PAROI ABDOMINALE
1° Peau
[manque)
2° Tissu cellulaire sous-cutané. '( 3° Aponévrose superficielle . .
4° Muscles de l’abdomen ....
5° Fascia transversalis
6° Péritoine et tissu cellulaire t sous-péritonéal )
ENVELOPPES DES TESTICl'LES
1° Scrotum.
2° Dartos.
3° Tunique celluleuse.
4° Tunique musculeuse.
5° Tunique fibreuse.
( 6° Vaginale et tissu cellulaire t sous-vaginal.
1° Scrotum. — Le scrotum n’est autre que la peau des bourses. Elle est mince, demi-transparente, de coloration plus ou moins foncée. Elle est, de plus, très extensible et présente cette particularité remarquable que, lorsque pour une cause quelconque elle a été distendue, elle revient d’elle-même à ses dimensions premières, en formant une série de plis transversaux qui s’étagent régulièrement de bas en haut. Tous ces plis (fig. 555, 3), connus sous le nom de rides du scrotum , partent du raphé médian et se dirigent ensuite en dehors en décrivant une légère courbe à concavité supérieure.
Envisagé au point de vue de sa structure, le scrotum nous présente naturellement, soit dans sa couche superficielle ou épithéliale, soit dans sa couche profonde, la constitution anatomique fondamentale du tégument externe.
Il nous offre, cependant, quelques caractères qui lui sont particuliers. — Il nous présente tout d’abord de nombreuses glandes sudoripares, des glandes sébacées également fort nombreuses et surtout très développées. — Dans les cellules profondes de son épiderme s’amassent des granulations pigmentaires , à la présence desquelles les bourses sont redevables de leur coloration foncée. — Le derme, très riche en éléments élastiques, est surmonté de papilles volumineuses. — Enfin, à la surface extérieure du scrotum, croissent des poils longs et raides, analogues à ceux de la région pubienne, mais cependant beaucoup plus rares.
2° Dartos, cloison des bourses. — Le dartos (Sapxôç, de Sépco, j’écorche) est une lame mince, de coloration rougeâtre, d’aspect finement fibrillaire, appliquée contre la face interne du scrotum et lui adhérant intimement. Il se compose essentiellement de fibres musculaires lisses, auxquelles viennent s’ajouter, à titres d’éléments accessoires, des fibres élastiques et des fibres conjonctives. Ces fibres musculaires affectent les directions les plus diverses. Le plus grand nombre d’entre elles, cependant, sont longitudinales, c’est-à-dire disposées parallèlement au raphé médian. Elles sont, par conséquent, perpendiculaires aux rides du scrotum, et ce sont elles qui, par leur contraction ou simplement par leur tonicité, déterminent le plissement de la peau qui constitue ces rides.
Le dartos scrotal existe sur tout le pourtour des bourses, mais il est surtout développé sur ses. faces antérieure et latérales. Arrivé à l’extrémité supérieure des bourses, il se comporte de la façon suivante :
En avant, il se prolonge tout autour de la verge, en constituant le dartos pénien (voy. Verge).
En arrière, il se continue de même avec une lame similaire, qui, sous le nom de dartos périnéal, s’étale d’avant en arrière au-dessous de la peau du périnée.
Partout ailleurs, dans l’intervalle compris entre la verge et le périnée, le dartos change de nature : il perd peu à peu ses éléments musculaires et dégénère en une
simple lame élastique, qui a été décrite
Fig. 556. *
Les deux sacs dartoïques, vus sur une coupe frontale des bourses [schématique] .
1, verge. — 2, son ligament suspenseur. — 3, et 3’, scrotum. — 4, et 4’, darlos du côté droit et dartos du côté gauche. — 5, cloison des bourses, formée par les deux dartos, que réunit l’un à l’autre une couche conjonctive. — 6, testicule droit. — 7, testicule gauche. — 8* veine dorsale profonde de la verge. — 9, raphé.
bourses. Les anatomistes sont loin d’être
Le ligament suspenseur de la verge, vu par son côté gauche [demi-schématique] .
,r Sappey sous le nom très significatif à' appareil suspenseur des bourses. Ce nom mérite d’être conservé.
La lame élastique qui fait suite au dartos se comporte différemment en haut et sur les côtés. — Sur les côtés, elle s’attache aux branches ischio-pubiennes, fixant ainsi les bourses au bassin et les fermant d’autre part du côté de la cuisse. — En haut , elle remonte sur la peau de l'abdomen, entre le canal inguinal et la verge, et se perd insensiblement dans le tissu cellulaire sous-cutané. Sa partie médiane, correspondant à la ligne blanche, présente un développement tout spécial :
un certain nombre de ses lamelles, lés plus superficielles, se fixent aux téguments de la verge ; les autres, les plus profondes, descendent plus bas et, se mêlant à des fibres similaires venues de la symphyse, s’attachent à la partie postérieure des corps caverneux (fig. 557, 1), en constituant le ligament suspenseur de la verge (voy. Verge).
Voyons maintenant comment se comporte le dartos au niveau du raphé des d’accord sur ce point. Les uns, avec Sappey, enseignent que, sur le raphé, les deux moitiés de la lame musculaire se continuent entre elles comme les deux moitiés du scrotum et forment ainsi une séule et même enveloppe, commune aux deux testicules. Les autres, au contraire, estiment que les deux moitiés du dartos, arrivées en contact au niveau du raphé, ne se continuent pas réciproquement, mais se recourbent en arrière, s’adossent l’une à l’autre et se portent ainsi, en conservant toujours leur individualité, jusqu’à la partie postérieure des bourses.
Il est de fait que lorsqu’on insuffle de l’air au-dessous du dartos, mais d’un côté seulement, la moitié des bourses
1, ligament suspenseur de la verge (en jaune). — 2, sa moitié gauche, contournant le corps caverneux correspondant et se réunissant, en 2’, avec celui du côté opposé. — 3, fibres de ce ligament descendant dans la cloison des bourses, — 4, portion périnéale de la verge. — 5, sa portion libre. — 6, angle pénien. — 7, ligne blanche abdominale. — 8, Symphyse pubienne. — • 9, aponévrose périnéale moyenne. — 10, ligament fibreux du pénis. — 11, aponévrose périnéale inférieure. — 12, aponévrose prostato-péritonéale. — 13, vessie. — 14, prostate.
ENVELOPPES UES TESTICULES
correspondant au côté insufflé se gonfle seule, la moitié opposée ne se modifiant nullement dans ses dimensions. Ce fait expérimental ne peut s’expliquer que parla présence d’une cloison médiane, qui sépare les bourses en deux moitiés latérales, complètement indépendantes l’une de l’autre. Cette cloison des bourses ( septum scroti de quelques auteurs) existe en effet (fig. 556, 5), et pour les partisans de l’opinion précitée, elle serait essentiellement constituée par les deux portions réfléchies du dartos, accolées l’une à l’autre.
Entre ces deux opinions contradictoires, il y a place pour une opinion mixte. Elle a été émise par Barrois. Pour ce dernier observateur, le dartos n’est pas une lame unique, mais comprend deux feuillets (fig. 558, 2) de signification bien différente : 1° un feuillet superficiel (2'), véritable peaucier, constitué par les fibres musculaires lisses du derme et occupant les couches inférieures de cette membrane ;
2° un feuillet profond (2”), beaucoup plus épais que le précédent, situé dans le tissu cellulaire sousjacent et représentant, au niveau des bourses, une formation spéciale et surajoutée. Or, ces deux feuillets, en arrivant au raphé, se séparent l’un et l’autre pour suivre chacun un trajet particulier. Le feuillet superficiel (portion dermique du dartos ), faisant partie du scrotum, se comporte comme ce dernier et se confond avec le feuillet similaire du côté opposé. Le feuillet profond, au contraire ( dartos proprement dit), à droite et à gauche du raphé, se réfléchit d’avant en arrière et forme la cloison médiane dont il a été question plus haut.
Au total : 1° il existe deux sacs dartoïques, l’un pour le testicule droit, l’autre pour le testicule gauche ; 2° d’autre part, la cloison des bourses est constituée par ces deux sacs adossés et unis l’un à l’autre par une mince couche de tissu conjonctif, dans laquelle viennent se perdre, en haut, les fibres les plus inférieures du ligament suspenseur de la verge (fig. 556, 5).
3° Tunique celluleuse. — Le dartos est doublé, sur sa face profonde, par une couche celluleuse : c’est le fascia de Cooper , qui le sépare de la tunique suivante. Cette couche celluleuse est nettement délimitée, du côté de la cuisse, par les insertions du dartos aux branches ischio-pubiennes. Elle se continue librement, au contraire, avec le tissu cellulaire sous-cutané du périnée, de la verge et de la paroi abdominale antérieure.
Le fascia de Cooper se confond, au niveau de l’orifice externe de l’anneau inguinal, avec l’aponévrose du grand oblique : aussi le considérons-nous, quoique assez mal individualisé, comme représentant à la fois, au point de vue morphologique, l’aponévrose superficielle de la paroi abdominale et le tissu cellulaire sous-cutané.
ANATOMIE HUMAINE. — T. IV, 6e ÉDIT. 75
Fig. 558.
Coupe schématique des bourses, pratiquée perpendiculairement au raphé, pour montrer le mode de constitution de la cloison.
1, scrotum. — 2, dartos, avec 2’, son feuillet intra-dermique et 2”, son feuillet sous-dermique (dartos proprement dit). — 3, tunique celluleuse ou fascia de Cooper. — 4, tunique musculeuse ou érvthroïde. — 5, tunique fibreuse. — 6, couche celluleuse sous-vaginale. — 7, tunique vaginale (feuillet pariétal). — 8, cloison. — 9, tissu cellulaire réunissant sur la ligne médiane les deux dartos. — 10, 10, cavité des deux sacs testiculaires. — 11, raphé.
Il est constitué par du tissu conjonctif lâche (fig. 560, 3), presque complètement dépourvu de graisse. C’est dans ses mailles, disons-le en passant, que se font les infiltrations pathologiques des bourses et que se logent les gaz développés au cours de la gangrène ou de la putréfaction cadavérique.
4° Tunique musculeuse, crémaster. — La tunique musculeuse ou érythroïde (de ipuôpôç, rouge et s’t.Soç, ressemblance), située au-dessous de la précédente, est formée
par l’épanouissement du crémaster. Le muscle crémaster (xpsp.asTY)p, de xpsgàw, je suspens), qui accompagne le cordon dans toute son étendue, prend naissance, en haut, par deux faisceaux primitivement distincts : un faisceau interne , relativement petit, quelquefois absent, qui se détache de l’épine du pubis, c’est le faisceau pubien ; un faisceau externe, beaucoup plus volumineux, qui s’insère sur l’arcade fémorale, en plein canal inguinal, un peu en dehors de l'orifice externe de ce canal, c’est le faisceau iliaque. Ces deux faisceaux (fig. 559 , 7 et 70 qui présentent à l’origine (l’externe surtout) des rapports intimes avec le bord inférieur des muscles petit oblique et transverse de l’abdomen, descendent à la surface extérieure du cordon, le premier sur son côté interne, le second sur son côté externe. Arrivés au niveau du testicule , ils s’épanouissent, à la manière d’un éventail, sur les parois antérieure et externe des bourses et c’est à leurs fibres ainsi éparpillées sur la tunique érythroïde.
Fig. 559.
Les enveloppes du testicule, vues par lëur face antérieure.
(Du côté droit, le scrotum et le dartos ont été réséqués pour montrer le crémaster et l’érythroïde. Du côté gauche, la tunique fibreuse, doublée en bas du feuillet pariétal de la vaginale, a été incisée et érignée en dehors pour montrer le testicule et son épididyme. On voit, sur ce côté gauche, une persistance partielle du conduit péritonéo-vaginal du fœtus.)
A, racine de la verge, érignée en haut, avec : a , l’urèthre ; a', a', les corps caverneux, recouverts par le fascia pénis. — B, canal inguinal du côté droit, dont la paroi antérieure a été incisée et réclinée en bas. — C, bourse du côté droit. — D, bourse du côté gauche. — E, F, testicule et épididyme du côté gauche. — G, cordon spermatique.
1, scrotum, avec l1, raphé. — 2, dartos. — 3, peau de la verge. - — 4, dartos pénien. — 5, dartos de la cloison. — 6, tunique celluleuse ou fascia de Cooper. — 7, 7’, faisceau interne et faisceau externe du crémaster. — 8, tunique érythroïde , formée par l’épanouissement de ce dernier muscle. — 9, tunique
fibreuse. — 10, tunique vaginale (feuillet pariétal). — 11, canal péritonéo-funiculaire, vestige assez rare du conduit péritonéo-vaginal.
fibreuse (fig. 560, 4) qu’on donne le nom de tunique
ENVELOPPES DES TESTICULES
Ces fibres divergentes, on le voit, ne forment jamais une enveloppe continue et, naturellement, s’espacent de plus en plus au fur et à mesure qu’elles se rapprochent de l’extrémité inférieure des bourses. Du reste, elles présentent des variations individuelles considérables :
elles sont habituellement plus développées chez les sujets vigoureux que chez les sujets frêles, plus développées aussi chez l’adulte que chez le vieillard.
Les faisceaux musculaires de l’érythroïde se terminent tous sur la tunique fibreuse des bourses, les uns par des extrémités libres, les autres en formant des sortes d’anses dont la concavité regarde en haut. On voit quelquefois un certain nombre de ces faisceaux passer d’un côtéii l’autre du testicule, en contournant son bord inférieur et en enserrant pour ainsi dire cet organe dans une sorte de sangle.
Nous devons ajouter qu’aux deux faisceaux d’origine du crémaster, le faisceau crural et le faisceau pubien , viennent s’ajouter, sur bien des sujets, un nombre plus ou moins considérable de fibres arciformes, qui se détachent du bord inférieur du muscle petit oblique. Ces dernières fibres s’échappent du canal inguinal, s’étalent sur le cordon entre les deux faisceaux précités et descendent plus ou moins bas du côté des bourses.
Le crémaster et la tunique érythroïde (tunique érythroïde, qui n’est que l’extrémité inférieure du crémaster étalé en éventail) se composent de fibres striées. Leur contraction, brusque et instantanée comme celle de tous les muscles de la vie animale, porte en haut la tunique fibreuse et, par suite, rapproche le testicule de l’anneau inguinal. Cet appareil élévateur de la glande génitale, simple dépendance des muscles larges de l’abdomen, se contracte naturellement dans toutes les circonstances où ces derniers muscles entrent enjeu, dans la toux, dans l’effort et tout particulièrement dans l’acte du coït.
Coupe horizontale demi-schématique des enveloppes du testicule, pratiquée sur la partie antéro-externe, au niveau moyen du testicule (d’après Barrois, légèrement modifiée).
1, scrotum. — 2, dartos, avec 2’ sa portion intra-dermique et 2”, sa portion sous-dermique. — 3, tunique celluleuse. - 4, tunique musculeuse ou érythroïde (crémaster externe). — 5, tunique fibreuse.
— 6 et 6’, tunique vaginale (feuillet pariétal et feuillet viscéral. — 7, cavité vaginale. — 8, vaisseaux sanguins. — 9, follicules pileux.
— 10, glandes sudoripares. — 11, crémaster moyen. — 12, crémaster interne. — 13, tissu cellulaire sous-vaginal.
5° Tunique fibreuse. — La tunique fibreuse des bourses, immédiatement sousjacente à l’érythroïde, revêt la forme d’un sac qui enveloppe à la fois le testicule et le cordon, d’où le nom de gaine commune au testicule et au cordon que lui donnent certains anatomistes.
Assez mince au niveau du cordon, cette tunique devient à la fois plus épaisse et plus résis tan te' en passant sur le testicule. — A sa partie supérieure, elle s’engage dans le canal inguinal avec les éléments qui constituent le cordon. Elle peut être suivie jusqu’au fascia transversalis, avec lequel elle se confond et dont elle n’est qu’une dépendance.. — A sa partie inférieure, elle adhère intimement, d’une part au dartos et au scrotum, d’autre part à la partie postérieure du testicule et de l’épididyme. Il existe là, au niveau de cette double adhérence, une sorte de lamelle, parfois mince et grêle, parfois très épaisse et très résistan te, qui unit, à travers les différentes couches des bourses, la glande génitale à son enveloppe tégumentaire. Dans cette lamelle, que nous avons déjà signalée dans l’article précédent sous le nom de ligament scrotal du testicule (fig. 515, 5), se trouvent comme éléments constituants : 1° des fibres conjonctives et des fibres élastiques, qui forment comme les éléments fondamentaux du ligament; 2° des vaisseaux, qui servent de trait d’nnion entre la circulation superficielle et la circulation profonde; 3° des fibres musculaires lisses, qui s’unissent à la fois, en bas avec le dartos, en haut avec le crémaster interne. Ce sont ces faisceaux musculaires que Curling considère comme étant les restes du gubernaculum testis du foetus, insérés au fond des bourses.
Histologiquement, la tunique fibreuse des bourses est constituée par un enchevêtrement de fibres conjonctives et de fibres élastiques. — Elle renferme dans ses parties externes de nombreux vaisseaux sanguins (fig. 560, 5), qui forment là une couche presque continue caractéristique (Barrois). — Sur sa face interne, se voit une couche importante de fibres musculaires lisses, à direction longitudinale (fig. 560,11) : Klein et Barrois désignent l’ensemble de ces fibres sous le nom de crémaster moyen, pour les distinguer à la fois du crémaster externe, qui s’étale sur le côté externe de la tunique fibreuse, et du crémaster interne, que nous allons rencontrer tout à l’heure dans l’épaisseur de la vaginale. .
6° Tunique vaginale. — La tunique vaginale est une membrane séreuse, dans laquelle s 'invaginent le testicule et son épididyme.
A Disposition générale. — Comme toutes les séreuses, la vaginale nous présente deux feuillets (fig. 561), un feuillet pariétal et un feuillet viscéral , interceptant entre eux une cavité virtuelle, la cavité vaginale.
a. Feuillet pariétal. — Le feuillet pariétal (6) tapisse la cavité dans laquelle est contenu le testicule.
a) Sa face interne est en rapport avec la cavité séreuse et, par l’intermédiaire de cette cavité, avec le feuillet viscéral et la glande génitale.
P) Sa face externe répond à la tunique fibreuse, à laquelle elle est unie par une mince couche de tissu cellulaire, le tissu cellulaire sous-vaginal (fig. 560, 13). Ce tissu cellulaire sous-vaginal est l’homologue du tissu cellulaire sous-séreux qui, dans la cavité abdominale, double le feuillet pariétal du péritoine.
b. Feuillet viscéral. — Le feuillet viscéral (6) revêt tout d’abord le bord inférieur du testicule dans toute son étendue. Puis, se portant en haut, il tapisse sa face interne et sa face externe, également dans toute leur étendue. Il arrive ainsi au voisinage du bord supérieur, que surmonte l’épididyme. Là, le feuillet viscéral se comporte d’une façon différente, suivant les points que l’on examine. Pour en
ENVELOPPES DES TESTICULES
prendre une notion exacte, nous l’envisagerons successivement en dedans, en dehors, en avant et en arrière :
a) En dedans , le feuillet viscéral de la vaginale rencontre le paquet vasculo-nerveux qui, du bord supérieur du testicule s’élève dans le cordon. Il s’applique contre ce paquet (fig. 561, 5), le revêt de bas en haut sur une hauteur de 10 millimètres environ, puis se recourbe en dedans et en bas pour se continuer avec le feuillet pariétal.
P) En dehors , le feuillet viscéral s’engage entre le testicule et l’épididyme jusqu’au paquet vasculaire précité; là, il s’infléchit en dehors, tapisse successivement la face inférieure, le bord externe et la face supérieure de l’épididyme et rencontre de nouveau le paquet vasculaire; se redressant alors, il le tapisse de haut en bas dans une étendue de quelques millimètres; puis, se recourbant en dehors, il se continue avec le feuillet pariétal. Il résulte d’une pareille disposition (fig. 561 et 5 62) : 1° que l’épididyme, au niveau de son corps tout au moins, est enveloppé par la séreuse sur tout son pourtour, son bord interne excepté ; 2° qu’au niveau de ce bord interne, les deux feuillets sus- et sous-épididymaire sont très rapprochés l’un de l’autre et parfois même arrivent au contact : dans ce dernier cas, ils s’adossent l’un à l’autre, en formant ainsi, entre l’épididyme et le
paquet vasculaire, une sorte de méso, le méso-épididyme (8); 3° que la cavité vaginale se prolonge entre le bord supérieur du testicule et l’épididyme sous la forme d’un petit cul-de-sac, le cul-de-sac sousépididymaire (10). Ce-cul-de-sac, toutefois, n’existe que dans la portion moyenne de l’épididyme. A leurs parties antérieure et postérieure, testicule et épididyme sont unis d’une façon intime et la séreuse, au lieu de s’interposer entre eux, passe directement de l’un à l’autre.
y) En avant, la vaginale revêt la tête de l’épididyme , passe sur le côté antérieur du cordon et, après l’avoir revêtu de bas en haut dans une étendue de 4 à 5 millimètres, s’infléchit en avant et en bas pour devenir feuillet pariétal.
8) En arrière, la séreuse se comporte d’une façon toute différente. Arrivée au point de jonction de l’extrémité postérieure du testicule et de la queue de l’épididyme, elle rencontre cette lame fibro-musculaire, que nous avons décrite plus haut sous le nom de ligament scrotal du testicule (fig. 515, p. 550); elle se réflé-
Fig. 561.
Coupe frontale du testicule et de l’épididyme, pour montrer la disposition de la vaginale.
1, testicule. — 2, albuginée. — 3, corps d’Highmore. — 4, épididyme. — 5, cordon. — 6, feuillet viscéral et 6’, feuillet pariétal de la vaginale. — 7, réunion des deux feuillets sur les côtés interne et externe du cordon. — 8 , méso-
épididyme. — 9, cavité vaginale, avec
10, le cul-de-sac sous épididvmaire. —
11, bourse.
Fig. 562.
Coupo frontale du corps de répididyme et de la portion avoisinante du testicule.
1, testicule, avec ses cloisons. — 2, albuginée. — 3, corps d’Highmore. — 4, épididyme. — 5. 6, feuillet pariétal et feuillet viscéral de la vaginale. — 7, 7’ points d’union de ces deux feuillets. — 8, cavité séreuse. - — 9, cul-de-sac sous-épidid} maire. — 10, canal déférent. — 11, artère déférentielle. — 12, artère spermatique, entourée d’un lacis de veines, comme elles obliquement ascendantes. — 13, autres veines du cordon.
APPAREIL URO-GENITAL
chit de haut en bas au-devant de cette lame et, après l’avoir revêtue sur ses faces antérieure et latérales, se continue avec le feuillet pariétal. La queue de l’épididyme se trouve donc placée en dehors de la cavité séreuse.
c. Cavité vaginale. — La cavité vaginale (9) n’est autre que l’espace compris
entre les deux feuillets pariétal et viscéral. Elle se termine en haut, là où les deux feuillets viscéral et pariétal se fusionnent, par un cul-de-sac circulaire, qui entoure les origines du cordon et qui, comme l’épididyme, est oblique de haut en bas et d’avant en arrière.
Comme nous l’avons vu plus haut, ce culde-sac se trouve situé à 10 ou 15 millimètres au-dessus du bord supérieur du testicule. Nous ajouterons qu’il est, dans la plupart des cas, un peu plus élevé en dehors qu’en dedans.
Dans les conditions ordinaires, c’est-à-dire à l’état physiologique, la cavité vaginale, analogue en cela à toutes les cavités séreuses, est simplement virtuelle et le feuillet viscéral, dans les divers mouvements qu’exécute le testicule , glisse direcment sur le feuillet pariétal. Un liquide clair, filant, analogue à la lymphe ( liquide vaginal), humecte les deux feuillets précités et favorise ainsi leur glissement.
B. Signification morphologique. — La tunique vaginale n’est qu’une portion du péritoine, descendue dans les bourses par le fait de la migration du testicule (p. 542). Primitivement, en effet, et cela jusqu’au moment où le testicule a pris dans les bourses sa position définitive, jusqu'au neuvième mois par conséquent, les deux cavités vaginale et péritonéale n’en font qu’une ou, si l’on veut, communiquent l’une avec l’autre par un long canal, le canal péritonéo-vaginal (fig. 564, A), qui s’étend depuis l’orifice interne du canal inguinal jusqu’au voisinage de l’épididyme; on lui décrit trois portions, savoir : 1° la portion péritonéale, qui est placée immédiatement en avant de l’orifice inguinal interne; 2° une portion interstitielle ou portion inguinale, répondant au canal inguinal ; 3° une portion funiculo-scrotale , en rapport avec les bourses.
La descente du testicule une fois effectuée, le canal péritonéo-vaginal commence par s’oblitérer et disparaît même d’une façon à peu près complète, ne laissant à son lieu et place qu’un cordon fibreux ou conjonctif, le ligament péritonéo-vaginal ou plus simplement le ligament vaginal (fig. 564, B, 1), souvent peu visible, perdu qu’il est au milieu des éléments du cordon. A la naissance, l’oblitération du canal péritonéo-vaginal est toujours commencée, sinon effectuée complètement. Sur 68 nouveau-nés qu’il a examinés à ce sujet. Camper l’a vu :
Fermé des deux côtés sur 7 sujets.
Ouvert des deux côtés 39
Ouvert seulement à droite 14 '
Ouvert seulement à gauche — 8
Coupe sagittale du testicule et de l’épididyme pour montrer la disposition de la vaginale.
1, testicule. — 2, albuginée. — 3, corps d’H'ghmore. — 4, épididyme, avec : 4’ sa tête ; 4”, sa queue. — 5, canal déférent. — 6, cordon. — 7, feuillet viscéral et 7’ feuillet pariétal de la vaginale. — 8, réunions des deux feuillets en avant du cordon, un peu au-dessus de la tête de l’épididyme. — 9, réunion de ces deux mêmes feuillets en arrière, au-devant du ligament scrolal, 10. — II, cavité vaginale. — 12, cul-de-sac sous-épididymaire. —13, bourses.
ENVELOPPES DES TESTICULES
Ce travail de régression débute simultanément (Frankl) au niveau de l’anneau inguinal interne et dans la partie moyenne de la portion funiculaire, d’où il progresse à la fois de bas en haut (vers le canal inguinal) et de haut en bas (vers le testicule). Il s’accomplit, du reste, avec la plus grande rapidité et, au quinzième ou
A Fig. 564. B
Le canal péritonéo-vaginal avant et après la naissance (. schématique ) : A, le canal, chez le fœtus . est dans son état de complet développement; B, le canal, après la naissance, est entièrement oblitéré et n’est plus représenté que par un tractus fibreux (T. J.).
1, canal péritonéo-vaginal, avec : 1’, sa portion prépéritonéale ; 1”, sa portion interstitiëlle ou intra-inguinale ; 1”, sa portion funiculo-scrotale. — 2, testicule, avec 2’, vaginale (celle-ci se continue, en A, avec le canal péritonéo-vaginal). — 3, péritoine. — 4, tissu cellulaire sous-péritonéal. — 5, fascia transversale. — 6, transverse. — 7, petit oblique. — 8, grand oblique. — 9, arcade crurale. — 10, pubis. —11, verge.
au vingtième jour qui suit la naissance, les deux canaux (le droit et le gauche) sont fermés dans les trois quarts des cas.
Contrairement à la règle, le canal qui, chez le fœtus, établit la continuité entre la cavité vaginale et la cavité péritonéale peut ne pas s’oblitérer chez l’adulte. Sa persistance, qui s’observe normalement chez un grand nombre de mammifères, se rencontre chez l’homme dans une proportion de 1 p. 100 environ (2 fois sur 215 adultes d’après Ramonède). — D’autres fois, cette persistance est seulement partielle, le travail d’oblitération dont il est question plus haut ne s’étant accompli que sur une partie du canal. Cette anomalie comporte deux sortes de cas : ou bien l’oblitération se produit sur l’extrémité inférieure du canal seulement et, alors, le péritoine se prolonge à travers le canal inguinal (fi g. 559,11), en une sorte de diverticulum plus ou moins long, mais presque toujours moniliforme, c’est-à-dire présentant une série de renflements alternant avec des parties rétrécies et comme étranglées (4 fois sur 215 adultes, Ramonède); ou bien ce travail régressif oblitère à la fois les deux extrémités supérieure et inférieure du canal, respectant sa partie moyenne, qui persiste alors sous la forme d’une cavité séreuse intermédiaire aux deux cavités vaginale et péritonéale, mais ne communiquant ni avec l’une, ni avec l’autre. Cette cavité peut devenir le siège d’un épanchement liquide, qui constitue Yhydrocèle enkystée du cordon.
C. Structure. — La tunique vaginale se compose, comme toutes les séreuses en général, de deux couches régulièrement superposées : 1° une couche profonde. comprenant des fibres conjonctives, des fibres élastiques, des vaisseaux et des nerfs; 2° une couche superficielle ou endothéliale, formée par une seule rangée de cellules plates à contours polygonaux. Entre ces deux couches se trouve une membrane limitante ou vitrée, granuleuse sur certains points, fibrillaire sur d’autres (Livi). La couche endothéliale de la tunique vaginale diffère de la couche homonyme du péritoine et des plèvres en ce qu’elle est partout continue, je veux dire qu’elle ne possède pas de stomates.
Le feuillet pariétal nous présente en outre, dans ses parties les plus externes ou même dans la couche sous-séreuse, un système de fibres musculaires lisses (flg. 560, 12), qui lui appartient en propre et qui constitue le crémaster interne. Ces fibres du crémaster interne affectent pour la plupart une direction longitudinale; on rencontre, cependant, à leur partie profonde, un certain nombre de fibres disposées transversalement.
Le crémaster moyen et le crémaster interne sont nettement distincts à leur partie supérieure : il sont, en effet, séparés l’un de l’autre par une couche conjonctive qui les rattache, le premier à la tunique fibreuse, le second à la tunique vaginale. A leur partie inférieure, cependant, les deux formations musculaires se rapprochent graduellement, arrivent au contact et finissent par se confondre. Elles se confondent, en même temps, avec les fibres lisses que nous avons rencontrées dans l’épaisseur du ligament scrotal du testicule (p. 549). C’est cet ensemble de fibres musculaires de la vie organique (crémaster interne, crémaster moyen et fibres lisses du ligament scrotal) qui représente vraisemblablement, chez l’adulte, les restes du gubernaculum de la vie fœtale.
§ l II. — Vaisseaux et nerfs
1° Artères. — Les artères des enveloppes du testicule se divisent en superficielles et profondes :
a) Les. artères superficielles, destinées au scrotum et au dartos, proviennent de deux sources : des deux artères honteuses externes, branches de la fémorale; de l artère périnéale superficielle, branche de la honteuse interne. Les premières se distribuent principalement aux parties antéro-latérales des bourses; les secondes, à la partie postérieure et à la cloison. Du reste, les honteuses externes et la périnéale superficielle s’anastomosent largement entre elles et, de plus, le réseau artériel d’un côté entre en communication, sur la ligne médiane, avec le réseau du côté opposé.
(3) Les artères profondes sont fournies par l’artère funiculaire, branche de l’épigastrique. Elles se distribuent au crémaster, à l’érythroïde, à la tunique fibreuse et au feuillet pariétal de la tunique vaginale.
2° Veines. — Les veines, issues des enveloppes du testicule, forment un riche réseau qui communique largement, aux confins de la région, avec les veines superficielles du périnée, de la verge et de la paroi abdominale antérieure. Considérées au point de vue de leur mode de terminaison, elles se divisent en deux groupes : un groupe externe et un groupe postérieur.
a) Les veines du groupe externe se dirigent en dehors et, suivant à peu près le même trajet que les artères honteuses externes, viennent se jeter dans la saphène interne et, de là, dans la fémorale. On voit ordinairement les veines les plus élevées de ce groupe, plus ou moins anastomosées avec les veines delà verge et de la région sus-pubienne, aboutir directement à la fémorale en traversant l’un des orifices du fascia cribriformis.
P) Les veines du groupe postérieur accompagnent l’artère périnéale superficielle et viennent s’aboucher dans le tronc de la veine honteuse interne.
3" Lymphatiques. — Les lymphatiques sont extrêmement multipliées sur le scrotum. Après une bonne injection, ils « se montrent en si grand nombre, ils
VOIES SPERMATIQUES
prennent une si large part à la formation de l’enveloppe scrotale, qu’elle semble en être exclusivement composée » (Sappey). Cet élégant réseau, qui entre toujours en relation avec celui de la verge et celui du périnée, donne naissance à 10 ou 12 troncs, lesquels se dirigent-obliquement en haut et en dehors, pour aboutir, comme les lymphatiques de la verge, aux ganglions superficiels de l’aine. Ils se rendent, pour la plupart, au groupe supéro-interne. Quelques-uns, les plus inférieurs, issus de la face postérieure des bourses se jettent dans les ganglions du groupe inféro-interne.
4° Nerfs. — Les nerfs des bourses, à la fois sensitifs, moteurs et vasculaires, proviennent de deux sources : 1° de la branche périnéale inférieure du nerf honteux interne (plexus sacré) ; 2° des branches génitales des trois nerfs génito-crural, grand abdomino-génital et petit abdomino-génital (plexus lombaire). De ces diverses branches, la première, suivant le trajet de l’artère périnéale superficielle aborde la région des bourses par sa face postérieure. Les autres, primitivement contenues dans la cavité abdominale, débouchent avec les éléments du cordon par l’orifice externe du canal inguinal. C’est de ces dernières branches qu’émanent les rameaux moteurs destinés au crémaster et à l’érythroïde.
A consulter, au sujet des bourses chez l’homme : Lannelongue, Rech. sur l’appareil musculaire annexé au testicule et sur ses fonctions, Arch. de Physiol., 1868 ; — Livi, Sulla struttura e sui limfatici délia vaginale, Arch. delle Sc. med., 1882; — Vauthier, Rech. anat.sur les corps libres de la tunique vaginale, Rev. méd. de la Suisse Romande, 1884; — Barrois, Contrib. à l’étude des enveloppes du testicule , Th. de Lille, 1882.
ARTICLE III
VOIES SPERMATIQUES
Le sperme élaboré par les testicules traverse successivement, comme nous l’avons déjà vu à propos de cet organe, les canaux droits , les cônes efférents et le canal épididy maire. Tous ces conduits, entièrement étrangers à la production des spermatozoïdes, ne sont pour eux que de simples conduits excréteurs. Ils constituent en réalité les premiers segments des voies spermatiques et, si nous les avons déjà étudiés à propos du testicule, c’est qu’il lui sont unis d’une façon tellement intime que nous n’avons pas cru devoir les en séparer dans notre description. Au sortir du canal de l’épididyme, le sperme chemine dans un long canal, le canal déférent , qui le dépose momentanément dans un réservoir, la vésicule séminale. La vésicule séminale et le canal déférent sont continués par le canal éjaculateur lequel, au moment de l’éjaculation, projette le sperme dans le canal de l’urèthre et, de là, à l’extérieur.
§ I. — Canal déférent
Le canal déférent (angl. Vas deferens, allem. Samenleiter), que l’on désigne improprement sous le nom de conduit excréteur du testicule, s’étend de la queue de l’épididyme, dont il n’est que le prolongement, jusqu’au col de la vésicule séminale.
1° Dimensions. — Sa longueur est de 35 à 45 centimètres. Son diamètre, mesuré
ANATOMIE HUMAINE. — T. IV, 6e ÉDIT.
à sa partie moyenne, est de 2 millimètres à 2 millimètres 1/2. Ce diamètre augmente graduellement au fur et à mesure qu’on se rapproche de son extrémité terminale : sur la portion du conduit qui longe la vésicule séminale, il est triplé de volume et même quadruplé.
2° Forme. — Le canal déférent nous présente, dans la plus grande partie de son étendue, une forme régulièrement cylindrique. Sa portion terminale, cependant, diffère du reste du canal : en même temps qu’elle augmente de calibre, elle s’aplatit
Fig. 565.
Le canal déférent dans sa portion abdomino-pelvienne.
1, 1, canal déférent. — 2. vésicule séminale, érignée en arrière. — 3. vessie, érignée en avant. — 4, uretère. — artère et veine iliaques primitives. — 6, artère iliaque externe. — 7, artère épigastrique. — 8, vaisseaux spermatiques. — 9, psoas. — io, muscles iliaques. — 11, nerf crural. — 12, paroi abdominale, érignée en avant. — 13, rectum. — 14, poils du pubis.
légèrement d’avant en arrière; de plus, elle se rétrécit sur certains points, se renflé sur d’autres, de façon à présenter, sur la face extérieure de sa paroi, une série de bosselures irrégulières, qui rappellent jusqu'à un certain point celles de la vésicule séminale et qui répondent, sur la surface interne du canal, à des dilatations également irrégulières et souvent anfractueuses. Cette portion terminale du canal déférent, ainsi agrandie et bosselée (fig. 572, 4 et 4’), a reçu le nom d 'ampoule du canal déférent .
3° Consistance. — Le canal déférent, dans toute sa portion cylindrique, je veux dire en avant de l’ampoule terminale, a une consistance ferme et caractéristique,
VOIES SPERMATIQUES
qu’il doit à l’épaisseur remarquable de ses parois. Grâce à elle, le chirurgien peut facilement le distinguer au toucher au milieu des autres éléments du cordon et préciser ainsi nettement sa situation et ses rapports.
4° Trajet. — En se séparant du conduit épididymaire, auquel il fait suite, le canal déférent se dirige obliquement de bas en haut et d’arrière en avant, parallèlement à l’épididyme. Tl s’étend ainsi jusqu’à la partie moyenne de ce dernier organe.
Là, il se redresse et, se mêlant aux autres éléments du cordon, il se porte verticalement en haut vers l’orifice externe du canal inguinal, dans lequel il s’engage et qu’il parcourt dans toute son étendue.
Au sortir de ce canal (fig. 567,1), il traverse la fosse iliaquë, descend dans l’excavation pelvienne et gagne le bas-fond de la vessie, où il se termine.
5° Division et rapports. — Le canal déférent, on le voit, parcourt dans son long trajet des régions très différentes et nous pouvons, à ce sujet, lui distinguer quatre portions, savoir : 1° une portion testiculaire ou épididymaire, oblique en haut et en avant; 2° une portion funiculaire, verticalement ascendante; 3° un q portion inguinale , oblique en haut et en dehors; 4° une portion abdomino-pelvienne , enfin, obliquement dirigée d’avant en arrière, de haut en bas et de dehors en dedans. Chacune de ces portions nous présente des rapports spéciaux.
a. Portion testiculaire . — La portion testiculaire (fig. 514, 19), longue de 25 à 30 millimètres) chemine sur le côté interne de l’épididyme, auquel elle est unie par un tissu cellulaire lâche. Elle présente, comme le conduit épididymaire qu’elle continue, des flexuosités nombreuses qui l’ont fait comparer à une natte de cheveux. Sur son côté interne et sur son côté externe, mais principalement sur son côté interne, se trouvent les origines des veines qui, dans le cordon, forment le groupe postérieur ou postdéférentiel ctes veines spermatiques.
b. Portion funiculaire . — La portion funiculaire est située dans l’épaisseur du cordon, en avant du groupe veineux antérieur et de l’artère spermatique
Fig. 566.
Schéma représentant le trajet et les quatre portions clu canal déférent.
1, 2, 3, 4, première,
deuxième, troisième et quatrième portions du déférent.
— 5, testicule. — 6, épididvme, — 7, vésicule séminale. — 8, canal éjaculateur.
(fig. .567,1). Un tissu cellulaire lâche, plus ou moins riche en graisse, l’unit à ces vaisseaux.
Fig. 567.
Coupe transversale du cordon inguinal du côté droit (sujet congelé, segment inférieur de la coupe).
On désigne en anatomie topographique, sous le nom de cordon spermatique ou tout simplement de cordon , l’espèce de pédicule à l’extrémité duquel se trouve suspendu le testicule. 11 est essentiellement constitué par le canal déférent, qu’accompagnent des artères, des veines, des lymphatiques et des nerfs.
Ces différents organes se disposent en deux paquets, l'un antérieur, l’autre postérieur (fig. 567) : 1 a paquet antérieur
xx, plan médian. — 1, canal déféreril.
— 2, arlère déférentielle. — 3, artère funiculaire. — 4, artère spermatique. — 5, groupe veineux antérieur. — 6, groupe veineux postérieur. — 7, lymphatiques.
— 8, tissu cellulaire réunissant ces divers éléments. — 9, couche fibreuse. — 10, courhe musculeuse (crémaster). — 11, couche celluleuse. — 12, dartos. — 13, peau. — 14, sillon génito-crural. — 1-i, peau de la cuisse.
comprend, outre des rameaux nerveux et des lymphatiques, le groupe des veines spermatiques antérieures (p. 584), l’artère spermatique et ce tractus conjonctif, ordinairement peu visible, qui représente le reliquat du canal vagino-péritonéal oblitéré ; le paquet postérieur est formé par le groupe des veines spermatiques postérieures (p. 584), en avant desquelles cheminent le canal déférent et les deux artères déférentielle et funiculaire. Tous ces canaux, unis les uns aux autres par une couche abondante de tissu conjonctif, sont enveloppés dans un manchon fibreux, qui n’est autre que le prolongement de la membrane fibreuse qui entoure le testicule. Autour de cette enveloppe fibreuse se disposent ensuite les quatre couches que nous avons déjà étudiées à propos des bourses, savoir : le crémaster, une couche celluleuse, le dartos et, enfin, la peau.
Arrivé à l’orifice externe du canal inguinal, le cordon, se débarrassant de ses quatre tuniques externes, pénètre dans le canal et le parcourt dans toute son étendue.
Au niveau de l’orifice interne, ses éléments constitutifs se dissocient, pour suivre, dans la cavité abdomino-pelvienne (fig. 565), un trajet qui est différent pour chacun d’eux ; l'artère spermatique et le groupe veineux antérieur remontent vers l’abdomen supérieur; le groupe veineux postérieur se jette dans la veine épigastrique; le canal déférent et l’artère déférentielle se portent en arrière de la vessie, etc. Le cordon spermatique a donc réellement pour limite supérieure l’orifice interne ou péritonéal du canal inguinal.
c. Portion inguinale . — La portion inguinale (fig. 374, p. 397) est logée, comme son nom l’indique, dans le canal inguinal, au-dessus de l’arcade fémorale, au-
dessous du bord inférieur des muscles petit oblique et transverse, en avant du fascia transversalis (qui le sépare du péritoine), en arrière de l’aponévrose du grand oblique (qui le sépare du tissu cellulaire sous-cutané et de la peau). Cette portion, comme la précédente, chemine encore au milieu des grosses veines du cordon. (Voy., au sujet du canal inguinal, la description sommaire que nous en avons donnée en Myologie, t. I, p. 868; voy. aussi les Traités d'anatomie topographique.)
d. Portion abdomino-pelvienne . — La portion abdomino-pelvienne (fig. 565,1) disons-le tout de suite, est constamment située au-dessous du péritoine, du péritoine pariétal d’abord, puis du feuillet viscéral qui recouvre la vessie.
Immédiatement après sa sortie du canal inguinal, le canal déférent abdomino- pelvien décrit une courbe à concavité interne, qui embrasse la courbe à concavité supérieure que forme à ce niveau la portion initiale de l’artère épigastrique.
Puis (fig. 457,3), passant en dedans des vaisseaux iliaques externes il longe d’avant en arrière la face latérale de la vessie, croise obliquement, en passant au-dessus d’elle, l’artère ombilicale ou le cordon fibreux qui la remplace chez l’adulte, et arrive à la face postérieure du réservoir urinaire.
S’infléchissant alors en dedans (fig. 572,4 et 4’), il contourne la base des vésicules séminales et gagne son bord interne. Là, il s’infléchit de nouveau en avant et en dedans pour longer dans toute son étendue ce bord interne de la vésicule. Il se rapproche ainsi graduellement du canal déférent du côté opposé, finit par l’atteindre à la base de la prostate et, presque immédiatement après, se continue avec le canal éjaculateur. La limite respective des deux canaux, canal déférent et canal
Fig. 568.
Coupe transversale du canal déférent.
A, tunique celluleuse. — B, tunique musculeuse, avec : 1, couche longitudinale externe ; 2, couche circulaire ; 3, couche longitudinale interne. — C, tunique muqueuse, avec : 4, chorion muqueux ; 5, couche épithéliale.
VOIES SPERMATIQUES
éjaculateur, est marquée sur la paroi externe de ces deux canaux par un petit orifice, arrondi ou ovalaire, qui conduit dans la vésicule séminale correspondante (fig. 580,4).
Nous avons déjà dit plus haut que la portion rétro-vésicale du canal déférent était élargie, irrégulière, plus ou moins bosselée et avait reçu de Henle le nom Ü ampoule. Ses rapports sont les suivants : en avant, elle est directement appliquée contre la paroi vésicale; en arrière, elle répond au rectum, dont elle est séparée tout d’abord par le cul-de-sac recto-vésical et, au-dessous de ce cul-de-sac, par une membrane à la fois conjonctive et musculaire, l 'aponévrose prostato-péritonéale (voy. Muscles du périnée) ; en dehors, elle longe le côté interne de la vésicule séminale; en dedans, enfin, elle est séparée de l’ampoule du côté opposé par un espace triangulaire ou en forme de Y, le triangle inter dé férentiel, dont le sommet repose sur la prostate et dans faire duquel le rectum et la vessie sont presque en contact immédiat (fig. 573,9), n’étant séparés l’un de l’autre que par l’aponévrose prostatopéritonéale.
6° Constitution anatomique. — La paroi du canal déférent présente une épaisseur remarquable. Elle mesure un peu plus de 1 millimètre, tandis que la lumière du canal lui-même atteint à peine un demi-millimètre. Elle est formée par trois tuniques concentriques, qui se superposent comme suit, en allant de dehors en dedans (fig.
568) : une tunique celluleuse, une tunique musculeuse et une tunique muqueuse.
A. Tunique celluleuse. — La tunique celluleuse ou adventice (A) est essentiellement constituée par des éléments du tissu conjonctif, auxquelles viennent se mêler des vaisseaux, des filets nerveux et un certain nombre] de fibres lisses disposées parallèlement à l’axe du canal.
B . Tunique musculeuse. — La tunique musculeuse (B), remarquable par son développement, représente à elle seule les 4/5 de l’épaisseur de la paroi. Elle se compose de fibres musculaires lisses, disposées sur trois plans : 1° un plan superficiel , formé par des fibres longitudinales; 2° un plan profond , formé également par des fibres longitudinales, mais beau-
Fig. 569.
Coupe transversale du canal déférent de Thomme (d’après Szymonowicz).
1, tunique muqueuse, avec 2, son épithélium cilié. — 3, sous-muqueuse. — 4, couche des fibres musculaires circulaires. — 5, couche des fibres musculaires longitudinales. — 6, tunique celluleuse ou adventice. — 7, vaisseaux sanguins.
Fig. 570.
La muqueuse du canal déférent de l'homme, vue sur une coupe transversale à un fort grossissement (d’après Prenant).
On voit nettement sur celte coupe que l’épithélium est constitué par deux couches : une couche profonde d’éléments basaux et une couche superficielle d’éléments cylindriques ciliés.
coup plus faible que le précédent, souvent même peu reconnaissable; 3° un plan moyen , le plus développé des trois, comprenant des fibres circulaires. Romiti, dans ce plan moyen, a constaté encore l’existence de fibres disposées en réseau. Les éléments musculaires du canal déférent considérés à l’état d’isolement, représentent
220 p de longueur, sur une largeur de 9 à 10 \l (Kôllikek). Il sont unis les uns aux autres par un tissu conjonctif très serré.
C. Tunique muqueuse. — La tunique muqueuse du canal déférent (G), de coloration blanchâtre, épaisse de 1/5 à 1/4 de millimètre, présente quelques plis longitudinaux, qui s’effacent par la distension. Ces plis, toujours très irréguliers, lui donnent sur les coupes transversales un aspect plus ou moins festonné.
Histologiquement, la muqueuse déférentielle se compose, comme la muqueuse épididymaire à laquelle elle fait suite : 1° d’un chorion conjonctivo- élastique, surmonté sur sa face interne d’une membrane basale fort mince ; 2° d’un épithélium cylindrique cilié. Cet épithélium comprend deux couches de cellules : des cellules superficielles, à la fois très hautes (30 à 75 p)
et très minces, chacune avec un noyau très allongé et une garniture de cils très élevés ; des cellules profondes, de forme irrégulièrement cubique reposant directement sur le chorion entre les pieds des cellules superficielles. Les cellules profondes ne sont très probablement que des cellules de remplacement. Quant aux cellules superficielles, qui sont les plus importantes, peut-être même les seules actives, elles nous présentent dans leur cytoplasme des granulations graisseuses et des granulations pigmentaires. Ces cellules, d’après Myers-Wahd, présenteraient des phénomènes sécrétoires analogues à ceux que nous avons décrits plus haut (p. 575) dans l’épithélium de l’épididyme et des cônes defférents.
La muqueuse déférentielle est séparée de la tunique musculeuse par une sorte de sous-muqueuse très riche en fibres élastiques.
Au niveau de l’ampoule, la muqueuse présente des modifications importantes. Tout d’abord, elle s’épaissit légèrement, et de blanchâtre qu’elle était, devient peu à peu jaunâtre ou brunâtre. De plus, elle présente une multitude de plis plus ou moins saillants, qui, en s’anastomosant entre eux sous les angles les plus divers, donnent à la surface intérieure du canal un aspect réti-
Fig. 571.
Surface interne du canal déférent ouvert dans le sens de sa longueur (sujet de quarante ans, portion du canal formant la partie la plus élevée de l’ampoule).
VOIES SPERMATIQUES
culé et aréolaire (fig. 571). A son tour, l’épithélium diminue de hauteur et se charge de granulations foncées; c’est à ces granulations, de nature pigmentaire, que la muqueuse de l’ampoule est redevable de sa coloration spéciale.
Entre les plis précités de la muqueuse se trouvent des dépressions ou aréoles très variables en surface et en profondeur (fig. 571) : les grandes aréoles, circonscrites par les plis les plus élevés, sont divisées par des plis plus petits en aréoles secondaires et celles-ci en aréoles plus étroites encore. Les plus étroites de ces dépressions, disposées en cæcum de 20 à 30 p de largeur seulement, présentent une grande analogie avec les glandes utriculaires et ont été prises comme telles par certains histologistes, notamment par Henle. D’autres, avec Kolliker, les considèrent comme de simples dépressions de la muqueuse.
7° Vaisseaux et nerfs. — Les canaux déférents, dépourvus de glandes nettement différentiées, pour ainsi dire simples conduits vecteurs du sperme, sont relativement peu vasculaires.
a. Artères. — Les artères proviennent de la déférentielle, branche de la vésicale inférieure. Gëtte artère aborde le canal tout près de sa terminaison et, de là, l’accompagne jusqu’à son origine. Chemin faisant, elle fournit un grand nombre de rameaux, qui forment dans la tunique conjonctive un premier réseau. De ce réseau partent une multitude de ramuscules, qui viennent se résoudre en capillaires dans la tunique musculeuse et la tunique muqueuse.
b. Veines. — Les veines issues de ce réseau capillaire se rendent dans la tunique conjonctive, où, comme les artères, elles forment un réseau superficiel; Ce réseau donne naissance à de nombreuses branches, qui se rendent, les unes aux veines du cordon, les autres aux plexus séminal et vésico-prostatique.
c. Lymphatiques. — Les lymphatiques du canal déférent se disposent probablement en deux réseaux, l’un dans la tunique muqueuse, l’autre dans la tunique musculeuse : le réseau muqueux, toutefois, n’a pas encore été mis en évidence par les injections. Les troncs et troncules efférents naissent sur toute la longueur du conduit. Mais ils sont à la fois plus multipliés et plus volumineux à l’une et à l’autre de ses deux extrémités. Ils se rendent, en partie aux ganglions hypogastriques, en partie aux ganglions iliaques externes.
d. Serfs. — Les nerfs du canal déférent proviennent du plexus hypogastrique. Ils forment tout autour du canal déférent un riche plexus, qui depuis longtemps déjà à été figuré par Swan ( Nerves of human body, pl. V, 81 et pl. VI, 81). De ce plexus périphérique partent de nombreuses fibres qui pénètrent dans l’épaisseur du canal et y forment deux plexus, l’un destiné à la tunique musculeuse (pbxus myospermatique de Sccavunos), l’autre se rendant à la muqueuse. Timofeew a même décrit, pour la muqueuse du déférent, deux plexus distincts, l’un profond et l’autre superficiel ou sous-épithélial. Sclayunos a vu de fines fibrilles pénétrer jusque dans la couche épithéliale.
§ IL — Vésicule séminale
Les vésicules séminales (angl. Séminal vesicles , allem. Samenblasen) sont des réservoirs membraneux dans lesquels s’amasse le sperme au fur et à mesure de sa production, avant d’être projeté au dehors dans l’acte de l’éjaculation. Elles sont à la glande génitale ce que la vésicule biliaire est au foie, ce que la vessie est à
l’organe sécréteur de l’urine. Mais la vésicule séminale n’est pas seulement un organe de contention, c’est encore un organe sécréteur élaborant des produits de nature albuminoïde ou nucléinique qui s’ajoutent au sperme. Les vésicules manquent chez les marsupiaux et les monotrèmes, ainsi que chez les carnivores et les cétacés. Elles existent chez la plupart des autres mammifères, présentant un développement tout particulier chez les insectivores et chez les rongeurs.
1° Situation. — Au nombre de deux, l’une droite, l’autre gauche, les vésicules séminales sont profondément situées dans l’excavation pelvienne (fig. 572, 3 et 3’),
entre la vessie et le rectum, immédiatement au-dessus de la base de la prostate, avec laquelle elles sont intimement unies par leur extrémité inférieure.
2° Dimensions. — Les vésicules séminales mesurent en moyenne de 5 à 6 centimètres de longueur, sur 16 millimètres de largeur et 6 millimètres d’épaisseur.
Leur volume, du reste, est très variable et cette variabilité est vraisemblablement en rapport avec l’activité fonctionnelle de la glande génitale : les vésicules séminales s’atrophient après l’extirpation des testicules et, dans un cas de Cruveiliiier, où il n’existait qu’un seul testicule, la vésicule correspondant à celui des testicules qui faisait défaut se trouvait réduite à des proportions rudimentaires.
C’est pour la même raison que le réservoir spermatique est tout petit cnez reniant, dont la glande séminale est encore à l’état inerte, et diminue de volume chez le vieillard, alors que la fonction spermatique, sans être complètement éteinte, a beaucoup perdu de son activité.
3° Conformation extérieure et rapports. — Vues extérieurement avec ou sans injection préalable (fig. 572, 3 et 3’), les vésicules séminales s’olfrent à nous sous la forme de corps allongés, légèrement aplatis d’avant en arrière, coniques ou plutôt piriformes, dont la base regarderait en haut et dont le grand axe serait obliquement dirigé de haut en bas, d’arrière en avant et de dehors en dedans.
a. Leurs différentes régions. — On leur considère, en conséquence : 1° deux faces ; 2° deux bords ; 3° une base; 4° un sommet.
a) Les deux faces se distinguent en antérieure et postérieure . — La face antérieure, que l’on ferait mieux d’appeler antéro-supérieure , répond au bas-fond de la vessie, auquel elle est lâchement unie. En haut, elle est séparée de la paroi vésicale par la portion terminale de l’uretère, qui la croise obliquement (voy. Ure-
Fig. 572.
Les vésicules séminales et les canaux déférents, vus en place par leur face postérieure.
1, vessie. — 2, prostate. — 3, 3’, vésicules séminales. — 4, 4’, canaux déférents. — 5, canaux éjaculateurs. — 6, 6’, uretères. — 7, 7, cul-de-sac périvésical du péritoine. — 8, triangle interdéférentiel, en rapport direct avec le rectum dont il est séparé seulement par l’aponévrose prostato-péritonéale.
(Les deux croix -J- •}•) indiquent le point où les uretères s’engagent dans la paroi vésicale).
VOIES SPERMATIQUES
1ère). — La face postérieure ou mieux postéro-inférieure repose (fig. 573) sur la partie moyenne du rectum : entre les deux organes s’interpose seulement l’aponévrose prostato-péritonéale (voy. Aponévroses du périnée). Ce dernier rapport nous explique la possibilité d’explorer les vésicules séminales à l’aide du doigt introduit dans le rectum. Il nous explique aussi comment il se fait qu’au moment de la défécation, le cylindre fécal comprime les vésicules séminales et provoque ainsi une expulsion de son contenu chez les sujets atteints de spermatorrhée.
P) Les deux bords, à leur tour, se distinguent en externe et interne. — Le bord externe , plus ou moins convexe, répond au plexus veineux vésico-prostatique.
Fig. 573.
Coupe horizontale de la vessie et des vésicules séminales, passant par l'orifice inférieur des uretères (homme de trente-six ans, vessie préalablement distendue par une injection de suif).
1, surface intérieure de la vessie. — 2, 2’, uretères. — 3, bourrelet iuteruretérique. — 4, bas-fond. — 5, vésicules séminales, avec leurs cellules. — 6, canaux déférents (portion ampullaire). — 7, triangle interdéférentiel. — 8, rectum. — 9, aponévrose prostato-péritonéale. — 10, atmosphère conjonctivo-musculeuse, enveloppant les vésicules et le canal déférent. — 11, 11, tissu cellulaire du bassin.
Le bord interne longe dans toute son étendue, la portion terminale ou ampoule du canal déférent. Il est séparé du bord interne de la vésicule du côté opposé par un espace triangulaire qui répond à la base de la vessie, c’est le triangle interséminal.
y) La base , irrégulièrement arrondie, répond, en arrière, au feuillet viscéral du péritoine, qui l’applique contre la vessie et qui, après avoir recouvert la vésicule dans une étendue de 10 à 15 millimètres, se recourbe en haut pour tapisser la face antérieure du rectum.
6) Le sommet, toujours rétréci, constitue le col de la vésicule. Il répond à la base de la prostate et nous présente un orifice, arrondi ou elliptique (fig. 580, 4), par lequel la vésicule séminale s’ouvre dans l’origine du canal éjaculateur.
b. Leur aspect extérieur. — Les vésicules séminales nous présentent, sur toute leur surface extérieure, une série de sillons plus ou moins profonds et de directions fort diverses. Ces sillons, en se réunissant les uns aux autres, délimitent un système de saillies, comme eux très irrégulières, qui donnent au réservoir spermatique un aspect bosselé caractéristique. Nous verrons tout à l’heure quelle est la signification de ces bosselures.
c. Leur atmosphère cellulo -musculeuse. — Enfin, les vésicules séminales et la portion des canaux déférents qui leur est contiguë sont plongés dans une atmos-
ANATOMIE HUMAINE. — T. IV. 6e ÉDIT.
APPAREIL URO-GÉNITA L
phère cellulo-musculeuse, qui est essentiellement constituée par des fibres musculaires lisses diversement entrecroisées et unies à une quantité plus faible de libres conjonctives et de fibres élastiques (fig. 573, 10). Cette atmosphère cellulo-musculeuse a certainement pour effet <de fixer les vésicules dans la position qu’elles occupent; mais elle a aussi pour rôle, quand ses éléments musculaires se contractent, de les comprimer et, par suite, de chasser au dehors le liquide qu’elles renferment. Les faisceaux musculaires jetés tout autour des vésicules séminales deviennent ainsi, au même titre que ceux qui sont contenus dans leurs parois, de véritables muscles expulseurs du sperme.
4° Conformation intérieure. — La vésicule séminale, sur sa surface intérieure, est encore plus irrégulière que sa surface extérieure.
Lorsqu’on l’ouvre au ciseau, ou lorsqu’on la débite en coupes sériées après
Fig. 576.
Une portion de la vésicule séminale, durcie et ouverte, vue par sa face interne (d’après Ebner).
l’avoir convenablement durcie ou congelée . (fig. 574, A et B), on constate que sa cavité, cloisonnée à l’infini, se décompose en une multitude de cellules, communiquant toutes les unes avec les autres, mais toujours très irrégulières quant à leur orientation, leur forme et leurs dimensions.
D’autre part, les parois de ces cellules examinées à la loupe, au lieu d’être lisses et unies comme le sont celles de la vésicule biliaire, nous apparaissent comme hérissées de petits replis qui, en se réunissant les uns aux autres, donnent à ces parois un aspect réticulé : autrement dit, les grandes cellules ou cellules de premier ordre qui constituent la vésicule se divisent en des cellules de second ordre et celles-ci en des cellules plus petites encore ou cellules de troisième ordre.
Fig. 574.
Le canal déférent et la vésicule séminale : A, vus en coupe longitudinale : B, vus en coupe horizontale.
1, canal déférent. — 2, sa portion terminale ou ampullaire. — 3, vésicule séminale, avec 3’, ses cloisons. — 4, sa portion terminale. — 5, canal éjaculateur.
VOIES SPERMATIQUES 611
Cette disposition est exactement celle que nous avons rencontrée dans l’ampoule du canal déférent.
5° Déroulement de la vésicule. — La vésicule séminale est, comme le lobule spermatique, comme les cônes efférents, comme le vas aberrans de Haller, une formation tubuleuse diversement infléchie et pelotonnée.
Il importe donc, pour prendre une notion exacte de son mode de constitution, de la dérouler préalablement, opération que ment par la dissection le tissu conjonctif et musculaire qui réunit les unes aux autres les nombreuses bosselures de sa surface extérieure.
Le déroulement une fois effectué (fig. 576), on constate que la vésicule est formée maintenant par un long tube, le tube séminal, qui présente 6 à 8 millimètres de diamètre et qui atteint de 12 à 20 centimètres de longueur, quelquefois plus; Ce tube, quoique déroulé, reste flexueux, mal calibré, c’est-àdire rétréci sur certains points, renflé sur d’autres. De plus, il donne naissance latéralement à des prolongements diverticulaires, dont la disposition varie beaucoup selon les sujets, mais qui sont toujours fort nombreux. Les uns, relativement très courts, sont de simples cæcums (4), rappelant exactement ceux des canaux séminifères. Les autres, longs de 3 ou 4centimètres ou même plus (3), sont de véritables conduits, représentant des ramifications secondaires du conduit principal. Comme ce dernier, ils sont moniliformes, infléchis sur eux-mêmes une ou plusieurs fois, munis ou non de cæcums et complètement fermés à leur extrémité libre.
6° Constitution anatomique. — La vésicule séminale, que nous pouvons considérer comme un simple diverticule de la portion ampullaire du canal déférent, nous présente exactement la même structure que ce dernier conduit. Ses parois, comme celles de l’ampoule, se composent de trois tuniques concentriques qui sont, en allant de dehors en dedans : une tunique celluleuse, une tunique musculeuse et une tunique muqueuse.
A. Tunique celluleuse. — La tunique celluleuse, relativement mince, constitue V adventice de la vésicule. Elle est très riche en vaisseaux et en nerfs.
B. Tunique musculeuse. — La tunique musculeuse se compose, ici encore, de fibres lisses disposées sur trois plans : un plan moyen, comprenant des fibres circulaires ; un plan interne et un plan externe , dans lesquels les fibres affectent une direction longitudinale. Cette tunique musculeuse, quoique très épaisse (elle repré-
l’on pratique en enlevant soigneuse-
Fig. 576.
Vésicule séminale droite, déroulée et vue par sa face postérieure (sujet de quarante ans, injection préalable au suifj.
1, canal déférent, avec 1’, son ampoule. — 2, vésicule séminale, avec : 3, ses prolongements latéraux ; 4, ses renflements en forme de cæcum ; 5, les bosselures de sa paroi. — 6, réunion de la vésicule avec le canal déférent. — 7, canal^éjaculateur.
(L’horizontale xx indique le niveau de l’extrémité supérieure de la vésicule, avant le déroulement).
sente à elle seule plus des deux tiers de l’épaisseur de la paroi), est cependant beaucoup moins développée que sur le canal déférent.
Fig. h 77.
Vésicule séminale d’un jeune taureau, vue en coupe transversale (d’après Limon).
i, membrane basale. — 2, cellules banales formant une couche continue sur le côté même de la basale. — 3, cellules cylindriques, avec 4, leurs noyaux. — 5, cavité de la vésicule séminale.
C. Tunique muqueuse. — - La tunique muqueuse, épaisse de 1 millimètre environ, nous présente une coloration blanchâtre ou blanc jaunâtre. Elle se compose,
comme toutes les muqueuses, d’un chorion et d’une couche épithéliale.
a. C horion, — Le chorion est mince, essentiellement formé par des faisceaux du tissu conjonctif, auxquels se mêlent un grand nombre de fibres élastiques.
b. Épithélium. — L’épithélium des vésicules séminales a été bien décrit par Limon en 1901. Depuis, il a été étudié à nouveau, chez l’homme et chez les animaux, par un certain nombre d’histologistes, parmi lesquels je citerai Hendrich (1905), Petersen (1907) et de Bonis (1909).
Il se compose essentiellement d’une assise très régulière de cellules cylindriques, quatre ou cinq fois plus hautes que larges, reposant par leur base sur une membrana propria fort mince, mais cependant bien visible. Leur noyau est volumineux, arrondi ou ovalaire, occupant la partie moyenne de la cellule. Quant au protoplasma, il est finement granuleux, renfermant presque toujours, avec quelques rares gouttelettes de graisse, un certain nombre de grains de sécrétion qui sont le produit propre de la cellule : ces grains de sécrétion se montrent tout d’abord dans la zone périnucléaire; puis, au fur et à mesure que leur nombre augmente, ils se rapprochent de l’extrémité libre de la cellule pour se jeter finalement dans la cavité même de la vésicule.
Outre les cellules cylindriques que nous venons de décrire et qui constituent la partie sécrétante des vésicules séminales, la muqueuse de ces vésicules nous présente une deuxième couche de cellules dites basales , qui sont comprimées entre le chorion et les pieds des cellules cylindriques. Leur signification, n’est pas encore nettement élucidée, mais ce qui est certain c’est qu’on les voit subir peu à peu la dégénérescence graisseuse et constituer alors, à la surface profonde de l’épithélium, de grosses masses sphéroïdales prenant sous l’action de l’acide
Fig. 578.
Epithélium des vésicules séminales du taureau, vu en coupe verticale (d’après Limon).
i, membrane basale. — 2, cellules cylindriques, avec : 3, leur noyau. — 4, granulations graisseuses. — K, une cellule cylindrique dégénérée. — 6, cellules basales ayant subi la dégénérescence graisseuse.
VOIES SPERMATIQUES
osmique une teinte d’un noir intense. La figure ci-dessus (fig. 578) nous montre très nettement les grosses cellules basales.
L’épithélium des vésicules séminales sécrète donc des granulations d’une nature spéciale et, d’autre part, produisent de la graisse : les vésicules deviennent ainsi de vrais organes de sécrétion et l’on comprend que Disselhorst ait proposé de les désigner sous le nom de glandes vésiculaires.
Les grains de sécrétion des cellules cylindriques, nous l’avons déjà dit plus haut, passent dans le contenu des vésicules, dont ils modifient naturellement la composition chimique et la valeur fonctionnelle. Quant à la graisse que produisent les cellules basales, elle peut se saponifier et passer à l’état, dissous dans les cellules cylindriques : là, elle peut se reconstituer par synthèse et être excrétée ainsi, ou bien être élaborée par la cellule et entrer dans la constitution des lécithines qui forment une part importante de la substance des spermatozoïdes (Limon).
Le liquide élaboré par les vésicules séminales, et aussi par les ampoules des canaux déférents , paraissent avoir un triple rôle :
1° diluer le sperme qu’apporte à la vésicule le canal déférent et favoriser ainsi sa progression, soit dans le canal uro-génital de l’homme, soit dans les poches sexuelles de la femme ; 2° subvenir aux besoins nutritifs des spermatozoïdes, pendant tout le temps que durera leur séjour dans la vésicule ;
3° accroître leur vitalité ; on sait que les spermatozoïdes peuvent vivre plusieurs heures dans la vésicule après la mort de l’individu.
Si l’on veut bien se rappeler que des phénomènes sécrétoires, analogues à ceux que nous présentent les vésicules séminales, ont été observés aussi dans l’épithélium des cônes efférents, du canal épididymaire et du canal déférent, on en conclura que l'appareil excréteur du sperme n’est pas seulement un conduit vecteur, mais encore un appareil glandulaire, ayant pour fonctions de jeter continuellement dans le conduit précité des produits destinés à la nutrition et peut-être .aussi au développement des spermatozoïdes. Gomme le fait remarquer fort judicieusement Limon, le spermatozoïde au sortir des canaux testiculaires « est très pauvre en protoplasma et encore ce protoplasma est-il différencié en majeure partie en un organe du mouvement. Cet élément, inférieur en cela à l’élément sexuel femelle, ne pourra trouver en lui-même le viatique nécessaire pour accomplir ce long voyage depuis le tube séminifère jusqu’aux parties génitales femelles où s'opère la fécondation ». Eh bien, ce qu’il ne peut trouver en lui-même, il le trouve dans le milieu extérieur où il chemine, sous la forme des produits divers que jette sur son passage l’épithélium de l’appareil excréteur, lequel devient ainsi, pour les spermatozoïdes, une sorte d’appareil nutritif.
7° Contenu. — Les vésicules séminales renferment, naturellement, le liquide spermatique que leur apportent continuellement les canaux déférents. Mais à ce liquide spermatique provenant de la glande génitale s’ajoute toujours une certaine quantité de mucus, produit de sécrétion de la muqueuse des vésicules.
Le contenu des vésicules est « ordinairement de consistancecrémeuse demi-liquide, sans viscosité proprement dite ni état filant, parfois un peu grumeleux ou granuleux au toucher ou même de la consistance d’une gelée » (Ch. Robin). Sa couleur, très variable, est suivant les cas, gris blanchâtre, blanc jaunâtre, ou même grisâtre.
Il renferme, comme éléments figurés : 1° des spermatozoïdes, en plus ou moins grande abondance ; 2° un certain nombre de leucocytes, isolés ou en amas; 3° des grains d’hémoglobine amorphe ; 4° des granulations graisseuses ; 5° des concrétions, arrondies, plus ou moins irrégulières, auxquelles Robin a donné le nom de sympexions. Le diamètre de ces concrétions varie de 1 centième de millimètre à
L’épithélium sécréteur de la vésicule séminale (d’après Petersen).
1, 1, deux cellules superficielles cylindriques, avec un protoplasme finement réticulé «pas de granulationsi. — 2, leur noyau. — 3, 3, deux autres cellules superficielles pleines de grains de sécrétion. — 4, une cellule basale. — 5, cavité de la vésicule.
1 ou même 2 millimètres. Dans la substance hyaline qui les compose se trouvent souvent englobés des spermatozoïdes et même des leucocytes.
8° Vaisseaux et nerfs. — Portion différenciée du canal déférent, la vésicule séminale, comme ce dernier n’a pas une vascularisation et une innervation qui lui appartiennent en propre . Ses vaisseaux et ses nerfs viennent des troncs voisins.
a. Artères. — Les artères, destinées aux vésicules séminales, sont fournies par la vésicale inférieure et par l’hémorrhoïdale moyenne, deux branches de l’iliaque interne.
b. Veines. — Les veines, remarquables à la fois par leur nombre et par leur volume, forment à la surface extérieure des vésicules séminales, dans l’atmosphère conjonctive et musculeuse qui les engaine, une sorte de plexus, le plexus séminal, que viennent grossir de nombreuses veines issues de la face postérieure de la vessie. Il se continue en bas et en avant (fig. 471) avec le plexus vésicoprostatique.
c. Lymphatiques. — Les lymphatiques proviennent de deux réseaux, un réseau muqueux et un réseau musculaire. Comme les veines, ils forment tout autour des vésicules séminales un riche réseau. De ce réseau naissent, à droite et à gauche, deux ou trois troncs, lesquels viennent se jeter ensuite dans les ganglions situés sur la partie latérale du bassin : les uns dans les ganglions hypogastriques; les autres dans les ganglions postérieurs de la chaîne iliaque externe. Les lymphatiques de la vésicule entrent en relation avec ceux du canal déférent, ceux de la prostate et ceux de la vessie.
d. Nerfs. — Les nerfs, également fort nombreux, émanent du plexus hypogastrique. Ils se dirigent vers le côté externe de la vésicule, où ils forment un riche plexus, le plexus séminal. Sur les mailles de ce plexus se disposent de nombreux ganglions (Frankel), ordinairement de petites dimensions, mais toujours plus volumineux dans la partie du plexus qui avoisine la prostate. Les fibres nerveuses qui émanent du plexus séminal se divisent en motrices et sensitives, les premières se terminant dans la tunique musculeuse de la vésicule, les secondes se rendant à la muqueuse. Leur mode de terminaison n’est pas encore connu.
§ III. — Canal éjaculateür
Au nombre de deux, l’un droit, l’autre gauche, les canaux éjaculateurs résultent de la réunion, à angle très aigu, de l’ampoule du canal déférent et de la vésicule séminale (fig. 576, 7). Ils ont pour fonction d’amener dans le canal de l’urèthre le sperme accumulé dans ces deux réservoirs.
1° Trajet. — Les deux canaux éjaculateurs se portent obliquement de haut en bas et d’arrière en avant. Peu après leur origine, ils pénètrent dans l’épaisseur de la prostate et viennent s’ouvrir, par deux petits orifices elliptiques, ordinairement peu visibles, sur la partie antérieure du véru montanum, à gauche et à droite de l’utricule prostatique (fig. 488, 8). Exceptionnellement ils s’ouvrent dans l’utricule lui-même. Morgagni et Dolreau ont observé ce dernier mode de terminaison.
On a vu encore les canaux éjaculateurs s’ouvrir sur le véru montanum par un orifice commun et, dans un cas probablement unique, observé par Cruveilhier, les deux canaux se fusion-
VOIES SPERMATIQUES
naient, au niveau de la réunion des racines des corps caverneux, en un canal unique qui longeait d’arrière en avant le dos de la verge et venait s’ouvrir à la base du gland. Dans ce dernier cas, il existait réellement deux canaux médians et superposés ; un canal supérieur ou canal génilal et un canal inférieur ou canal urinaire.
2° Dimensions. — Les conduits éjaculateurs ont une longueur totale de 20 à 25 millimètres.
Leur calibre mesure, en arrière, lmm,5. Il diminue ensuite graduellement au fur et à mesure qu’on se rapproche de l’urèthre, de façon qu’à l’extrémité terminale du conduit, il ne présente plus que 0mm,5 de diamètre.
Chacun des deux canaux éjaculateurs revêt donc, dans son ensemble, la forme d’un cône très allongé : il est, comme le canal déférent lui-même, mais à un degré moindre et dans un sens différent, légèrement irifundibuliforme.
3° Rapports. — A leur origine et dans une étendue de quelques millimètres seulement, les canaux éjaculateurs sont libres au-dessus de la base de la prostate, baignant à ce niveau dans cette atmosphère conjonctivo musculeuse dont nous avons signalé plus haut l’existence autour des vésicules séminales.
Dans tout le reste de leur trajet (fig. 580), ils cheminent en plein tissu prostatique, plus ou moins accolés l’un à l’autre, mais jamais confondus. En arrivant au véru montanum, quelquefois plus tôt, il s’écartent un peu l’un de l’autre pour livrer passage à l’utricule prostatique (p. 519), qui suit à peu près la même direction.
Canaux éjaculateurs et utricule prostatique occupent le centre d’un canal commun que leur forme la prostate : ils sont entourés d’une masse de tissu caverneux, qui s’interpose entre eux et le tissu prostatique (fig. 581, 5,5) et dont nous verrons tout à l’heure le mode de formation.
4° Constitution anatomique. — Les conduits éjaculateurs présentent la même structure fondamentale que les canaux déférents, auxquels ils font suite. Nous retrouvons ici les trois tuniques celluleuse , musculeuse et muqueuse :
A. Tunique celluleuse. — La tunique celluleuse ou adventice , présente tout d’abord, dans la portion extra-prostatique du conduit, les mêmes caractères histologiques que sur le canal déférent. Plus bas, à l’entrée du conduit dans la prostate, la tunique celluleuse se confond, d’une part avec le tissu caverneux, d’autre part avec le tissu conjonctif de la glande.
B. Tunique musculeuse. — La tunique musculeuse nous présente encore, dans la portion extra-prostatique du canal éjaculateur, les trois plans de fibres qui caractérisent celles des canaux placés en amont. Mais, en pénétrant dans l’épaisseur de la prostate, cette tunique subit des modifications importantes. Le plan des fibres longitudinales internes persiste encore, quoique sensiblement atténué. Quant aux deux autres plans, ils se laissent envahir par des fibres élastiques et par de gros vaisseaux veineux, qui dissocient les strates musculaires et les transforment
Fig. 580.
Coupe sagittale passant un peu à droite de la ligne médiane.
1, ampoule du canal déférent droit. —
2, origine du conduit éjaculateur droit. —
3, vésicule séminale droite, réséquée à sa partie moyenne. — 4, orifice par lequel la vésicule séminale s’ouvre dans le conduit éjaculateur. — 5, vessie, avec 5’, le basfond. — 6, urèthre. — 7, prostate.
en un véritable tissu caverneux (fig. 581), lequel se continue du reste, au niveau du véru, avec la tunique vasculaire de l’urèthre.
C. Tunique muqueuse. — - La tunique muqueuse, considérée à la partie supérieure du conduit, nous offre exactement les mêmes caractères que celle qui revêt le canal déférent et la vésicule séminale : elle est jaunâtre, irrégulièrement plissée, aréolaire. En se rapprochant de l’urèthre, elle prend peu à peu une coloration blanchâtre ; en même temps, elle devient plus molle, plus mince, plus unie, presque lisse.
Son revêtement épithélial varie avec l’âge. Chez le fœtus et chez le nouveau-né,
il est cylindrique simple dans la plus grande partie de son étendue; ce n’est qu’au voisinage de l’abouchement du canal dans l’urèthre, qu’il devient pavimenteux stratifié , comme celui qui revêt le véru montanum. Vers le milieu de la deuxième année, cet épithélium pavimenteux est remplacé peu à peu (Balli, 1909) par l’épithélium cylindrique stratifié de la muqueuse uréthrale, de telle sorte que, chez l’adulte, le revêtement épithélial des canaux éjaculateurs est cylindrique dans toute l’étendue du canal. Il se passe ici, comme on le voit, quelque chose d’analogue à ce que nous avons décrit plus haut à propos de l’utricule prostatique, dont l’épithélium est pavimenteux stratifié chez le nouveau-né, cylindrique stratifié chez l’enfant et chez l’adulte.
Chez l’adulte, les cellules épithéliales des canaux éjaculateurs, comme celles du déférent, ont un rôle sécrétoire : leur produit de sécrétion, déversé dans le canal, devient un des éléments du sperme.
Fig. 581.
Les deux canaux éjaculateurs, vus sur une coupe transversale du véru montanum passant immédiatement en arrière de l’orifice de l’utricule prostatique (d’après Henle).
2, tissu caverneux de l’urèthre. — 3, muqueuse uréthrale. — 4, utricule prostatique. — 5, 5, les deux canaux éjaculateurs.
5° Vaisseaux et nerfs. — Dans leur portion extra-prostatique, les canaux éjaculateurs reçoivent des artérioles de l’artère vésicale inférieure et des filets nerveux du plexus hypogastrique. Plus bas, dans leur portion prostatique, leur circulation et leur innervation se confondent avec celles de la prostate.
Voyez, au sujet des voies spermatiques : Brissaud, Etude anatomo-pathologique sur les effets de la ligature du canal déférent, Arch. de Physiol. 1880 ; — Pellacani, Délia struttura del funicolo spermatico in diversi periodi délia vita, Rev. sper. di Freniatria, 1883 et 1884 ; — Kayser, Untersuch. über die Bedeutung der Samenblasen, Inaug. Dissert., Berlin, 1889 ; — Oudemans, Die accessorischen Geschlechtsdrüsen der Süugethiere, Harlem, 1892; — Steinach, B eitr. zur Physiol. der Samenblasen, Pfuger’s Arch. , 1894; — Lode, Experim. Beitr. zur Physiol. der Samenblasen, Sitz. d. K. Akad. d. Wiss., Wien, 1895; — Guelliot, Des vésicules séminales, anatomie et pathologie, Th. Paris, 1882 (cette thèse renferme une bibliographie détaillée) ; — Romiti, Sulla struttura del con- ■dotto deferente umano, Atti délia Soc. tosc., 1896 ; — Camus et Gley, La vésiculase et fonction des glandes vésiculaires , C. R. Soc. Biol., 1897 ; — Dissf.lhorst, Die accessorischen Geschlechtsdrüsen der Wirbelthiere, Wiesbaden, 1897 ; — Myers-Waru. Prelim. note on the structure and function of the epididymis and vas deferens in the higher mammalia, Jouru. of Anat. and Physiol., vol. XXXII, 1897 ; — Ivanoff, La fonction de la vésicule séminale et de la glande prostatique dans l'acte de la fécondation , Arch. de Physiol. norm. et path., 1900; — Félix, Zur Anat. des Ductus ejaculatorius, der ampulla ductus deferentis und der vesicula seminalis des erwachsenen Mannes, Anat. Hefte, 1901 ; — Limon, Note sur V épithélium des vésicules séminales et de l'ampoule des canaux déférents du taureau, Journ de l’Anat., 1901; — Akutzu, Beitr. z. Innervation der Samenblase beim Meerschweinchen, Pflüger’s Arch., 1903; — Hendrich, Vergl. makr. u. mikr. Unters. ub die Samenblasen u. d. Ampullen der Samenleiter bei den Haussàugetiere , etc. Internat. Monatsschr., 1905 ; — Illing, Befund in d. Gland, vesicul. u. d. Gland, ductus deferentis des Rindes, Arch. f. mikr. Anat., Bd. LXVÎ, 1905 ; — Petersen, Beitr. z. mikr. Anat. der vesicula semi-
VERGE OU PÉNIS
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