Partie d'une coupe passant par le réseau de Haller (d’après Eberth
(Le réseau de Haller, avec ses irrégularités et ses nombreuses anastomoses, se détache en blanc sur le fond plus sombre qui représente le tissu fibreux du corps d’Highmore).
TESTICULE
isolément et successivement, c’est-à-dire que chacun d’eux s’ouvre dans le canal précité un peu en arrière de celui qui le précède et un peu en avant de celui qui le suit.
B. Structure. — Histologiquement, les cônes efférents se composent de deux couches, l’une externe, l’autre interne :
a. Couche externe. — La couche externe constituée par des éléments fusiformes, qui se disposent circulairement et qui sont vraisemblablement, de nature musculaire. Aux éléments contractiles s’ajoutent, en quantité variable, des faisceaux du tissu conjonctif et des fibres élastiques.
b. Couche interne. — La couche interne, de nature épithéliale, est festonnée quand elle est vue sur coupes transversales (fig. 537) : autrement dit, elle présente des parties saillantes, alternant régulièrement avec des parties déprimées. Elle est constituée par des cellules cylindriques ciliées, disposées sur une seule rangée. Ces cellules se distinguent en cellules hautes et cellules basses : les premières se voient au niveau des festons saillants, elles mesurent de 60 à 80 p. de hauteur ; les autres occupent les festons rentrants, elles peuvent descendre enfin jusqu’à 15 et 10 p..
11 est à remarquer que les cils font défaut sur toutes les cellules qui forment le fond des festons rentrants. Voilà pourquoi Schaffer attribuait à ces cellules des fonctions glandulaires et, de ce fait, considérait les parties déprimées ou fossettes de l’épithélium des cônes efférents comme représentant des glandules simples. Cette interprétation n’est pas exacte : les cônes efférents, pas plus que les canaux droits auxquels ils font suite, pas plus que l’épididyme qui les continue, ne renferme de glandes.
Il ne faudrait pourtant pas en conclure que les cônes efférents sont entièrement dépourvus de fonction sécrétoire. Hammar a observé chez le chien, sur les cellules épithéliales des cônes efférents, des phénomènes qui ne laissent aucun doute sur leur aptitude à sécréter, tout comme les véritables cellules glandulaires. Nous allons retrouver tout à l’heure cette même fonction dans l’épithélium de l’épididyme.
4° Conduit épididymaire. — Le conduit épididymaire, canal collecteur commun des cônes efférents, naît, comme nous venons de le voir, au niveau de la tête de l’épididyme et s’étend de là jusqu’à la queue, où il prend le nom de canal déférent («g. 817,6).
A. Caractères macroscopiques. — Sa longueur est de 6 ou 7 mètres : c’est assez dire que, comme les canalicules séminifères et bien plus encore que ces derniers, il s’enroule, et se pelotonne sur lui-même pour n’occuper qu’une étendue longitudinale de 5 centimètres.
Son diamètre, contrairement à ce que l’on observe sur les vaisseaux efférents, s’accroît graduellement au fur et à mesure qu’il se rapproche du canal déférent. A la partie moyenne du conduit, il mesure 350 à 450 dont 150 p. environ pour la lumière centrale.
Fig. 537.
La paroi des cônes eflerenls. vue sur une coupe transversale (d’après Branca).
On voit nettement, sur cette figure, les festons saillants et les festons rentrants, ceux-ci représentés par des espèces de fossettes à épithélium non cilié (pseudo-glandes de Schaffer). On constate aussi que ces fossettes n’intéressent que l’épithélium et ne dépriment nullement la membrane propre du conduit.
Les mille flexuosités que fournit le canal épididymaire sont unies les unes aux autres par un tissu cellulaire assez dense et dépourvu de graisse, qui se continue
insensiblement, au niveau de la queue de l’épididyme, avec le tissu cellulaire du cordon.
B. Structure. — Le canal épididymaire se compose, comme les cônes efférents, de deux couches concentriques, l’une externe conjonc tivo-musculaire , l’autre interne épithéliale.
a. Couche conjonctivo-musculaire. — Elle est constituée, comme son nom l’indique par. des éléments conjonctifs et par des fibres musculaires lisses, mais en majeure partie par des fibres musculaires. Cette couche, dont le développement augmente au fur et à mesure qu’on s’éloigne du testicule, mesure en moyenne de 20 à 25 p d’épaisseur. Au voisinage du canal déférent, elle se divise nettement en deux plans distincts : un plan superficiel, comprenant des
Fig. 538.
Coupe transversale de l’épididyme (d’après Schenk).
1, coupe transversale du tube séminifère. —
2, épithélium cylindrique avec cils vibratiles. —
3, vaisseau coupé en travers. — 4, vaisseau coupé en long. — 5, tissu conjonctif situé entre les tubes séminifères.
théliale, comme pour les cônes aspect festonné : autrement dit,
fibres longitudinales, et un plan profond, constitué exclusivement par des fibres circulaires.
b. Épithélium. — La couche interne ou épiefférents, revêt, sur coupes transversales, un elle nous présente des parties saillantes ( festons saillants) et des parties déprimées ( festons rentrants). Elle est formée par
une rangée de cellules cylindriques ciliées, mesurant de 50 à 00 p de hauteur et renfermant dans leur partie profonde un volumineux noyau. Dans leur protoplasma se voient çà et là des granulations graisseuses et des pigments colorés en jaune ou en brun. Les cils qui surmontent ces cellules sont remarquables par leur longueur (de 20 à 30 p). Comme nous le montre nettement la figure ci-contre, ils forment par leur ensemble une sorte de saillie conique finement striée, dont la base se moule exactement sur la face libre de la cellule correspondante. Ces cils se meuvent d’avant en arrière et tendent, par conséquent, à chasser les spermatozoïdes vers le canal déférent.
A la partie profonde des cellules ou plutôt entre leurs prolongements basilaires, on rencontre une nouvelle couche de cellules, relativement petites, de forme triangulaire sur la coupe, pourvues d’un noyau arrondi de 5 à 6 p de diamètre, autour duquel se moule un corps cellulaire peu apparent (TouRNEUxet Herrmann). Ces cellules profondes ne sont vraisemblablement que des cellules jeunes et encore mal différenciées, destinées à remplacer, au furet à mesure qu’elles tombent les cellules situées au-dessous d’elles.
Il est à remarquer que les cellules cylindriques de l’épithélium épididymaire ne sont pas uniformes. A côté des cellules ciliées caractéristiques s’en trouvent d’autres
Fig. 539.
Le canal épididymaire, vu en coupe transversale (d’après Klein) .
La paroi du canal est formée d’une couche épaisse de fibres musculaires lisses, en dedans de laquelle se trouve une couche de cellules épithéliales prismatiques avec des cils extraordinairement longs, se projetant dans la lumière du conduit.
TESTICULE
et en grand nombre, qui sont entièrement dépourvues de cils, et l’observation démontre (fig. 537) que, tandis que les cellules ciliées occupent les parties saillantes des festons épithéliaux, les cellules non ciliées se rencontrent de préférence dans les parties basses : c’est exactement la disposition que nous avons signalée dans les cônes efférents. Ces cellules non ciliées sont moins hautes que les autres et c’est certainement à cette diminution dans leur longueur qu’est due la dépression épithéliale (feston rentrant ) où elles se trouvent. D’autre part, à côté des cellules dont le protoplasma est relativement clair, en tout cas peu granuleux, il en est d’autres qui sont comme bourrées de granulations, granulations de forme et de dimensions diverses, représentant bien évidemment un matériel de sécrétion.
Les recherches de Hermann, de Hammar, de Myers-S wa rd, de Henry
ne laissent, en effet, aucun doute sur la fonction glandulaire qui est dévolue aux cellules de 1 épididyme : ces cellules élaborent des produits spéciaux, qu’elles rejettent ensuite dans la lumière du conduit; d’autre part, comme toutes les cellules glandulaires, elles .se modifient dans leur aspect au fur et à mesure que s’accomplit 1 acte sécrétoire et ainsi s’expliquent les diversités de forme et de dimensions, ci-dessus indiquées, sur les festons saillants et les festons rentrants de l’épithélium épididymaire.
Fig. 540.
Les cellules épididymaires de l’homme, vues sur une coupe verticale : cellules ciliées et non ciliées (d’après Henry).
I, cellule ciliée, avec 1’, son bouquet de cils. — 2, plaque basale. — 3, cellule non ciliée. — 4, son noyau. — 5, cellule avec deux noyaux. — 6, centrosome dans les cellules non garnies de cils. — 7, une cellule, remplie de grains sécrétoires (à remarquer que ces grains se trouvent placés dans la partie sus-nucléaire du cytoplasma). — 8, membrane propre.
Henry admet, avec raison, que la cellule épididymaire est, typiquement, une cellule ciliée : c est, en effet, la forme que l’on rencontre sur les jeunes sujets alors que la spermatogenèse n est pas encore établie : c est la cellule au stade de repos ou mieux stade de présécrétion. Gomme caractéristique de son entrée en activité ( stade de fonctionnement ), des granulations apparaissent au-dessus de son noyau, rares d’abord, se multipliant ensuite et finissant par s’étendre jusqu à l’extrémité libre ou apicale de la cellule. Survient alors le troisième stade, le stade d excrétion : sous la poussée des grains sécrétés, l’extrémité apicale de la cellule se rompt et les grains font irruption dans le conduit épididymaire, entraînant avec eux la masse des cils vibratils et le plateau sur lequel ils sont implantés. La cellule, ainsi vidée, a maintenant un protoplasma clair, un noyau petit où la chromatine est très raréfiée. En même temps, elle a diminué de hauteur et c’est elle qui constitue la cellule non ciliée que nous avons notée plus haut dans les festons rentrants de l’épithélium épididymaire : c’est le stade cl’ épuisement . Tel est le cycle sécrétoire dans l’épithélium de l’épididyme en période de fonctionnement.
Après un temps plus ou moins long, la cellule épuisée refait peu à peu son protoplasma, récupère ses dimensions, se recouvre à nouveau d’une garniture de cils, revêt en un mot son aspect initial de cellule au repos [stade de 7*epos ou d e présécréiion), et la voilà maintenant toute préparée pour un nouveau cycle sécrétoire.
La nature spéciale de cette sécrétion cellulaire n’est pas encore nettement déterminée, mais il nous paraît rationnel d’admettre qu’elle est en rapport avec la fonction spermatogénétique, apparaissant et disparaissant avec elle. C’est ainsi que, chez les animaux à activité spermatogénétique périodique, les reptiles par exemple, les cellules épididymaires, comme l’ont établi les recherches de van der Stricht et de Henry, sont au stade de présécrétion au début du printemps
APPAREIL ÜRO-GENITAL
(alors que le sperme n'est pas encore sécrété), au stade de sécrétion à la fin du printemps et au début de l’été (quand s’établit la fonction spermatogénétique), au stade d’excrétion pendant l’été
(tout le temps que dure la production et l’émission du sperme) et, enfin, à l’état de repos à l’automne et pendant l’hiver (alors que la fonction génétique est arrêtée).
Le canal épididymaire n’est donc pas un simple conduit vecteur, mais, par son épithélium il devient une véritable formation glandulaire. Quant au rôle de cette fonction glandulaire, elle est encore énigmatique. Van Ebner, depuis longtemps déjà avait émis l’idée que le produit de sécrétion des cellules épididymaires servait à la nutrition des spermatozoïdes durant leur séjour et leur passage dans l’épididyme ; mais ce n’est encore là qu’une hypothèse.
D. Stroma conjonctif du testicule et de l’épididyme. — Les différents canaux que nous venons de décrire, canaux producteurs du sperme dans le testicule, canaux vecteurs du sperme dans l’épididyme, baignent dans un tissu conjonctif lâche, richement vascularisé : c’est le stroma conjonctif du testicule, le stroma conjonctif de Vépididyme.
Le stroma conjonctif du testicule dérive des septa et des septula qui, euxmêmes, proviennent de l’albuginée et du corps d’Highmore. Il est peu abondant, lâche, particulièrement délicat. Histologiquement, il nous présente, outre les éléments habituels du tissu conjonctif (cellules conjonctives, fibres conjonctives, fibres élastiques, leucocytes), des cellules spéciales, dites cellules interstitielles auxquelles est dévolue une fonction glandulaire : elles élaborent certains produits qu’elles déversent dans les capillaires voisines. Leur ensemble constitue une véritable glande à. sécrétion interne, la glande interstitielle du testicule. Nous l’étudierons dans notre livre XI, avec les autres glandes à sécrétion interne.
Le stroma conjonctif de Vépididyme est plus abondant. Il est aussi plus dense et plus serré. Gomme celui du testicule il est très riche en vaisseaux.
Fig. 541.
Cellules de l’épididyme à divers stades de leur fouctionnement (d’après Henry).
1, couche conjonctivo-musculaire. — 2, épithélium disloqué par le passage du produit de sécrétion. — 3, 3, deux cellules avec leur noyau et leur plateau cilié (au stade de présécrétion). — 4, 4, deux cellules dépourvues de cils en train de rejeter dans la lumière du canal leur produit de sécrétion (stade d’excrétion). — Au centre de la figure se voit une cellule, au stade d’excrétion également, ayant conservé une partie de son plateau cilié.
§ IV.— Débris embryonnaires annexés au testicule
On rencontre sur le testicule ou dans son voisinage un certain nombres d 'organes rudimentaires , dépourvus de fonctions par conséquent, dont la signification nous est nettement fournie par l’étude du développement de l’appareil uro-génital. Ce sont les hydatides de Morgagni , les rasa aberrantia de Vépididyme et l’ organe de Giraldès.
1° Hydatides de Morgagni. — Les hydatides de Morgagni, ainsi appelées du nom de l’anatomiste qui les a signalées, sont deux petits appendices, l’un pédiculé, l’autre sessile, qui se développent à la partie antérieure du testicule et de l’épididyme :
a. Hydatide pédiculée. — L’hydatidepédieulée (fig. 547, 3) estime vésicule arrondie ou piriforme, qu’une partie plus ou moins rétrécie et formant pédicule rattache à la tête de l’épididyme.
TESTICULE
Coupe de l’hydatide pédiculée insérée sur la tète de l’épididyme (d’après Tourneux).
1, hydatide tapissée par un épithélium prismatique cilié. — 2, vésicule close figurant une deuxième hydatide. — 3, vaisseaux efférents du testicule.
Son diamètre est ordinairement de lmm,5à 2 millimètres. Quant au pédicule, il a des dimensions fort variables : sur certains sujets, il mesure 1 ou 2 millimètres de longueur seulement, tandis qu’il atteint sur d’autres 8 millimètres, 12 millimètres et même plus. Mais, quelle que soit sa longueur, il ne paraît pas entrer en relation avec les canaux séminifères. Dans certains cas (fig. 542), le pédicule fait défaut et l’hydatide se traduit alors sous la forme d’une simple saillie, à surface arrondie et lisse.
L’hydatide pédiculée de Morgagni est parfois multiple : on peut en rencontrer deux, trois et même quatre.
Par contre, elle peut, dans certains cas, faire complètement défaut.
Quand elle existe, elle se compose d’une enveloppe conjonctive, tapissée intérieurement d’un épithélium cylindrique à cils vibratiles. A son centre, se trouve une quantité plus ou moins grande d’un liquide transparent.
La signification de l’hydatide pédiculée de Morgagni n’est pas encore parfaitement élucidée. Les auteurs s’accordent cependant d’une manière générale à la considérer comme le reliquat du segment supérieur du canal de Wolff ou encore (Tourneux) surtout dans les cas d’hydratides multiples à des vestiges du rein cervical (pronéphros).
b. Hydatide sessile. — L’hydatide sessile ou non pédiculée (fig. 547, 4) est beaucoup plus fréquente que la précédente; elle serait même constante, d’après Krause. Elle se présente sous la forme d’une saillie arrondie ou aplatie, à surface lisse ou irrégu-
lière, quelquefois multilobée, qui s’implante, suivant les cas, sur la tête de l’épididyme, sur l’extrémité antérieure du testicule ou dans l’angle de réunion de ces deux organes. Ses dimensions, très variables , comme celle de tous les organes rudimentaires, oscillent d’ordinaire entre 2 et 8 millimètres. Mais on en voit de beaucoup plus développées, qui atteignent jusqu’à 15 ou 18 millimètres.
L’hydatide sessile n’est plus, comme l’hydatide pédiculée, une vésicule creuse ou
Fig. 543.
Coupe longitudinale de l’hydatide sessile sur un jeune homme de 15 ans (d’après Tourneux).
1, hydatide tapissée par un épithélium prismatique, et creusée d’une excavation rappelant l’infundibulum de la trompe. — 2, parenchyme testiculaire. — 3, épididyme. — 4, albuginée du testicule. — 5, tunique vaginale.
ANATOMIE HUMAINE. — T. IV, 6e ÉDIT.
APPAREIL URO-GENITAL
remplie de liquide et, de ce fait, elle mérite bien mal son nom. Le plus souvent, cependant, elle présente à son centre une cavité tubuleuse. Ce canal central s’étend parfois très loin du côté externe ou distal : il s’ouVre dans la vaginale. Du côté interne ou proximal il se termine le plus souvent en cæcum.
Histologiquement, Phydatide sessile est constituée (fig. 543, 1) par une masse centrale de tissu conjonctif riche en larges vaisseaux sanguins et lymphatiques? sans vésicules adipeuses. Sa surface est tapissée par un épithélium cylindrique simple à cils vibratiles, qui se modifie graduellement au niveau de la base pour se continuer avec l’endothélium de la vaginale (Tourneux). Le canal central, quand il existe, est revêtu lui aussi par un épithélium cylindrique cilié.
Canal de Muller. .
(extr. supr).
Canal de Miiller-
Vésicules séminales.
Canal déférent
Corps de Giraldès
Vas aberrans de Haller.
Vas aberrans de Roth.
"Canal éjaculateur. (
-Vagin mâle. J