BIEL
Eau . .
Matières albuminoïdes. ......
Graisse
Sucre de lait
Sels
L’analyse microscopique nous apprend (fig. 789) que le lait est formé par un liquide ( lactoplasma ), renfermant de nombreux éléments figurés, savoir: 1° des globules butyreux, mesurant de 1 y. à 10 p. et qui paraissent enveloppés d’une membrane albuminoïde, la membrane haptogène, dont l’existence est d’ailleurs contestée ; 2° de fines particules de matières protéiques à l’état de granulations ; 3° des éléments cellulaires dégénérés, tels que cellules (épithéliales ou lymphatiques) dont le noyau est déformé en anneau ou en croissant, des débris de noyau, des fragments de protoplasma, etc. ; 4° du phosphate tricalcique en suspension à l’état de grains extrêmement fins ; c’est ce phosphate qui se dépose au fond des vases dans lesquels on a abandonné longtemps du lait à l’abri des germes extérieurs ; on voit alors se former lentement une couche parfaitement blanche de phosphate tribasique pur.
Fig. 787.
La mamelle d'une femme adulte en lactation, vue en coupe (d’après de Sinéty).
a , lobule de la glande. — 6, acini, plus ou moins distendus, par leur produit de sécrétion. — c, conduit excréteur. — t, stroma formé de tissu conjonctif.
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C. Processus cytologique de la sécrétion lactée. — Les globules graisseux, qui constituent l’élément essentiel du lait, prennent naissance dans le protoplasma des cellules glandulaires. Tous les auteurs sont assez bien d’accord sur ce point. Mais les divergences commencent quand il s’agit d’expliquer la manière suivant laquelle ces globules, primitivement emprisonnés dans la cellule, s’en échappent pour tomber dans le sérum du lait. A ce sujet, deux opinions principales se partagent les faveurs des histologistes : l’une, faisant de la glande mammaire une glande holocrine (de xpîvw séparer et o).dç, tout entier) ; l’autre, la considérant comme une glande mérocrine (de xpivw, séparer et pipoç, partie.)
a. La glande mammaire considérée comme glande holocrine. — Les partisans de cette théorie assimilent la glande mammaire, fonctionnellement du moins, à une glande sébacée. Les cellules glandulaires se multiplieraient pendant toute la durée de la lactation, les profondes repoussant les superficielles. Celles-ci produiraient des globules graisseux ; puis, une fois bourrées de ces globules, se détacheraient et éclateraient, jetant leur contenu dans la lumière de l’acinus. Le passage des globules graisseux dans le lait aurait donc pour conséquence la destruction complète des cellules dans lesquelles ces globules ont pris naissance. Une pareille explication est peu compatible avec le fait histologique, énoncé plus haut, que l’acinus, durant la période de lactation, ne possède qu’une seule rangée de cellules.
b. La glande mammaire considérée comme glande mérocrine. — La deuxième opinion, la plus généralement admise aujourd’hui, a été soutenue successivement par Heidenhain (1879), par Partsch (1880), par Limon (1902), par Brouha (1905). Elle peut être résumée comme suit. Les globules graisseux se développent de préférence dans la partie interne ou centro-acineuse de la cellule, entre son noyau et son extrémité libre. Cette partie de la cellule, au fur et à mesure que
Fig. 788.
Coupe de la périphérie d’un des acini de la glande mammaire de la chatte en lactation (d’après Renaut).
1, épithélium prismatique des culs-de-sac sécréteurs.. — 2. liquide sécrété remplissant les cavités glandulaires. — 3, tissu conjonctif. — 4, vaisseaux sanguins. — 5, travées fibreuses de la périphérie du lobule glandulaire.
Fig. 789.
Le lait vu au microscope (d’après Villiers et Collin).
les globules se développent, se gonfle et fait saillie dans la lumière de l’acinus. Puis, quand sa distension a atteint son maximum et que cette distension dépasse la résistance du corps cellulaire, celui-ci s’entr’ouvre à son point culminant et déverse son contenu adipeux dans la lumière de l’acinus.
Mais la cellule ne meurt pas pour cela : le dégagement graisseux une fois effectué, le protoplasma se reforme au-devant du noyau et, de nouveau, apparaissent des granulations graisseuses qui subiront le même sort que les précédentes, je veux dire, augmenteront de volume, feront dans la lumière de l’acinus une saillie graduellement croissante et, finalement s’échapperont de la cellule à travers une rupture de sa partie centro-acineuse. Nous devons ajouter que, dans certains cas, les globules graisseux, en sortant de la cellule où ils ont pris naissance, entraînent après eux une portion du protoplasma cellulaire, qui les recouvre alors A à la manière d’une petite
calotte. Le noyau cellulaire lui-même peut, dans certains cas où il est très rapproché de l’extrémité libre de la cellule, suivre les globules graisseux et, comme eux, tomber dans l’acinus, où il ne tarde pas à disparaître par un processus régressif spécial, auquel Flemming et Nissen ont donné le nom de chromatolyse,
Brouha celui de nucléolyse.
Il est probable que, dans ce cas, un deuxième noyau se forme dans la partie de la cellule qui est restée au contact de la paroi glandulaire; ou bien encore, suivant l’opinion de Nissen, le noyau, avant la rupture de la cellule, se divise en deux
noyaux secondaires: l’un, superficiel, qui tombera dans l’acinus en même temps que les globules graisseux ; l’autre profond, qui restera en place pour constituer la cellule nouvelle.
Fig. 790.
Cellules de la glande mammaire aux ^ différents stades de leur évolution :
A, au stade de sécrétion ; B, au stade d’excrétion ; C , après le stade d’excrétion (d’après Limon).
1, noyaux en place. — 2, un noyau expulsé avec le produit de sécrétion. — 3, globules du lait. — 4, filaments ergastoplasmiques.
Fig. 791.
Un acinus de la mamelle de la taupe en période de lactation (d’après Brouha).
On voit nettement les globules buliqueux se former dans le cy top 1 asma et s’échapper dans l’acinus par l’exlrémité apicale de la cellule sécrétoire.
Au total, la production du lait dans l’acinus mammaire comporte, pour la cellule glandulaire, un véritable cycle sécrétoire que, avec Limon, nous décomposerons en trois stades : 1° le stade de sécrétion cellulaire (fig. 790, A) pendant lequel la cellule glandulaire affecte une forme cylindro-conique, bien délimitée et haute; elle contient le plus souvent deux noyaux; sa partie externe ou dorsale nous présente une série de filaments ergastoplasmiques (Garnier et Bouin), disposés parallèlement à l’axe de la cellule; sa partie interne est remplie de granulations graisseuses, produit du cytoplasma et, sous la poussée de ces granulations qui se portent toutes en
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dedans, l’extrémité apicale de la cellule se renfle en une sorte de coupole, plus ou moins saillante dans la cavité de l’acinus; 2° le stade d'excrétion (fig. 790, B), dans lequel l’extrémité externe de la cellule est décapitée et tombe dans la cavité acinienne, entraînant avec elle les granulations graisseuses qu’elle contenait et aussi, dans la plupart des cas, l’un des deux noyaux; après cette amputation ou décapitation (fig. 790, C), les cellules sont basses et à limites diffuses; leur noyau est aplati ; leur protoplasma est clair et ne renferme plus ni granulations graisseuses, ni filaments ergastoplasmiques; 3° le stade de reconstitution, dans lequel la cellule refait son protoplasma, augmente de hauteur, et récupère peu à peu tous les caractères morphologiques d’une cellule apte à la sécrétion.
Les filaments ergastoplasmiques varient beaucoup suivant l’état fonctionnel de la cellule où on les considère (fig. 790). Sur la cellule en activité [stade de sécrétion), ils sont à la fois très nombreux et très longs et c’est au moment où la cellule présente son maximum de volume que, de leur côté, ils présentent leur maximum de développement. Quand la cellule s’est rompue et a déversé dans l’alvéole son produit de sécrétion [stade d'excrétion ), les filaments sont manifestement plus petits et aussi moins nombreux ; ou meme, comme nous l’avons déjà dit plus haut, ils ont complètement disparu (fig. 790, G). Puis, quand la cellule se reconstitue pour accomplir un nouvel acte sécrétoire, les filaments se reproduisent à leur tour et s’accroissent parallèlement à la cellule qui' les renferme. Les filaments ergatoplasmiques paraissent donc intimement liés à l'acte sécrétoire. D’après Bouin (1898), Prenant (1899), Garnier (1899), Limon (1902), ce serait par leur intermédiaire que le cytoplasma opérerait la synthèse des produits de sécrétion aux dépens du matériel nutritif puisé dans des liquides de l’organisme. « Très voisins de la membrane basale, ils se trouvent immédiatement sur le passage des substances nutritives qui entourent l'alvéole et qui pénètrent dans la cellule par osmose. Ces substances arrivent dans la zone basale, sont élaborées, transformées, combinées, et le résultat de cette élaboration, qui est le produit de sécrétion à peu près fini, se dépose dans le cytoplasma non différencié qu’on rencontre dans la région de la cellule voisine de l’alvéole. La région basale est ainsi débarrassée de ce matériel encombrant, qui occupe désormais une situation telle qu’il sera expulsé de la cellule sans causer un trop grand dommage à cette dernière. » (Limon).
5° Après la lactation. — Après l’allaitement, la glande mammaire entre en régression : elle cesse de produire du lait. Pendant quelques jours encore, elle sécrète une certaine quantité de colostrum, puis elle retombe dans sa période de repos. Elle diminue de volume, en même temps qu’elle devient plus compacte, plus dure au toucher. Ses acini et ses canaux excréteurs, vides maintenant, et revenus sur eux-mêmes sont pour ainsi dire réduits à des cavités virtuelles. Les cellules glandulaires sont des cellules basses, à protoplasma clair, ne représentant aucun phénomène sécrétoire. La glande est fonctionnellement morte et elle restera telle jusqu’au jour où une nouvelle grossesse provoquera chez elle une nouvelle période fonctionnelle, rappelant exactement la précédente.
6 Après la ménopause. — A la ménopause, la glande mammaire s’atrophie de plus en plus, cette fois d’une façon définitive : c’est Yinvolution sénile, qui frappe peu à peu tous les organes sexuels et leurs annexes.
Les acini disparaissent graduellement et la glande, réduite alors à de simples canaux excréteurs, eux aussi fortement atrophiés parce que inutiles, se rapproche plus ou moins du type infantile.
Pendant que les éléments glandulaires disparaissent, les éléments conjonctifs prolifèrent activement et prennent peu à peu leur place. Ils sont, généralement, plus ou moins chargés de graisse. Parfois, cependant, chez des sujets très amaigris, la graisse Jait complètement défaut et, dans ce cas, la glande mammaire se trouve représentée par une simple plaque de consistance . fibreuse, située immédiatement au-dessous de la peau et surmontée d'un mamelon. Le mamelon est généralement étroit et court et il n’est pas rare, dans des cas extrêmes d’involution
sénile, de voir la mamelle de la femme rappeler jusqu’à un certain point la mamelle de l’homme.
B.— Enveloppe cutanée
La peau recouvre la face antérieure de la glande mammaire dans toute son étendue. Arrivée au niveau de la circonférence, elle ne passe pas sur sa face postérieure, mais, se réfléchissant sur elle-même, elle se continue sans ligne de démarcation aucune avec la peau du thorax : c’est donc, pour la glande, une enveloppe incomplète. Envisagée au point de vue structural, la peau de la mamelle est très différente suivant la région que l’on examine et, à cet effet, il convient de la diviser en trois zones concentriques : 1° une zone mamillaire , comprenant la peau qui recouvre le mamelon; 2° une zone aréolaire, répondant à l’aréole; 3° une zone périphérique, comprenant toute la partie de la peau qui se trouve située en dehors de l’aréole.
1" Zone périphérique. — Dans sa zone périphérique, la peau de la mamelle ne nous offre aucune particularité importante : elle est mince, souple, très adhérente à la couche sous-jacente, doublée d’une forte couche de graisse que nous décrirons plus loin. Elle présente, dans toute son étendue : 1° des glandes sudoripares ne différant en rien des glandes sudoripares ordinaires; 2° des follicules pileux de petites dimensions, auxquels sont annexées des muscles érecteurs bien développés et des glandes sébacées rudimentaires,
2° Zone aréolaire. — La peau de l’aréole diffère de la précédente en ce qu’elle est plus mince, plus fortement pigmentée, le plus souvent dépourvue de graisse sur sa face profonde. Mais ce qui caractérise essentiellement la peau de l’aréole, c’est qu’elle est doublée en dedans, du côté de la glande par conséquent, d’une couche de fibres musculaires lisses, dont l’ensemble constitue le muscle sous- aréolaire ou muscle de V aréole. Nous décrirons tout d’abord ce muscle. Puis nous étudierons les glandes de V aréole.
A. Muscle de l’\réole. — Le muscle sous-aréolaire, de coloration blanc grisâtre ou rouge jaunâtre, a la même forme et la même étendue que l’aréole. Très développé au niveau de la base du mamelon, où son épaisseur mesure de'l millimètre 1/2 à 2 millimètres, il s’atténue graduellement au fur et à mesure qu’il s’en éloigne et se termine sur le pourtour de l’aréole par un bord très mince.
Les faisceaux qui le constituent, pour la plupart circulaires, forment des anneaux concentriques à la base du mamelon. A ces faisceaux circulaires s’en ajoutent un certain nombre d’autres disposés en sens radiaire et croisant les précédents sous des angles divers. Toutes ces fibres, fibres circulaires et fibres radiées, s’insèrent à la face profonde du derme : le muscle de l’aréole devient ainsi un muscle peaucier à fibres lisses, analogue au dartos.
Envisagé au point de vue de son action, ce muscle, qui se contracte sous les influences les plus diverses (froid, émotion, simple attouchement), fronce la peau de l’aréole qui se rapproche alors du mamelon en formant des plis irrégulièrement circulaires. En même temps, et principalement par ses faisceaux centraux, il comprime le mamelon au niveau de sa base et le projette en avant, phénomène auquel J. Duval (Th. de Paris, 1861) a donné le nom de thélotisme (de Oy)Xy), mamelon et eoOéw, pousser, d’où action de pousser en avant). Le muscle aréo-
laire agit aussi bien certainement, dans la période de lactation, sur les canaux
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galactophores : si ces canaux sont distendus, le muscle, par ses contractions rythmiques, tend à chasser le lait qu’ils contiennent vers l’area cribrosa; si le muscle vient à se contracter spasmodiquement, il comprime les canaux galactophores comme le ferait un véritable sphincter et arrête ainsi l’écoulement du lait pendant tout le temps que dure sa contraction.
B. Glandes de l’aréole. — L’aréole nous présente des glandes fort nombreuses. Elles sont de trois ordres : glandes sudoripares, glandes sébacées , glandes mammaires accessoires.
a. Glandes sudoripares. — Les glandes sudoripares sont situées au-dessous de la peau, entre la peau et le muscle de l’aréole. Elles sont remarquables par leur volume par le degré d’enroulement de leur portion glomérulaire et par l’aspect variqueux de leur canal excréteur. D’autre part, au lieu d’être des glandes tubuleuses simples comme les sudoripares péri-aréolaires, elles constituent des glandes tubuleuses composées à ramifications d’autant plus riches et touffues qu’elles sont plus étroitement voisines des glandes lactées (Brocha). Les glandes aréolaires tubuleuses servent ainsi d’intermédiaire entre ces dernières et les glandes sudoripares de la peau qui entourent l'aréole. Histologiquement, elles se composent, comme les glandes lactées et comme les glandes sudoripares péri-aréolaires, d’une membrane propre, sur la surface interne de laquelle se disposent deux assises épithéliales, l’une interne ou sécrétoire, l’autre externe ou myo-épithéliale.
b. Glandes sébacées. — Les glandes sébacées, également très volumineuses, occupent les couches les plus superficielles du derme cutané. Ce sont elles qui, en s’hypertrophiant dans la grossesse, constituent ces élevures que nous avons décrites plus haut sous le nom de tubercules de Montgomery . Elles sont, pour la plupart, à lobules multiples et chacune d’elles possède, à titre d’annexe, un follicule pileux rudimentaire.
c. Glandes mammaires accessoires. — Les glandes mammaires accessoires, signalées depuis longtemps déjà par Meckel et Huschke, décrites à une époque plus récente par Duval, Henle, Luschka, Sappey, de Sinéty, sont profondément situées au-dessous du muscle aréolaire, entre ce muscle et les lobules de la glande mammaire principale. Leur nombre varie beaucoup suivant les sujets : sur 60 femmes examinées sur ce point de vue par Pinard, 54 possédaient des glandes mammaires accessoires et leur nombre était, en moyenne, de quatre pour chaque sein. Leurs dimensions sont également fort variables : Delmas ( Mém . sur l'anat. et la patliol. du mamelon, Bordeaux, 1860) les a vues atteindre le volume d’un grain de groseille.
Quant à leur structure, elle est exactement la même que celle de la glande principale : comme cette dernière, elles se composent d’un certain nombre de tubes à ramifications plus ou moins riches, qui présente une double assise épithéliale et auxquels fait suite un canal excréteur, revêtu intérieurement par un épithélium cylindrique. Pour compléter l’analogie, ce canal excréteur présente au cours de son trajet une dilatation ampullaire qui rappelle assez bien, avec des dimensions moindres bien entendu, le sinus ou ampoule des canaux galactophores.
Les glandes mammaires accessoires deviennent ainsi des organes de transition entre les glandes sudoripares de l’aréole et les lobes de la glande mammaire principale. Ce sont, morphologiquement, des glandes sudoripares de l’aréole à un degré de différenciation plus élevé que les glandes sudoripares ordinaires, se rapprochant ainsi plus ou moins des glandes lactées et pouvant, comme ces dernières et sous l’action du même stimulus, la grossesse, produire du colostrum et du lait.
3° Zone mamillaire. muscle mamillaire. — La zone mamillaire occupe la partie
centrale de l’enveloppe cutanée de la mamelle, la partie où se trouve le mamelon. Elle nous offre à considérer comme la zone précédente : 1° la peau elle-même ; 2° les éléments musculaires qui la doublent et dont l’ensemble constitue le muscle mamillaire.
Fig. 792.
Coupe transversale du mamelon sur une femme de 30 ans à la sixième semaine de la lactation (d’après Tourneux).
A. Peau proprement dite. — La peau qui recouvre le mamelon, très mince comme celle de l’aréole, est remarquable par la multiplicité et le volume de ses papilles. Elle ne renferme ni follicules pileux, ni glandes sudoripares. Par contre, on y rencontre un grand nombre de glandes sébacées, composées chacune de plusieurs lobes.
1. revêtement cutané. — 2, canaux galactophores, #. MüSCLE MAMILLAIRE. — All-deSSOUS des
englobés dans une gangue musculaire lisse.
téguments se voit, comme sur l’aréole, un système de fibres musculaires lisses, dont l’ensemble constitue le muscle mamillaire.
a. Sa constitution anatomique . — Les fibres qui le constituent sont de deux ordres, les unes horizontales, les autres verticales.
a) Les fibres horizontales (fig. 793, m) se disposent perpendiculairement à la direction des canaux galactophores. Elles forment, tout d’abord, au-dessous de la peau une couche continue que l’on retrouve sur toute la hauteur du mamelon . Cette couche, qui se compose presque exclusivement
Fig. 793.
Partie d’une coupe transversale du mamelon à un grossissement beaucoup plus fort que dans la figure 792 (d’après de Sinéty).
de fibres circulaires, se continue en bas avec les fibres circulaires de l’aréole, de telle sorte que le muscle aréolaire et le muscle mamillaire représentent en réalité, non pas deux formations différentes, mais
a. coupe des canaux galactophores. — e, épithélium cylindrique qui les revêt. — b , tissu conjonctif. — m. faisceaux musculaires coupés dans le sens de leur longueur (, faisceaux horizontaux). — m\ faisceaux musculaires coupés transversalement (faisceaux verticaux ou longitudinaux). — v, coupe des vaisseaux.
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deux portions différentes d’une seule et même formation. — Par sa surface extérieure, la couche musculaire précitée répond à la peau et aux glandes sébacées, qui se creusent dans son épaisseur une loge plus ou moins profonde (Marcacci). — De sa surface intérieure partent de nombreux faisceaux, qui, se portant de la périphérie au centre, s’entrecroisent dans tous les sens, de façon à former dans leur ensemble une sorte de treillis, dans les mailles duquel passent les canaux galactophores.
P) Les fibres verticales ou longitudinales (fig. 793, m*) prennent naissance dans le tissu cellulaire de la base du mamelon et, de là, s’étendent jusqu’à son sommet, où elles se terminent à la face profonde du derme. On les voit très nettement, suides coupes horizontales du mamelon, sous la forme de faisceaux coupés en travers. Ces faisceaux, comme nous le montre la figure 793, sont très différents de forme et de volume, mais ils cheminent tous dans le tissu cellulaire qui unit les uns aux autres les canaux galactophores.
Nous devons ajouter que l’existence de ces faisceaux longitudinaux, s’étendant sans discontinuité de la base au sommet du mamelon , est mise en doute par Marcacci. Ce physiologiste, n’ayant pas rencontré ces fibres à tous les niveaux, incline à penser qu’elles ne sont que des fibres horizontales, qui, à un moment donné, se seraient infléchies pour suivre quelque temps une direction verticale.
b. Son action. — Des deux ordres de fibres qui entrent dans la constitution du muscle mamillaire, les fibres horizontales compriment les canaux galactophores et, de ce fait, ont les mêmes attributions que les fibres du muscle aréolaire : suivant leur mode de contraction, elles expulsent le lait ou remplissent, par rapport aux canaux précités, le rôle d’un véritable sphincter. D’autre part, en portant les parties périphériques du mamelon vers le centre, elles diminuent son diamètre et augmentent sa consistance, autrement dit, elles le rendent à la fois plus petit et plus dur : elles prennent ainsi une large part au phénomène que nous avons désigné plus haut (p. 846) sous le nom de thélothisme .
11 est à peine besoin de faire remarquer que le thélothisme n’est nullement un phénomène d’érection : nous ne trouvons rien, en effet, dans la structure du mamelon, qui rappelle les dispositions caractéristiques des formations érectiles. Sans doute, dans le thélothisme, le mamelon se projette en avant et acquiert même cette rigidité particulière que l’on observe sur un organe à l’état d’érection ; mais en même temps, il se rapetisse, tandis que les vrais organes érectiles, les corps caverneux par exemple, augmentent toujours de volume en passant de l’état de repos à l’état d’érection. Ce fait, à lui tout seul, ruine l’hypothèse d’une érection
ANATOMIE HUMAINE. — T. IV, 6e ÉDIT.
Fig. 794.
Coupe longitudinale du mamelon, montrant nettement les libres musculaires longitudinales (d’après von Brunn).
1, épiderme. — 2, conduit galactophore. — 3, glande sébacée. — Dans le tissu constituant le mamelon se voient de nombreux faisceaux musculaires.
APPAREIL MRO-GENITAL
véritable pour expliquer les changements de position et de consistance que subit le mamelon dans le thélothisme. Ces changements, comme nous l’avons déjà dit, sont la conséquence de la contraction du muscle aréolaire et des fibres horizontales du muscle mamillaire.
Quant aux fibres longitudinales du mamelon, leur contraction a pour résultat d’attirer le sommet du mamelon du côté de sa base, de déterminer sur ce sommet la formation d’une cupule et, à un degré plus avancé, de faire rentrer le mamelon tout entier au-dessous des téguments. Ces faisceaux longitudinaux sont donc les antagonistes de ceux qui produisent le thélothisme, et nous rappellerons, à ce sujet, que de Sinéty a constaté leur prédominance anatomique sur des femmes atteintes de rétraction du mamelon.
G. — Enveloppe cellulo-adipeuse
L’enveloppe cellulo-adipeuse de la mamelle, comme nous le montrent très nettement les coupes horizontales (fig. 795) ou verticales (fig. 795 bis), passant à son niveau, est une dépendance du pannicule adipeux sous-cutané.
Le pannicule adipeux sous-cutané, en atteignant la glande mammaire, se divise en deux lames d’un développement fort inégal : une lame postérieure ou profonde plus mince, qui s’insinue entre la base de la glande et le fascia superficialis (fig. 795
et 795 bis) ; une lame antérieure ou superficielle , beaucoup plus épaisse, qui s’étale sur la face convexe de la glande, entre elle et la peau. Cette dernière lame s’atténue graduellement, comme nous le montrent les figures précitées, en allant de la circonférence vers le mamelon et disparaît complètement en atteignant l’aréole : le muscle aréolaire, ainsi que nous l’avons dit plus haut, repose directement sur les lobules glandulaires.
11 résulte d’une pareille disposition que la glande mammaire, sauf la partie qui répond à l’aréole, se trouve comprise dans le dédoublement de la couche cellulo-adipeuse sous-cutanée. Cette couche celluloadipeuse périmammaire se dispose suivant une modalité un peu spéciale, sur laquelle il importe d’être bien fixé, parce qu’elle nous donne l’explication d’un certain nombre de faits pathologiques. Nous avons vu
L’enveloppe cellulo-adipeuse de la mamelle, vue sur une coupe horizontale du thorax (sujet congelé, vingt-deux ans ; côté droit, segment inférieur de la coupe) .
’Gv, Cvi, C vu, cinquième, sixième et septième côtes. — xx, pian vertical passant par l’axe du mamelon.
A. sternum. — B, grand pectoral. — B’, petit pectoral. — C, grand dentelé. — D, intercostaux. — E, plèvre. — F, poumon.
1, peau de la mamelle (bord axillaire). — 1’, peau de la mamelle (bord sternal). — 8, loges adipeuses sous-aréolaires. — Les autres chiffres comme dans la figure 795 bis, p. 851.
LA MAMELLE CHEZ LA FEMME
plus haut (p. 830) que la surface extérieure de la glande mammaire, au lieu detre lisse et unie, nous présentait des dépressions ou fossettes, alternant avec des parties saillantes appelées crêtes. Les crêtes donnent naissance à des lames conjonctives qui viennent s’insérer d’autre part, pour la face antérieure de la glande à la face profonde du derme cutané, pour la face postérieure au fascia superficialis. Ces lames conjonctives ont pour résultat, tout d’abord, de fixer la glande mammaire au tégument externe et au fascia superficialis, lequel, fixé de son côté à l’aponévrose sous-jacente et au bord antérieur de la clavicule, devient pour la mamelle une sorte d 'appareil suspenseur. Mais elles ont pour résultat aussi de délimiter tout autour de la glande mammaire un système de loges, qui sont surtout bien développées sur sa face antérieure, mais qui existent aussi sur sa face postérieure (fig. 795 et 795 bis, 8). C’est dans ces loges ( fosses adipeuses de Duret) que se tasse le tissu adipeux.
Les loges adipeuses périmammaires, contenant et contenu, sont pour la plupart indépendantes, condition anatomique qui nous explique nettement ce double fait, qu’un abcès sous- cutané reste habituellement circonscrit à la loge où il a pris naissance et que, d’autre part, deux abcès sous-cutanés, alors même qu’ils sont très voisins, se portent tous les deux vers la peau, au lieu de s’ouvrir l’un dans l’autre.
Dans bien des cas, cependant, les blocs adipeux contenus dans les loges précitées, au lieu de s’arrêter à la lame conjonctive qui, dans le fond de la loge, recouvré la glande mammaire, pénètrent dans l’épais-
ils
Fi*
'95 bis.
seur de la glande elle-même
L’enveloppe cellulo-adipeuse de la mamelle, vue sur une coupe verticale du thorax (sujet congelé, côté droit, segment externe de la coupe) .
Ci, Ci i. Cm, Civ, Cv, Cvi, première, deuxième, troisième, quatrième, cinquième et sixième côtes. — A, clavicule. — B, grand pectoral. — B’, petit pectoral. — C, grand oblique. — D, intercostaux. — E, plèvre. — F, poumons. — xx, plan horizontal, passant par le mamelon.
1, peau de la mamelle. — 2, aréole. — 3, mamelon. — 4, glande mammaire (portion centrale), avec 4’, sa portion périphérique. — 5, canaux galactophores, avec 5’, leur sinus. — 6. crêtes de la glande mammaire. — 7, les cloisons fibreuses qui les continuent jusqu’au derme cutané. — 8, loges adipeuses, remplies de graisse. — 9, couche graisseuse rétro-mammaire. — 10, traînées graisseuses intra-mammaires. — 11, aponévrose du grand pectoral. — 12, fascia superficialis (ligament suspenseur de la mamelle). — 13, couche de tissu cellulaire lâche, située entre le fascia superficialis et l’aponévrose sous-jacente (séreuse de la mamelle). — 14, sillon sous-mammaire.
s’insinuent entre les lobes voisins et
s’étendent parfois jusqu’à la couche adipeuse rétro-mammaire, laquelle alors se trouve reliée, à travers la glande, à la couche adipeuse superficielle. Cette dernière disposition nous explique comment il se fait qu’un abcès superficiel, primitivement localisé dans sa loge adipeuse sous-cutanée, fuse peu à peu, à travers les éléments
delà glande, jusqu’à sa face postérieure, constituant alors cette variété d’abcès, dite en bouton de chemise, dans laquelle deux poches, l’une sous-cutanée, l’autre sous-mammaire, communiquent ensemble par un couloir intermédiaire creusé en plein tissu glandulaire.
§ IV. — Vaisseaux et nerfs
1° Artères. — Les artères, destinées à la mamelle, proviennent de sources multiples. de la mammaire interne, de la mammaire externe ou thoracique inférieure,
B de la thoracique supé-
rieure et des intercostales aortiques. — La mammaire interne , branche de la sousclavière , est l’artère principale de la mamelle. Cette artère, on le sait (voy. Angétologie), émet sous le nom de branches antérieures certain nombre de collatérales , qui perforent successivement les intercostaux et le grand pectoral pour arriver dans le tissu cellulaire souscutané. De ces collatérales antérieures, deux ou trois, quelquefois un plus grand nombre, provenant des cinq premiers espaces intercostaux, mais de préférence des deuxième et troisième, se portent vers la partie supéro-interne de la glande et se ramifient sur ses deux faces. On voit souvent l’une de ces artères, plus volumineuse que les autres ( artère principale de Piet), traverser la face antérieure de la glande suivant un de ses diamètres, en décrivant des flexuosités ou même des sinuosités aussi irrégulières que nombreuses. — La mammaire externe ou thoracique inférieure , branche de l’axillaire, abandonne au côté inféro-externe de la mamelle deux ou trois rameaux ordinairement assez grêles, toujours plus grêles en tout cas que ceux émanant de la mammaire interne. — La thoracique supérieure , qui naît encore
Fig. 796.
Artères de la mamelle.
A, mamelon. — B. B, grand pectoral. — C, deltoïde. — D, grand oblique. — E, grand dentelé. — F, grand dorsal.
1, 1. artère mammaire interne, suivant à l'intérieur de la cage thoracique le bord externe du sternum. — 1’, branche perforante de cette artère, passant ensuite entre le grand pectoral et la face profonde de la glande. — 1”, 1”, deux branches perforantes, abordant la mamelle par son bord interne. — 2, artère thoracique supérieure. — 2’, branches de la thoracique supérieure. — 3, artère thoracique inférieute ou mammaire externe, avec 3’, 3’, deux rameaux destinés à la mamelle. — 4, 4, cercle vasculaire entourant l’aréole. — 5, 5, deux rameaux provenant des intercostales. — 6, artère axillaire.
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de l’axillaire, tantôt isolément, tantôt par l’intermédiaire de l’acromio-thoracique, jette quelques rameaux sur le côté supéro-externe de la mamelle. Ces rameaux traversent le grand pectoral avant d’arriver à la glande. — Les intercostales aortiques, enfin, principalement les 2e, 3e et 4e, fournissent à la mamelle un certain nombre de rameaux perforants, à la fois très courts et très grêles Ils abordent la glande par sa face postérieure et se distribuent aux lobules profonds.
Les branches artérielles précitées (à l’exception de celles fournies par les intercostales (qui restent à la face profonde de la glande), se ramifient et s’anastomosent entre elles dans le tissu cellulaire sous-cutané qui recouvre la glande mammaire, de façon à former à la surface extérieure de celle-ci, un premier réseau à mailles irrégulières et fort larges, le réseau superficiel (fig. 796), que Ton pourrait encore appeler réseau susmammaire.
Le réseau sus-mammaire donne naissance ensuite à deux ordres de rameaux, les uns cutanés, les autres glandulaires. — Les rameaux cutanés, extrêmement grêles, se distribuent à la peau et à ses dépendances. — Les rameaux glandulaires, pénètrent dans l’épaisseur de la glande elle-même, se divisant et se subdivisant dans les cloisons conjonctives qui séparent les lobes et les lobules. Finalement, ils s’engagent dans les lobules et s’y résolvent en un réseau capillaire très serré dont les mailles se disposent tout autour des acini (i réseau périacineux). Le réseau périacineux présente la plus grande analogie avec celui des glandes en grappes ordinaires, telles que la glande sous-maxillaire et la glande sublinguale.
Les canaux galactophores sont accompagnés chacun par un certain nombre d’artérioles, qui cheminent parallèlement à eux : dans le mamelon, on compte parfois jusqu’à huit rameaux artériels parallèles à l’axé pour un seul canal (Piet) ; chemin faisant, ces artérioles longitudinales jettent sur le canal galactophore de nombreuses collatérales, à trajet transversal ou plus ou moins oblique.
Les artères du mamelon présentent une disposition un peu spéciale. D’après Piet, à qui j’emprunte la figure ci-contre, elles se détachent du réseau sus-mammaire au nombre de 4 ou 5, et se portent au-devant des ampoules galactophores à la partie inférieure du mamelon proprement dit. Là chacune d’elles se divise en deux rameaux : un rameau externe, qui se dirige horizontalement en dehors au-dessous de la peau de l’aréole; un rameau interne ou antérieur, qui se porte vers la base du mamelon. Ces rameaux internes s’anastomosent entre eux, d’abord,
pour former une sorte de réseau plus ou moins riche, le réseau de la base du mamelon, puis, s’infléchissant en avant, ils gagnent le sommet du mamelon et s’y terminent.
Fig. 797.
Les artères de l’aréole, vues par la lace profonde de la peau (d’après Piet).
1, base du mamelon. — 2, artères de l’aréole, vaisseaux du réseau superficiel. — 3, branches internes ou antérieures. — 4, branches externes. — 5, peau de l’aréole, vue i ar sa face profonde.
2Û Veines. — Les veines, issues du réseau capillaire sus-indiqué, se dirigent vers la face antérieure de la glande, où elles forment, au-dessous de la peau, un réseau à larges mailles, très visible pendant la période de lactation : c’est le réseau superficiel ou sous-cutané. A ce réseau aboutissent encore les nombreuses veinules 5, provenant de la peau. Sous l’aréole, les
i veines superficielles se disposent ordinai-
rement en une sorte de cercle, complet ou incomplet (fig. 798, 6), connu sous le nom de cercle veineux de Haller. Ce cercle veineux, quand il existe, n’a aucune importance. Il n’est qu’une simple maille du réseau veineux superficiel.
Le réseau sous-cutané de la mamelle communique largement, en haut avec le réseau superficiel du cou, en bas avec celui de la paroi abdominale. Les veines qui en émanent suivent, à peu près, le même trajet que les artères : les unes se portant en dehors, contournent le bord inférieur du grand pectoral, pénètrent dans l’aisselle et se jettent dans la veine axillaire; d’autres, obliquant en haut et en dedans, aboutissent à la mammaire interne, en passant par les premiers espaces intercostaux, le plus souvent par le premier et le deuxième; d’autres, enfin, ordinairement moins volumineuses que les précédentes, se rendent à la jugulaire externe, à la céphalique, aux veines superficielles de l’abdomen.
A ces veines superficielles, veines principales, il convient d’ajouter un certain nombre de veines moins importantes ( veines profondes ), qui se dégagent de la face postérieure de la glande et se jettent, après avoir traversé les plans musculaires sous-jacents, dans les veines intercostales correspondantes.
Les veines profondes s’anastomosent constamment avec les veines du réseau superficiel, soit dans l’épaisseur de la glande, soit au niveau de sa circonférence.
Fig. 798.
Les^ veines de l’aréole, chez une femme enceinte.
1, mamelon. — 2, aréole. — 3, tubercules de Montgomery. — 5, peau du sein. — 5’, aréole secondaire. — tj, cercle veineux de Haller.
3Û Lymphatiques. — Les lymphatiques mammaires empruntent un intérêt tout spécial à ce fait qu’ils sont généralement envahis dans les cancers de la mamelle et, dès lors, doivent toujours être enlevés par le chirurgien en même temps que la glande elle-même. Il importe donc de préciser avec soin, d’une part le trajet de ces lymphatiques et, d’autre part, la topographie de leurs ganglions.
A. Réseaux d'origine. — Envisagés au point de vue de leur origine, les lymphatiques de la mamelle se divisent' 'en trois groupes : les lymphatiques cutanés, les lymphatiques glandulaires et les lymphatiques des canaux galactophores.
a. Lymphatiques cutanés. — Les lymphatiques cutanés tirent leur origine de la peau du mamelon et de l’aréole, où Ùls forment, dans les couches profondes du derme, un riche réseau, réseau dermique qui est d’autant plus développé qu’on se rapproche davantage du 'mamelon. Ce réseau dermique est constitué par des canaux volumineux, niais très ùrré!gjaliers de forme et ,de dimensions : il reçoit des capillaires lymphatiques qui proviennent, les uns de la couche papillaire du demie,.
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Fig. 799.
Lymphatiques de la mamelle et leurs ganglions ( demi-schématique ).
1, glande mammaire. — 2,2’. grand pectoral. — 3,3’, petit pectoral. — 4, grand dentelé. — 5, grand dorsal. — 6, deltoïde. — 7, artère axillaire. — 8, veine axillaire. — 9, nerf médian. — 10, artère mammaire interne représentée en pointillé. — 11, branche thoracique de la sous-scapulaire. — 12, branche acromiale de l acromio-thoracique. — 13. 13, 13, lymphatiques mammaires externes. — 14, 14, lymphatiques mammaires internes. — 15, lymphatiques mammaires postérieurs.
A, ganglions mammaires externes. — B. ganglions de Sorgius. — C, ganglions axillaires du groupe brachial. — D, ganglions sous-claviculaires. — E, ganglions mammaires internes (en pointillé).
les autres des follicules pileux et des Formations glandulaires de l’aréole. Les troncs et troncules qui en émanent se dirigent vers le tissu cellulaire sous-cutané, où ils forment un deuxième plexus, qui, en raison de sa situation au-dessous de l’aréole, prend le nom de plexus sous-arèolaire .
b. Lymphatiques glandulaires. — Deux opinions sont en présence au sujet des lymphatiques de la glande mammaire : les uns (Waldeyer, Kolessnikoff, Creighton. Sorgius) placent l’origine des lymphatiques dans les espaces péri-acineux, tout à
côté des éléments sécréteurs ; les autres (Langhans, Labbé et Coyne) admettent, au contraire, que les lymphatiques ne pénètrent pas dans le lobule et, de ce fait, n’ont avec les acini que des rapports médiats. Les recherches plus récentes de Regaud (1894) confirment pleinement cette dernière manière de voir : le système des lymphatiques glandulaires est tout entier extra-lobulaire .
Il est constitué, du reste, par deux ordres de cavités (Regaud) : des espaces ou sacs et des canaux proprement dits. — Les sacs lymphatiques, ordinairement de grandes dimensions, s’appliquent contre les lobules, mais sans pénétrer jamais dans leur profondeur. Leur paroi est uniquement formée par l’endothélium caractéristique, découpé, en feuille de chêne ou en jeu de patience. On rencontre parfois
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des lobules qui sont contenus tout entiers dans un sac lymphatique, mais ce sont là des faits tout à fait exceptionnels. Le plus souvent, les lobules glandulaires ne sont qu’incomplètement recouverts par les sacs. On en voit même qui ne sont en rapport par aucun point avec les sacs lymphatiques. — Les canaux lymphatiques proprement dits, qui communiquent largement avec les sacs, occupent, comme ces derniers, les espaces interlobulaires. Ils sont de dimensions variables, très irréguliers de forme, alternativement rétrécis et dilatés. Ils ont la signification decanaux collecteurs pour la lymphe qui provient des lobules glandulaires. Leur structure n’en est pas moins extrêmement simple ; ils n’ont, comme les sacs, qu’une paroi endothéliale et sont entièrement dépourvus de valvules.
Envisagés au point de vue de leur terminaison, les lymphatiques glandulaires se dirigent pour la plupart vers l’aréole, en suivant le même trajet que les canaux excréteurs, et se jettent dans le réseau sous-aréolaire. Un certain nombre se dirigent vers la face postérieure de la glande. Nous les retrouverons tout à l’heure.
c. Lymphatiques des galactophores . — Les lymphatiques des canaux galactophores sont des vaisseaux volumineux, avalvulés, cheminant d’arrière en avant parallèlement aux canaux galactophores, dans l’adventice de ces canaux, toujours à distance de la membrane propre. Ils se rendent, comme les lymphatiques glandulaires, au réseau collecteur sous-aréolaire Chemin faisant, ils s’unissent les uns aux autres par des anastomoses transversales. Communiquant largement à leur origine avec les lymphatiques glandulaires, les lymphatiques des galactophores communiquent aussi, à leur extrémité externe, avec les réseaux cutanés du mamelon et de l’aréole. Une injection poussée par le mamelon remplit, en effet, des réseaux lymphatiques lobulaires très éloignés, fait important, qui nous explique bien le développement des abcès du sein à la suite d’infections à point de départ cutané, dans les cas de crevasses du mamelon (Regaud).
B. Troncs efférents, leur mode de terminaison. — Les différents réseaux lymphatiques de la mamelle donnent naissance à de nombreux efférents, que nous diviserons, d’après leur situation et leur direction, en trois groupes : externes , internes et postérieurs.
a. Lymphatiques externes. — Les efférents externes, les plus importants des trois groupes, sont représentés par deux troncs, quelquefois trois, ou même quatre qui partent du plexus aréolaire et, de là, se dirigent en dehors vers l’aisselle.
Arrivés au bord externe du grand pectoral ils le contournent, pénètrent dans le creux axillaire et s’y terminent dans un groupe de ganglions qui se trouvent situés sur la paroi thoracique, à la partie inférieure de l’angle dièdre formé par la rencontre des muscles pectoraux et du grand dentelé (voy. T. II, Ganglions lymphatiques de Vaisselle). Il n’est pas inutile de rappeler que ces ganglions, rendez-vous des lymphatiques mammaires, s’anastomosent toujours avec les autres groupes ganglionnaires de l’aisselle.
On rencontre parfois le long du bord externe du grand pectoral, un ganglion, quelquefois deux, qui reçoivent eux aussi des lymphatiques provenant de la mamelle. Ces ganglions, relativement superficiels, quand ils existent, constituent le groupe de Sorgius. Ils entrent toujours en relation avec le groupe axillaire.
b. Lymphatiques internes. — Les efférents internes se détachent de la partie interne de la mamelle. De là, ils se dirigent en dedans vers l’extrémité interne des espaces intercostaux, traversent ces espaces, pénètrent ainsi dans le thorax et se jettent alors dans les ganglions mammaires internes. Ces lymphatiques, signalés
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depuis déjà longtemps par Cruikshank, IIuschke, Hyrtl, Arnold, Henle, ont été injectés, en 1890, par Rieffel. On peut les désigner sous le nom de lymphatiques mammaires internes, par opposition aux précédents qui, se dirigeant vers Faisselle, constituent les lymphatiques mammaires externes. Leur origine n’est pas encore nettement élucidée : les injections sus-indiquées de Rieffel, cependant, paraissent établir qu’ils naissent de la partie interne de la glande mammaire et peut-être aussi des téguments qui la recouvrent.
c. Lymphatiques postérieurs. — Les lymphatiques postérieurs ou sous-mammaires naissent de la face profonde de la glande. Ils suivent les trajets les plus divers : les uns cheminent sur le grand pectoral et arrivent aux ganglions axillaires en contournant le bord externe de ce muscle tout comme les lymphatiques externes; d’autres perforent le grand pectoral, cheminent alors entre ce muscle et le petit pectoral et aboutissent aux ganglions sous-claviculaires; d’autres, enfin, perforent successivement le grand pectoral d’abord, le petit pectoral ensuite et se jettent alors dans les ganglions de l’aisselle.
C. Résumé. — En résumé, les lymphatiques de la mamelle aboutissent aux groupes ganglionnaires suivants, qui deviennent ainsi leurs ganglions légionnaires : 1° au groupe antéro-interne ou thoracique des ganglions axillaires; 2° au groupe des ganglions sous -claviculaires ; 3° aux ganglions mammaires internes.
A propos des lymphatiques cutanés de la mamelle, nous ferons remarquer qu'un certain nombre d'entre eux peuvent franchir la ligne médiane et aboutir ainsi aux ganglions axillaires du côté ■opposé (Rieffel). Une disposition semblable existe sur bien des régions et nous l’avons signalée plus haut pour les lymphatiques de la verge. En ce qui concerne la mamelle, elle nous explique le retentissement possible d'un néoplasme de cette glande sur les ganglions axillaires du côté opposé. Volkmann en a rapporté un exemple, qui est on ne peut plus démonstratif à cet égard. Il s'agit d’un noyau carcinomateux qui s’était développé sur la partie interne du sein gauche et qui, tandis que les ganglions axillaires du côté gauche étaient restés indemnes, avait déterminé l’infection de ceux du côté droit. jL’examen histologique révéla, de reste, que l’infection ganglionnaire était exactement de la même nature que la tumeur primitive.
4° Nerfs. — Les nerfs de la mamelle, abstraction faite des filets sympathiques, qui se rendent à la glande avec les artères, proviennent de trois sources : 1° des deuxième, troisième, quatrième, cinquième et sixième intercostaux; 2° de la branche sus-claviculaire du plexus cervical; 3° des branches thoraciques du plexus brachial. Ces nerfs se terminent vraisemblablement : 1° dans la peau, où des corpuscules de Pacini ont été signalés par Krause et par Pacinotti (nerfs sensitifs ) ; 2° dans les fibres musculaires lisses de l’aréole et du mamelon (nerfs moteurs ) ; 4° sur les vaisseaux ( nerfs vaso-moteurs ); 4° sur les éléments propres de la glande mammaire (nerfs sécréteurs).
Les terminaisons nerveuses glandulaires ont été décrites par Dmitrijewski (1894) ut par Tricomi-Allegra (1903). D’après ces deux histologistes, les filets nerveux destinés à l’épithélium sécréteur forment tout d’abord, à la surface extérieure de l’acinus, un premier réseau, le réseau périacineux ou épilemmal : il est constitué par des fibres très fines, plus ou moins flexueuses et variqueuses. Du réseau épilemmal partent des fibres plus fines encore, qui traversent la membrane propre pour aller constituer, sur la face interne de celle-ci, un deuxième réseau, le réseau hypolemmal. Ce réseau, sur les mailles duquel se voient de nombreux renflements en bouton, se dispose, en partie à la base des cellules glandulaires (réseau souscellulaire), en partie entre les cellules (réseau intercellulaire) . Enfin Tricomi- Allegra croit avoir vu des fibrilles d’une délicatesse extrême pénétrer dans l’épais-
AN1TOMIE HUMAINE. — T. IV, 6e ÉDIT. 108
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seur même de la cellule et y former là, en plein protoplasma, un dernier réseau, le réseau intra-cellulaire : ce dernier réseau, du reste, présenterait comme le précédent des renflements en bouton, se disposant ici encore, soit le long des fibrilles nerveuses, soit aux points nodaux. Il convient, avant d’admettre ce réseau intracellulaire, d’attendre des recherches de contrôle.
A consulter, au sujet de la mamelle chez l'homme et chez la femme, parmi les travaux récents 1880-1911 : Jakowski, Ueber der Milchdrüse der Menschen u. Thiere, Warshau, 1880 ; — Paivtsch, Ueber den feineren Bau der Milchdrüse , Diss. Breslau, 1880 ; — Sorgius, Die Lymphgefàsse der weibl. Brustdrüse , Th. de Strasbourg, 1880 ; — Moulin, The membrana propria of the mammary gland, Journ. of Anat. and Physiol., 1881 ; — Safftigen, Anat. des glandes lactifères pendant la période de lactation, Bull, de l’Acad. imp. des Sc. de Saint-Pétersbourg, 1881; — Duret, Notes sommaires sur certaines particularités anatomiques de la glande mammaire, Bull. Soc. anat., 1882; — Kitt, Zur Kenntnis der Milchdrüsenpapillen unserer Haustliiere, Deutsch. Zeitschr. f. Thiermedicin. 1882; — Talma, Beitrag zur Histogenèse der weibl. Brustdrüse, Arch. f. mikr. Anat., 1882; — Marcacci, Il musculo areolo-capezzolare, Giorn. délia R. Accad. di Med. di Torino, 1883: — Klaatsch, Zur Morphol. der Süugethierzitzen , Morph. Jahrb.. . 1883 ; — Nissen, Ueber das Verhalten der Kerne in den Milchdrüsenzellen, Arch. f. mikr Anat. , 1886; — Coen, Beitr. zur norm. u. path. Histol. der Milchdrüse, Zigler's Beitrage, 1887 ; — Pacinotti, Contrib. allô studio délia patologia chirurgica delle terminazioni nervose nella mammella, Arch. p. 1. Sc. mediche, t. XII, 1888; — Rieffel, De quelques points relatifs aux récidives et aux généralisations des cancers du sein chez la femme, Th. de Paris, 1890 ; — Duclert, Étude histol. sur la sécrétion du lait, Montpellier, 1893 ; — Petrone, Contrib. alla teoria delT atavismo in un casp raro di polimastia m asc hile , Progresso medico, 1889.
Williams, Polymastie with spécial reference to mammæ erraticæ and.the développement of neoplasm from supernummerary mammary structures, -Journ . of Anat., t. XXV, 1891 ; — Testut, Note sur un cas de mamelle crurale observé chez la femme. Bull. Soc. d’Anthrop. de Paris, 1891; — Stiles, Anat. chir. de la mamelle, Edimb. ined. Journ. 1892 ; — Schultze, Ueb. die erste Aniage des Michdrüsen apparûtes, Anat. Anz., 1892; — Mori, Suite variazioni di struttura délia ghiandola mammaria durante la sua attivita, Lo Sperimentale, 1892 ; — Bonnet, Die Mammarorgane in Lichte der Onlogenie u. Phylogénie. Merkel’s u. Bonnet’s Ergebnisse der Anat. u. Entwick., 1892 ; — Bardeleben, Weitere Untersuchungen über die Hyperthelie bei Mdnnern , Anat. Anz., 1892; — du même, Beitr. zur Hypertheliefrage, Verh. anat. Ges., 1893; — Lacroix, De T existence des cellules en panier dans T acinus et les conduits excréteurs de la glande mammaire, G. R. Acad, des Sc., 1894 : — Rf.gaud, Élude hist. sur les vaisseaux lymphatiques de la glande mammaire, Journ. de l’Anat., 1894 ; — Dmitryenski, Ueber die Nerven der Milchdrüsen, Th . Kasan, anal, in Ergebnisse f. Anat. u. Gntv., 1895 : — Schmidt, Ueb. normale Hyperthelie menschl. Embryonen, Anat. Anz., XI, 1896; — Ivallius, Ein Fall von Milchleiste bei einem menchl. Embryo ., Anat. Hefte, 1896 ; — Hirschland, Beitr. z. erslen Entwick. der Mammarorgane beim Menschen, Anat. Hefte, 1898 ; — Profe, Beitr., z. Ontogenie u. Phylogénie der Mammarorgane, Anat. Hefte. 1898 ; — Henneberg, Die erste Entwick. der Mammarorgane bei d. Rate, Anat. Hefte, 1899 ; — Schickele, Beitr. zur Morphol. u. Entwick. der normalen u. uberzahlichen Milchdrüsen, Zeitschr. f. Morphol. u. Anthropol., 1899 ; — Sticker, Zur Histologie der Milchdrüse, Arch. f. mikr. Anat., 1899, t. LIV ; — Bierich, Unters. über das elast. Gewebe der Brustdrüse, etc., Diss. Kœnigsberg, 1900 ; — Bizzozero u. Ottolenghi, Histol. der Milchdrüse," Anat. Hefte, 1900 ; — Brun, Die Nerven der Milchdrüsen wahrend der Laktationsperiode, Sitz. Akad. Wiss., Wien, 1900 ; — Cohn, Zur Morphologie der Milch , Arch. pathol. Anat Bd. 162, 1900; — Regaud, Origine des vaisseaux lymphatiques de la glande mammaire, Bibliogr. anat., t. 8, 1900.
Ottolenghi, Contrib. alV istologia delta ghiandola mammaria, Mem. R. Accad. Sc. Torino, 1901 ; — nu même, Beitr. z. Histol. der Funktionierende Milchdrüse , Arch. mikr. Anat. Bd. 58, 1901 ; — Basch, Die Innervation der Milchdrüse, Verh. Ges. deutsche Naturf. u. Aerzte, 73, Vers. Hamburg, 1901 ; — Lourié, Contrib. à l'étude des éléments figurés du colostrum et du lait, Lab. d’Histol. du Collège de France, 1901 : — Cecca, Sulla ghiandola mammaria senile, Bull. Sc. med., Bologna, 1903; — Limon, Phénomènes histol. de la sécrétion lactée, Journ. de l’Anat., 1902; — Riederer, Ueber den Bau der Papilla mammæ des Rindes, Arch. Wiss. ü. prakt. Tierheilk., 1903; — Tricomi-Allegra, Studio sulla mammella, Anat. Anz. Bd. XXIII, 1903: — du même, Terminazioni nervose nella glandole mammaria , Anat. Anz. Bd. XXIII, 1903; — Piet, Notes anatomiques sur la glande mammaire et ses vaisseaux sanguins, Th. Paris, 1904 ; — Brouha, Développement et activité de la mamelle, Arch. de Biologie, 1905 ; — Christ. Unters. üb. d. Muskulatur u. d. elastiche Gewebe in der Milchdrüse der Ilaussaugetiere, Diss. med. veter., Giessen, 1905; — Tricomi-Allegra, Corne terminano i nervi nella glandula mammaria , R. Accad. Pelorit. , Messina, 1905; — Bertkau, Ein Beitr. zf Anat. u: Physiol. d. Milchdrüse, Anat. Anz., Bd. XXX, 1907; — du même, Zur Histol. u. Physiol. der Milchdrüse, Arch. f. Anat. u. Physiol. ail., 1907 ; — Hoche, Sur les parentés de la glande mammaire d’après des considérations normales et pathologiques, C. R. Soc. Biol., 1910; — Hofstatter, Ueb. Polythelie u. Achselhôlenmilch-
LA MAMELLE CHEZ L’HOMME
drüsen , Münch. Woch., 1910 ; — Retterer et Lelièvre, Structure comparée de la gl. mammaire à l'étal normal et à l’état pathol., Journ. de l’Anat., 191 1.
(Voyez aussi, pour les mamelles surnuméraires les indications bibliographiques de la p. 824).
ARTICLE II
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L’homme possède, comme la femme, deux mamelles pectorales, l’une droite, l’autre gauche, symétriquement placées de chaque côté de la ligne médiane.
1° Origine et évolution. — Ces deux mamelles ont la même origine embryonnaire que chez la femme et, jusqu’à l’âge de treize ou quatorze ans, évoluent de la même façon. Deux ou trois jours après la naissance, et cela pendant deux ou trois semaines, elles produisent un liquide blanchâtre, connu sous le nom de lait des nouveau-nés. Puis, elles restent à peu près stationnaires jusqu’à l’âgë de la puberté. A ce moment, elles deviennent le siège d’un travail intérieur, qui se traduit par un gonflement plus ou moins douloureux et par l’excrétion d’une petite quantité 'de liquide analogue au colostrum . Mais, tandis que ce travail aboutit chez la femme à la formation d’un organe parfait, il avorte entièrement chez l’homme : la glande, après cet effort impuissant vers une organisation supérieure, revient à ses dimensions infantiles et les conserve durant toute la vie. Chez l’enfant, le sein masculin est un organe non encore développé; chez l’adulte, c’est un organe atrophié, un organe rudimentaire. Il mesure à peine 20 à 25 millimètres de largeur, sur 3 ou 5 millimètres d’épaisseur.
2° Constitution anatomique. — Telle qu’elle est, la mamelle de l’homme nous présente, quoique avec des dimensions fort réduites, les mêmes parties fondamentales que celle de la femme, savoir :
1° Un mamelon, de 2 ou 3 millimètres de hauteur sur 4 ou 5 millimètres de diamètre, susceptible de présenter le phénomène de thélothisme;
2° Une aréole, circulaire ou elliptique, de 20 à 25 millimètres de diamètre, plus ou moins garnie de poils, possédant comme chez la femme des tubercules de Morgagni ;
3° Au-dessous de la peau, une couche de fibres musculaires lisses, occupant à la fois l’aréole (muscle aréolaire) et le mamelon ( muscle mamillaire) ;
4° Une couche cellulo- adipeuse, dont l’épaisseur varie suivant l’embonpoint du sujet ;
5° Enfin, un petit corps glandulaire , aplati en forme de disque, d’une coloration • grisâtre et d’une consistance fibreuse.
3° Caractères microscopiques. — L’examen histologique nous révèle l’existence, dans cette glande mammaire rudimentaire, de canaux galactophores, courts, étroits peu ou point ramifiés, s’ouvrant au sommet du mamelon par des orifices minuscules et se terminant à leur extrémité opposée par de petits renflements pleins. Nulle part on ne trouve d’acini bien caractérisés.
La présence de mamelles rudimentaires chez le male est un fait constant dans toute la série des mammifères. Il nous paraît rationnel d’admettre, avec Darwin, que c’est là un fait d’atavisme et que primitivement les deux sexes. Je mâle comme la femelle, ont pris part à l’allaitement des nouveau-nés. Une pareille hypothèse n’a rien que de très naturel. Actuellement encore ne voyons-nous pas un certain nombre de poissons, de batraciens, d’oiseaux faire éclore les
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œufs pondus par les femelles? Ne voyons -nous pas encore, chez le pigeon (Hunter) et peut-être aussi chez l'ibis d’Egypte (Milne-Edwads), le mâle comme la femelle, sécréter dans son jabot un produit particulier, assez analogue au lait, qu’il dégorge ensuite dans le bec de ses petits. Même dans la classe des mammifères, chez les didelphiens, nous rencontrons quelques espèces où les mâles possèdent aujourd’hui encore des rudiments de poches, indices manifestes qu’ils ont dû autrefois porter les petits comme les portent actuellement les femelles.
Enfin, il n'est pas inutile de rappeler que dans certains cas, assez rares, il est vrai, mais parfaitement constatés, on a vu l’appareil mammaire du mâle présenter le même développement que chez la femelle et sécréter du lait. Le fait a été noté chez le houe par Aristote, par Geoffroy Saint-Hilaire et par quelques autres observateurs, lia été même observé chez l’homme, non pas seulement chez des sujets qui présentaient des signes plus ou moins accusés d’hermaphrodisme, mais chez des sujets parfaitement conformés d’ailleurs. Murat et Pâtissier, dans leur article Mamelles du Dictionnaire en 60 volumes, rapportent l'histoire d’un marin qui, ayant perdu sa bmme et se trouvant en pleine mer avec son enfant encore à la mamelle, cherchait à le tranquilliser en lui présentant le sein : au bout de trois ou quatre jours, il vit ses mamelles se gonfler et sécréter du lait. Humbold, dans son voyage au nouveau continent, a rencontré un laboureur dont les mamelles, dans des circonstances à peu près semblables, se mirent à sécréter du lait. Cet homme avait un enfant qui était nourri par sa femme. Celle-ci étant tombée malade et ayant, dû interrompre l’allaitement, il prit lui-même l’enfant et lui donna le sein. Peu à peu, ses mamelles augmentèrent de volume et sécrétèrent du lait en quantité suffisante pour lui permettre de nourrir pendant cinq mois.
Nous ne pouvons, pour l’instant, indiquer les conditions dans lesquelles les mâles ont cessé d'aider les femelles dans l’allaitement des petits et, de ce fait, ont vu leurs mamelles s’atrophier, comme organes devenus inutiles. On a pensé que ce pouvait être à la suite d'une diminution dans le nombre des petits. Une pareille explication est tout hypothétique sans doute ; mais elle n’est pas irrationnelle et mérite d’être signalée.