ARTICLE IV VERGE OU PÉNIS
La verge ou pénis (angl. et allem. Pénis) est l’organe de la copulation chez l’homme : elle a pour fonction, dans l’acte du coït, de porter le sperme dans les parties génitales de la femme parcourues par l’ovule et de favoriser ainsi la fécondation. Elle est essentiellement constituée par des formations érectiles et c’est à leur présence qu’elle doit de pouvoir remplir la fonction importante qui lui est dévolue.
§ 1. — Considérations générales
1° Situation. — Envisagé dans la série des mammifères, l’organe copulateur du male se trouve constamment situé en avant de l’anus.
Chez les monotrèmes et les marsu piaux, il est logé dans l’intérieur même du cloaque.
Chez les autres mammifères, il est extérieur, prenant naissance entre l’anus et la symphyse pubienne.
Chez la plupart d’entre eux, il s’avance jusqu’à cette symphyse et là se comporte de deux façons : ou bien il se dirige du côté de l’ombilic, plus ou moins enveloppé dans un repli tégumentaire qui le rattache à la ligne blanche abdomi-
nale; ou -bien, se dégageant des parties profondes, il s’infléchit sur lui-même et pend librement au-devant du pubis.
Cette dernière disposition est celle qu’on observe chez tous les
Fig. 582.
Coupe médio-verticale de la verge chez l'homme (segment droit de la coupe).
1, symphyse pubienne. — 2, espace prévésical. — 3. paroi abdominale. — 4, vessie. — 5, ouraque — 6, vésicule séminale et canal déférent. — 7, prostate. — 8, plexus de Santorini. — 9, sphincter vésical. — 10, ligament suspenseur de la Arerge. — 11, verge à l’état de flaccidité. — 12 (en pointillé), verge à l'état d’érection. — 13, gland. — 14, bulbe de l’urèthre. — 15, cul-de-sac du bulbe, a, urèthre prostatique. — b, urèthre membraneux. — c, urèthre spongieux.
singes anthropoïdes. C’est aussi celle que nous rencontrons
ANATOMIE HUMAINE. — T. IV, 6e ÉDIT.
chez l’homme. Chez lui, le pe'nis est situé immédiatement au-dessus des bourses, au-devant de la symphyse pubienne, à laquelle il est solidement fixé, comme nous le verrons plus loin, par deux ligaments, l’un fibreux, l’autre élastique.
2° Direction et division. — La verge prend naissance à la partie antérieure du périnée, dans la loge que circonscrivent l’aponévrose superficielle et l’aponévrose moyenne.
Elle se dirige tout d’abord, comme les branches ischio-pubiennes elles-mêmes, obliquement en haut et en avant, du côté de la symphyse. Là, elle se dégage de la région profonde, devient libre et s’entoure alors d’une enveloppe cutanée.
Nous pouvons donc lui considérer deux portions : une portion postérieure ou périnéale , une portion antérieure ou libre. Cette portion antérieure constitue la verge proprement dite. A l’état de repos ou de flaccidité (fig. 582, 11), elle est molle, verticalement descendante, formant avec la portion périnéale un angle aigu, que l’on désigne sous le nom d 'angle pénien. A l’état d’érection (fig. 582, 12), elle devient dure, turgescente, à la fois beaucoup plus longue et plus volumineuse. En même temps elle se relève du côté de l’abdomen et, ainsi relevée, prolonge la direction de la portion périnéale : la verge, dans son ensemble, décrit alors une longue courbe, dont la concavité, peu accentuée, regarde en haut et en arrière.
3° Dimensions. — Les dimensions de la verge sont naturellement fort différentes suivant qu’on la considère à l’état de repos ou à l’état d’érection.
Dans le premier cas, sa longueur, mesurée de la symphyse à l’extrémité antérieure du gland, est de 10 à 11 centimètres, 2 ou 3 centimètres en plus chez le vieillard. Sa circonférence, mesurée à sa partie moyenne, est de 8 ou 9 centimètres.
Dans le second cas, lorsque les aréoles des organes érectiles sont gorgés de sang, la verge, toujours dans sa portion présymphysienne, mesure en moyenne 15 ou 16 centimètres de longueur sur 10 ou 12 centimètres de circonférence.
§ 1 1 . — Conformation extérieure et rapports
On considère au pénis une partie moyenne ou corps et deux extrémités, l’une antérieure, l’autre postérieure.
1° Corps. — Le corps a la forme d’un cylindre un peu aplati d’avant en arrière. Il nous présente, par conséquent : 1° une face supérieure , que l’on désigne généralement sous le nom de dos de la verge ; 2° deux bords latéraux, arrondis et mousses; 3° une face inférieure, dont la partie médiane se soulève, au moment de l’érection, en une saillie longitudinale formée par l’urèthre.
2° Extrémité postérieure. — L’extrémité postérieure ou racine de ta verge se trouve profondément située dans l’épaisseur du périnée. Elle est fixée à la paroi antérieure du bassin, d’une part par l’insertion des corps caverneux aux branches ischio-pubiennes, d’autre part par un ligament spécial, le ligament suspenseur de la verge.
Ce ligament (fig. 583, 1) revêt la forme d’une lame triangulaire, dont le sommet, dirigé en haut, s’insère à la fois sur la partie supérieure de la symphyse et sur la partie avoisinante de la ligne blanche abdominale. De là, il se porte en bas et en avant, en s’élargissant graduellement à la manière d’un éventail. Parvenues sur la face dorsale de la verge au niveau de l’angle pénien, les fibres constitutives du
VERGE OU PENIS
ligament suspenseur se divisent en médianes et latérales. Les fibres médianes se fixent à l’albuginée des corps caverneux, à droite et à gauche de la veine dorsale de la verge. Les fibres latérales forment deux lamelles blanchâtres qui, s’écartant l’une de l’autre, contournent latéralement les corps caverneux et se rejoignent au-dessous d’eux, constituant ainsi une sorte de sangle (fig.
587, 8’) qui supporte la verge et détermine la formation de l’angle pénien.
Le ligament suspenseur de la verge se compose presque exclusivement de fibres élastiques. Le plus grand nombre de ces fibres se fixent à l’enveloppe fibreuse de la verge; les. autres, descendant plus bas, se perdent dans le raphé des bourses (fig. 556, 5).
En arrière du ligament suspenseur,
la racine de la verge est encore fixée
Fig. 583.
Le ligament suspenseur de la verge, vu par son côté gauche.
à la paroi antérieure du bassin par un système de faisceaux conjonctifs-, dont l’ensemble constitue le ligament fibreux du pénis de Luschka (fig. 583,
10). Ces faisceaux sont à la fois très épais et très courts : sur les côtés, ils unissent l’enveloppe fibreuse de la verge à l’arcade pubienne; sur la ligne médiane, ils rattachent l’urèthre à la partie inférieure de la symphyse et à l’aponévrose périnéale moyenne.
1. ligament suspenseur de la verge (en jaune). — 2, sa moitié gauche, contournant le corps caverneux correspondant et se réunissant, en 2’, avec celui du côté opposé. — 3, fibres de ce ligament, descendant dans la cloison des bourses. — 4, portion périnéale de la verge. — 5, sa portion libre. — 6, angle pénien. — 7, ligne blanche abdominale. — 8, symphyse pubienne. — 9, aponévrose périnéale moyenne. — 10, ligament fibreux du pénis. — 11, aponévrose périnéale inférieure. — 12, aponévrose prostato-péritonéale. — 13, vessie. — 14, prostate.
3° Extrémité antérieure. — L’extrémité antérieure de la verge est constituée par le gland , lequel est plus ou moins recouvert par un repli, moitié muqueux, moitié cutané, appelé prépuce.
A. Gland. — Le gland est une saillie conoïde formée, comme nous le verrons plus loin (p. 627), par un renflement du corps spongieux de l’urèthre. Il nous offre à considérer un sommet , une base et une surface extérieure :
a. Sommet. — Son sommet, dirigé en avant/nous présente (fig. 584, 2) une fente verticale de 6 à 8 millimètres de hauteur, le méat urinaire. Nous l’avons déjà décrit à propos de l’urèthre.
b. Base. — Sa base est fortement oblique de haut en bas et d’arrière en avant, autrement dit est taillée en biseau aux dépens de la face inférieure. D’autre part, comme son diamètre est supérieur à celui du corps du pénis, il déborde partout ce dernier, formant autour .de lui un relief circulaire qui constitue ce qu’on appelle la couronne du gland (fig. 585, 1’). Ce relief est beaucoup plus prononcé du côté de la face dorsale du pénis que du côté de sa face inférieure. Il est délimité en arrière par un sillon, comme lui circulaire, le sillon coronaire ou sillon balanopréputial. La portion du pénis qui répond à ce sillon, étant naturellement rétrécie, a reçu le nom de col.
c. Surface extérieure , frein ou filet. — La surface extérieure du gland est partout lisse et unie. Sa face supérieure, par suite de la direction oblique de la base.
a environ deux fois la longueur de sa face inférieure. Cette dernière nous présente sur la ligne médiane un sillon longitudinal qui commence un peu en arrière du méat urinaire et s’étend de là, en s’élargissant, jusqu’au sillon balano-préputial (fig. 585,5). Dans ce sillon, s’insère un petit repli muqueux de forme triangulaire (585, 6), qui va s’attacher, d’autre part, à la partie correspondante du prépuce : c’est le frein ou filet.
Le filet de la verge est plus ou moins long suivant les sujets. Le plus souvent il ne prend naissance qu’à 8 ou 10 millimètres en arrière du méat urinaire ; dans ces conditions, on le conçoit, il permet toujours au prépuce de se rabattre facilement en arrière du gland, en découvrant entièrement ce dernier. Sur certains sujets, cependant, on le voit s’étendre jusqu’au voisinage du méat ou même jusqu’à cet orifice : dans ce cas, il est parfois si court qu’il apporte une gêne à la locomotion
Fig. 584.
Le gland et le méat urinaire, vus de face.
1, gland, presque entièrement mis à découvert par l’abaissement du prépuce. — 2, méat urinaire. — 3, bord libre du prépuce, rabattu sur le sillon balano-préputial. — 4, frein ou filet.
Fig. 585.
Le gland, vu par sa face inférieure.
1, gland, avec 1’, sa couronne. — 2, prépuce, ramené en arrière. — 3, sillon balano-préputial. — 4, méat urinaire. — 5, sillon médian. — 6. frein ou filet. — 7, fossettes latérales du filet. — 8, corps de la verge,
du prépuce, rend l’érection douloureuse et peut même se déchirer au moment [du coït. Par contre, le filet est parfois peu visible ou même fait complètement défaut. Quels que soient sa longueur et son mode d’insertion, le filet, quand il existe, interrompt toujours à son niveau le sillon balano-préputial.
Sur les faces latérales du frein se voient deux petites fossettes en cul-de-sac, les fossettes latérales du frein (fig. 585, 7), auxquelles aboutissent les extrémités [du sillon précité. Ces fossettes, bien décrites par Valenti (1886), sont tantôt bilatérales (dans les deux tiers des cas), tantôt unilatérales. Elles ont une forme arrondie et sont bordées parfois par une sorte de bourrelet circulaire. Leur revêtement interne est identique à celui du gland et de la face interne du prépuce.
B . Prépuce. — Le prépuce est un repli tégumentaire qui se dispose en forme de manchon tout autour du gland.
a. Conformation extérieure et rapports . — Son mode de formation est le suivant : la peau du pénis, arrivée à l’extrémité antérieure de l’organe, se replie en dedans et, s’adossant à elle-même, se dirige d’avant en arrière, en même temps qu’elle prend tous les caractères d’une membrane muqueuse ; elle se porte ainsi jus-
VERGE OU PÉNIS
qu’au sillon balano-préputial ; là elle se réfléchit de nouveau, cette fois d’arrière en avant, pour tapisser le gland et se continuer au niveau du méat, avec la muqueuse du canal de l’urèthre. Ainsi constitué, le repli préputial nous présente : 1° une surface extérieure cutanée, qui, sans ligne de démarcation aucune, se continue avec l’enveloppe cutanée du corps du pénis ; 2° une surface intérieure muqueuse, qui se moule exactement sur le gland, mais sans lui adhérer, si ce n’est à la partie inférieure, où prépuce et gland sont unis l’un à l’autre par ce repli médian que nous avons décrit plus haut sous le nom de frein ou filet ; 3° une circonférence postérieure, adhérente, qui répond au sillon balano-préputial ; 4° une circonférence antérieure, entièrement libre, qui constitue ce qti’on appelle Vanneau ou V orifice préputial.
b. Cavité du prépuce . — Entre le prépuce et le gland, existe une cavité ordinairement virtuelle, la cavité du prépuce. Sur les parois de cette cavité, se dépose, chez les individus malpropres, une matière blanchâtre, caséeuse, très odorante, à laquelle on a donné le nom de sniegma. Le smegma préputial est essentiellement formé par des cellules épithéliales desquamées, auxquelles viennent se mêler les produits de sécrétion d’un certain nombre de glandes sébacées (voy.
plus loin, p. 633).
c. Longueur du prépuce.
— La longueur du prépuce varie beaucoup suivant les sujets. — Tantôt, il s’étend jusqu’au sommet du gland ou même le déborde en formant au-devant de lui comme une sorte de vestibule. C’est la disposition que l’on observe chez l’enfant avant l’âge de la puberté. Elle se modifie ordinairement chez l’adulte, mais elle peut persister cependant chez ce dernier avec tous ses caractères infantiles. — Tantôt, au contraire, il s’arrête en arrière du méat et ne recouvre alors qu’une portion du gland, ses deux tiers, sa moitié ou seulement son tiers postérieur. — D’autres fois, il est encore plus court : il se trouve réduit à un simple collier situé en arrière de la couronne et, dans ce cas, le gland tout entier se trouve constamment à découvert.
d. Dimensions de V orifice préputial. — Quant à l’orifice préputial, il est, lui aussi, fort variable. Dans la grande majorité des cas, il est suffisamment large pour permettre au prépuce d’excursionner librement au-dessus du gland, en d’autres termes, pour permettre à ce dernier de sortir de son enveloppe au moment de l’érection et d’y rentrer de nouveau quand l’érection cesse. 11 est des sujets, cependant, où ses dimensions sont inférieures à celles du gland, auquel cas ce dernier renflement se trouve continuellement emprisonné dans la cavité préputiale : c’est à cette disposition, souvent fort gênante pour l’exercice du coït,
Le frein, vn par sa face latérale droite.
1, prépuce incisé longitudinalement sur sa face dorsale, avec : 1\ son lambeau gauche érigné en haut ; 1”, son lambeau droit renversé en bas. — 2, corps de la verge. — 3, gland. — 4, méat urinaire. — 5, sillon balanopréputial. — 6, frein ou filet allant du gland à la partie inférieure du prépuce. — 7, fossette latérale du frein.
qu’on donne le nom de phimosis (de cptgo;, lien, qui lie), lequel phimosis peut, d’ailleurs être congénital ou accidentel.
§ ÎIÏ. —Constitution anatomique
Envisagée au point de vue de sa structure, la verge est essentiellement constituée par deux ordres de formations : l°par des organes érectiles, qui occupent ses parties centrales; 2° par un système d’ enveloppes, qui sont jetées tout autour de ces derniers. Voyons d’abord les organes érectiles.
A. —Organes érectiles de la verge
Les organes- érectiles sont susceptibles, comme leur nom l’indique, d’entrer en érection, et ils ont pour attribution de donner à la verge la rigidité qui lui est nécessaire pour l’acte de la copulation. Ils comprennent : 1° les corps caverneux , qui appartiennent en propre à la verge ; 2° le corps spongieux, qui est une dépendance de l’urèthre.
1° Corps caverneux. — Les corps caverneux, au nombre de deux, l’un droit, l’autre gauche, occupent le plan dorsal de la verge. Leur longueur est de 15 à 16 centimètres à l’état de flaccidité, de 20 à 21 centimètres à l’état d’érection.
A. Conformation extérieure et rapports. — Les corps caverneux revêtent la forme de deux cylindres, adossés sur la ligne médiane à la manière des canons d’un fusil double et s’étendant sans interruption depuis le périnée jusqu’à la base du gland.
Sur les points où ils entrent en contact, les deux corps caverneux ne sont pas seulement adossés, ils sont fusionnés au point que leur paroi, au lieu de former deux membranes adjacentes, ne constituent qu’une seule cloison, le septum pénis (lig. 597, 6). Encore convient-il d’ajouter que cette cloison est incomplète, je veux dire qu’elle présente çà et là de nombreuses lacunes, à travers lesquelles les aréoles des deux corps caverneux communiquent largement entre elles. Nous y reviendrons plus loin.
Fusionnés l’un à l’autre, comme nous venons de le dire, les deux corps caverneux ne forment pour ainsi dire qu’un seul organe, impair et médian, de forme cylindroïde, un peu aplati d’avant en arrière, nous présentant par conséquent quatre faces et deux extrémités :
a. Face supérieure. — La face supérieure ou dorsale' est creusée d’une gouttière médiane ou antéro-postérieure : c’est la gouttière sus-caverneuse , dans laquelle chemine la veine dorsale profonde (fig. 597,7), flanquée, à droite et à gauche, de l’artère dorsale et du nerf de même nom.
b. Face inférieure. — La face inférieure nous présente, elle aussi, une gouttière longitudinale et médiane, la gouttière sous-caverneuse. Cetle gouttière, beaucoup plus large que la précédente, est occupée (fig. 597,2) par le corps spongieux de l’urèthre, que nous décrirons tout à l’heure.
c. Faces latérales. — Les faces latérales, convexes et régulièrement arrondies, sont contournées de bas en haut par les branches radiculaires de la veine dorsale profonde de la verge.
d. Extrémité postérieure. — Le cylindroïde formé par les corps caverneux, arrivé au niveau de la symphyse pubienne, se divise en deux branches divergentes qui constituent ses racines. Chacune d’elles se porte obliquement en dehors, en arrière et en bas, en s’effilant graduellement : elle se termine, par conséquent en
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une sorte de pointe, dont le sommet occupe à peu près le milieu des branches ischio-pubiennes (fig. 587,2 et 2). Par son côté supérieur, la racine du corps caverneux repose sur la branche descendante du pubis : elle lui est intimement unie par un tissu conjonctif très serré, qui se confond d’une part avec le périoste et, d’autre part, avec l’enveloppe propre de l’organe érectile. Par son côté inférieur, elle répond au muscle ischio-caverneux, dont les faisceaux l’englobent (voy. fig. 639 et 648) d’une façon plus ou moins complète.
e. Extrémité antérieure. — A leur extrémité antérieure, chaque corps caverneux se termine par une sorte de pointe mousse, qui constitue son sommet. Les deux sommets, le droit et le gauche, sont séparés l’un de l’autre par un petit angle dièdre à ouverture dirigée en avant. Cet angle dièdre est comblé (fig. 588, A) par une expansion fibreuse, qui se dirige en avant et qui constitue le ligament antérieur des corps caverneux.
Aplati de haut en bas, le ligament antérieur des corps caverneux nous offre à considérer deux faces, l’une supérieure, l’autre inférieure , et deux bords latéraux. — La face inférieure , concave, répond à la muqueuse uréthrale, qui lui adhère intimement. — La face supérieure, convexe, donne naissance à une multitude de prolongements qui s’irradient dans l’épaisseur du gland. — Les deux bords latéraux , s’infléchissant en bas et en arrière, viennent se fixer sur la partie latérale du corps spongieux.
Outre cette expansion fibreuse médiane, qui, comme on le voit, unit l’extrémité antérieure des corps caverneux à la cupule intérieure du gland,
Jarjavay décrit deux expansions latérales (fig.
588, B, B,), moins importantes, qui se dirigent obliquement vers les parties latérales du gland, émettant dans tous les sens des lames de plus en
plus ténues qui s’engagent entre les aréoles. Fig. 588.
Fig. 587.
La racine de la verge, vue par sa face inférieure.
1, corps du pénis, érigné en haut. — 2, 2’, racines des corps caverneux. — 3, bulbe de l’urèthre. — 4, corps spongieux de l’urèthre. . — 5, aponévrose périnéale moyenne. — 6, corps du pénis, avec 6’, sa branche horizontale et 6”, la branche ascendante de l’ischion. — 7, membrane obturatrice. — 8, 8’, sangle formée autour de la verge par le ligament suspenseur.
B. Structure. — Les corps caverneux se composent: 1° d’une enveloppe propre; 2° d’un système de trabécules , émanant de cette enveloppe;
3° d’un système d'aréoles circonscrites par les trabécules.
a. Enveloppe propre. — L’enveloppe propre ou albuginée est une membrane blanchâtre, de consistance fibreuse, présentant exactement la même forme et les mêmes dimen-
Coupe horizontale du gland, immédiatement au-dessus des corps caverneux (d’après Jarjavay).
A, prolongement fibreux médian des corps caverneux dans le gland; sa terminaison au méat; les lamelles latérales qu'il émet.
B, B. prolongements fib-eux latéraux des corps caverneux : ils se détachent de 'extrémité antérieure de ces corps, tandis que le prolongement médian naît de leur intervalle.
C, C, corps caverneux.
sions que les corps caverneux qu’elle entoure. Elle est à la fois très extensible, très élastique et très résistante : elle supporte sans se rompre des poids considérables et l’on sait qu’on peut soulever un cadavre en le prenant par la verge. Son épaisseur, la verge étant à l’état de flaccidité, varie de 1 à 2 millimètres. Au moment de l’érection, elle s’amincit peu à peu au fur et à mesure que les corps caverneux augmentent de volume et ne présente plus, quand l’érection est complète, qu’un demi-millimètre d’épaisseur ou même moins.
Histologiquement, l’albuginée se compose de faisceaux conjonctifs, entremêlés de fibres élastiques. Les faisceaux conjonctifs se disposent suivant deux plans : un plan superficiel, comprenant des faisceaux à direction longitudinale; un plan profond, formé par des fibres circulaires. Quant aux fibres élastiques, elles sont toujours fort nombreuses et forment dans leur ensemble un réseau très serré, plus développé dans les couches profondes que dans les couches superficielles. Outre ces deux éléments, fibres conjonctives et fibres élastiques, certains auteurs, Klein entre autres, ont décrit dans l’albuginée un système de fibres musculaires lisses, qui, comme les fibres conjonctives, seraient en partie longitudinales et en partie circulaires; mais ces fibres musculaires sont rejetées par la plupart des anatomistes et, si on les rencontre chez quelques mammifères, elles semblent faire complètement défaut chezl’homme.
La cloison médiane qui sépare l’un de l’autre les deux corps caverneux ( septum
G.Dev/
Fig. 589.
La cloison médiane des corps caverneux, vue par sa face latérale gauche.
(Les corps caverneux ont été injectés au suif.)
1, corps caverneux, avec 2, son extrémité antérieure. — 3, corps spongieux. — 4, cloison médiane en forme de peigne ( cloison pectini formé), avec ses dents verticales et ses fentes interdentairès.
pénis ) est, comme nous l’avons vu plus haut, une dépendance de l’albuginée et en a tous les caractères. Elle est, cependant, un peu plus mince et peut-être aussi un peu moins riche en fibres élastiques. Les faisceaux conjonctifs s’y disposent sous forme de petites colonnettes verticales, séparées les unes des autres par des intervalles ou fentes qui établissent de larges communications entre les deux corps caverneux. Il résulte d’une pareille disposition que, vue de face (fig. 589, 4), la cloison médiane des corps caverneux, avec ses colonnettes et ses fentes étroites, ressemble assez bien à un peigne : c’est la cloison pectinif orme des corps caverneux. Nous ajouterons que ces fentes sont plus nombreuses dans la portion antérieure des corps caverneux que dans sa portion postérieure et, d’autre part, qu’elles n’occupent pas la partie moyenne de la cloison, mais qu’elles sont toujours plus rapprochées de la face dorsale de la verge que de sa face uréthrale.
b. Système trabéculaire. — De la face interne de l’albuginée se détachent de nombreux prolongements en forme de trabécules, les unes larges et lamelleuses, les autres plus minces, plus ténues, ayant l’aspect de simples filaments. Toutes ces
VERGE OU PENIS
trabécules, quelles que soient leurs formes et leurs dimensions, se dirigent les unes vers les autres, se rencontrent sous les angles les plus divers et se soudent réciproquement aux points de contact. Elles décomposent ainsi le vaste espace cylindrique que circonscrit l’albuginée en une multitude de compartiments, qui constituent les aréoles des corps caverneux.
Histologiquement, les trabécules précitées, qui forment, comme on le voit, les cloisons séparatives des aréoles, se composent, comme l’albuginée dont elles émanent, de fibres conjonctives et de fibres élastiques. A ces deux éléments viennent se joindre, chez la plupart des mammifères, des fibres musculaires lisses. Mais ces fibres varient beaucoup suivant les espèces : tandis que, chez un grand nombre d’animaux (âne, cheval, chien, éléphant) , les cloisons qui circonscrivent les aréoles renferment manifestement des éléments musculaires , chez d’autres (taureau, baleine), ces cloisons sont exclusivement fibreuses. Les corps caverneux de l’homme nous présentent, sous ce rapport, une disposition intermédiaire : les grandes travées, au moment où elles se séparent de l’albuginée, ne renferment que des fibres conjonctives et élastiques ; les travées plus minces, qui leur font suite, possèdent toujours en même temps des fibres musculaires parfaitement développées.
Ces fibres musculaires ontété considérées jusqu’ici comme un des éléments constituants des trabécules qui se détachent de l’albuginée. Contrairement à cette opinion, Retterer, dans un travail récent, a fait remarquer qu’elles ne sont pas mêlées aux éléments propres de ces trabécules, mais qu’elles constituent partout des formations indépendantes, en forme de faisceaux ou de membrane, et disposées tout autour des aréoles, entre celles-ci et leurs cloisons conjonctives. En conséquence, il n’hésite pas à les rattacher aux aréoles elles-mêmes et à les considérer comme appartenant réellement a l’élément vasculaire des tissus érectiles.
c. Aréoles. — Les aréoles des corps caverneux (fig. 591, 2) ont une forme très irrégulière et, d’autre part, sont très variables dans leurs dimensions. Relativement petites au voisinage de l’albuginée, elles augmentent de volume au fur et à mesure qu’on s’éloigne de cette membrane et présentent leur plus haut degré de développement dans la portion axiale de chaque corps caverneux. Quels que soient
Fig. 590.
Coupe transversale de la verge après injection au suit des aréoles des corps caverneux (grossissement faible;.
L’injection du tissu caverneux a été faite à l’aide d’une canule introduite dans la racine du corps caverneux gauche.
1, albuginée. — 2, septum médian, traversé çà et là par des veines. — 3, gouttière uréthrale de la verge. — 4, une partie du corps caverneux, gauche. — 5, une partie du corps caverneux droit. — G, tissu caverneux, dont les aréoles sont distendues par la matière injectée. — 7, corps spongieux de l'urèthre. — 8, veines sous-caverneuses.
ANATOMIE HUMAINE. — T. IV, 6e ÉDIT.
APPAREIL URO-GENITAL
leur situation et leur volume, les aréoles communiquent toutes entre elles : une injection poussée sur n’importe quel point des corps caverneux se répand avec la plus grande facilité dans tout le système aréolaire, non seulement dans le corps caverneux correspondant, mais aussi, par les fentes de la cloison pectiniforme, dans le corps caverneux du côté opposé.
La surface intérieure des aréoles présente un revêtement continu de cellules aplaties et minces, que l’on met facilement en évidence par l’imprégnation d’argent et qui nous offrent tous les caractères morphologiques des cellules endothéliales qui tapissent les vaisseaux capillaires. En conséquence, les aréoles ellesmêmes, que certains auteurs considèrent comme étant des cavités veineuses (Kôlliker, Frey), ne sont que des capillaires fortement dilatés et reliés les uns aux autres par des anastomoses fort nombreuses. Gomme tels, ils communiquent, sur un ou plusieurs points de leurs parois, avec les ramuscules terminaux des artères
Fig. 591.
Partie d’une coupe transversale des corps caverneux d'un'homme de vingt-cinq ans, grossissement considérable (d’après Eberth)..
i, système trabéculaire. — 2, une aréole vasculaire. — 3, autre aréole.
caverneuses, suivant une modalité qui n’est pas encore bien connue et sur laquelle nous reviendrons plus loin (voy. Artères , p. 634). D’autre part, ils donnent naissance à des veines.
La nature capillaire des aréoles est très nette pour celles du corps spongieux de la plupart des mammifères, le cheval et l’homme exceptés : ces aréoles, en effet, entièrement dépourvues de faisceaux musculaires, sont formées exclusivement par des éléments conjonctifs et élastiques. Quant aux aréoles des corps caverneux, elles présentent autour d’elles, comme nous l’avons vu plus haut, une quantité plus ou moins considérable de fibres musculaires lisses, qui se disposent tantôt en faisceaux isolés, tantôt en nappes plus ou moins continues. Leur ensemble forme a la cavité vasculaire une sorte de tunique contractile qui, pour être incomplète, n’en a pas moins une grande valeur : c’est un élément nouveau, un élément
VERGE OU PÉNIS
surajouté. De ce fait, nos capillaires des corps caverneux diffèrent un peu des capillaires ordinaires : ce sont bien encore des capillaires, mais des capillaires contractiles , des capillaires qui se sont spécialisés en vue de la fonction toute particulière qui leur est dévolue.
2° Corps spongieux. — Le corps spongieux de l’urèthre (fig. 582) est un organe impair et médian, situé sur le plan inférieur du pénis. Sa longueur totale est de 12 à 16 centimètres.
A. Conformation extérieure et rapports. — Morphologiquement, il nous offre à considérer trois portions, savoir : l°une portion moyenne, très longue mais relativement étroite, le corps spongieux proprement dit; 2° une extrémité postérieure, renflée, appelée bulbe; 3° une extrémité antérieure, également renflée, constituant le gland.
a. Portion moyenne ou corps spongieux proprement dit. — La portion moyenne ou corps spongieux proprement dit occupe la gouttière antéro-postérieure et médiane que forment inférieurement les deux corps caverneux. Elle a la forme d’un long cylindre, mesurant de 10 à 12 millimètres à l’état de repos, de 15 à 18 millimètres à l’état d’érection. Le canal de l’urèthre la traverse d’arrière en avant, en suivant à peu près sa ligne axiale. Il est à remarquer, cependant, qu’il est un peu plus rapproché de sa face supérieure que de sa face inférieure : autrement dit, il existe une épaisseur plus grande de tissu érectile au-dessous qu’au-dessus du canal (fig. 485, p. 516).
b. Extrémité postérieure ou bulbe. — Le bulbe est le renflement postérieur du corps spongieux.
Il a la forme d’une sorte de poire dont la grosse extrémité ou base {tête de quelques auteurs) est
Fig. 592.
Coupe sagittale de l’extrémité antérieure de la verge, passant à 2 millimètres à gauche du plan médian.
en arrière et en bas (fig. 582, 14). Son axe se dirige obliquement d’arrière en avant et de bas en haut, comme les branches ischio - pubiennes . Sa longueur est de 3 centimètres en moyenne.
On lui considère un sommet, une base, une face supérieure, une face inférieure et deux faces latérales. — Le sommet répond à l’angle de réunion des deux corps caverneux. Il se continue sur ce point, sans ligne de démarcation aucune, avec la portion moyenne du corps spongieux ci-dessus raphé que forment, en se réunissant l’un à l’autre, périnée ; elle est séparée de l’anus par un intervalle de 12 à 15 millimètres (quelques millimètres en moins chez le vieillard). Un sillon vertical et médian, plus ou moins accusé suivant les sujets, la divise en deux moitiés ou lobes. Ce sillon, indice manifeste de la duplicité primitive du bulbe, est continué en avant par une cloison fibreuse, comme lui verticale et médiane, qui se prolonge plus ou moins loin dans l’épaisseur de l’organe. — La face inférieure du bulbe repose sur l’apo-
1, gland. — 2, corps caverneux. — 3, 3, corps spongieux de l’urèthre. — 4, méat urinaire. — 5, fosse naviculaire. — 6, moitié gauche de la vulve de Guérin. — 7, sinus de Guérin, compris entre la valvule et la paroi antérieure de l’urèthre. — 9, sa face inférieure. — 10, prépuce, ramené en arriéra du gland. — 11, son frein. — 12, téguments. — 13. veine dorsale de la verge. — 14, cloison fibreuse séparant le corps caverneux du corps spongieux. — lo, débris de la cloison fibreuse médiane des corps caverneux, qui se prolongent jusqu’au méat.
décrite. — La base répond au les deux muscles transverses du
névrose périnéale superficielle, à laquelle elle est unie par un raphé médian. — Les faces latérales, convexes et arrondies, sont embrassées, ainsi que la face précédente, par les faisceaux à direction demi-circulaire des deux muscles bulbocaverneux (voy. fig. 636). — La face supérieure répond à l’aponévrose périnéale moyenne et lui adhère intimement, surtout sur la ligne médiane. Par l’intermédiaire de cette aponévrose, elle est en rapport encore : 1° avec le muscle de Wilson, qui est placé au-dessus d’elle; 2° avec le muscle de Guthrie et les glandes de Gowper, qui sont situés dans son épaisseur. Nous rappellerons en passant que, à sa partie supérieure, le bulbe est traversé très obliquement par le canal de
l’urèthre : il résulte de cette obliquité (voy. fig. 498) que la gaine érectile dont s’entoure l’urèthre commence beaucoup plus tôt sur sa face inférieure que sur sa face supérieure et que le renflement bulbaire nous apparaît comme développé exclusivement aux dépens de la partie sous-uréthrale de cette gaine.
Nous rappellerons encore, pour en finir avec les rapports du bulbe, que cet organe est traversé d’arrière en avant, à droite et à gauche de la ligne médiane, par les canaux excréteurs des glandes de Cowper (voy. ces glandes, p. 660).
c. Extrémité antérieure ou gland. — Le gland ou renflement antérieur du corps spongieux, a été déjà décrit plus haut(p. 619) à propos de la conformation extérieure de la verge. Nous n’y reviendrons pas ici. Nous ajouterons seulement que, contrairement au renflement bulbaire, il se développe surtout aux dépens de la portion sus-uréthrale du corps spongieux. Le tissu érectile fait même complètement défaut à sa partie inférieure et médiane, comme il fait défaut à la partie supérieure du cul-de-sac du bulbe.
Si nous suivons d’arrière en avant le manchon érectile qui constitue le corps spongieux, nous le voyons, sur sa face inférieure et à 1 centimètre environ en arrière du gland, se partager en deux moitiés, l’une droite, l'autre gauche. Cette division inférieure est constante. Elle est marquée par une fente étroite, fente sous-uréthrale , qui répond à l’insertion du frein et qui s’étend jusqu’au méat. Cette fente sous-uréthrale est comblée, par la muqueuse uréthrale d’abord, puis par un système de tractus conjonctifs (fig. 594, 6), qui unissent intimement l’une à l’autre les deux moitiés du corps spongieux et auquel pour cette raison on pourrait donner le nom, assurément un peu prétentieux, de ligament inférieur du gland. A sa partie supérieure, le cylindre spongieux nous'présente également une division médiane : celle-ci, toutefois, est moins étendue et moins accusée que la précédente.
Il résulte d’une pareille disposition que le corps spongieux de l’urèthre se trouve représenté, à sa partie antérieure, non plus par un manchon complet, mais par deux lames latérales. Ces deux lames se prolongent jusqu’au méat. Là, toutes les
Fig. 5U3.
Mode d'union de l'extrémité antérieure des corps caverneux avec le gland
(Le ligament antérieur des corps caverneux a été incisé et le gland, ainsi libéré, a été fortement érigné à droite).
1, extrémité antérieure des corps caverneux. — 2. restes du ligament antérieur. — 3, gouttière uréthrale des corps caverneux. — 4, gland, avec : o, sa cupule postérieure ; 6, sa fente intérieure; 7, sa couronne ; 8, 8, corps spongieux de l’urèthre.
Voici comment est formé le gland.
VERGE OU PÉNIS
deux se recourbent en dehors et en arrière (fig. 594,4,4) et, après un trajet de 25 à 35 millimètres, se terminent par un bord arrondi et mousse, qui n’est autre que la couronne du gland.
Ces portions réfléchies du corps spongieux se comportent différemment en haut et en bas : en haut, elles arrivent réciproquement au contact et se fusionnent; en bas, elles n’arrivent pas jusqu’à la ligne médiane (fig. 594) et, par conséquent, restent indépendantes Tune de l’autre.
Au total, le gland envisagé en tant que renflement antérieur du corps spongieux est essentiellement constitué : 1° par deux lames latérales à direction postéro-antérieure, constituant ce qu’on pourrait appeler sa portion directe; 2° par deux lames réfléchies à direction antéro-postérieure [portion réfléchie), fusionnées en haut, séparées en bas par une fente médiane. La portion directe et la portion réfléchie délimitent à la partie postérieure de l’organe une excavation en forme de cupule, la cupule postérieure du gland (fig. 593, 5) : nous avons déjà vu que c’est dans cette cupule que vient se loger, en la comblant, l’extrémité antérieure des corps caver-
neux de la verge.
Fig. 594.
La partie inférieure de la portion glandaire des corps spongieux, vue de face.
(La muqueuse du gland a été enlevée sur la face inférieure de l’organe).
L corps spongieux. — 2, fente médiane. — 3, 3, lamelles latérales du corps spongieux, formant la portion directe du gland. — 4, 4, portion réfléchie du gland. — 5, couronne. — 6, tissu conjonctif, constituant le ligament inférieur du gland. — 7, méat urinaire.
B. Structure. — Le corps corps caverneux. Comme ces derniers, il se compose (fig. 595) d’une enveloppe propre ou albuginée , renfermant dans son intérieur un tissu érectile.
11 diffère cependant des corps caverneux en ce que son albuginée est plus mince et plus riche en fibres élastiques. Sur le gland, elle mesure à peine un quart de millimètre.
En outre, ses travées sont plus délicates et ses aréoles beaucoup plus petites. Ce n’est guère que dans les parties centrales du bulbe qu’on rencontre ces grandes lacunes qui caractérisent les corps caverneux; partout ailleurs, et notamment au niveau du gland, le tissu ér
spongieux présente une structure analogue à celle des
Fig. 595.
Coupe transversale du corps spongieux de l’urèthre, après injection au suif des aréoles du tissu caverneux.
L’injection des aréoles a été faite à l'aide d’une canule très fine introduite directement dans le corps spongieux.
1, canal de l’urèthre. — 2, muqueuse uréthrale. — 3, 3, albuginée. — 4, 4, tissu caverneux, dont les aréoles sont distendues par la matière injectée (les artères n’ont pas été dessinées).
ectile nous présente un système lacunaire très étroit.
Dans les descriptions qui précèdent, nous avons considéré le gland comme un simple renfle-
APPAREIL URO-GENITAI
ment du corps spongieux. Cette opinion, émise autrefois par Ruysch (1737), adoptée plus lard par Jarjavay dans ses Recherches méthodiques sur l’urèthre de l’homme (1836), est celle que l'pn trouve aujourd’hui dans tous les traités classiques. Elle repose sur les faits suivants : si l’on injecte les corps caverneux, la partie centrale du gland se gonfle, tandis que la partie périphérique ne change ni de volume ni de consistance ; si, au contraire, on pousse l'injection dans le bulbe, la partie périphérique du gland devient turgescente, tandis que sa partie centrale reste flasque. Mais ces faits ne sont nullement suffisants pour mettre les conclusions de Rû-ysch à l’abri de toute critique : ils établissent seulement l'existence d’étroites relations vasculaires entre la partie périphérique du gland et le corps spongieux; ils ne démontrent nullement que les deux formations aient la même origine et, partant la même signification morphologique.
Dans un travail relativement récent (1892), Retterer, en étudiant le développement du pénis sur des embryons et des fœtus de différents âges, est arrivé, en ce qui concerne la constitution anatomique du gland, à une conception toute différente, four lui, les corps caverneux du pénis se terminent, comme nous l’avons dit plus haut, en une sorte de pointe qui s'avance plus ou moins loin dans l’épaisseur du gland. Quant au corps spongieux, il accompagne l’urèthre jusque près du méat, mais sans augmenter de volume et sans présenter le moindre renflement; il se trouve circonscrit du reste, dans sa portion balanique comme dans sa portion pénienne, par la couche conjonctive qui lui appartient en propre et qui l’isole parfaitement des formations voisines.
L’extrémité antérieure des corps caverneux et l’extrémité antérieure du corps spongieux, réunies l’une à l’autre et incluses dans l’épaisseur du gland, constituent la portion axiale de cet organe, mais la portion axiale seulement. Tout autour d’elle, se dispose à la manière d’un manchon une lame périphérique, fort épaisse, surtout du côté dorsal, qui représente à ce niveau les enveloppes fibreuse et cutanée du pénis ; elle en diffère, cependant, au point de vue structural, en ce quelle est formée par une couche continue, de nature fibro-élastique. Cette couche fibroélastique, dans laquelle viennent s’épanouir les branches terminales des artères et des nerfs dorsaux du pénis, se différencie plus tard en un véritable tissu érectile, et c’est elle qui forme, chez l’adulte, la portion périphérique du gland.
En même temps que se développe cette portion périphérique du gland, il s'établit des connexions entre ses artères et celles des formations érectiles situées dans son épaisseur : toutefois, ces anastomoses artérielles, très nombreuses et très larges pour le corps spongieux, sont relativement rares ét toutes petites pour les corps caverneux. Ce dernier fait nous rend parfaitement compte des résultats obtenus par Ruysch dans ses injections poussées alternativement dans les corps caverneux et dans les corps spongieux : dans le premier cas, l’injection ne pénètre pas dans la partie périphérique du gland, les anastomoses qui unissent le gland aux corps caverneux n’étant pas suffisamment développées pour lui livrer passage ; dans le second cas, et grâce aux larges anastomoses précitées, l’injection passe librement du réseau du corps spongieux dans celui du gland.
En résumé, le gland, à l’état de développement parfait, se compose, d’après Retterer, de deux portions bien différentes : 1° une portion centrale ou axiale, relativement fort réduite, comprenant l’extrémité antérieure du corps caverneux effilée en pointe et l’extrémité antérieure du corps spongieux; cette dernière accompagne l’urèthre jusqu’auprès du méat, mais sans présenter le moindre renflement ; 2° une portion périphérique, beaucoup plus considérable que la portion centrale, enveloppant cette dernière à la manière d’un manchon, faisant corps avec elle et formée par une partie des deux enveloppes cutanée et fibreuse du pénis qui, à ce niveau, se sont fortement épaissiés, surtout du côté dorsal, et sont devenues érectiles.
B —Enveloppes de la yerge
Les organes érectiles que nous venons de décrire sont entourés par un certain nombre d’enveloppes concentriques, qui continuent, au niveau de la verge, les plans superficiels des régions voisines. Nous les examinerons tout d’abord sur le corps de la verge. Nous verrons ensuite comment elles se comportent au niveau du prépuce.
1° Sur le corps de la verge. — Les enveloppes du corps de la verge sont au nombre de quatre. Ce sont, en allant des parties superficielles vers les profondes : 1° une enveloppe cutanée ; 2° une tunique musculeuse; 3° une tunique celluleuse ; 4° une enveloppe élastique.
A. Enveloppe cutanée. — L’enveloppe tégumentaire de la verge fait suite, en arrière, à la peau de la région pubienne et des bourses. En avant, elle se replie
VERGE OU PÉNIS
sur elle-même, ainsi que nous l’avons vu plus haut, pour former le prépuce. Sa face inférieure est longée, d’arrière en avant, par une sorte de raphé, le raphé médian, qui est la continuation de celui des bourses : c’est le vestige de la fusion, sur la ligne médiane, des deux lèvres de la gouttière uro-génitale de l’embryon (voy. Embryologie).
La peau de la verge est remarquable par sa finesse, par sa mobilité, par sa coloration foncée qui rappelle celle du scrotum. On y rencontre, dans toute son étendue, des poils et des glandes sébacées. Mais ces éléments décroissent à la fois en nombre et en dimensions au fur et à mesure que l’on s’éloigne de la symphyse : dans la partie moyenne du corps du pénis, les poils ne sont déjà plus visibles à l’œil nu et, sur le prépuce, les glandes sébacées se trouvent réduites à des proportions tout à fait rudimentaires.
Histologiquement, l’enveloppe cutanée de la verge se distingue de la peau des autres régions du corps en ce que le derme est entièrement dépourvu de fibres musculaires lisses et, d’autre part, ne présente
pas sur sa face profonde d’éléments adipeux. Il est exclusivement constitué par des fibres du tissu conjonctif et par une quantité de fibres élastiques.
Fig. 696.
Le raphé médian périnéo-scrotal sur un fœtus humain de 8 centimètres (d’après Touhneux).
1, verge. — 2, gland. — 3, une partie de la gouttière uro-génitale, non encore fermée. — 4, bourses. — 5, anus. — 7, raphé périnéo-scrotal (raphé médian des bourses et raphé médian de la verge b
B. Enveloppe musculeuse. — La peau de la verge est revêtue sur sa face profonde par un système de fibres musculaires lisses (fig. 597,13), qui se continuent en arrière avec le dartos des bourses et dont l’ensemble constitue le dartos pénien (muscle péripénien de Sappey). La grande majorité de ces fibres est longitudinale : les autres se disposent suivant une direction oblique ou même transversale, oroisant les précédentes sous les angles les plus divers. Dans le tiers antérieur du pénis, le dartos, par suite de ces entrecroisements divers, revêt un aspect plus ou moins plexiforme.
Le dartos s’étend sans discontinuité jusqu’à l’orifice du prépuce. Arrivé là, il se comporte exactement comme la peau, c’est-à-dire qu’il se replie en dedans et se porte, en s’atténuant de plus en plus, jusqu’au col du pénis.
Les fibres musculaires péripéniennes se contractent sous certaines influences, notamment sous l’action du froid. Elles
Coupe vertico-transversale de la verge, montrant la constitution anatomique de cet organe.
1, canal de l’urèthre. — 2, corps spongieux de l’urèthre. — 3, son albuginée. — 4, 4’, corps caverneux. — 5, albuginée des corps caverneux. — 6, cloison. — 7, veine dorsale profonde. — 8, 8’, artères dorsales et nerfs dorsaux. — 9, 9’, artères caverneuses. — 10, 10’, branche antérieure de l’artère bulbo-uréthrale. — 11, veine dorsale superficielle. — 12, peau. — 13, dartos. — 14, couche celluleuse. — 15, fascia pénis.
a, la flèche indiquant les différents plans qui, sur la face inférieure, séparent la peau du canal de l'urèthre.
compriment alors, sur tout leur pourtour.
les organes érectiles et réduisent d’autant les dimensions transversales du pénis. Intervenant dans l’orgasme vénérien, elles compriment les canaux veineux situés au-dessous d’elles et, en favorisant ainsi la stase veineuse dans l’organe copulateur, elles contribuent au phénomène de l’érection.
C. Enveloppe celluleuse. — Au-dessous de la peau et du dartos, se trouve une couche de tissu cellulaire lâche, très riche en fibres élastiques, à peu près dépourvue de graisse. Cette couche (fig. 597, 14), au sein de laquelle cheminent les vaisseaux et les nerfs superficiels, se prolonge jusque dans le prépuce. C’est à elle que la peau, doublée du dartos, est redevable de sa grande mobilité : on sait qu’elle glisse sur les parties sous-jacentes dans une grande étendue.
D. Enveloppe élastique. — L’enveloppe élastique, encore appelée fascia pénis (fig. 597, 15), repose directement sur les organes érectiles, auxquels elle forme une gaine commune et qui lui adhèrent intimement. C’est sur elle que glissent la peau et le dartos dans les différentes excursions du prépuce. Le long du raphé médian inférieur du pénis, elle est unie à la fois (voy. fig. 597) à la peau et au corps spongieux de l’urèthre.
Le fascia pénis répond encore, par sa face profonde, aux vaisseaux qui se rendent aux corps érectiles ou qui en proviennent. Il est en rapport notamment : 1° sur les côtés, avec les v,eines latérales qui convergent vers la veine dorsale profonde : 2° sur la ligne médiane, dans la gouttière sus-caverneuse, avec cette même veine dorsale profonde, avec les deux artères dorsales et les deux nerfs de même nom.
En arrière, le fascia pénis se continue d’une part avec le ligament suspenseur, d’autre part avec l’aponévrose périnéale superficielle.
En avant (fig. 598,4), il s’attache à la base du gland, et aussi au cul-de-sac circulaire que forme la muqueuse du prépuce en se réfléchissant sur la couronne. L’enveloppe élastique du pénis est donc beaucoup plus courte que les trois enveloppes précédentes et, contrairement à ces dernières, ne prend aucune part à la constitution du prépuce.
Envisagé maintenant au point de vue de sa structure, le fascia pénis se compose presque exclusivement de fibres élastiques ; à ces fibres élastiques viennent se joindre, mais à titre d’éléments purement secondaires, un certain nombre de libres du tissu conjonctif. La membrane en question est donc essentiellement élastique et c’est à tort que certains auteurs lui donnent le nom d’enveloppe fibreuse. Grâce à cette élasticité, mise enjeu au moment de l’érection par le fait de la turgescence des corps caverneux et du corps spongieux, elle comprime les veines profondes du pénis, tout comme le dartos comprime les veines superficielles, et, comme ce dernier, favorise la stase sanguine dans les aréoles des organes érectiles. Le fascia pénis devient ainsi l’un des facteurs, facteur important quoique purement mécanique, du phénomène de l’érection.
2° Au niveau du prépuce. — En étudiant les différentes enveloppes de la verge, nous avons indiqué la part respective que prend chacune de ces enveloppes à la constitution anatomique du prépuce. Il nous suffira donc, pour fixer le lecteur sur la structure de cet organe, de réunir ici, en manière de conclusions, les éléments épars dans les pages qui précèdent.
A la constitution du prépuce concourent les trois enveloppes superficielles de la verge. Mais comme les deux premières sont repliées sur elles-mêmes, doubles par conséquent, nous rencontrons en réalité, en allant des parties superficielles
VERGE OU PÉNIS
vers la cavité préputiale cinq couches différentes. Ce sont : 1° une couche tégumentaire, la peau ; 2° une couche musculeuse, formée par le dartos ; 3° une couche
Fig. 598.
Coupe sagittale de la partie antérieure de la verge, pour montrer le mode de constitution du prépuce et du gland.
1, i’, peau de la verge et du prépuce. — 2, dartos, avec 2’ et 2”, sa continuation sous la peau (2’) et sous la muqueuse (2”) du prépuce. — 3, 3, tissu conjonctif souscutané de la verge et du prépuce. — 4, fascia pénis. — 5, corps caverneux injecté en rouge, avec 6, son ligament antérieur. — 7, corps spongieux injecté en bleu. — 8, gland (dépendant du corps spongieux). — 9, urèthre (avec, un peu en arrière du méat, la valvule de Guérin. — 10, méat urinaire.
Fig. 599.
Coupe frontale de la verge passant par la couronne, pour montrer les rapports respectifs des formations érectiles.
1. corps spongieux, injecté en bleu comme dans la figure précédente. — 2, canal de l’urèthre. — 3, gland, également injecté en bleu. — 4, corps caverneux, injecté en rouge. — 5, grosses veines, provenant en grande partie de la base du gland et constituant les oi’igines de la veine dorsale profonde. — 6, prépuce, avec ses différentes couches. — 7, frein, coupé transversalement.
celluleuse, qui n’est que la continuation de la couche homonyme de la verge ; 4° une deuxième couche musculeuse, qui n’est autre que le dartos, lequel s’est réfléchi en dedans au niveau de l’anneau préputial ; 5° une dernière couche, enfin, qui n’est que la couche tégumentaire, repliée sur ellemême comme la couche musculeuse.
Toutefois cette couche tégumentaire, en passant de la face superficielle du prépuce à sa face profonde, change de nature : elle devient une membrane muqueuse ( muqueuse du prépuce) et en conserve tous les caractères en s’étalant ensuite sur le gland (m ligueuse du gland). Elle possède bien encore des papilles, mais elle est entièrement dépourvue de glandes sudoripares et de poils. Par contre, elle nous présente de nombreuses glandes sébacées rudimentaires, connues sous le nom de glandes de Tyson. Ces glandes siègent, de préférence, vers le fond de la cavité préputiale : dans le sillon balano-
Fig. 600.
Une glande de Tyson, vue sur une coupe verticale du pénis (d’après Kôlliker) .
préputial, sur la couronne du gland et- dans les fossettes latérales du frein. Leur structure rappelle exactement celle des glandes sébacées. Leur produit de sécrétion. de consistance huileuse et d’odeur forte, constitue l’un des éléments du smegma préputial (p. 621).
La signification des formations épithéliales décrites sous le nom de glandes de Tyson est une question encore 'controversée. Ces glandes, admises par la plupart des histologistes modernes (Frey, Schenk, Gegenbaur, Stôhr, Schafer, Bôhm et Davidoff), ont été rejetées dans ces derniers temps par le professeur Stieda et par l’un de ses élèves, Hans. Sprunck, qui en a fait le sujet de sa thèse inaugurale (Kônigsberg, 1897). Sprunck conclut de ses nombreuses recherches qu’il n’y a pas trace de glandes sébacées, ni dans le gland, ni dans la muqueuse du prépuce. Il pense que, parmi les auteurs qui ont admis leur existence, les uns ont pris les papilles de la couronne pour des glandes, tandis que les autres, au contraire, ont considéré comme telles les enfoncements épidermiques interpapillaires.
Dans un récent mémoire (1899), écrit dans le laboratoire et sous le contrôle du professeur Waldeyer, von Saalfeld s’élève contre l’opinion de Sprunck. Pour lui, l’existence des glandes dites de Tyson n’est pas douteuse : il les a rencontrées dans ses coupes du gland, à la fois sur la muqueuse glandaire, sur la muqueuse du sillon coronaire et sur la muqueuse préputiale. Elles étaient simples ou ramifiées, peu abondantes, mais assez bien différenciées pour entraîner la conviction que ce sont bien de vraies glandes et non de simples invaginations épithéliales. Elles ne se distinguent des glandes sébacées de la peau, ajoute von Saafeld, que par leurs faibles dimensions, leur petit nombre et par leur situation dans une région dépourvue de poils. Elles présenteraient ainsi la plus grande analogie avec les glandes sébacées des petites lèvres.
Tandler et Dômeny (1889), se rangeant à l’opinion de Saalfeld, affirment à leur tour la présence, sur la muqueuse balano-préputiale, de véritables glandes sébacées : ils font remarquer, cependant, qu’elles sont éminemment variables dans leur forme et leurs dimensions et, d’autre part, qu’elles doivent être considérées morphologiquement comme des glandes sébacées irrégulières et un peu spéciales.
§ IV. — Vaisseaux et nerfs
1° Artères. — Les artères de la verge se distinguent en deux groupes : les artères des enveloppes et les artères des organes érectiles.
A. Artères des enveloppes. — Les artères destinées aux enveloppes de la verge proviennent : 1° des artères honteuses externes, branches de la fémorale ; 2° de 1 artère périnéale superficielle et de la dorsale de la verge, branches de la honteuse interne. Leur mode de terminaison ne présente rien de spécial,
B. Artères des organes érectiles. — Toutes les artères qui se rendent aux organes érectiles émanent de la honteuse interne. Il convient d’examiner séparément : 1° celles du corps spongieux ; 2° celles des corps caverneux.
a. Artères du corps spongieux. — Les artères destinées au corps spongieux sont fournies : 1° pour le bulbe, par la transverse du périnée ou bulbo-uréthrale (fig. 601, 7) ; 2° pour sa portion moyenne ou corps spongieux proprement dit, par cette même artère bulbo-uréthrale et par la dorsale de la verge (9), qui irriguent, la première, les parties latérales et inférieure du corps spongieux, la seconde sa partie supérieure ; 3° pour le gland, par les branches terminales de la dorsale de la verge.
b. Artères du corps caverneux. — Les artères destinées au corps caverneux sont les deux artères caverneuses (voy. Angéiologie).
Chacune d’elles, arrivée au-dessous de l’aponévrose périnéale moyenne, se dirige vers l’angle de réunion des deux corps caverneux et se termine comme suit (fig. 601, 8). Elle fournit tout d’abord un rameau récurrent (8’), qui se jette sur la racine du corps caverneux et se ramifie dans son épaisseur. Puis, elle pénètre dans le corps caverneux correspondant et le parcourt d’arrière en avant jusqu’à
VERGE OU PÉNIS
son extrémité antérieure. L’orifice par lequel l’artère caverneuse s’engage dans le corps caverneux se trouve situé sur un point qui est très voisin du bord supérieur de la cloison médiane. Les deux artères homonymes sont donc très rapprochées à la partie postérieure de la verge. Elles s’écartent ensuite graduellement l’une de
1, corps caverneux, avec 1’, sa racine. — 2, ligament suspenseur de la verge. — 3, corps spongieux, avec : 4, bulbe; 5, gland. — 6, artère honteuse interne. — 7, artère bulbo-uréthrale, avec : 7’, sa brauche bulbeuse; 7”, sa branche antérieure allant jusqu'au frein. — 8, artère caverneuse, avec 8’, sa branche récurrente. — 9, artère dorsale de la verge. — 10, 10, ses branches latérales. — 11, sa terminaison dans le gland.
l’autre, pour gagner le centre du corps caverneux et conservent cette position axiale jusqu’à leur terminaison.
Chemin faisant, les deux artères, la droite et la gauche, sont reliées l’une à l’autre par de nombreuses anastomoses transversales, qui naturellement passent à travers les lacunes de la cloison médiane. Enfin, à l’extrémité antérieure des corps caverneux, elles s’anastomosent de nouveau en formant une sorte d’arcade.
Outre les artères caverneuses, les corps caverneux reçoivent encore un certain nombre de rameaux de la dorsale de la verge; mais ces derniers rameaux sont toujours de petit calibre et n’ont, dans la circulation des corps caverneux, qu’une importance secondaire.
c. Mode de ramescence des artères dans les organes érectiles de la verge. — Le mode de ramescence et de terminaison des artères dans les tissus érectiles a donné lieu à de nombreuses controverses et, malgré les patientes recherches de Müller, de Rouget, de Langer, de Legros, d’EcKHARD, de Frey, la question n’est pas encore complètement élucidée. Depuis longtemps déjà (1835), Müller a fait remarquer que les artères qui cheminent au sein des tissus érectiles sont fïexueuses, contournées sur elles-mêmes en tire-bouchon : ce sont des artères hélicines. Ces flexuosités, niées à tort par Valentin, ont été de nouveau signalées et bien décrites par Rouget (1858) et Langer (1863). Elles ont pour raison d’être, ici comme ailleurs, de se prêter sans se rompre ou même sans subir de tiraillement, à l’ampliation considérable que présente l’organe érectile au moment de l’érection.
d. Mode de terminaison . — Envisagées maintenant au point de vue de leur mode de terminaison, les artères des organes érectiles se distinguent en deux groupes :
a) Les unes, exclusivement destinées à la nutrition des éléments histologiques,
Fig. 602.
Artères hélicines des organes érectiles (d’après Rouget).
se divisent et se subdivisent dans l’épaisseur des cloisons et, finalement, forment un réseau capillaire à mailles larges et polygonales. Ce réseau, comme» les réseaux ordinaires, donne naissance à des veines. C’est le réseau nourricier de l’organe.
P) Les autres, en rapport avec l’érection, constituent le réseau fonctionnel ou érectile. Elles s’ouvrent dans les aréoles. Mais, si les histologistes sont aujourd’hui assez bien d’accord sur la question de fait, ils le sont beaucoup moins quand il s’agit d'expliquer la manière dont s’effectue cette communication des artères avec les aréoles des organes érectiles. D’après Eckhard, qui a étudié ce point avec le plus grand soin, les plus petites branches artérielles se résolvent en de véritables bouquets de ramuscules excessivement courts, qui s’appliquent contre les parois des aréoles voisines : ce sont les bouquets érectiles d’EcKHARD. Ces ramuscules, remarquables par le développement de leur tunique musculeuse, ne fournissent aucune collatérale et sont manifestement terminaux. Ils présentent, à leur extrémité, de petits renflements en bouton et chacun de ces renflements est percé d’un orifice qui s’ouvre d’autre part dans l’aréole : nous donnerons à cet orifice le nom d 'orifice artério-aréolaire. Eckhard a fait remarquer que la tunique musculeuse du ramuscule artériel cessait brusquement au niveau de l’orifice précité : cela est vrai pour ceux des tissus vasculaires dont les aréoles sont dépourvues d’éléments contractiles ; mais ce n’est pas là une disposition constante, et nous rappellerons à ce sujet que dans les organes érectiles à type parfait, dans les corps caverneux de l’homme notamment, les aréoles possèdent une tunique musculeuse plus ou moins développée. Il a fait remarquer aussi, et c’est là un fait d’une importance considérable, que le tissu qui forme le pourtour de l’orifice artério-aréolaire est très élastique et que l’orifice en question, grâce à cette élasticité, est constamment fermé dans les conditions ordinaires, c’est-à-dire lorsque l’organe érectile est à l’état de flaccidité.
d. Mécanisme de l'érection. — En tenant compte de ces faits histologiques, nous pouvons expliquer l’érection de la façon suivante. Dans les conditions ordinaires, l’orifice artério-aréolaire étant fermé, le sang des bouquets érectiles ne pénètre pas dans les aréoles et celles-ci sont plus ou moins vides. Survienne l’excitation nerveuse qui doit avoir pour résultat l’érection : l’orifice s’ouvre, soit par le fait de la contraction des fibres longitudinales du ramuscule artériel qui le précède, soit par le fait d’une action inhibitrice sur ses fibres circulaires formant sphincter. Le sang artériel, avec sa haute pression, se projette alors librement dans les aréoles et les distend : de là, la turgescence progressive de l’organe tout entier et, finalement, cette rigidité qui caractérise l’érection. Ajoutons que la distension des aréoles est d’autant plus forte que l’écoulement du sang dans les veines est fortement gêné, ces veines étant comprimées à la fois et par le fascia. pénis et par les faisceaux terminaux des muscles ischio-caverneux et bulbo-caverneux.
2° Veines. — Les veines de la verge forment deux systèmes, l’un superficiel , l’autre profond. Ces deux systèmes diffèrent nettement par leur origine, par leur trajet et par leur terminaison.
A. Système veineux superficiel. — Les veines superficielles tirent leur origine des enveloppes de la verge, y compris le prépuce. Quelques-unes d’entre elles, celles qui répondent à la partie la plus reculée de la face inférieure de la verge, se réunissent aux veines du scrotum, dont elles partagent ensuite le mode de terminaison . Les autres, et c’est le plus grand nombre, convergent vers la face dorsale et s’y résument en un canal collecteur commun, impair et médian (fig. 603, 1) qui che-
VERGE OU PENIS
mine d’avant en arrière en suivant assez exactement la ligne médiane : ce canal commun est la veine dorsale superficielle.
La veine dorsale superficielle, comme son nom l’indique, est située dans le tissu cellulaire sous-cutané, immédiatement au-dessous du dartos. Elle est parfois remplacée, dans toute son étendue ou dans une partie seulement de son trajet, par deux veines latérales, égales ou inégales, cheminant côte à côte et plus ou moins anastomosées entre elles.
Arrivée à la racine de la verge, la veine dorsale superficielle entre en relation avec le réseau veineux de la paroi abdominale et bien souvent aussi avec la veine obturatrice et avec les veines du cordon. Puis, s’infléchissant en dehors, elle vient se terminer dans la saphène interne, soit du côté droit, soit du côté gauche, souvent encore (après s’être bifurquée ou quand elle est primitivement double) dans la saphène de l’un et de l’autre côté.
Je l’ai vue plusieurs fois se rendre directement à la fémorale en traversant l’un des orifices du fascia cribriformis.
Sur trente verges étudiées au laboratoire par Gras (1903), il y en avait vingt et une où la veine dorsale superficielle se jetait dans la saphène gauche; sur trois autres, elle se rendait à la veine saphène droite ; sur deux, elle aboutissait à la crurale gauche ; sur une, elle se rendait à l’épigastrique. Trois restaient chez lesquelles la veine superficielle était double : chacune de ses branches se jetait dans la saphène interne.
B. Système veineux profond. — Les veines profondes du pénis proviennent des organes érectiles. Elles tirent leur origine à la fois du réseau nourricier et du réseau fonctionnel. Nous envisagerons séparément celles du corps spongieux et celles du corps caverneux :
a. Veines du corps " spongieux . — Les veines du corps spongieux naissent ça et là sur toute la longueur de ce manchon érectile depuis le bulbe jusqu’au gland.
a) Les veines du gland se dirigent vers l’excavation que présente la base de cet organe et y forment un plexus, le plexus rétro-balanique (fig. 603, 2). Les rameaux efférents de ce plexus se portent en haut et en arrière et, arrivés un peu en arrière de la couronne, se réunissent en un tronc unique, impair et médian, qui est la veine dorsale profonde (1). Nous connaissons déjà cette veine pour l’avoir étudiée en angéiologie (voy. t. II) : elle chemine d’avant en arrière dans le sillon médian supérieur des corps caverneux, immédiatement au-dessous du fascia pénis, qui la sépare de la veine dorsale superficielle; elle arrive ainsi à la racine de la verge, traverse l’aponévrose périnéale moyeùne, un peu au-dessous de la symphyse et disparaît dans le plexus de Santorini (5), dont elle constitue l’une des principales origines. Nous
Fig. 603.
La veine dorsale profonde et ses affluents.
A, gland. — B, B, corps caverneux. — C, coupe du pubis, pratiquée un peu audessous de la symphyse.
1, veine dorsale profonde. — 2, son origine en arrière du gland (plexus rétro-balanique). — 3, 3, ses affluents, provenant des corps caverneux et du corps spongieux. — 4, la veine dorsale, bifurquée et disposée en une sorte de plexus, le plexus sous-pubien. — 5, plexus de Santorini. — 6, 7, anastomoses de la veine dorsale superficielle avec les honteuses externes et l’obturatrice.
allons indiquer dans un instant les nombreux affluents que reçoit ce tronc veineux.
P) Les veines du bulbe se détachent à la fois delà face supérieure, de la face inférieure et des faces latérales du bulbe uréthral. Elles sont parfois très volumineuses, surtout les supérieures. Se dirigeant toutes en arrière, elles se portent dans l’intervalle qui sépare les racines des corps caverneux et, après avoir traversé Laponévrose périnéale moyenne, se jettent dans le plexus de Santorini ou, directement, dans les veines honteuses internes.
y) Les veines issues de la partie moyenne du corps spongieux (fig. 605), se
divisent en supérieures et en inférieures : les premières (6) émanent de la partie supérieure du corps spongieux et, peu après leur origine, s’unissent aux veines inférieures des corps caverneux (voy. plus bas); les secondes (7) naissent de la partie inférieure de cet organe et, comme les veines du bulbe avec lesquelles elles se confondent plus ou moins, elles aboutissent au plexus de Santorini.
b. Veines des corps caverneux. — Les veines des corps caverneux traversent l’albuginée sur quatre points principaux : en haut, en bas, en avant et en arrière. De là leur division en supérieures, inférieures, antérieures et postérieures : a) Les veines supérieures (fig. 605, 3), au sortir de l’albuginée, se trouvent dans le sillon médian supérieur des corps caverneux. Elles y rencontrent la veine dorsale profonde et s’ouvrent, après un trajet naturellement toujours très court, sur la paroi inférieure ou paroi adhérente de ce vaisseau.
P) Les veines inférieures (4) , beaucoup plus importantes que les précédentes, débouchent dans le sillon médian inférieur, entre ce sillon et l’urèthre. Pour bien les voir, il faut préalablement enlever ou récliner l’jurèthre. On constate alors qu’elles naissent chacune par 6 ou 8 rameaux (fig. 604), qui convergent les uns vers les autres et ne tardent pas à se réunir pour former un seul tronc. Le nombre de ces troncs est assez constant : dans toutes les verges qu’il a examinées. Gras n’en a pas trouvé plus de quatre ou cinq de chaque côté. Dans le sillon même ou elles prennent naissance, les veines inférieures des corps caverneux reçoivent, tout d’abord, comme nous l’avons vu, les veines issues de la partie supérieure du corps spongieux. Puis, se portant en dehors et en haut, elles contournent à droite et à gauche les corps caverneux ( veines circonflexes de Kolhrausch), recueillent chemin faisant quelques veinules issues de leurs parties latérales (5) et, finalement, viennent se jeter dans la veine dorsale profonde.
y) Les veines antérieures, comme leur nom l’indique, naissent du sommet des corps caverneux. Elles s’unissent aussitôt aux veines du gland et, comme elles, se jettent dans les origines de la veine dorsale.
S) Les veines postérieures, enfin, émergent à la partie postérieure des corps caver-
Les veines inférieures des corps caverneux, vues au niveau de leur origine (d’après une figure de Gras).
1, i\ corps caverneux droit et gauche. — 2, corps spongieux, libéré et érigné en dehors. — 3, canal de l’urèthre. — 4, sillon inférieur ou uréthral de la verge. — 5, 5, 5, veines supérieures des corps caverneux, avec leurs rameaux d’origine.
VERGE OU PÉNIS
neux, clans l’angle de réunion de leurs deux racines. Ces veines, toujours multiples, ordinairement très volumineuses, constituent les principaux efférents des corps caverneux. Elles perforent sur des points divers la portion sous-sympliysienne de l’aponévrose périnéale moyenne (fig. 639, 5, p. 672) et Viennent se terminer, soit dans le plexus deSantorini, soit dans les veines honteuses internes, qui, comme on le sait, émanent de ce plexus.
C. Résumé : anastomoses entre les deux systèmes. — Au total, les veines de la verge se disposent, comme celles des membres, en deux réseaux : un réseau superficiel et un réseau profond. — Les veines superficielles tirent leur origine des enveloppes de la verge, cheminent dans le tissu cellulaire souscutané et aboutissent à la veine dorsale superficielle, laquelle, à son tour, se jette dans la saphène interne et, de là, dans la fémorale. — Les veines profondes, elles, émanent des organes érectiles, cheminent entre ces organes et le facia pénis et se rendent pour la plupart à la veine dorsale profonde, Lun des principaux affluents du plexus de Santorini. Celles qui ne vont pas à la veine dorsale aboutissent directement, comme cette dernière, au plexus de Santorini ou aux veines honteuses internes.
Quoique séparés l’un de l’autre par le fascia pénis, les deux systèmes veineux précités communiquent largement entre eux, en arrière du gland, au niveau des origines des deux veines dorsales et peuvent ainsi se suppléer mutuellement. J’ai vu plusieurs fois, et cette disposition est peut-être constante (elle le serait d’après les recherches de Gras), les deux veines dorsales s’anastomoser également au-devant de la symphyse.
Nous devons ajouter que les veines de la verge, au cours de leur trajet, présentent de nombreuses valvules, complètes ou incomplètes, d’où la difficulté qu’on éprouve à les remplir par une injection poussée des troncs vers les rameaux d’origine. La veine dorsale profonde, notamment, possède une vingtaine de valvules disposées à intervalles assez? réguliers et constamment situées sur la face supérieure ou sur les faces latérales du vaisseau. Sur là veine dorsale superficielle, ces valvules sont beaucoup moins nombreuses : on en trouve seulement trois ou quatre (Gras).
3° Lymphatiques. — Les lymphatiques de la verge se divisent, comme les veines, en superficiels et profonds :
A. Lymphatiques superficiels. — ■ Les lymphatiques superficiels proviennent des téguments. Ils forment deux réseaux principaux, l’un sur le prépuce (réseau préputial), l’autre sur le raphé médian ( réseau du raphé). — Du réseau préputial s’échappe un certain nombre de troncules qui se réunissent presque aussitôt en un
Fig. 605.
Schéma représentant la circulation veineuse de la verge.
1, veine dorsale superficielle, avec ses affluents provenant des enveloppes de la verge . — 2, veine dorsale profonde, avec ses affluents provenant des corps caverneux : 3, veines supérieures ; 4, veines inférieures ; 5, veines latérales. — 6, veines supérieures du corps spongieux, allant aux veines inférieures des corps caverneux (4). — 7, veines inférieures du corps spongieux, allant aux veines bulbo-urélhrales, 8.
a, peau et dartos. — 6, tissu cellulaire sous-cutané. — c, fascia pénis. — d, albuginée des corps caverneux. — e, corps caverneux. — f, corps spongieux de l’urèthre.
tronc collecteur commun, le lymphatique dorsal superficiel (fig. 607, 1'). Ce tronc suit exactement le même trajet que la veine dorsale superficielle. Arrivé à la racine de la verge, il se bifurque ordinairement pour venir se jeter, à droite et à gauche dans les ganglions de faine, dans le ganglion le plus élevé du groupe supérointerne. — Le réseau du raphé donne également naissance à huit ou dix troncules, lesquels contournent en demi-cercle les faces latérales de la verge, pour gagner sa face dorsale. Là, quelques-uns d’entre eux s’abouchent dans le lymphatique dorsal. Les autres, conservant leur indépendance, poursuivent leur trajet et se rendent
isolément aux ganglions inplus
internes les
gu maux élevés.
Il est à remarquer que le tronc lymphatique dorsal est souvent double. Dans ce cas, il n’est pas rare de voir les deux canaux s’entrecroiser en X et aboutir , celui du côté droit à un ganglion
gauche
et , vice
celui du côté gauche ganglion
de l’aine versa.
à un ganglion de faine droite. Cet entrecroisement peut s’observer encore pour ceux des troncules du raphé qui ne sont pas tributaires du tronc lymphatique médian.
Gérard Marchant (1889) a signalé, sur le trajet des lymphatiques dorsaux, l’existence de flexuosités nombreuses, qui se montrent surtout aux changements de direction et qui 'revêtent, suivant les cas, la forme d 'anse simple, de huit de chiffre, de véritables pelotons. Ces flexuosités (fig. 607 A et B), qui rappellent jusqu a un certain point la disposition hélicine des artères, ont certainement leur origine et leur raison d’être dans les changements de volume que présente l’organe sur lequel elles se développent : elles permettent aux canaux lymphatiques de s’adapter aux dimensions nouvelles qu’acquiert le pénis en passant de l’état de flaccidité à l’état d’érection.
Fig. 606.
Les lymphatiques de la verge (en partie d’après Marchant) .
Fig. 607.
A et B, flexuosités des lymphatiques de la verge (d’après Marchant).
1, lymphatiques superficiels, avec 1’, le tronc dorsal médian superficiel. — 2, tronc dorsal médian profond. — 3, réseaux du gland. — 4, collerette lymphatique jet^e tout autour de la couronne. — 5, albuginée des corps caverneux. — 6, fascia pénis.
B. Lymphatiques profonds. — Les lymphatiques profonds, comme leur nom l’indique, proviennent des parties sous-tégumenteuses de la verge.
a. Réseaux d'origine. — Ils naissent sur le gland, où ils forment un double réseau : 1° un réseau superficiel, à mailles très étroites, situé dans la muqueuse, c’est le réseau muqueux ; 2° un réseau profond, à mailles beaucoup plus larges.
VERGE OU PENIS
situé au-dessous de la muqueuse et recevant les efférents du précédent réseau, c’est le réseau sous-muqueux .
Ces deux réseaux communiquent largement, au niveau du méat, avec le réseau de l’urèthre. Us entrent aussi en relation, en arrière de la couronne, avec le réseau du feuillet muqueux du prépuce, lequel communique à son tour, sur le pourtour de l’orifice, avec le réseau tégumentaire.
Du réseau sous-muqueux partent de nombreux rameaux, qui se dirigent vers les fossettes du frein et y constituent deux petits plexus, les plexus latéraux du frein de Panizza.
b. Lymphatiques efférents.
— Les troncules efférents des deux plexus latéraux du frein se portent obliquement en haut et en arrière , en suivant à droite et à gauche la partie correspondante du sillon balano-préputial. Ils forment ainsi, tout autour de la couronne, une sorte de collerette, qui est très visible sur la figure 606
Arrivés sur le dos de la verge, les troncules du côté droit et ceux du côté gauche se jettent, soit dans un tronc commun impair et médian (fig. 606), soit dans des collecteurs multiples, dont le nombre varie de 2 à 4 (Küttner,
Bruhns) ; ce sont les lymphatiques dorsaux profonds.
Ces lymphatiques dorsaux profonds, plus ou moins flexueux, parfois comme pelotonnés sur eux-mêmes (fig. 607), cheminent, à côté de la veine homonyme, au-dessous du fascia pénis et arrivent ainsi audevant de la symphyse. Là ils échangent quelques anastomoses, formant comme une niveau, se disposent parfois de petits ganglions ou plutôt de simples nodules ganglionnaires, que Cunéo et Marcille (1901) désignent sous le nom de nodules présymphy siens .
c. Mode de terminaison. — Tous les auteurs classiques, depuis Sappey, admettaient que les lymphatiques du gland se rendaient aux ganglions superficiels de l’aine. Bruhns (1900), de son côté, signale des lymphatiques qui, partant du gland, vont aboutir aux ganglions inguinaux superficiels. Contrairement à cette opinion, Cunéo et Marcille concluent de leurs recherches que ce mode de terminaison, s’il
ANATOMIE HUMAINE. — T. IV, 6e ÉDIT. 81
Lymphatiques du gland chez le nouveau-né (d’après Cunéo et Marcille).
1, verge. — 2, arcade crurale. — 3, moyen adducteur. — 4, 4, artères iliaque externe et fémorale. — 5, 5’, veines iliaque externe et fémorale. — 6, réseau lymphatique du gland. — 7, vaisseaux lymphatiques dorsaux. — 8, plexus présvmphysien, avec deux nodules lymphatiques intercalaires. — 9, tronc inguinal aboutissant à 10, ganglion rétro-crural externe. — 11. trois troncs cruraux, se rendant, l’un à un ganglion inguinal profond (12), un autre au ganglion de Cloquet (13), le troisième (après avoir traversé l’anneau crural) au ganglion rétro-crural interne (14).
sorte de plexus, le plexus présymphysien . A ce
est possible, est anormal : « il est probable, disent-ils, qu’au moins dans un certain nombre de cas, lorsque les ganglions superficiels sont injectés, ils le sont par l’intermédiaire des lymphatiques préputiaux eux-mêmes, remplis par l’intermédiaire des anastomoses qu’ils présentent avec le réseau balanique ». Pour eux, les troncs efférents du réseau présymphysien aboutissent tous à des ganglions profonds. Du reste, ils se divisent au point de vue de leur trajet et de leur mode de terminaison, en deux groupes, les uns se portant vers le canal crural (ce sont les troncs cruraux), les autres s’engageant dans le canal inguinal (ce sont les troncs inguinaux).
a) Les troncs cruraux , au nombre de 3 ou 4, se portent transversalement en dehors, cheminant constamment au-dessous de l’aponévrose. Ils arrivent au canal crural et se terminent comme suit : l’un ( tronc inférieur ), dans un ganglion inguinal profond, situé sur le côté externe de la veine fémorale ; un autre ( tronc moyen), dans le ganglion de Cloquet ; le troisième ( tronc supérieur), après avoir traversé l’anneau crural, dans le plus interne des ganglions iliaques externes ou ganglion rétro-crural interne.
P) Les troncs inguinaux (il n’y en a le plus souvent qu’un seul) pénètrent dans le canal inguinal, en cheminant au-dessous du cordon. Ils arrivent ainsi dans l’abdomen et, là, se terminent dans le plus externe des ganglions iliaques externes (ganglion rétro-crural externe), c’est-à-dire dans ce ganglion qui se trouve placé sur l’artère iliaque externe au niveau de l’origine de la circonflexe iliaque.
d. Résumé , ganglions régionnaires. — En résumé, les ganglions terminaux ou régionnaires des lymphatiques profonds de la verge sont : 1° les ganglions inguinaux profonds ; 2° le ganglion rétro-crural externe. Il est très probable que, aux troncs cruraux et inguinaux, il faut joindre des troncs sous-symphy siens, qui traversent le diaphragme uro-génital en même temps que la veine dorsale profonde et viennent se terminer dans les ganglions prévésicaux (voy. Vessie), lesquels constitueraient ainsi, pour les lymphatiques profonds de la verge, un nouveau groupe de ganglions régionnaires. Cunéo et Marcille, cependant, déclarent ne les avoir jamais rencontrés.
4° Nerfs. — Les nerfs du pénis sont fort nombreux et d’origines diverses. Il convient d’examiner séparément ceux des enveloppes et ceux des organes
' érectiles :
a. Nerfs des enveloppes. — Les enveloppes de la verge, y compris le double feuillet muqueux qui tapisse la cavité balano-préputiale, reçoivent leurs nerfs :
1° du rameau génital du génito - crural , branche du plexus lombaire ; 2° du rameau génital des deux nerfs grand abdominogénital , autres branches du plexus lombaire ; 3° du
Fig. 609.
Corpuscules nerveux génitaux de la muqueuse du gland (d’après Retzius).
VERGE OU PÉNIS
nerf honteux interne, branche du plexus sacré, à la fois par sa branche périnéale inférieure et par sa branche pénienne ou nerf dorsal de la verge.
Ces nerfs se distribuent à la fois au feuillet tégumentaire et au dartos. Leurs ramifications présentent, dans la muqueuse du gland, une richesse toute particulière. Elles s’y terminent, en partie par des extrémités libres, en partie par des corpuscules génitaux de Krause (fig. 609).
On a signalé, en outre, des corpuscules de Pacini dans la peau de la verge, en arrière du gland près de l’artère dorsale de la verge et jusque dans les corps caverneux (Schweiger-Seidel, Rauber, Klein).
b. Nerfs des organes érectiles. — Les organes érectiles de la verge sont, eux aussi, très riches en nerfs. Ces nerfs, à la fois sensitifs et moteurs, proviennent de deux sources, du système sympathique et du système cérébro-spinal. Les premiers tirent leur origine du plexus hypogastrique ; ils arrivent aux organes érectiles en accompagnant les artères (tout particulièrement l’artère caverneuse) et en formant autour d’elles des plexus. Les seconds émanent du nerf dorsal de la verge et du nerf périnéal superficiel, deux branches du honteux interne. Le mode de terminaison des nerfs dans la trame érectile n’est pas encore nettement élucidé. Kolliker a signalé la présence, dans les trabécules des corps caverneux, de filets nerveux composés à la fois de tubes minces et de fibres de Remak. La plupart de ces filets se distribuent vraisemblablement aux éléments musculaires qui entourent les vaisseaux ou qui sont annexés aux trabécules.
Voyez, au sujet de la verge, parmi les travaux récents (1880-1909) : Frey, Ueber die Einschallung der Schwellkôrper in das Gefassystem, Arch. f. Anat. u. Physiol., 1880; — Beauregard et Boulart, Rech. sur les organes génito-urinaires des Balænides, Journ. de l’Ariat., 1882 ; — Duplouy, Commencement d’ ossification de la cloison des corps caverneux, Ann. de Guyon, 1885 ; — Finger, Beitrag zur Anatomie des mànnlichen Génitale, Sitz. d. Wien. Akad., 1885 ; — Retterer, Texture des tissus érectiles dans les organes d'accouplement. Soc. de Biologie, 1887 ; — Valenti, Fossettes latérales du frein du prépuce, Arch. ital. de Biologie, 1886 ; — Nicolas, Sur l'appareil copulaleur du bélier, Journ. de l’Anat., 1887; — du même, Note sur les capillaires des organes érectiles. Soc. de Biologie, 1887 : — Eichbaum, Untersuch. iiber die Entwick. der Schewellkôrper u. der Harnrôhre, Deutsche Zeitschr. f. Thiermed. u. vergl. Path., 1888 ; — During, Beitrage zur Anat. des Pénis , Monatsschr. f. prakt. Dermatol.. 1888; — Retterer et Roger, Anat. des org. génito-urinaires d'un chien hypospade, Journ. de l’anat., 1888 ; — Marchant, Rech. sur les lymphatiques des téguments des organes génitaux de l'homme, Bull, de la Soc. anat., 1889; — Keissl und Horowitz, Ein Beitrag zur Anat. der Lymphgefàsse der mdnnliclien Geschlechtsorgane , Verhandl. d. deutsch. dermatol. Gesellsch, Congr. zur Prag., 1889 ; — Retzius, Ueber die Endigungsweise der Nerven in den Genitalnervenkôrperchen des Kaninchens , Intern, Monatsschr. f. Anat. u. Physiol , 1890 ; — Retterer, Note sur la valeur morphologique du gland des mammifères, Mém. delà Soc. de Biol., 1890; — du même, Sur le développement du pénis et du clitoris chez le fœtus' humain, Journ. de l’anat., 1802; — Thiéry, Notes sur trois cas de valvules cle la muqueuse préputiale, Bull. Soc. anat., 1891 ; — Sprunck. Ueber dis vermeintlichen Tyson' schen Drüsen, Diss. Kônigsberg, 1897 ; — Iyôlliker. Ueb. die Tyson’ sclien Drüsen des Menschen, Verh. anat. Ges., 1897; — Saalfeld, Ueb. die Tyson ’ schen Drüsen, Arch. f. mikr. anat., 1899 ; — Tandler u. Domény, Ueb. Tyson’ schen Drüsen, Wien. Med. Woch., 1898; — des mêmes, Zur Dis toi. des ausseren Génitales, Arch. f. mikr. Anat., 1889 ; — Bruhns, Ueb. die Lymphgefàsse der aüss. mànnl. Genitalien u. die Zuflüsse der Leistendrüsen, Arch. f. Anat., 1900 ; — Cunéo et Marcille, Note .sur les lymphatiques du gland, Bull. Soc. anat., 1901 ; — Paschkis, Zur Kenntniss dèi' accessor . Gange am Pénis, Arch. Dermatol. u. Syph., 1902 ; — Gras, Rech. anat. sur les veines du pénis, Th. Lyon, 1902 ; — Müller, Ueb. Tyson ' schen Drüsen u. einigen Sdugethieren, Dissert. Halle, 1902 ; — Jackson, On the structure of the corpora cavernosa in the domestic cat, Americ. Journ. Anat., 1902; — Benda, Ueb. der B au der Yena dorsalis pénis beirn Menschen, Verh. anat. Ges. 16e Vers. Halle, 1902 ; — Forster, Beitr. z. Anatomie der ausseren mannlich. Gesclilechtsorgans d. Menschen , Zeitschr. f. Morphol. u. Anthrop., 1903 ; — Delbanco, Ueb. das gehàufle Auftreters von freien Talgdrüsen an der Innerflâche des præputium, Anat. Anz., 1904 : — du même, Zur Anat. des præputium, Monatsh. f. prakt. Dermatol., 1904 ; — Sanger, Ueber die Vena dorsalis pénis , Dissert. Bern., 1904; — Aievoli, Contrib. clin, à l'étude des canaux anormaux de la verge. Arch. génér. de méd., 1905 ; — Ferrarini, Contrib. alla conoscenza delle espansioni nervose periperiche nel glande del pene dell’uomo, Anat. Anz., Bd. XXIX, 1906 ; — Mader, Zur Anat. cler
Gtans Pénis cler Haustiere, Arch. wiss. u. prakt. Tierheilk., 1906; — Buschke, Veb. die Bedeutung d. Papillen d. corona glandis, Méd. Clin., Iy09 ; — Giorgi, Belle ter minazioni nervose negli organi genitali maschili, Bull. Soc. méd.-chir., Pavia, 1909.
ARTICLE Y
A l’appareil génital de l’homme se trouvent annexées deux formations glandulaires, la prostate et les glandes de Coivper. Ces glandes sécrètent un liquide qui, au moment de l’éjaculation, se mêle au contenu des vésicules séminales apporté dans l’urèthre par les canaux éjaculateurs. Elles fournissent ainsi au liquide spermatique un certain nombre de ses éléments et, à ce titre, appartiennent bien manifestement à l’appareil génital.
§ I. — Prostate
La prostate (allem. Prostate , angl. Prostate gland) est un organe de nature glandulaire, à signification génitale, qui se développe autour de la portion initiale de l’urèthre. La plupart des auteurs la décrivent avec la portion prostatique de l’urèthre. C’est à tort, selon moi : car, par ses fonctions, cette glande se rattache manifestement à l’appareil sexuel .
A. — Considérations générales
La prostate nous offre à considérer : 1° sa situation ; 2° sa forme générale ; 3° sa couleur et sa consistance ; 4° son volume et son poids ; 5° sa signification morphologique.
1° Situation. — La prostate, organe impair et médian, est profondément située dans l’excavation pelvienne (fig. 610, 8), au-dessous de la vessie, au dessus de l’aponévrose périnéale moyenne, derrière la symphyse pubienne, en avant de l’ampoule rectale. Elle est contenue là dans une sorte de loge fibreuse, la loge prostatique, que nous décrirons plus loin.
2° Forme générale. — La prostate a une forme très irrégulière, assez difficilement comparable à un volume géométrique déterminé. Nous pouvons cependant, pour la commodité de la description, la considérer comme un cône, qu’on aurait légèrement aplati d’avant en arrière et dont la base serait dirigée en haut, du côté de la vessie.
Son axe, représenté par la ligne fictive qui réunirait le sommet au milieu de sa base, n’est pas exactement vertical, mais oblique de haut en bas et d’arrière en avant : il forme avec la verticale un angle de 20 à 25°.
Un sillon médian, plus ou moins accusé sur la face postérieure, divise la prostate en deux moitiés, qui prennent chacune le nom de lobe : ce sont les lobes prostatiques. Nous devons faire remarquer, cependant, que sur la face antérieure de l’organe il n’existe aucune trace de cette division.
Nous verrons plus loin que, entre les deux lobes et à la partie toute supérieure
PROSTATE
ou base, se trouve un troisième lobe, d’un développement fort variable, auquel on donne le nom de lobe moyen.
La prostate se compose donc, en réalité, de trois lobes : deux lobes latéraux , l’un droit, l’autre gauche, et un lobe moyen ou médian, ce dernier relativement beaucoup plus petit que les deux autres.
3° Couleur et consistance. — La prostate revêt une couleur gris rougeâtre, quel-
Fig. 610.
La prostate, vue sur une coupe sagittale d’un sujet congelé passant un peu à gauche de la ligne médiane (segment droit de la coupe).
i, symphyse pubienne. — 2, vessie, avec 2', son col. — 3, ligament antérieur de la vessie. — 4, aponévrose ombilicoprévésicale. — 5, espace prévésical. — 6, rectum. — 7, cul-de-sac vésico-reclal, renfermant une anse grêle. — 8, prostate. — 9, véru montanum. — lu, canal éjaculateur du côté gauche, roupé obliquement. — 11. canal déférent du côté droit. — 12, aponévrose périnéale moyenne, avec le muscle de Gulhrie. — 13, aponévrose prostato-péritonéale. — 14, anus. — 15, 15, sphincter externe. - 16, glande de Cowper. — 17, bulbe de l'urèthre. — 18, urèthre spongieux. — 19, corps caverneux. — 20, ligament suspenseur de la verge. — 21, veine dorsale profonde. — 22, plexus de Santorini. — 23, périnée. — 24, bourses.
quefois nettement blanchâtre. Elle est dure au toucher et oppose en général une grande résistance aux efforts qui tendent à la déchirer.
4° Volume et poids. — Le volume de la prostate varie beaucoup suivant les âges. Rudimentaire chez le nouveau-né et chez l’enfant, la prostate s’accroît subitement à l’époque de la puberté, comme les autres formations génitales, atteint son complet développement à l’âge de vingt à vingt-cinq ans et paraît ensuite rester stationnaire jusqu’à l’âge de quarante-cinq à cinquante ans.
APPAREIL URO-GENITAL
Elle mesure alors, en moyenne, 28 millimètres de longueur, sur 40 millimètres de largeur et 25 millimètres d’épaisseur. Son poids absolu est de 20 à 25 grammes; son poids spécifique, de 1,045.
Après soixante ans, souvent plus tôt, la prostate s’accroît de nouveau et peut acquérir ainsi un volume double ou triple de celui qu’elle nous présente à l’état adulte. Cette hypertrophie sénile de la prostate porte, suivant les cas, soit sur la totalité de la glande, soit sur Tune de ses parties seulement : l’un des lobes latéraux ou le lobe médian.
5° Signification morphologique. — Les observations de Hunier et d’OwEN, confirmées tout récemment par celles de Griffiths, nous apprennent que chez certains mammifères, notamment chez la taupe et le hérisson, la prostate, toute petite pendant l’hiver quand la fonction génitale est pour ainsi dire endormie, s’accroît au printemps quand renaît la période d’activité génésique et acquiert alors, comme les testicules du reste, un volume relativement considérable. Par contre, elle dégénère, chez les animaux, à la suite de l’ablation expérimentale des testicules ou de la simple section des canaux déférents (Legueu, 1896). On l’a même vue, dans certains cas, s’atrophier chez l’homme à la suite de la castration. La signification génitale que nous lui avons attribuée plus haut n’est donc pas douteuse et ainsi se trouve justifiée la place que nous lui assignons dans cet ouvrage.
B . —Conformation extérieure et rapports
Située dans une région viscérale importante où se rencontrent à la fois l’appareil digestif, l’appareil urinaire et l’appareil génital, la prostate présente des rapports qui, naturellement, sont eux aussi très importants. Nous examinerons sépament : 1° ceux qu’elle présente avec les organes qui sont placés en dehors d’elle, ce sont les rapports extérieurs ; 2° ceux qu’elle présente avec les organes qui la traversent, ce sont les rapports intérieurs. Nous commencerons par les rapports extérieurs.
1° Rapports extérieurs de la prostate. — La prostate, avons-nous dit plus haut, a la forme d’un cône aplati d’avant en arrière. Nous pouvons, par conséquent, lui considérer : 1° une hase; 2° un sommet ; 3° quatre faces , que nous distinguerons en postérieure et latérales :
a. Face postérieure, aponévrose prostato-péritonéale. — La face postérieure regarde en arrière et en bas; elle est inclinée sur l'horizontale de 40° à 45° environ. Elle nous présente, sur la ligne médiane, un sillon vertical, plus ou moins marqué suivant les sujets, qui divise l’organe en deux lobes, l’un droit, l’autre gauche. Ce sillon aboutit en haut, du côté de la base, à une échancrure toujours très accusée, ce qui donne à notre face postérieure une certaine ressemblance avec un cœur de carte à jouer.
Envisagée au point de vue de ses rapports, la face postérieure de la prostate répond tout d’abord (mais à sa partie inférieure seulement, voy. fig. 610) aux faisceaux postérieurs du sphincter externe de l’urèthre. Elle repose sur la paroi antérieure du rectum, dont elle est séparée par une lame, à la fois fibreuse et musculeuse, qui, du feuillet supérieur de l’aponévrose moyenne du périnée, s’étend jusqu’au cul-de-sac vésico-rectal : c’est l'aponévrose prostato-péritonéale de Denonvilliers.
L’aponévrose de Denonvilliers, ainsi appelée du nom du chirurgien qui, le pre-
PROSTATE
mier, en 1837, l’a bien décrite, est une formation à signification spéciale qui se dispose en sens frontal en arrière de la prostate. Elle a une forme quadrilatère et, de ce fait, nous présente à considérer quatre bords (supérieur, inférieur, latéraux; et deux faces (antérieure et postérieure). — Le bord inférieur descend jusqu’à la partie postérieure de l’aponévrose périnéale moyenne et se continue avec elle. — Le bord supérieur remonte jusqu’au cul-de-sac vésico-rectal et, là, se fusionne avec ce cul-de-sac. Nous en verrons la raison tout à l’heure. — Les bords latéraux, mal délimités, se perdent insensiblement dans le tissu cellulaire de l’excavation pelvienne. —
Quant aux deux faces , la postérieure repose sur le rectum ; l’antérieure répond successivement à la prostate, aux vésicules séminales, aux ampoules des déférents et, dans l’espace angulaire qui sépare ces deux ampoules ( triangles inter dé férenliels) , au bas-fond de la vessie.
L’aponévrose prostato-péritonéale est ordinairement très épaisse, quoique médiocrement résistante.
Histologiquement, elle se compose de fibres du tissu conjonctif, auxquelles vient se mêler une grande quantité de fibres musculaires lisses.
Nous avons déjà vu, à propos des voies spermatiques, qu’elle jetait autour des vésicules
séminales et des ampoules des canaux déférents, une sorte d’atmosphère musculeuse qui, en comprimant ces organes, devenaient pour le sperme un véritable muscle expulseur.
Chez l’embryon la disposition du péritoine vésico-rectal est bien différente de ce qu'elle est chez l’adulte. Si nous suivons la séreuse d’avant en arrière (fig. 612, A), nous la voyons tout d’abord, former un premier cul-de-sac ( cul-de-sac prégénital) entre la face postérieure de la vessie et la face antérieure des deux canaux de
Wolff, aux dépens desquels se dé- 5 5 5 5
velopperont plus tard les canaux déférents et les vésicules séminales.
Nous la voyons ensuite contourner d’avant en arrière ces mêmes canaux de Wolff, descendre jusque sur le plancher pelvien et se relever alors sur le rectum, en constituant un deuxième cul-de-sac ( cul-cle-sac rétro- génital), dont la paroi postérieure répond au rectum et dont la paroi antérieure est successivement constituée : 1° par les canaux de Wolff; 2° par les canaux de Müller, qui, en s’atrophiant, donneront naissance à l’utricule prostatique ; 3° par la face postérieure du sinus urogénital, qui formera plus tard les deux portions prostatique et membraneuse du canal de l’urèthre.
L’étude de coupes sagittales, pra-
Fig. 611.
L'aponévrose prostato-péritonéale, vue en place par sa face antérieure.
(Les vésicules séminales et les canaux déférents ont été réséqués. Le feuillet antérieur du culde-sac vésico-rectal, qui revêt la -vessie, est maintenu en place par deux petites érignes).
1, rectum. — 2, vessie. — 3. cul-de-sac vésicorectal. — 4, \ésicule séminale. — 5, canal déférent. — 6, aponévrose prostato-péritonéale, avec 6’, son bord supérieur, inséré sur le culde-sac périnéal : 6”, ses bords lâtéraux, se continuant insensiblement avec le tissu cellulaire du voisinage.
Fig. 612.
Schéma montrant, sur une coupe sagittale, les transformations que subit le péritoine vésico-rectal en passant de l’embryon (A) chez l’adulte (B).
1, 1’. vessie. — 2. 2’, rectum. — 3, canal de Wolff (dans la figure Aj ; 3, canal déférent et vésicules séminales (dans la ligure Bj. — 4, urèthre prostatique (sans prostate dans la ligure A, avec prostate dans la ligure B). — 3, péritoine. — 6, cul-de-sac prégénital ; 6’. la lame conjonctivo-fibreuse chez l’adulte. — 7, cul-de-sac rétro-génital : 7’, lame fibreuse (aponévrose prostatopéritonéale) chez l’adulte.
APPAREIL URO-GÈNITAL
tiquées sur des embryons et des fœtus de différents âges, nous apprennent (Cunéo et Veau) que les deux culs-de sac pré- et rétro-génital disparaissent peu à peu par le processus dit de coalescence, que nous avons déjà fait connaître à propos du péritoine rénal : les deux feuillets péritonéaux qui circonscrivent le cul-de-sac s’appliquent i’un contre l’autre, perdent leur endothélium et se fusionnent intimement par leur couche conjonctivo-élastique.
Des deux culs-de-sac précités, le premier disparaît complètement : nous savons que le péritoine, chez l'adulte, passe directement de la face postérieure de la vessie sur la face postérieure dès vésicules séminales ; une lame celluleuse, peu ou bien marquée, rappelle seule l'existence des deux feuillets embryonnaires disparus. Le second cul-de-sac disparaît lui aussi graduellement de bas en haut , non pas dans toute son étendue, mais dans la plus grande partie de son étendue, jusqu’à la face postérieure de la base des vésicules séminales (fig. 612, B). Au-dessous de ce point les deux feuillets péritonéaux se sont unis par coalescence et, à leur lieu et place, il n’existe plus maintenant qu'une lame fibreuse ou cellulo-fibreuse, qui n’est autre que l’aponévrose prostato-péritonéale de Denonvilliers. Cette aponévrose a donc la même signification que l 'aponévrose ombilico-prévésicale, que la lame prérénale de Toldt, etc. : elle est, ici comme ailleurs, le reliquat de deux feuillets péritonéaux, qui, primitivement distincts, se sont soudés l’un à l’autre par coalescence au cours du développement ontogénique.
b. Face antérieure . — La face antérieure de la prostate regarde la symphyse, d’où le nom de face pubienne sous lequel la désignent certains auteurs.
Elle diffère de la précédente en ce qu’elle est plus courte et que sa direction, tout
Fig. 613.
Prostate isolée : A. vue postérieure; B, vue antérieure.
1. canal de l’urèthre (portion membraneuse), avec 1’ son orifice vésical. -*■- 2, 2’, lobe droit et lobe gauche de la prostate. — 3, lobe moyen ou médian. — 4, base avec 4’, son échancrure postérieure. — 5, sommet, avec sa double échancrure antérieure et postérieure. — 6, angle supéro-externe du lobe latéral, avec son paquet vasculaire. — 7, sphincter interne. — 8, sphincter externe. — 9, coupe de vessie. — 10, vésicules séminales. — 11, canal déférent. — 12, paquet veineux antérieur allant au plexus de Santormi.
en étant un peu oblique, se rapproche de la verticale. Sur elle repose le sphincter externe de l’urèthre (fig. 641) et nous rappellerons à ce sujet que le muscle diminue d’épaisseur au fur et à mesure qu’il se rapproche de la vessie.
La face antérieure de la prostate est séparée des pubis, en haut par les ligaments antérieurs de la vessie (p. 472) et, au-dessous d’eux, par le plexus veineux de Santorini.
c. Faces latérales. — Les faces latérales de la prostate ( bords latéraux de certains auteurs) sont convexes, assez régulièrement arrondies, servant de traits d’union entre les deux faces antérieure et postérieure. Leur extrémité inférieure, relativement mince, confine à l’urèthre membraneux. Leur extrémité supérieure, beaucoup plus volumineuse, constitue ce qu’on pourrait appeler l’ angle supéro-
PROSTATE
externe de la prostate : à son niveau se voit un paquet vasculaire (artères et veines) pénétrant dans la masse pros-
tatique.
Envisagées maintenant au point de vue de leurs rapports, les faces latérales de la prostate répondent au releveur de l’anus. Elles sont séparées de ce muscle par une lame, moitié fibreuse, moitié musculeuse, à laquelle on donne le, nom d 'aponévrose latérale de la prostate. Cette lame, comme nous le verrons plus tard (p. 685), est une dépendance de l’aponévrose du releveur : elle n’est autre que la zone inférieure, un peu modifiée dans sa structure, de cette dernière aponévrose. De forme quadrilatère, placée de champ, elle s’attache en avant sur le corps du pubis et, en arrière, sur la paroi latérale du rectum (fig. 616, 7) : de là le nom d 'aponévrose pubo-rectale , que lui donnent encore certains anatomistes après Denonvillers ( ligaments puborectaux de certains auteurs). Le bord inférieur de cette aponévrose repose sur le feuillet supérieur de l’aponévrose périnéale moyenne et se confond avec lui. Son bord supérieur se continue de même avec la zone supérieure de l’aponévrose du releveur et, de plus, il est réuni à celui du côté opposé par une lame fibreuse à direction horizontale, qui n’est autre que le ligament antérieur de la vessie ou ligament pubo-vésical.
Nous devons ajouter que, entre les faces latérales de la prostate et l’aponévrose pubo-rectale, se trouvent de nombreux canaux veineux disposés en plexus : ce sont les plexus vésico-proslatiques .
d. Base. — La base de la prostate, comme nous le montre nettement la figure 615, est très obliquement coupée de haut en bas et d’arrière en lü
avant. Elle est, d’autre part, très irrégulière et, de ce fait, nous pouvons la diviser en trois zones (fig. 615), que nous distinguerons en antérieure , moyenne et postérieure :
a) La zone antérieure répond au col de la vessie. Elle nous présente l’orifice postérieur de l’urèthre et, tout autour de cet orifice, les fibres circulaires qui constituent le sphincter vésical.
Fig. 614.
Prostate isolée, vue par sa face latérale gauche.
(Pour bien montrer les rapports de la prostate, on a représenté sur sa base et sa face antérieure la moitié droite de la vessie, avec, au-dessous d’elle, le ligament pubo-vésical et la partie correspondante du plexus veineux de Santorini ; de même, à la partie postérieure, on a laissé une partie de la vésicule séminale et du canal déférent).
1, canal de l’urèthre (portion membraneuse), avec 1’, son orifice vésical. — 2, face latérale de la prostate. — 3, sa face postérieure. — 4, sa face antérieure, recouverte par le muscle sphincter externe. — 5. angle supéro-externe du lobe latéral, avec son paquet vasculaire. — 6, lobe moyen ou médian. — 7, vésicule séminale. — 8, canal déférent. — 9, vessie avec, 9’, son ligament antérieur ou ligament pubovésical. — 10, plexus veineux de Santorini.
Fig. 615.
La prostate, vue par sa base (imitée de Sappev).
1,1, lobes latéraux. — 2, lobe médian. —
3, orifice postérieur du canal de l'urèthre. —
4, sphincter vésical. — 5, coupe des fibres longitudinales de la vessie à leur insertion sur la prostate. — 6, dépression séminale, avec : 7, 7, les vésicules séminales : 8, 8, les canaux déférents ; 9, l’utricule prostatique. — 10, échancrure postérieure.
Ges fibres circulaires sont entourées elles-mêmes par des fibres longitudinales,
ANATOMIE HUMAINE. — T. IV, 6e ÉDIT,
coupées en travers : ce sont les fibres superficielles de la vessie qui viennent s’implanter sur la prostate.
'P) La zone moyenne (2), placée en arrière de la précédente, se soulève en une saillie médiane, oblongue, transversale : c’est le lobe moyen de la prostate. Ainsi entendu, le lobe moyen est constant; mais il s’en faut de beaucoup que sa différenciation soit toujours aussi nette sur le sujet qu’elle l’est dans les descriptions. Sur certains sujets, en effet, surtout sur les sujets jeunes, rien ne révèle soit à l’extérieur, soit à l’intérieur, l’existence de ce troisième lobe. Chez d’autres, il est simplement représenté par cette saillie médiane (fig. 615,2), éminemment variable par sa forme et par ses dimensions, tantôt oblongue et transversale, tantôt semihémisphérique, le plus souvent petite et tout extérieure, que nous avons signalée plus haut sur la base de la prostate entre les deux zones vésicale et séminale. Enfin, dans certains cas, il atteint des dimensions beaucoup plus considérables et, comme il répond au col de la vessie, il soulève plus ou moins à son niveau la paroi inférieure de l’orifice qui fait communiquer le réservoir urinaire avec le canal de l’urèthre. Il fait ainsi, à l’entrée de l’urèthre, une saillie plus ou moins accusée qui a été désignée par Lieutaud sous le nom de luette vésicale et contre laquelle peut venir buter la sonde dans l’opération du cathétérisme.
Nous devons ajouter que cette saillie, conséquence de l’hypertrophie du lobe moyen de la prostate, n’existe habituellement que chez les sujets âgés et qu’elle est même considérée par beaucoup d’auteurs comme de nature pathologique. Nous y reviendrons dans un instant.
y) La zone postérieure , enfin, nous présente une large fossette, dans laquelle se logent les vésicules séminales et les canaux déférents (7 et 8) ou, si l’on préfère, les canaux éjaculateurs qui leur font suite. Au fond de cette fossette, se voient deux orifices, l’un droit, l’autre gauche, qui ne sont autres que les canaux éjaculateurs pénétrant dans la masse prostatique. Entre les deux canaux éjaculateurs et sur la ligne médiane se trouve parfois, faisant une saillie plus ou moins considérable, l’extrémité postérieure de l’utricule (voy. p. 519).
e. Sommet. — Le sommet, encore appelé bec de la prostate , est ordinairement situé à 3 ou 4 millimètres au-dessous de l’horizontale menée par l’extrémité inférieure de la symphyse. Un intervalle de 15 à 20 millimètres le sépare de cette symphyse. Il est continué en avant, du côté de l’aponévrose périnéale moyenne», par la portion membraneuse de l’urèthre.
2° Rapports intérieurs de la prostate. — Les rapports que nous venons de décrire entre la prostate et les organes qui l’entourent sont les rapports extérieurs de l’organe. Mais la prostate est encore en rapport (: rapports intérieurs ) avec les organes qui la traversent : Y urèthre et les canaux éjaculateurs.
Les rapports que présentent ces canaux avec la masse prostatique ont été déjà indiqués à propos de l’urèthre et à propos de l’appareil excréteur du sperme, et le lecteur voudra bien se reporter, à ce sujet, aux pages 513 et 615.
Nour rappellerons encore, à propos des rapports intérieurs de la prostate, que le véru montanum et Y utricule prostatique, que la plupart des auteurs décrivent avec la prostate, ont été déjà étudiés plus haut avec l’urèthre prostatique (p. 518 et 519).
3° Loge prostatique. — Si, maintenant, résumant la description qui précède, nous jetons un coup d’œil d’ensemble sur les rapports de la prostate, nous voyons
PROSTATE
qu’elle est contenue dans une cavité, en partie aponévrotique, en partie osseuse, connue sous le nom de loge prostatique.
Cette loge a naturellement six parois (voy. fig. 610 et 616) : une paroi antérieure, formée par les pubis, une paroi postérieure , constituée par l’aponévrose prostato-péritonéale ; deux parois latérales, formées par les deux aponévroses pubo-rectales ; une paroi inférieure , enfin, répondant à l’aponévrose périnéale moyenne. Quant à la paroi supérieure, elle est incomplète :
elle n’est représentée que par les ligaments pubo-vésicaux. En arrière des ligaments pubo-vésicaux, la loge prostatique est largement ouverte : par cette ouverture, la prostate est en rapport immédiat (fig. 610) avec la partie de la vessie qui entoure le col, avec les vésicules séminales et avec les canaux déférents.
Il convient d’ajouter que la prostate n’est pas immédiatement en contact avec les parois de sa loge : entre elle et la paroi se trouve un espace, Yespace p éripr o statique, qui est comblé par du tissu cellulaire, le tissu cellulaire périprostatique. Cet espace est, du reste, fort variable : très réduit en arrière et sur les côtés, il acquiert, en avant, une étendue relativement considérable. Rappelons que c’est dans cette partie antérieure de l’espace périprostatique que se trouve le plexus de Santorini.
G . — Constitution anatomique
Si, sur. une prostate convenablement durcie, nous pratiquons des coupes minces, et si nous portons ces coupes sous le microscope, nous reconnaissons dans sa masse, abstraction faite des deux sphincters interne et externe , qui sont décrits ailleurs (p. 530 et 672), deux éléments bien distincts : un stroma et des formations glam dulaires.
1° Stroma. — Le stroma est formé par un mélange de tissu conjonctif et de fibres musculaires lisses. Les éléments musculaires y tiennent une place importante et, à eux seuls, ils représentent une bonne moitié de la masse prostatique. Les éléments élastiques y sont également fort nombreux. Voyons donc d’abord quelle est la disposition générale du stroma.
a. Disposition générale. — Le stroma forme, autour de la prostate, une enveloppe continue, une sorte de capsule ou coque à couches concentriques (fig. 618, 1),
La loge prostatique, vue sur une coupe verticotransversale du bassin passant immédiatement en avant de la prostate {schématique) .
1, prostate, vue par sa face antérieure . — 2, vessie érignée en arrière. — 3, urèthre. — 4, branches ischiopubiennes. — 5, feuillet superficiel de l’aponévrose périnéale moyenne. — 5’, son feuillet profond. — 5”, le muscle de Guthrie. — 6, releveur de l’anus. — 7, son aponévrose supérieure, s’épaississant au niveau des faces latérales de la prostate, pour former 7’, les ligaments pubo-rectaux ou aponévroses pubo-rectales. — 8, aponévrose inférieure du releveur. — 9, ligaments pubo-vésicaux ou ligaments antérieurs de la vessie. — 10, expansion fibreuse, remontant de l'aponévrose du releveur sur la vessie (partie inférieure de l’aponévrose ombilico-prévésicale). — 11, fosses ischiorectales. — 12 racines des corps caverneux.
dans l’épaisseur de laquelle se logent une multitude de canaux veineux, plus ou moins anastomosés en plexus. Ces vaisseaux, avec la gangue conjonctive et musculaire qui les entoure, constituent dans leur ensemble une sorte de système caver- A 3 neux, auquel aboutissent les veines prostati-
ques et la plupart des veines vésicales. Walker a signalé l’existence, dans le stroma prostatique, de cellules lymphatiques isolées ou disposées en amas plus ou moins considérables : cette dernière disposition se rencontrerait de préférence sur les faces latérales de l’organe.
a) La surface extérieure de la coque prostatique est en rapport avec les différentes parois de la loge prostatique et, par l’intermédiaire
Coupe transversale de la prostate pour montrer ses divers éléments [schématique).
1, enveloppe extérieure ou coque prostatique. — 2, cloisons. — 3, noyau central. — 4, urèthre, entouré par sa gaine vasculaire. — o, sphincter lisse ou interne. — 6. sphincter strié ou externe. — 7, 7, lobules glandulaires. — 8, canaux éjaculateurs. — 0, ulricule prostatique.
Fig. 617.
Coupes transversales de la prostate passant : A, à 6 millimètres au-dessous du col; B, à 15 millimètres du col; G, à 25 millimètres du col ; D, par le sommet de la prostate; E, par la partie postérieure de l’urèthre membraneux (homme de 40 ans, grandeur nature) .
du tissu cellulaire périprostatique ci-dessus décrit, se confond en partie avec elles.
(3) Sa surface intérieure donne naissance à un système de cloisons, qui se dirigent en rayonnant vers le 'centre de l’organe et s’y condensent en une masse plus ou moins considérable, qui porte le nom de noyau central (fig. 618,3). Ce noyau central est traversé par l’utricule prostatique et les canaux éjaculateurs; le canal de l’urèthre passe un peu en avant. Les cloisons précitées circonscrivent entre elles un certain nombre de loges qui, sur des coupes transversales, affectent la forme de triangles à base périphérique. C’est dans ces loges que se tassent les éléments glandulaires et chacune d’elles, contenant et contenu, acquiert la valeur d’un lobule (fig. 618, 7).
1. canal de l’urèthre. — 2, sphincter lisse ou sphincter interne (en rose). — 3, sphincter strié ou sphincter externe {en rouge). 4, enveloppe de la prostate (coque prostatique). — fi, noyau central. — 6, véru montanum. — 7, canaux éjaculateurs. — 8, utncule prostatique. — 9, tunique vasculaire de l’urèthre.
PROSTATE
b. Disposition des éléments musculaires. — Le mode de disposition des fibres musculaires dans la prostate a été soigneusement étudié, en 1896, parLusENA. l)e la coque périphérique, elles se portent vers le centre de l’organe en suivant, les unes les cloisons précitées, les autres des formations glandulaires. Les fibres qui appartiennent aux cloisons sont relativement peu nombreuses. Celles qui se mêlent aux glandes sont de beaucoup les plus importantes : au niveau des canaux excréteurs et des lobules glandulaires, elles suivent un trajet longitudinal, parallèle à l’axe de ces canaux; au niveau des culs:de-sac, elles s’infléchissent sur elles-mêmes pour prendre une direction plus ou moins circulaire et former autour de chaque cul-desac une sorte de niche ou de cupule.
c. Disposition des éléments élastiques. — Quant aux éléments élastiques, leur disposition a été bien étudiée chez le chien par Walker, à qui j’emprunte les détails suivants. Tout d’abord, au-dessous de la muqueuse de l’urèthre et entourant complètement ce canal, se trouve une couche de fibres longitudinales : elles sont plus minces dans cette région que dans les autres parties de l’urèthre, mais elles se continuent directement avec l’urèthre en avant et la vessie en arrière. Les fibres externes vont en divergeant dans le tissu glandulaire et forment des huit de chiffre autour des canaux prostatiques, ce qui fait que chacun d’eux possède un sphincter qui lui est propre. Au milieu de ce réseau sont disséminées des fibres disposées circulairement : elles sont très nombreuses en arrière et sur les côtés ; en avant, on en trouve seulement quelques-unes. De ces formations longitudinale et circulaire partent des fibres qui descendent dans les cloisons et y forment un riche plexus. A leur tour, ces réseaux élastiques envoient des fibres plus délicates entre les alvéoles glandulaires : elles se disposent pour la plupart, circulairement aux alvéoles.
2° Formations glandulaires. — Morphologiquement, les éléments glandulaires de la prostate, intermédiaires aux glandes tubuleuses et aux glandes en grappe, appartiennent au groupe des glandes acino-tubuleuses (fig. 620). Elles se composent ainsi de portions sécrétantes renflées en forme de petits sacs et appendues à l’extrémité des canaux excréteurs.
A. Caractères macroscopiques. — Les glandes prostatiques, au nombre de 30 à 40, se disposent en rayon tout autour du canal de l’urèthre. Elles sont très inégales en volume: les plus considérables sont situées dans le segment postérieur ou rétro-uréthral de la prostate; viennent ensuite, par ordre de volume décroissant, les glandes latérales et les glandes antérieures. Ces dernières sont toujours de très petites dimensions et, parfois même, elles font complètement défaut. L’urèthre, dans ce cas, se creuse dans la masse prostatique une simple gouttière et non un canal complet.
Les conduits excréteurs des glandes prostatiques varient dans leurs dimensions, comme les corps glandulaires dont ils proviennent. Les plus petits sont cylindriques ; les plus volumineux sont irrégulièrement calibrés, bosselés, tortueux. Mais, quelles que soient leur forme et leurs dimensions, ils se dirigent tous obliquement vers la muqueuse uréthrale et s’ouvrent à la surface libre de cette muqueuse par de petits orifices arrondis, que l’on ne peut bien voir qu’à l’aide d’une loupe : les plus étroits occupent la paroi antérieure de l’urèthre ; les plus larges se voient
Fig. 619.
Schéma d’une glande sacculiforme composée (d’après Tourneux) .
APPAREIL URO-GENITAL
dans la fosse prostatique de l’urèthre ou se disposent en séries irrégulières dans
les deux gouttières qui longent latéralement le véru montanum (fig. 621, 10). Il n’est pas rare de voir plusieurs canaux s’ouvrir côte à côte dans le fond d’une fossette, qui leur est commune et qui revêt, de ce fait, l’aspect d’un petit crible.
Parmi les canaux excréteurs de la prostate, on en rencontre ordinairement deux, plus volumineux que les autres ( canaux principaux de la prostate ), qui tirent leur origine de la base de l’organe et vien-
nent s’ouvrir à droite et à gauche de l’extrémité postérieure du véru montanum.
Un fragment de coupe de la prostate d'un homme
de trente ans (d’après Eberth).
1, cul-de-sac glandulaire. — 2, fibres musculaires lisses, coupées en travers. 35 fibres musculaires lisses, coupées en long. — 4, vaisseau. — 5, une concrétion pierreuse.
B. Structure microscopique. — Les glandes prostatiques, avons-nous dit plus haut, se composent : 1° de parties sécrétantes ; 2° de canaux excréteurs. Dans les sacs sécréteurs se rencontrent parfois des dépôtsd’une nature spéciale qui constituent les concrétions prostatiques.
a. Parties sécrétantes. — Les parties sécrétantes (fig. 619) ont la forme de tubes mal calibrés, dont les extrémités distales se renflent en des cavités allongées ou arrondies que l’on désigne sous les noms divers de saccules, dé alvéoles, déacini sécréteurs. Ces saccules ou alvéoles, sont irréguliers, plus ou moins allongés, parfois ovoïdes ou piriformes, mesurant en moyenne 150 à 200 u de longueur. Vus en coupe, ils paraissent comme plissés, présentant alternativement des parties rentrantes et des parties saillantes. Histologiquement, ils se composent d’une paroi de tissu conjonctif dense, tapissé intérieurement par un épithélium.
a) La paroi conjonctive, pour la plupart des histologistes Langerhans, Rudinger, Weski, n’est pas une membrane propre au sens précis du mot. C’est une simple couche de cellules conjonctives apla-
Fig. 621.
Le véru montanum, vu de face après incision médiane de la paroi antérieure de l’urèthre.
1, vessie. — 2, urèthre. — 3, prostate. — 4, véru montanum. — 5, freins du véru. — 6, crête uréthrale. — 7, utricule prostatique. — 8, orifices des canaux éjaculateurs . — 9, fossette prostatique. — 10, rigoles latérales du véru.
PROSTATE
ties, très allongées, endothéliformes, fortement serrées les unes contre les autres, appartenant manifestement au stroma sous-jacent. Il n’existe pas ici de
Fig. 622.
Coupe transversale d’un alvéole sécréteur de la prostate d’un homme de trente ans, avec ses saillies et ses diverticules (d’après Eberth).
Une des crêtes des alvéoles prostatiques, représentée à une échelle plus grande (d’après Eberth).
membrane propre au sens précis du mot ou, si elle existe, elle est très difficile à démontrer.
p) L’ épithélium est formé (fig. 621 et 622) par une seule assise de cellules cylindriques, d’une hauteur moyenne de 30 p. à 90 p. Leur extrémité externe, très nette, plane ou très légèrement convexe, répond au tissu conjonctif de la paroi alvéolaire. Leur extrémité interne, arrondie, fortement bombée, fait saillie dans la cavité de l’alvéole ; fréquemment elle est comme coiffée par une sorte de cône, qui fait corps avec elle et qui n’est autre que le produit de la sécrétion se détachant de la cellule pour tomber dans la cavité alvéolaire. Chaque cellule nous présente un noyau, arrondi ou plus ou moins ovalaire, occupant de préférence la portion basale de la cellule. Quant au protoplasma, il est comme dans toutes les cellules glandulaires, finement granuleux et il est à remarquer que les granulations, produit du travail sécrétoire, sont toujours plus nombreuses dans la partie interne que dans la partie externe. Du reste, il existe ici comme dans le canal épididymaire et dans le déférent, un vrai cycle sécrétoire et on peut rencontrer parfois sur le même point tous les stades de l’acte sécréteur : ici des cellules commençant à élaborer des granulations ; là des cellules qui en sont remplies ; plus loin, des cellules qui, au stade d’excrétion, se sont débarrassé d’une partie de leurs granulations et ne nous en montrent plus que quelques-unes, cantonnées au-dessous de l’extrémité libre; des cellules, enfin,
Fig. 624.
Coupe longitudinale d’un canal excréteur de la prostate, avec ses parties alternativement saillantes et rentrantes (d’après Eberth).
qui s’en sont débarrassées complètement dans la lumière de l’acinus et qui, vides maintenant, sont plus petites, à protoplasma clair et homogène. Nous reproduisons ici une figure de Bonis nous montrant, chez le chien, un cul-de-sac glandulaire immédiatement après le coït : comme on le voit, les cellules sécrétoires, toutes à la période d’excrétion, se font remarquer par un protoplasma clair; tout leur produit de sécrétion est déversé dans la lumière du cul-de-sac; tout au plus voit-on encore quelques granulations amassées au pôle apical, sur le point de passer, elles aussi, dans la lumière du cul-de-sac. On admet généralement, avec
Henle et Weski, que l’activité sécrétoire de la glande prostatique est constante : le liquide élaboré, en attendant son rejet dans l’urèthre au moment de l’éjaculation, s’amasse dans la cavité des acini et dans les canaux excréteurs. — Sur certains points (fig. 622 et 623), la paroi du saccule sécréteur se soulève du côté de la cavité en constituant des saillies, soit en forme de papilles, soit en forme de crêtes. A leur niveau, l’épithélium change. Il est représenté, non plus par une seule couche, mais par des couches multiples, deux ou trois. D’ordinaire, les cellules superficielles sont cylindriques comme celles ci-dessus décrites; les cellules profondes ou basales sont, suivant les cas, arrondies ou polyédriques, tantôt disposées en couches continues, tantôt irrégulièrement disséminées entre les cellules superficielles et la paroi glandulaire. — On rencontre parfois, sur la prostate du vieillard ou même de l’adulte, des saccules glandulaires plus distendus que les autres, dans lesquels l’épithélium de revêtement est formé par des cellules plates, munies chacune d’un noyau central : ce sont des éléments qui ne sécrètent plus, de vraies cellules inactives (Eberth). Cette inactivité du reste, est définitive ou simplement temporaire : on conçoit, en effet, qu’un certain nombre de cul de-sac sécréteurs puisse, après un repos plus ou moins prolongé, reprendre, même chez le vieillard, son activité physiologique.
b. Canaux excréteurs. — Les canaux excréteurs prennent, eux aussi, une part plus ou moins considérable à la sécrétion du liquide prostatique et, de ce fait, présentent à peu de chose près la même structure que les saccules.
Comme ces derniers, il nous présentent çà et là des saillies en forme de crête, que l’on voit très nettement (fig. 624), sur les coupes longitudinales.
Histologiquement, ils se composent de deux couches : 1° une couche externe, formée par du tissu conjonctif, auquel vient s’ajouter, d’après Robin, une quantité plus ou moins considérable de fibres musculaires lisses ; 2° une couche interne ou épithéliale, constituée par une seule rangée de cellules cylindriques. Il convient
Fig. 625.
Coupe pratiquée sur la prostate d'un chien immédiatement après le coït (d’après de Bonis).
Un grand nombre de grains de sécrétion et de plasmosomes ont été déversés dans la lumière du canal glandulaire. Les cellules renferment encore quelques granulations, mais elles occupent toutes l’extrémité apicale, prêtes elles aussi à être excrétées dans le canal glandulaire.
1, membrane propre. — 2. 2, cellules superficielles cylindriques présentant à leur extrémité externe des grains de sécrétion. — 3, cellules basales sans grains de sécrétion. — i, lumière du canal glandulaire remplie par les grains excrétés. — 5, une dépression de la couche épithéliale.
PROSTATE
d’ajouter que, au niveau des crêtes, l’épithélium se dispose toujours, comme au niveau des crêtes alvéolaires, en deux ou trois couches. La signification de ces crêtes, tant dans les sacs sécréteurs que dans les canaux excréteurs, nous est encore inconnue.
c. Concrétions prostatiques. — A partir de vingt à vingt-cinq ans, il se dépose dans les culs-de-sacs glandulaires de la prostate de petites concrétions arrondies, dont le nombre et le volume s’accroissent avec les progrès de Page (fig. 626).
Ces petits calculs sont formés par plusieurs couches concentriques et, de ce fait, présentent une grande analogie avec des grains d’amidon. Ils ont pour substance fondamentale une matière azotée, qui se dissout avec la plus grande facilité dans l’acide acétique. Quand elles sont de formation récente, et par conséquent de petit volume, les concrétions prostatiques flottent librement dans le liquide de l’acinus ; elles passent même, avec ce liquide, dans les canaux excréteurs, et de là, dans l’urèthre. Mais, à un stade plus avancé de leur développement, quand elles ont acquis sur place des dimensions supérieures au diamètre des canaux excréteurs, elles festent emprisonnées dans l’acinus ; d’autre part, comme elles continuent à s’accroître, elles arrivent finalement à remplir entièrement ce dernier et même à l’agrandir en refoulant peu à peu ses parois dans une direction excentrique.
La prostate tout entière augmente naturellement de volume, en même temps que se dilatent ses acini, et l’on comprend sans peine qu’un pareil processus constitue un facteur important dans le mode de production de l’hypertrophie sénile de la prostate.
Fig. 626.
Concrétions de la prostate chez un vieillard de 65 ans (d’après . Tourneux).
D. — Liquide prostatique
En comprimant la prostate après la mort, on fait sourdre dans le canal de l’urèthre, au niveau des orifices des canaux excréteurs de la glande, un liquide d’aspect laiteux, filant, de réaction acide : c’est le liquide prostatique. C’est là le seul moyen de se le procurer à l’état de pureté. Sur le vivant, en effet, il ne s’échappe de la glande qu’au moment de l’éjaculation et se mêle immédiatement au sperme.
Examiné au microscope, le liquide précité nous présente tout d’abord de nombreuses cellules épithéliales, qui proviennent, les unes des culs-de-sac glandulaires, les autres des canaux excréteurs. Robin a fait remarquer que ces cellules épithéliales, tenues en suspension dans le liquide prostatique, sont d’autant plus nombreuses que les sujets sont morts depuis plus longtemps; il nous paraît rationnel d’en conclure qu’il n’en est pas de même pendant la vie et que leur présence, dans le liquide recueilli après la mort, est un fait purement cadavérique.
Le liquide prostatique renferme encore des granulations graisseuses et un grand nombre de ces petits calculs à angles arrondis, de coloration jaunâtre ou brun rougeâtre, que nous avons vu se former dans la cavité même des culs-de-sac.
Le rôle joué dans la fonction spermatogénétique par le produit de sécrétion de la prostate^est encore peu connu. On admet, cependant que le liquide prostatique renferme une substance plus ou moins visqueuse qui, en agglutinant les spermatozoïdes au moment de l’éjaculation, favorise leur rétention dans le vagin. L’action prostatique, pour être encore mal établie, n’en est pas moins certaine. Les recherches de Steinach sur le rat, celles de Camus et de Gley sur les cobayes,
ANATOMIE HUMAINE. — T. IV, 6e ÉDIT.
APPAREIL URO -GENITAL
nous démontrent que l’extirpation de la prostate diminue le pouvoir reproducteur ou même le supprime entièrement.
E — Vaisseaux et nerfs
1° Artères. — Les artères destinées à la prostate proviennent des vésicales inférieures et des hémorrhoïdales moyennes. Très variables dans leur nombre, mais
en général de petit calibre, elles pénètrent dans la prostate un peu sur tous les points , mais principalement au niveau de sa face postérieure et de ses bords. Dans l’épaisseur même de l’organe, elles cheminent pour la plupart en sens radiaire, c’est-à-dire se dirigent en ligne droite vers la partie centrale. Chemin faisant, elles se divisent et se subdivisent en des rameaux de plus en plus ténus et, finalement, se résolvent (fig. 627) autour des culs-de-sac glandulaires, en un réseau capillaire à mailles polygonales très serrées.
2° Veines. — Les veines, ici comme ailleurs, naissent des réseaux capillaires. Cheminant en sens radiaire, elles se portent vers la surface extérieure de l’organe et s’échappent un peu sur tous les points. La plupart, cependant, se dirigent en dehors etse jettent dans ces canaux veineux, toujours très développés, qui se voient sur les faces latérales de la prostate et dont l’ensemble constitue le plexus vésico-prostatique . Nous avons déjà vu, à propos de la.vessie, que ce plexus vésicoprostatique communique largement (fig. 473), en avant avec le plexus de Santorini, en arrière avec le plexus séminal.
3° Lymphatiques. — Les lymphatiques de la prostate paraissent avoir été décrits pour la première fois par Sappey en 1854. Ils ont été injectés à nouveau, à l’aide de la méthode de Gerota, en 1899, par Stahr et par Walker, plus récemment par Cunéo et Marcille (1902) et par Bruhns (1904).
a. Réseaux d'origine. — Ces lymphatiques naissent autour des parois des culsde-sac glandulaires sous forme de plexus plus ou moins riches, les plexus périacineux. De là, ils se dirigent vers la surface extérieure de l’organe, où ils forment un réseau, le réseau péripr asiatique . Ce réseau est surtout développé sur la face postérieure, sur cette partie de la prostate qui est en rapport avec le rectum.
b. Lymphatiques efférents. — Les collecteurs efférents du réseau périprostatique (fig. 628) s’échappent presque tous de la partie postérieure de l’organe. Nous les diviserons en trois groupes : ascendants , latéraux , postérieurs.
Fig. 627.
Coupe transversale d'un acinus glandulaire de la prostate du chien, avec son réseau capillaire (d’après Walkek) .
i, acinus, avec : 2, son épithélium ; 3, sa membrane propre. — 4, réseau capillaire péri-acineux. — 5, 5, artérioles afférentes. — 6, cavité de l’acinus.
PROSTATE
a) Les lymphatiques ascendants s’élèvent sur la face postérieure de la vessie jusqu’à la base du triangle inter-déférentiel. Là, se recourbant en dehors, ils gagnent la paroi latérale du bassin et, finalement, se jettent dans les ganglions iliaques externes.
0) Les lymphatiques latéraux , issus comme les précédents de la face postérieure de la prostate, se portent obliquement en dehors et en arrière et viennent se jeter, en partie dans les ganglions vésicaux latéraux (voy. Vessie), en partie dans les ganglions hypogastriques moyens.
Sur le trajet de ces derniers troncs on trouve à peu près constamment deux ou trois petits nodules ganglionnaires (Cunéo et Marcille).
y) Les lymphatiques postérieurs, au nombre de deux ou trois, se dirigent en haut et en arrière du côté du sacrum.
Ils se terminent de la façon suivante : les uns, les plus externes et les plus courts, se jettent
dans les ganglions sacrés latéraux, en dedans des deuxième et troisième trous sacrés; les autres, les plus internes et les plus longs, remontent jusqu’aux ganglions qui sont situés au niveau du
Eig. 628.
Lymphatiques de la prostate.
(Les lymphatiques n’ont été représentés que d’un seul côté, le gauche droit,
1, symphyse pubienne. — 2, sacrum. — 3, coccyx. — 4, vessie, fortement érignée en avant et à droite. — 5, prostate. — 6, urèthre. — 7, artère iliaque primitive. — 8, vaisseaux iliaques externes. — 9, artère honteuse interne. — 10, lymphatiques ascendants de la prostate. — 11, lymphatiques latéraux. — 12, lymphatiques postérieurs. — 13, lymphatiques descendants, provenant de la face antérieure de l’organe. — 14, muscle pyramidal du bassin. — 15, muscle obturateur interne. — 16, releveurde l'anus.
A, ganglions iliaques externes. — B, ganglions hypogastriques moyens. — C, ganglions hypogastriques inférieurs. — D, ganglions sacrés latéraux. — E, ganglions du promontoire.
promontoire ( ganglions
du promontoire ), un peu au-dessous de la bifurcation de l’aorte.
Outre ces trois groupes d’efférents qui se détachent delà face postérieure de la prostate et qui sont admis par tous les auteurs, Bkuhns décrit des lymphatiques antérieurs , du reste peu nombreux et fort grêles qui, de la face antérieure de la prostate se rendent aux ganglions prévésicaux.
De leur côté, Walker chez le chien, Cunéo et Marcille chez l'homme, ont rencontré des lymphatiques descendants, qui, partant de la face antérieure de la prostate, descendent sur le plancher pelvien et, là, s’accolent à l’artère honteuse interne pour gagner l’un des ganglions de la chaîne hypogastrique. Cette voie descendante, qui est peut-être constante, n’a été injectée par Cunéo et Marcille que trois fois sur quinze sujets.
c. Résumé. — En résumé, les lymphatiques efférents de la prostate aboutissent aux quatre groupes ganglionnaires suivants, qui deviennent ainsi leurs groupes régionnaires : aux ganglions iliaques externes, aux ganglions hypogastriques, aux ganglions présacrés, aux ganglions du promontoire ; quelquefois, encore, aux
ganglions prévésicaux et latéro-vésicaux. Nous ajouterons que le réseau périprostatique entre en relation avec les réseaux lymphatiques de la vessie, de la vésicule séminale, des canaux déférents et, aussi, avec celui du rectum.
4° Nerfs. — Les nerfs de la prostate émanent du plexus hypogastrique. Ils cheminent à côté des artères ou isolément et présentent constamment, au cours
de leur trajet, un certain nombre de ganglions minuscules.
Ils se divisent naturellement en deux ordres de rameaux : rameaux sensitifs et sécréteurs, pour les éléments glandulaires ; rameaux moteurs , pour les libres musculaires du stroma et les fibres musculaires des vaisseaux.
Les rameaux nerveux intra-prostatiques se terminent, en partie par des extrémités libres, en partie dans de petits appareils terminaux qui rappellent les corpuscules de Krause et les corpuscules de Pacini.
Timofeew (1896) a décrit, dans le stroma prostatique, des corpuscules de Pacini avec une disposition nerveuse toute spéciale que nous avons déjà signalée (t. III, p. 322) à propos des terminaisons nerveuses dans la peau et que nous représentons dans la figure 628. Comme on le voit, chaque corpuscule, reçoit deux libres, toutes les deux entourées de myéline, l’une grosse, l’autre petite : la plus grosse, une fois entrée dans le corpuscule, se continue avec la massue centrale; la fibre mince, de son côté, se divise et se subdivise de façon à former un riche réticulum, dont les fibrilles se disposent tout autour de la massue centrale, mais sans entrer en relation avec elle. Sur le trajet des filets nerveux de la prostate se disposent de nombreux ganglions.
A consulter au sujet de la prostate, parmi les travaux récents : Rüdinger, Zur Anat. der Prostata, des Utérus masculinus und der Ductus ejaculatorii, München, 1883 ; — Stilling, Beobacht. über Function der Prostata , etc., Virchow’s Arch., 1884; — Harrison, The prostate muscle, Lancet, 1886 ; — Griffiths, Observ. on the anatomy of the prostate, Journ. of Anat. and Physiol., 1889; — du même, Observ. on the function of the prostate gland , etc., ibid., 1889 ; — du même, The prostate gland, etc., ibid., 1890 ; — Regnauld, Étude sur l’évolution de la prostate chez le chien et chez l’homme, Journ. de l’Anatomie, 1892 ; — Ziegler, Contrib. à l’étude de la circulation veineuse de la prostate, Th. Bordeaux, 1893 ; — Moullin, E. Mansell, A contrib. to the morphology of the prostate, Journ. of Anat. a Physiol., vol. XXIX, 1896 ; — Legueu, Des rapports entre les testicules et la prostate, Arch. de Physiol. norm. et path., 1896 ; — Lusena, Sulla disposizione delle cellule muscolari liscie nella prostata, Anat. Anz., 1896 ; — Timofeew, Ueber ein besondere art von eipege- Kapselten Nervenendigungen in den mdnnlicher Geschlechtorganen bei Sauge thieren , Anat. Anz., Bd. XI, 1896; — Guépin, Les veines de la prostate, La France méd., 1897 ; — Walker, Contrib. to the anat. and physiol. of the prostate, Bull, of the llopkin’s Hospital, 1900 ; — Pallin, Beitr. z. Anat. u. Embryol. der Prostata u. der Samenblasen, Arch. Anat. u. Physiol., 1901 ; — Weski, Beitr. z. Kenntniss d. mikr. Baues der menschl. Prostata, Dissert. Greifswald, 1902 ; — Muller, Beitr. zur vergl. Anat. u. Histol. der Prostata der Haussâugethiere, Anat. Hefte, Bd. XXVI, 1904; — Bruhns, Unters. üb. die Lymphge fasse d. Prostata beim Menschen, Arch. f. Anat. u. Physiol.,
Fig. 628 bis.
Deux corpuscules capsulés avec appareil de Timofeev du stroma de la prostate du chien (d’après Timofeew).
a, fibre large à myéline, pénétrant dans le corpuscule et s’y terminant dans la masse centrale. — b, fibre mince, également à myéline, pénétrant elle aussi dans le corpuscule et s’y résolvant en un vaste réticulum dont les mailles entourent la massue centrale.
GLANDES DE COWPEU
1904 ; — Cosentino, Sulla clislribuzione ciel tessuto elastico nella prostata dell’uomo e degli animali, Anat. Anz., Bd. XXVI, 1905; — Gentes, Nerfs de la prostate, G. R. Soc. Biol.. 1905: — Starkow, Zur ckirurg. Anat, der Proslata, Chirurgia, 1905 ; — Muller, Beitr. z. vergl. Anat. u. Histol. der Prostata der Haussdugetiere, etc., Anat. Hefte, 1905 ; — Walker, The Blootl Vessels of the prostate gland, Amer. Journ. Anat., 1905 ; — du même, On the surg. Anat. of lhe prostata, Journ. Anat. and Physiol., vol. 40, 1906 ; — Caminiti, Unters. üb. die Lymphgefdsse cl . menschl. Prostata, Anat. Anz., Bd. XXIX, 1906 ; — Bonis, Ueb. die Se/cretionserschein in clen Drüsenzellen der Prostata, Arch. Anat. u. Physiol., 1907; — Chiarolanza, Le fibre elastiche nella proslata umana normale. Anal. Anz., Bd. XXX, 1907 ; — Giani, Su cli un pcirticolare reperto nella struttura di una prostata umana, Anat. Anz., Bd. XXXV, 1909; — Sabatini, Sulla distribuzione ciel tessuto elastico nella prostata umana normale, Arch. it. Anat. e Embriol., 1909.
§ il. — Glandes de Cowper
Déjà signalées en 1864, par Méry {Journ. des Savants, n° il, p. 304), ces glandes ont été minutieusement décrites, dix-huit ans plus tard par Cowper (Phüosoph. Transact., t. XXI, p. 364), qui a eu la bonne fortune de leur attacher son nom. Elles ont été bien étudiées à nouveau, en 1849, par Gübler (Th. de Paris), sous le nom de glandes bulbouréthrales.
1° Conformation extérieure et rapports. — Les glandes de Cowper, glandes de Méry, glandes bulbouréthrales (tous ces termes sont synonymes) nous présentent à considérer : 1° la glande proprement dite ; 2° son canal excréteur.
A. Glande proprement dite. — La glande proprement dite se présente sous la forme d’une petite masse arrondie, d’une consistance ferme, d’une coloration blanchâtre, située en arrière de la base du bulbe, dans l’espace angulaire que forme cette base avec la portion membraneuse de l’urèthre (fig. 629, 9).
a. Dimensions. — Son volume varie de la grosseur d’une lentille à celle d’une petite noisette. Haller la comparait à un pois, Winslow à un noyau de cerise.
b. Situation. — Au nombre de deux, l’une droite, l’autre gauche, les glandes de Cowper se disposent symétriquement de chaque côté de la ligne médiane : un intervalle de 5 ou 6 millimètres les sépare ordinairement l’une de l’autre. Cet intervalle est toutefois fort variable, et il
La portion postérieure de l’urèthre chez l’homme, vue après incision médiane de la paroi antérieure de ce conduit.
1, col vésical. — 2, coupe de la prostate et des sphincters uréthraux. — 3, coupe de l’urèthre membraneux. — 4, coupe de l’urèthre spongieux. — 4’, bulbe. — 5, 5’, les deux corps caverneux. — 6, véru montanum, avec 6’, orifice de l’utricule prostatique. — 7, paroi postérieure de l'urèthre prostatique, avec ses orifices glandulaires. — 8, canal éjaculateur droit mis à nu, avec 8’, son orifice. — 9, glande de Cowper. — 10, son canal excréteur mis à nu. — 10’, orifice de ce canal. — 11, plis longitudinaux de la muqueuse de l’urèthre. — 12, cul-de-sac du bulbe. — 13, collet du bulbe.
Fig. 629.
est à noter que les corps glandulaires sont d’autant plus rapprochés qu’ils sont plus volumineux. Il n’est pas extrêmement rare de les voir, quand ils sont très développés, [arriver au contact l’un de l’autre par leur côté interne, au point d’en imposer pour une glande unique, impaire et médiane.
c. Rapports. — Topographiquement, les glandes de Cowper se trouvent placées' dans l’épaisseur de l’aponévrose périnéale moyenne (fig. 630, 8). Elles sont donc en rapport : en bas, avec le feuillet inférieur de cette aponévrose, qui les sépare
du bulbe ; en haut, avec son feuillet supérieur, qui les sépare de la prostate et de la loge prostatique. Tout autour d’elles se disposent irrégulièrement les faisceaux du muscle transverse profond du périnée (voy.
Muscles du périnée ) : le corps glandulaire est pour ainsi dire englobé dans la partie postérieure de ce muscle.
B. Canal excréteur. — Chaque glande de Cowper donne naissance, à sa partie antérieure, à un canal excréteur qui a pour rôle de transporter dans l’urèthre le produit de sécrétion glandulaire. Dès son origine, ce canal se porte obliquement en avant et un peu en dedans, traverse le feuillet inférieur de l’aponévrose périnéale moyenne, s’engage peu après dans l’épaisseur dn bulbe, arrive sous la muqueuse uréthrale, glisse quelque temps au-dessous d’elle et finit par la perforer, pour s’ouvrir sur la paroi postérieure de l’urèthre au niveau de la partie antérieure du cul-de-sac du bulbe (fig* 629, 10). Sa longueur, relativement considérable, est de 30 à 40 millimètres, dont 10 ou 15 pour la portion intra-bulbaire, 20 ou 25 pour sa portion sous muqueuse.
Dans ce long trajet, les deux canaux excréteurs, celui du côté gauche et celui du côté droit, séparés à leur origine par l’intervalle qui sépare les glandes ellesmêmes, se rapprochent graduellement l’un de l’autre, arrivent bientôt au contact sur la ligne médiane et, à partir de ce moment, cheminent parallèlement jusqu’à leurs orifices terminaux.
Ces orifices terminaux sont tout petits, le plus souvent peu ou point visibles. De plus, ils se disposent différemment sur la paroi uréthrale, selon que les canaux excréteurs ont une longueur égale ou inégale : dans le premier cas, ils sont placés côte à côte, adroite et à gauche de la ligne médiane ; dans le second, ils sont situés l’un en avant de l’autre et à une distance qui peut varier de 1 à 15 millimètres. Sur un sujet étudié par Sappey, les deux canaux excréteurs s’ouvraient sur la muqueuse par un orifice commun.
Coupe horizontale du périnée passant par l’urèthre, pour montrer les rapports des glandes de Cowper [schématique) .
1, 1, branches ischio-pubiennes. — 2, 2’, feuillet inférieur et feuillet supérieur de l’aponévrose périnéale moyenne. — 3, muscle de Guthrie ou transverse profond. — 4, bulbe de l’urèthre. — 5, 6, 7, portions prostatique, membraneuse et spongieuse du canal de l’urèthre. — 8, glandes de Cowper. — 9, leur canal excréteur. — if», aponévrose périnéale superficielle. — 11, loge inférieure du périnée. — 12, extrémité inférieure ou sommet de la prostate. — 13, 13, espace pelvi-rectal supérieur.
Fig. 631.
Schéma de la constitution anatomique de deux lobules de la glande de Cowper (d’après Braus) .
2° Constitution anatomique. — Par leur constitution anatomique, les glandes de Cowper appartiennent à la classe des glandes en grappes et, comme telles, se décomposent successivement en lobules et en acini. Nous envisagerons successivement les trois éléments suivants : 1° les acini sécréteurs ; 2° les canaux excréteurs; 3° le stroma conjonct if de la glande.
a. Acini sécréteurs . — Les acini ou culs-de-sac sécréteurs sont extrêmement irréguliers, plus ou moins bosselés, d’un diamètre de 50 à 60 'jx.
Iis ne paraissent pas avoir de membrane propre, à moins qu’on prenne comme telle une enveloppe réticulée, de nature conjonctive, qui se confond avec le tissu conjonctif lâche situé autour des lobules.
Le revêtement épithélial est formé par des cellules pyramidales, mesurant de 12 à 15 de hauteur et disposées en une
seule couche. Chacune d’elles possède un noyau arrondi ou ovalaire, situé dans le segment basal du corps cellulaire. Quant à leur protoplasmn, il est clair, sans granulations sécrétoires, d’aspect spongieux ou alvéolaire, comme dans les cellules muqueuses : ce sont probablement des cellules mucipares (Bôhm et Davidoff). Elles diffèrent, toutefois, des vraies cellules muqueuses par certains caractères morphologiques, notamment par la présence de filaments basaux dans la partie profonde de leur protoplasma. VonEbner et Braus ont décrit, entre leurs faces adjacentes, des canalicules intercellulaires qui se ramifiaient, à leur extrémité, en deux ou trois branches.
Au-dessous des cellules pyramidales que nous venons de décrire, se trouve un certain nombre d’éléments que quelques auteurs (Disselhorst, Bôhm et Davi-
doff) considèrent comme constituant une deuxième couche de cellules et qui paraissent comparables aux croissants signalés par Gianuzzi dans les glandes sali-
Une partie de la coupe de la glande de Cowper d’un adulte (d’après Eberth).
Ou voit nettement, sur cette coupe, le stroma conjonctif de la glande et les culs-de-sac sécréteurs avec leur épithélium cylindrique. A droite de la figure se trouve la portion initiale renflée d’un canal excréteur avec son épithélium plat.
vaires. Ces éléments paraissent inconstants : Biuus, du moins, ne les a pas rencon. très chez l’homme.
b. Canaux excréteurs. — Les acini sécréteurs aboutissent aux canaux excréteurs, non pas directement, mais par l’intermédiaire de conduits spéciaux (fig. 631), qui sont à la . fois très droits et très courts. Il est à remarquer, d’autre part, que l’appareil excréteur commence par une dilatation plus ou moins considérable, par une sorte de réservoir ou sinus {sinus excréteur), où aboutissent les canaux de tous les acini tributaires. Il y a là une disposition bien spéciale qui rappelle assez bien les calices du rein se jetant non pas directement dans l’urèthre , mais dans un réservoir qui précède celuici et constitue sa portion initiale, le bassinet. Les dilatations par
places des canaux excréteurs ne sont vraisemblablement que des réservoirs collecteurs pour le liquide sécrété.
Histologiquement, la portion initiale renflée ou sinus excréteur est formée par une seule couche de cellules basses, chacune avec un gros noyau central.
Les canaux excréteurs plus volumineux qui naissent des sinus ont un épithélium prismatique : ils s’unissent les uns aux autres pour former le canal principal, dont nous avons décrit plus haut le trajet et la terminaison. Ce canal principal possède une enveloppe propre, relativement épaisse, très riche en fibres -élastiques. Sur sa face externe s’étale une double couche de fibres musculaires lisses, les unes longitudinales, les autres circulaires. Sa face interne est revêtue par un épithélium à deux couches à protoplasma clair et finement granuleux (Stilling).
c. Stroma conjonctif. — Les acini et les lobules de la glande de Cowper sont comme noyés dans un stroma conjonctif, très riche en fibres élastiques. Il s’y ajoute constamment de nombreuses fibres lisses et même des fibres striées, ces -dernières appartenant vraisemblablement au muscle transverse profond du périnée. Il est à peine besoin de faire remarquer que ces éléments contractiles ont pour fonction, ici comme dans la prostate, de comprimer les acini et de déterminer ainsi le rejet dans les canaux excréteurs des produits sécrétés par eux.
3° Signification morphologique. — Les glandes de Cowper existent chez la plupart des mammifères et, chez quelques-uns d’entre eux, notamment chez les chéiroptères, chez quelques carnassiers, chez quelques insectivores et chez les singes, ailes présentent des dimensions qui sont relativement beaucoup plus considérables que chez l’homme. C’est chez les monotrèmes et les marsupiaux qu’elles paraissent atteindre leur plus haut degré de développement : on en compte deux paires chez la sarigue, trois paires chez le phalanger, trois paires également chez le kanguroo.
D’autre part, un certain nombre de faits établissent nettement que, comme la
Epithélium sécréteur de la glande de Cowper de l’adulte (d'après Bra.us).
r En a, a, a, se voient des canalicules in le'' cellulaires, prolongements de la cavité alvéolaire entre les cellules épithéliales.
MUSCLES DU PÉRINÉE CHEZ L’HOMME
prostate, ces glandes appartiennent bien aux fonctions génitales : c’est ainsi que nous les voyons se développer à l’âge de la puberté, se réduire pendant l’hiver chez les animaux hibernants, augmenter de volume à l’époque du rut, s’atrophier à la suite de la castration, etc. Schneidemühl a constaté que l’épithélium sécréteur des glandes de Cowper présentait des différences structurales très nettes, suivant que les sujets étaient émasculés ou non.
De son côté, Stilling, examinant comparativement les glandes de Cowper du lapin après un isolement de quatre ou six semaines et immédiatement après l’accouplement, a noté les faits suivants : dans le premier cas, les cellules des acini sont volumineuses, nettement isolées les unes des autres et présentant un protoplasma très clair; dans le second cas, c’est-à-dire après l’accouplement, elles sont plus petites, mal délimitées, finement granuleuses, et quant aux canalicules excréteurs, d’arrondis qu’ils étaient, ils sont maintenant plus ou moins aplatis et présentent, sur les coupes, des contours plus ou moins sinueux.
4° Liquide des glandes de Cowper. — Les glandes de Cowper sécrètent un liquide transparent, de consistance visqueuse, de nature albuminoïde. Comme la prostate et les vésicules séminales elles se vident dans l’urèthre au moment de l’éjaculation et fournissent ainsi au sperme l’un de ses éléments. Le liquide des glandes de Cowper paraît être destiné (Camus et Gley), comme le liquide prostatique, à agglutiner les spermatozoïdes et à favoriser ainsi leur adhérence aux parois du vagin.
5° Vaisseaux et nerfs. — Les artères , destinées à la glande de Cowper, proviennent de la bulbo-uréthrale, branche de la honteuse interne. — Les veines vont au plexus de Santorini et, de là, aux veines hypogastriques. — Les lymphatiques se rendent aux ganglions hypogastriques. — Les nerfs proviennent du honteux interne, branche du plexus sacré.
A consulter au sujet des glandes de Cowper : Gubler, Des glandes de Méry et de leurs maladies , Th. Paris, 1849 ; — Schneidemühl, Vergl.-anatom. Untersuch . über den histol. Bau der Cowper schen Drüsen , Deutsche Zeitschr. f. Thiermedecin, 1880 ; — Stilling, Ueber die Cowper'schen Drüsen, Yirchow’s Arch., 1885; — Englisch, Ueber Anat. u Pathol der Cowper schen Drüsen, Wien. méd. Jahrb., 1885: — Müller, Ueber die Entwick. u. feiner. Anat. d. Bar tholin’ schen and Cowper' schen Drüsen des Menschen, Arch. f. mikr. Anat., 1892; — Braus, Ueber den feineren Bau der Cowper'schen Drüsen des Menschen, Anat. Anz., 1900; — Lichtemberg, Beitr. z. Histol., niskr. Anat. und Entwick. der U rogenitalkanals des Mannes u. seine Drüsen, Mat. Hefte, 1906.
ARTICLE VI
MUSCLES ET APONÉVROSES DU PÉRINÉE CHEZ L’HOMME
Le bassin est fermé en bas, au niveau de son détroit inférieur, par des parties molles, de valeur diverse, dont l’ensemble constitue le périnée. Cette région a la forme d’un losange, dont le grand axe, dirigé d’avant en arrière, s’étend de l’angle sous-pubien au sommet du coccyx et dont le petit axe, dirigé transversalement, unit l’une à l’autre les deux tubérosités ischiatiques. Le petit axe, représenté par la ligne bi-ischiatique, divise le périnée en deux moitiés, l’une et l’autre triangulaires : une moitié antérieure ou périnée antérieur, une moitié postérieure ou périnée postérieur. L’étude méthodique des différents plans qui entrent dans la
ANATOMIE HUMAINE. — T. IV, 6e ÉDIT.
APPAREIL U RO- GENITAL
constitution du périnée appartient à l’anatomie topographique. Nous devons nous contenter ici de décrire systématiquement : 1° Les muscles qui se développent dans cette région ; 2° Les lames aponévrotiques qui leur sont annexées.
§ I. — Muscles du périnée
Les muscles du périnée, chez l’homme, se répartissent en deux groupes. — Les uns, situés dans le périnée antérieur, appartiennent plus spécialement à l’appareil génito-urinaire. Ce sont: le transverse du périnée , Y ischio-caverneux, le buïbocaverneux, le muscle de Guthrie, le muscle de Wilson et le sphincter externe de
V urèthre. De ces six muscles, les trois premiers sont pairs et symétriques ; les trois autres sont impairs et occupent la ligne médiane. — Les muscles du deuxième groupe appartiennent au périnée postérieur ou région ano -coccygienne .
Ils sont au nombre de trois : le sphincter externe de U anus, le releveur de V anus et Yischiococcygien. — Tous les muscles du périnée, qu’ils appartiennent à l’un ou à l’autre groupe, sont des muscles striés.
1° Trans verse du périnée. —
Le muscle transverse du périnée ( transverse superficiel de Cruveilhier) s’étend transversalement, comme son nom l’indique, de la tubérosité de l’ischion à la ligne médiane (fig. 634, 3). Il revêt ordinairement la forme d’une lame triangulaire, dont la base est en dedans et le sommet en dehors.
A. Insertions. — Le transverse du périnée naît sur la face interne de la tubérosité ischiatique, entre les insertions de l’ischio-caverneux et celles de l’obturateur interne. De là, il se porte en dedans et un peu en avant et vient se terminer sur un raphé fibreux, le raphé prérectal ou ano-bulbaire, qui s’étend depuis la partie antérieure de l’anus jusqu’à la partie inférieure du bulbe de l’urèthre. Cette cloison médiane, fort variable dans son développement, est néanmoins constante : elle sépare l’un de l’autre les deux muscles homonymes, et il n’est pas exact de dire, comme le font quelques auteurs, qu’un certain nombre de faisceaux du trans -
Fig. 634.
Muscles du périnée chez l’homme (plan superficiel).
(L’aponévrose périnéale superficielle, enlevée sur le côté droit, a été conservée sur le côté gauche du sujet).
a, périnée antérieur. — b , périnée postérieur.
A, branche ischio-pubienne. — B, ischion. — C, anus. — D, coccyx. — E, corps caverneux de la verge. — F, corps spongieux de l’urèthre.
1, muscle bulbo-caverneux, avec 1’, muscle de Houston. — 2, muscle ischio-caverneux. — 3, muscle transverse superficiel. — 4, aponévrose moyenne du périnée. — 5, sphincter externe de l’anus. — 6, muscle ischio-coccygien. — 7, grand fessier. — 8, tissu cellulo-graisseux de la fosse ischio-rectale. — 9, ligament sacro-sciatique. — 10, raphé anobulbaire. — 11, raphé ano-coccygien. — 12, releveur de l’anus.
MUSCLES DU PÉRINÉE CHEZ L’HOMME
verse croisent la ligne médiane pour se continuer avec ceux du côté opposé.
Outre les faisceaux précités, à insertion franchement médiane, la plupart des anatomistes décrivent au transverse quelques faisceaux qui, en atteignant le raphé, s’infléchissent, soit en avant, soit en arrière, et qui paraissent se continuer, les premiers avec le bulbo-caverneux, les seconds avec le sphincter de l’anus. Ces faisceaux existent en effet sur bien des sujets et, s’ils se continuent réellement avec le bulbo-caverneux et le sphincter anal, ce qui me paraît très difficile à établir par la dissection, ils constituent, pour ces derniers muscles, des faisceaux surajoutés à insertion ischiatique.
B. Rapports. — Le muscle transverse du périnée, par son bord antérieur, constitue le côté postérieur d’un triangle, le triangle ischio-bulbaire, dont les deux autres côtés sont formés, l’interne par le bulbo-caverneux, l’externe par l’ischiocaverneux. — Son bord postérieur sert de limite respective aux deux régions périnéale postérieure et périnéale antérieure. — Sa face inférieure ou superficielle répond à la peau, dont elle est séparée par l’aponévrose périnéale superficielle. — Quant à sa face supérieure ou profonde, elle est en rapport immédiat avec l’aponévrose périnéale moyenne.
C. Vaisseaux et nerfs. — Le transverse du périnée reçoit ses artères de la périnéale profonde et de la honteuse interne. Il est innervé par le nerf honteux interne, branche du plexus sacré.
D. Action. — Les deux muscles transverses, agissant de concert, semblent avoir pour action de tendre le raphé fibreux sur lequel ils s’insèrent. Ils favorisent ainsi l'action des bulbo-caverneux qui, trouvant un point fixe sur ce raphé, pourront ensuite agir plus efficacement sur les corps caverneux de la verge (voy. ces muscles). Les deux muscles transverses peuvent encore, en redressant leur courbure, comprimer la paroi antérieure du rectum.
2° Ischio-caverneux. — L’ischio caverneux (fig. 634, 2) est un petit muscle allongé, couché sur la branche ischio-pubienne et s’étendant de la tubérosité de l’ischion à la racine de la verge.
A. Insertions. — Il prend naissance, en arrière : 1° par un faisceau interne, sur la face interne de l’ischion, immédiatement au-dessous des origines du transverse ; 2° par un faisceau externe, sur la branche ischio-pubienne. Ces deux faisceaux, plus ou moins distincts à leur origine, ne tardent pas à se fusionner pour former le corps musculaire.
Celui-ci s’étale alors sur la racine du corps caverneux, en se dirigeant, comme elle, de bas en haut, d’arrière en avant et de dehors en dedans. — Ses fibres les plus internes se terminent sur la racine même du corps caverneux. — Ses fibres externes se jettent sur une aponévrose très épaisse et très résistante, véritable tendon terminal, qui se fusionne peu à peu avec l’enveloppe fibreuse du corps caverneux. Cette insertion se trouve située à l’origine même du corps caverneux, un peu en arrière de l’insertion supérieure du bulbo-caverneux.
On voit parfois (fig. 635, 6) un faisceau plus ou moins distinct, répondant à la partie latérale du muscle, s’insérer sur le côté interne de la portion latérale du ligament suspenseur, gagner ainsi le dos de la verge et s’y réunir, au-dessus de la veine dorsale, avec un faisceau similaire venu du côté opposé. C’est ce faisceau qui a été décrit par Houston ( Dublin Hosp. Reports, Y) sous le nom de compressor venæ dor salis pénis. On le désigne généralement aujourd’hui sous le nom de
APPAREIL URO-GENITAL
muscle de Houston. Le muscle de Houston, inconstant chez l’homme, est relativement très développé chez le chien et chez quelques autres mammifères.
B. Rapports. — Le muscle ischio-caverneux est, comme le précédent, un muscle superficiel.
a) Sa face antérieure , convexe, est recouverte par l’aponévrose périnéale superficielle, le tissu cellulaire sous-cutané et la peau.
p) Sa face profonde , creusée en forme de gouttière, embrasse successivement dans sa concavité la branche ischio-pubienne et la racine du corps caverneux.
Cette racine du corps caverneux se trouve ainsi entourée par une sorte de gaine ostéo - musculaire , qui est formée (fig. 648), sur son côté externe par la branche descendante du pubis, sur les trois autres côtés par le muscle ischio-caverneux et son aponévrose terminale.
y) Son bord externe répond à l’origine pelvienne des adducteurs de 1a. cuisse.
8) Son bord interne, suivi d’arrière en avant, forme tout d’abord le côté externe du triangle ischio-bulbaire.
Puis, il prend contact avec le bulbo- caverneux et répond alors à ce muscle jusqu’à sa terminaison.
C. Vaisseaux et nerfs. — Le muscle ischio-caverneux reçoit ses artères de la périnéale profonde et de la dorsale de la verge, branches de la honteuse interne. Il 'est innervé par le honteux interne, branche du plexus sacré.
IL Action. — Quand les muscles ischio-caverneux se contractent, ils portent la verge en bas et en arrière. De plus, en comprimant l’origine des corps caverneux, ils tendent à chasser vers la portion antérieure de la verge le sang artériel qui afflue dans ces deux organes érectiles. Ils concourent ainsi à l’érection.
D’autre part, quand le muscle de Houston existe, ce muscle forme, avec celui du côté opposé, une espèce de sangle transversale, laquelle, au moment de la contraction de l’ischio-caverneux, comprime de haut en bas la veine dorsale profonde, qui lui est immédiatement sous-jacente, et, en arrêtant la circulation de retour, amène une stase sanguine dans tout le territoire de ce tronc veineux. Le muscle de Houston détermine ainsi la turgescence des organes érectiles de la verge et concourt, par un mécanisme indirect, au phénomène de l’érection.
3° Bulbo -caverneux. — Le bulbo-caverneux (fig. 634, 1) est, comme les deux pré-
Fig. 635.
Les deux muscles ischio-caverneux et bulbo-caverneux, vue latérale.
1, symphyse pubieixne. — 2, branche ischio-pubienne. — 3, corps caverneux, avec 3’, sa racine recouverte par le muscle ischio-caverneux. — 4, corps spongieux de l’urèthre. — 5, ligament suspenseur de la verge (portion latérale,. — 6, muscle ischio-caverneux, avec 6’, son faisceau sus-pénien, constituant le muscle de Houston. — 7, bulbo-caverneux. — 8, veine dorsale profoude. — 9, artère dorsale de la verge. — 10, nerf dorsal. — 11, trou obturateur, avec sa membrane obturatrice.
MUSCLES DU PÉRINÉE CHEZ L’HOMME
cédents, un muscle pair, situé en avant du sphincter de l’anus de chaque côté de la ligne médiane. Couché sur la partie spongieuse de l’urèthre, il forme à cette dernière une sorte de demi-gaine, qui s’étend depuis la partie la plus reculée du bulbe jusqu’au voisinage de la symphyse pubienne.
A. Insertions. — Les fibres qui le constituent prennent naissance, en arrière, sur le raphé médian ano-bulbaire. De là, elles se portent toutes obliquement en dehors, en avant et en haut, en décrivant des sortes de courbes à concavité interne. Elles se terminent comme suit :
a) Le plus grand nombre d’entre elles, les fibres postérieures, après avoir contourné la face latérale du bulbe, arrivent sur sa face supérieure et s’y terminent par un système de petits tendons, qui s’entrecroisent sur la ligne médiane avec les tendons similaires du côté opposé . Leur ensemble constitue la portion uréthrale du muscle.
P) Les fibres les plus antérieures, qui forment la portion pénienne, sont beaucoup plus longues : elles se disposent le plus souvent en un faisceau aplati et rubané, qui contourne obliquement la portion spongieuse de l’urèthre d’abord, puis le corps caverneux correspondant, et qui vient se terminer : 1° tantôt sur l’enveloppe fibreuse du corps caverneux immédiatement en avant de l’insertion pénienne de l’iscbio-caverneux; 2° tantôt sur la ligne médiane (fig. 636,6) à l’aide d’une expansion fibreuse qui passe au-dessus de la veine dorsale et qui lui est commune avec le faisceau musculaire du côté opposé. Dans ce dernier cas, le faisceau pénien du bulbo-caverneux se dispose exactement comme le muscle de Houston, décrit plus haut à propos du muscle ischio-caverneux : il forme, avec son homologue du côté opposé, une sorte de sangle, qui embrasse dans sa concavité les deux corps caverneux et le paquet vasculo -nerveux de la gouttière suscaverneuse.
B. Rapports. — On peut considérer au bulbo-caverneux deux faces, que l’on distingue en interne et externe, et deux extrémités, l’une antérieure, l’autre postérieure.
a) La .face interne ou concave embrasse successivement la moitié correspondante du bulbe uréthral, la portion spongieuse de l’urèthre et, au niveau du faisceau pénien, la portion initiale du corps caverneux.
P) La face externe ou convexe répond tout d’abord au triangle ischio-bulbaire,
A, corps du puhis. — B, B’, branches ischio-pubiennes. — C, ischion gauche.
1, ligament suspenseur de la verge. — 2, corps caverneux droit, avec 2’, sa racine, recouverte par le muscle ischio-caverneux du même côté. — 3, corps caverneux gauche, avec 3’, muscle ischio-caverneux du même côté. — 4, corps spongieux. — 5, muscle bulbo-caverneux, avec : 6, ses faisceaux antérieurs, constituant le muscle de Houston. — 7, artère dorsale et veine dorsale profonde de la verge.
puis au muscle ischio-caverneux, qui est situé immédiatement en dehors d’elle. Elle est recouverte, comme ce dernier muscle, par l’aponévrose périnéale superficielle, le tissu cellulaire sous-cutané et la peau.
y) V extrémité postérieure est en rapport avec le sphincter anal, qui la recouvre en partie.
o) h' extrémité antérieure (lorsque le muscle s’étend jusqu’à la ligne médiane) se trouve située sur le dos de la verge, immédiatement en avant du ligament suspenseur. A ce niveau, le muscle repose directement sur la veine dorsale profonde, rapport important, comme nous le verrons tout à l’heure.
C. Action. — - Les deux muscles bulbo-caverneux, à leur origine, ne sont séparés l’un de l’autre, sur la ligne médiane, que par un simple raphé fibreux souvent même peu visible. Aussi la plupart des auteurs considèrent-ils les deux muscles „ comme confondus et les décrivent-ils comme consti-
tuant un muscle unique, impair et médian. Quelque inexacte que soit une pareille conception au point de vue anatomique, elle est admissible en physiologie. Ceci posé, examinons séparément les fibres postérieures et les fibres antérieures du muscle, autrement dit son faisceau uréthral et son faisceau pénien.
a) Le faisceau uréthral (fig. 637, o) représente une sorte de cylindre qui engaine le bulbe, et comme ses fibres sont obliquement circulaires, elles compriment cet organe au moment de leur contraction. Cette compression, qui s’exerce à la fois sur toute la périphérie du bulbe, a un double effet : 1° au moment de la miction et de l’éjaculation, elle chasse vers le méat urinaire l’urine et le sperme accumulés dans le cul-de-sac bulbaire, d’où le nom d ’accelerator urinæ et seminis que les anciens auteurs donnaient au muscle bulbo-caverneux ; 2° au moment où se produit l’érection de la verge, elle chasse le sang que contiennent les aréoles du bulbe, dans la portion spongieuse de l’urèthre d’abord, et de là dans le gland. Le muscle bulbocaverneux, par son faisceau uréthral, prend ainsi une' part active à l’érection de ce dernier organe.
Fig. 637.
Coupe schématique transversale de la verge, pour montrer les insertions du bulbo-caverneux.
1, fascia pénis. — 2, corps caverneux, avec : 2’, sa tunique albuginée ; 2”, sa cloison médiane. — 3, corps spongieux, avec 3’, son albuginée . — 4, muscle bulbocaverneux. — 5, ses fibres postérieures.
— 6, ses fibres antérieures ou muscle de Houston. — 7, raphé sous-uréthral. — 8, veine dorsale profonde, artères et nerfs dorsaux de la verge.
P) Le faisceau pénien , quand il s’arrête sur la partie postéro-externe des corps caverneux, comprime ces corps caverneux et, en refoulant le sang vers la partie antérieure de la verge, participe à l’érection du pénis. D’autre part, quand il se réunit sur la ligne médiane avec celui du côté opposé, il agit exactement comme le faisceau de Houston de l’ischio-caverneux : il comprime, à la manière d’une sangle, la veine dorsale profonde et favorise l’érection en arrêtant la circulation de retour et en amenant une stase veineuse dans les corps caverneux.
D. Vaisseaux et nerfs. — Comme pour le muscle précédent.
4° Muscle de Guthrie. — Le muscle de Guthrie ou muscle transverse profond du périnée (fig. 639, 6) est situé au-dessus et en avant du transverse superficiel, entre les deux feuillets de l’aponévrose périnéale moyenne. Aplati et fort mince, il comble d’une façon à peu près complète l’espace triangulaire qui se trouve limité.
MUSCLES DU PÉRINÉE CHEZ L’HOMME
en arrière par le muscle transverse superficiel, en dedans par la ligne médiane, en dehors par les branches ischio-pubiennes.
A. Insertions. — Le muscle de Guthrie naît sur la lèvre postérieure des branches ischio-pubiennes, en partie par des fibres charnues, en partie par des fibres tendineuses.
De là, il se porte en dedans et vient se terminer de la façon suivante : ses fibres postérieures, passant en arrière de l’urèthre, se fixent sur la portion médiane de la lame fibreuse qui les recouvre et qui n’est autre que le feuillet antérieur de l’aponévrose périnéale moyenne ; ses fibres antérieures s’insèrent sur les faces latérales et sur la face antérieure de la portion membraneuse de l’urèthre, immédiatement en arrière du bulbe.
Le muscle de Guthrie est l’homologue, chez l’homme, du muscle transverso-uréthral des carnassiers (Paulet).
B. Rapports. — Envisagé au point de vue de ses rapports, le muscle de Guthrie nous présente deux faces, l’une inférieure ou superficielle, l’autre supérieure ou profonde.
a) Sa face inférieure est recouverte par le feuillet superficiel de l’aponévrose périnéale moyenne.
P) Sa face supérieure est en rapport avec le feuillet profond de cette même aponévrose et par son intermédiaire : 1° en haut, avec le muscle de Wilson ; 2° audessous de ce muscle, avec le plexus veineux de Santorini et parfois avec le sommet de la prostate.
y) Ses bords latéraux nous présentent une série de boutonnières (fig. 639), qui livrent passage aux veines profondes du pénis.
Son bord postérieur , enfin, répond à excréteur.
Fig. 638.
Les muscles du périnée chez l’homme (plan profond).
(Du côté gauche du périnée antérieur, les trois muscles de la couche superficielle ont été enlevés, en même temps qu’on a réséqué les corps caverneux et le bulbe uréthral. A droite, le feuillet inférieur de l’aponévrose moyenne a été enlevé ; au niveau du périnée postérieur, on a pratiqué une large fenêtre dans le releveur anal et l’ischio-coccygien : et le rectum a été fortement attiré en arrière pour découvrir les organes profonds).
A, symphyse pubienne. — B, bas-fond de la vessie. — C, prostate. — D, vésicules séminales et canaux déférents. — E, urèthre, coupé trànsversalement..
1, aponévrose superficielle, réséquée en partie et rejetée en dehors.
— 2, aponévrose moyenne (feuillet inférieur). — 3, muscle de Guthrie ou transverse profond. — 4, feuillet supérieur de l’aponévrose moyenne, laissant voir par transparence le muscle de Wilson.
— 5, glandes de Cowper, situées dans l’épaisseur du transverse profond. — 6, plexus veineux sous-pubien. — 7, partie de l’aponévrose moyenne en rapport avec le bulbe.
la glande de Cowper et a. son canal
C. Vaisseaux et nerfs. — Le muscle de Guthrie reçoit ses artères de la périnéale profonde ou bulbo-uréthrale et de la honteuse interne. Ses nerfs proviennent du honteux interne.
D. Action. — Réuni à celui du côté opposé, le muscle de Guthrie forme une sorte de diaphragme contractile, qui renforce l’aponévrose périnéale moyenne : il prend
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ainsi une part importante à la constitution de la portion antérieure du plancher pelvien.
Sa signification physiologique me paraît assez obscure.
Par ses faisceaux postérieurs, tout d’abord, il fixe le raphé fibreux prérectal
et, de ce fait, favorise bien évidemment le jeu des muscles qui s’y insèrent.
Mais ce n’est pas tout : le muscle de Guthrie comprime les veines qui le traversent. Or, comme ces veines proviennent pour la plupart des organes érectiles du pénis, il détermine la stase veineuse dans ces derniers organes et devient en conséquence l’un des agents de l’érection. 11 comprime encore la portion membraneuse de l’urèthre et doit vraisemblablement concourir à l’expulsion de l’urine et du sperme. 11 comprime, enfin, les glandes de Cowper, qui, comme nous l’avons vu, sont plus ou moins englobées dans sa masse et, par cette compression, exprime dans le canal de l’urèthre le produit de sécrétion de cette glande.
Fig. 639.
Le muscle de Guthrie et le muscle de Wilson, vus par leur face antérieure ( demi-schématique ).
(Le feuillet inférieur de l’aponévrose périnéale moyenne a été enlevé dans la moitié droite de la figure. La portion membraneuse de l’urèthre a été réséquée immédiatement en arrière du bulbe ; la partie de ce dernier organe qui est en rapport de contact avec l’aponévrose périnéale moyenne est indiquée par une ligne pointillée).
1, symphyse pubienne — 2, racines des corps caverneux. — 3, ischiocaverneux. — 4, transverse superficiel du périnée. — 5, feuillet inférieur de l’aponévrose périnéale moyenne, se fusionnant en arrière du transverse avec l’aponévrose périnéale superficielle. — 6, muscle de Guthrie ou transverse profond. — 7, raphé sous-uréthral. — 8, urèthre. — 9, glandes de Cowper. — 10, muscle de Wilson. — 11, veine dorsale profonde de la verge. — 12, artère dorsale. — 13, nerf dorsal. — 14, artère caverneuse. — 15, veines postérieures des corps caverneux. — 16, artères et veines bulbeuses.
5° Muscle de Wilson. — Le
muscle de Wilson, rejeté à .tort par certains auteurs, considéré par d’autres comme une dépendance du
sphincter strié de l’urèthre, est un muscle impair, médian, symétrique, situé (fig. 639,10) dans l’angle que forment en se réunissant l’une à l’autre les deux branches ischio-pubiennes.
A. Insertions. — Sa base, dirigée en haut, s’insère en partie sur le ligament sous-pubien, en partie sur la lame fibreuse qui s’étale au-dessous de ce ligament et que traversent les gros canaux veineux du plexus de Santorini.
Son sommet, dirigé en bas et en arrière, se perd sur les parois latérales et inférieure de la portion membraneuse de l’urèthre, principalement sur sa paroi inférieure.
B. Rapports. — Des deux faces du muscle de Wilson, la face inférieure repose sur le feuillet profond de l’apônévrose périnéale moyenne, qui la sépare du transverse profond. — Sa face supérieure répond au plexus de Santorini. — Sur les
MUSCLES DU PÉRINÉE CHEZ L’HOMME
côtés , le muscle de Wilson est séparé des faisceaux antérieurs du releveur de l’anus par l’aponévrose latérale de la prostate ou aponévrose pubo-rectale.