LJ
Fig. 752. Fig. 753.
Fig. 52. — Orifice hyménéal avant l'accouchement (d'après Bumn).
ii, méat urinaire. — h, hymen, dont les bords, malgré les rapprochements sexuels, ne présentent aucune déchirure. — ov. orifice hyménéal.
Fig. 753.
u, méat urinaire, eau hyménéal, dé
Orifice hyménéal après l’accouchement, (d’après Bodin).
d, déchirure à la partie postérieure de la vulve. — z. la t. — t m, caroncules myrtiformes. — y, pla
déchirure iclié et flottant.
VULVE
sant à leur place une plaie qui se cicatrise à plat. Les parties de l’hymen qui échappent à cette destruction gangréneuse se rétractent et forment sur le pourtour de l'orifice vulvo-hyménéal un certain nombre de formations irrégulières, les unes mamelonnées et par conséquent peu saillantes, les autres plus allongées, demi-flottantes, parfois plus ou moins pédiculécs, etc. C’est à ces débris cicatriciels de l’hymen (fig. 753, cm) qu’on donne le nom de caroncules myvtiformes ou hyménéales.
Le nombre et la situation des caroncules n’est pas moins variable que leur forme. Le plus souvent, il en existe une médiane et une ou plusieurs latérales, occupant, comme leur nom l’indique, la première la partie médiane antérieure ou médiane postérieure de l’anneau vulvovaginal, les autres les parties latérales de cet anneau.
§ III. — Organes érectiles
L’appareil érectile de la vulve comprend : 1° un organe médian, le clitoris; 2° deux organes latéraux, les bulbes du vagin. Nous verrons au cours de notre description, d’une part que le clitoris répond assez bien au pénis, d’autre part que les bulbes du vagin représentent chacun une moitié du bulbe de l’urèthre. Les organes érectiles de l’appareil génital sont donc disposés suivant le même type dans les deux sexes. L’embryologie, du reste, nous démontre qu’ils ont une origine identique et. s’il existe chez l’adulte des différences si marquées, ces différences sont la conséquence d’adaptations fonctionnelles s’effectuant au cours du développement.
A . — Clitoris
Le clitoris est un organe érectile impair et médian, situé à la partie supérieure et antérieure de la vulve. Il est, chez la femme, l’homologue considérablement réduit du pénis de l’homme.
1° Disposition générale, forme et trajet. — Si nous suivons le clitoris d’arrière en avant, de son extrémité profonde vers son extrémité superficielle (fig. 755), nous constatons qu’il prend naissance par deux moitiés latérales, qui constituent ce que l’on appelle ses racines. Ces racines, effilées en forme de cône comme celles des corps caverneux de l’homme, occupent la loge inférieure du périnée, où elles se fixent par leur bord supérieur à la lèvre antérieure des branches ischiopubiennes. Obliquement ascendantes, elles convergent l’une vers l’autre, arrivent au contact sur la ligne médiane et s’adossent alors pour former un organe unique de forme cylindrique : c’est le corps du clitoris.
Ainsi constitué, le corps du clitoris suit pendant quelque temps encore la direction de ses racines, je veux dire qu’il se porte obliquement en haut et en avant. Puis, se coudant brusquement un peu en avant de la symphyse ( coude du clitoris), il se dirige en bas et en arrière, diminue graduellement de volume et se termine par une extrémité mousse et légèrement renflée, à laquelle on donne le nom de gland. La portion présymphysienne du clitoris forme donc avec la portion initiale, comme le pénis du reste, un angle à sinus postéro-inférieur, que nous désignerons sous le nomd 'angle clitoridien. A ce niveau, le clitoris est maintenu en position par un ligament suspenseur, qui, par sa disposition et par sa structure, rappelle exactement celui de l’homme: ici encore (fig. 755, 4), ce ligament se détache de la symphyse pubienne et de la ligne blanche abdominale, descend vers le clitoris, se dédouble en atteignant cet organe, le contourne latéralement, se reconstitue au-dessous de lui et, finalement, se perd sur les parois du sac élastique des grandes lèvres.
Envisagé au point de vue de sa configuration extérieure, le corps du clitoris revêt une forme assez régulièrement cylindrique. Il présente parfois sur sa surface infé-
ANATOMIE HUMAINE. T. IV, 6e ÉDIT.
rieure un sillon médian, qui peut s’étendre jusqu’à son extrémité antérieure et rend celle-ci bifide. Ce sillon est évidemment l’équivalent de la gouttière uréthrale du pénis, et nous rappellerons que c’est à son niveau que se développe la bride masculine de Pozzi, signalée ci-dessus (p. 796) comme étant l’homologue de l’urèthre spongieux.
2° Dimensions. — Le clitoris à l’état de flaccidité, mesure en moyenne de 60 à 70 millimètres, qui se répartissent ainsi : 30 à 35 millimètres pour les racines,
25 à 30 millimètres pour le corps, 6 ou 7 millimètres pour le gland. Son diamètre est de 6 ou 7 millimètres.
Le clitoris est, comme les corps haverneux de la verge, susceptible d’entrer en érection. Mais cette érection est incomparablement moins parfaite que pour les corps caverneux de l’homme : l’organe, s’il devient turgescent, n’acquiert jamais cette rigidité qui caractérise le pénis à l’état d’érection ; ses dimensions se modifient peu et sa courbure persiste.
Comme on le voit, le clitoris est une formation bien rudimentaire, si on la compare aux corps caverneux de l’homme. Dans certains cas, cependant, on l’a vu acquérir des dimensions insolites : la portion libre mesurait 5 centimètres de longueur dans un cas de Cruveilhier, et elle pourrait atteindre, d’après Tarnier et Chantreuil, jusqu’à 13 centimètres. C’est à des anomalies de ce genre qu’on doit attribuer la plupart des cas de prétendu hermaphrodisme.
3° Rapports. — Envisagé au point de vue de ses rapports, le clitoris se divise en deux portions : une portion cachée et une portion libre.
a) La portion cachée comprend les racines et la partie postérieure du corps. Elle est profondément située au-dessus des grandes lèvres, immédiatement en rapport avec le squelette de la région.
(s) La portion libre, formée par le gland et par une toute petite partie du corps, est recouverte en avant et sur les côtés par un repli cutané, qui dépend des petites lèvres et qui constitue le capuchon ou prépuce du clitoris (fig. 754, 4'). Les relations réciproques du gland clitoridien et de son prépuce rappellent exactement ce que l’on observe chez l’homme. Tout d’abord, le prépuce recouvre le gland, mais sans lui adhérer : ici, comme chez l’homme, il existe entre les deux formations une sorte de cavité, la cavité préputiale . De plus, le gland est enveloppé par une muqueuse dermo-papillaire qui, à la partie postérieure de l’organe, se réfléchit sur le prépuce pour tapisser sa face profonde. Enfin, pour compléter l’analogie, la face postérieure du clitoris donne naissance à un petit repli médian qui, sous le nom de frein (fig. 743, 6'), rattache le cylindre érectile aux petites lèvres.
4° Structure. — Au point de vue structural, il convient d’envisager séparément : 1° le clitoris proprement dit; 2° le gland; 3° le prépuce.
a. Clitoris proprement dit. — Le clitoris se compose de deux moitiés symé-
Fig. 754.
Le clitoris, vue antérieure, les petites lèvres étant écartées (T. J.).
1, vestibule. — 2, méat. — 3 et 3’, orifices des deux glandes de Skene. — 4, petites lèvres, avec 4’, le prépuce qu’elles forment au clitoris. — 5, clitoris. — 6, grandes lèvres. — 7, vagin.
VULVE
triques, les corps caverneux du clitoris, lesquels présentent la même structure fondamentale que ceux de la verge. Gomme ces derniers, ils sont essentiellement constitués par une enveloppe fibreuse ou albuginée, renfermant dans son intérieur un tissu érectile (voy. Verge, p. 623). Gomme ces derniers encore, ils sont séparés l’un de l’autre par une cloison médiane incomplète ( cloison pectini forme), h travers les fissures de laquelle le système vasculaire d’un côté communique librement avec celui du côté opposé.
b. Gland. — Le gland du clitoris est formé par un noyau central de nature conjonctive, recouvert extérieurement par une muqueuse dermo papillaire. Ainsi constitué , il diffère des corps caverneux, lesquels appartiennent manifestement aux formations érectiles.
Il diffère également du gland du pénis, qui, lui aussi, est un organe érectile; mais il n’est pas exact de dire, assertion que l’on trouve un peu partout dans les auteurs, qu’il n’est nullement l’équivalent morphologique de ce dernier. L’embryologie nous démontre, en effet, comme l’ont établi les recherches de Retterer, que le gland se développe, du côté des corps caverneux, exactement de la même manière chez la femme et chez l’homme. Sans doute, le gland féminin n’a ni urèthre, ni corps spongieux, deux formations que nous rencontrerons dans le gland masculin, mais il en possède tous les autres éléments : l’extrémité antérieure des corps caverneux et le manchon tégumentaire (voy. p. 629). Ges deux éléments anatomiques, pour être ici mal différenciés et rudimentaires, n’en existent pas moins avec leur signification nette et précise. Le gland du clitoris est donc l’homologue du gland du pénis : s’il ne représente pas la totalité de ce dernier, il en représente une bonne partie, sa partie supérieure ou dorsale.
c. Prépuce. — Quant au prépuce, il est formé, comme chez l’homme, par un feuillet cutané, doublé sur sa face profonde d’un feuillet muqueux, qui n’est que la continuation de la muqueuse du gland. Quelques auteurs ont même décrit, dans la muqueuse balano-préputiale de la femme, des formations glandulaires analogues aux glandes de Tyson (p. 633), mais l’existence de ces glandes est encore incertaine : Toürneux et Herrmann les rejettent formellement.
5° Vaisseaux et nerfs. — Les vaisseaux et nerfs du clitoris présentent, dans leur origine, leur trajet et leur terminaison, la plus grande analogie avec la disposition que l’on observe chez l’homme.
Fig. 755.
Les formations érectiles du clitoris.
1, symphyse pubienne. — 2, corps caverneux du clitoris, avec 2\ ses racines venant s'insérer sur les branches ischio-pubiennes. — 3, gland du clitoris. — 4, ligament suspenseur du clitoris. — 5, face interne des petites lèvi’es. — 6, orifice inférieur du vagin. — 7, urèthre. — 8, bulbes du vagin. — 9, trou obturateur avec sa membrane fibreuse.
APPAREIL URO-GENITAL
a. Artères. — Les artères destinées au clitoris et à son prépuce sont au nombre de quatre, deux de chaque côté : ce sont les artères caverneuses et les artères dorsales du clitoris , branches terminales de la honteuse interne. Ces artères, quoique incomparablement plus petites, nous présentent le même mode de distribution que chez l’homme.
b. Vemes. — Les veines du clitoris sont fort nombreuses. Nous les diviserons, comme chez l’homme, en supérieures, inférieures, antérieures et postérieures. — Les supérieures forment deux plans, un plan superficiel et un plan profond, aboutissant chacun à une veine, dite dorsale : la veine dorsale superficielle aboutit à la saphène interne et, de la, à la fémorale; la vente dorsale profonde se rend, a travers l’aponévrose périnéale moyenne, au plexus de Santorini. — Les inférieures, ordinairement de petit calibre, descendent dans un plexus veineux qui se trouve situé entre le clitoris et le bulbe du vagin ( plexus intermédiaire de Kobelt). — Les antérieures , issues de l’extrémité libre des corps caverneux, se rendent en partie aux veines dorsales. Les autres se mêlent aux veines inférieures et, comme elles, aboutissent aux plexus intermédiaires. — Les postérieures proviennent des racines des corps caverneux et de leur angle de réunion. Elles se rendent, en partie aux veines bulbeuses, en partie au plexus de Santorini.
c. Lymphatiques. — Les lymphatiques du clitoris se divisent, comme ceux du gland, en superficiels et profonds. — Les lymphatiques superficiels proviennent du capuchon ou prépuce. Ils aboutissent au groupe supéro-in terne des ganglions de l’aine. — Les lymphatiques profonds , bien étudiés par Cunéo et Marcille (1901), présentent la plus grande analogie avec ceux du gland. Nés d’un réseau glandaire, ils cheminent d’arrière en avant sur la face dorsale du clitoris, arrivent à la symphyse et forment là un réseau présymphysien, d’où partent deux ordres de troncs ; 1° des troncs cruraux, qui gagnent le canal crural pour se terminer dans un ganglion inguinal profond, dans le ganglion de Gloquet et dans le ganglion rétro-crural interne; 2° un tronc inguinal , qui s’engage dans le canal inguinal, arrive dans l’abdomen et se termine, comme chez l’homme, dans le ganglion rétro-crural externe.
d. Nerfs. — Les nerfs émanent du honteux interne. Sous le nom de nerfs dorsaux du clitoris, ils cheminent d’arrière en avant sur la face dorsale de l’organe, abandonnent chemin faisant quelques lins rameaux au corps caverneux et viennent se terminer dans le gland, où semble s’être concentrée la sensibilité exquise, toute spéciale du reste, dont jouit le clitoris. Retzius et Kôstlin ont pu suivre leurs libres terminales jusque dans l’épithélium.
On a signalé dans le gland, comme appareils nerveux terminaux, des corpuscules de Pacini, des corpuscules de Meissner, des corpuscules de Krauseet, enfin, des corpuscules spéciaux, qui ont été décrits pour la première fois par Krause et auxquels . Finger a donné plus tard le nom de corpuscules de la volupté (Wollustkôrperchen) .
Ces derniers corpuscules, longs de 150 à 200 g, occupent la base des papilles. Ils sont remarquables en ce qu’ils ont une enveloppe très épaisse et présentent des espèces d’étranglements qui donnent à leur surface un aspect irrégulier et comme mamelonné.
B. — Bulbes du vagin
Au nombre de deux, l’un droit, l’autre gauche, les bulbes du vagin sont des formations érectiles (fig. 756. 1 et 760, 5), développées sur les parties latérales de
VULVE
I urèthre et du vagin. A eux deux, ils représentent le bulbe uréthral de l'homme qui, chez la femme, a été séparé en une moitié droite et une moitié gauche par l'interposition du conduit vaginal. Nous savons du reste que, môme chez l'homme, le bulbe se trouve divisé par un septum médian en deux moitiés latérales.
1° Dimensions. — Le volume des bulbes vaginaux varie beaucoup suivant les sujets. Leurs dimensions moyennes sont les suivantes : leur longueur, 30 h. 35 millimètres; leur largeur ou hauteur , 12 à 15 millimètres; leur épaisseur, représentée par leur diamètre transversal, 8 à 10 millimètres.
2° Conformation extérieure et rapports . — Kobelt comparait les bulbes à deux sangsues gorgées de sang. Chacun d’eux revêt assez bien la forme d’un ovoïde à
Fig. 756.
Le bulbe du vagin et le système veineux du clitoris, vus de face (imité de Kobelt).
1, bulbe du vagin. — 2, muscle constricteur de la vulve. — 3, portion antérieure de ce muscle. — 4, sa portion postérieure, passant sous le clitoris. — 5, réseau i terméüaire. — 6, gland du clitoris. — 7, veines qui viennent des petites lèvres. — 8, veines qui montent vers les veines sous-tégumenteuses de rabdomeu. — 9, veines communiquant avec la veine obturatrice. — 10, veine dorsale du clitoxûs. — 11, veine obturatrice. — 12, racine droite du clitoris. — 13, corps caverneux.
base postérieure, légèrement aplati de dehors en dedans. Il nous offre à étudier par conséquent deux faces, deux bords et deux extrémités :
a. Faces. — Des deux faces l’une regarde en dehors ( face externe) l’autre regarde en dedans ( face interne). — La face externe, convexe, répond aux branches ischiopubiennes, dont elle est séparée par une distance moyenne de 8 à 10 millimètres. Elle est recouverte par le muscle constricteur du vagin. — La face interne, concave, embrasse successivement dans sa concavité le canal de l’urèthre, l’orifice inférieur du vagin et enfin, tout à fait en arrière, la glande vulvo-vaginale.
b. Bords. — Les deux bords du bulbe du vagin se distinguent en inférieur et supérieur. — Le bord inférieur répond à la base des petites lèvres. — Le bord supérieur repose dans toute son étendue sur l’aponévrose périnéale moyenne, à laquelle il est uni par des tractus conjonctifs.
c. Extrémités. — Les deux extrémités, à leur tour, se distinguent en antérieure et postérieure.
a) h' extrémité postérieure ou base , assez régulièrement arrondie, s’étend ordinairement jusqu’au voisinage de la fosse naviculaire. Assez souvent, le bulbe s’arrête au niveau d’une ligne transversale passant par le milieu de l’orifice vaginal; comme aussi, dans certains cas, on le voit, atteignant des dimensions insolites, dépasser la limite de la fosse naviculaire et se prolonger plus ou moins loin dans l’épaisseur du périnée.
P) L 'extrémité antérieure ou sommet, très mince et comme effilée, est située dans la région vestibulaire, entre le méat urinaire et le clitoris. A ce niveau, le bulbe se continue directement avec celui du côté opposé ou lui est uni tout au moins par des canaux veineux qui vont de l’un à l’autre. Il existe là, entre les bulbes et le clitoris, un riche réseau, que Ivobelt a désigné sous le nom de réseau intermédiaire (fig. 756, 5) et à la constitution duquel concourent à la fois des veines bulbeuses et des veines clitoridiennes. Le plexus intermédiaire établit ainsi de larges communications entre la circulation veineuse du bulbe et celle du clitoris et, de ce fait, rend ces deux circulations plus ou moins solidaires l’une de l’autre.
3° Structure. — Le bulbe du vagin est un organe érectile, mais un organe érectile beaucoup moins parfait que le clitoris et surtout que les corps caverneux de l’homme.
Il diffère de ces derniers en ce que son albuginée est très mince, réduite parfois pour ainsi dire à une simple enveloppe conjonctive. Il en diffère encore en ce que ses éléments contractiles sont bien moins abondants et que ses canaux veineux ne présentent pas exactement la disposition et la structure qui les caractérisent dans les vrais tissus érectiles.
Le bulbe du vagin est donc un appareil érectile imparfait et si, dans certaines conditions physiologiques, il devient plus ou moins turgescent sous l’influence de la réplétion sanguine, il ne présente jamais d’érection au sens précis du mot.
4° Vaisseaux et nerfs. — Le bulbe vaginal reçoit une artère bulbeuse , branche de la honteuse interne. — Les veines se disposent en deux réseaux (Gussenbauer) : un réseau superficiel , constitué par un lacis de veines très volumineuses; un réseau profond, formé par des vaisseaux beaucoup plus fins. Les veines bulbeuses communiquent largement avec tous les réseaux du voisinage, réseau vaginal, réseau du clitoris, réseaux des grandes et des petites lèvres, etc. Elles se condensent d’ordinaire en cinq ou six troncs, véritables veines efférentes du bulbe, qui se séparent de l’organe au niveau de son bord postérieur et surtout au voisinage de sa base, et qui se rendent, après avoir perforé l’aponévrose périnéale moyenne, à la veine honteuse interne. — - Les lymphatiques du bulbe vaginal ne sont pas encore connus. — Des nerfs, remarquables par leur ténuité, sont apportés au bulbe par l’artère bulbeuse. Ils se terminent sur les fibres musculaires lisses et sur les vaisseaux.
Voyez, au sujet de la vulve et de l’hymen, parmi les travaux récents (1877-1910) : Delens, De quelques vices de conformation cle V hymen, Ann. d’Hyg. publ. et de Méd. lég., 1877 ; — Budin, Rech. sur l’hymen et l’orifice vaginal , Progr. méd., 1879; — du même. Nouvelles rech. sur l’hymen et l’orifice vaginal , et Sur une disposition particulière des petites lèvres chez la femme , in Obstétrique et Gynécologie, 1886, p. 322 et 33 1 ; — Martineau, Des déformations de la vulve produites par la défloration, Union méd., 1880; — Kleinwachter, Zur Anat. und Pathol, des Vestibulum Vaginæ , Prag. méd. Wochenschr., 1883; — Wertheimer, Rech. sur la structure et le développement des organes génitaux externes de la femme, Journ. de l’Anatomie, 1883; — P< zzi, De la bride masculine du vestibule chez la femme et de l’origine de l’hymen, etc. Bull, de la Soc. de Biologie, 1884, p. 42, et Mém. de la Soc. de Biologie, 1884, p. 21 ; — Kolliker u. Bender,
Zur Anat. der Clitoris, Sitz. d. Wurzb. phys.-méd. Gesellsch., 1884 ; — Carrard, Beitrag zur Anal, uncl Pathol, der kleinen Labien., Zeitschr. T Gcbürtsb. u. Gynâk., 1884; — Dohrn, Die Bildungsfehler des Hymens, Zeitschr. f. Gebürtsh. u. Gynàk., 1885; — de Rochebrune, Delà conformation des organes génitaux externes chez les femelles des singes anthropomorphes du genre Troglodytes , G. R. Acad, des Sc., 1886 ; — Démangé, De l’hymen biperforé, etc. Ann. d’Hyg, publ. et de méd. lég., 1887; — Ballantyne, The labia minora and hymen, Edinb. med. Journal. 1888; — Eichbaum, Untersuch. über den Bau u. die Entwick. der Clitoris der weibl. Haustliiere, Arch. f. wiss. u. prakt. Thierheilkunde, 1886; — Krvsinsky, Fine seltene Hymenanomalie Wirchow’s Arch., 1888; — Webster, The nerve-enclings in the labia minora and clitoris, Edinb. med. Journ,, 1891; — Rodrigues, Hymen double, Rivista médico-légal, 1895 ; — du même, Des formes de l’hymen, Ann. d’Hyg. publ. et Méd. lég., 1900 ; — Pestallozza, Contrib. allô studio clella formazione dell'imene, Ann. di Ostetr., 1901 ; — Cunéo et Marcille, Note sur les lymphatiques du clitoris, Bull. Soc. anat., 1901 ; — Lebram, Ueb. die Drilsen der Labia minora, Zeitsch. f. Morphol. u. Anthropol., 1903 ; — Sfameni, Huile terminazioni nervose nei genitali femminili esterni e sul loro significato, Arch. Fisiolog., 1904; — Delbanco, Ueb. das gehaufte Auftreten freier Talgdrüsen a. den Kleines Labien, Monatsh. prakt. Derinatol., 1905 ; — Gotsfried, Die Formen des Hymens beim Erwachsenen u. Neugeborenen , Dissert. München, 1906 : — Jung, Untersuch. üb. d. Innervation d. weibl. Genitalorgane, Monatssch. Gebürtsh. u. Gynak., 1905 ; — Sfameni, Sur les terminaisons nerveuses dans les org. génitaux femelles externes, etc. Arch. ital. Biol , 1905 ; — Golowinsky, Beitr. z. Kenntnis vom fein. Bau d. Blutgefüsse d. ausseren mannlich. u. weibl. Genitalien, Anat. Hefte, 1906 ; — Worthmann, Beitr. z. Kenntnis d. Nervenausbreitung in Clitoris u. Vagina, Dissert. Breslau, 19u6; — Jayle, La forme des petites lèvres chez la femme adulte, Rev. gynéc., 1907 ; — du même, La forme de l’hmyen citez la fillette et la vierge adulte, Rev. de Gynéc., 1909 ; — du même, L’hymen après la défloration, ibid.. 1909; — du même, L'hymen après l’ accouchement, ibid.. 1909; — Trautmann, u. Koch. Vergl. anat. u. histol. Unters. über die Clitoris einiger Sauger, Anat. Anz. Bd. XXxY, 1910 : — (Voy. aussi Bibliographie du vagin, p. 788).
ARTICLE VI
A l’appareil génital de la femme se trouvent annexées, comme chez l’homme, un certain nombre de formations glandulaires. Ce sont : 1° les glandes uréthrales et péri-uréthrales, qui, comme leur nom l’indique, se développent dans la paroi uréthrale ou dans son voisinage; 2° les glandes vulvo-vaginales. qui occupent les parties postéro-latérales de l’orifice inférieur du vagin.
S I.— Glandes uréthrales et péri-uréthrales
(Prostate femelle)
Sur la surface intérieure de l’urèthre, de préférence sur sa paroi inférieure etr ses parois latérales, viennent s’ouvrir de nombreuses formations glandulaires, appelées glandes uréthrales.
1° Disposition générale, forme et rapports. — Ces glandes (fig. 757, 2) se disposent en rangées linéaires, dirigées parallèlement à l’axe du canal : chaque rangée comprend trois, cinq, huit et jusqu’à dix orifices.
La forme de ces glandes est très variable ; les unes ne sont que de simples dépressions de la muqueuse ; les autres, des glandes en grappe parfaitement développées. Entre ces deux types extrêmes, se rencontrent toutes les variétés intermédiaires. Nous ajouterons que c’est au voisinage du méat qu’elles sont à la fois le plus nombreuses et le plus développées : elles peuvent atteindre, dans cette région, jusqu’à 2 millimètres et demi et 5 millimètres de longueur. Leur extrémité profonde se trouve située , suivant les dimensions de la glande, dans le chorion muqueux, sur la tunique musculeuse ou même dans l’épaisseur de cette tunique.
Les glandes uréthrales se rencontrent dans tonte l’étendue du canal. Elles le dépassènt même en avant et l’on en trouve toujours un certain nombre dans la région du vestibule, tout autour du méat. Nous désignerons ces dernières, pour les distinguer des précédentes, sous le nom de glandes péri-uréthrales.
2° Structure . — Du reste , quelles que soient leur forme et leur situation topographique, les glandes précitées présentent toujours la même structure : ce sont des masses épithéliales, arrondies ou tubuleuses, simples ou lobulées, à surface mamelonnée, creusées suivant leur axe d’une lumièrecentrale très étroite. Leurs parois, assez épaisses en général, mesurent dans certains cas 120 et même 150 p.. Elles sont formées de petites cellules sphériques ou allongées perpendiculairement à la surface, étroitement tassées les unes contre les autres et limitées, du côté de la lumière centrale, soit par des cellules pavimenteuses, soit par une couche de cellules prismatiques, rappelant exactement celles qui revêtent la muqueuse uréthrale (Tourneux et Herrmann).
3° Signification morphologique. — Morphologiquement, ces glandes présentent la plus grande analogie avec des glandes prostatiques qui se seraient arrêtées dans leur développement, et nous devons les envisager comme constituant chez la femme les homologues de ces dernières. Elles forment, par leur ensemble, la prostate femelle : une prostate, toutefois, étalée en surface et tout à fait rudimentaire. L’embryologie, du reste, établit cette homologie d’une façon indiscutable, comme l’a démontré Tourneux. D’autre part, les observations de Virchow ( Arch . für path. Anat., 1853) nous apprennent que les glandes uréthrales de la femme peuvent, tout comme les glandules prostatiques de l’homme, devenir le siège de ces concrétions azotées que nous avons déjà décrites à propos de la prostate et qui constituent de véritables calculs intra-glanclulaires.
Canaux juxta-uréthraux ou canaux de Skene. — Indépendamment des glandes péri-urétbrales ci-dessns décrites, on rencontre encore sur la plupart des sujets, dans la région du vestibule qui avoisine l’urèthre, deux conduits, l’un droit, l’autre gauche (fig. 759, g), qui viennent s ouvrir au voisinage de la demi-circonférence postérieure du méat, tantôt sur les lèvres mêmes de cet orifice, tantôt au sommet de deux petites éminences placées un peu en arrière. Ce sont les canaux juxtauréthraux.
Ces canaux juxta-uréthraux, signalés par Skene en 1880, ont été bien étudiés depuis par Schüller, en 1888, et par Almasoff, en 1890. Us existent déjà chez le nouveau-né et môme chez le fœtus, s’accroissent avec l’àgè, atteignent chez l’adulte leur période d’état et s’atrophient après la ménopause, mais sans disparaître complètement : Schülleb, en effet, les a rencontrés sur des sujets de soixante à quatre-vingts ans. D’uprès les observations d’ÀLMAsoFF, ils augmenteraient
L’urèthre féminin, vue antérieure.
La paroi antérieure de l’urèthre a été incisée sur la ligne médiane et fortement érignée en dehors (en partie d’après Toldt).
1, vessie, avec 1’, son col. — 2, urèthre, avec ses plis longitudinaux et ses orifices glandulaires. — 3, crête uréthrale. —4, tunique musculeuse de l’urèthre. — 5, sphincter externe. — 6, orifice externe de l’urèthre. — 7, tubercule vaginal. — 8, vagin. — 9, petites lèvres. — 10, clitoris, avec 11, son prépuce.