MOYENNE
, Longueur.
. ^ Largeur .
Epaisseur.
.... 19,8 millim.
18,2 millim.
19 millim,
1° A la naissance .
Longueur.
. ' Largeur .
( Epaisseur
2° Chez l’ enfant .
/ Longueur.
. ’ Largeur .
( Épaisseur.
3° A la puberté . .
f Longueur .
. ' Largeur .
v Épaisseur.
4° Chez V adulte. .
s voyons par ces
chiffres que
l’ovaire, analogue
en cela à tous
les organes
génitaux, augmente graduellement de volume depuis la naissance jusqu’à l’âgeadulte. — Cet accroissement porte à la fois sur ses trois diamètres, mais d’une façon fort inégale. En effet, tandis que la longueur devient double, la largeur acquiert des dimensions trois fois plus grandes. Mais c’est surtout l’épaisseur qui se modifie : de 2 à 3 millimètres qu’elle mesure chez l’enfant, elle s’élève chez l’adulte à 12 millimètres et demi, soit un chiffre cinq fois plus considérable. — Après la ménopause, l’ovaire, devenu organe inutile, s’atrophie peu à peu et ses trois diamètres diminuent alors dans des proportions qui sont très variables suivant les sujets. — Le tableau précité nous apprend encore que les deux ovaires présentent, dans leurs dimensions, une légère différence et que cette différence est presque toujours en faveur de celui du côté droit.
Certaines conditions physiologiques, la menstruation et la grossesse par exemple,
OVAIRE
ont sur les diménsions de l’ovaire une influence considérable. C’est ainsi que, pendant la menstruation, celui des deux ovaires qui doit donner l’ovule acquiert un volume double ou même triple de celui qu'il avait avant la période menstruelle. De même, pendant les trois premiers mois de la grossesse, l'ovaire sur lequel se trouve le corps jaune est beaucoup plus volumineux que celui du côté opposé : cette ditférence peut atteindre 4 millimètres pour l’épaisseur, 7 a 18 millimètres pour la largeur, 10 à 15 millimètres pour la longueur (Rouget). Après la grossesse, comme après la menstruation, l’organe producteur des ovules revient peu à peu à ses dimensions ordinaires.
6° Poids. — Le poids de l’ovaire varie naturellement comme son volume. Il est de 50 à 60 centigrammes chez le nouveau-né, de 2 ou 3 grammes chez l’enfant, de 4 ou 5 grammes à l’âge de la puberté, de 6 ou 8 grammes chez l’adulte.
Ce dernier chiffre, représentant le poids de l’ovaire à sa période d’état, se maintient sans changement notable, tant que dure, pour la femme la période de fécondité. Plus tard, après la ménopause, il se réduit graduellemeut et peut, dans certains cas, retomber à 2 grammes, 1 gramme et demi, et même moins.
Le poids spécifique de l’ovaire est de 1,051 .
7° Couleur et consistance. — D’un blanc rosé chez l’enfant, l’ovaire nous présente chez la femme adulte une coloration rouge, qui s’accentue pendant les périodes menstruelles, par suite de l’hyperhémie plus ou moins considérable dont la glande génitale est alors le siège.
Il est ferme, rénitent, d’une consistance qui rappelle jusqu’à un certain point celle du testicule, mais un peu moindre cependant.
Après la ménopause, l’ovaire prend une teinte grisâtre ou gris jaunâtre. En même temps, sa consistance augmente et l’organe, dans toute son étendue, acquiert peu à peu cette dureté toute spéciale, qui caractérise les. corps fibreux. Ordonez, sur des ovaires appartenant à de vieilles femmes, a rencontré des follicules infiltrés de concrétions calcaires.
8° Mode d’orientation. — Le mode d’orientation des ovaires a soulevé dans ces derniers temps de nombreuses controverses. Sappey, dans son traité d’anatomie, nous enseigne que l’ovaire est horizontal, comme le ligament qui l’unit à l’utérus.
Iiis, au contraire, en basant son opinion sur l’étude de coupes congelées, le considère comme ayant une direction verticale.
D’après Hasse , le grand axe de l’ovaire serait oblique de haut en bas, de dehors en dedans et d’avant en arrière, tandis que, pour Schultze et pour Vallin, ce grand axe serait dirigé d’avant en arrière, l’extrémité utérine regardant en avant.
Gomme on le voit, ces différentes opinions sont on ne peut plus contradictoires
Fig. 660.
L’ovaire droit, vu en place.
1, 1’, vaisseaux jliaques primitifs. — 2, 2’ vaisseaux iliaques internes. 7- 3, 3’, vaisseaux iliaques externes. — 4, vaisseaux utéro-ovariens. — 5, ovaire, avec 5’, son ligament utéro-ovarien — G, trompe, avec b’, son pavillon.
- 7, l’utérus vu par son fond. — 8, aileron supérieur du ligament large. — 9, origine du ligament rond. — 10, uretère. — 11, portion prérectale du côlon iliopelvien. — 12, péritoine. — 13, repli de Douglas.
èt, comme chacune d’elles concorde avec un certain nombre de faits, nous devons en conclure que l’ovaire, dans des conditions entièrement physiologiques, occupe les positions les plus diverses, ce que pouvaient nous faire prévoir, du reste, la laxité de ses ligaments et son extrême mobilité.
Pour ma part, j’ai examiné l’ovaire en place sur un grand nombre de sujets de tout âge et j’ai constaté dans la situation de l’organe une telle variabilité, qu’il me paraît bien difficile de dégager de ces observations une formule quelque peu précise. Il m’a semblé cependant que, dans le plus grand nombre des cas, l’ovaire se dispose dans la partie supéro-externe du cavum rétro-utérin d’une façon telle que son grand axe, tout en se rapprochant beaucoup de la verticale, est dirigé obliquement de haut en bas , de dehors en dedans et un peu d' arrière en avant. Les grands axes des deux ovaires, prolongés, se rencontreraient donc, non pas en arrière de l’utérus, comme le veut Hasse, mais en avant de cet organe. J’ai représenté cette disposition dans la figure ci-dessus (fig. 660); mais je dois ajouter que ce n’est là qu’une position moyenne, qui se modifie très fréquemment et dans des limites très étendues, non seulement suivant les sujets, mais sur le même sujet, d’un côté à l’autre et d’un moment à l’autre.
§ Il . — Conformation extérieure et' rapports
Considéré dans sa période d’état, chez un sujet de vingt à quarante ans, l’ovaire revêt la forme d’un ellipsoïde aplati, dont le grand axe mesure deux fois environ la longueur du petit axe. On l’a comparé, non sans raison, à une amande. Nous pouvons, en conséquence, lui considérer : 1° deux f aces , l’une supérieure, l’autre inférieure ; 2° deux bords , l’un antérieur, l’autre postérieur; 3° deux extrémités , que nous distinguerons en interne et externe.
1° Face supérieure. — La face supérieure, convexe, regarde habituellement en haut, en avant et en dedans. Elle répond à l’aileron supérieur du ligament large, qui, selon les cas, se rabat sur elle d’avant en arrière ou en est séparé par un angle aigu, ouvert en haut, dans lequel s’amassent les anses intestinales.
2° Face inférieure. — La face inférieure, convexe comme la précédente, mais orientée en sens inverse, repose sur les parois latérales de l’excavation. Kracse, en 1841, a décrit à ce niveau une dépression, qu’il a*désignée sous le nom de fossette ovarienne.
Cette fossette, que j’ai vue très accusée chez certains sujets, fait très souvent défaut.
Quand elle existe, elle est limitée (fig. 661 et 662) : 1° en arrière, par les vaisseaux hypogastriques et l’uretère ; 2° en avant, par l’attache pelvienne du ligament large; 3° en haut, par les vaisseaux iliaques externes qui la séparent du psoas ; 4° en bas, par une artère à direction antéro-postérieure, qui est l’artère ombilicale ou bien l’utérine, ou bien encore un tronc commun à l’ombilicale et à l’utérine. Quant au fond de la fossette ovarienne, il est formé par le péritoine doublé d’une couche cellulo-adipeuse, au sein de laquelle cheminent le nerf et les vaisseaux obturateurs.
3° Bord antérieur. — Le bord antérieur de l’ovaire, à peu près rectiligne, donne attache à un repli du ligament large, qui constitue l 'aileron postérieur (fig. 663, 4).
C’est à son niveau que l’ovaire reçoit les fibres musculaires du ligament lombo-
ovarien. C’est à son niveau aussi que passent les vaisseaux et les nerfs qui arrivent à l’organe ou qui en partent : le bord antérieur devient ainsi le hile de V ovaire
Fig-. 661.
La fossette ovarienne droite, vue antéro-supérieure, la trompe et l’ovaire étant réclinés en avant (en partie d’après Hartmann et Fredet).
Fig. 662.
La même, après ablation du feuillet péritonéal qui recouvre la fossette et incision des vaisseaux utéro-ovariens (en partie d’après Hartmann et Fredet).
1, utérus, fortement érigné eu avant. — 2, trompe, érignée en avant. — 3, ovaii-e, entraîné en avant avec la trompe. — 4, fossette ovarienne. — 5, uretère. — 6, vaisseaux utéro-ovariens. — 7, artère hypogastrique. — 8, artère utérine. — 9, artère obturatrice. — 10, nerf obturateur. — 11, artère iliaque externe. — 12, repli de Douglas. — 13, cul-de-sac de Douglas. — 14, rectum. — 15, péritoine pariétal, incisé et érigné. — 16, aorte. — 17, veine cave inférieure.
Le péritoine, contrairement aux assertions anciennes l’ovaire, mais s’arrête au niveau du hile suivant une ligne festonnée, toujours très nette, où l’on voit l’endothélium de la séreuse cesser brusquement et être remplacé par l’épithélium ovarien.
11 résulte d’une pareille disposition , nettement représentée sur la figure 663, d’une part que l’ovaire tout entier, sauf son bord antérieur, baigne en plein dans la cavité péritonéale , et, d’autre part, que la membrane séreuse se trouve réellement interrompue à ce niveau, comme elle l’est sur le pourtour du pavillon de la trompe.
ne se prolonge pas sur
4° Bord postérieur. — Le bord postérieur de l’ovaire, convexe, est libre dans toute son étendue. Il répond aux circonvolutions intestinales.
5° Extrémité externe. — L’extrémité externe ou tubaire, qui serait mieux dénommée extré-
Coupe sagittale de l'ovaire et de son pédicule.
1, ligament large. — 2, aileron supérieur. — 3, trompe de Fallope. — 4, aileron postérieur (pédicule de l’ovaire i. — 5, ovaire, avec 6. son épithélium cylindrique. — 7, 7, ligne de transition entre l'endothélium péritonéal et l’épithélium ovarien.
mité supérieure, est plus ou moins recouverte par la trompe. Elle donne nais-
sance, comme on sait, au ligament (fig. 658, 5) qui unit l’ovaire à ce dernier conduit, le ligament tubo-ovarien.
6° Extrémité interne. — L’extrémité interne ou utérine, que l’ovaire soit vertical ou oblique, est toujours placée à un niveau inférieur à celui qu’occupe l’extrémité tubaire, d’où le nom d’extrémité inférieure que lui donnent avec raison certains auteurs. Sur elle s’insère le ligament utéro-ovarien.
Chez la jeune fille, avant l’établissement de la fonction menstruelle, la surface extérieure de l’ovaire est lisse et unie. Dans certains cas, cependant, on y observe des dépressions linéaires et parfois même de véritables sillons, indices d’une segmentation incomplète de l’organe. Chez l'adulte, cette surface devient inégale, fendillée, bosselée. Une pareille disposition est due à ce double fait : 1° qu’un certain nombre de follicules de Graaf, très avancés dans leur évolution, sont plus ou moins proéminents à la surface de l’ovaire; 2° que ceux d’entre eux qui se sont déjà rompus laissent après eux une cicatrice. Ces cicatrices, irrégulièrement étoilées (fig. 674,4) augmentent naturellement de nombre au fur et à mesure que le sujet avance en âge. Après la ménopause, l'ovaire en est littéralement criblé : sa surface extérieure, irrégulièrement plissée. alternativement déprimée et saillante, revêt une configuration toute spéciale ( ovaire sénile ), qui, suivant la comparaison de Raciborsky, rappelle celle d’un noyau de pêche.
§ I [ J . —Constitution anatomique
Si l’oo pratique sur l’ovaire une coupe sagittale passant par le milieu du hile, on distingue, sur la surface de coupe, deux zones morphologiquement bien distinctes : une zone centrale, qui fait suite au hile, c’est la substance médullaire (bulbe de V ovaire de certains auteurs); l’autre périphérique, entourant la première de toutes parts, excepté au niveau du hile, c’est la substance corticale. La substance médullaire est d’un rouge vif; elle est essentiellement constituée par des vaisseaux noyés dans une sorte de gangue à la fois conjonctive et musculaire. Quant à la substance corticale, elle renferme, irrégulièrement disséminés dans un stroma conjonctif, les éléments essentiels de l’ovaire : les follicules de Graaf ou ovisacs.
Si l’on examine maintenant la surface externe de la substance corticale, on constate qu’elle est recouverte dans toute son étendue par une couche de cellules épithéliales, dont l’ensemble constitue Y épithélium ovarien.
L’ovaire, envisagé au point de vue de sa constitution anatomique, nous offre donc à considérer, outre ses vaisseaux et ses nerfs, auxquels nous consacrerons
un paragraphe à part : 1° Y épithélium ovarien; 2° le stroma conjonctif ; 3° les follicules de Graaf.
1° Épithélium ovarien. —
L’épithélium ovarien est formé par une seule couche de cellules cylindriques ou, plus exactement, prismatiques par pressions réciproques. Vues de faces, après imprégnation d’argent, ces cellules forment des champs polygonaux. Vues sur des coupes perpendiculaires à la surface de l’ovaire (fig. 664, 6), elles nous appa-
Coupe sagittale de l’ovaire passant par sa partie moyenne [schématique) .
1, aileron postérieur du ligament large. — 2, hile de l'ovaire, avec ses vaisseaux. — 3, substance médullaire (bulbe de l'ovaire). — 4, subs- Vhnce corticale. — 5, albuginée. — 6, épithélium ovarien. — 7. endothélium du péritoine. — 8, follicules primordiaux. — 9, 9, follicules en voie de croissance. — 10, follicule mûr, près d’éclater.
OVAIRE
raissent sous la forme de petits cylindres, dont l’extrémité externe répond à la cavité péritonéale et dont l’extrémité interne repose sur une lame conjonctive, que nous décrirons tout à l’heure sous le nom d ’albuginée. Chacune d’elles est formée par un protoplasma homogène, renfermant à sa partie moyenne un noyau arrondi ou ovalaire.
De Sinéty et Flaischlin ont signalé, dans l’épithélium ovarique, la présence de cellules à cils vibratiles. Cette disposition ciliée, on le sait, est la règle pour l’épithélium ovarien chez un grand nombre de vertébrés inférieurs.
Au niveau du hile, l’épithélium ovarien est continué brusquement par l’endothélium du péritoine (fig. 664, 7). Une ligne circulaire, plus ou moins accusée, sépare à ce niveau les deux formations cellulaires : c’est la ligne de Farre-Waldeyer.
2U Stroma de l’ovaire. — Le stroma de l’ovaire est constitué par des faisceaux de tissu conjonctif diversement entrecroisés, formant dans leur ensemble un tissu dense et serré. Ce tissu, que l’on rencontre à la fois dans la substance corticale et dans la substance médullaire, remplit exactement tous les intervalles compris entre les follicules et les vaisseaux.
A la surface extérieure de l’ovaire, le stroma conjonctif se condense en une sorte de membrane qui entoure l’organe à la manière d’une capsule fibreuse : on la désigne improprement sous le nom d 'albuginèe. Cette lame fibreuse, ordinairement très mince et qui n’existe pas d’ailleurs dans les premiers temps de la vie, ne mérite guère d’être comparée à l’albuginée du testicule qui, elle, est très épaisse et très résistante. Pour éviter toute méprise, il convient de l’appeler fausse albuginèe. Elle est revêtue, comme nous venons de le voir, par l’épithélium ovarien.’
A l’élément conjonctif s’ajoute, dans le stroma ovarien, une quantité plus ou moins considérable de fibres musculaires lisses. Ces fibres sont très développées dans la substance médullaire, où .elles se disposent irrégulièrement autour des vaisseaux. De la substance médullaire, elles s’irradient plus ou moins loin dans la substance corticale. Mais en aucun cas, du moins chez la femme, elles ne se prolongent jusque sur le follicule : on né rencontre autour du follicule que du tissu conjonctif.
Outre les faisceaux conjonctifs sigrtalés ci-dessus, le stroma ovarien nous présente encore des cellules spéciales, dites interstitielles , présentant la plus grande analogie avec celles de même nom que nous avons déjà rencontrées (p. 576) dans le testicule.
Ici, comme dans la glande mâle, l’ensemble de ces cellules constitue une glande à sécrétion interne, la glande interstitielle de V ovaire. Nous l’étudierons dans notre livre XI consacré aux Glandes a sécrétion interne.
3° Follicules de Graaf. — Les follicules de Graaf, ainsi appelés du nom de celui qui le premier, en 1672, les a bien décrits, sont des vésicules arrondies ou ovalaires, dans l’intérieur desquelles se trouvent les ovules : de là le nom d ’ovisacs que leur donnent encore certains auteurs. Ils sont constamment situés dans la substance corticale que, pour cette raison, on désigne quelquefois sous le nom de couche ovigère ; on n’en trouve aucune trace dans la substance médullaire. Les follicules de Graaf se présentent à des stades de développement divers et chaque ovaire, depuis la puberté jusqu’à la ménopause, renferme (fig. 664) : 1° des follicules jeunes, dits follicules primordiaux (8); 2° des follicules en voie de croissance (9) ; 3° des follicules entièrement développés, que nous désignerons sous le nom de follicules adultes (10).
A. Follicules primordiaux.
deux rangées dans la substance corticale albuginée.
Les follicules primordiaux se disposent en une ou immédiatement au-dessous de la fausse Leur nombre est considérable : Sappey, sur la jeune fille de deux a trois ans, l’évalue à 400 000 pour chaque ovaire. Il est à remarquer que ce nombre est moindre à Page de la puberté, moindre encore chez la jeune femme.
Le nombre des follicules diminue donc au fur et à mesure que le sujet avance en
âge. Cette diminution a bien certainement pour cause le fait même de la ponte ovarique, chaque pçnte étant marquée par l’éclatement d’un ou plusieurs follicules de Graaf ; mais elle s’explique surtout par ce fait qu’un très grand nombre de follicules primordiaux n’évoluent pas et disparaissent par une sorte de régression ou d 'atrésie. Parmi ceux-là même qui commencent à se développer, il y en a un très grand nombre qui s’arrêtent en route et qui disparaissent, soit par une sorte de dégénération (Paladino); soit à la suite d’un processus rappelant assez exactement celui qui aboutit à la formation des corps jaunes (Slaviansky).
Les débris de ces follicules primordiaux qui ne se sont pas développés ont reçu de Kôlliker le nom de 'corps jaunes atrétiques. Ce sont les faux corps jaunes de Bouin.
Il est à remarquer que cette régression des follicules de Graaf est ordinairement précédée d’une dégénérescence quelconque de l’ovule : ratatinement du noyau en un petit globule irrégulier, fragmentation de ce noyau en grains chromatiques (chr ornât oly se) , dégénérescence graisseuse de l’ovule, envahissement du vitellus par les leucocytes, etc.
IIenneguy et Janosik ont signalé ce fait intéressant que l’ovule, au cours de la régression de son follicule, peut subir une segmentation imparfaite, comme s’il était le siège d’un développement parthénogénique, lequel s’arrête d’ailleurs aussitôt.
Fig. 665.
Coupe longitudinale d’ovaire de lapine en rut (d’après Villemin).
La coupe passe un peu en dehors du Iule ; ou n’en a représenté qu’une partie, les deux tiers environ.
1, couche ovigène ou corticale, renfermant en grand nombre de jeunes ovocytes ou de jeunes follicules au début de leur période d’accroissement. — 2, épithélium superficiel ou germinatif. — 3, parenchyme ovarien, presque uniquement constitué par des cellules interstitielles. — 4, follicule de Graaf jeune. - 5, follicule de Graaf presque parvenu au terme de sa période d’accroissement. — 6, follicule de Graaf sectionné excentriquement. — 7, 7, 7, trois corps jaunes. — 8, corps jaune en dégénérescence.
Histologiquement, les follicules primordiaux se composent chacun (fig. 666, A) d’un ovule nu (1), c’est-à-dire encore dépourvu de sa membrane vitelline, et d’une couche de cellules plates (2), rudiment de la membrane granuleuse (voy. plus loin), placée autour de l’ovule : ces cellules semblent avoir pour rôle de transmettre à l’ovule les matériaux nécessaires à sa nutrition et à son accroissement, ce sont les cellules nourricières de l'ovule. L’ovule est alors de très petite taille, 50 à 55 u de diamètre en moyenne; son protoplasma ne renferme que des granulations très fines; il n’a pas encore de grains de vitellus. Ces caractères, joints à l’absence de la membrane vitelline, le différencient nettement des ovules plus avancés.
B. Follicules en voie de croissance. — Ceux des follicules primordiaux qui sont appelés à se développer (nous avons déjà dit qu’un très grand nombre restaient stationnaires ou même disparaissaient par ré- A B
gression) et à devenir follicules adultes, subissent une série de transformations successives que nous allons énumérer.
Tout d’abord, les cellules plates qui entouraient l’ovule dans le follicule primordial deviennent cubiques et forment autour de lui une couche épithéliale continue, d’abord simple (fig. 666, B), mais qui, par la multiplication incessante de ces cellules, devient bientôt pluristratifiée. Ce revêtement épithélial constitue la membrane granuleuse, la membrana gramtlosa ou, tout simplement, la granulosa du follicule.
Les cellules constitutives de la granuleuse sont généralement polyédriques par pression réciproque. Les plus externes et les plus internes, cependant, font exception. Les externes, celles qui reposent directement sur la vitrée sont cylindriques. Les internes, celles qui répondent à l’ovule sont également allongées et orientées en sens radiaire : elles entourent l’ovule à la manière d’une couronne, formant ainsi dans leur ensemble ce qu’on appelle la
corona radiata. Les cellules de la granuleuse renferment (Regaud) de la graisse et de la lécithine. Çà et là, au milieu d’elles, se voient des espaces vacuolaires, petits et étoilés d’abord, s’agrandissant ensuite et devenant volumineux, ce sont les corps vésiculeux de Call et d’ËBNER . Ils sont formés par une substance de nature inconnue, sécrétée par les cellules voisines.
Peu de temps après que la membrane granuleuse est devenue pluristratifiée, une membrane mince, la membrane vitelline (fig. 666, C/l'),' se développe autour de l’ovule. D’autre part, des grains de vitellus apparaissent au sein de son protoplasma. L’ovule, dans son ensemble, revêt peu à peu l’aspect qui le caractérise à son état de développement parfait.
En même temps, certaines cellules de la membrane granuleuse deviennent à la fois plus volumineuses et plus claires. Nagel considère ces éléments comme des cellules nutritives chargées de pourvoir aux besoins de l’ovule. Sedwick Minot, au
Follicule de Graaf à divers stades de leur développement : A, follicule primordial ; B, G, follicules en voie de croissance (schématique) .
1, ovule, avec 1’ (dans la figure C), sa membrane vitelline. — 2, granuleuse du follicule. — 3, membrane basale. — 4, thèque interne. — 5, thèque externe.
APPAREIL URO-GENITAL
contraire, pense qu’elles sont plutôt en rapport avec le fait qui va maintenant se produire et qui aboutit à la formation du liquide folliculaire. En effet, au milieu des couches stratifiées de la membrane granuleuse apparaît une fente, d’abord étroite, puis de plus en plus large, qui divise cette membrane en deux feuillets : un feuillet interne, convexe (du côté de la fente), qui reste appliqué sur l’ovule ; un feuillet externe, concave, qui tapisse l’enveloppe conjonctive du follicule. Cette fente, comme nous le montre nettement la figure 667, ne fait pas tout le tour de l’ovule, de telle sorte que celui-ci reste toujours attaché par un point au feuillet externe de la granuleuse. Le petit amas de la substance granuleuse au sein duquel se trouve l’ovule a reçu le nom de cumulus proligère ou ovigère (5). Quant à la fente qui s’est creusée à la partie moyenne de la granuleuse (7), elle est remplie par un liquide clair, légèrement albumineux, c’est le liquide folliculaire ou liquor folliculi.
Mais ce n’est pas tout. Pendant que s’opéraient dans les éléments constitutifs
des follicules, les changements de structure que nous venons de décrire, le follicule lui-même s’est entouré d’une enveloppe conjonctive, qui est la thèque folliculaire ( theca folliculi ). Cette enveloppe conjonctive (fig. 667), qui n’est qu’une portion différenciée du stroma de l’ovaire, se compose de deux couches concentriques , de structure différente : une couche externe ou thèque externe (5) et une couche interne ou thèque interne (4). — La thèque externe ( tunica fibrosa de Henle) est de nature fibreuse. Elle est constituée par des faisceaux du tissu conjonctif diversement entrecroisés et fortement tassés les uns contre les autres. Elle est traversée par de nombreux vaisseaux sanguins qui, du stroma de l’ovaire, se rendent à la thèque interne ou,' vice versa, vont de la thèque interne au stroma ovarien. — La thèque interne ( tunica propria de Henle) appartient, comme formation, au tissu conjonctif lâche : quelques auteurs, à la suite de Slaviansky, en ont fait un tissu réticulé. 11 est formé par un fin réseau conjonctif, richement vascularisé (voy. plus loin), avec de nombreuses cellules étoilées. Outre ces cellules, qui sont manifestement de nature conjonctive, la thèque interne nous présente des cellules spéciales, de grande taille, arrondies ou fusiformes, dépourvues de prolongements, tantôt isolées, tantôt réunies en groupes plus ou moins considérables. Leur protoplasma renferme, avec un pigment jaunâtre, de nombreuses gouttelettes que l’acide osmique colore en noir ou en bistre. Nous devons ajouter, en ce qui concerne la thèque interne, qu’elle n’est pas en contact immédiat avec les cellules de la membrane granuleuse. Elle en est séparée, comme nous le montre nettement la figure 667, par une mince membrane basale ou vitrée (3), à laquelle Waldeyer 'a donné le nom de membrana propria.
Fig. 667.
Un follicule de Graaf, à l’état de maturité.
1, ovule, avec 1’, sa membrane vitelline. — 2, membrane granuleuse du follicule. — 3, membrane basale ou membrana propria. — 4, thèque interne. — 5, thèque externe ou tunique fibreuse. — 6, cumulus proligère. — 7, liquor folliculi. — 8, éléments cellulaires de la thèque interne (ces éléments ne sont représentés que dans la moitié gauche de la figure ; dans la moitié droite, ils ont été chassés pour laisser voir le réticulum conjonctif).
OVAIRE
La membrane propria est une formation constante. Mais les auteurs ne sont pas d’accord sur sa signification morphologique. Les uns, comme Waldeyer et Nagel, la considèrent comme une production de lagranulosa. D’autres, avec Slavianski et Bertin, lui décrivent une structure endothéliale, décelable par l’imprégnation d’argent. L’opinion la plus accréditée est que la membrana propria du follicule de Graaf est réellement une basale ou vitrée, provenant ici, comme ailleurs, non de l’épithélium qui la surmonte, mais du tissu conjonctif sous-jacent (Vagener. Schottlander, Limon) : c’est une différenciation delà thèque interne.
C. Follicules adultes. — Ainsi complété par l’adjonction de sa thèque conjonctive, le follicule de Graaf est arrivé maintenant à l’état adulte. Il se compose des éléments suivants : 1° tout en dehors, une enveloppe conjonctive, la theca folliculi, subdivisée en deux lames concentriques, la thèque externe et la thèque interne, celle-ci très riche en vaisseaux ; 2° une mince membrane basale ou vitrée, la membrana propria de Waldeyer; 3° une couche d’éléments cellulaires, \& membrana granulosa, tapissant intérieurement la membrana propria et présentant sur un point un épaississement local, de forme sphérique, le cumulus proligère; 4° au centre de la granulosa, une cavité renfermant un liquide transparent et légèrement jaunâtre, le liquide folliculaire;
5° au centre du cumulus proligère, l’élément essentiel du follicule, Yovule.
Nous nous contenterons ici de signaler l’ovule, nous réservant de le décrire en détails en Embryologie (voy. Livre XII).
Le follicule, en parcourant les divers stades de sa croissance a considérablement grossi. Il mesure, maintenant, de 2 à 3 millimètres de diamètre, quelquefois plus : on en rencontre parfois qui mesurent jusqu’à 9 et 10 millimètres.
Quant à sa forme, elle n’a pas varié : c’est toujours (fig. 668) une vésicule plus ou moins régulièrement sphérique. Son extrémité interne ( pôle interne ) est profondément située dans la couche corticale de l’ovaire : c’est à son niveau que se trouve le cumulus proligère et l’ovule. Son extrémité externe (pôle externe ) fait à la surface extérieure de l’organe une saillie arrondie, plus ou moins accusée, dont le point culminant a reçu le nom de stigma. Le stigma (7) représente la partie la plus mince de la paroi folliculaire. A son niveau, la thèque interne a disparu et la granuleuse, réduite ici à une ou deux assises de cellules, n’est séparée de l’épithélium ovarien que par une très mince couche conjonctive représentant la thèque externe. Le stigma, du reste, est parfaitement transparent et complètement dépourvu de vaisseaux : c’est sur ce point que va se produire la déhiscence du follicule.
La saillie arrondie que fait à la surface de l’ovaire le pôle externe du follicule, d’abord peu accusée, augmente progressivement. En même temps, la paroi folliculaire s’amincit de plus en plus. Puis, brusquement, sous l’influence d’une aug-
ANATOMIE HUMAINE. — T. IV, 6e ÉDIT. 89
Fig. 668.
Un follicule mûr, près de se rupturer.
1, follicule de Graaf. — 2, thèque externe. — 3, thèque interne. — 4, granulosa, avec sa vicrée. — 5, cumulus proligère, avec l’ovule 5’. — 6, liquide folliculaire. — 7, stigma. — 8, épithélium ovarien. — 9, albuginée. — 10, stroma ovarien. — 11, vaisseaux.
mentation de pression du liquide intérieur, elle éclate au niveau du stigma, et l’ovule, avec la plus grande partie du liquide folliculaire, est expulsé au dehors : nous verrons plus loin qu'il passe dans la trompe et, de là, dans l’utérus. Cette rupture ou déhiscence des follicules de Graaf constitue ce qu’on appelle la ponte ovarique. Elle coïncide habituellement, chez les animaux avec l’époque du rut, chez la femme avec la période menstruelle. Il convient d’ajouter, cependant, qu’elle n’est pas seulement limitée à cette époque : d’une manière générale, elle peut se produire sous l’influence de toutes les causes qui amènent une congestion intense de l’ovaire.
Chez la femme, un seul follicule éclate (saut exception) à chaque période menstruelle et il en est de même des animaux qui n’ont qu’un petit à chaque portée. Chez les animaux, au contraire, qui à chaque portée ont plusieurs petits, il éclate à la fois un nombre de follicules égal à celui des petits dont se compose la portée. Rappelons, en passant, que la grossesse bi- ou trigémellaire, chez la femme, relève de l’un ou l’autre de ces deux faits, ou bien, de la rupture simultanée de deux ou trois follicules, ou bien de la rupture d’un follicule unique renfermant à lui tout seul deux ou trois ovules.
Ce qui reste des follicules rupturés, après expulsion de l’ovule et du liquide folliculaire, subit une série de modifications structurales, qui aboutissent à des formations transitoires que l’on désigne, en raison de leur coloration jaune rougeâtre, sous le nom de corps jaunes. On a cru pendant longtemps que les corps jaunes étaient des formations atrophiques dépourvues d’une signification fonctionnelle quelconque. Il est universellement admis aujourd’hui qu’ils élaborent un certain nombre de produits, qu’ils déversent ensuite dans les capillaires voisins. Ils acquièrent ainsi, au même titre que les cellules interstitielles, la signification de glandes à sécrétion interne et voilà pourquoi nous en renvoyons l’étude à notre livre XI, Glandes a sécrétion interne.
§ IV . — Vaisseaux et nerfs
1° Artères. — Les artères, destinées à l’ovaire, proviennent de X ovarienne, branche de l’aorte abdominale. Cette artère descend vers le bord externe du ligament large et aborde l’ovaire au voisinage de son extrémité externe.
Là (fig. 669, 4), elle fournit habituellement une collatérale ascendante, X artère tubaire externe (5), qui se dirige vers l’extrémité externe de la trompe, et que nous retrouverons à propos de ce dernier organe. Puis, s’infléchissant en dedans, elle longe le bord antérieur de l’ovaire et vient s’anastomoser avec une branche de X utérine.
De cette anastomose à plein canal de deux vaisseaux cheminant en sens inverse, résulte la formation d’une arcade transversale, plus ou moins flexueuse, où il est bien difficile de faire la part de ce qui revient à l'ovarienne et à l’utérine. — Un grand nombre d’auteurs, accordant un rôle prépondérant à l’ovarienne, poursuivent cette artère jusque sur l’utérus et placent son anastomose avec l’utérine sur les bords mêmes de ce dernier organe : ainsi comprise, l’artère en question est une artère utéro-ovarienne. — D’autres, au contraire, parmi lesquels nous citerons Weber, réduisent l’ovarienne à des proportions minuscules et font provenir de l’utérine la presque totalité des rameaux destinés à l’ovaire. Broeckært (1892), après avoir étudié la disposition de l’artère utérine sur 23 sujets de tout âge, a cru devoir se ranger à cette dernière opinion : pour lui, l’artère utérine se distri-
Les artères de la trompe et de l’ovaire (côté gauche, vue postérieure!.
a , utérus. — b, trompe, avec b', son pavillon. — c, ovaire. — d, portion supérieure du ligament large ou mésosalpinx. — e. ligament rond de l’utérus.
1,1, artère utérine, avec ses deux branches de bifurcation ; 2, artère tubaire interne : 3, artère anastomotique pour l’ovarienne. — 4, artère ovarienne, avec 5, l’artère tubaire externe.
bue à l’utérus et à ses annexes, tandis que l’ovarienne, branche très grêle, se rend à l’extrémité externe de l’ovaire, mais ne va pas au delà.
Entre ces deux opinions extrêmes, il y a place pour une opinion intermédiaire, qui consiste à dire que l’artère ovarienne irrigue l’ovaire sans irriguer l’utérus et que son anastomose avec l’utérine a lieu précisément dans l’intervalle qui sépare les deux organes, c’est-à-dire un peu en dedans de l’extrémité interne de l’ovaire. Une pareille interprétation a pour elle l’enseignement des faits embryologiques.
Nous savons, en effet, que dans les premiers stades de son évolution, l’ovaire, situé alors dans la région lombaire, reçoit ses vaisseaux de l’artère ovarienne, tandis que l’utérus, qui occupe le bassin dès son origine, reçoit les siens de l’artère utérine. A ce moment-là, les deux artères sont complètement isolées et chacune d’elles irrigue l’organe auquel elle est destinée, en respectant l’autre. Plus tard, à la suite de la descente de l’ovaire, les deux vaisseaux se rapprochent, leurs deux réseaux arrivent au contact réciproque et s’unissent par des anastomoses qui les rendent pour ainsi dire solidaires. Mais ces anastomoses secondaires ou consécutives, quelque nombreuses qu’elles soient, ne détruisent jamais le type primordial, et les deux artères, tout en perdant leur indépendance anatomique, n’en conservent pas moins leur domaine respectif. Voilà pourquoi je crois devoir placer la limite séparative des deux artères ovarienne et utérine, limite toute théorique du reste quand il s’agit de l’adulte, entre le bord de l’utérus et l’extrémité interne de l’ovaire.
C’est de l’arcade artérielle que nous venons de décrire, que se détachent les artères de l’ovaire. Au nombre de dix ou douze, elles se dirigent vers le bord antérieur de la glande et disparaissent dans son épaisseur, où elles se ramifient. Ces artères, ainsi que leurs branches de division, sont éminemment flexueuses, contournées en spirale, plus ou moins pelotonnées sur elles-mêmes : ce sont de véritables artères hélicines. Après s’être anastomosées en arcades, à la limite des deux portions médullaire et corticale, elles pénètrent dans cette dernière et viennent se terminer, en partie dans la fausse albuginée, en partie et surtout sur les parois des follicules de Graaf, où elles forment deux réseaux : 1° un réseau externe ou péri folliculaire , à larges mailles, situé tout autour du follicule ; 2° un
Fig. 670.
Artères hélicines des organes érectiles (d’après Rouget).
réseau interne ou intra folliculaire, à mailles beaucoup plus serrées, situé dans la thèque interne. Les mailles de ce dernier réseau arrivent jusqu’au voisinage de la membrane granuleuse : elles n’en sont séparées/ en effet, que par l’épaisseur de la membrane basale. Rappelons, en passant, que, sur les follicules arrivées à l’état de maturité, les vaisseaux sanguins font complètement défaut au niveau du pôle externe ou stigma, là où doit se produire l’éclatement de la paroi folliculaire.
2° Veines. — Les veines de l’ovaire, issues des réseaux capillaires précités, se dirigent vers la portion médullaire de l’organe et, en s’anastomosant fréquemment
entre elles, y forment un riche réseau.
Ces veines, toujours fort nombreuses, sont d’autre part d’un calibre irrégulier, plus ou moins variqueuses, diversement enroulées et pelotonnées (fi g. 671). Unies aux artères et à des faisceaux de fibres lisses qui se continuent avec les ligaments de l’ovaire, elles forment au centre de l’organe et jusqu’au niveau du hile une masse considérable ( bulbe de V ovaire), que Rouget a cru devoir considérer comme une formation érectile.
Les veines qui émanent de ce réseau sortent de l’ovaire au niveau du hile et, se mêlant à un certain nombre d’autres qui proviennent de l’utérus, remontent vers l’abdomen en formant le plexus pampiniforme. Nous savons, pour l’avoir vu en Angéiologie (voy.
t. Il), que ce plexus aboutit à une veine unique, la veine utèro-ovarienne , et que nette veine vient ensuite s’ouvrir elle-même dans la veine rénale, pour le côté gauche, et, pour le côté droit, dans la veine cave inférieure.
3° Lymphatiques. — Les lymphatiques de l’ovaire ont été injectés par His sur la vache ( Ueber den Baudes Sdugethieren-Eïerstocks, Arch. f. mikr. Anat., 1865). Ils prennent naissance sur les parois des follicules, tout autour desquels ils forment un riche réseau. Ce réseau entoure le follicule dans toute son étendue, excepté sur son sommet, c’est-à-dire sur le point où se produira plus tard la rupture. Les lymphatiques sont également très multipliés sur les parois des corps jaunes.
Les troncs et troncules qui émanent des réseaux d’origine se portent vers la portion médullaire et de là vers le hile, où ils sont ordinairement condensés en cinq ou six troncs plus ou moins flexueux et diversement entremêlés c’est le plexus subovarien. De ce plexus subovarien partent deux ou trois collecteurs, lesquels, se mêlant au cordon vasculaire utéro-ovarien (fig. 725), remontent vers l’abdomen
Les veines utéro-ovariennes, vue postérieure.
1. utérus, vu par sa face postérieure. — 2, trompe, avec 2’, son pavillon. — 3, ovaire, avec 3’, son ligament uléro-ovarien. — 4, ligament large (méso-salpînx). — 5, vagin. — 6. artère iliaque primitive. — 7, veine iliaque primitive. — 8, veines de l’ovaire. — 9, veines utérines. — 10, veines utéro-ovariennes. — 11, uretère. — 12, tissu cellulo-adipeux •du ligament large.
OVAIRE
et, finalement, viennent se jeter dans les ganglions lombaires au niveau ou un peu au-dessous de l’extrémité inférieure des reins, D’après les recherches de Bruhns, les ganglions auxquels se rendent les lymphatiques ovariens seraient au nombre de 6 à 10, échelonnés en avant ou sur les côtés de l’aorte ( ganglions préaortiques et juxta-aortiques) , depuis la bifurcation de ce vaisseau jusqu’à l’origine des artères rénales.
Ce mode de terminaison des lymphatiques de l’ovaire, on le voit, présente la plus grande analogie avec celui des lymphatiques du testicule. On peut même voir (Marcille) un vaisseau lymphatique ovarien s’arrêter dans un ganglion de la chaîne iliaque externe, rappelant ainsi ce lymphatique testiculaire décrit par Zeissl et Horowitz (p. 586), qui se terminait lui aussi dans un ganglion analogue.
4° Nerfs. — Les nerfs proviennent du plexus ovarien, qui accompagne l’artère de même nom ; ils se composent, en partie de fibres à myéline, en partie de fibres de Remak.
Gomme les vaisseaux, ils pénètrent dans l’ovaire au niveau du hile et se dirigent ensuite vers la couche corticale, en se divisant et se subdivisant en des rameaux de plus en plus ténus. La plupart d’entre eux, filets vasculaires , se perdent sur les vaisseaux. D’autres, filets moteurs, se terminent sur les faisceaux musculaires du bulbe. Un troisième groupe, enfin, filets sensitifs , se terminent en partie sur les follicules (ce sont les nerfs folliculaires), en partie par des extrémités libres dans le tissu conjonctif de l’ovaire jusqu'au-dessous de l’épithélium ovarien .
Les filets folliculaires, déjà signalés en 1864 par Luschka, ont été retrouvés, eh 1876, par Elischer sur l’ovaire de la lapine, de la brebis et de la vache. Plus récemment, de 1892 à 1896, ils ont été décrits à nouveau, chez divers mammifères, par Riese, Retzius, Herff, Mandl, Winterhalter. Leur mode de terminaison n’est pas encore complètement élucidé : Riese et Herff ont pu suivre leurs fibrilles terminales jusque dans l’épaisseur de la membrane granuleuse, mais ces terminaisons interépithéliales n’ont été retrouvées ni par Retzius, ni par Mandl. Leur existence n’est donc pas encore nettement établie.
Plus récemment (1896), Elisabeth Winterhalter, en utilisant la méthode de Golgi, a rencontré sur l’ovaire de la femme des cellules nerveuses qui, ici comme ailleurs, ont la signification de petits ganglions périphériques. Ces cellules, qui occupent la couche médullaire, se disposent pour la plupart le long des artères. Elles ont la plus grande analogie avec ces cellules sympathiques qui ont été décrites par Gajal dans la tunique musculeuse de l’intestin (voy. Intestins). Dans leur ensemble, elles forment une sorte de ganglion diffus, le ganglion intraovarien de Winterhalter, lequel a vraisemblablement pour fonction de régler l’apport du sang dans l’ovaire.
A consulter, au sujet de l’oVaire parmi les travaux récents : Hasse, Beobacht, über die Lage der Eingeweide im weibl. Beckeneing'ànge , Arch. f. Gynàk., 1875; — Schultze, Zur Kenntniss von der Lage der Eingeweide im weibl. Becken, Arch. f. Gynàk., 1878; — Mac Leod, Contribution à V étude de la structure de V ovaire des mammifères, Arch. de Biol., 1880 et 1881 ; — van Beneden, Contribution à l'étude de la structure de l'ovaire des mammifères, Arch. de Biol.. 1880; — Chandelux, Note sur la structure des corps jaunes. Gaz. méd. de Paris, 1880 ; — Cadiat, De la formation des ovules et de l'ovaire chez les mammifères , C. R. Acad, des Sc., 1880: — du même. De la formation des ovules et des vésicules de Graaf, Gaz. méd. de Paris, 1880; — du même, De la formation, chez l'embryon et chez l'adulte, des vésicules de Graaf, Journ. de l’Anat., 1881 ; — Schulin, Zur Morphol. des Ovariums, Arch. f. mikr. Anat., 1881; — His, Die Lage der Eierstocke in der weiblichen Leiche, Arch. f. Anat. u. Physiol., 1881 ; — de Sinetx, De l’existence de cellules épithéliales à cils vibratiles à la surface de l’ovaire normal de la femme. Gaz. méd. de Paris, 1882; — d’Antin, De V épithélium ovarien, Th. Paris, 1882; — Berte et Guzzr, Contributo alla anatomia dell’ovària délia donna gravida, Rivista clinica di Bologna, 1884; Romiti, Nuove
osservazione sulla struttura dell'ovaria umana , Soc. tosc. di Sc. nat., 1885 ; — Symington, On the position of the utérus and ovaires, etc., Edimb. med. Journ., 1886; — Robinson, The position and peritoneal relations of the mammalian ovary, Journ. of Anat. and Physiol., 1887 ; — Vallin, Situation et prolapsus des ovaires, Th. Paris, 1887; — Thompson, Ueber Verdnderunyen der Tuben und Ovarien in der Schwangerschaft und in Puerperïum, Zeitschr. f. Geburtsh. u. Gynakol.. 1890: — Nagel, ZjUv Anat. des menschl. Èierstoks, Arch. f. Gynakol., 1890; — Paladino, 1 ponti intecetlulari Ira l’uovo ovarico e le cellule f ollicolari e la formazione clella zona pellucida, Anat. Ànzeiger, 1890; — Petitpierre, Ueber das Eindringen von Granulosazellen durch die Zona pellucida menschl. Eier, Dissert., Leipzig, 1890; — Vedeler. Nerver i menneske-ovariet, Norsk Magazin for laegevidenskaben, 1890.
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Matchinoky, De l'atrophie des ovules dans les ovaires des mammifères, Ann. de l'Institut Pasteur, 1900; — Bouin, Histogenèse de la glande génitate femelle, etc., Arch. de Biologie, 1900 ; — Morkowitin, Die Nerven der Ovarien, Soc. imp. des Natur. de Saint Pétersbourg, 1901 ; — Regaud. Fonction glandulaire de T épithélium ovarique et de ses diverticules tubulif ormes chez la chienne. C R. Soc. Biol., 1901 : — Cavalié, Anomalie de l'ovaire ( ovaire double ), Bull. Soc. anat., 1901 ; -- Branca, Note sur l'ovaire ectopique, C. R. Assoc. des Anat., 3° session, Lyon, 1901; — Limon, Note sur les vacuoles de la granulosa des follicules de Graaf, Bibliogr. Anat., vol. X, 1902; — du même, Sur l'évolution de la membrane propre des ovisacs au cours de leur atrésie, Bibliogr. anat., t. XIII, 1904 : — Polano, Bei.tr. z. Anat. der Lymphbahnen im menschl, Eierstock, Monatschr. f. Gebürtsh. u. Gynâk, 1903 ; — van der Stricht, La structure de l'œuf des mammifères. Arch. de Biol., t. XXI, 1905; — Loisel, Les phénomènes de sécrétion dans les glandes génitales, Journ. Anat. 1905; — Hormann, Zur Histol. des Bindegewebes irh ovarium, Arch. Gynâk., 1907 ; — Sohma, Ueb. Histol. der Ovarialge fasse in der V erschiedenen Lebensaltern, etc. Arch. Gynâk.. 1908 ; — Winivarter, Das interstitielle Gewebe d. menschl. Ovarien, Anat. Anz. 1908; — Eternod, L'œuf humain, Genève, 1909; — Fellner, Zur Histol. des Ovarium in der Schwangerschaft, Arch. f. mikr. Anat., 1909.
Voyez aussi, dans le livre XI (Glandes a sécrétion interne), les indications bibliographiques se rapportant à la Glande interstitielle de l'ovaire (p. 1036) et au Corps jaune (p. 1042).
ARTICLE II
TROMPE UTÉRINE OU OYIDUCTE
Les trompes utérines ou trompes de Fallope (allem. Eileiter, angl. Fallopian tubes) sont deux conduits, l’un droit, l’autre gauche, qui s’étendent de l’extrémité externe de l’ovaire à l’angle supérieur de l’utérus. Us ont pour fonction, au moment de la ponte, de recueillir l’ovule à la surface de l’ovaire et de le transporter ensuite
TROMPE UTÉRINE OU OVIDUGTE 711
dans la cavité utérine, où il se fixe et se développe s’il a été fécondé, d’où il est expulsé au dehors dans le cas contraire. La trompe devient ainsi pour la glande génitale un véritable canal excréteur : de là le nom d ’oviducte (de ovum, œuf et ducere, conduire) qu'on lui donne en anatomie comparée et qui tend de plus en plus à s’introduire en anatomie humaine.
§ [.-Considérations générales
1° Situation et moyens de fixité. — La trompe utérine se trouve située dans l’aileron supérieur du ligament large, entre l’ovaire, qui est en arrière, et le ligament rond, qui est en avant. C’est elle, comme nous le verrons plus loin, qui constitue le bord supérieur du ligament large.
Tandis que son extrémité interne se continue avec l’utérus, son extrémité externe donne naissance à un tout petit cordon, moitié musculaire, moitié conjonctif, qui l’unit à l’ovaire et que nous avons déjà signalé à propos de ce dernier organe : c’est le ligament tubo-ovarien (fig. 674, 9). La trompe est donc maintenue en position ; 1° par sa continuité avec l’utérus ; 2° par son emprisonnement entre les deux feuillets du ligament large ; 3° par son ligament tubo-ovarien.
Ainsi fixées, les trompes utérines ne peuvent , dans les conditions physiologiques ordinaires, abandonner la région qu’elles occupent. Mais elles sont très mobiles sur place, surtout dans leur portion externe :
c’est ainsi qu’elles se portent en arrière quand le réservoir urinaire se dilate, qu’elles s’abaissent quand des anses intestinales remplies de matières fécales pèsent sur elles , qu’elles se déplacent en avant quand ces mêmes anses intestinales s’amassent dans le cavum rétro-utérin, etc.
Nous ajouterons que, dans la grossesse, les trompes, comme l’ovaire, s’élèvent avec le fond de l’utérus dans la cavité abdominale pour redescendre, après l’accouchement, dans la fosse iliaque d’abord, puis dans l’excavation pelvienne.
2° Direction. — Suivies de leur extrémité interne à leur extrémité externe, les trompes nous présentent tout d’abord une direction nettement transversale, et cela jusqu’à la partie moyenne de l’ovaire. Là, elles s’infléchissent en arrière et, après un trajet fort court, elles deviennent de nouveau transversales pour se porter de dehors en dedans. Elles décrivent ainsi dans leur partie externe une sorte d’anse (fig. 672,8),
Fig. 672.
L'utérus et la trompe, vus d'en haut (schéma de la figure 6o7, p. 693).
1, détroit supérieur. — 2, symphyse pubienne. — 3, vessie. — 4, utérus. — 5, rectum. — 6, cavum pré-utérin. — 7, ligament rond, avec : 7’, sa branche pubienne ; 7”, sa branche inférieure. — 8, trompe et son pavillon. — 9, cavum rétro-utérin. — 10, ligament large. — 11, ligaments utéro-sacrés. — 12, cul-de-sac de Douglas. — 13, cul-de-sac vésico-utérin. — 14, cul-de-sac prévésical. — 15, aorte. — 16, veine cave inférieure. — 17, vaisseaux iliaques primitifs. — 18, vaisseaux hypogastriques. — 19, vaisseaux iliaques externes.
dont la concavité, dirigée en dedans et en bas, embrasse l’extrémité correspondante de l’ovaire.
Rectilignes dans leur tiers interne, les oviductes nous présentent, dans le reste de leur étendue, des ondulations et même de véritables flexuosités, qui, d’abord légères, s’exagèrent au fur et à mesure qu’on se rapproche de l’extrémité externe du conduit. Ces flexuosités varient beaucoup suivant les sujets : elle sont, en général, beaucoup plus prononcées chez l’enfant que chez l’adulte.
3° Dimensions. — Les oviductes, flexueux dans la plus grande partie de leur étendue et contournés en crosse à leur extrémité externe, présentent naturellement des dimensions longitudinales bien supérieures à l’intervalle qui sépare en ligne droite l’angle supérieur de l’utérus des parois latérales du bassin.
Leur longueur est, en moyenne, de 10 à 12 centimètres. Beigel, dans de nombreuses mensurations pratiquées sur le cadavre, a trouvé comme minimum 4 centimètres, et comme maximum 17 centimètres. De son côté, Barkow, sur 40 oviductes, en a trouvé cinq qui mesuraient de 52 à 78 millimètres, sept de 78 à 105 millimètres, vint-cinq de 105 à 150 millimètres, trois enfin de 150 à 180 millimètres.
Leur diamètre, qui est de 2 ou 4 millimètres au voisinage de l’utérus, augmente graduellement en allant de dedans en dehors : il atteint, au voisinage de l’extrémité externe ou ovarienne, 6 à 8 millimètres.
§ II . — Conformation extérieure et rapports
Fallope comparait l’oviducte à une trompette (, tuba ), d’où le nom de trompe qu’il lui a donné et qu’il porte encore aujourd’hui. Comme ce dernier instrument, en effet, le conduit tubuleux qui constitue le canal excréteur de la glande génitale s’élargit progressivement d’une de ses extrémités à l’autre et se termine, du côté de l’ovaire, par une partie évasée en forme d’entonnoir, que l’on désigne, du reste, sous le nom de pavillon (fig. 673, 4). On distingue à la trompe de Fallope trois parties : 1° une extrémité interne ou portion interstitielle ; 2° une portion moyenne ou corps ; 3° une extrémité externe, qui n’est autre que le pavillon.
1° Portion interstitielle. — La portion interstitielle ou intra-pariétale de la trompe est située, comme l’indique son nom, dans Fépaisseur même de la paroi de l’utérus. Sur une coupe frontale de ce dernier organe (fig. 675), on constate qu’elle établit la limite respective du bord supérieur et du bord latéral correspondant. On constate en même temps qu’elle est légèrement ascendante et qu’elle forme, avec le corps de la trompe, qui lui fait suite, un angle fortement obtus dont l’ouverture regarde en bas et en dehors. La trompe débouche dans l’utérus, par un petit orifice arrondi, de 1 millimètre de diamètre (fig. 675, 3) : cet orifice (ostium uterinum ) s’ouvre au sommet de l’infundibulum qui ponstitue l’angle supérieur de la cavité utérine.
2° Corps. — Le corps de la trompe, qui continue la portion interstitielle, se dégage de l’utérus entre le point d’émergence du ligament rond et celui du ligament de l’ovaire, mais sur un plan un peu plus.'élevé. Nous verrons d’autre part, dans l’article suivant (p. 741), que ce point d’implantation de la trompe sur l’utérus se trouve situé sur le même plan que le fond de cet organe chez la nullipare, à 10 ou 12 millimètres au-dessous chez la multipare.
TROMPE UTÉRINE OU OVIDUCTE
Le corps de la trompe se subdivise lui-même eu deux parties distinctes, qui diffèrent d’aspect et de volume (fig. 673) : une partie interne (3’), appelée isthme ; une partie externe (3”), à laquelle Henle a donné le nom d'ampoule. — L 'isthme, ainsi appelé en raison de son petit calibre, répond à la partie rectiligne du conduit. Il mesure 3 ou 4 centimètres de longueur sur 3 ou 4 millimètres de diamètre. Il est cylindrique, dur au toucher, d’une consistance qui rappelle jusqu’à un certain point celle du canal déférent. — L 'ampoule, beaucoup plus large, puisqu’elle atteint jusqu’à 8 et 9 millimètres de diamètre, est également plus longue : elle mesure, en effet, 7 ou 8 centimètres, soit les deux tiers de la longueur totale de
La trompe de Fallope, vue par sa face postérieure (côté droit).
1, utérus. — 2, portion interstitielle de la trompe. — 3, sa deuxième portion ou corps, avec : 3', l’isthme ; 3", l’ampoule. — 4, sa troisième portion ou pavillon. — 5, frange ovariqüe. — 6, ovaire, érigné en arrière. — 7, ligament tubo-ovarien. — 8, ligament utéro-ovarien. — 9, ligament large. — 10, aileron postérieur. — 11, aileron supérieur ou méso-salpinx.
l’oviducte. Elle se distingue encore de l’isthme par la constitution de sa paroi, qui est plus mince, et par sa consistance, qui est beaucoup plus molle. Elle en diffère enfin, morphologiquement, en ce qu’elle est un peu aplatie d’avant en arrière, irrégulièrement calibrée, fortement flexueuse et parfois même, surtout dans le jeune âge, plus ou moins enroulée sur son axe à la manière du tube d’un limaçon.
Envisagé au point de vue de ses rapports, le corps de la trompe établit la limite (fig. 672) entre le cavum rétro-utérin et le cavum préutérin. Il répond aux anses intestinales II peut aussi, dans certaines conditions, entrer en rapport, en arrière avec le rectum, en avant avec le réservoir urinaire.
3° Pavillon. — Le pavillon ( morsus diaboli des anciens anatomistes) revêt la forme d’un large entonnoir, dont l’ouverture, par suite des diverses inflexions que décrit le segment externe de la trompe, regarde habituellement en bas, en arrière et en dedans. Du reste, il représente la partie la plus mobile de la trompe et sa position varie beaucoup suivant les sujets. C’est lui qui, au moment de la rupture d’une vésicule de Graaf, se porte vers la région de l’ovaire occupée par cette vésicule, pour y recueillir l’ovule et le diriger ensuite vers la portion tubuleuse de
ANATOMIE HUMAINE. — T. IV, 6e ÉDIT.
l’oviducte. Le pavillon de la trompe, en raison de sa forme (fig. 674, 6), nous offre à considérer une surface extérieure, une surface intérieure, un sommet et une base :
a. Surface extérieure. — La surface extérieure continue la surface extérieure du corps de la trompe. Gomme cette dernière, elle est lisse et unie, d’une coloration blanchâtre, partout recouverte par le péritoine viscéral.
b. Surface intérieure . — La surface intérieure, qui fait suite à la cavité de l’ampoule, est beaucoup plus irrégulière que la précédente : nous verrons pourquoi tout à l’heure. Elle s’en distingue, en outre, en ce qu’elle a une coloration rosée et qu’elle est tapissée, non plus par le péritoine, mais par une muqueuse, continuation de celle qui revêt l’intérieur de la trompe proprement dite.
c. Sommet. — Le sommet du pavillon est représenté par un orifice arrondi, qui nous conduit dans l’ampoule. Cet orifice (fig. 674, 7), large de 2 ou 3 millimètres,
est l’orifice abdominal de la trompe ( ostium abdominale) .
Il s’ouvre, comme on le voit, en pleine cavité péritonéale et nous présente ainsi ce fait singulier (fait unique dans l’économie, du reste) d’une cavité séreuse communiquant avec une cavité muqueuse et, par elle, avec l’extérieur. Cette communication entre la cavité péritonéale et le conduit tuboutéro-vaginal nous explique comment il se fait que les spermatozoïdes remontent parfois, à travers la trompe et son pavillon, jusque sur la glande génitale. Elle nous explique en même temps la possibilité, pour une injection médicamenteuse poussée dans le vagin ou l’utérus , de suivre le même chemin et d’arriver ainsi sur la surface libre du péritoine.
Nous ajouterons que l’ostium abdominale de la trompe a un diamètre bien inférieur à celui du pavillon qui le précède et à celui de l’ampoule qui le suit : il représente donc comme une sorte de détroit situé entre deux cavités beaucoup plus larges.
d. Base. — La base ou circonférence de la trompe est fort irrégulière : tantôt elle est simplement festonnée ; tantôt, et c’est le cas le plus habituel, elle est profondément découpée en une série de languettes qui, elles-mêmes, sont plus ou moins dentelées sur leurs bords et qui, pour cette raison, ont reçu le nom de franges : ce sont les franges du pavillon (fig. 674, 6).
La longueur des franges varie ordinairement de 10 à 15 millimètres. Leur forme est le plus souvent lancéolée, avec une base répondant à l’ampoule et un sommet flottant librement dans la cavité abdominale. Leur nombre, d’après la plupart des
À 2 CD El/y
Fig. 674.
Le pavillon de la trompe, vu par sa face interne ou muqueuse (côté droit).
1, ligament large, vu par sa face postérieure. — 2, ovaire, avec : 3, vésicules de Graaf ; 4, cicatrices. — 3, ampoule de la trompe. — 6, pavillon, avec deux cercles concentriques de franges. — 7, ostium abdominale. — 8, frange ovarique, avec 8’, sa gouttière longitudinale. — 9, ligament tubo-ovarien, sur lequel se continue la gouttière longitudinale de la fraDge ovarique. — 10, organe de Rosenmüller.
TROMPE UTÉRINE OU OVIDUCTE
auteurs., varierait de dix à quinze; mais ce nombre est généralement très difficile à déterminer, en raison des franges secondaires qui viennent se greffer sur les franges principales. Quant à leurs rapports réciproques, les franges du pavillon se juxtaposent toutes par leur bord en formant ainsi une rangée unique; ou bien, elles se disposent en deux ou trois cercles concentriques. Dans l’un et l’autre cas, elles constituent par leur ensemble une sorte de corolle, toujours irrégulière et capricieuse, mais aussi toujours très élégante, au fond de laquelle vient s’ouvrir l’ostium abdominale.
Parmi les franges que nous venons de décrire, il en est une, plus longue que les autres (20 à 30 millimètres de longueur), qui, de la partie inférieure de l’ampoule, se porte vers l’extrémité externe de l’ovaire (fig. 674,8) : c’est la frange ovarique (fimbria ovarica). Elle suit immédiatement le même trajet que le ligamenl tuboovarien, contre lequel elle s’applique par sa face externe et auquel elle adhère intimement. Sa face opposée, entièrement libre, est creusée en son milieu d’un sillon longitudinal (8’), qui occupe toute sa longueur et qui aboutit en haut à l’ostium abdominale. Du reste, la frange ovarique descend jusque sur l’ovaire ou bien s'arrête à quelques millimètres au-dessus. Dans ce dernier cas, le sommet de la frange est relié à la glande génitale par la portion terminale du ligament tubo-ovarien, et cette partie du ligament, ainsi devenue libre, nous présente sur son côté interne un revêtement muqueux et un sillon longitudinal, qui continue, du côté de l’ovaire, celui que nous avons signalé tout à l’heure sur la frange ovarique (fig. 674, ^.Autrement dit, l’ostium abdominale de la trompe est relié à l’extrémité externe de l’ovaire par un sillon plus ou moins marqué, qui occupe successivement (quand la frange ovarique ne s’étend pas jusqu’à l’ovaire) le milieu de cette frange ovarique d’abord, puis l’extrémité inférieure du ligament tubo-ovarien.
On rencontre assez fréquemment sur la moitié externe du corps de la trompe, de préférence dans le voisinage du pavillon, des pavillons surnuméraires ou accessoires. J. Richard ( Anatomie des trompes de l’utérus chez la femme , Th. Paris, 1851), auquel nous devons une excellente étude de cette anomalie, l’a observée cinq fois sur 80 sujets. De son côté, Sappey, sur 164 sujets (77 femmes et 87 fœtus) qu’il a examinés à cet effet, n’a rencontré de pavillons accessoires que dix fois. En réunissant ces deux statistiques, bien différentes comme on le voit, nous arrivons à un chiffre moyen de 1/13 comme représentant le degré de fréquence de l’anomalie en question. Il n’existe, le plus souvent, qu’un seul pavillon accessoire ; plus rarement, on en rencontre deux : il y en avait trois dans un cas de Richard. Quand ils existent, les pavillons accessoires présentent la même configuration générale et la même structure que le pavillon ordinaire : comme ce dernier, ils revêtent la forme d’un entonnoir, dont les parois sont plus ou moins découpées en franges et dont le sommet s’ouvre par un orifice arrondi dans l’ampoule de la trompe.
§ Il I .— Conformation intérieure
Les trompes utérines sont creusées intérieurement et clans toute leur longueur d’une cavité tubuleuse, dont le diamètre augmente, comme celui de la trompe ellemême, en allant de l’ostium uterinum vers l’ostium abdominale. Dans la portion interstitielle et au niveau de l’isthme, ce diamètre est de 1 millimètre à 1 millimètre et demi; à peine permet-il l’introduction d’une soie de sanglier. L’ampoule, au contraire, plus large, plus extensible, se laisse facilement pénétrer par une sonde de moyen calibre.
La cavité tubaire ne possède aucune valvule ou formation équivalente : les liquides ou les corpuscules solides peuvent donc y circuler dans les deux sens. Par contre, elle nous présente sur sa paroi un système de plis longitudinaux, à disposition bien spéciale (fig. 675 et 676), qui s’étendent sans interruption de son extré-
mité interne à son extrémité externe. Dans la portion interstitielle, ces plis, encore
Replis longitudinaux de la trompe (en partie d’après Richard).
1. ovaire droit. — 2, utérus. — 3. orifice interne de la trompe droite. — 4, canal tubaire. — 5, pavillon de la trompe. — 6, frange ovarique. — 7, ligament utéro-ovarien. — 8, aileron supérieur du ligament large ou méso-salpinx. — 9, ligament large.
peu accusés, se réduisent à de simples crêtes, à peine saillantes et séparées les
unes des autres par des sillons peu marqués. Ils augmentent graduellement en nombre et en dimensions en passant dans la région de l’isthme, et acquièrent dans l’ampoule leur maximum de développement. Arrivés à l’ostium abdominale, ils le franchissent pour venir se continuer avec les franges du pavillon.
Les plis longitudinaux des trompes sont très variables dans leurs dimensions et certains auteurs les divisent à cet égard en petits, grands et moyens. Les plus petits sont de simples* saillies linéaires à peine marquées. Les plis moyens présentent de 2 à 3 millimètres de hauteur. Les plus grands atteignent H ou 4 millimètres de hauteur et même plus : on en voit toujours un certain nombre dépasser plus ou moins l’axe du conduit tubaire et s’élever parfois jusqu’à la paroi opposée à celle qui leur a donné naissance.
Ces derniers plis présentent sur l’une et l’autre de leurs deux faces des plis secondaires qui, à leur tour, se hérissent de plis plus petits encore. Il en résulte que, sur une coupe transversale de la trompe (fig. 676), les plis précités, par suite de leurs divi-
Fig. 676.
Coupe transversale de la trompe de Fallope (pratiquée au niveau de l’isthme, d’après Schafek).
Au bas de la figure se voit le commencement de l'aileron supérieur du ligament large ou méso-salpinx ; on voit nettement, sur cette coupe, les prolongements irréguliers que la muqueuse envoie dans la lumière du conduit, lequel, de ce fait, est très rétréci et fortement anfractueux.
TROMPE UTERINE OU OVIDUCTE
sions et subdivisions successives, revêtent une forme plus ou moins arborescente.
Sur certains sujets, les plis que nous venons de décrire sont peu développés, mais le fait est rare. Le plus souvent, ils sont tellement multipliés qu’ils remplissent à eux seuls toute la cavité tubaire, au point que celle-ci n’est plus représentée que par les fentes étroites que laissent entre eux les plis en question.
La signification anatomique de ces plis ne nous est pas encore connue. Mais, en obstruant partiellement le conduit tubaire, en le transformant en un système de fentes étroites et tortueuses, ils ont certainement pour effet, sinon pour but, de ralentir la marche de l’ovule et du spermatozoïde, qui cheminent l’un vers l’autre, et d’augmenter ainsi, entre ces deux éléments, les chances de contact, contact d’où résultera la fécondation.
§ IY. — Constitution anatomique
La trompe, considérée au point de vue de sa structure, se compose de trois tuniques superposées : une tunique externe ou séreuse, une tunique moyenne ou musculeuse , une tunique interne ou muqueuse.
1° Tunique séreuse. — La tunique séreuse est une dépendance des ligaments larges, une dépendance du péritoine par conséquent. Elle tapisse le corps de la trompe dans toute sa longueur et sur tout son pourtour, le bord inférieur excepté. Le long de ce bord, le feuillet séreux qui descend sur le côté postérieur de la trompe et celui qui tapisse son côté antérieur s’adossent l’un à l’autre pour former à l’organe une sorte de méso (fig. 677, 2), que l’on désigne généralement aujourd’hui sous le nom de méso-salpinx. On l’appelle encore aileron supérieur.
En dedans, le péritoine tubaire se confond avec celui qui revêt l’utérus. En dehors, du côté du pavillon, il s’étale sur la face externe des franges et se continue, sur les bords de celle-ci, avec la muqueuse qui tapisse leur face interne.
Le péritoine adhère à la trompe à l’aide d’un tissu cellulaire peu serré, renfermant quelques fibres élastiques et un grand nombre de vaisseaux.
2° Tunique musculeuse. — La tunique musculeuse de la trompe se compose de fibres musculaires lisses, disposées sur deux plans : un plan profond, comprenant des fibres circulaires ; un plan superficiel, formé par des fibres longitudinales.
a. Fibres circulaires. — Les fibres circulaires, disposées en anneau, comme leur nom l’indique, forment une couche épaisse de 0mm,2 en moyenne, qui s’étend sans interruption sur toute la longueur de la trompe. En dedans, sur la portion interstitielle du conduit, ces fibres se fusionnent avec celles de l’utérus. En dehors, du côté du pavillon, elles s’arrêtent au niveau de l’ostium abdominale, en formant tout autour de cet orifice une sorte de petit anneau disposé à la manière des sphincters.
Fig. 677.
La trompe et son méso, vus sur une coupe sagittale.
1, ligament large. — 2, aileron supérieur ou méso-salpinx. — 3, trompe de Fallope. — 4, aileron postérieur (pédicule de l’ovaire). — 5, ovaire, avec 6, son épithélium cylindrique. — 7, 7, zone de transition entre l’endothélium péritonéal et l’épithélium ovarien.
b. Fibres longitudinales. — Les fibres longitudinales forment une couche à ia fois peu régulière et mal isolée : un certain nombre d’entre elles, en effet, se mêle constamment aux anneaux de la couche précédente. Les fibres longitudinales de la trompe, qui font suite en dedans aux fibres transversales de l’utérus (voy. Utérus), s’arrêtent en dehors, comme les fibres circulaires, à l’origine du pavillon. Un faisceau, cependant, descend dans le ligament tubo-ovarien et contribue ainsi à former ce ligament Indépendamment des fibres longitudinales que nous venons de décrire et que l’on pourrait appeler fibres longitudinales externes , Williams (1892) a décrit une nouvelle couche de fibres longitudinales, située en dedans de la couche des fibres circulaires. Cette couche de fibres longitudinales internes , toutefois, serait très mince et, de plus, se trouverait circonscrite à la portion de la trompe qui avoisine l’utérus.
3° Tunique muqueuse . — La tunique muqueuse tapisse intérieurement la tunique musculeuse et lui adhère intimement sans interposition d’une couche conjonctive spéciale. C’est elle qui, en se soulevant, forme les plis longitudinaux que nous avons décrits plus haut dans la cavité de la trompe. Dans les intervalles de ces plis, la muqueuse mesure 0mm,l à 0mm,2 d’épaisseur.
A. Structure. — Histologiquement, la muqueuse de la trompe se compose, comme toutes les muqueuses, d’un chorion et d’une couche épithéliale . Elle est
entièrement dépourvue de glandes.
a. Chorion. — Le chorion muqueux est constitué par une trame conjonctive assez serrée, aux éléments de laquelle vient se mêler par places un certain nombre de fibres musculaires lisses. Ces fibres lisses sont une dépendance de la tunique musculeuse sousjacente et ne constituent, en aucune façon, une muscularismucosæ analogue à celle que l’on rencontre à la face profonde de la muqueuse intestinale.
Le chorion se termine, du côté de l’épithélium, par une mince couche basale.
Au-dessous du chorion muqueux se voit une sous-muqueuse toujours fort mince formée par des éléments conjonctifs plus ou moins riches en fibres élastiques.
b. Epithélium. — L’épithélium est constitué par une seule rangée de cellules cylindriques, hautes de 15 à 20 g et surmontées de cils vibratiles. Ces cils sont implantés (fig. 679) sur une double rangée de corpuscules basaux, que colore fortement l’hématoxyline ferrique : la rangée supérieure est formée par les bulbes sur lesquels sont directement implantés les cils ; la rangée inférieure est celle des granules basaux; chaque bulbe se trouve relié au granule basal correspondant par une sorte de filament, connu sous le nom de pièce intermédiaire (Moreaux). Il est à remarquer que les cils en question se meuvent de dehors en dedans et, de ce fait, favorisent la progression de l’ovule vers la cavité utérine. Le protoplasma des cellules cylindriques tubulaires est clair, très légèrement granuleux.
Outre ces cellules ciliées, on rencontre encore dans l’épithélium de la trompe un certain nombre de cellules, appartenant comme les précédentes au type cylindrique, mais entièrement dépourvues de cils. Leur protoplasma est sombre, plus ou moins chargé de granulations.
Fig. 678.
Épithélium de la trompe, vu en coupe verticale (d’après Kohn).
Toutes les cellules sont cylindriques, autrement dit à l’état de repos ou stade de persécrétion ; la coupe a été faite vraisemblablement sur une trompe pendant une période de repos sexuel.
TROMPE UTERINE OU OVIDUCTE
'■Si
,,.i JL-s
Les recherches de Nicolas (1891), celles de Bouin et Limon (1900), celles plus récentes de Moreaux (1909) nous apprennent que ces deux variétés de cellules, cellules ciliées et cellules non ciliées , dépendent gêné- ,
tiquement les unes des autres. C’est toujours la même
cellule, mais vue à des stades différents de son évolu- ^*1
tion fonctionnelle.
La cellule tubaire est une cellule mucipare : c’est, à l’état de repos ( stade de repos ou de per sécrétion), une cellule cylindrique ciliée, à protoplasma clair, telle que nous l’avons décrite plus haut. Son entrée en fonction ( stade de sécrétion) est marquée par l’apparition, en avant du noyau, de grains de mucigène. Ces grains, d’abord rares, se multiplient et finissent par remplir tout l’espace qui se trouve compris entre le noyau et l’extrémité libre de la cellule. Et, alors, comme si sa bordure de cils ne pouvait coexister avec cette surcharge du cytoplasma par les produits de sécrétion, ces cils, avec les bulbes qui les supportent s’atrophient et disparaissent. Survient le troisième stade ou stade d' excrétion : l’extrémité apicale de la cellule, sous la poussée des produits de sécrétion accumulés au-dessous d’elle, bombe plus ou moins dans la lumière du conduit, se rompt et laisse échapper du réticulum cytoplasmique, comme d’une éponge, toute la masse muqueuse élaborée par la cellule durant sa phase d’activité. La cellule, ainsi vidée, diminue de volume, de largeur surtout et se dissimule plus ou moins entre les deux cellules voisines. Mais cet état n’est que momentané. Dans un dernier stade du cycle sécrétoire, stade de reconstitution , la cellule fatiguée, vidée de son contenu, refait peu à peu son protoplasma; elle refait aussi sa bordure de cils et revêt ainsi tous les caractères que nous lui avons décrits à son stade de repos. La voilà de nouveau toute préparée pour un nouveau cycle sécrétoire.
La signification physiologique de la sécrétion tubaire est encore fort obscure. Ces flots de mucus jetés ainsi sur le passage de l’ovule exercent-ils une action quelconque sur sa nutrition? Ont-ils une influence sur sa progression vers la cavité utérine? On n’en sait rien. Ce qui est certain c’est que ces phénomènes sécrétoires, qui sont vraisemblablement peu actifs, nuis peut-être, pendant la période de repos sexuel, se manifestent avec une intensité particulière (Moreaux, Prenant) pendant le passage des œufs dans la trompe.
Fig. 679.
Epithélium de la trompe (d’après Moreaux).
Entre deux cellules cylindriques ciliées se voient trois cellules cylindriques au stade d’excrétion. Les cils, avec la double rangée des granules basaux, sont tombés. Les cellules en question sont aplaties latéralement, leur noyau est refoulé vers la portion basale. La portion du cytoplasma comprise entre le noyau et l’extrémité apicale de la cellule est bourrée de grains de sécrétion.
Ces produits élaborés forment comme une sorte de hernie au-dessus des cellules cylindriques encore ciliées.
Transition épithéliale de la trompe au péritoine d’après Tourneux et Herrmann).
I, épithélium prismatique de la trompe. — 2, endothélium du péritoine. — 3, zone de transition.
B. Mode de continuité avec les membranes voisines. — La muqueuse tubaire se continue, à travers l’ostium uterinum, avec
celle de l’utérus. Au niveau de l’ostium abdominale, elle traverse cet orifice et s’étale alors sur la face interne des franges du pavillon. C’est le long des bords de ces franges ou plus exactement à 0mîn,T2 ou 0mm,15 au delà de ces bords (Tourneux et Herrmann), sur la face externe du pavillon par conséquent, que se fait la transition entre l’épithélium cylindrique cilié de la muqueuse tubaire et l’épithélium plat de la séreuse péritonéale. Cette transition, quoique graduelle, est cependant assez brusque (fig. 680) : elle s’effectue dans un espace relativement très restreint, 15 p en moyenne (Tourneux et Herrmann).
§ V. — Vaisseaux et nerfs
1° Artères. — Les artères de l’oviducte proviennent de deux sources : de l’utérine et de l’ovarienne (fig. 681). — L 'utérine (1), après avoir fourni en dehors la branche destinée à s’anastomoser avec ’l’ovarienne (voy. Ovaire), se prolonge sur la trompe en une petite artère flexueuse et à direction transversale, que nous désignerons sous le nom d 'artère tubaire interne (2). — h' ovarienne (4), arrivée à
Les artères de la trompe et de l’ovaire (côté gauche, vue postérieure).
a, utérus. — 6, trompe, avec b ’ son pavillon. — c, ovaire. — d , portion supérieure du ligament large ou mésosalpinx. — e, ligament rond de l’utérus.
1, 1, artère utérine, avec ses deux branches de bifurcation : 2, artère tubaire interne ; 3, artère anastomotique pour l’ovarienne. — 4, artère ovarienne, avec 5, l’artère tubaire externe. *
l’angle externe de l’ovaire, abandonne une collatérale ascendante, qui se porte d’abord du côté du pavillon, puis s’infléchit en dedans pour suivre, le long de la trompe, un trajet transversal : nous l’appellerons, pour la distinguer de la précédente, l\ artère tubaire externe (9).
Ces deux artères tubaires, cheminant en sens inverse, s’anastomosent à plein canal et forment ainsi au-dessous de la trompe, entre les deux feuillets du méso-salpinx, une longue arcade, Y arcade sous-tubaire, dans laquelle il test habituellement impossible d’indiquer la part respective qui revient à l’utérine et à l’ovarienne.
De cette arcade sous-tubaire partent deux ordres de rameaux : les uns, descendants, pour l’ovaire; les autres, ascendants , pour la trompe. Ces derniers rameaux abordent la trompe par son bord inférieur et pénètrent tout d’abord dans la tunique musculeuse, où ils suivent un trajet flexueux et plus ou moins spiroïde, qui rappelle exactement celui des artères utérines. Ils se terminent dans la
TROMPE UTÉRINE OU OVIDUCTE
muqueuse, en formant dans la couche la plus superficielle du chorion, tout près de l’épithélium par conséquent, un riche réseau capillaire à mailles polygonales.
2° Veines. — Les veines issues des réseaux capillaires des deux tuniques musculeuse et muqueuse se dirigent vers le méso-salpinx et y forment, par leurs anastomoses, un réseau à mailles très larges, allongées parallèlement à Taxe de la trompe (fig. 686). Finalement, elles se jettent dans les veines utéro -ovariennes.
3° Lymphatiques. — Les réseaux lymphatiques de la trompe naissent vraisemblablement, comme sur l’utérus, des trois tuniques du conduit, mais leurs réseaux d’origine n’ont pas encore été exactement décrits. Les troncs qui en émanent (au nombre de 2 ou 3, d’après Bruhns) descendent, comme les veines, dans le mésosalpinx. Arrivés au bord antérieur de l’ovaire, ils rencontrent les lymphatiques issus de ce dernier organe (j plexus subovarien ) et ceux qui proviennent du corps de l’utérus. Ils se mêlent à eux et remontent dans l’abdomen, pour aboutir, au niveau de la région lombaire, aux chaînes ganglionnaires juxta- aortiques et pré-aortiques.
Fig. 682.
Vue d’ensemble des nerfs de la trompe chez un rat nouveau-né (d’après Jacques).
v, bouquet d’artérioles, abordant la trompe. — f, faisceaux nerveux, provenant des plexus périvasculaires. — p, plexus nerveux, situé dans le ligament de la trompe. — a, réseau péritonéal. — 6, plexus intra-musculaire.
4° Nerfs. — Les nerfs de la trompe, toujours fort nombreux, proviennent des plexus qui entourent les deux artères utérine et ovarienne.
Leur parcours et leur mode de terminaison dans les parois de la
trompe ne sont pas encore nettement élucidés. Mais, dans ces derniers temps (1894), Jacques, à la suite de nombreuses recherches poursuivies chez de jeunes animaux à la fois par la méthode d’Eiutlich et la méthode de Golgi, nous a fait connaître à ce sujet un certain nombre de faits nouveaux que nous allons résumer (fig. 682 et 683). Les recherches de Jacques ont été confirmées depuis par von Gawrosnky, en 1894, et par Kostlin, en 1895.
Tout d’abord, les filets nerveux destinés à la trompe forment en dehors de l’organe, dans le tissu cellulaire sous-péritonéal, un premier plexus à travées volumineuses, à mailles irrégulières, constitué en grande partie par des fibres de Remak, avec, sur le trajet de ces fibres, des cellules ganglionnaires (Gawrosnky) : c’est le plexus fondamental, et nous ferons remarquer que sa situation est un peu plus superficielle que celle des vaisseaux.
ANATOMIE HUMAINE. — T. IV, 6e ÉDIT. 91
Plexus intra-musculaire, vu sur une coupe tangentielle parallèle à Taxe de la trompe (d’après Jacques).
a, fibrilles du réseau péritonéal, allongées suivant l’axe. 6, fibres intra-musculaires.
De ce plexus fondamental se détachent, abstraction faite des filets exclusivement vaso-moteurs, trois ordres de rameaux, savoir : des rameaux destinés au péritoine ; des rameaux qui se rendent à la tunique musculeuse; des rameaux destinés à la muqueuse. — Les rameaux destinés au péritoine se dirigent vers la séreuse et viennent former, au-dessous de l’endothélium, un plexus à mailles allongées dans le sens de l’axe de la trompe. Les fibrilles qui le constituent sont à la fois très fines et fortement variqueuses, suivant pour la plupart une direction longitudinale. — Les rameaux musculaires pénètrent dans l’épaisseur de la tunique musculeuse et y forment un deuxième plexus, le plexus intra-musculaire , à fibres extrêmement nombreuses, ramifiées, parallèles entre elles et perpendiculaires à celles du réseau péritonéal. Leurs plus fines ramifications se terminent, par des extrémités variqueuses, entre les fibres musculaires lisses. — Les rameaux muqueux, après avoir traversé la couche musculeuse, arrivent dans le chorion muqueux et s’y divisent en un certain nombre de fibrilles, très fines et variqueuses. Ces fibrilles arrivent au-dessous de l’épithélium et se terminent dans son voisinage par des extrémités renflées en massue.
Jacques, pas plus que Gawronski et Kôstlin, n’a jamais vu de fibres nerveuses pénétrer dans la couche épithéliale et, d’autre part, il nous apprend qu’il n’a jamais rencontré non plus de cellules nerveuses dans l’épaisseur même de la paroi tubaire.
Voyez, au sujet des trompes de Fallope, parmi les travaux récents : Frommel, Beitrag zur Histologie der Eileiter, Arch. f. Gynâk., 1886; — Klein, Zur Anatomie der schwangeren Tube, Arch. f. Gynâk., 1890 ; — Nicolas, Note préliminaire sur la constitution de l'épithélium des trompes utérines, Journ. intern. d’Anat.. 1890; — Moreau, Du revêtement épithélial du péritoine tubo ovarique et de sa transformation physiologique. Soc. de Biol., 1891; — Ballantyne et Willivns. The histology and pathology of the fallopian tubes , Brit. med. Journ. 1891 ; — Willians, Contrib. to the normal and path. histology of the fallopian tubes, Amer. Journ. of med. Sc., 1891 ; — Ferrari, Contrib . allô studio delTistol. norm. e palol. dette trombe, Ann. di Üstetric., 1892 ; — Popoff, Morphol. et hist. des trompes et du parovarium pendant la vie intra et extra- utérine, Arch. f. Gynâk. 1893; — Jacques, Distribution et terminaison des nerfs dans la trompe utérine, Bibliogr. anat., Nancy, 1894; — Ferraresi, Contrib. allô studio del'anat. norm. e patol. delle trombe, etc.. Ann. di Ostetricia, 1894: — Grusdew, Zur Histol. der Fallopia'schen Tuben, Centr. f. Gynâk., 1897 ; — Voinot, Essai sur T épithélium de la trompe de Fallope chez la femme , Th. Nancy, 1900; — Cappilani, Contrib. all'istologia delTovidutto, Arch. ital. Gynec., 1902 ; — Kühn, Ein Beitr. z. Kenntniss von fein. Bau des Eileiters d. Haussiugetiere , Dissert. Giessen. 1906 ; — Gianelli, Rie. histolog. sulT ovidutlo dei mammiferi, Arch. ital. Anat. e Embriol., 1907; — Moreaux, Sur les éléments épithéliaux ciliés et glandulaires de la trompe utérine chez les mammifères, Bibliogr. anat., t. XIX, 1910.