‹ Traité d'anatomie humaine (volume 4)Chapitre 72 sur 107 · pharynx. — 2. œsophage. — 3, trachée · texte numérisé non relu

pharynx. — 2. œsophage. — 3, trachée

— 4, 4’, lobe droit et lobe gaucbe de la thyroïde, vus par leur face postérieure. — o, parathyroïde externe du côté gauche. — 5’. parathyroïde externe du côté droit.

GLANDES A SÉCRÉTION INTERNE

Leurs dimensions , très variables, oscillent entre 1 et 12 millimètres : elles ont habituellement la grosseur d’un grain de chènevis, quelquefois celle d’une petite lentille.

Leur forme n’est pas moins variable : elles sont, suivant les cas, aplaties, globuleuses, ovoïdes, etc. Muller décrit à chacune d’elles une dépression ou hile , par lequel pénètrent les vaisseaux et au niveau duquel le corpuscule prend, sur des coupes transversales, un aspect plus ou moins réniforme.

2 En ce qui concerne les rapports pré-

cis de la parathyroïde externe avec le corps thyroïde, ils sont eux-mêmes fort variables : tantôt la glandule est immédiatement appliquée contre la thyroïde, solidement unie à cette dernière par un tissu conjonctif interposé ; tantôt, au contraire, elle s’en éloigne de quelques millimètres, tout en lui restant unie par un mince pédicule ; d’autres fois, enfin, elle est entièrement distincte de la glande thyroïde, située alors soit dans l’épaisseur de sa capsule, soit dans le tissu celluîo adipeux du voisinage.

b. Parathyroïdes internes. — Les parathyroïdes internes ( corpuscules épithéliaux internes de Kohn, glandes thyroïdes de Prenant), se distinguent des précédentes en ce qu’elles sont situées, non à' la surface de la thyroïde, mais dans son épaisseur : elles occupent, de préférence, un point qui avoisine la face interne de la glande

Figr. 851.

Les deux parathyroïdes interne et externe, vues sur une coupe transversale du lobe gauche de la thyroïde du chat (d’après Kohn).

1, lobe gauche de la thyroïde. — 2, parathyroïde externe (glandule thymique), de forme aplatie, réunie à la thyroïde par une couche de tissu conjonctif. — 3, parathyroïde interne (glandule thyroïdienne), incluse dans le tissu thyroïdien. — 4, cloison conjonctive s’engageant dans l’épaisseur de la thyroïde et renfermant à son centre un gros vaisseau.

(fig. 851,3). Leurprésence chez l’homme a été constatée par Schaper et par Müller, à la fois chez l’adulte, chez l’enfant et çhez le nouveau-né. Elles existent aussi chez la plupart des mammifères.

Gomme pour les parathyroïdes externes, on n’en rencontre ordinairement qu’une de chaque côté.

Kohn, qui les a particulièrement étudiées chez le chat, leur décrit une capsule propre, disposition qui atteste pour ainsi dire leur autonomie au sein du tissu thyroïdien qui les entoure. Sur plus de cinquante lobes thyroïdiens d’adultes et de nouveau nés (carnassiers) qu’il a examinés à ce sujet, Verdun a trouvé constamment la parathyroïde interne, mais dans des situations fort diverses ; ordinairement incluse et rapprochée de la face interne, elle était, dans d’autres cas, logée dans une dépression superficielle de la glande ou simplement appliquée contre la thyroïde et placée entre celle-ci et la trachée, disposition également constatée par Nicolas. La parathyroïde interne, tout en étant le plus souvent placée dans l’épaisseur de la thyroïde, peut par conséquent s’extérioriser tout comme la parathyroïde externe.

PARATHYROÏDES

Les parathyroïdes, analogues en cela à la raie et aux organes chromophiles nous présentent très fréquemment dans leur voisinage des parathyroides accessoires, ayant vraisemblablement Ja même valeur morphologique ou physiologique que les parathyroïdes normales. C’est ainsi que Pepere signale l’existence, dans le tissu cellulaire du cou, d’ îlots par athyroidiens, constitués parfois par trois ou quatre cellules seulement. Erdheim, de son côté, a trouvé chez le lapin, le rat, le hérisson, le tissu parathyroïdien irrégulièrement disséminé dans le voisinage du thymus. Cette existence de parathyroïdes accessoires peut avoir en physiologie expérimentale une influence considérable, en ce sens que l’ablation expérimentale des parathyroïdes peut laisser subsister des parathyroïdes accessoires, qui, en développant lbur volume, arrivent parfois à suppléer fonctionnellement la parathyroïde absente.

2° Structure. — Envisagées au point de vue de leur constitution anatomique, les parathyroïdes sont essentiellement constituées par des masses de cellules épithéliales, se disposant en une sorte de réseau trabéculaire, dans les mailles duquel s’insinuent du tissu conjonctif et des vaisseaux.

A. Signification générale du tissu parathyroïdien. — La signification des éléments parathyroïdiens n’est pas encore nettement établie et, à ce sujet, nous nous heur-

tons, tout d’abord, à deux opinions différentes.

La première a été émise par Sandstrôm, en 1880. Pour lui, les formations cellulaires des parathyroïdes présentent une évolution histologique absolument semblable à celle de la thyroïde, avec cette différence que cette évolution, qui est complète pour la thyroïde , s’arrête, quand il s’agit des parathyroïdes, à un stade plus ou moins imparfait.

Du reste, les parathyroïdes pourraient, dans certaines circonstances favorables, après l’ablation de la thyroïde par exemple, reprendre le cours de leur évolution et se transformer ainsi en un tissu thyroïdien parfait. Somme toute, le tissu des parathyroïdes ne serait qu’un tissu thyroïdien resté à l’état embryonnaire. Les idées de Sandstrom ont

Fig. 852.

Coupe d’une parathyroïde du mouton (d’après Schàfer).

1, capillaires. — 2, revêtement endothélial des capillaires. — 3, cordons épithéliaux de la parathyroïde. — 4, travées conjonctives. — 5, traînées de pigment. —[6, espaces libres délimités par les cellules épithéliales.

été acceptées, après lui, par Bozzi,

par Schmid, par Schaper, et, tout récemment, encore par Kishi, par Sw. Vincent et par Jolly.

Contrairement à cette théorie de la parenté histologique de la thyroïde et des parathyroïdes, d’autres anatomistes enseignent que ces deux ordres de formations n’ont d’autres rapports que des rapports topographiques. Quant à leur valeur morphologique, elle -est absolument différente et, par conséquent, il est tout à fait inexact de prétendre qu’une parathyroïde peut, histologiquement, devenir une thyroïde. Parmi les partisans de cette autonomie des parathyroïdes, je citerai Hofmeister, Gley, Nicolas, Jagoby et Kohn.

La question est encore indécise et appelle de nouvelles recherches.

B. Les éléments parathyroïdes. — Quoi qu’il en soit de leur parenté avec la thy-

GLANDES A SÉCRÉTION INTERNE

roïde ou de leur complète autonomie, les glandules parathyroïdiennes présentent dans leur constitution anatomique les trois éléments suivants : 1° des cellules épithéliales ; 2° du tissu conjonctif ; 3° des vaisseaux sanguins.

a. Cellules épithéliales. — Pepere (1907), à qui nous devons une étude récente des parathyroïdes, divise ces cellules en trois groupes : cellules fondamentales, cellules chromophiles, cellules cylindriques.

a) Les cellules fondamentales (fig. 853,1), ainsi appelées parce qu’à elles seules elles constituent la grande majorité des cordons parathyroïdiens, sont des cellules relativement volumineuses (12 à 16 g), arrondies ou ovalaires, avec un proto-

Coupe cle la parathyroïde d'un homme adulte (d’après Pepere)

1, cellules fondamentales. — 2, un groupe important de cellules chromophiles. — 3, autres cellules chromophiles, à l’état d’isolement. — 4, cavité folliculaire circonscrite par les cellules fondamentales et comblée par de la substance colloïde. — 5, une autre cavité folliculaire, remplie également de substance colloïde, mais circonscrite par des cellules chromophiles. — 6, une autre cavité, circonscrite par des cellules cylindriques et renfermant une substance claire, hyaline. — 7, un groupe de cellules fondamentales, en train de former une cavité et de se transformer en cellules cylindriques. — 8, capillaires sanguins coupés en long. — 9, un de ces capillaires sanguins i’cnfermant,avec des hématies, une petite masse de substance colloïde. — 10, lymphatique, coupé en travers.

plasma clair et transparent, dans lequel ne se trouvent que de très rares granulations. Chacune d’elles possède un noyau arrondi, occupaut la partie centrale de la cellule. Çà et là, on voit un certain nombre de cellules fondamentales se disposer régulièrement tout autour d’une cavité arrondie, qu’elles délimitent et que comble une matière spéciale, claire, hyaline, produit de sécrétion des cellules. Nous y reviendrons plus loin.

p) Les cellules chromophiles (fig. 853, 2), doivent leur nom à leur affinité particulière pour les colorants, notamment pour l’éosine. Ce sont des cellules plus volumineuses que les précédentes, atteignant jusqu’à 25 et 30 u. de diamètre. Tantôt, elles sont isolées, tantôt réunies en groupes plus ou moins importants. Dans ce dernier cas, fortement tassées les unes contre les autres, elles prennent, de ce fait, une forme plus ou moins polyédrique, dont le contour se moule exactement sur l’espace qui leur est réservé. Mais ce qui caractérise avant tout les cellules chromophiles, c’est la présence dans leur protoplasma de très nombreuses granulations, lesquelles représentent pour la cellule un vrai matériel de sécrétion. Génétiquement, les cellules chromophiles dérivent des cellules fondamentales : ce ne sont

PARATHYROÏDES

que des cellules fondamentales à un stade évolutif différent, des cellules fondamentales dont le protoplasma a augmenté de volume, s’est chargé de grains de sécrétion et par suite est devenu relativement sombre. Du reste, une fois arrivée au terme de sa période sécrétoire ( sécrétion ), la cellule chromophile se débarrasse de ses granulations ( excrétion ) et reprend alors peu à peu tous les caractères de la cellule fondamentale. Les cellules chromophiles, comme les cellules fondamentales, circonscrivent parfois, elles aussi, des cavités tubuleuses ou folliculaires (fig.853,5), dans lesquelles se collecte le produit de sécrétion de l’activité cellulaire.

y) Les cellules cylindriques sont des éléments allongés, de forme pyramidale plutôt que cylindrique, qui se disposent en une sorte d’anneau (comme les cellules glandulaires dans un acinus) tout autour d’une cavité folliculaire (fig.8o3, 6). Morphologiquement, elles ne diffèrent pas des cellules fondamentales : protoplasma clair, très légèrement granuleux, avec un noyau arrondi occupant la partie basale de la cellule. C’est encore une cellule fondamentale qui a simplement changé de forme et de dimensions, et l’on peut voir sur certains points notamment, sur le point marqué 7 de la figure 853, des groupes de cellules fondamentales en train de se transformer en cellules cylindriques.

Outre les cellules précitées, Bobeau, dans un travail qui vient de paraître (1911), décrit deux nouveaux types qu'il désigne sous le nom de cellules protoplasmiques et de spon * giocytes. — Les cellules protoplasmiques (fig. 854) sont des éléments allongés et étroits, s’insinuant entre les cellules fondamentales, partant dune nappe conjonctive pour aboutir, par leur extrémité opposée, à une autre nappe conjonctive. Leur noyau est, lui aussi, fortement allongé et dans le même sens. Le microscope révèle dans leur protoplasma de très fines granulations et, aussi, une multitude de petits filaments orientés dans le sens du grand diamètre des cellules. Leur signification fonctionnelle nous est encore inconnue : peut-être jouent-elles « un rôle dans la conduction, vers l’extérieur, de masses graisseuses produites à l'intérieur des cellules glandulaires » (Bobeau). — Les spongiocytes sont des cellules de grandes dimensions, de forme arrondie ou quadrangulaire, apparaissant çà et là dans les cordons épithéliaux.

Elles ont pour principal caractère que leur protoplasma affecte une disposition réticulaire : les vacuole^ qui délimitent les travées sont vides ou à peu près vides. Il est très probable que les spongiocytes de Bobeau ne sont, comme

les cellules chromophiles de Pepere, que des dérivés des cellules fondamentales, ne différant de ces dernières que parce qu’elles se trouvent à un stade différent de leur évolution fonctionnelle.

Fig. 854.

Une cellule du type protoplasmique, vue sur une coupe de la parathyroïde (d’aprcs Bobeau).

I, i. cellules épithéliales fondamentales. — 2, 2’, tissu conjonctif interstitiel. — 3. une cellule protoplasmique dans un cordon de cellules épithéliales, allant de la nappe conjonctive 2, à la nappe conjonctive 2’. — 4, son noyau.

b. Tissu conjonctif. — Le tissu conjonctif de la parathyroïde se dispose, d’abord, tout autour de la glande, sous la forme d’une couche enveloppante. Par sa surface externe, cette couche conjonctive périphérique se confond avec le tissu conjonctif du voisinage. Par sa surface interne, elle émet de nombreux prolongements qui, sous forme de cloisons séparatives, pénètrent dans l’épaisseur de la glande : elles s’insinuent entre les cordons épithéliaux, constituant ainsi dans leur ensemble le tissu conjonctif interstitiel ou stroma.

Les rapports de l’élément épithélial avec l’élément conjonctif sont très variables et Kohn distingue, à ce sujet, les trois types suivants : 1° la forme compacte, dans

GLANDES A SÉCRÉTION INTERNE

laquelle, les cloisons conjonctives étant rares et minces, l’épithélium constitue pour ainsi dire une masse continue; 2° la forme réticulée , dans laquelle les cloisons conjonctives, étant plus développpées, s’anastomosent entre elles, de façon à former une sorte de réticulum, dans les mailles duquel se disposent les blocs épithéliaux; 3° la forme lobulée, dans laquelle la masse épithéliale est subdivisée, par le tissu conjonctif, en des masses plus ou moins arrondies rappelant jusqu’à un certain point les lobules des grosses glandes à sécrétion externe.

Ces trois types ne sont, bien entendu, que des stades successifs d'une même évolution et toutes les parathyroïdes, quelle que soit la forme histologique qu’elles présentent, ont toujours la même signification.

Un des traits caractéristiques du stroma parathyroïdien, c’est d'être très riche en graisse. Cet élément adipeux s’accroît avec l’âge, quel que soit l’embompoint du sujet (Pepere).

c. Vaisseaux sanguins. — Le tissu conjonctif, en s’insinuant entre les cordons cellulaires de la parathyroïde, amène avec lui des vaisseaux, artères et veines, qui se ramifient au cours de leur trajet le long des cloisons interépithéliales et, finalement se résolvent autour des cellules glandulaires en un riche réseau de capillaires. Ces capillaires, ici comme dans les autres glandes à sécrétion interne, sont directement appliqués contre les cellules.

C. Parallèle histologique des deux parathyroïdes. — La parathyroïde externe et la parathyroïde interne ont la même structure fondamentale. L’interne, cependant, présente une particularité intéressante, qui a été bien mise en lumière par Kohn : c’est une connexion intime de ses propres éléments avec les éléments thyroïdiens. On voit, en effet, partir de sa périphérie de minces prolongements ou pédicules, qui s'insinuent dans le tissu thyroïdien avoisinant. « A leur origine, dit Verdun, ces pédicules présentent une structure compacte et sont nettement limités par une rangée marginale de cellules cylindriques ; puis, insensiblement, ces caractères se perdent et les cellules prennent le même aspect que les éléments qui constituent les amas interacineux de la thyroïde; plus loin, enfin, le pédicule s’élargit notablement et, dans cette expansion terminale, apparaissent dès lors les acini thyroïdiens avec leur apparence habituelle. Il y a donc, en ces points, une sorte de transition graduelle entre le corpuscule et la glande. »

3° Signification morphologique. — Le développement vient encore ici, comme il l a fait pour les thyroïdes accessoires, nous fixer sur la Valeur morphologique des glandules para thyroïdiennes.

Comme nous le verrons plus loin en embryologie, la quatrième. poche endodermique donne naissance par sa paroi ventrale à un diverticule épithélial, qui deviendra plus tard la thyroïde latérale , laquelle thyroïde latérale se fusionnera avec la partie postérieure correspondante de la thyroïde médiane pour constituer la thyroïde définitive, telle que nous la rencontrons chez l’enfant et chez l’adulte. Cette ébauche de la thyroïde latérale se montre chez l’homme vers le commencement du deuxième mois. En même temps qu’elle, apparaît sur la paroi dorsale de la quatrième poche (fig. 855,9) un petit amas de cellules épithéliales d’apparence étoilée. C’est l’ébauche de notre glandule thyroïdienne ou parathyroïde interne . Cet amas épithélial, dont les éléments résultent d’une transformation sur place des cellules du revêtement dorsal de la quatrième poche, se sépare bientôt de cette poche et forme alors un petit corps sphérique, que les vaisseaux sanguins envahissent vers la fin du deuxième mois, en même temps que l’aspect étoilé des cel-

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