)Chapitre 44 sur 107 · URÈTHRE CHEZ L’HOMME · texte numérisé non relu

URÈTHRE CHEZ L’HOMME

à droite et à gauche de la ligne médiane, à la partie antérieure du cul-de-sac du bulbe.

b. Lacunes de M or g a gni. — La surface intérieure de l’urèthre spongieux nous offre à considérer, dans toute son étendue, un système d’orifices ou plutôt de dépressions, que Morgagni, qui les avait parfaitement décrites en 1706, avait comparées à des lacunes et qu’on désigne depuis lors sous le nom de lacunes de Morgagni. Le mot de sinus, sinus de Morgagni, leur conviendrait beaucoup mieux.

Ces lacunes, très visibles à l’œil nu, se divisent, d'après leurs dimensions, en grandes et petites. — Les grandes lacunes ou foramina (fig. 492, 5) occupent la paroi supérieure de l’urèthre, où elles forment, sur la ligne médiane, une rangée unique, qui s’étend en longueur depuis la fosse naviculaire jusqu’à l’angle prépubien.

On en compte ordinairement de 12 à 14 (de 5 à 23 d’après les observations de Jarjavay).

Leur profondeur varie le plus souvent de 8 à 10 millimètres.

Mais il en existe parfois de beaucoup plus grandes : Cruveilhier en a rencontré qui mesuraient jusqu’à 27 millimètres de longueur. — Les petites lacunes ou foraminula (fig. 492, 4’ et 4”; sont situées en dehors des précédentes, soit sur la face supérieure du canal, soit le long de ses bords. On en observe aussi quelquefois sur la paroi inférieure : mais elles. y sont beaucoup plus rares. Quelle que soit leur situation, les foraminula se disposent pour la plupart, comme les foramina, en séries linéaires dirigées parallèlement à l’axe de l’urèthre.

Grandes ou petites, les lacunes de Morgagni représentent des cavités tubuleuses, qui d’une part s’ouvrent dans le canal de l’urèthre et, d’autre part, se terminent en cæcum. Ces cavités présentent cette particularité caractéristique qu’au lieu de s’enfoncer dans la muqueuse perpendiculairement à sa surface, comme le font d’ordinaire toutes les formations glandulaires, elles suivent dans la paroi uréthrale une direction très oblique, de telle sorte que leur extrémité fermée regarde toujours la racine de la verge, leur, extrémité ouverte étant dirigée du côté du gland.

L’ouverture des lacunes de Morgagni, circulaire ou elliptique, est constituée en dehors par la paroi même de l’urèthre et, en dedans, par un mince repli muqueux de forme semi-lunaire, assez analogue à une valvule. Cette ouverture mesure, pour les grandes lacunes, 1 à 3 millimètres de diamètre et, comme elle est tournée du côté du méat, elle permet aux bougies de petit calibre de s’engager dans les lacunes. De là la recommandation, qu’on trouve écrite partout à propos du cathétérisme.

Fig. 491.

Une lacune de la muqueuse uréthrale d'un homme de vingt-cinq ans, vue en coupe (d’après Eberth) .

1, lacune de Morgagni. — 2, épil hélium, avec ses nombreuses assises. 3t chorion muqueux. — 4, un vaisseau coupé en travers.

On voit nettement que dans la lacune de Morgatrni, tant au^ niveau de son fond que sur ?es parois, l'épithélium est exactement le même que sur la surface libre de la muqueuse uréthrale.

APPAREIL U R 0-0 È.NJTAL

de suivre constamment la paroi inférieure du cantal de Eurèthre dans toute l’étendue de la portion spongieuse. Cette paroi inférieure possède bien parfois des lacunes, comme nous l’avons dit. plus haut, mais elles sont toujours de dimensions trop petites pour se laisser pénétrer par les bougies.

c. Valvule de Guérin. — Sur la paroi supérieure de l’urèthre spongieux, à 1 ou 2 centimètres en arrière du méat, A. Guérin, a signalé en 1849, l’existence d’un repli valvulaire, appelé depuis valvule -, de Guérin (fig. 492, 3). Au-dessus de cette valvule, entre elle et la paroi supérieure du canal de l’urèthre, se trouve une sorte de poche ou de cul-de-sac, de 6 à 12 millimètres de profondeur, c’est le culde-sac ou sinus de Guérin . La valvule de Guérin est à peu près constante : Jarjavay l’a vue manquer une fois sur sept seulement. On conçoit sans peine que, mieux encore que les foramina, elle puisse arrêter la sonde dans le cathété-

T , , . . risme. On évitera facilement cet obstacle en ayant soin

L urethre ouvert par sa J

face inférieure et sur d’appliquer l’extrémité de la sonde, comme je l’ai déjà dit

la ligne médiane, pius haut, contre la paroi inférieure du canal, pour montrer la valvule de Guérin (en Le cul-de-sac de Guérin, avec le repli semi-lunaire qui le délimite en partie d’après Jarja- bas, rappelle assez bien par sa disposition les grandes lacunes de Mor- VAY) gagni, qui sont situées immédiatement en arrière, et la plupart des

anatomistes, y compris Guérin lui-même. Pont considéré comme n’étant 1, angle supérieur du méat, pas autre chose qu’une grande lacune de Morgagni. ne différant des

2, fosse naviculaire. —2’, face autres que par sa situation, qui est plus anterieure, et par ses dimen-

supérieure du canal. — 3, sions, qui sont beaucoup plus considérables.

sonde plongeant dans le cul- Contrairement à cette opinion, Retterer (1892), en se basant surtout rin. — 4, bords latéraux du sur ce fait que les lacunes de Morgagni sont revetues intérieurement

canal de l’urèthre, avec : d'un épithélium cylindrique (nous avons vu plus haut que Robin et

4, lorammula latéraux, 4 Cadiat, au contraire, considéraient cet épithélium comme la continua-

grandes lacunes de Morgagni tion de celui de 1 urethre) tandis que le sinus de Guérin est tapisse par

ou foramina. — 6, coupe du un épithélium pavimenteux stratifié reposant sur un chorion pourvu

corps spongieux. — 7, pré- papüies Retterer, dis-ie, se refuse à confondre morphologique-

puce, ramene en arriéré du 1 J- . .. , . ... .... . „ , . l . . .

gland. — 8, coupe des tégu- ment les deux formations. Pour lui, le sinus de Guérin représenterait

.ment s. -- o, gland, tout simplement une partie de l’urèthre embryonnaire, sa partie toute

supérieure, qui se serait isolée de la partie inférieure par suite de la soudure, immédiatement au-dessous d’elles, de deux bourgeons partis l’un et l’autre des parois latérales sdu canal (fig. 493, A et R) : ces deux bourgeons, soudés l’un à l’autre sur la ligne médiane, formeraient une lame transversale qui ne serait autre que notre valvule de Guérin et, d'autre part, la partie toute supérieure de l’urèthre, qu’elle isole ainsi du reste du canal, deviendrait le sinus de Guérin.

Du reste, le sinus de Guérin, une fois formé, peut donner naissance à des bourgeons épithéliaux, qui plus tard deviendront des glandes et, de ce fait, il peut recevoir chez l’adulte un ou plusieurs canaux excréteurs. Mais ses parois proprement dites ne sont nullement d'origine glandulaire.

E. — Constitution anatomique

Les parois de l’ urèthre sont constituées par trois tuniques concentriques qui sont,

Section frontale du pénis d’un fœtus humain long de 10 centimètres (milieu du 4e mois) : A, passant immédiatement èn avant du sinus de Guérin : B, passant par le fond du sinus de Guérin (d'après Retterer) .

1, corps spongieux de l’urèthre. — 2, canal de l’urèthre (partie postérieure), avec 2’, sa partie antérieure : cette partie antérieure, -séparée du reste du canal dans; la figure Bj constitue le sinus de Guérin. — 3, valvule de Guérin, résultant de la soudure à ce niveau •des deux parois latérales du canal.

ÜRETIIKE CHEZ L’HOMME

en allant de dedans en dehors : une tunique muqueuse , une tunique, vasculaire et une tunique musculeuse

lû Tunique muqueuse. — La tunique muqueuse de l’urèthre revêt le canal dans toute son étendue. En arrière, elle fait suite à la muqueuse de la vessie ; en avant, elle se continue avec celle du gland. Elle se continue de même, au niveau du veru montanum, d’une part avec la muqueuse de l’utricule, d’autre part avec celle des canaux éjaculateurs et des autres voies spermatiques.

A. Caractères physiques. — La muqueuse uréthrale, examinée sur le cadavre, nous présente une coloration fondamentale d’un blanc jaunâtre : c’est du moins la teinte qu’on rencontre ordinairement sur ses deux portions prostatique et membraneuse; sur la portion spongieuse, et à cause du voisinage de la gaine vasculaire qui est placée immédiatement au-dessous de la muqueuse, cette teinte devient rosée. Elle est quelquefois, principalement sur les points déclive^, franchement rougeâtre ou même plus ou moins violacée.

La muqueuse de l’ûrèthre est très élastique : c’est grâce à cette propriété qu’elle se laisse distendre au moment du passage de l’urine et qu’elle revient sur ellemême au moment de la miction.

Son épaisseur est d’un demi-millimètre environ.

Sa consistance est relativement faible : si elle résiste assez bien à la distension et aux tractions qu’on exerce sur elle, elle se laisse facilement traverser par un instrument métallique, la sonde ou le stylet par exemple.

B. Rapports et mode d’étalement. — Des deux faces de la muqueuse, l’externe répond dans toute son étendue à la tunique vasculaire et lui adhère intimement. L’interne, entièrement libre délimite la lumière du canal.

Outre les lacunes de Morgagni (p. 523) et les orifices glandulaires, elle nous présente un système de plis, à la constitution desquels concourent à la fois la tunique muqueuse et une partie des tuniques sous-jacentes. Ces plis muqueux sont ordinairement peu apparents dans les deux portions prostatique et membraneuse. Ils ■deviennent plus marqués dans la portion spongieuse et acquièrent leurs plus grandes dimensions dans la région du cul-de-sac du bulbe. Quel que soit leur degré de développement, ils sont toujours dirigés parallèlement à l’axe du canal : nulle part on ne' rencontre de plis transversaux ou obliques.

Les plis muqueux de l’urèthre sont des plis de vacuité, qu’on me permette cette expression : ils s’effacent, en effet, toutes les fois que le canal passe de l’état de vacuité à l’état de distension, notamment dans le cathétérisme et au moment de la miction.

C. Structure. — Envisagée au point de vue de sa structure, la muqueuse uréthrale se compose : 1° d’un chorion ; 2° d’une couche épithéliale.

a. Chorion. — Le chorion, nous l’avons dit plus haut, adhère intimement par s-a face profonde aux parties sous-jacentes, et ce n’est qu’avec de grandes difficultés qu’on parvient à'isoler la muqueuse uréthrale par la dissection.

Sa face superficielle se soulève par places en de nombreuses papilles, qui s’enfoncent dans l’épaisseur de la couche épithéliale. Ces papilles se rencontrent dans toute la longueur du canal, mais leur distribution n’y est pas uniforme : très rares dans l’urèthre prostatique et spongieux, rares encore dans le cul-de-sac bulbaire^ elles augmentent de nombre à partir de l’angle pré-pubien et sont surtout très abondantes dans la région comprise entre la fosse navieulaire et le méat. Elles

sont simples, hautes de 40 à 150 g, disposées le plus souvent en séries longitudinales. Quant à leur forme, la plupart d’entre elles sont coniques, se terminant

en une pointe mousse ou plus ou moins effilée. Quelques-unes, comme sur la muqueuse vésicale, sont cylindriques ou même légèrement renflées en massue.

Durant la vie intra-utérine, la muqueuse uréthrale, abstraction faite de la portion qui répond au voisinage de la fossette naviculaire, est entièrement dépourvue de papilles. Ces élevures ne font, par conséquent, leur apparition qu’après la nais^tnce. De plus, elles augmentent en nombre et en dimensions au fur et à mesure que le sujet avance en âge (Robin et Cadiat).

Un des traits caractéristiques de la structure de la muqueuse uréthrale est sa richesse en fibres élastiques. Sous ce rapport, aucune autre muqueuse, pas même la muqueuse trachéale, ne saurait lui être comparée. A elles seules, les fibres élastiques représentent les huit dixièmes de la masse totale du chorion , le reste étant constitué par des éléments conjonctifs et de la matière amorphe. Ces fibres élastiques sont irès fines : elles mesurent, en moyenne, 2 ou 3 g. de diamètre. Elles sont peu flexueuses, se bifurquant et s’anastomosant fréquemment entre elles, de façon à former dans leur ensemble une sorte de réseau, dont les mailles sont habituellement allongées dans le sens de la longueur du canal. Dans les parties superficielles du chorion, elles forment comme des nappes multiples, parallèles et superposées. Au-dessus d’elles, du côté de la lumière du canal, s’étale une mince couche hyaline (basale ou vitrée), de 2 p. d’épaisseur, qui les sépare de la couche épithéliale.

b. Épithélium. — L’épithélium de la muqueuse uréthrale (fig. 494) repose directement sur cette membrane hyaline. Son épaisseur mesure de 80 à 100 p chez l’adulte, de 30 à 50 p seulement chez le fœtus à terme. U’est un épithélium cylindrique stratifié.

Il se divise en deux couches, l’une superficielle, l’autre profonde; la couche superficielle est formée par une seule rangée de cellules cylindriques, la couche profonde se compose de quatre ou cinq assises de petites cellules arrondies ou polyédriques.

Sur le véru montanum ou, plus exactement, sur la partie la plus saillante du véru, l’épithélium de revêtement varie suivant les âges. Chez le fœtus et le nouveau-né, il appartient manifestement au type de l’épithélium pavimenteux stratifié. Ce n’est que vers

Fig. 494.

Coupe longitudinale de la partie bulbeuse de l’urèthre (d après Robin et Cadiat).

h , couche hyaline. — m , trame proprement dite de la muqueuse. — Z, petite îacunede Morgagni, tapissée par le même épithélium que la muqueuse et se prolongeant dans l’épaisseur de la muqueuse presque parallèlement à sa surface. — v, vaisseaux coupés en travers. — c, c, follicules simples, un peu renflés à leur extrémité profonde. — d, d , autres follicules, avec tendance, pour le fond, à se diviser en culs-de-sac multiples.

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l’âge de dix-huit mois que cet épithélium pavimenteux disparaît peu à peu pour être remplacé par des cellules cylindriques qui ne sont autres que celles de l’urèthre.

Aux deux extrémités du canal, l’épithélium uréthral se modifie plus ou moins brusquement, pour se continuer avec celui des régions voisines. En arrière , à partir du sphincter vésical, la couche superficielle est formée par deux ou trois rangées de cellules aplaties, qui se confondent, au niveau du col, avec les cellules analogues de l’épithélium de la vessie. De même, en avant , à 5 ou 6 millimètres en arrière du méat, les cellules prismatiques sont remplacées par un épithélium pavimenteux avec couche cornée manifeste (Robin et Cadiat), lequel se continue, sur le pourtour du méat, avec l’épithélium de même nature qui revêt la surface du gland.

JJ. Glandes. — Les formations glandulaires de la muqueuse uréthrale se présentent sous trois formes : les glandes intra-épithéliales, les follicules et les glandes en grappe. Les lacunes de Morgagni, ci-dessus décrites, que quelques anatomistes considèrent à tort comme des glandes, ne sont autre chose que de simples dépressions de la couche épithéliale dans le chorion muqueux. Leurs parois, en effet, quel que soit le point où on les examine, sont partout formées (fig. 495) par le chorion surmonté d’une membrane basale et d’un épithélium en tout semblable à celui de la muqueuse uréthrale. Ces dépressions muqueuses en forme de cul-de-sac peuvent bien présenter, comme nous allons le voir soit au niveau de leur fond, soit sur les côtés, les orifices de quelques glandes voisines ; mais ce n’est pas là une raison suffisante pour les comprendre elles-mêmes dans les formations glandulaires. Tout au plus pourrait-on les assimiler, dans les cas où elles sont l’aboutissant d’un certain nombre de culs-de-sac glandulaires, à des canaux excréteurs.

a. Glandes intra-épithéliales. — Nous désignerons sous ce nom des cellules cylindriques, qui se trouvent placées sur le même plan que les cellules cylindriques superficielles de l’épithélium, mais qui en diffèrent morphologiquement (fig. 495) en ce qu’elles présentent tous les caractères des cellules mucipares. Ce sont des glandes unicellulaires. Elles sont, suivant les cas, isolées ou réunies en groupes plus ou moins importants.

b. Follicules. — Les glandes en forme de follicules se rencontrent dans toute la longueur de l’urèthre, à partir du deuxième ou du troisième centimètre qui suit le méat. Elles se trouvent irrégulièrement disséminées entre les glandes en grappe et les lacunes de Morgagni.

Morphologiquement, elles revêtent la forme de petits sacs cylindriques, dont le fond est souvent renflé, quelquefois même divisé en deux ou plusieurs lobes. Leur longueur varie de 0mm,05 à 0ram,30 ; leur largeur, de 0mm,03 à 0mm,09. Elles s’ouvrent, suivant les cas, soit à la surface de la muqueuse, soit dans les lacunes de Morgagni.

Cellules glandulaires intraépithéliales de la muqueuse uréthrale d’un homme de 25 ans, vues sur une coupe verticale du canal (d’après Eberth).

1, cellules glandulaires. — épithélium, avec ses assises multiples. — 3, chorion muqueux.

Fig. 496.

Glandes tubuleuses sous-épithéliales du canal de l’urèthre (d’après Lichtenberg).

I, épithélium de l’urèthre. — 2, chorion muqueux. — 3, une invagination épithéliale. — 4, partie profonde d une glande tubuleuse, coupée obliquement et, par conséquent, n’intéressant pas l’étroit conduit qui la fait communiquer avec le canal de l’urèthre.

Envisagés au point de vue structural, les follicules de l’urèthre se composent (L’un# paroi propre,' tapissée intérieurement d’un épithélium. Cet épithélium, pour

Robin et Cadiat, est semblable à celui de la muqueuse uréthrale dans la moitié supérieure du follicule ; plus bas, dans la moitié inférieure, il est formé par une ou deux rangées de petites cellules cylindriques, présentant la même structure que les cellules glandulaires intra-épithéliales ci-dessus décrites. Elles ont aussi la même signification : les glandes folliculeuses sont des glandes mucipares.

Rares chez le nouveau-né et même chez l’enfant, elles sont surtout nombreuses chez l’adulte.

c. Glandes en grappe. — Les glandes en grappe se composent, comme leur nom l’indique, d’un canal excréteur, auquel aboutissent un certain nombre de culsde-sac représentant l’élément sécréteur de la glande. Leur ensemble constitue une petite masse, ordinairement un peu aplatie, présentant un demi-millimètre de largeur sur un quart de millimètre d’épaisseur. Quelques-unes sont contenues

dans le chorion muqueux.

Mais la plupart d’entre elles s’enfoncent jusqu’à 1 ou 2 millimètres au-dessous de la muqueuse (ce sont des glandes sous-muqueuses), en suivant le plus souvent une direction plus ou moins oblique.

Comme les follicules , les glandes en grappe de la muqueuse uréthrale font leur apparition à 2 ou 3 centimètres en arrière du méat et s’étendent de là jusqu’à l’extrémité vésicale du canal. On les rencontre, par conséquent, dans les trois portions de l’urèthre.

Dans la portion prostatique, elles se confondent avec les glandes prostatiques elles-mêrqes et il n’est pas rare de voir quelques-unes d’entre elles s’ouvrir dans les canaux

Fig. 497.

Une glande de Littré de la portion spongieuse de l’urèthre de l’homme (d’après Prenant).

Les acini, coupés transversalement ou obliquement, sont tapissés par des cellules claires, volumineuses, à structure vasculaire, présentant les caractères des cellules muqueuses. Les noyaux, comme on le voit, sont refoulés, vers l’extrémité profonde du cytoplasma.

excréteurs de ces dernières.

Dans la portion membraneuse, elles sont connues, comme on le sait, sous le nom de glandes de Littré, bien que Littré n’ait jamais vu que leurs orifices. Leurs culs-de-sac occupent l’épaisseur de la tunique musculeuse.

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Dans la portion spongieuse, enfin, elles sont situées dans la tunique vasculaire, baignant en plein au milieu des éléments du tissu érectile.

Comme les glandes folliculeuses encore, les glandes de Littré peuvent s’ouvrir, soit à la surface de la muqueuse uréthrale directement, soit dans les lacunes de Morgagni (sur les parois ou dans le fond).

Quel que soit leur siège et leur mode d’abouchement dans le canal, les glandes en grappe de l’urèthre ont partout la même structure, et cette structure présente les plus grandes analogies avec celle des follicules décrits plus haut. Elles se composent d’une membrane propre, qui se continue avec la basale de la muqueuse et qui est tapissée intérieurement d’un épithélium. Cet épithélium, dans les culsde-sac est représenté par une seule rangée de cellules cylindriques, claires, rappelant assez bien celles qui tapissent les acini des glandes de Cowper : ce sont des cellules muqueuses. Dans le canal excréteur, il est constitué par un épithélium cylindrique stratifié.

2° Tunique vasculaire, corps spongieux. — Tout autour du chorion muqueux, se dispose une couche conjonctive très riche en fibres élastiques. Cette couche est une sous -muqueuse modifiée : ce

qui la caractérise essentiellement, outre sa richesse en fibres élastiques, c’est la présence, dans son épaisseur, de nombreuses cavités veineuses de dimensions variables, largement anastomosées entre elles, formant plexus par conséquent.

Sur les portions prostatique et membraneuse de l’urèthre, cette couche est peu épaisse et encore mal différenciée (fig. 498,18) : c’est, si l’on veut, un tissu caverneux rudimentaire .

Mais, en passant de l’urèthre membraneux sur l’urèthre spongieux (fig. 483, 12), la couche en question prend brusquement un développement considérable , en même temps qu’elle acquiert tous les caractères des tissus érectiles.

Elle se prolonge ensuite, sans discontinuité, jusqu’au méat, en formant tout autour de l’urèthre pénien comme une sorte de manchon,

que l’on désigne sous le nom de corps spongieux. Cette formation nouvelle, analogue morphologiquement et physiologiquement aux corps caverneux de la verge, audessous desquels elle se trouve située, est en rapport avec le phénomène de

Fig. 498.

Coupe sagittale de l'urèthre supérieur, pour montrer la disposition de son appareil musculaire et notamment ses deux sphincters [schématique) .

1, symphyse pubienne. — 2, vessie. — 3, canal de l'urèthre.

— 4, prostate, avec 4’, ulricule prostatique. — 5, muqueuse vésicale. — 6, muqueuse uréthrale. — 7, tunique musculeuse de la vessie, avec a, b , c, ses trois couches, — 8, fibres lisses longitudinales de l’urèthre. — 9, fibres lisses circulaires de la portion prostatique, formant le sphincter interne. — 10, fibres lisses circulaires de la portion membraneuse. — 11, 11, sphincter externe. — 12, ligaments pubo-vésicaux. — 13, aponévrose périnéale moyenne, avec ses deux feuillets et le muscle de Guthrie.

— 14, veine dorsale profonde de la verge. — 15, plexus de Santorini. — 16, muscle de Wilson. — 17, corps spongieux et bulbe. — 18, tunique vasculaire de l'urèthre supérieur. — 19, aponévrose prostato-péritonéale.

l’érection : c’est un des éléments

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.essentiels de l’organe copulateur et, pour cette raison, nous le décrirons plus loin, à propos de la constitution anatomique de la verge (voy. Vergé).

3° Tunique musculeuse. — La tunique cellulo-vasculaire est doublée, sur sa face externe, par une couche de fibres musculaires lisses. Ces fibres se disposent sur deux plans : un plan interne (fig. 498, 8), formé par des fibres longitudinales ; un plan externe (fig. 498, 9), constitué par des fibres circulaires.

A. Fibres longitudinales. — Les fibres longitudinales font suite aux fibres de la couche plexiforme de la vessie. Très développées sur la portion prostatique, elles

s’atténuent ensuite sur la portion membraneuse. Elles diminuent encore d’importance en passant dans la portion spongieuse et, finalement, se confondent avec les éléments musculaires du corps spongieux (voy. Corps spongieux) .

B. Fibres circulaires. — Les fibres circulaires de l’urèthre continuent, de même, les fibres circulaires de la vessie. Très développées en arrière, comme les fibres longitudinales, elles forment tout autour de la portion initiale de l’urèthre un large anneau, que l’on désigne improprement sous le nom de sphincter de la vessie (fig. 498, 9). Comme nous l’avons déjà fait remarquer plus haut, cet anneau musculaire, par sa situation et par ses rapports, appartient bien plutôt à l’urèthre qu’à la vessie : nous l’appellerons, par conséquent, sphincter lisse de Vurèthre ( sphincter interne de Henle), par opposition à un deuxième sphincter, le sphincter strié ou sphincter externe , que nous décrirons ultérieurement.

a. Sphincter lisse de Vurèthre. — Le sphincter lisse de l’urèthre (fig. 498, 9) présente de 10 à 12 millimètres de longueur.

Son épaisseur mesure 6 ou 7 millimètres au niveau de son extrémité supérieure. Puis, il diminue graduellement au fur et à mesure qu’on s’éloigne du col vésical, de telle sorte que le sphincter, considéré dans son ensemble, ressemble non à un cylindre, mais à un cône à base supérieure. Sur des coupes sagittales (fig. 498, 9), il revêt la forme d’un triangle, que traverse l’urèthre de la base au sommet.

Sa surface interne ou intérieure répond naturellement à la muqueuse uréthrale, dont elle est séparée, cependant, par la couche des fibres longitudinales et par la couche vasculaire.

Sa surface externe ou extérieure est incluse dans la base de la prostate : en

Fig. 499.

Coupe sagittale de la région de passage de la vessie au canal de l’urèthe (vessie d’un nouveau-né, paroi postérieure, d’après Versari).

a, faisceaux de fibres longitudinales externes de la vessie, qui se jettent entre les faisceaux du sphincter interne. — 6, muqueuse. — c, sphincter interne. — d , vésicule séminale.

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arrière, elle repose directement sur le tissu propre de ce corps glanduleux ; en avant, elle est recouverte par les faisceaux supérieurs du sphincter strié.

Anatomiquement, le sphincter lisse de l’urèthre diffère du plan circulaire de la vessie, auquel il fait suite, par les deux caractères suivants mis en lumière par Versari (1897) : tout d’abord, les faisceaux musculaires qui le constituent sont plus serrés, plus tassés les uns contre les autres, séparés par un tissu cellulaire beaucoup moins abondant (fig. 499) ; puis, à ses fibres circulaires viennent se joindre un certain nombre de fibres longitudinales, lesquelles proviennent des fibres longitudinales superficielles de la vessie et viennent se terminer en partie sur le stroma de la prostate, en partie dans l’épaisseur du sphincter. Ainsi constitué, le sphincter lisse de l’urèthre forme, dans son ensemble, une masse dure et compacte. Sa consistance ferme et sa coloration d’un blanc grisâtre sont très analogues à celles de la prostate, et ce n’est guère qu’à l’aide du microscope qu’on peut distinguer l’une de l’autre les deux formations.

Envisagé au point de vue fonctionnel, le sphincter lisse, agissant par sa contraction ou simplement par sa tonicité, préside à l’occlusion de l’orifice qui fait communiquer la vessie avec l’urèthre : il permet ainsi à l’urine de s’accumuler dans son réservoir naturel. D’autre part, au moment de l’éjaculation, en fermant la portion de l’urèthre qui se trouve en amont des orifices des canaux éjaculateurs, il s’oppose à ce que le liquide spermatique remonte vers la vessie et, de ce fait, l’oblige à prendre la direction du méat.

b. Les fibres circulaires au-dessous du sphincter lisse. — Le sphincter lisse de l’urèthre n’existe réellement que dans le quart supérieur du canal prostatique. 11 s’arrête d’ordinaire à la partie moyenne du véru montanum. Au-dessous de ce point et dans tout le reste de l’étendue de l’urèthre prostatique, les fibres circulaires sont très rares, à peine visibles : profondément bouleversées par le développement de la prostate, elles ont été rejetées, comme nous le verrons plus tard (voy.

Prostate), soit à la périphérie de cet organe, soit dans son épaisseur.

La couche des fibres circulaires se reconstitue, épaisse et compacte, tout autour de l’urèthre membraneux (fig. 498, 10).

Puis, elle se réduit de nouveau, en passant sur la portion bulbeuse de l’urèthre, et disparaît bientôt après en tant que couche distincte : ses faisceaux, de nouveau profondément dissociés, se sont confondus pour la plupart, comme les faisceaux longitudinaux du reste, avec les autres éléments du corps spongieux.

C. Fibres musculaires striées. — Les fibres musculaires lisses que nous venons de décrire ne représentent qu’une partie de l’appareil contractile de l’urèthre. A ces fibres lisses {fibres intrinsèques), viennent se joindre des faisceaux de fibres

Fig. 5U0.

Coupe transversale de l’urèthre membraneux, pratiquée immédiatement au-dessus de l’aponévrose périnéale moyenne.

1, lumière du canal. — 2, épithélium de la membrane muqueuse, avec 2, son chorion. — 3, tunique vasculaire. — 4, fibres lisses longitudinales. — 5, fibres lisses circulaires. — 6, fibres striées circulaires, constituant la portion membraneuse du sphincter externe de l’urèthre. — 7, vaisseaux veineux.

striées ( fibres extrinsèques) qui, se groupant en corps musculaires distincts, constituent les muscles bulbo-caverneux, le muscle de Guthrie, le muscle de Wilson et le sphincter externe de l’urèthre. Tous ces muscles seront décrits plus loin à propos des formations musculaires qui sont annexées à l’appareil génital de l’homme (voy. Muscles du périnée).

Structure spéciale du véru montanura. — Le véru montanum, examiné à sa partie postérieure (fîg. SOI, A), se compose d’un squelette central formé par un réseau de fibres élastiques, dans les mailles duquel se trouvent des fibres musculaires lisses à direction longitudinale. Cette masse centrale, aplatie transversalement comme le véru lui-même, se confond, par son bord postérieur ou base, avec le tissu propre de la prostate. Son bord antérieur, plus ou moins élargi, est recouvert par la muqueuse uréthrale, laquelle est finement plissée à ce niveau pour se prêter aux

Fig. 501.

Coupes transversales du véru montanum, passant : A, par sa portion la plus élevée, derrière l’embouchure des conduits excréteurs principaux de la glande prostatique ; B, immédiatement en arrière des orifices de l’utricule prostatique et des canaux éjaculateurs ; C, en avant de l’embouchure des canaux éjaculateurs (imitée de Henle).

J, colonne centrale du véru montanum. — 2, tissu caverneux. — 3, muqueuse uréthrale. — 4, utricule prostatique.

o, 5, canaux éjaculateurs.

variations de volume du véru montanum. Ses faces latérales, enfin, sont matelassées par une couche de tissu spongieux, qui les sépare de la muqueuse et qui est une dépendance de la tunique vasculaire de l’urèthre.

A la partie moyenne du véru, dans la région qui correspond aux orifices de l'utricule prostatique et des canaux éjaculateurs (fîg. 501, B), le squelette élastique et musculaire disparaît, et l’organe tout entier se trouve formé à ce niveau par du tissu spongieux, au sein duquel sont plongés les canaux précités.

Enfin, en avant de l’abouchement des canaux éjaculateurs (fig. 501, C), les fibres élastiques et les fibres musculaires font de nouveau leur apparition au centre* du véru montanum et de la crête uréthrale. Elles se disposent ici encore sous la forme d’une colonne médiane, dont la base fait corps avec la prostate et dont le sommet s’élève jusqu’à la muqueuse. Quant à ses faces latérales, elles sont séparées de cette dernière, comme précédemment, par une couche plus ou moins épaisse de tissu spongieux.

En ce qui concerne le revêtement épithélial du véru montanum nous l'avons déjà décrit plus haut (p. 526) à propos de la muqueuse uréthrale, nous n'y reviendrons pas ici.

F. — Vaisseaux et nerfs

1° Artères. — Les artères destinées à l’urèthre proviennent des sources les plus diverses, savoir ;

a) Pour Vurèthre prostatique , des artères qui se distribuent à la prostate ellemême, c’est-à-dire de Thémorroïdale moyenne et de la vésicale inférieure, branches de l’hypogastrique:

P) Pour Vurèthre membraneux , de Thémorroïdale inférieure et de la transverse du périnée ou bulbo-uréthrale, branches de la honteuse interne;

URETHRE CHEZ L’HOMME

y) Pour l'urèthre spongieux , de la bulbo-uréthrale, de la caverneuse et de la dorsale de la verge, trois branches qui naissent également de la honteuse interne.

Ces dernières artères se distribuent tout d’abord au corps spongieux, y compris le bulbe et le gland (voy. Verge), puis à la tunique muqueuse.

2° Veines. — Les veines issues de la muqueuse uréthrale présentent cette particularité qu’elles aboutissent toutes à un système de gros canaux disposés . en plexus, qui forment les éléments essentiels de la tunique vasculaire ci-dessus décrite.

A leur tour, les veines afférentes de la tunique vasculaire se rendent, suivant la région de l’urèthre dont elles émanent, à la veine dorsale profonde de la verge, au plexus de Santorini, au plexus vésico-prostatique, à la veine honteuse interne.

Finalement, et par l’intermédiaire de ces derniers vaisseaux, elles aboutissent à la veine hypogastrique.

3° Lymphatiques. — Les lymphatiques du canal de l’urèthre forment dans le chorion muqueux, un peu au-dessous de l’épithélium, un riche réseau, qui s’étend d’une extrémité à l’autre du canal et qui se continue, en arrière, avec celui de la muqueuse vésicale, en avant avec celui de la muqueuse du gland.

cl) Au niveau de la portion prostatique, ce réseau fournit un certain nombre d’efférents qui se mêlent pour la plupart aux lymphatiques propres de la prostate (voy. Prostate). Quelques-uns, cependant, remontent le long des canaux éjaculateurs jusqu’au col de la vésicule séminale et, là, se confondent avec les lymphatiques de ce dernier organe.

ji) Sur la portion membraneuse et sur la portion bulbeuse , les collecteurs issus du réseau muqueux se portent en arrière, traversent l’aponévrose périnéale moyenne et arrivent dans le bassin, où ils se terminent, en partie, dans les ganglions iliaques externes, en partie dans les ganglions qui se disposent le long de l’artère honteuse interne (Cunéo et Marcille).

y) Sur le reste de la portion spongieuse les efférents lymphatiques se portent en bas, pour sortir de l’urèthre, les uns au niveau du frein, les autres sur la face inférieure de la verge. S’infléchissant alors en haut et en arrière, ils contournent les faces latérales des corps caverneux, rejoignent sur la face dorsale de la verge les lymphatiques du gland et, comme ces derniers, se rendent aux ganglions superficiels de l’aine. Kuttner a vu l’un de ces vaisseaux uréthraux passer par-dessus la symphyse, s’engager entre les deux muscles droits et venir se terminer dans l’un des ganglions iliaques externes.

4° Nerfs. — Les nerfs de l’urèthre, comme les artères, proviennent de sources multiples : 1° pour V urèthre prostatique et l'urèthre membraneux, du plexus hypogastrique; 2° pour l'urèthre spongieux , du nerf périnéal superficiel et du nerf dorsal de la verge, deux branches du honteux interne. A ces nerfs qui se rendent isolément à l’urèthre,, il convient d’ajouter de nombreuses fibres sympathiques, qui arrivent à cet organe en suivant le trajet des artères et en formant autour d’elles des plexus.

Les nerfs uréthraux se terminent, en partie sur les vaisseaux (filets vasculaires) en partie sur les éléments contractiles de la tunique musculeuse (filets moteurs), en partie sur la muqueuse (filets sensitifs). Ces derniers affectent une direction longitudinale et, de plus, décrivent des flexuosités nombreuses, probablement pour se prêter à l’allongement que subit la muqueuse uréthrale au moment de l’érection

(Quénu). Ils forment, dans la couche superficielle du chorion, un riche réseau sous- -épithélial, d’où partent ensuite de fines fibrilles destinées à l’épithélium lui-même.

Ces fibrilles se terminent (Retzius) dans l’intervalle des cellules épithéliales par des extrémités libres (fig. 502), les unes en pointe, les autres plus ou moins renflées en bouton.

Planner, en 1888, a décrit dans la muqueuse uréthrale de l’homme des corpuscules nerveux terminaux, qui ne sont vraisemblablement que des corpuscules de Krause.

On a signalé, sur le trajet des nerfs destinés à l’urèthre, un certain nombre de ganglions minuscules. Les plus connus sont ceux que l’on rencontre autour de la prostate, sur la paroi inférieure de la portion membraneuse et à la partie postérieure du bulbe.

Pour les indications bibliographiques, voy. p. 540.

§ II.— Urèthre chez la femme

L’urèthre de la femme, beaucoup plus court que celui de l’homme, représente seulement les portions prostatique et membraneuse de ce dernier. 11 se distingue encore de l’urèthre masculin, au point de vue morphologique, en ce qu’il n’est en communication qu’avec un seul réservoir, le réservoir de l’urine : il est donc exclusivement urinaire , au lieu d’être uro-génital.

1° Longueur. — Le canal de l’urèthre, chez la femme, mesure en moyenne 38 millimètres de longueur : sur deux coupes de sujets congelés, j’ai observé 34 millimètres sur la première, 41 millimètres sur la seconde.

2° Calibre — Son calibre est généralement évalué à 7 ou 8 millimètres de diamètre.

Toutefois, ce calibre n’est pas uniforme : rétréci à son extrémité inférieure, l’urèthre s’élargit ensuite jusqu’au niveau du col vésical, où il se rétrécit de nouveau. Le canal, dans son ensemble, n’est donc pas exactement cylindrique, mais fusiforme.

Nous devons ajouter qu’il est très dilatable et qu’on y introduit assez facilement des sondes de 10 à 12 millimètres de diamètre. Il peut même, après dilatation progressive, permettre l’introduction de corps beaucoup plus volumineux, le petit doigt ou l’index par exemple. Dans la pratique, Guyon estime que l’on ne doit pas pousser la dilatation au delà de 13 millimètres de diamètre. Mais il est des chirurgiens qui sont beaucoup plus audacieux : Simon (de Heidelberg) va jusqu’à 20 millimètres et pense qu’on peut aller plus loin encore, jusqu’à 22 et 25 millimètres chez la femme adulte. Reliquet allait jusqu’à 30 millimètres.

3° Direction. — Du col de la vessie à la vulve, l’urèthre suit un trajet oblique de haut en bas et d’arrière en avant (fig. 503, 10). Il présente donc, sur l’horizontale, une inclinaison de même sens que le vagin, qui est situé en arrière de lui : nous rappellerons à ce sujet, que les femmes quand elles veulent uriner debout,

Terminaisons nerveuses dans l’épithélium de l'urèthe d’un embryon humain de 28 centimètres (d’après Retzius).

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