URÈTHRE CHEZ LA FEMME
part, il est superficiel et très apparent, ou bien plus ou moins enfoncé dans une dépression de la muqueuse et, de ce fait, beaucoup moins facile à découvrir. Le plus souvent, tandis que sa demi-circonférence antérieure est unie ou lisse, sa demi-circonférence postérieure se trouve recouverte de rugosités, qui, quand elles atteignent un certain degré de développement, prennent l’aspect d’un amas de végétations irrégulières, masquant plus ou moins le méat et devenant ainsi un obstacle sérieux dans l’opération du cathétérisme.
5° Conformation intérieure. — L’urèthre féminin, sur des coupes pratiquées perpendiculairement à son axe, revêt la forme d’une fente, qui est transversale à sa partie supérieure, plus ou moins étoilée à sa partie moyenne, longitudinale au voisinage du méat.
Vu intérieurement, après incision longitudinale de sa paroi (fig. 505), le canal nous présente une coloration blanchâtre, passant à la teinte rosée et même rouge foncé, dans le cas où les réseaux vasculaires de sa muqueuse sont plus ou moins gorgés de sang. Il est parcouru d’arrière en avant par un certain nombre de petits plis longitudinaux, qui s’effacent par la distension. Indépendamment de ces plis muqueux, on rencontre sur la paroi postérieure une petite crête médiane, également longitudinale, qui commence au niveau du col et, de là, s’étend plus ou moins loin du .côté du méat. Elle est peut-être l’homologue des plis que l’on voit, chez l’homme, prolonger en arrière le véru montanum.
La surface intérieure de l’urèthre nous présente de nombreux orifices. Ces orifices sont de deux ordres. — Les uns nous conduisent dans de petites dépressions en cæcum : ce sont les sinus muqueux ou lacunes de Morgagni. Les lacunes de Morgagni ont ici 1a, même signification que chez l’homme. Leur profondeur, très variable, mesure ordinairement de 1 à 4 millimètres; mais on en rencontre de beaucoup plus grandes, atteignant jusqu’à 15 et 20 millimètres. L’observation démontre que ces lacunes sont surtout nombreuses et développées au niveau et en arrière du méat. — Les autres orifices répondent à l’abouchement des glandes, dites uréthrales, (voy. plus bas).
6° Constitution anatomique. — La paroi de l’urèthre, chez la femme, mesure 3 ou 4 millimètres d’épaisseur dans sa portion supérieure. Elle se compose de deux tuniques concentriques et régulièrement superposées : une tunique interne muqueuse et une tunique externe musculeuse. Il n’y a pas chez la femme, comme
T. IV, 6e ÉDIT.
Fig. 505.
L’urèthre féminin, vue antérieure.
La paroi antérieure de l’urèthre a été incisée sur la ligne médiane et fortement érignée en dehors (en partie d’après Toldt).
1, vessie, avec 1’ son col. — 2, urèthre, avec ses plis longitudinaux et ses orifices glandulaires. — 3, crête uréthrale. — 4, tunique musculeuse de 1* urèthre. — 5, sphincter externe. — 6, orifice externe de l’urèthre. — 7, tubercule vaginal. — 8, vagin. — 9, petites lèvres. — 10, clitoris, avec il, son prépuce.
chez l’homme, de tunique vasculaire distincte : les éléments de cette dernière tunique existent pourtant, mais ils se trouvent disséminés, comme nous le verrons tout à l’heure, au sein des fibres musculaires.
A. Tunique muqueuse, — La tunique muqueuse revêt le canal de l’urèthre dans toute son étendue. Elle fait suite, en arrière, à la muqueuse de la vessie et se continue,* en avant, avec celle de la vulve.
a. Caractères physiques. — La muqueuse uréthrale de la femme ressemble beaucoup à celle de l’homme. Elle est mince, élastique, assez résistante, doublée sur sa
face profonde d’un tissu conjonctif lâche qui l’unit faiblement à la tunique musculeuse. C’est grâce à ce tissu conjonctif sousmuqueux qu’elle se plisse et se déplisse avec tant de facilité.
b .Structure. — Histologiquement, la muqueuse uréthrale se compose de deux couches : 1° d’un chorion ; 2° d’un épithélium.
a) Le chorion , relativement épais, se soulève en replis longitudinaux. Il nous présente en outre, sur sa face interne, un certain nombre de papilles vasculaires de petites dimensions. Histologiquement, il est formé par du tissu conjonctif particulièrement serré, auquel viennent se joindre de très nombreuses fibres élastiques. On rencontre dans les parties profondes du chorion un riche réseau veineux, qui fait de la muqueuse uréthrale une sorte de formation spongieuse. Il est à remarquer que ces veines sont dépourvues de fibres musculaires.
P) L’ épithélium est formé par deux ou trois rangées de cellules polyédriques, que surmonte une rangée unique de cellules prismatiques ou pyramidales. Cet épithélium, aux deux extrémités du canal, se continue insensiblement, d’une part avec l’épithélium mixte de la vessie, d’autre part avec l’épithélium pavimenteux stratifié du vestibule. Nous ferons remarquer, à ce sujet, que la transition entre l’épithélium vestibulaire et l’épithélium uréthral se fait, non pas sur les lèvres mêmes du méat, mais un peu en amont de cet orifice, en plein canal de l’urèthre par conséquent; c’est ainsi que sur la paroi postérieure, contre la cloison uréthro-vaginale, l’épithélium pavimenteux stratifié du vestibule se prolonge à une distance de plus de 1 centimètre (Tourneux et IIerrmann).
c. Glandes. — La muqueuse uréthrale de la femme nous présente, comme celle de l’homme, deux ordres de formations glandulaires : des follicules et des glandes en grappe :
a) Les follicules revêtent exactement les mêmes caractères morphologiques que chez l’homme. Ils sont toutefois beaucoup moins nombreux et, d’après Robin et Cadiat, pourraient même manquer quelquefois.
Fig. 506.
Coupe transversale de l’urèthre chez la femme passant par sa partie moyenne (. schématique ) .
1, colonne antérieure du vagin, avec : a, muqueuse; 6, couche musculeuse ; c, couche fibreuse de la paroi vaginale. — 2, muqueuse de l’urèthre. — 3, couche des fibres lisses longitudinales. — 4, couche des fibres lisses circulaires. — 5, canaux veineux disséminés dans les deux couches de fibres lisses. — 6, sphincter externe de l’urèthre ou sphincter strié.